Pour les formats ouverts !

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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1540 articles en ligne, dont 4 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1500e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :

  • 1er mai : Adobe annonce l'ouverture de certains éléments de sa technologie Flash dans le cadre du projet Open Screen

2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Vivent les sites Web au format blog

La journée du blog, un outil aux multiples formats

3108... quatre chiffres proches graphiquement de certaines lettres de l'alphabet... Ainsi le 3 avec le B, le 1 avec le l, le 0 avec le o, le 8 avec le g (même si le 9 est plus encore dans ce cas). Et alors, 3108... donne Blog... et le 3108 peut être considéré comme un nombre au format de date, le 31 août (le 3109 n'étant pas une date qui existe). Donc, le 31 août a été déclaré BlogDay, soit la Journée du blog. Avec logo et site Web officiel à l'appui.

Le principe est de proposer 5 sites Web de type blog qui ne sont pas du même domaine, et de placer des liens hypertextes pour les visiter d'un clic. Pour cet article, cela sera juste Barbarie.org (avec une idée quotidienne) et LBSNDD (Le Blog Sans Nom De Dimitri, déjà le nom est très bon).

Alors, opération marketing ? Réelle utilité ou futilité ? Cela n'atteindra certainement pas le niveau d'une information largement diffusée et relayée comme certaines autres Journées nationales (voire internationales) de.

Au-delà, le succès des blogs est indéniablement majeur. Traduit officiellement par bloc-notes, c'est un sujet riche qui peut être considéré sous l'angle des formats (y compris non-électroniques). Et ils sont nombreux :

  • le format HTML, conforme W3C : LE format ouvert du Web (avec le XHTML), utilisé par les sites et établi par le W3C depuis plus de 10 ans ;
  • le format Wiki : souvent utilisé pour l'écriture des articles, c'est un format ouvert ;
  • le format technique base de données+PHP : souple, efficace et puissant, plus de FTP ou de liens à mettre à jour ;
  • le format des liens hypertextes et des rétroliens (backtrack) : le protocole ouvert http, à la base du Web, est pleinement utilisé pour passer de pages en pages d'un simple clic ;
  • le format RSS ou Atom : les flux de syndication sont très puissants et presque systématiquement proposés pour mieux suivre le site ;
  • le format interactif : via les commentaires, c'est la possibilité de réagir, de compléter ;
  • le format ouvert des logiciels de blog : nombreux sont ceux en logiciels libres ;
  • le format « tout en un sorti de la boîte » : l'installation facile d'un clic du logiciel de blog est souvent la règle, suivi du paramétrage et alors publier devient possible ; sans parler des sites Web qui proposent d'héberger votre blog contre inscription ;
  • le format social : que ce soit la blogosphère de sites jeunes (Skyblog par exemple), de sites d'information ou personnels, le phénomène est important avec des répercussions nombreuses ;
  • le format d'éditeur mondial : la presse en ligne propose des blogs de ses journalistes, ou à ses lecteurs ; mais plus encore, désormais nul besoin d'imprimeur (qui restent essentiel pour l'importante version papier) et nulle autorisation du Roy nécessaire (ou d'autre structure) pour éditer et diffuser de l'information rapidement sur un sujet, potentiellement lisible à l'échelle mondiale.

Et la plupart des formats et des protocoles cités ci-dessus sont des standards ouverts. Pour ce qui est de Formats-Ouverts.org, c'est le logiciel libre DotClear d'Olivier Meunier qui « propulse » le site comme le dit le slogan. Finalement, blog et standards ouverts forment un beau couple.

Sources et liens :

Bibliothèque numérique européenne : compte-rendu de la réunion du 30

Communiqué de presse à l'issue du comité de pilotage du 30 août

Dans la chronologie de cet été de la bibliothèque numérique européeen, il y eut :

Voici donc le compte-rendu de cette réunion du 30 août 2005, avec un communiqué de presse officiel du ministère de la culture.

Les standards ouverts ont-ils été à l'ordre du jour ? Quels protocoles, formats et logiciels utiliser pour une bibliothèque numérique européenne réellement forte et indépendante, comme avancée dans la lettre ouverte du 1er juillet ? Il n'y a pas pour l'instant de réponse précise à ces questions. Mais la réunion a traité :

  • de l'état des lieux des réalisations françaises dans le numérique ;
  • de la création de groupes d'experts dans 5 domaines :
    • état des lieux en matière de numérisation de contenus culturels ;
    • les publics et leurs attentes ;
    • les contenus ;
    • les technologies ;
    • le modèle économique.

Les prochaines étapes annoncées indiquent :

  • dans les semaines à venir, des propostions de la France faites à ses partenaires européens ;
  • le 14 décembre 2005, la remise au Président de la République du Livre blanc ;
  • courant octobre, la tenue du troisième comité de pilotage.

Signalons enfin, que le sujet de la Bibliothèque numérique européenne sera sans doute évoqué voire traité ce mercredi 31 août de 19h20 à 20h00 dans l'émission Le téléphone sonne de France Inter : le sujet de ce jour est « Google : pour le meilleur ou pour le pire ? », donc avec le projet Google Print, à l'origine (en réaction) du projet de Bibliothèque numérique européenne. Le journaliste Emmanuel Parody sera l'un des intervenants.

Sources et liens :

Annonce d'ouverture de la part de Skype

Skype, des API de sa messagerie instantanée, son SkypeWeb

Messagerie instantanée, ouverture d'API... voilà des sujets qui sont bien d'actualité. Ainsi, après le lancement de Google Talk le 24 août, après l'ouverture d'API de Yahoo! et Google en mars, c'est au tour de Skype d'annoncer ouvrir SkypeWeb ainsi que des API de sa messagerie instantanée.

Le 24 août (donc le même jour que Google Talk et aussi des 10 ans de Windows 95), la société Skype, spécialisée dans la téléphonie via Internet (ou voix sur IP, ou VoIP en anglais) a annoncé que deux de ses technologies allaient être ouvertes :

  • SkypeWeb : « quelques lignes de HTML et de script » pour indiquer sur n'importe quelle page Web que l'auteur est disponible pour être contacté téléphoniquement via Skype ;
  • SkypeNet : les API de la messagerie instantanée de Skype (ainsi que des outils et des services), le tout pour contacter ses utilisateurs.

Il s'agit pour l'instant d'une annonce, les détails « viendront bientôt » ou « dans les prochaines semaines ». L'idée étant que si ces technologies sont ouvertes, elles peuvent être largement utilisées, pour que sa messagerie instantanée soit encore plus accessible, soit un peu plus d'interopérabilité. Et ainsi établir Skype comme acteur important du domaine. Donc, à suivre, notamment à propos des conditions d'utilisations exactes, c'est-à-dire de la licence.

