L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1800 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1984 articles en ligne, dont 3 pour le mois de juillet - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Hommage à Randy Pausch - Le 1900e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ? - Les 5 ans du site !



Deux exemples pour expliquer les DRM

Deux exemples transposés dans le numérique pour expliquer les DRM

Les DRM sont un sujet d'actualité, comme le recense le dossier DRM. Mais comment expliquer ce que sont et ce que font les DRM ? Voici deux exemples du monde non-électronique pour tenter de faire ses premiers pas dans un monde qui aurait des DRM partout.

Exemple 1 : la bouteille d'eau d'Evian

Sur les étiquettes des bouteilles d'eau de marque Evian, on peut lire la mention suivante parmi les informations données :

Bouteille destinée à contenir exclusivement de l'Eau Minérale Naturelle d'Evian.

Mais une fois consommée, rien ne vous interdit de la remplir avec une autre eau (minérale, de source ou du robinet) ou avec d'autres liquides de votre choix.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : la bouteille d'eau vérifierait si son contenu correspond avec ce qu'elle est autorisée à contenir et agirait en conséquence : si les DRM de l'eau n'étaient pas ceux prévus, la bouteille empêcherait d'être rempli ou son bouchon ne se dévisserait plus une fois refermée, voire elle se détruirait.

Exemple 2 : le maillot de Zidane à la Juve

Jeudi 28 septembre avait lieu à Ouagadougou une soirée organisée par le dynamique directeur de l'IPD-AOS, Amadou Diop, à l'occasion du séminaire international francophone sur les bibliothèques numériques. Un spectacle de danse suivait l'excellent repas.

L'un des danseurs portait un maillot de football noir et blanc avec « Zidane » inscrit dans le dos : c'est celui que Zinédine Zidane portait lorsqu'il jouait dans l'équipe de la Juventus de Turin, soit de 1996 à 2001. Même si Zidane joue désormais au Real de Madrid, rien n'interdit au possesseur de ce maillot de le porter.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : le maillot de foot ne pourrait plus être porté, son utilisation serait impossible car il ne correspondrait plus à son équipe actuelle, les droits en vigueur ne seraient plus ceux de la Juventus mais ceux du Real de Madrid ; il y aurait blocage de port, les DRM indiquant qu'il n'y a plus de validité d'utilisation.

Les DRM sont un rêve technique devenu réalité pour les structures voulant contrôler l'information numérique (pour sa diffusion, son paiement, sa copie,...). Il n'y a là aucun format ouvert.

Sources et liens :
  • Merci aux participants du séminaire d'Ouagadougou, qui depuis ma conférence du lundi 26 septembre n'ont pas arrêté entre autres en rigolant de voir des DRM partout, et qui m'ont donné l'idée de ces deux exemples.

Les DRM sont déclarés en urgence

Le projet de loi DADVSI et les DRM vont au Parlement en urgence

DADVSI, DRM... voici des termes assez peu explicites a priori. Pourtant ils risquent d'aller de pair, pour créer un duo technico-juridique inquiétant.

Les DRM sont un sujet omnipésents du monde du numérique : il s'agit de la gestion des droits numériques, technologie qui se répand de manière importante dans les fichiers et dans le matériel, avec de nombreux exemples rassemblés dans le Dossier DRM. Les DRM ne sont pas des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité.

Le projet de loi DADVSI concerne le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information. C'est-à-dire une révision de la loi sur le droit d'auteur dans le cadre du développement des aspects techniques du numérique. Avec aussi la révision de droits dits voisins (le droit de copie privée par exemple) concernés par la société de l'information numérique.

Mais quel est le lien entre le projet de loi DADVSI et les DRM ? La première veut s'appuyer sur les seconds, qui sont dénommés mesures techniques de protection et d'information dans le domaine des droits d'auteur.

En quoi y a-t-il urgence ? L'urgence est la dénomination de la procédure qui consiste à soumettre un projet de loi au Parlement mais sans navette entre l'Assemblée nationale et le Sénat pour établir un texte définitif voté par les députés et les sénateurs. L'initiative EUCD.info a révélé qu'il y avait « urgence déclarée » pour le projet de loi DADVSI.

Dans un format plus clair, cela signifie entre autres :

  • pas de réels débats des élus à propos de ce projet de loi important ;
  • un DVD avec DRM pourra n'être lisible qu'avec Windows XP SP2 (et Media Player 10) ou avec Mac OS X 10.4 (et Quicktime 7) et si vous utilisez autre chose, ce sera violer la loi ;
  • actuellement légale, la copie privée sera interdite : 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende en cas de copie privée vers un support non autorisé par les titulaires de droits.

Cette liste n'est pas exhaustive, elle concerne aussi le domaine de la sécurité et les logiciels libres. EUCD.info dans son communiqué de presse donne des informations précises pour réagir suite à cette décision de passage en urgence.

Sources et liens :

Dossier DRM

Des exemples d'utilisation de DRM (mis à jour le 28 avril 2006)

Note : ce long article de la catégorie Synthèse a une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre). Il est possible d'avoir (dans une longue page) les articles regroupés ci-dessous, avec une recherche du terme DRM, http://formats-ouverts.org/blog/?q=DRM

Les DRM, (Digital Rights Management, gestion des droits numériques) sont une technologie de plus en plus présente dans le monde numérique. Les DRM sont mis en place et utilisés dans toute la chaîne numérique, au niveau des fichiers et aussi du matériel.

Les DRM sont à l'opposé des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité au travers du dispositif de contrôle qu'ils mettent en place :

  • les DRM de Windows Media : date d'expiration et nombre de lecture sont prévus







  • les DRM dans les écrans qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;

Apple et des formats, septembre 2005

Le sujet des formats à l'occasion d'Apple Expo Paris 2005

Samedi 24 septembre dernier s'est terminé le salon annuel Apple Expo à Paris. Comme à l'occasion de l'édition 2004 ou d'autres évènements Apple (en février 2005, en juin 2005), on peut considérer quelques annonces et informations sous l'angle des formats.

Le format conférence de presse

Steve Jobs a retenu le format de la conférence de presse, avec journalistes conviés à lui poser des questions. C'était mardi 20 septembre, jour de l'ouverture d'Apple Expo à Paris. Plus de présentation (keynote) sur scène, un peu comme une vedette en concert. Et cela semble réussir : la couverture médiatique a été plus large que la seule presse spécialisée.

Format RSS : rien en France, en Italie, en Espagne.

Les sites Apple ne connaissent-ils pas la technologie RSS en France, en Italie ou en Espagne ? En effet, pas de fil RSS sur les sites de ces pays. Au contraire, les sites américain et allemand proposent un fil RSS. Pourtant la dernière version du navigateur Safari, sorti fin avril, est dénommé... Safari RSS car il intègre les RSS.

Le format du logiciel Pages

Le format du logiciel Pages, lancé en février, est basé sur du XML. Mais quel XML... : format ouvert ou pas ? D'après les indications officielles données par Apple à Apple Expo et sur ses pages Web, toutes les informations sur le format ne sont pas disponibles :

This document does not describe the complete XML schema for either Pages 1.x or Keynote 2.x. The complete XML schema for both applications is not available and will not be made public. (Le schema XML complet pour ces deux applications ne sont pas disponible et ne seront pas rendues public).

Important: This document only covers the file formats for Keynote 2.x and Pages 1.x. Future versions of those products may use a different file format than the ones described here. Developers should understand that Apple cannot guarantee that the file formats described herein will be supported in those future versions of the iWork applications as they are currently supported. Changes to these file formats ought to be expected. (Apple ne peut pas garantir que les formats de fichiers décrits ici seront pris en compte dans les futures versions des logiciels de iWork tel qu'elles le sont actuellement).

En résumé : le format de Pages est du XML ; mais ce n'est pas un format ouvert.

Le format mini est mort, vive le format nano

Après le format mini de l'iPod mini, le très petit baladeur numérique d'Apple, c'est désormais le format nano, en terme de nom et de taille encore plus petite, avec l'iPod nano. Pour les futurs formats de nom, il reste l'iPod pico ou l'iPod femto (voire la miniaturisation ultime... avec l'iPod sous-la-po).

Format de machines de type MALLL...

En proportion, le format le plus répandu des ordinateurs personnels (personal computer, en anglais, soit PC) est Windows sur diverses machines de différents fabricants. Les machines Apple (qui sont des ordinateurs personnels, des PC) sont rares en proportion (mais dans un format absolu, cela donne plusieurs millions de machines, ce qui sonne tout de suite plus important).

Les ordinateurs à la pomme (format français) utilisent presque exclusivement le système d'exploitation d'Apple, Mac OS, actuellement dans sa Mac OS X version Tiger 10.4. Donc, un ordinateur Apple mais avec Linux et d'autres logiciels libres, voilà un format peu répandu : plus brièvement, au format de sigle en français, la MALLL, Machine Apple & Logiciels en Logiciel Libre est rare.

Sources et liens :

Conférence à Ouagadougou

Une après-midi entière à propos des formats

Lundi 26 septembre à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a débuté un séminaire international francophone organisé par l'Agence intergouvernementale de la francophonie et son institut INTIF (Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation).

Il se déroule dans les locaux de l'IPD-AOS (Institut Panafricain pour le Développement-Afrique de l'Ouest et Sahel) avec une trentaine de personnes du monde francophone des blibliothèques et de la documentation.

Il a pour thème Développement durable et bibliothèques : l'information numérique, enjeu de la diffusion de la connaissance et des savoirs.

Après l'ouverture officielle le matin, suivie d'une présentation générale du thème, toute l'après-midi était consacrée aux formats, ouverts ou pas, à l'interopérabilité, et à l'archivage.

J'en avais la responsabilité et je suis intervenu près de 3h30, avec comme sujet : Les formats ouverts : leurs incidences sur la production, la conservation et la diffusion des documents numériques. (La présentation se déroulait majoritairement au format explications orales, tableau et craie, format retenu volontairement, même si le début utilisait des diapositives numériques, mais sans listes à puces).

Après la présentation, la partie de questions-réponses a notamment donné l'occasion de parler du dossier Bibliothèque numérique européenne et de la place des bibliothèques (nationales, universitaires,...) francophones africaines.

Le fichier de ma présentation est disponible.

Sources et liens :
  • Cet article est donc écrit et publié depuis Ouagadougou, grâce aux standards ouverts du Web.

Les gros sites et les formats ouverts

Après Slashdot, Google ?

Le site Web anglophone Slashdot, un site de référence, utilise désormais le format ouvert HTML 4.01 avec feuille de style CSS. L'information est importante, tant comme preuve de l'importance des standards ouverts du Web que par l'ampleur que cela représente : 60 000 articles, avec 13 millions de commentaires !

Et à propos des sites Web de référence et de format conforme, qu'en est-il de Google, un des sites grands publics les plus utilisés et très présent dans l'actualité (bibliothèque numérique, messagerie instantannée, embauche prestigieuse) : site conforme ou pas ?

Pour ce qui est de la page d'accueil du site français et américain, la réponse fournie par le Validator du W3C est négative. Pourtant, le contenu est assez court (cela en est une des caractéristiques et un des points forts). Et il ne serait pas si difficile de passer cette page aux normes ouvertes du Web... quitte à ne pas le faire pour celles de résultats, comme certains le font avec leur page d'accueil mais pas les autres (tout en avançant le respect de ces normes).

A suivre, comme on dit.

Sources et liens :

Les formats au programme des écoles, collèges, lycées et universités

Les formats dans les B2i école-collège-lycée et dans le C2i

Qu'en est-il des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'éducation ? Et plus précisément, parle-t-on des formats dans le primaire, le secondaire ou le supérieur ?

La première question est très vaste, avec des situations très diverses, 20 ans après le plan IPT (Informatique Pour Tous) où il y eut par exemple des formations pour apprendre aux enseignants à programmer afin de créer des logiciels dédiés à l'enseignement avec un format ouvert pour y apporter des améliorations.

Pour ce qui est de la seconde interrogation, il est possible de répondre plus précisément, notamment à l'appui d'un texte paru hier. En effet, le document officiel BOEN (Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale, abrégé BO) n°34 du 22 septembre 2005 comporte page 1801 à 1804 un texte qui évoque les formats.

