Pour les formats ouverts !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1500 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1649 articles en ligne, dont 17 pour le mois d'août et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1600e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


La liste de formats ouverts du Massachussets et réaction de Groklaw

Le Massachussets publie un brouillon de sa liste et Groklaw réagit

Mi-janvier, Eric Kriss, Secrétaire de l'Administration et des Finances de l'état du Massachussets faisait une intervention remarquée : il y annonçait la poursuite de la politique de l'état du Massachussets en faveur des formats et des standards ouverts. Il y était question de vrai XML, des problèmes de brevets dans les formats Microsoft Office, de l'importance pour un état d'avoir des formats ouverts pour l'archivage.

Il avait aussi indiqué la prochaine publication d'une liste des formats ouverts et des standards ouverts retenus par le Massachussets. Cela est maintenant en ligne, en tant que brouillon de la version 3 de la Enterprise Technical Reference Model (ETRM). Ce long document est soumis à commentaires jusqu'au 1er avril, à l'adresse Standards@state.ma.us.

C'est l'excellent site Groklaw, sous la plume de Pamela Jones, qui a relayé l'information, tout en la commentant. En effet, il y a deux informations importantes :

  • d'une part, le format XML OpenDocument de la suite OpenOffice.org fait partie de la liste des formats ouverts retenus ;
  • d'autre part, contrairement à la version précédente, le format de Microsoft Office, malgré les réticences émises en janvier, est désormais retenu car « conforme à la définition de format ouvert du Massachussets ».

L'article de Groklaw analyse fort bien la nouvelle : très partagé entre l'optimisme d'avoir OpenDocument d'OpenOffice.org retenu et le pessimisme de constater que les formats Microsoft Office soient qualifiées d'ouverts malgré les brevets dessus. Avec cette belle formule : le remède à tout cela (le pouvoir financier pour imposer, les tentatives d'emprisonner dans des solutions fermées) est l'éducation. En expliquant les choses, en informant qu'il y a plusieurs possibilités, alors l'ignorance servira moins les situations de verrouillage.

Sources et liens :

[Rappel : en cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Vous ne pouvez pas utiliser ce site d'achat public

Achatpublic.com ne reconnait (pour l'instant) qu'un seul type d'utilisateurs

La liste des faits

  • Depuis le 1er janvier 2005, la passation des marchés publics de l’État est dématérialisée : ainsi les appels d’offres de travaux, de fournitures et de services, lancés par la présidence de la République, par les services généraux du Premier ministre, par les administrations centrales et par les services déconcentrés des ministères (sauf celui de la défense nationale) sont gérés par voie électronique.
  • Le site achatpublic.com, l'achat public simple comme un clic est le site public officiel (mais achatpublic.com est une société privée, voir ci-dessous) destiné à dématérialiser les procédures de passation de marchés publics : il a été choisi par l'État en novembre 2004.
  • Le site achatpublic.com est une société anonyme avec 5 actionnaires de référence : la Caisse des dépôts et consignations (CDC, établissement de l'État), l’Union des groupements d’achats publics (UGAP, établissement public), France Telecom, Dexia-Crédit Local et le Groupe Moniteur. Au moins par l'intermédiaire des deux premiers, l'État est donc bien présent (même si achatpublic.com est une société privée).
  • Sur le site achatpublic.com, le téléchargement des appels d'offres nécessite l'installation de deux éléments qui ne sont prévus (par le site) que sous Windows et avec Internet Explorer :
    • l'environnement d’exécution Java (JRE 1.4.2) ;
    • les certificats achatpublic.com.
  • Ces conditions propres au site achatpublic.com le rendent donc inutilisables pour :
    • des machines avec Windows mais avec les navigateurs Opera, Netscape, Mozilla ou Firefox ;
    • des machines Apple avec Mac OS X avec les navigateurs Internet Explorer, Safari, Netscape, Opera, Camino, Mozilla ou Firefox ;
    • des ordinateurs avec Linux avec les navigateurs Konqueror, Galeon, Netscape, Opera, Mozilla ou Firefox.

Conclusion : le site achatpublic.com impose une double contrainte technique, un seul système d'exploitation avec un seul navigateur. Le site écarte ainsi une partie des utilisateurs potentiels, ceux n'ayant pas Windows (soit au moins deux autres systèmes d'exploitation, Mac OS X et Linux) et ceux n'utilisant pas Internet Explorer (soit 4 autres navigateurs sous Windows, Opera, Netscape, Mozilla, Firefox et 4 autres non-Windows, Safari, Camino, Konqueror et Galeon).

A la décharge du site, parmi les réponses possibles quant à cette situation, on peut sans doute avancer :

  • que les machines avec Windows et Internet Explorer sont les plus répandues ;
  • que la sécurité des opérations ne peut être assurée avec tous les systèmes d'exploitations ni tous les navigateurs.

Mais cette situation du site achatpublic.com se heurte à 4 points forts

  • L'interopérabilité du Web : les 9 navigateurs cités ont en commun d'utiliser les standards ouverts du Web, garantissant l'interopérabilité et permettant que tous accèdent aux contenus, à condition que les sites appliquent ces standards du Web, sans considérer uniquement un navigateur. Alors pourquoi ne pas appliquer totalement les normes du W3C pour une puissance encore accrue du site ?
  • Les fondateurs et partenaires du site sont des professionnels du secteur : en effet, les 5 actionnaires d'achatpublic.com, ou encore l’Agence pour le développement de l’administration électronique (ADAE) ne sont certainement pas à ignorer les technologies en vigueur ni à ne pas savoir les mettre en œuvre. L'ADAE est d'ailleurs à fortement inciter aux respects des normes internationales et à l'interopérabilité.
  • Il s'agit d'un site public : comme tous les sites publics, il se doit d'être normalement accessible à tous, sans distinction de système d'exploitation ni de navigateur. Cela est d'ailleurs très fortement mis en œuvre et mis en avant par le premier site public, celui de la Présidence : depuis le 16 mars, l'Élysée respecte les standards du W3C. Alors pourquoi ne pas aussi suivre l'exemple fort du premier site public, et l'appliquer au premier site de dématérialisation ?
  • Il y a déjà une réalisation exemplaire, les impôts : en effet, la déclaration en ligne des revenus est possible avec Windows, Mac OS X et Linux et sans navigateur exclusif. Elle utilise aussi des certificats, elle utilise aussi une machine virtuelle Java. Si cette opération très sécurisée de l'administration fiscale est réalisée pour plusieurs systèmes et navigateurs, le site achatpublic.com devrait aussi parvenir à offrir son service public pour plusieurs systèmes et navigateurs.

Souhaitons donc une évolution exemplaire de cet important site public pour une dématérialisation encore plus performante.

Sources et liens :

Voir aussi le billet sur le site Marches-Publics.gouv.fr

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]