Comme le dit l'introduction de l'annonce, « Après tout... partager est bien » (« After all … sharing is good »). Dans le cas des formats ouverts, le slogan serait même « Partager réellement, c'est la base ».

Sources et liens :

Lien hypertexte vers les Journées du patrimoine : lier normalement

Plus de demande d'autorisation écrite préalable : bravo

La réaction a été rapide, il faut le souligner et féliciter de cela. Le site Web des Journées du patrimoine n'exige plus de demande écrite en vue de l'établissement d'un lien hypertexte vers le site. Cette situation avait été signalée le 25 août au travers d'un texte au format poème (avec aussi information par courriel des contacts du site). Depuis au moins ce mardi 30 matin (voire dès hier), la mention a été retirée.

Des liens hypertextes peuvent donc être établis, dans le respect de cette notion de lien, comme développé dans le rapport sur le sujet établi par le Forum des droits sur l'internet. Donc, pas d'imbrication du site dans un autre, pas de reprise d'images ou de base de données, mais un lien normal, le lien simple et sain qui permet de se rendre à la bonne page d'un site, et ainsi consulter la référence donnée ou aller à la source de l'information.

Le lien hypertexte a un format ouvert. Certains autres sites devraient s'inspirer de cette réactivité.

Sources et liens :

Bibliothèque numérique européenne : réunion fin août

Réunion du deuxième comité de pilotage prévu ce jour

Ce mardi 30 août se réunit le comité de pilotage du projet de création de la Bibliothèque numérique européenne. Annoncée le 16 août par le Ministre de la Culture, il s'agit de la deuxième réunion après la mise en place du comité de pilotage le 13 juillet dernier.

Le texte du communiqué de presse fait mention de la décision de Google du 11 août de suspendre jusqu'en novembre son programme de numérisation.

Cette pause [...] ne modifie en rien le projet de création d’une Bibliothèque numérique européenne, voulu par le Président de la République. Plus que jamais, il est nécessaire que la France et l’Europe travaillent ensemble pour préserver la diversité culturelle et bâtir par des projets concrets une Europe de la culture.

Le communiqué insiste sur la partie juridique nécessaire dans l'élaboration d'une bibliothèque numérique avec le respect des droits de chacun (auteurs, éditeurs, ayants droits,...), et conclut par la volonté de « promouvoir les œuvres et à servir l’ensemble de nos concitoyens. »

L'ordre du jour n'est pas indiqué, mais on peut espérer que certains points seront traités, notamment :

  • la question des formats et des protocoles, par rapport à l'interopérabilité, par rapport à la pérennité ;
  • la question de la maîtrise des technologies et des logiciels mis en œuvre ;

avec comme réponses la plus pertinente des standards ouverts et des logiciels libres, comme cela a été souligné dans la lettre ouverte du 1er juilllet dernier.

Sources et liens :

Voir aussi le compte-rendu de cette réunion.

Quand une société pense standards ouverts...

...tout le monde y gagne, elle comme les utilisateurs

Google a annoncé le lancement de Google Talk, son service de messagerie instantanée, le 24 août dernier (jour des 10 ans de Windows 95).

Encore Google, avec son GMail qui adopte le protocole POP et qui s'ouvre au possesseur de téléphone portable, sa bibliothèque numérique lancée fin 2004, suspendue pour 3 mois mais qui initia le projet européen... Encore une messagerie instantanée, alors qu'il y a déjà les ICQ, AIM, MSN Messenger, Wanadoo Messenger, Yahoo! Messenger et autre iChat...

L'information a été signalée, commentée. Alors, que dire de plus ? Quitte à insister de nouveau en prenant la nouvelle sous l'angle des formats, cette nouvelle est une très bonne illustration de l'importance et de la puissance des standards ouverts.

En effet, que pouvait-il se passer ?

  1. Soit Google développait sa propre technologie fermée réservée aux seuls utilisateurs de son outil : hors de Google Talk, point d'échange, mais aussi investissement important nécessaire ;
  2. Soit Google retenait une approche basée sur des standards ouverts : son outil reprenait alors des technologies ouvertes et était prêt pour se connecter aussi le plus largement aux autres, en permettant à une technologie de se répandre et en y contribuant.

C'est la seconde solution qui a été retenue. Avec donc une approche ouverte, utilisant le protocole ouvert XMPP (Extensible Messaging and Presence Protocol) développé par la fondation Jabber pour son logiciel Jabber. Google Talk devrait aussi proposer la voix sur IP (VoIP), en utilisant le codec libre Speex. Cette utilisation de standards ouverts devrait aussi faciliter l'interopérabilité entre les messageries.

Ce choix va plus loin que la simple ouverture des API comme Google et Yahoo! l'ont fait en mars dernier. Il est similaire à l'approche de IBM, Novell, InstallShield et ZeroG en juillet 2004 à propos des installations de logiciels en entreprises.

Sources et liens :

Internet Explorer change de formats

De la version 7 et des formats qui lui sont liés

Et de trois à l'occasion de la sept... Sous ce format codé, il s'agit plus clairement de la troisième fois où des métadonnées révèlent des coulisses un peu surprenantes pour Microsoft, à l'occasion de la sortie de la version 7 d'Internet Explorer.

Ainsi, après la campagne mondiale pour Windows XP dont l'image est faite avec Apple MacOS X et après le communiqué de presse de Microsoft France réalisé également avec Apple MacOS X, voici le nouveau logo d'Internet Explorer 7 créé sur une machine Apple avec le système d'exploitation MacOS X.

En effet, les métadonnées du format Exif, qui sont ouvertes, indiquent que le logo de Windows Internet Explorer 7 publié le 12 août a été réalisé le 25 juillet avec le logiciel Adobe Photoshop CS pour MacOS X. Pas avec Windows.

Nul n'est prophète en son pays, pourrait-on dire. Ou alors que les secteurs de la communication et du marketing utilisent beaucoup de machines Apple. Mais tout de même, si cela n'était pas possible sous Windows, ce serait logique. Ou alors, format grand seigneur (voire humour)... : « il nous arrive parfois de faire appel à d'autres systèmes d'exploitation, sans voir uniquement que le nôtre comme seule solution ».

Un autre point est à souligner, dont on ne se rend pas du tout compte en indiquant Internet Explorer 7 ou IE7. L'ancien nom exact était Microsoft Internet Explorer (souvent abrégé MSIE). Pour la prochaine version 7, le nom précis est Windows Internet Explorer 7. Donc Internet Explorer n'existe plus qu'au format pour Windows, et plus précisément que pour Windows XP SP2 ; rien pour les autres Windows (XP, 2000, Me, 98), et fin définitive de la version Apple.