Ainsi, la circulaire n°2005-135 du 9-9-2005, Les technologies d’information et de communication dans l’enseignement scolaire, indique plusieurs choses à propos du Brevet informatique et internet (B2i) :

  • le B2i change de format de dénomination :
    • le B2I niveau 1 devient B2i école ;
    • le B2I niveau 2 devient B2i collège ;
    • le B2I niveau 3 devient B2i lycée-CFA ;
  • ces B2i ne sont pas au format examen final : ce sont « des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d’activités intégrant les TIC dans le cadre de l’enseignement scolaire. » Il est rappelé que « la validation ne s’effectue pas en fin de cycle » mais tout au long de la scolarité : donc, pas de B2i à passer, et pas de logiciel spécifique (on parle de compétences générales, de traitement de texte, de tableur, de navigateur, de messagerie,..., sans marque particulière) ;
  • concernant les formats informatiques, l'annexe du document indique pour le B2i lycée-CFA que l'élève est capable (Domaine 4 : Acquérir, transformer, produire de l’information) de :

1. Déterminer les caractéristiques d’un fichier ou d’une application (nom, extension, taille, propriétés...). 2. Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier.

  • pour les formats informatiques dans les B2i école et collège, les annexes et les feuilles de position ne précisent pas la notion ;
  • enfin, pour le supérieur, le C2i (Certificat informatique et internet) niveau 1 spécifie :

Tenir compte des problèmes de compatibilité, de format de fichier, de norme et procédure de compression et d’échange. (point 4 de A1)

Finalement, le sujet des formats de fichiers à proprement parlé est abordé au lycée : « Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier ». Le point qui concerne l'interopérabilité ou les formats ouverts (ou pas) n'est pas traité, même si le sujet est rencontré dès l'école, avec par exemple les formats des pièces jointes et ceux des documents traitement de texte.

Sources et liens :

Google Print attaqué, interview sur la Bne et les rencontres de l'Ichim

De nouveaux éléments pour la Bne (Bibliothèque numérique européenne)

Trois nouvelles informations récentes sont à verser au dossier (mis à jour) sur la bibliothèque numérique européenne, qui a débuté 14 décembre 2004 avec l'annonce du projet Google Print for Libraries.

Action collective contre Google Print for Libraries

Le projet Google Print for Libraries est suspendu par Google depuis mi-juillet jusque début novembre. Depuis cette mi-septembre, le projet est l'objet aux Etats-Unis d'une plainte en justice sous forme d'action collective pour violation du droit d'auteur, de la part d'auteurs d'une association professionnelle (Authors Guild).

Interview de Jean-Noël Jeanneney sur la Bne

Jean-Noël Jeanenney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), est interviewé à propos de la bibliothèque numérique européenne. Il parle de l'importance symbolique, politique et cultutelle du projet, de sa durée (3 à 4 ans), de son côut (peut-être 300 à 400 millions d'euros à 25 états, pour 5 à 6 millions de livres européens), de la position de la France (à l'initiative du projet avec sa réaction du 22 janvier, et qui a aussi Gallica).

Concernant le groupe de pilotage et les experts techniques qui y sont, il indique que l'idée est « de concevoir le plus juste et le meilleur outil possible. » Souhaitons que cet outil prendra bien en compte et utilisera les standards ouverts, comme cela avait été avancé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Les 9e rencontres de l'Ichim : Patrimoine culturel et numérique

Du 21 au 23 septembre 2005 se déroulent les neuvièmes rencontres internationales sur la numérisation du patrimoine et l'émergence des cultures numériques. Elles se déroulent à Paris, à la Bibliothèque nationale de France et à la Cité internationale universitaire.

Parmi les interventions au programme des 3 jours de conférences, et qui auront même indirectement les formats et protocoles en arrière plan, il faut signaler :

  • Jean-Noël Jeanneney en ouverture des rencontres à propos de la bibliothèque numérique européenne ;
  • Rabin Yaghoubi, « Director of Strategic Partner Development » de Google Europe qui a présente son programme pour les bibliothèques et les éditeurs ;
  • Caroline Wiegandt, directrice générale adjointe de la BnF et Rosemary Russell de l'Université de Bath abordent les stratégies des bibliothèques nationales pour la numérisation massive d'ouvrages ;
  • le thème de l'archivage du Web.

Ce 22 septembre est aussi une journée thématique consacrée aux jeux video, qui font l'objet d'un dépôt légal et de conservation à la BnF.

Rendez-vous à Lyon aux JLL

Conférence aux Journées du Logiciel Libre

La septième édition des JLL, Journées du Logiciel Libre, organisée par l'association ALDIL (Association Lyonnaise pour le Développement de l'Informatique Libre) se tiendra le vendredi 14 et le samedi 15 octobre 2005, au domaine scientifique et universitaire de la Doua à Villeurbanne.

Parmi les nombreuses conférences au cours des 2 journées, j'interviendrai le vendredi 14 octobre, de 13h30 à 15h, à propos des standards ouverts et d'interopérabilité :

« Formats ouverts », « standards ouverts », « interopérabilité » : on lit ou on entend ces expressions de plus en plus souvent. Mais derrière ces termes, quelle définition exacte donner ? Quelles en sont les caractéristiques ? Pourquoi utiliser des standards ouverts est capital et dans quels domaines ? Qu'en est-il du format XML tant vanté et si souvent mis en avant ?

La présentation sera suivie d'une partie de questions-réponses, et s'adresse au grand public comme aux sociétés et à tous les utilisateurs d'informatique. La manifestation est ouverte à toutes et à tous.

Sources et liens :

Les formats et la rareté

Y a-t-il des formats rares ?

Quel est le point commun entre Le Salon du Collectionneur (du 16 au 25 septembre), la vente aux enchères d'objet des Beatles le 29 juillet dernier, ou la bibliothèque municipale publique de Sélestat (aussi nommée Bibliothèque Humaniste de Sélestat, fondée en 1452) ?

Chacun propose ou a proposé des objets rares : meubles, orfèvrerie ou sculptures pour le premier ; un manuscrit de John Lennon de la chanson All you need is love, vendu un million de dollars, pour le deuxième ; une collection de premier plan au niveau national avec des manuscrits et des ouvrages anciens pour la troisième.

Ce qui fait la particulartité et la valeur de ces objets est qu'il n'en existe que très peu d'exemplaire identique dans le monde, voire qu'un seul. Ce caractère unique fait la rareté de ces pièces exceptionnelles.

Qu'en est-il pour les formats, ouverts ou pas, dans le monde numérique : y a-t-il des formats qui sont rares ? La rareté existe-t-elle dans le numérique ?

Oui, certains formats sont rares, au sens de peu répandu, peu féquent ou plus utilisé : il s'agit des formats que l'on ne sait plus employer car les logiciels qui ont servi à les créer ont disparu (arrêt de la part de l'éditeur ou fin de l'éditeur). Et seuls un logiciel spécifique savait exploiter les données des fichiers, logiciel que seule la société éditrice maîtrisait. Les exemples de formats qui sont désormais inexploitables peuvent se rencontrer souvent.

Non, les formats ne sont pas du tout rares, car aucun fichier à un format donné n'est rare. En effet, l'une des caractéristiques techniques fondamentales des fichiers numériques est d'être copié. Qu'il s'agisse de texte, d'image, de son, de video, et indépendamment de la taille, créer une copie parfaite est propre au numérique. Le clone, ou plutôt les clones, existent et peuvent se multiplier dès lors qu'un seul exemplaire existe. Et les réseaux facilitent cette situation. Ainsi, un format et un fichier numériques ne connaissent pas la rareté, l'original n'existe pas. Sauf à placer des DRM pour limiter les utilisations.

Cependant, un fichier à un format sans logiciel pour l'utiliser ne sert à rien et n'a aucune valeur. Ce qui compte alors est l'ensemble fichier-logiciel pour l'exécuter, voire la machine sur laquelle le logiciel fonctionne, avec des éléments qui lui sont indispensables. C'est alors la machine complète qui compte, et qui peut être rare.

Par exemple les ordinateurs complets voire en état de marche, comme un Micral N (1973, de la société R2E, avec un Intel 8008 à 500 kHz) exposé à la Cité des sciences et de l'industrie, un IBM PC de 1981 ou un NeXTcube sont des pièces rares. Bien sûr quand en plus la production industrielle n'a pas été très élevée, la rareté de la machine est accrue.

Enfin, il faut signaler un texte de Emmanuel Hoog, président directeur-général de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), publié dans le Monde diplomatique d'octobre 2004, à propos de la conservation de notre mémoire audiovisuelle, où il écrivait :

La nature même de l'audiovisuel, c'est la copie.

Sources et liens :

Le format SVG pour encore plus de monde

Le navigateur Opera devient gratuit : et les formats ?

Ce 20 septembre, moins d'un mois après avoir fêté ses 10 ans, la société Opera Software a annoncé que son navigateur Web Opera était désormais disponible gratuitement en version complète (sans le bandeau publicitaire qui était présent dans l'ancienne version gratuite).

Voici donc un navigateur de plus disponible pour tous, aux côtés des Firefox et Mozilla multi-plateformes. Et qu'en est-il plus précisément par rapport aux formats ?

  • Opera n'est pas un logiciel libre, donc un format fermé, mais cela ne retire rien à des qualités ;
  • Opera existe au format de plusieurs systèmes d'exploitation : Windows, Linux, Mac OS, Symbian OS, Windows Mobile, BREW, QNX, TRON, FreeBSD, Solaris et Mediahighway ;
  • le logiciel existe au format de 20 langues ;
  • Opera supporte les standards ouverts du Web, comme CSS 2.1, XHTML 1.1, HTML 4.01, WML 2.0, ECMAScript, DOM 2 ;
  • et enfin, Opera inclut l'utilisation du format ouvert SVG (support natif du SVG 1.1 tiny, comme on dit dans un format plus technique).

C'est ce dernier point qui est sans doute à souligner. Car le SVG est un format appelé à se développer pour encore plus de possibilités dans les navigateurs et les pages Web. Et jusqu'alors, seul Opera incluait dès le départ la prise en compte du SVG, mais sans être autant disponible (l'ancienne vesion gratuite l'était avec publicité, ou alors payante).

Opera double le prochain Firefox (version 1.5, qui intégrera le SVG aussi), pourrait-on dire. La guerre du SVG a commencé, peut-on aussi entendre. En fait, c'est bien mieux : la concurrence continue, basée sur des standards ouverts, que les utilisateurs attendent, consciemment ou pas (dès que le SVG sera plus connu, ne pas l'avoir sera un moins). Windows Internet Explorer 7 et Netscape 8 sont avertis.

Sources et liens :

«Il faut sortir du format»

Un entretien avec Michel Serres, sans propos au format convenu

Quel format adopter pour débuter un article ? Quelle accroche retenir ? Surtout quand il y en a plusieurs possibles. Peut-être en laissant le choix. Alors en voici trois, toutes aussi importantes.

Voici une interview percutante de Michel Serres, qui parle de la pensée unique, des media, de la Louisane, de la langue française... et des formats.

« Je suis persuadé que cette chronique va faire beaucoup parler. » : ainsi se termine l'entretien, et c'est vrai ! Une exclusivité de Formats-Ouverts.org : Michel Serres et les formats !

Les formats sont partout : dans les nouvelles technologies, dans les caractéristiques du monde physique, dans les langues, dans le style d'un texte, dans les règles nationales mais aussi plus largement dans la société au travers des modes, des comportements ou des media : Michel Serres le développe de manière très originale.

Dimanche 18 septembre était donc diffusée sur France Info la chronique hebdomadaire Le sens de l'info, un entretien de 7 minutes (un format long) entre Michel Serres et le journaliste Michel Polacco. Le sujet était la Pensée unique dans notre société.

Michel Serres avance que plus encore que la pensée unique, on assiste à la répétition, au sens de diffusion et de reproduction d'un modèle : « Le mot d'ordre est Soyez conforme. » (comme au travers d'une mode vestimentaire), et « l'essentiel est la forme plus que contenu. » Et ce qui est répété presque à l'infini par les media, c'est la mort, à un point extrême :

Je vois maintenant les media comme une église intégriste qui parle tout le temps de la mort et qui ne parle que de la mort. La répétition est toujours là et la répétiton c'est l'instinct de mort.