Certes, du côté d'Apple, il y a un navigateur maison, Safari, et sa dernière version, Safari RSS, ne fonctionne qu'avec le dernier MacOS X, 10.4 Tiger. Là aussi, la dernière version du navigateur est un moyen pour inciter au passage à la dernière version du système d'exploitation pour laquelle elle est exclusive.

Sinon, pour MacOS X, les dernières versions des navigateurs Camino, Mozilla, Firefox et Opera sont disponibles. Pas Netscape, dont la version 8 est exclusivement pour Windows. Finalement, seulement Opera, Mozilla et Firefox existent sans être exclusifs à un format de système d'exploitation (car outre Windows et OS X, il y aussi des versions Linux) et proposent la diversité. La même diversité que proposent les standards ouverts.

Sources et liens :

Futurs DVD video : la guerre entre 2 formats se précise

Affrontement entre Blu-ray et HD, 2 formats de DVD incompatibles : les utilisateurs au milieu

Cela se rapproche... La guerre entre les 2 formats des futurs DVD video risque bien d'avoir lieu. Sont en opposition deux formats, qui sont incompatibles.

Ainsi, les prochains DVD video seront-ils soit au format Blu-ray Disc soit HD-DVD, avec des apparareils de lecture différents, avec des fabricants d'ordinateurs ou de consoles adoptant l'un ou l'autre, et aussi avec des catalogues différents : certains titres en Blu-ray, d'autres en HD.

Et les dernières informations confirment cette tendance :

  • l'éventuel entente entre les deux groupes d'industriels qui s'affrontent semble de plus en plus improbable comme l'indique savamment chaque consortium par la voix de certains de ses membres ;
  • Universal Music Group a annoncé mi-août avoir retenu son camp, le format Blu-ray, pour les titres de son catalogue.

Ce sera au marché, c'est-à-dire en partie aux consommateurs, de choisir. Avec une crainte de la part des industriels qui vont chacun lancer leurs appareils et leurs films : que les clients boudent ces offres de « DVD apportant de véritables expériences inégalables en terme de confort, d'interactivité et de contenus haute définition » (texte au format marketing). Pire encore, si ils lisaient des phrases comme :

  • « Rejet des nouveaux DVD HD et Blu-ray: les industriels font machine arrière face au refus d'achat des utilisateurs. »
  • « Nous ne comprenons pas les utilisateurs qui refusent d'acheter, car notre solution apporte une richesse encore plus grande dans les loisirs numériques, déclarent le porte-parole du consortium ... »
  • « Hausse des achats de DVD au second semestre 2005 : les clients disent à 89% se constituer des DVDthèques car ils ne veulent pas racheter les films aux nouveaux formats incompatibles que les industriels veulent imposer. »
  • « La campagne internationale « 2 DVD formats NO, one format YES » surprend les industriels qui sont accusés de ne pas s'être entendus pour proposer une solution unique comme pour les CD audio ou les DVD video de première génération. »
  • « Incroyable publicité d'une grande enseigne depuis le 24 août : le texte « Achetez le coffret Goldorak maintenant, bientôt on essaiera de vous le revendre à un format incompatible avec vos lecteurs actuels ! » est affiché en tête des gondoles de ses magasins. »

Pour ce qui est de la réalité, le verrouillage est clair (y compris par un numéro de série pour chacun de ces DVD), et l'interopérabilité ou les formats ouverts ne sont pas le souci.

Sources et liens :

Le format des liens hypertextes

Avoir le droit de mettre un lien ou pas, telle est la question

Le Web repose sur les liens hypertextes, appelés aussi hyperliens : on oublie souvent les http://www. qui précèdent les noms des sites (comme Standblog.org, w3c.org, Formats-Ouverts.org,...), mais ils sont bien écrits dans les adresses des navigateurs. Et dans http://www. (ou dans http:// qui peut parfois suffire), il y a http, qui signifie hyper text transfert protocol, c'est-à-dire protocole de transfert hyper texte. Et ce protocole est un protocole ouvert, mis au point par sir Tim Berners-Lee.

Le principe : un clic sur un lien (placé sur un ou sur des mots, sur une image, sur un logo,...) permet d'accéder à une autre page. C'est un peu le principe de l'association d'idée ou encore celui du Memex énoncé par Vannevar Bush il y a 60 ans.

A priori, le lien est donc un petit rien technique mais qui est le presque tout du Web. De plus, il est facile de placer des liens dans les pages que l'on créé : il sufit de quelques mots de code technique sur la page Web pour permettre au lecteur d'aller d'un clic sur une autre page. Avec seulement le code <a href="http://www.formats-ouverts.org/blog/Archivage">Rubrique sur l'archivage de Formats-Ouverts.org</a> dans une page HTML, voilà un lien de créer avec la page mentionnée.

Mais a-t-on le droit de faire des liens vers des sites aussi simplement ? Doit-on demander une autorisation pour créer un lien vers une page d'un site ? La question peut sembler saugrenue, mais elle s'est posée et continue de se poser à propos des utilisations de liens qui ne sont de simples liens vers une page Web. En effet, il se peut par exemple :

  • que le lien affiche la nouvelle page dans la page du site de départ : vous avez l'impression de toujours être dans le site mais vous voyez les pages d'un autre ;
  • que le lien récupère des informations (notamment des images, des sons,...) d'un autre site pour les afficher sur le sien.

Ces deux utilisations des liens hypertextes ne respectent pas les auteurs des sites où les données sont récupérées. En ce sens, elles sont condamnables.

Pour tenter de clarifier les choses, le Forum des droits sur l'internet (FDI) a publié en mars 2003 un rapport intitulé « Hyperliens : statut juridique ». Il détaille les différents cas de figure, des plus classiques aux plus poussés. Et dans sa partie finale « Recommandations pratiques à destination des acteurs », il énonce un ensemble de situations d'où il se dégage que mettre un simple lien vers la page d'accueil d'un site ou vers une de ses pages ne nécessite pas de demande particulière.

C'est dans cet esprit que les liens hypertextes sont donnés sur Formats-Ouverts.org : fournir les références, donner la source des informations avancées, comme cela figure en fin de chaque article. Et c'est ce type de lien au format ouvert qui est défendu, comme récemment sous forme de texte au format poésie, vers des sites du secteur public, d'entreprises, d'associations ou de particuliers.