Il parle des langues, dont l'anglais tant répété et le français investit par des tournures au format anglo-saxon (exemples du Ministère des Affaires étrangères, de la météo ou d'Air France), comme dans le cas « à exploser de colère » de la SNCF et de sa carte de fidélité S'MILES : fin des kilomètres, format légal de mesure en France, la SNCF mesure donc en miles ! Or la langue est « l'âme d'une culture. »

Mais alors comment sortir de ces situations ? Il faut casser « la répétition d'un format », ne pas reprendre les schémas dominants, aller à l'encontre de l'unicité. Dans un format plus bref : « Il faut sortir du format. »

Sources et liens :
  • Le mot format est volontairement employé de nombreuses fois dans ce texte (comme déjà dans celui sur la PSP), sans doute une illustration de sa réelle et forte importance.

Pour des raisons d'interopérabilité

Dit la ministre de la défense

Dimanche 18 septembre entre 18h et 19h, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, était l'invitée de l'émission Le grand rendez-vous animée par Jean-Pierre Elkabbach, retransmise par la radio Europe 1 et la chaîne de télévision TV5.

Un peu après 18h30, une des questions posées portait sur la possibilité d'une construction en commun d'un porte-avion entre la France (qui en souhaite un autre) et la Grande-Bretagne (qui en souhaite deux).

La réponse a été qu'elle travaillait pour que les modèles soient les plus proches possible « pour une raison d'interopérabilité d'abord ». C'est-à-dire que les caractéristiques techniques de chacun soient assez proches voire identiques pour permettre d'employer du matériel de chacun (par exemple que les dimensions de la piste et des soutes permettent aux avions de chacun des deux pays d'être pris en charge).

En fait, il s'agit plus d'une compatibilité entre les deux futurs navires que d'interopérabilité. Cela souligne bien d'abord l'importance des formats physiques (dimensions des pistes, des câbles,...). Ensuite, on peut sans doute penser que les systèmes d'informations utilisés devront aussi être compatibles (format d'encodage des données, formats des fichiers,...).

L'importance de l'interopérabilité est encore une fois clairement citée, ici pour un porte-avion, comme aussi pour les systèmes ferroviaires transeuropéens ou les casiers judiciaires européens. En espérant que cela soit aussi le cas pour la Bibliothèque numérique européenne.

Sources et liens :

Les formats dans le sport, la com' et en Chine

Les expressions en football ; la communication d'Apple ; le marché chinois

Quels « formats » utiliser pour parler dans le monde du football, pour toucher un large public ou pour investir le marché chinois ? Ce sont certes des formats non-électroniques, mais qui sont ouverts car on en connait les règles.

Format codé en football : « Chez ces gens-là, on cause en crypté. »

Un article de Libération propose un décodage du format de langage utilisé de plus en plus dans le monde du football :

« Seule la vérité du terrain compte » ; « Le plus fort a gagné ce soir » ; « On va continuer à travailler »... Le monde du football cultive les formules toutes faites et dénuées de sens. Décryptage d'une langue de bois, qui rime avec succès et enjeux financiers.

Avec quelques exemples de traduction dans un format plus clair :

« Le club m'a manqué de respect » signifie qu'il manque un zéro sur le chèque ; son contraire : « J'ai signé ici car j'ai adhéré au projet. »

Apple et sa communication : nouvelle approche, nouveau format ?

Il n'y aura pas de conférence (keynote) traditionelle de Steve Jobs le 20 septembre à Paris. Cela a été annoncé juste deux semaines avant, le 5 septembre. Réactions et déceptions ont été nombreuses. Que cela signifie-t-il ?

Pour être encore plus « grand public », la société Apple, dont les produits (baladeurs iPod) et services (sites iMusicTunes) touchent de plus en plus de monde confronté à la convergence numérique, a-t-elle décidé de changer son format de communication ? Fin de la période des présentations de Steve Jobs s'adressant aux utilisateurs de la pomme dans un format presque de type concert pour fans ? C'est l'idée que développe l'article de Boro de MacPlus :

la place centrale qu’Apple aspire à occuper au sein de l’industrie informatique nécessite qu’elle s’adresse à ses clients potentiels de la majorité silencieuse -celle qui suit la tendance au lieu de la précéder- avec ses codes, au travers de relais d’opinion que sont les Journaux Télévisés et la presse généraliste.

La Chine et ses règles, ses formats

S'installer en Chine pour être présent sur son marché est presque actuellement un point de passage obligé, notamment dans le secteur des nouvelles technologies et d'Internet. Cependant, cela signifie accepter les règles officielles et officieuses qui sont en place :

il [le gouvernement] n'a jamais molli sur la censure imposée à l'univers d'Internet. Tous les moteurs de recherche et portails doivent appliquer des filtres interdisant des mots clés comme « démocratie », « indépendance Taïwan », « droits de l'homme » ou « Tiananmen ». (article du Monde)

Un article d'humeur de MacPlus, qui traite aussi des DRM omniprésents.

Les DRM en publicité ; l'interopérabilité des MI et des sites de musique

Les messageries instantanées (MI) et l'interopérabilité

Le mardi 6 septembre 2005, le journal 20 Minutes consacrait toute sa rubrique net guide aux messageries instantannées (MI), sous le titre Restez toujours en contact via le Web. La pleine page signée Yaroslav Pigenet faisait le point sur les différents logiciels de messagerie instantanée, notamment suite à la sortie de Google Talk le 24 août. Outre cette dernière, une mini-fiche sur Gaim, Trillian, AIM, MSN Messenger, Yahoo! Messenger et ICQ était proposée. Avec un encadré final titré En attendant l'unification des messageries instantanées qui résume bien la situation (gras et liens ajoutés) :

Toutefois, chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. [...] Un peu comme si un abonné SFR ne pouvait pas téléphoner à des abonnés Orange ou Bouygues. Cette incompatibilité a longtemps ralenti voire bloqué l'inévitable convergence entre téléphone et MI. [...] Pour mettre fin à cette cacophonie et permettre de créer un service de MI professionnel et universel - comme l'e-mail ou le GSM -, l'instance de régulation du Web (IETF) propose depuis 2002 un protocole ouvert et standardisé de messagerie : XMPP/Jabber.

Les DRM en publicité !

Les DRM s'affichent sur des panneaux publicitaires, où on lit sur certains à propos du baladeur numérique Q-be de SupportPlus :

MP3 256 Mo - USB 2.0 DRM

Des DRM sur les fichiers audio WMA (Microsoft), AAC (Apple) ou Atrac (Sony), c'est établi, comme aussi sur les écrans, sur les câbles HDMI, sur les sorties DisplayPort, sur le bus PCI Express 2.0, sur Windows Vista ou sur les téléphones portables. Mais des DRM dans l'USB 2.0 ? Réalité technique, ou coquille de texte (qui permet d'avoir un format technique avec des sigles un peu étranges) ? Sans doute la seconde solution d'après les indications du produit trouvées sur les sites de ventes en ligne.

L'interopérabilité sur FnacMusic, interview du directeur général

Bruno Crémel, directeur général de la Fnac, était interviewé par Arnaud Devillard de 01net le 1er septembre dernier. Parmi les 6 questions posées, celle de l'interopérabilité des fichiers de musique (gras ajouté) :

Question : Autre sujet sensible, l'interopérabilité. FnacMusic avait annoncé qu'elle mettrait à disposition un logiciel permettant de lire des fichiers sur tout type de baladeurs. Où cela en est-il ?

Réponse : On y a renoncé. C'est sans doute un frein au développement du téléchargement parce que c'est une source de complexité et de confusion pour les clients. De fait, lorsqu'ils achètent un baladeur, ils n'ont pas forcément conscience des problématiques d'interopérabilité, de formats propriétaires et autres qui sont les composantes d'un débat assez compliqué. En même temps, il faut relativiser.

D'après les analyses, l'utilisation du téléchargement est encore assez classique : une écoute sur ordinateur ou une gravure sur CD pour une écoute sur chaîne hi-fi. L'utilisation du baladeur est minoritaire, entre 10 % et 15 % de l'utilisation des téléchargements. Le marché n'étant pas stabilisé ni sur le marché des baladeurs ni sur celui des plates-formes de téléchargement, je pense qu'on ne verra pas d'évolution à court terme.

La Fnac a ouvert son site de vente de musique en ligne en septembre 2004, en retenant le format WMA (de Microsoft) et en expliquant comment retirer les DRM en gravant (comme Microsoft l'avait aussi expliqué) pour utiliser les morceaux sur tous les baladeurs.

Victimes de Katrina, pour vous inscrire, vous devez avoir le bon navigateur

Format IE6 ou téléphone, dit la FEMA

Le long et très bon article de Pamela Jones « Quand les standards ouverts comptent vraiment - Le cas Katrina » est également riche. Et parmi les informations qu'il donne, en voici une à propos de l'interopérabilité : il n'est possible aux victimes de s'enregistrer sur le site officiel fédéral qu'avec le navigateur Microsoft Internet Explorer 6. Ou alors utliser le téléphone.

Quand on consulte le site de la FEMA (Federal Emergency Management Agency, Agence fédérale de gestion des crises), voici ce qui est indiqué :

Do I need Internet Explorer to Register for Assistance Online?

Yes

Currently to complete your application online you must be using Microsoft's Internet Explorer 6.0 or above. We are in the process of modifying the application so that it will be available to additional browsers.

Download Internet Explorer 6

Do I need Internet Explorer to check the status of my application?

If you do not have Internet Explorer 6.0 or higher, you may still be able to check the status of your application and update your information online once you have registered by phone.

What should I do if I don’t have Internet Explorer 6.0 or above?

Register by phone: Call us at 1-800-621-FEMA (3362).

Hearing or speech impaired? Call us at 1-800-462-7585.

What are the hardware (system) and software requirements for accessing and filing a disaster registration?

A computer that has access to the Internet and Microsoft Internet Explorer 6.0 as its Web browser should work efficiently with the FEMA Internet RI system.

We further recommend a minimum Pentium III and 128 mb of Ram for IE 6.0, with an actual minimum requirement of a 486/66 MHZ processor, Windows 98, Windows ME, Windows NT 4.0, Windows 2000, or Windows XP.

In addition, for Win 98 we suggest 16 MB of RAM, Windows ME 32 MB of RAM, Win NT 32 MB of RAM, Win 2000 32 MB of RAM, and Win XP 32 MB or RAM.

For monitors, we recommend a Super VGA (800 X 600) or higher resolution monitor with 256 colors.

Les ordinateurs qui ont été envoyés pour aider les victimes à s'inscrire n'ont été d'aucune utilité s'ils n'avaient qu'Internet Explorer 5, ou s'il s'agissait de machines Apple ou avec Linux sans le navigateur obligatoire.

Internet et le Web reposent sur des standards ouverts. Cependant des discriminations techniques se rencontrent parfois encore... Pour un site commercial de sociétés ou de ventes en ligne, il perd des clients potentiels. Pour un site de service public, le terme public est alors oublié. Et pour un site à propos d'une situation comme celle-ci, l'article de Groklaw le résume bien :

Le fait que le FEMA exige que les victimes de l'ouragan Katrina n'utilisent que Microsoft Internet Explorer pour s'inscrire aux services d'aide est une honte nationale.

Sources et liens :

«Quand les standards ouverts comptent vraiment - Le cas Katrina»

Article « When Open Standards Really Matter - The Katrina Factor » du site Groklaw.net, en version française

Note : quand un article à propos des standards ouverts est très bon, même s'il décrit des situations dramatiques, autant ne pas le reprendre par bribes. Et pour le faire connaître encore mieux, autant le proposer au format normalement utilisable par les lecteurs francophones de Formats-Ouverts.org, donc en version française. Cette traduction n'est pas la version officielle, mais une traduction, et peut comporter des coquilles. Il s'agit du début de l'article. Merci à Pamela Jones. (Gras, italique et lien ont été ajoutés au texte original.)

Si vous avez des doutes sur la direction que l'état du Massachussets suit en exigeant des standards ouverts pour tous les documents officiels, considérez ce qui est arrivé quand l'ouragan Katrina a détruit presque toutes les communications sauf Internet. Les téléphones portables et les talkies walkies furent hors service, encore une fois, exactement comme ils le furent le 11 septembre, comme David Kirkpatrick l'écrit dans un article de Fortune :

Parmi les répercussions de l'ouragan, la plupart des systèmes de communications de la région échouèrent ou ne fonctionnèrent pas correctement. L'eau et le vent détruisirent les alimentations, arrachèrent les lignes téléphoniques et détruisirent les antennes relais des téléphones portables. Les systèmes qui restèrent furent rapidement submergés. Quand les secours avaient des équipements en état de marche, comme les talkies walkies, ils ne purent pas se connecter avec les autres sur des systèmes de communications différents.