Ajout du 28 août : le très bon site BlogOKat fait un rétrolien (soit plus qu'un lien, et c'est très bien) depuis cet article et a relevé dans le rapport du FDI le passage à signaler (Titre I, partie A, point 3), dont voici le début : « Les liens n’appartiennent à personne mais sont utiles à tous. Du côté utilisateurs... ».

Sources et liens :

GMail passe du format invitation au format numéro de portable

GoogleMail ouvert à tous, aux USA et avec téléphone portable

Le service de courriers électroniques Google, intitulé GMail, n'était pas ouvert à tout le monde, contrairement aux autres services de Webmail concurrents (les Hotmail, Yahoo! Mail, Voilà,...). En effet il fallait une invitation d'un utilisateur de GMail pour effectuer l'ouverture de son compte de 1 Go au lancement en 2004 et de 2 Go actuellement.

Depuis le 24 août, Google a annoncé que pour bénéficier de GMail... il suffisait de s'inscrire sur le site, tout simplement. Ou presque, car, si l'invitation n'est donc plus nécessaire, désormais il y a un format à respecter :

  • il faut être aux Etats-Unis...
  • ...et posséder un téléphone portable...
  • ...dont il faut donner le numéro...
  • ...pour ainsi recevoir le code d'activation de son compte.

Cette exigence est avancée pour être sûr que « c'est bien une vraie personne qui créé le compte » et pour éviter les abus d'une personne créant plusieurs comptes (pourtant il est possible d'avoir plusieurs téléphones portables). La prise en charge des téléphones portables d'autres pays est annoncée, donc ce mode d'inscription devrait concerner les utilisateurs d'autres pays.

Le format invitation n'est pas annoncé comme arrêté. Mais le format téléphone portable semble plus intéressant :

  • sous l'angle positif (ou au format optimiste) : c'est un accès plus large à ce service, c'est une sécurité que cet envoi par portable ;
  • sous l'angle négatif (ou au format pessimiste) : il faut fournir encore une information personnelle de plus, une discrimination au portable.

Toujours est-il que pour ce qui est des technologies utilisées par GMail en son sein comme pour les utilisateurs, les formats et les protocoles sont ouverts, pas de verrouillage de ses courriels dans une boite de courriers fermée.

Sources et liens :

Windows 95, les Rolling Stones et le format publicitaire

Sortie de Windows 95 le 24 août 1995, avec les Rolling Stones et IE

Le 24 août (saint Barthélémy) 1995, Microsoft lançait lors d'un grand show son système d'exploitation Windows 95. Un anniversaire donc, qui est aussi signalé à propos des 10 ans de la sortie en même temps du navigateur maison Internet Explorer (IE), qui n'était alors pas installé par défaut et alors que Netscape était largement leader.

Le format de Windows 95 et celui d'Internet Explorer ne sont bien sûr pas ouvert. Mais là n'est pas le propos de ces lignes : voici plutôt quelques remarques voire anecdotes, sous l'angle des formats, mais non-électroniques :

  • format Internet, pas encore vraiment... : le lancement, auxquels assistaient de nombreux invités, était retransmis par satellite, mais rien en direct ou en video via Internet, qui n'en était qu'aux débuts et qui n'était alors pas envisagé comme aussi essentiel : on mesure le chemin parcouru depuis, avec maintenant le Web véritable support incontournable de communication et de marketing, comme pour l'annonce du prochain Windows Vista ;
  • format publicitaire, une première musicale... : ce lancement de Windows 95 fut la première fois que les Rolling Stones acceptaient qu'une de leurs chansons soit utilisée comme bande son de publicité. Il s'agissait de la chanson Start me up de l'album Tattoo You (Virgin Records), en allusion au lancement de Windows 95 et au bouton Start. Signalons qu'une chanson des Rolling Stones était prévue dans le clip de candidature de Paris 2012, mais le groupe refusa d'accorder l'autorisation : le format national prit le pas sur le format des droits ;
  • format juridique, un contrat joliment négocié... : Microsoft avait négocié avec la société Spyglass des éléments utilisés dans Internet Explorer, avec un pourcentage qui aurait dû être reversé sur les ventes du logiciel ; mais comme Internet Explorer fut diffusé au format gratuit, le montant du pourcentage des ventes fut faible...
Sources et liens :

Un texte sur les liens, au format poésie

Le site, le lien et le patrimoine

Permettez moi pour une fois,
De changer de format,
Et ainsi autrement de tenter
Les personnes d'informer.

Il s'agit donc ici d'un site,
Qui du patrimoine fait la promotion émérite.
Or que lit-on comme mentions écrites,
A propos des liens hypertextes vers le-dit site ?

Tout lien hypertexte avec ce site doit faire l'objet d'une autorisation préalable écrite du Ministère de la culture et de la communication et ne pourra être réalisé que vers l'adresse de la page d'accueil du site www.journeesdupatrimoine.culture.fr et sous réserve de l'intégration d'un logo. [1]

Si mon texte n'est pas de la grande poésie,
Celui ci-dessus me laisse un peu abasourdi.

Le lien hypertexte semble un presque rien,
Mais ce petit rien est à la base de tout.
Avec lui le Web donne les moyens
De passer de sites en sites avec ce simple ajout.

Donner un lien vers une page,
Est un peu lui rendre hommage.
C'est donner une référence,
Et d'un clic la consulter avec aisance.

Alors, permettez-moi de le dire :
Ce choix, les liens sans autorisation écrite d'interdire,
Ne permet pas sur le site de venir
Et de l'information y quérir.

Ecartant donc l'exigence,
Je place des liens en référence.
Ni hors-la-loi ni voleur,
Je le fais sans détourner du site la teneur.

Enfin, si vous pouvez ouïr ma requête,
Appliquer le principe même du Web honnête,
Et permettez, grâce aux liens, aux sites d'accéder,
Sans autorisation spéciale qui viennent le Web dénaturer.

Note [1] : ce passage et le site concerné peuvent doivent être remplacés par de nombreux autres exemples qui ont hélas la même approche, comme Athènes 2004, l'INSEE, la RATP, Sony,...

Sources et liens :

Voir aussi pour préciser ces propos l'article Le format des liens hypertextes.

Important, mise à jour du 30 août : le site des Journées du patrimoine ne fait plus mention de l'extrait cité, lire l'article le détaillant.

Microsoft Linux Lab et l'interopérabilité

« Une expérimentation de l'interopérabilité »

Début août avait lieu le salon LinuxWorld à San Francisco. A cette occasion, le service de presse (PressPass) de Microsoft a interviewé Bill Hilf (Director of Platform Technology Strategy), responsable du « Linux/Open Source Software Lab » (laboratoire Linux et logiciels open source).