Vous avez bien lu ? « sur des systèmes de communications différents ». La même chose arriva après le désastre du tsunami en Thaïlande, comme relaté dans le rapport qui vient dêtre publié par ePolicy Group :

« Les agences responsables et les groupes non-gouvermentaux sont incapables de partager des informations qui sont vitales pour les efforts de secours » rappelle le rapport au gouvernement de Thaïlande à propos des conséquences du tsunami. « Chacun utilise des formats de données et de documents différents. Les secours sont ralentis ; la coordination est compliquée. Le besoin de standards ouverts communs pour la gestion des désastres n'a jamais été aussi catégorique ni irrésistible. »

N'est-il pas temps, après tant de souffrance, de reconnaître que garder les gens en vie est plus important que de permettre à des sociétés privées de verrouiller les utilisateurs dans des systèmes propriétaires qui ne fonctionnent alors pas en cas d'urgence ? Et pourquoi Internet marche-t-il toujours, qui que vous soyez et quel que soit le système d'exploitation que vous utilisez ? Car il a été construit, non pas sur des standards propriétaires, mais entièrement sur des standards ouverts. C'est pourquoi vous pouvez m'envoyer un courriel, même si vous utilisez Microsoft Outlook. Je n'utilise pas de produits Microsoft, mais grâce aux standards ouverts, je peux tout de même lire votre courriel, et en cas d'urgence, nous ne serons pas déconnectés parce que nous aurons « différents sytèmes de communications ».

Sources et liens :

Dossier Bibliothèque numérique (européenne ou non)

Des informations chronologiques à propos de Bibliothèque numérique, européenne ou non

Avertissement : ce long document de la catégorie Synthèse a été publié le 15 septembre 2005 et a été mis à jour le 18 novembre 2007.

Deux chronologies ont été publiées en février 2006, bien après le début du dossier de bibliothèque numérique européenne (fin 2004). Elles sont plus officielles et moins détaillées que celle de cette page :

Le projet de bibliothèque numérique, européenne ou pas, touche directement aux sujets des formats de données, des protocoles, des logiciels. Et les standards ouverts y ont une place capitale à jouer. Voici donc une chronologie et des références sur le projet de bibliothèque numérique européenne comme non-européenne :

  • 14 décembre 2004 : annonce du projet Google Print for Libraries (les bibliothèques), qui devrait proposer proposer près de 15 millions de livres numérisés (soit 4,5 milliards de pages), issus de 5 bibliothèques anglo-saxonnes (4 américaines : celles de Harvard, de Stanford, de l'université du Michigan, et la bibliothèque publique de New York ; 1 anglaise : Oxford), avec lesquelles un accord a été signé.
  • depuis fin janvier 2005 : nombreuses interventions de Jean-Noël Jeanneney (presse, radio, conférence,...) sur le sujet
  • fin avril 2005 : les bibliothèques nationales de 19 pays, puis 6 chefs d'État et de gouvernement européens appelent à une coopération de l'Europe pour la création d'une bibliothèque numérique européenne
    • Article Plaidoyer pour une «bibliothèque numérique européenne», de la rédaction de ZDNet France, le 28 avril 2005, http://zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39221312,00.htm
    • Article 19 bibliothèques en Europe signent un manifeste pour contrer le projet de Google, journal Le Monde, le 27 avril 2005, Emmanule de Roux, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-643536,0.html
  • 2 et 3 mai 2005 : prise de position favorable au projet de bibliothèque numérique européenne de la part de responsables européens lors des Rencontres pour l'Europe de la culture, à la Comédie Française (Paris) : Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et alors président en exercice de l'Union, a apporté son soutien à l'initiative d'une bibliothèque numérique européenne, ainsi que Viviane Reding, commissaire à la Culture.
  • 11 juillet 2005 : annonce de la première réunion du comité de pilotage en vue de la création d'une bibliothèque numérique européenne
  • 12 juillet 2005 : signature du décret n° 2005-780 du 12 juillet 2005 instituant un comité de pilotage en vue de la création d'une bibliothèque numérique européenne
  • mi-septembre 2005 : action collective en justice d'auteurs contre Google Print
  • 20 septembre 2005 : interview de Jean-Noël Jeanneney : il y traite de l'importance symbolique, politique et cultutelle du projet, de sa durée (3 à 4 ans), de son côut (peut-être 300 à 400 millions d'euros à 25 états, pour 5 à 6 millions de livres européens), de la position de la France (à l'initiative du projet avec sa réaction du 22 janvier, et qui a aussi Gallica).
  • Calendrier prévu (au 15 septembre 2005) :
    • septembre 2005 : travail du groupe d'experts ;
    • des propostions de la France seront faites à ses partenaires européens ;
    • troisième semaine d'octobre 2005 : tenue du troisième comité de pilotage (lu dans l'article de Libération du 1er septembre) ;
    • 14 décembre 2005 : un an après l'annonce de Google, remise au Président de la République du Livre blanc.
  • 10 octobre 2005 : journée d'études organisée par l'Association des bibliothécaires français (ABF) et la BnF, intitulée Bibliothèques numériques, où en sommes-nous ?, à Paris.
  • 13 octobre 2005 : colloque intitulé Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs, à Bordeaux, dans l'Hôtel de Région du Conseil Régional d'Aquitaine ; lors des questions de la salle, Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF) est interrogé sur la problématique des standards ouverts : est-elle prise ne compte par le comité de pilotage du projet de création de la Bibliothèque numérique européenne ? Le Président de la BnF a répondu « oui, bien sûr »
  • mi-octobre 2005 : l'association des éditeurs américains (Association of American Publishers, AAP) porte plainte pour violation du copyright contre Google
  • 17 octobre 2005 : les versions de Google Print pour 8 huits pays européens sont en ligne (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pay-Bas et Suisse)
  • fin octobre 2005 : des éditeurs allemands annoncent qu'ils souhaitent numériser eux aussi des livres, sans passer par le projet de Google
  • 3 novembre 2005 : Google ouvre sa bibliothèque Google Print avec des livres numérisés, du domaine public et issus du projet ;
  • 3 novembre 2005 : Amazon annonce qu'il sera possible de se procurer une version numérique d'un livre déjà acheté, mais aussi de ne choisir qu'une page, un chapitre ou une section ;
  • 4 novembre 2005 : Microsoft et la British Library annoncent « un partenariat stratégique » ;
  • 14 novembre 2005 : Conseil des ministres européen de la Culture et de l'Audiovisuel, à Bruxelles, avec le projet de Bibliothèque numérique européenne à l'ordre du jour : Les ministres ont finalement procédé à un échange de vues sur la communication de la Commission "i2010: bibliothèques numériques". (texte du communiqué de presse du Luxembourg, rien du côté français)
  • 17 novembre 2005 : rencontre à Paris entre représentants de la BnF (Bibliothèque nationale de France) et de la BL (British Library), alors que cette dernière a annoncé un « partenariat stratégique » avec Microsoft portant sur la numérisation
  • 5 décembre 2005 : le ministre de la culture présente au Sénat le budget de son ministère, avec l'annonce du montant du budget pour le comité de pilotage de la bibliothèque numérique européenne : « Enfin, le comité de pilotage de la bibliothèque numérique européenne, que je préside, avance et sera doté de 400 000 euros l'an prochain, si vous adoptez le budget qui vous est soumis, afin que de ce grand et beau projet, voulu par le Président de la République, jaillissent de nouvelles sources de connaissances et de découvertes accessibles à tous les publics. »
  • 10 janvier 2006 : trois articles de presse annoncent le quatrième comité de pilotage,
    • une dépêche de l'AFP citant Agnès Saal, directrice générale de la Bibliothèque nationale de France (BnF), indique notamment que « l'objectif 2006 est de démarrer tout de suite en coopération avec quelques États ».
    • une interview dans Les Echos de Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), indique que le calendrier est que « la BNE voie le jour d'ici à la fin de l'année et trouve une vitesse de croisière en 2007 ».
    • un article dans Le Monde reprenant les propos d'Agnès Saal et développant ;
  • 31 janvier 2006 : remise au Ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres du rapport « Bibliothèque Numérique Européenne », rédigé par Alexandre Moatti, Valérie Tesnière (BnF), Noémie Lesquins (BnF) et fruit des travaux du Comité de pilotage « Bibliothèque numérique européenne » qui s'est réuni 4 fois entre le 13 juillet 2005 et le 11 janvier 2006 : fichier PDF, http://bibnum.over-blog.com/article-4226019.html
  • Février 2006 : la revue mensuelle La lettre d'information du Ministère de la culture et de la communication, n°134 de février 2006, consacre sa couverture et un dossier à la bibliothèque numérique : La bibliothèque numérique européenne entre dans sa phase opérationnelle, 3 pages (7 à 9)
  • 28 février 2006 : réunion des 6 bilbiothèques nationales de Belgique, Canada, France, Luxembourg, Québec et Suisse. La suite le 24 mars...
  • 2 mars 2006 : la Commission européenne a annoncé dans un communiqué de presse plusieurs décisions à propos du projet de la bibliothèque numérique européenne (BNUE), « projet phare de la stratégie globale de la Commission pour stimuler l'économie numérique » :
    • dénommée TEL, The European Library, elle a été lancée par des membres de la Conférence des bibliothécaires nationaux européens ;
    • les résultats de l'enquête lancée du 30 septembre 2005 au 20 janvier 2006 sur les bibliothèques numériques ont été publiés ;
    • 27 mars 2006 : réunion d'un groupe à haut niveau sur la bibliothèque numérique européenne, présidé par Mme Reding. Il réunira les principales parties concernées de l'industrie et des institutions culturelles et abordera des questions telles que la collaboration entre les secteurs public et privé dans le domaine de la numérisation et des droits d'auteur ;
    • mi-2006 : présentation d'une proposition de recommandation sur les obstacles à la numérisation et à l'accessibilité en ligne ;
    • fin 2006 : mise en place d'une collaboration entre les bibliothèques nationales de l'UE ;
    • en 2006 : la Commission présentera sa stratégie pour la création de bibliothèques numériques consacrées au contenu scientifique et universitaire ;
    • avant la fin 2006 : une communication de la Commission sur le «contenu en ligne» traitera des questions plus vastes telles que la gestion des droits de propriété intellectuelle à l'ère numérique ;
    • en 2008 : 2 millions de livres, films, photographies, manuscrits et autres œuvres culturelles accessibles via la bibliothèque numérique européenne ;
    • en 2010 : au moins 6 millions de documents disponibles ; et chaque bibliothèque, archive ou musée d'Europe sera potentiellement en mesure de relier ses ressources numériques à la bibliothèque numérique européenne.
    • La Bibliothèque nationale de France (BnF) a indiqué dans un communiqué qu'elle « se réjouit » de ces décisions et « poursuit son action pour que la contribution française à ce projet qu'elle a ardemment porté soit à la mesure de l'enjeu ».
  • 2 mars 2006 : la British Library (BL, bibliothèque nationale britanique), a annoncé le 2 mars la mise en place dans l'outil de recherche Google Scholar de réponses incluant ses documents, avec la posisbilité de les obtenir depuis son service de commande en ligne, British Library Direct.
  • 17 mars 2006 : le premier jour du salon du livre 2006, une conférence avait lieu, intitulée Bibliothèques numériques : quels projets ? quels enjeux ?. Elle réunissait Jean-Noël Jeanneney (Président de la Bibliothèque nationale de France), Mats Carduner (Directeur Général de Google France) et un représentant de l'OCA (Open Content Alliance). Ce fut l'occasion d'échanges particuliers qui seront développés.
  • 24 mars 2006 : la BnF publie un communiqué de presse intitulé La francophonie à l'heure du numérique. Y est annoncé que 6 bibliothèques nationales se sont réunies le 28 février : il s'agit de celles Belgique, Canada, France, Luxembourg, Québec et Suisse. Elles ont décidé de mettre en place un réseau de bibliothèques numériques.
  • 25 mai 2006 : article Vers la très grande bibliothèque numérique, par Jean-Noël Jeanneney dans le journal Le Monde, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-775455,0.html : « Un dernier mot. Si j'ai cru efficace d'engager l'aventure dans le cadre de l'Europe, il n'est pas question de négliger la francophonie (pas plus que ne le feront le Portugal et l'Espagne pour leurs langues respectives). Nous avons donc fondé à Paris, tout récemment, un réseau des bibliothèques patrimoniales francophones pour la numérisation, qui recouvre partiellement le premier : Belgique, Canada, France, Luxembourg et Suisse ; il s'élargira bientôt à d'autres pays, selon des cercles concentriques. »
  • 31 mai 2006 : de 14h à 16h, conférence au salon i-expo avec Jean-Noël Jeanneney, Président de la Bibliothèque nationale de France pour la BNUE (Bibliothèque numérique européenne), Julien Masanes de European Archive, représentant du projet OCA (Open Content Alliance) et Jens Redmer, responsable du service Google Recherche de Livres en Europe pour le projet Google Books.
  • 8 juin 2006 : 18h30, La Table à Palabres de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) reçoit Lise Bissonnette et Jean-Noël Jeanneney sur le thème La bibliothèque numérique francophone
  • 9 août 2006 : accord entre l'université de Californie et Google pour Google Books ; la bibliothèque de l'université de Californie est déjà impliquée dans le projet de bibliothèque numérique OCA ; communiqué de presse Google, Google Book Search and UC Library Partnership, le 9 août 2006, en anglais, http://www.google.com/press/annc/books_uclibrary.html
  • 7 décembre 2006 : à la BnF, matinée pour faire le point sur le BnuE : annonce du site Europeana et présentation d'une maquette
  • janvier 2007 : la BnF recrute pour Europeana avec 8 fiches de postes en ligne sur son site
  • 9 janvier 2007 : signature entre la BnF et France Telecom d'un protocole d'accord à propos de la BnuE, annoncée sur le site de la BnF
  • 5 février 2007 : La bibliothèque de l'université de Princeton rejoint Google. Il s'agit de la 12e bibliothèque du projet, la deuxième de l'année 2007
  • 23 au 27 mars 2007 : Salon du Livre, et lancement public de la Bibliothèque numérique européenne (BnuE) Europeana.
  • 2 avril 2007 : Jean-Noël Jeanneney quitte son poste de président de la BnF, atteint par la limite d'âge (65 ans) ; Bruno Racine, qui était président du centre Beaubourg, lui succède.
  • 23 août 2007 : Agnès Saal, Directrice générale de la BnF depuis 2001 est nommée Directrice générale du centre Beaubourg.
Ressources et liens :

Les formats ouverts EAD, XForms et RSS

Trois informations sur trois formats ouverts

Les formats ouverts EAD, XForms et RSS sont à l'honneur au travers respectivement de la DAF, d'IBM et du Monde.

L'EAD et la Direction des Archives de France (DAF)

Le numéro 21 du Bulletin d’information francophone sur l’EAD de septembre 2005, publié par la DAF (qui appartient au Ministère de la Culture et de la Communication) est en ligne.

Riche et complet, il se consacre au 69e congrès annuel de la Société des archivistes américains (SAA) de l'été dernier. Normes, standards, formats, métadonnées sont des termes au centre de nombre des sessions tenues et des actions menées. S'est aussi déroulée la réunion du groupe de travail international EAD. L'EAD est un format ouvert de type XML dédié à l'archivage. La Direction des Archives de France participe officiellement aux travaux du groupe EAD (une représentante-experte du département de l'innovation technologique et de la normalisation en fait partie).

IBM met le XForms en avant

En juillet, IBM a racheté la société PureEdge. Elle est spécialisée dans les formulaires électroniques, avec utilisation du format ouvert XForms de type XML, ce que reprend et souligne IBM dans son annonce :

XForms is designed as the next generation of XML-enabled web forms enabling interoperable form document, data capture and processing on any device. IBM is a strong supporter of XForms and will continue to contribute and support the adoption of this open industry standard.

  • Le communiqué de presse, le 19 juillet 2005, en anglais : IBM Signs Agreement to Acquire PureEdge Solutions Inc., Add Electronic Forms Capabilities to IBM(R) Workplace(TM) Portfolio.
Un article sur le RSS dans Le Monde

Le Monde du 13 septembre consacre un article au RSS : Des stages pour s'initier à la veille documentaire sur Internet de Michaëla Bobasch. Après une présentation historique et technique, l'article précise qu'il est possible d'effectuer grâce aux fils RSS de la veille documentaire efficace et deux différentes manières :

  • avec « des lecteurs RSS », aussi appelé « agrégateurs de contenus », qui sont des logiciels dédiés ou avec cette fonctionnalité ;
  • avec « des annuaires en ligne de fils RSS », c'est-à-dire des site Web sur lesquels l'utilisateur décide de centraliser les fils RSS des sites qui l'intéressent.

Mettre ainsi en avant l'intérêt du format ouvert RSS est une excellente chose, qui prouve que le sujet devient de plus en plus répandu. Cependant, une erreur s'est glissée en fin d'article, car on lit :

Enfin, il existe des annuaires en ligne de fils RSS. Citons les francophones www.lamoooche.com (sur Mozilla Firefox) ou www.retronimo.com) et "Safari" pour Mac.

Or Mozilla Firefox et Safari ne sont pas des annuaires en ligne, mais bien des logiciels qui permettent de suivre les flux RSS (comme aussi Thunderbird).

Le prochain Microsoft Office avec extensions et formats en x

Première présentation officielle de Microsoft Office 12

Le mardi 13 septembre à 16h30 heure de Paris se déroulait l'intervention de Bill Gates au premier jour de la manifestation Microsoft PDC (Professional Developers Conference) 2005. Il effectuait les premières présentations de la prochaine version de la suite bureautique de Microsoft, Office 12 (après les Office 2000, Office XP et Office 2003).

Parmi les nouveautés mises en avant :

  • des formats de fichiers des différents logiciels qui sont basés sur du format XML (pour le traitement de texte Word, le tableur Excel et l'outil de présentation Powerpoint, ce qui n'était pas le cas pour ce dernier dans la version 2003 précédente) ;
  • des extensions qui changent également de format : fin des 3 lettres de longue date car ajout d'un x final pour signaler du XML ; il s'agira donc désormais des .docx, .xlsx et .pptx.

Les suites bureautiques qui utilisent du format XML sont donc en vedette : après le Massachussets qui a annoncé retenir le format ouvert OpenFormat (basé sur du XML ouvert), c'est donc Microsoft qui commence à faire parler de Office 12, avant la prochaine sortie de OpenOffice.org 2.0 (avec OpenFormat). Outre les aspects techniques, on pourra aussi suivre les formats de com de chacun.

Sources et liens :

Vous ne pourrez ni transférer, ni voir, ni exécuter, ni choisir

HDMI, DisplayPort et PCI contrôlent les échanges

Quoi de neuf du côté du matériel ? A cette question, il y a déjà quelques « caractéristiques » techniques qui ont été signalées :

  • le câble HDMI et leur blocage de transfert de contenu protégé ;
  • des écrans utilisant le HDCP qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;
  • les consoles de jeux n'acceptant que des périphériques « certifiés » ;
  • des imprimantes qui impriment un code unique d'indentification sur chaque document.

La liste des éléments et matériels concernés par ces « améliorations » se complète, avec cette fois une triple dose.

HDMI 1.2

Le câble HDMI bénéficie de nouvelles spécifications, version 1.2, qui prennent en compte de nouveaux formats (le SACD, Super Audio CD ; le RGB pour l'affichage des couleurs sur ordinateurs ; le connecteur 19 broches) ; le contrôle des flux avec la technologie HDCP demeure : pas d'affichage, ou alors en mondre qualité, si les contenus sont protégés ;

VESA et DisplayPort

L'association d'industriels VESA (Video Electronics Standards Association), qui établit des normes techniques d'interface, a annoncé la disponibilité de DisplayPort : une technologie avec haute définition, son et video numérique, plug-and-play, pour connecter ordinateurs, video-projecteur, télévisions, lecteurs de DVD. Mais aussi avec des contrôles :

« DisplayPort is expected to accelerate adoption of protected digital outputs on PCs to support viewing high definition and other types of protected content through an optional content protection capability » : DisplayPort est prévu pour accélérer l'adoption des sorties numériques protégées sur PC pour soutenir la haute définition et d'autres types de contenu protégé, au travers d'une possibilité de protection de contenu optionnelle. Dans un format plus clair : il est prévu d'avoir des limitations d'utilisations.

« The promoter group based their development efforts on the premise that the PC industry requires a ubiquitous digital interface with optional content protection that can be deployed widely at minimum cost to enable broad access to premium content » : le groupe promoteur a basé ses efforts de développement sur les prémisses que l'industrie des PC exige une interface numérique avec une protection de contenu optionnelle qui peut être largement déployée et à coût minimum pour permettre un large accès à des contenus de première qualité. Dans un format plus clair : les industriels de l'informatique demande de la protection (comme les studios), voilà une réponse.

Une chaîne de contrôle se met en place pour l'ensemble des éléments de la « vie numérique » avec « ses loisirs numériques ».

PCIe 2.0, le PCI-SIG et Intel

Le bus PCI est le Peripheral Component Interconnect, c'est-à-dire ce sur la carte mère assure les échanges entre les composants et les entrées/sorties. Il s'agit de caractéristiques physiques d'emboitement, comme celles électriques et celles de dialogue entre les éléments. Il y eut le PCI, il y a actuellement le PCI Express (PCIe 1.0), et bientôt le PCI Express 2 (PCIe 2.0). Cette version a été en partie dévoilée lors de la conférence PCI-SIG (Peripheral Component Interconnect Special Interest Group) en juin et Intel fin août en a aussi traité. PCIe 2.0 proposera bien plus de « protections » qu'avant :

« PCIe II will try and include better trusted computing. There will be a trusted configuration space, and a trusted configuration access mechanism will be included with modifications to the trusted platform module (TPM) to enable that. » : PCIe II essaiera et incluera une meilleure informatique de confiance. Il y aura une zone de configuration de confiance, et un mécanisme d'accès de configuration de confiance sera inclus avec modifications de la puce TPM (Trusted Platform Module) pour permettre cela. (article d'Inquirer)

Dans un format plus clair, l'excellent texte de l'article d'Anicet Mbida (01 Informatique) donne des exemples concrets, repris ici sous forme de liste :

  • « les logiciels pourront « identifier de façon unique un périphérique » et s'assurer que celui-ci est certifié. »
  • « le périphérique pourra « distinguer si les requêtes viennent d'un logiciel qui est certifié ou non » et agir en conséquence. »
  • « il est facile d'imaginer qu'un fabricant de machines bloque l'installation de périphériques venant d'un autre constructeur »
  • « certains adaptateurs réseaux ou cartes SCSI pourraient ne plus fonctionner qu'avec telle ou telle application. »

Derrière ces 3 cas, c'est la technologie des DRM qui est en action. Avec donc des répercussions sur le libre choix des utilisateurs. Et l'informatique de confiance, les contenus protégés, les contrôles des flux ne vont pas de pair avec les standards ouverts et l'interopérabilité, même si la dénomination avancée sur les sites des industriels concernés est « standards ouverts de l'industrie »...

Sources et liens :

Ouverture, ou ouverture conditionnelle

Prenez et utilisez, mais...

Il est souvent très sage et précautionneux de lire en détails toutes les informations fournies à propos d'une offre, et à comprendre la signification des termes employés. L'exemple des astérisques avec renvoi au bas du document (ou au verso) pour les détails de l'offre (« Sous réserve de... », « Voir conditions », ou « Dans la limite de...») ou celui des textes techniques ou juridiques (comme des licences d'utilisation de logiciel), au vocabulaire souvent incompréhensible de prime abord, illustrent bien cette remarque de bon sens.

Ces précautions sont notamment nécessaires quand les termes « ouverts » (comme dans standards ouverts) et « ouverture » sont employés, comme par exemple à propos des API. Les API, interfaces de programmation (Application Programming Interfaces), sont de petits programmes permettant d'utiliser d'autres programmes. Concrètement au cours des derniers mois, plusieurs sociétés ont décidé de proposer leurs API pour inciter à utiliser leurs programmes :

  • Yahoo! et Google, en mars, à propos de leurs sites Web
  • Google, fin août, à propos de son service de messagerie instantanée, Google Talk
  • Skype, fin août également, avec des annonces pour sa messagerie instantanée et SkypeWeb
  • Microsoft, le dernier en date, qui a annoncé début septembre l'ouverture prochaine d'API pour son site de recherche MSN Search, ainsi que des outils de développement pour interagir avec son site Web de cartographie (Virtual Earth). D'autres éléments pourraient aussi être proposés pour utiliser des services Web de Microsoft, comme Hotmail (site de courriels) ou MSN Spaces (site de blog).