Comme l'indique le sous-titre de cet article et de celui en ligne, ce « laboratoire de recherche fonctionne comme une expérimentation de l'interopérabilité ». L'interopérabilité est donc de nouveau mise en avant, comme pour la police écossaise ou comme dans l'approche officielle de Microsoft.

Si on prend le texte, au travers des 7 questions, on trouve :

  • 17 fois « interopérabilité » ou de la famille (avec 13 fois « interoperability », 2 fois « interoperate », 2 fois « interoperable »)
  • aucune fois le terme « format »
  • 2 fois « standard » (qui plus est ouvert !) : « our strong support for open standards » et « open standards – not open source – that help [...] »

Quand on lit le texte de plus près, plusieurs remarques sont à faire. Tout d'abord, il n'y a aucune mention du texte de la Direction de Microsoft, écrit par Bill Gates, qui annoncait début février que l'interopérabilité était une priorité de Microsoft ! Oubli volontaire, manque de place, ignorance de l'information ? Toujours est-il que cela est vraiment surprenant.

Ensuite, un peu contradictoire, ces « standards ouverts » sont précisés comme n'étant pas « open source » : un standard n'est ouvert que si ses caractéristiques lui donnent bien cette qualification, et les standards liés à l'open source ou aux logiciels libres sont des standards ouverts.

Enfin un passage intéressant est à relever à propos de l'approche générale :

Ils (les clients) ont choisi une technologie, un système d'exploitation ou une application basés sur sa possibilité de résoudre un problème particulier, et non pas basé sur le fait que ce soit un logiciel propriétaire ou open source (They choose a technology — an operating system or an application — based on its ability to solve a particular problem, not based on whether it’s proprietary or open source)

Or que le logiciel (ou le système d'exploitation ou la technologie) soit propriétaire ou pas est un « problème particulier » à résoudre. En effet, être indépendant techniquement, avoir la maîtrise de ses données, bénéficier rapidement d'améliorations, garantir la pérennité sont des problèmes que les logiciels libres et les standards ouverts peuvent résoudre.

En fait, le format de l'approche de l'interview semble être de partir de l'architecture en la posant comme fixée : Windows (« Windows offers that capability in abundance »). Et à partir de celle-ci batir des solutions. Le principe des formats ouverts est au contraire de proposer des solutions interopérables, liées à aucun système particulier (que ce soit les Windows, les UNIX, Linux, Mac OS X, les BSD,...).

Sources et liens :

Myosotis : classer ou détruire les données ?

Conserver (quoi, comment, à quels formats) ou détruire ?

Myosotis, ne m'oubliez pas : un débat à Hourtin en 2001, et le Memex.

Le jeudi 23 août 2001, de 10h15 à 12h15, était organisé à la 22e Université d'été de la communication de Hourtin (Gironde) un débat intitulé Classer/Détruire : comment émerger des océans de données ? :

Comment gérer des informations de plus en plus nombreuses et hétérogènes ? Comment les sélectionner, les conserver, les oublier ? Nous voici devant un défi qu'instaurent les informations de toutes sortes. Quelles méthodes d'archivage et de conservation peut-on envisager pour le futur ? Quels tris opérer dans les fantastiques stocks d'archives et pour quelles finalités ?

Les 4 participants (trois intervenants et une intervenante) représentaient différentes structures (Université de Paris VIII, Kleio.net, CNRS et Direction des archives de France).

Premier intérêt du sujet du débat, cela se passait à un moment où le thème de la masse d'informations à traiter n'était pas encore aussi répandu et présent (depuis, les exemples de Google incontournable ou de la bibliothèque numérique européenne ont un peu plus démocratisé la notion, aidés aussi par plus de connexions haut débit).

Le deuxième intérêt du débat porte sur la question de l'archivage : quels formats et quels supports utiliser pour conserver de manière pérenne les documents électroniques ? Une des réponses, déjà à ce moment-là, était d'utiliser des formats ouverts, comme cela est développé dans le document officiel Les archives électroniques Manuel pratique, écrit par Catherine Dhérent qui intervenait justement dans ce débat.

Enfin, plus en amont de la question des formats pour archiver : que faut-il conserver et quelles informations détruire ? Un vol de données non-sauvegardées est une manière de ne pas archiver... Faut-il aller jusqu'à tout enregistrer en numérique comme le fait Gordon Bell du centre de recherche Microsoft : dans son projet MyLifeBits, toutes les actions de sa vie sont enregistrées numériquement, une application du Memex de Vannevar Bush. Et le Memex (« supplément agrandi et intime de la mémoire », avec des liens entre ses éléments) a eu 60 ans en juillet dernier : c'était une préfiguration des ordinateurs et des liens hypertextes.

Sources et liens :

Police écossaise et interopérabilité

Le mélange interopérabilité-compatibilité-uniformité

La police écossaise a annoncé qu'elle allait utiliser Microsoft Windows Server 2003, Microsoft Windows XP et la suite bureautique Microsoft Office (alors qu'elle utilisait Sun StarOffice depuis 2000).

Parmi les arguments avancés, il y a comme souvent l'interopérabilité. Cet argument mérite d'être précisé, car il est souvent mal utilisé :

  • la compatibilité avec n'est pas l'interopérabilité avec : cela a déjà été signalé à propos des responsables de la suite OpenOffice.org, on ne peut pas parler d'interopérabilité avec avec Microsoft Office (ou avec un autre logiciel) : l'interopérabilité est globale, avec tous (du domaine concerné).
  • l'uniformité, n'est pas l'interopérabilité : si tout le monde utilise le même logiciel produisant des documents au format de ce logiciel, il est évident que tout le monde va pouvoir utiliser ces documents ! Mais il ne s'agit pas alors d'interopérabilité mais d'uniformité.

De plus, même si un format est qualifié de standard, ce standard doit être un standard ouvert pour une réelle interopérabilité. Si le format est fermé, pas d'interopérabilité.

Enfin, si les documents créés utilisent des DRM, cela peut soulever les problèmes de maîtrise de ses informations et ses archives comme l'a indiqué la Nouvelle-Zélande qui refuse certains produits Microsoft du fait des DRM.

L'un des meilleurs exemples d'interopérabilité est encore une fois Internet en général et le Web en particulier. On a :

  • des logiciels de création de pages Web très nombreux et différents (de l'éditeur de texte à l'outil WYSIWIG, de Vim ou Emacs à Nvu) ;
  • des logiciels de lecture de pages Web, les navigateurs, également nombreux et variés (de Firefox à Safari en passant par Internet Explorer, Lynx, Netscape, Opera, Konqueror ou Camino) ;
  • et des formats ouverts, le HTML ou le XHTML, élaborés successivement depuis plus de 10 ans par le W3C, et qui sont utilisés par les logiciels liés au Web. Il est même possible de valider la conformité de son (X)HTML par rapport aux spécifications officielles ;
  • toutes les structures (entreprises, administrations, associations,...) et les particulier qui créent des documents Web conformes au format ouvert (X)HTML ont alors des documents interopérables.