Cette approche est en un sens à l'opposé de celle du système d'exploitation vendu actuellement et qui est au cœur des ordinateurs, car le Web devient dans ce schéma le centre avec le navigateur comme pièce maîtresse : un système d'exploitation particulier n'est donc plus capital, la navigateur suffit. Sauf à lier très fortement les services Web proposés avec un navigateur, lui-même lié à un système d'exploitation dans une version particulière. Mais il n'y aurait alors plus d'interopérabilité.

L'article de ZDNet précise un point : celui de la licence d'utilisation de ces API,

La licence non commerciale autorisera 10.000 recherches par jour et par adresse internet.

Donc, il y a une limite du nombre des recherches dans la licence non commerciale retenue. Certes c'est une limite qui peut sembler élévée, mais elle peut-être atteinte. D'un autre côté, on peut comprendre la logique retenue qui consiste à proposer des API pour inciter à utiliser ses services, une démarche commerciale classique. Mais il ne s'agit pas vraiment d'ouverture, ou alors d'une ouverture conditionnelle. De l'intérêt de lire attentivement les conditions d'utilisation pour connaître les conséquences, une remarque finalement assez banale mais importante.

Sources et liens :

Les formats et les protocoles sont des sujets stratégiques

L'AII, les 10 secteurs stratégiques et les standards ouverts

Quels sont les sujets stratégiques pour un pays, quels sont les secteurs clé à maîtriser ? Cette question a été d'actualité très récemment, illustrée de trois manières, avec les formats et les protocoles bien présents au moins en arrière plan :

  • fin août 2005, l'Agence de l'innovation industrielle (AII) a été officiellement créée par décret. Elle « a pour mission de dynamiser les capacités industrielles et le potentiel technologique français. » Elle se trouve sous la tutelle du Ministre de l'économie.
  • tout début septembre, une liste de 10 secteurs stratégiques a été divulguée officieusement par la presse avant la publication officielle prochaine. Ainsi, le journal Le Monde donne comme 10 secteurs : « les casinos (au nom du blanchiment d'argent), la sécurité, les biotechnologies, la production d'antidotes, le matériel d'interception et de communications, la sécurité des systèmes informatiques, les technologies duales (c'est-à-dire pouvant être utilisées tant pour des applications civiles que militaires), la cryptologie, les marchés secret défense, l'armement. »
  • enfin, lors de son discours à Pomacle (près de Reims, Marne) le 30 août à propos de l'innovation industrielle, le Président de la République a évoqué les domaines clé : « Les secteurs prioritaires, nous les connaissons : l'énergie, la santé, les technologies de l'information et de la communication, les transports non polluants et sécurisés. » Il a aussi cité :
    • « le développement d’un moteur de recherche multimédia sur internet » et « des programmes dans le secteur en pleine expansion de la téléphonie mobile et des terminaux multimédia » ;
    • et le dossier de presse de ce discours traite aussi de « la création et la production audio, vidéo, texte et image, l’archivage et la préservation du patrimoine multimédia, la création de bibliothèques numériques, des services de recherches multimédias, des services de transcription et de traduction et la protection et la surveillance de contenus. ».

Parmi les secteurs et les activités jugés stratégiques, nombreux sont ceux qui utilisent des formats et des protocoles, sans oublier des logiciels : les technologies de l'information et de la communication ou les contenus (texte, image, audio et video) sont les premiers. En ce sens, les formats et les protocoles sont stratégiques, comme les logiciels.

Et les standards ouverts répondent à ces exigences d'indépendance et de maîtrise technologiques, de sécurité, de puissance technique, de pérennité et d'archivage des informations et du patrimoine. L'un des meilleurs exemples actuels où se retrouvent ces exigences et la réponse des standards ouverts et des logiciels libres est le projet de Bibliothèque numérique européenne, comme développé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Sources et liens :

Compatibilité n'est pas interopérabilité

Ne pas confondre la compatibilité avec l'interopérabilité, ni avec uniformité

Voici une petite liste de titres d'articles, d'extraits de texte ou de titres de communiqué de presse, dans lesquels il n'y a pas d'intrus, mais un point commun :

  • « une suite bureautique gratuite qui est totalement interopérable avec MS Office » ;
  • l'utilisation de ce logiciel dans l'ensemble de nos agences assure une interopérabilité complète ;
  • Sun and Microsoft Announce New Identity Specifications and Additional Measures for Product Interoperability ;
  • BEA and Microsoft Highlight Interoperability ;
  • Microsoft renforce l'interopérabilité entre Unix et Windows Server ;
  • Hot spots Wi-Fi: accord d'interopérabilité entre SFR et Bouygues Telecom.

Comme dans l'exemple d'OpenOffice.org ou de la police écossaise, le point commun est le trio compatibilité-interopérabilité-uniformité qui se manifeste, avec notamment la classique mutation de la « compatibilité entre 2 produits » en « interopérabilité »...

  • La compatibilité : elle porte entre A et B, elle consiste à ce que deux éléments se comprennent : le format A des données d'un logiciel sont compatibles avec le format B des données d'un autre logiciel. Il peut avoir aussi un format C, D, E,... mais la compatibilité résulte d'un travail de traduction d'un format vers un autre au cas par cas, notamment lorsque les formats sont fermés.
  • L'interopérabilité : elle est générale, et ne peut être une interopérabilité avec quelque chose de particulier ; elle s'appuye sur un format ouvert (comme le HTML conforme du W3C) ou plusieurs, indépendants du logiciel de création et d'utilisation ; ces formats ouverts donnent facilement des outils pour passer à d'autres formats ouverts (PDF vers HTML par exemple), et/ou des enrichissements (les différentes versions de HTML jusqu'au XHTML).
  • L'uniformité : un seul format fermé comme seul format permet bien sûr d'avoir des documents toujours utilisables par tous. Si le format était ouvert, il y aurait enrichissement et évolution, sans situation figée. Ce n'est ni l'interopérabilité, ni même la compatibilité.
Sources et liens :

Des formats ouverts pour la synchronisation

Le nouvel iPod nano et quelques formats ouverts de calendrier et de contacts

Le 7 septembre avait lieu à San Francisco une intervention de Steve Jobs pour présenter de nouveaux produits Apple.

Le format de ces interventions (keynotes) est rôdé (et ouvert) : l'entrée sur la scène, la tenue (dont le jean), les formules et le vocabulaire (« ...de tous les temps »,« une révolution... », « le meilleur »), le déroulement (alternance entre debout sur la scène à se déplacer, assis derrière l'ordinateur, les effets de surprise, les responsables invités à parler sur la scène, les films de publicité, l'entretien par Webcam,...).

Sans faire de parodie en reprenant ce schéma ou le vocabulaire, l'une des annonces concernait le nouveau modèle de baladeur numérique iPod, baptisé iPod nano, qui remplace l'iPod mini.

Une des caractéristiques est la possibilité de synchroniser l'iPod nano avec des données de son ordinateur. Cependant il ne s'agit pas seulement de musique, mais aussi de calendriers et de contacts. Mais ces données doivent être à quels formats ?

On lit sur la page des caractéristiques du produit à propos de « Calendrier et contacts » :

Grâce à la prise en charge du Carnet d'adresses et d'iCal pour Mac et d'Outlook ou Outlook Express pour PC, [...]

Donc, seules les données des logiciels Carnet d'adresses et iCal d'Apple (avec Mac OS X) et de Outlook ou Outlook Express de Microsoft (avec Windows) seraient transférables... Et si on utilise d'autres logiciels sous Windows ou sous Mac OS X ? Et si on utilise un autre système d'exploitation que Windows ou Mac OS X ? Continuons la phrase :

ainsi que des fichiers normalisés vCal, iCal et vCard, iTunes synchronise vos calendriers et vos contacts pour vous permettre d'accéder à tout ce dont vous avez besoin en un tour de molette.

Il y a bien une autre solution : les formats « normalisés » vCal, iCal et vCard. Et les spécifications de ces 3 formats sont publiées, disponibles et utilisables : ce sont 3 formats ouverts. Donc, a priori, il n'y a pas qu'un format de données créé par seulement un logiciel spécifique, mais des formats ouverts qui n'obligent pas à utiliser vers un seul logiciel (qui plus est parfois pour un seul système d'exploitation).

L'approche retenue est donc d'utiliser un format ouvert, indépendant des logiciels. C'est aussi ce qui a été décidé très récemment par l'état du Massachussets à propos de ses formats bureautique : il a choisi le format ouvert OpenFormat. Une approche qu'Apple a déjà employé par exemple pour le RSS dans son navigateur Safari ou pour d'autres formats de Tiger. Un moyen de favoriser l'interopérabilité.

Sources et liens :

Un créateur du format ouvert à la base d'Internet est engagé par Google

Vinton Cerf est embauché par Google

Le lundi 3 octobre 2005, Vinton Cerf débutera sa carrière au sein de la société Google. L'annonce officielle a été faite par communiqué de presse le 8 septembre, suivi d'un court article de Vinton Cerf lui-même sur le blog de Google dès le 9. Il occupera le poste de « Chief Internet Evangelist » (il écrit avoir postulé pour celui d'archevêque mais cela n'a pas marché !).

Que retenir : Encore Google ? Certes. Encore Google qui recrute ? Oui également. Un « évangéliste » ? C'est le format de la dénomination des « Monsieur quelque chose » anglo-saxon. Mais ce qui est sans doute le plus important concerne Internet et les standards ouverts.

Sa mission consitera à « aider Google à construire l'infrastructure, les architectures, les systèmes, et les standards de réseau pour la prochaine génération des applications Internet. »

De plus, Vinton Cerf est entre autres l'un des deux pères du protocole TCP/IP, le protocole ouvert qui est la base fondamentale d'Internet. Un protocole pour lequel il a reçu le prix Nobel informatique, le Prix Turing, en 2004. Un protocole ouvert, sans brevet (« C'est un standard ouvert auquel nous permettons à quiconque d'accéder sans contrainte. »).

Au-delà donc de TCP/IP, Vinton Cerf, à juste titre qualifié d'un des « pères fondateur d'Internet », ne manquera certainement pas de défendre et de promouvoir l'utilisation de formats et de protocoles ouverts qui sont déjà en œuvre sur Internet (TCP/IP, HTTP, SMTP, POP, IMAP, HTML,...) et qui en sont une des caractéristiques techniques essentielles.

Sources et liens

Les catégories «En bref» et «Synthèse»

Deux nouvelles catégories

Depuis quelques temps, deux questions reviennent :

  • Comment proposer une meilleure information sur l'actualité liée aux formats et aux protocoles ouverts (et fermés) ? Car s'il est possible de lire et de relever beaucoup d'informations (notamment via un agrégateur de flux RSS ou Atom), il est en revanche plus difficle d'écrire un article développé sur chaque sujet, cela est chronophage.
  • Comment proposer à propos d'un sujet des informations synthétisées alors qu'elles sont disséminées dans différents articles ? Il y a beaucoup d'informations dans les plus de 480 articles à ce jour de Formats-Ouverts.org : des informations à propos d'un sujet particulier (le XML d'OpenDocument, la bibliothèque numérique européenne au 30 août,...) et aussi des principes généraux (les avantages des formats ouverts, des caractéristiques importantes, les dangers des formats fermés,...).

Pour répondre à ces deux questions, deux nouvelles catégories sont disponibles sur Formats-Ouverts.org :

  • En bref : quand l'information est un peu ancienne, il y a la catégorie Myosostis. Mais cela ne suffit pas. Or « publiez ou c'est oublié » et « publier souvent » sont des règles. La catégorie En bref propose donc des informations avec un court développement.

Une liste de formats ouverts XML

Des formats ouverts de type XML (mis à jour au 20 février 2006)

Les documents de la catégorie Synthèse ont une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre).

Voici une liste non exhaustive, et qui sera enrichie, de formats ouverts de type XML qui ont fait l'objet d'un ou de plusieurs articles sur Formats-Ouverts.org. Ces formats ont des DTD (ou des Schema) publiés, disponibles et librement utilisables, c'est-à-dire du XML ouvert.

  • BiblioML (notices de bibliothèques)
  • DocBook (documentation)
  • Dublin Core (métadonnées) dans sa version XML
  • EAD (archives)
  • MARCXML (catalogue de bibliothèques)
  • OpenDocument (suite bureautique)
  • RSS et Atom (syndication Web)
  • SMIL (présentations multimédias interactives)
  • SSML (voix)
  • SVG (animation)
  • TEI (balisage, notation et échange de corpus de documents électroniques)
  • XHTML (pages Web), avec les fichiers CSS (qui ne sont pas du XML)
  • XForms (formulaires Web)
  • XKMS (sécurité et gestion des clés publiques)
  • XML Include (fusion de XML)
  • XOP (binaire en XML)

Des manifestations sur des formats ouverts

Une série de manifestations internationales liées à des formats ouverts

Au printemps il y eut XTech sur le XML. Cet été ce fut SVG Open 2005, la 63e rencontre IETF et Wikimania 2005. Le calendrier de ce mois de rentrée repart avec plusieurs autres manifestations internationales liées à des formats ouverts :

  • IUC28, la 28e internationalization and unicode conference, se déroule du 7 au 9 septembre, à Orlando, en Floride. Elle a pour thème « Unicode - Multilingual Challenges and Solutions for 2006 », avec par exemple une intervention d'un vice-président de Disney qui expliquera en quoi Unicode sert pour internationaliser les activités de sa société. Le problème du format d'encodage des caractères est capital pour l'archivage comme pour la prise en compte du plus grand nombre de langues.
  • DC-2005, International Conference on Dublin Core and Metadata Applications, se déroulera 12 au 15 septembre 2005 à Madrid en Espagne. Ce sera la treizième conférence depuis 1995 à propos du format Dublin Core et des métadonnées. Le thème est « Metadata Vocabularies in Practice ». Donc encore une fois, et à juste titre, les très importantes métadonnées. L'édition 2004 s'était déroulée à Shanghaï (cela n'a jamais été le cas en France).

Apprendre le XML

Un cours en ligne sur le XML

Gilles Chagnon enseigne en technologies du multimédia à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris). Il met à disposition une partie de ses cours en ligne, sous différents formats (Postscript, PDF et HTML ; sous licence GFDL). L'un d'eux porte sur le XML.

Ce très bon cours, lui-même écrit en XML et transfomé en HTML, présente les bases du XML, les DTD (Document Type Definition), les Schemas, XSL-T (pour les transformations), le SVG (pour le graphique) et SMIL (pour le multimedia). Il est plus technique que l'Introduction à XML et XSLT signalée en août 2004. C'est le site BlogOKat qui traite de ce cours dans un article du 5 septembre.

En guise de mise en situation liée à l'actualité, voici quelques points à signaler :

  • Depuis son apparition en février 1988, le XML se trouve propulsé au rang de bijou de puissance et de technologie de pointe, son seul nom étant censé rassurer et convaincre les utilisateurs, les clients ou les media (du moins spécialisés) : les expressions comme « basé sur la technologie XML » ou « entièrement au format XML » sont une sorte de sésame ouvre toi.
  • Les caractéristiques de puissance, de richesse et de souplesse sont bien réelles. En fait d'XML, on devrait parler des XML, ou plutôt de tel ou tel DTD XML (ou de Schema XML) : et ils sont nombreux.
  • Le format XML peut être un format ouvert quand on dispose de ses caractéristiques (la DTD ou le Schema) librement utilisables. Mais sans DTD (ou Schema) publié et disponible, sans licence autorisant sa libre utilisation, plus de XML synonyme de format ouvert.
Sources et liens :

Quand on introduit un élément nouveau, les formats aussi sont là

Et le tableau blanc interactif arriva

La commune de Sorgues dans la Vaucluse a décidé d'équiper de tableaux blancs interactifs ses écoles élémentaires. Sans entrer dans le domaine des utilisations pédagogiques de cet outil, il est intéressant de s'y pencher au titre des formats, car c'est un très bon exemple.

Un tableau blanc interactif est un tableau tactile relié à un ordinateur et un video projecteur : il permet d'aller dans les deux sens,

  • de l'ordinateur vers la tableau pour y projeter l'écran avec ses logiciels et ses documents ;
  • du tableau vers l'ordinateur pour travailler en utilisant les logiciels de l'ordinateur (traitement de texte, navigateur,...) et pour écrire des informations sur le tableau, qui seront sauvegardées sur l'ordinateur.

Il s'agit donc plus que d'un écran géant ou d'un tableau électronique (qui permet d'enregistrer les notes sur l'ordinateur connecté).

  • Deuxièmes formats, bien plus délicats : les formats des logiciels utilisés, utilisables, nécessaires voire obligatoires... Et alors deux cas de figure se présentent :
    • Cas 1 : « un seul système d'exploitation je ne connais, point d'autre ». On pourrait tourner cela au format « exclusivité offerte seulement par le système ». Mais cela pourrait être tout simplement un système d'exploitation avec une version définie, récente, payante et seulement celle-là. Conséquences : l'ajout de cet élément dans la chaîne des matériels oblige à utiliser ce logiciel particulier. De plus les logiciels utilisables pourraient être que certaines versions. D'où mise à jour nécessaire, logicielle voire matérielle, et impossible de changer de systèmes pour les machines... sauf à perdre l'utilsation des tableaux blancs interactifs ;
    • Cas 2 : « peu importe le système d'exploitation et sa version ». Le tableau blanc interactif utilise indifféremment les principaux systèmes d'exploitations (Windows, Mac OS, Linux, Unix), y compris dans des versions anciennes (Windows 98, Mac OS 9 par exemple). Et tous les logiciels présents sur l'ordinateur sont exploitables.
  • Troisièmes formats : ceux des fichiers enregistrés avec le logiciel qui est en charge des notes prises sur le tableau blanc interactif. Si le format n'est pas ouvert, ces données sont liées au format de ce logiciel. Si la société modifie le format ou le logiciel, abandonne une version antérieure, cesse de proposer le logiciel ou disparait, les données sont verrouillées. Surgissent alors des problèmes de pérennité, d'archivage. En revanche, si des formats ouverts sont utilisés, alors ces problèmes sont levés.

Pour ce qui est des écoles de Sorgues, le matériel de la société retenue se trouve das le cas 2, ce qui permet de conserver une indépendance de choix des autres matériels et des logiciels.

Finalement, l'introduction d'un élément nouveau dans une chaîne matérielle et logicielle peut provoquer des perturbations et des moficiations fortes liées aux formats, et qui ne sont pas immédiatement visibles. (Les points communs avec les éléments d'un écosystème ou avec la chaîne alimentaire ne sont sans doute pas si éloignés).

Sources et liens :

Voici le deuxième PdF

Palmarès des Formats (PdF) recensés par Google sur Internet

Après une tentative en juillet et le premier PdF début août, voici donc une nouvelle photographie en ce début septembre des formats présents sur Internet et recensés par le moteur de recherche Google en recherche avancée (la méthode reste la même : demander une page sans un mot inexistant et dans un format particulier), mais cette fois avec plus de formats (ouverts ou pas) et sans distinction de langue :

  • Tous formats : environ 3 570 000 000
  • HTML : environ 816 000 000, soit 22,85%
  • HTM : environ 283 000 000, soit 7,92%
  • PDF : environ 71 200 000, soit 1,99%
  • Flash (swf) : environ 16 300 000 soit 0,45%
  • doc : environ 10 300 000, soit 0,28%
  • txt : environ 7 240 000, soit 0,20%
  • ppt : environ 3 350 000, soit 0,09%
  • PS : environ 2 780 000, soit 0,07%
  • xls : environ 2 410 000, soit 0,06%
  • rtf : environ 1 290 000, soit 0,03%
  • php : environ 90 700 000, soit 2,54%
  • asp : environ 142 000 000, soit 3,97%
  • tex (TeX et LaTeX) : environ 696 000, soit 0,02%
  • Tous les nombres ci-dessous représentent moins de 0,01% (sauf le format deb)
  • sxw (traitement de texte d'OpenOffice.org) : environ 59 900
  • jpg : environ 170 000
  • jpeg : environ 2 020
  • png : environ 10 200
  • gif : environ 176 000
  • exe : environ 14 500
  • deb : environ 1 240 000 soit 0,03%
  • rpm : environ 30 200
  • Mesure effectuée le dimanche 4 septembre, entre 22h30 et 23h00, heure de Paris. Ces chiffres ne sont que des indications, il n'y a rien d'officiel ni d'absolu. Il y a aussi des questions sans réponse à propos des méthodes de calcul (htm est-il inclus dans les html ? php inclut-il php3 ?).

Juste une remarque : il ressort par rapport à août, que certains nombres de cette mesure baissent... dont celui par exemple de Tous formats, qui perd 10 millions. Cela peut paraître énorme, comme lire 10 millions de documents recensés au format .doc, mais cela ne représente que 0,28% de l'ensemble des fichiers recensés par cette mesure !

Il y a bien pour les données chiffrées, d'un côté le format absolu (10 millions !), et de l'autre le format relatif (soit moins de 0,3% de l'ensemble...) : suivant celui qui est utilisé, cela est plus ou moins percutant...

Sources et liens :

Les formats de la PSP

La PlayStation Portable est sortie, avec ses formats

Le 1er septembre, après le report de la date initiale prévue en mars, avait lieu la sortie en Europe de la console PSP, PlayStation Portable, de Sony. Le 11 mars 2005, c'était la console portable Nintendo DS.

En plus de la guerre des consoles de salon (actuellement, entre PS2, Xbox et GameCube ; prochainement entre PS3, Xbox360 et Revolution, respectivement de Sony, Microsoft et Nintendo), il y a donc désormais la guerre des consoles portables avec la GBA (GameBoy Advance), la DS (DualScreen) de Nintendo et la N-Gage de Nokia comme concurrents. Et dans ces affrontements, les formats (physiques, électroniques ou informatiques) jouent des rôles capitaux.

Assez logiquement, direction le site Sony.fr. Rien sur le PSP n'est mis en avant, donc utilisation de la fonction Rechercher en tapant « PSP ». Et la réponse tombe... un peu surprenante :

Vous avez recherché sur ce site et sur les sites connexes : "PSP". Désolé, aucun résultat ne correspond à vos critères de recherche. (!!)

Malgré cela, « le site Web officiel » se trouve facilement avec un moteur de recherche : YourPSP.fr est son nom. Et alors seconde surprise.

Le site n'est pas vraiment un site Web, pourrait-on dire dans un format critique. En effet le format HTML ou XHTML est peu utilisé, les pages étant systématiquement en animations Flash, que ce soit pour les présentations comme pour la navigation. Cela peut se comprendre avec une approche au format « il faut impressionner », pour laquelle le Flash est assez souvent utilisé. Pourtant le HTML, et mieux encore, le XHTML, permettent aussi de faire de superbes choses animées. Et de permettre l'accès à tous et aussi l'indexation des pages. Alors, une partie aussi en HTML ?

Donc, pour parler de la PSP et de ses formats, impossible de n'avoir qu'une page Web de type Fiche de description officielle au format HTML seulement. A défaut, en voici donc une, issue de différentes sources (citées en fin d'article).