Précisions :

  • en France, dans les commissariats, c'est OpenOffice.org qui est déployé et utilisé (expérience à l'appui lors d'une déclaration de vol), tout comme dans les gendarmeries ;
  • le communiqué de presse utilise à la fois les termes « compatabilité avec » et « interopérabilité ».
Sources et liens :

Les formats et celui de la vie privée

De sa vie privée numérique

Quels sont les points communs entre les éléments de la liste suivante (ce pourrait être un jeu de l'été, format encore d'actualité comme les tournées des plages) :

  • téléphone fixe ;
  • téléphone portable avec GPS ;
  • cartes de fidélité ;
  • cartes bancaires ;
  • carte Navigo de la RATP ;
  • logiciels propriétaires et fermés ;
  • espiogiciels, portes dérobées ;
  • TPM, TCPA Palladium ;
  • imprimantes ;
  • fichiers de données des FAI et des opérateurs téléphoniques ;
  • identifiant de CD et de DVD ;
  • puces RFID ;
  • caméras de videosurveillance ?

Ces points sont cités dans un texte de Benoît Sibaud, Du respect de la vie privée et secrète du geek en milieu urbain. En effet ces différents points, d'une manière directe ou pas, peuvent servir à établir des informations sur la vie privée des personnes, sans forcément leur accord. Bien sûr ces dérives ne sont pas systématiques ni forcément le but premier, mais elles existent.

On pourrait ajouter les écrans agréés ou pas, les câbles de liaison HDMI, la carte nationale d'identité électronique, ou la vie numérique couleur DRM, mais aussi bon nombre d'outils ou de technologies : tout dépend de l'utilisation faite. Et souvent ce ne sont pas des formats ouverts qui sont derrière ces technologies.

Sources et liens :
  • Le texte Du respect de la vie privée et secrète du geek en milieu urbain, de Benoît Sibaud, site Linuxfr.org, le 18 août 2005, http://linuxfr.org/2005/08/18/19442.html
  • L'association EFF, Electronic Frontier Foundation, « Defending Freedom in the Digital World », en anglais, http://www.eff.org

Fin de la crème épaisse

Nouvelle charte graphique de FOo

Depuis le 21 août en début de soirée, la charte graphique d'origine de Formats-Ouverts.org (FOo), utilisée pendant plus de treize mois et demi, a été remplacée par une nouvelle, inspirée du thème Keepsake. Plus de couleur ou d'aspect « crème épaisse » comme on pouvait le trouver, c'est plus « léger », du moins cela peut être ressenti comme tel. Mais les goûts et les couleurs... sont des formats peut-être ouverts quand on sait ce qui plaît, mais qui se discutent difficilement. L'ancienne feuille de style est toujours utilisable avec les navigateurs qui proposent les feuilles de style alternatives (dans Firefox : Affichage > Style de la page).

Toujours est-il que cet aspect graphique est généré par une feuille de style au format CSS liée aux pages Web au format XHTML : XHTML et CSS sont des formats ouverts. Bien sûr, rien ne vous interdit d'utiliser votre propre feuille de style avec votre navigateur moderne (et ce ne sera pas un détournement du contenu du site !). Et merci à Sylvain Lhullier pour la réalisation et la mise en place. Le logo de FOo sera la prochaine étape graphique.

Sources et liens :

Myosotis de lames de rasoirs et de RFID

Le RFID et Gillette, en 2003

Myosotis, ne m'oubliez pas : été 2003, Gillette, ses lames jetables et le RFID.

Le format des lames jetables de rasoir est un bon exemple de format physique fermé du domaine non-électronique : pas d'interopérabilité c'est-à-dire pas de lames autres que celles du rasoir précis concerné, même au sein de la même marque. Le modèle économique sous-jacent est d'ailleurs bati sur ce principe, avec celui de la vente de masse. Mais ce verrouilage ne concerne après tout « que » des lames de rasoirs (et non pas vos données, vos archives, votre travail).

Le RFID est la Radio Frequency IDentification, soit l'identification par fréquence radio. Le principe ? N'importe quel objet peut comporter de petits marqueurs (petites puces, appelées tag) ajoutés qui fournissent des informations à l'appareil de lecture qui les sollicite par ondes radio. Ces informations sont contenues sur le marqueur et peuvent être utilisées pour le suivi des stocks, l'accès à des zones, la tracabilité de produits,...

Comme souvent dans les technologies, il peut y avoir des utilisations problématiques par rapport à la vie privée : les puces RFID réinscriptibles sur des passeports ou des cartes d'identité et les contrôles distants possibles et sans informer ; les marqueurs RFID sur des produits suivis hors de l'enceinte de vente ; des informations ajoutées sans avis,... Les utilisations dans un sens ou dans l'autre ont de nombreux exemples qui se multiplient avec l'utilisation de plus en plus fréquente du RFID.

Un ancien exemple, officiellement abandonné, a été celui de l'utilisation de puces RFID sur les lames jetables Gillette : cela se déroulait il y a 2 ans, à l'été 2003, dans un supermarché anglais. Chaque personne qui prenait un paquet de lames du présentoir était prise en photo : l'appareil de lecture de puce RFID détectait le déplacement du produit et déclenchait une photo de l'achat. Et lors dela sortie, la puce RFID idiquait son passage et une autre photo était prise, puis comparée à la première pour s'assurer de l'achat.

Cela avait été dénoncé avec appel au boycott. Gillette avait alors annoncé qu'il renonçait pour dix ans à tout procédé permettant de tracer individuellement ses produits et qu'il se contenterait d'implanter des puces RFID dans les palettes et les cartons pour suivre l'acheminement entre les usine et les magasins.

Quant au RFID, ses spécifications ne sont pas celles d'un protocole ou d'un format ouvert : il y eut au départ absence d'accord entre les industriels, puis établissement d'une norme mais soumise à brevet.

Sources et liens :

Cette imprimante a ajouté un code d'identification à votre document papier !

Le format papier rattrape le format électronique...

On pourrait parler de série de l'été, ou dire « jamais deux sans trois ». Ainsi, après les écrans d'ordinateur et les câbles, voici les imprimantes...

En effet, c'est un tableau peu rassurant qui continue de prendre forme, au pays du numérique où s'étendent les systèmes de contrôle et de protection.