Fiche descriptive de la PSP prise sous l'angle des formats
  • Nom :
    • long : PlayStation Portable, donc une dénomination à un format qui reprend le terme PlayStation, connu et établi
    • court : PSP, un format plus percutant
  • Fabricant : Sony, une marque avec un nom à un format court, facilement mémorisable
  • Sites Web :
    • celui de Sony France ne connait pas l'existence de la PSP : format oubli ;
    • celui officiel, YourPSP.fr, ne connait que le format Flash pour ses pages Web : donc pas d'indexation ni pas d'accès par tous ; une partie des informations aussi au seul format HTML serait encore plus riche comme approche, même si le résultat ne sera pas identique, mais au moins encore plus ouvert ;
  • Date de sortie : deux stratégies possibles, avec soit le format de la sortie mondiale simultanée ou celui de l'échelonnement ; c'est ce dernier qui a été retenu : Japon (décembre 2004), puis Etats-Unis (mars 2005) et enfin l'Europe (1er septembre 2005).
  • Marketing et communication : les formats pour faire parler du produit et attirer l'attention des media et des acheteurs sont éprouvés :
    • la réservation possible dans des magasins dès juin, pour être sûr d'en posséder une dès le lancement ;
    • le 31 août dès 21h30, une soirée officielle de lancement en France, ouverte à tous, dont bien sûr la presse, en partenariat avec une radio et avec une enseigne de distribution placée sur une prestigieuse avenue de Paris (donc dans le magasin Virgin des Champs-Elysées avec Fun Radio) ;
    • mise en scène de l'arrivée des premières machines en vente à partir de minuit (semi-remorque escorté de voitures 4x4 Hummer, gardes tout de blanc vêtus,...) ;
    • la presse papier, radio, télé et en ligne largement informée par dossiers de presses ;
    • la possibilité d'être « les premiers à acheter votre PSP, dès minuit ! » ;
    • présentoirs avec accessoires, jeux et films pour PSP judicieusement placés autour des premiers acheteurs potentiels : le format de l'achat compulsif...
  • Prix : 249,99 euros, un format bien plus positif que le 250 trop sec et qui est systématiquement employé ;
  • Dimensions physiques : un format de poche, un format portable avec 270x74x23 (largeur, hauteur, épaisseur, en mm) pour 280 g ;
  • Les fonctionnalités : 4 icônes sont mises en avant dans la campagne de communication, pour 4 possibilités : jeux, video, musique, photo, c'est-à-dire une console format multi-fonction de loisirs numériques ;
  • L'écran : élément clé, son format physique est une diagonale de 4,3 pouces soit presque 11 cm au format métrique, avec un affichage en 16 millions de couleurs au format 16/9e ;
  • La connectique avec plusieurs formats :
    • une prise USB mais il faut « un connecteur Mini-B vendu séparément » ;
    • une prise pour carte mémoire, mais au format Memory Stick Duo ou Memory Stock PRO Duo : ce sont les formats développés par Sony (comme le Memory Stick, mais pas pris en charge ici) ;
    • une prise casque ;
    • une prise pour le chargeur électrique au format spécifique;
    • pas de sortie video ;
    • a priori, seule la prise casque est standard, c'est-à-dire qu'elle n'est pas propre à la seule PSP, il y a interopérabilité entre les casques audio du marché ;
  • Le support au format UMD : l'autre élément clé, c'est l'Universal Media Disk, un format de stockage propre à Sony
    • ce format de support n'existe qu'en lecture : pas d'appareil d'enregistrement d'UMD, et il n'y en aura pas selon le PDG de Sony Computer France qui répondait au journal Metro ;
    • 1,8 Go maximum actuellement, qui permettent de stocker des jeux (donc plus de format cartouche spécifique), mais aussi des video, des films, ou de la musique ;
    • les UMD Video, issus pour une part assez facilement du catalogue de films de Sony Pictures, sont « zonés » comme les DVD : un UMD Video au format Asie ne sera pas lisible au format Europe (zone 2) ;
  • Le sans fil : le format du protocole WiFi est présent, avec précisément le IEEE 802.11b, pour se connecter à des réseaux, avec la possibilité de naviguer sur le Web avec le logiciel fourni ;
  • Les formats pour le multimedia :
    • pour la video, c'est le MPEG-4, format fermé ;
    • pour le son, c'est le Atrac3plus (le format de Sony pour ses baladeurs et sur son site Web Connect de vente de musique) et le MP3, formats fermés ;
    • pour les photos, c'est le JPEG ;
  • Les formats de protection des données : ils sont indiqués dans le Glossaire officiel du site YourPSP.fr, avec
    • des DRM : « Si un téléchargement incorpore la gestion des droits numériques, elle empêche le contenu d'être copié sur plus d'un Memory Stick Duo » ;
    • le MagicGate : « Nom d'une technologie de protection contre la copie utilisée par certains types de Memory Stick Duo. »

En résumé, beaucoup de formats propres à la PSP pour n'alimenter que la PSP en musique, video et jeux. Une stratégie assez classique, depuis les lames jetables de rasoirs jusqu'aux cartouches d'encre des imprimantes.

Les formats, avec peu de formats ouverts, sont clairement omniprésents, sans même aller jusqu'à compter le nombre de fois où le mot est utilisé ci-dessus (à moins que ce ne soit une déformation que d'en voir vraiment partout).

Sources et liens :
  • Parmi les nombreux articles de la presse papier ou en ligne :

Une nouvelle prise de position importante du Massachussets

Le Massachussets opte pour le format OpenDocument et consulte

Voici une décision très importante à propos des standards ouverts, au même titre que celle de la Norvège en juin, de la Belgique en mai 2005 et en juin 2004 ou de la Nouvelle Zélande contre les DRM en juin. L'état du Massachussets a publié un document de travail (ETRM, Enterprise Technical Reference Model, version 3.5) dans lequel il annonce retenir le format ouvert OpenFormat comme son standard. Il lance une consultation à ce sujet qui s'achève le 9 septembre.

Pourquoi est-ce aussi important ? Cette décision l'est déjà en tant que telle. Mais bien plus encore, il faut la replacer dans la chronologie des évènements et préciser les différentes étapes pour vraiment en mesurer le poids. Car l'évolution est remarquable :

  • janvier 2004 : Eric Kriss, Secrétaire de l'Administration et des Finances de l'état du Massachussets lance la nouvelle politique des Standards Ouverts de l'état du Massachussets ;
  • janvier 2005 : Eric Kriss annonce la poursuite et l'élargissement de cette politique dans un excellent texte définissant précisément de vrais standards ouverts, traitant aussi des archives de son état ; une future liste de formats ouverts sera publiée ; il annonce aussi que le format XML de Microsoft Office 2003 n'est pas considéré comme un format ouvert du fait de sa licence et des brevets, mais il précise être en contact avec la société ;
  • mars : publication d'une liste de formats ouverts retenus par le Massachussets : il y a le format OpenDocument de la suite OpenOffice.org, et aussi le format d'Office 2003 qui est alors considéré comme un format ouvert par le Massachussets, un changement de la licence étant intervenu ; un appel à commentaires est lancé jusqu'au 1er avril 2005.
  • fin août : annonce du Massachussets que pour le 1er janvier 2007, il y aura :
    • utilisation du format OpenDocument ratifié par l'OASIS pour toutes les applications et les documents (textes, feuilles de calcul, graphiques, présentations, dessins), avec aussi le PDF (pour documents statiques), le texte brut et le HTML ;
    • et que « Pour assurer le maximum d'interopérabilité, il est recommandé que les extensions propriétaires à tout format XML soient évitées. » (To insure maximum interoperability, it is recommended that proprietary extensions to any XML specifications be avoided.)

Les choses sont dites clairement : pas de XML pleinement exploitable que dans un cadre logiciel dédié et particulier, pas de brevets ; les vrais standards ouverts sont retenus. Pour reprendre l'expression de Pamela Jones de Groklaw, « c'est un peu un miracle » ; c'est considérable.

Sources et liens :

Windows Vista : citation et déclaration qui laissent songeur

Deux articles sur les DRM de Windows Vista

Les DRM et Windows Vista : le duo semble se préciser comme un véritable couple, presque inséparable. Et la presse s'en fait l'écho, avec les dangers clairement pointés. Et un responsable Microsoft enfonce le clou.

Un encadré dans Joystick de septembre sur les DRM

Le mensuel de jeux video Joystick, dans son numéro 173 de septembre 2005, propose un article de 3 pages intitulé « Windows Vista Bêta 1 », signé C_WIZ. Dans le corps de l'article, les DRM sont évoqués :

Reste un certain nombre de lourdeurs avec l'arrivée annoncée de la gestion des droits numériques (DRM) dont les premiers méfaits seront visibles avec Vista.

Dans un encadré, le sujet est développé : « All your files are belongs to Billou » en est le titre (gras ajouté) :

L'autre nouveauté, redoutée par nombre d'utilisateurs, est liée à la gestion des droits digitaux (DRM), qui permettra aux créateurs de contenu de limiter l'usage qui sera fait de leurs fichiers. [...] Ne nous y trompons pas, au-delà de toutes les améliorations cosmétiques, la pilule DRM sera la plus difficile à avaler.

La technologie HDCP (High-bandwidth Digital Content Protection), un contrôle des écrans, est citée, liée à l'utilisation des HD-DVD. On pourrait ajouter le cas des câbles HDMI qui empêchent certains transferts.

« La table est déjà dressée. »

Pour compléter et confirmer cela, Marcus Mathias, chef de produit au sein de la division Digital Media de Microsoft, déclare de manière imagée dans un article de ZDNet France :

La table est déjà dressée. Nous pouvons y venir et manger au buffet, ou bien rester à l'extérieur et laver des voitures.

Ici, c'est la technologie Protected Video Path (PVP) qui est développée : protection et contrôle des sorties video vers les périphériques (écrans, videoprojecteurs,...). Elle rentre dans le cadre du Output Content Protection (OCP), le contrôle des sorties de contenu, qui inclus aussi le son (impossible d'écouter sur du matériel non-agréé, car ne sachant pas utiliser les DRM, des fichiers de musique par exemple).

Et alors

Il y a d'un côté la volonté des groupes de cinéma et de musique de protéger leurs œuvres de manière absolue. De l'autre, les utilisateurs qui sont les clients armés de leur seule décision d'achat (ou pas), même si la bataille n'est pas égale. Entre les deux, l'industrie de l'électronique et de l'informatique, propose des outils de contrôle en ne voulant pas porter seuls la responsabilité des conséquences tout en répondant à l'attente de leurs partenaires.

En fait, le rêve pour les industriels et les studios pourrait se résumer à « Un seul microprocesseur, un seul système d'exploitation, pour les gouverner tous et tout bien verrouiller » (au format Seigneur des anneaux). Mais ce n'est le rêve que pour les industriels numéro un des systèmes d'exploitation et des microprocesseurs. Pas celui des concurrents, ni celui des clients. En fait, pas de diversité, pas de choix, plus d'innovation, plus de concurrence.

Or les standards ouverts, totalement écartés, permettent la diversité et le choix, avec des innovations et donc de la concurrence. Et garantissent l'interopérabilité.

Sources et liens :

Pas de pause aoutienne, au contraire

Un mois d'aôut avec des lecteurs plus nombreux

Comme chaque premier jour du mois, voici l'article-bilan du mois écoulé, par souci de transparence, de communication sur la vie du site et aussi par respect par rapport aux lecteurs. C'est donc le quatorzième bilan... après 14 mois de Formats-Ouverts.org (FOo) : rien d'anormal ! En revanche, une petite chose « anormale » s'est produite ce mois d'août, même si cela fait plutôt plaisir : les statistiques ont fortement augmenté.

Ainsi, pas de désertion du site avec des lecteurs loin des machines, bien au contraire. En effet, la fréquentation était normale la première quinzaine du mois. Et alors arriva le 17 août... et depuis ce jour, la fréquentation a franchi un cap, avec une hausse quotidienne et constante très nette.

Il y a sans doute derrière cela des sujets hélas « attractifs », notamment le quatuor vedette du mois - câbles HDMI, écrans agréés, imprimantes bavardes et JO 2012 - qui y ont contribué. Avec aussi le « poème » en faveur des liens hypertextes. Le tout relayé par des sites ou par courriels.

Sans adopter le format d'une conférence de presse de rentrée, autant indiquer tout de même qu'il y a eu plus de 30000 « visiteurs différents » selon AWStats, plus de 93000 visites, plus de 309000 pages, plus de 376000 hits (un tiers de million, dit dans un autre format) pour près de 12 Go. Pour le contenu, 38 articles, une nouvelle catégorie, Palmarès, et un total de 475 articles. Voilà pour les chiffres. Pour l'habillage, une nouvelle charte graphique est en place depuis le 21 août. Pour la présentation, le « À retenir » met en avant certains articles.

Même si cela reste modeste face à des mastodontes du Web, ce sont les meilleurs scores de Formats-Ouverts.org, dépassant largement le précédent mois record en mai (pourrait-on dire dans un format marketing). Alors tout simplement merci, et j'espère que cela va se poursuivre.

Bonnes visites, lectures et utilisations. Les commentaires, les courriels, les liens hypertextes et les syndications (RSS ou Atom) sont les bienvenus. Vivent les vrais standards ouverts, et bonne rentrée.

Table des billets de septembre 2005

Les 37 billets publiés en septembre

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 14 dans Général, 1 dans Palmarès, 1 dans Ressources, 5 dans En bref, 2 dans Synthèse, 4 dans Internet, 2 dans Interopérabilité, 1 dans Non-électronique, 2 dans Conférence, 1 dans Loi, 1 dans Premiers pas

  • Le 25, pas d'article, Burkina Faso oblige (voir ci-dessous)