Il y avait déjà les logiciels d'imprimantes qui transmettaient des renseignements à l'insu de l'utilisateur. Voici maintenant que certaines imprimantes en font bien plus que ce que vous demandez lors de l'impression de votre document... Et dans ce cas, contrairement aux écrans ou aux câbles, il est presque impossible de s'en rendre compte.

Des imprimantes laser couleur ajoutent aux documents imprimés un code unique d'indentification qui permet d'établir quel appareil a été utilisé. Il s'agit de minuscules points, visibles qu'après exposition particulière ou usage de microscope. Et des fabricants concernés n'ont pas démenti.

Voici donc la tracabilité du document électronique appliquée au format papier. Sans que les utilisateurs soient réellement informés. De là à se servir de ces documents « marqués » pour établir quels en sont les auteurs, il n'y a qu'un pas, dont des associations américaines ont été victimes et qui ont dénoncé la chose.

L'association EFF (Electronic Frontier Foundation), qui a pour devise « Defending Freedom in the Digital World » (Défendre la liberté dans un monde numérique), a lancé un appel à recensement des imprimantes qui utilisent cette technologie.

Cela semblerait tout droit sorti de feuilletons d'espionnage ou de films de science fiction. Il s'agit pourtant de la réalité. Le format papier, format non-électronique, parfois utilisé à la place du numérique, ne possèdait pas a priori d'identificateurs, contrairement au numérique où les exemples se multiplient (DVD, fichiers de musique,...). Et bien sûr, le format de codage de l'identifiant n'a rien d'un format ouvert.

Sources et liens :

Voir aussi DisplayPort et PCI Express 2 qui verrouillent aussi.

Votre câble ne peut pas transférer votre film et votre musique

HDMI et HDCP sont dans un câble...

C'est un paysage assez particulier qui se dessine de plus en plus précisément, au pays du numérique où s'étendent les systèmes de contrôle et de protection (DRM) :

  • les systèmes d'exploitations des ordinateurs qui contrôlent le contenu de votre disque dur ;
  • les futurs DVD « verrouillés » ;
  • les baladeurs numériques qui ne jouent que leurs morceaux « dédiés » ;
  • les téléphones portables qui ne permettent pas d'en transférer de la musique ;
  • les écrans ou les video-projecteurs qui doivent être agréés pour afficher les DVD « protégés » ;
  • les hauts-parleurs qui ne diffusent pas le son des fichiers de musique « protégés » ;
  • les consoles de jeux qui n'accepteront que certains accessoires « certifiés ».

En fait, ce sont tous les appareils numériques qui sont potentiellement et techniquement concernés : appareils photos, caméscopes, télévisions haute définition, magnétoscopes, disques durs externes,... Sans oublier ce qui sert à relier les appareils entre eux, c'est-à-dire les câbles. Plus exactement les câbles HDMI.

HDMI signifie High Definition Multimedia Interface : il s'agit d'un format pour relier les appareils numériques et pour tansmettre les données (photo, son, video,...) en qualité numérique. Le HDMI souligne le problème des formats physiques, des supports ou de la connectique : sans prise à cette dimension, pas de lien possible (comme pour d'autres prises physiques telles que l'USB, le Firewire,...).

HDCP, c'est High-bandwidth Digital Content Protection, une spécification développée à l'origine par Intel, et commercialisée par une de ses entités, la société Digital Content Protection, LLC. Et le HDCP pose le problème du contrôle du contenu du fait de sa protection : en effet, la qualité des informations transmises par câble HDMI peut être dégradée si le HDCP n'est pas présent sur les deux appareils... On pourrait même envisager un blocage pour transfert de contenu non autorisé...

Mais alors comment se feront les transferts de données qui ont des formats ouverts ? Car ils n'ont pas de DRM, donc pas de contôle possible par exemple pour l'Ogg Vorbis (pour la musique ou la voix), le Theora (pour la video) ou le PNG (pour les images). On pourrait lire sur l'écran, dans un format un peu énigmatique : « Transfert inapropriée : veuillez vous assurer des protections de vos contenus. ». Soit, dans un format plus explicite : Ce câble vous interdit de transférer vos données !

Sources et liens :

Voir aussi les imprimantes qui ajoutent un code d'identification à chaque document papier imprimé !

Voir aussi DisplayPort et PCI Express 2 qui verrouillent aussi.

«Jeux olympiques d'été London 2012» : vous ne pouvez pas écrire ces mots !

Attention : mots interdits d'utilisation au nom des marques olympiques

Comment actuellement protéger l'identité commerciale et marketing d'un évènement ou d'un produit ? En déposant en tant que marques commerciales le nom et les termes liés à ce produit ou évènement, pour si besoin faire appel au droit des marques.

Ainsi cela a-t-il été récemment le cas pour Windows Vista, pour Linux ou pour Mozilla : ces 3 termes sont enregistrés, et donc protégés contre les abus et détournements d'utilisation.

Mais jusqu'où aller ? L'organisation des Jeux Olympiques d'été de Londres 2012 a fourni le 14 juillet dernier une réponse détaillée : des mots courants liés à la manifestation seront interdits d'utilisation pour ceux qui ne sont pas sponsors officiels.

Voici donc une liste de mots à utilisation restreinte car faisant partie des marques olympiques :

games, medals, gold, silver, bronze, 2012, sponsor, summer, Olympic, Olympiad, Olympian, London 2012 (soit : jeux, médailles, or, argent, bronze, 2012, sponsor, été, olympique, olympiade, olympien, Londres 2012)

Il y a bien le nom de la manifestation, mais pour ce qui est des autres « marques », cela est pour le moins surprenant... Plusieurs questions se posent alors :

  • cela est-il aussi valable dans les autres langues que l'anglais ? Car il n'y a pas qu'une seule langue.
  • qu'en est-il pour le français qui est une des langues officielles olympiques ? Si oui, le titre de cet article est bien exact.
  • les articles relatant cette information sont-ils concernés ? Les sites de la BBC et de Slashdot qui ont largement relayé la nouvelle sont-ils en violation ?
  • et les mots « podium », « hymne », « record », « victoire » et « défaite » ? Car il devrait en avoir des olympiques...
  • quid des autres manifestation sportives avec médailles d'or, d'argent et de bronze ? Helsinki 2005 y a échappé.
  • Citius, Altius, Fortius, la devise olympique en latin, est aussi « protégée » : les livres d'études latines devront-ils supprimer cette expression ou payer des droits ?

Force est de constater que le format olympique est un format marqué (!) par l'approche commerciale et marketing, c'est-à-dire financière :

For information, the only official UK companies which are involved with organising the Games are "London 2012 Limited", the "London Organising Committee of the Olympic Games Limited" and the "British Olympic Association". (texte de la page sur les marques olympiques, italique ajouté ; Limited désigne le régime de société commerciale)

Normalement les langues et les mots sont à des formats ouverts (pour celles qui sont connues), libres d'utilisation, sauf pour les marques. Mais quand les marques s'approprient des noms aussi communs, c'est à croire que les histoires ahurissantes d'Harry Potter 6 ou de la société de cars inspirent.

Deux dernières questions se posent :

  • bientôt d'autres interdictions à propos des vêtements et des boissons ? Car le triple record d'Athènes 2004 à propos des formats est à battre ;
  • qui va déposer et protéger les mots « liberté » et « démocratie » ? Quel pays ou quelle société multinationale ? (la liste d'autres mots à « forte image » et « gros potentiel » est longue).
Sources et liens :

Google suspend son Print jusqu'en novembre 2005

Google Print suspend ses numérisations

Le 14 décembre 2004, Google a annoncé son projet Google Print. Il doit proposer près de 15 millions de livres numérisés, issus de 5 bibliothèques anglo-saxonnes.

Depuis cette date, en France et en Europe, il y eut successivement la réaction du Président de la Bibliothèque nationale de France, Jean-Noël Jeanneney, appelant à un projet identique européen (le 22 janvier dans le journal Le Monde), l'annonce du projet d'une bibliothèque numérique européenne (début mai) et la mise en place du comité de pilotage pour cette bibliothèque (le 11 juillet).

Aux Etats-Unis, le projet a aussi provoqué des réactions, mais à propos du règlement des droits des auteurs et des éditeurs des livres concernés. Google propose donc aux auteurs et éditeurs d'indiquer quels livres des bibliothèques impliquées ils ne souhaitent pas être numérisés. Cette numérisation est donc suspendue jusqu'en novembre.

Pour ce qui est de la biliothèque numérique européenne, un livre blanc synthétisant les propositions sera remis d’ici au 14 décembre 2005 (un an exactement après l'annonce de Google). Il faut souhaiter que le sujet de l'interopérabilité entre les différentes bibliothèques européennes du projet sera envisagé comme l'ont été l'interopérabilité entre les casiers judiciaires européens et entre les systèmes ferroviaires transeuropéens.

Avec comme garantie de cette interopérabilité et de l'indépendance de la bilbiothèque numérique européenne, l'utilisation de logiciels ouverts, de protocoles ouverts et de formats ouverts, comme souligné ici dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Sources et liens :

Vous devez utiliser un écran agréé pour voir ce film !

Windows Vista et les écrans

Les caractéristiques du prochain Windows Vista se précisent. Il y avait déjà 2 informations à propos des formats :

  • Vista disposera de Metro, son format d'affichage et d'impression de documents (un concurrent de PDF) ;
  • Vista utilisera Direct3D, sa technologie d'affichage (un anti-OpenGL).

Voici le dernier point en date : Vista et ses écrans. En effet, pour afficher les informations de l'ordinateur vers un écran ou vers un video-projecteur, Windows Vista vérifiera s'il est agréé en fonction du contenu à montrer : si ce n'est pas le cas, pas d'affichage.

Ainsi, les futurs DVD verrouilleront même l'affichage, en plus de la copie privée ou du transfert. Tout cela via le dispositif des DRM. Mais outre la video, cela peut s'appliquer à tout fichier (bureautique, musique, images,...).

Quant à Microsoft, il ne fait que « proposer des outils » que les studios (pour les contenus) et les industriels (pour les matériels) utiliseront ou pas. Et les technologies permettant cela, appelées PVP-OPM (Protected Media Path — Output Protection Management) concernent aussi l'audio : vous n'entendrez rien si votre carte son ou votre système haute fidélité n'est pas certifié...

Bienvenue donc dans un monde numérique couleur DRM. HP l'avait annoncé à l'été 2004, la question se posait pour les téléviseurs de la console Xbox360 : vous en avez rêvé, les DRM le font.

Quant aux formats ouverts, si vous arrivez à lire ce paragraphe et si pouvez accéder à la définition légale française, alors vous êtes en situation anormale : votre écran, votre ordinateur et vos logiciels ne sont pas agréés, vous accédez à du contenu interdit. (légère extrapolation...).

Sources et liens :

Voir aussi comment votre câble ne peut pas transférer votre film et votre musique...

Voir aussi les imprimantes qui ajoutent un code d'identification à chaque document papier imprimé !

Voir aussi DisplayPort et PCI Express 2 qui verrouillent aussi.

La compatibilité au format Xbox360 se paie

Accessoires compatibles Xbox360 : royalties demandés

Fin 2001, Microsoft a lancé sa console de jeux, la Xbox. Avec pour cette activité, une présence médiatique certaine, une reconnaissance et des utilisateurs, même si le résultat financier n'a pas été bénéficiaire.

Le vendredi 13 mai 2005, Microsoft dévoilait la Xbox360 lors d'une émission spéciale sur la chaîne MTV. La disponibilité est prévue pour fin 2005.

Encore une fois, les formats sont au cœur de l'approche retenue : rentabiliser la console Xbox360.

Ainsi les fabricants d'accessoires qui proposeront des manettes, des joysticks ou des volants au format « Compatible Xbox360 », reverseront une partie du chiffre d'affaires des ventes. Pour s'en assurer, seuls les produits autorisés se connecteront à la console : Microsoft a élaboré un mécanisme d'authentification qui ne sera fourni qu'aux fabricants agréés.

Cette approche, outre sa rentabilité, peut être vue comme une garantie des produits officiellement estampillés du format « Compatible Xbox360 » : la pratique est courante dans les domaines non-électroniques (les « charte qualité », « cahier des charges », « fournisseur officiel » et autre « revendeur agréé » sont des exemples de formats à respecter). Sans oublier les contôles via les formats physiques (prise des chargeurs de téléphone portable ou d'ordinateur, prises de câbles de connexion, rasoirs à lames jetables, cartouches d'encre, capsules de machines à café,...).

Cependant, la question peut se poser de savoir jusqu'où peut aller ce contrôle : il y a la connexion d'accessoires, mais les téléviseurs sur lesquels sont branchées les consoles pourraient-ils être concernés ? Et les autres appareils envisagés pour la Xbox360 au centre du foyer numérique (appareils photos, caméscopes, baladeurs,...) ?

On aboutirait alors à un contrôle des formats logiciel et matériel de toute la chaîne : et qui contrôle les formats, contrôle l'information