L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des standards ouverts (formats, protocoles) dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage et presque partout), depuis le 1er juillet 2004 (soit plus de 2300 jours) - Il y a actuellement plus de 2600 articles en ligne - L'année 2010-2011 est la saison 7 du site : l'article des 6 ans et l'article 2500, La terrible maladie des figuiers de bonnets


Depuis le site de microblog Identi.ca, les 12 derniers sites pdlsa relevés par tsfoo : Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Carte Musique Jeune, Festival de Deauville, SNCF-International, Aubade, VSD, Dassault Systèmes, Cegid, Axway (Sopra group), Linedata Services, Sophis, Bill & Melinda Gates Foundation, Le Festival de Cannes, Sage (voir une liste qui en reprend et plus complète).


Ne me suivez pas sur Twitter, ni sur Facebook : je n'y suis pas. Et il n'y a pas non plus d'applicaton iPhone ni Android pour FOo. En revanche, il y a le site Web (vous y êtes !), le compte tsfoo sur Identi.ca (depuis juillet 2009) et le compte thierrystoehr sur Twitter (depuis octobre 2011).


Une nouvelle prise de position importante du Massachussets

Le Massachussets opte pour le format OpenDocument et consulte

Voici une décision très importante à propos des standards ouverts, au même titre que celle de la Norvège en juin, de la Belgique en mai 2005 et en juin 2004 ou de la Nouvelle Zélande contre les DRM en juin. L'état du Massachussets a publié un document de travail (ETRM, Enterprise Technical Reference Model, version 3.5) dans lequel il annonce retenir le format ouvert OpenFormat comme son standard. Il lance une consultation à ce sujet qui s'achève le 9 septembre.

Pourquoi est-ce aussi important ? Cette décision l'est déjà en tant que telle. Mais bien plus encore, il faut la replacer dans la chronologie des évènements et préciser les différentes étapes pour vraiment en mesurer le poids. Car l'évolution est remarquable :

  • janvier 2004 : Eric Kriss, Secrétaire de l'Administration et des Finances de l'état du Massachussets lance la nouvelle politique des Standards Ouverts de l'état du Massachussets ;
  • janvier 2005 : Eric Kriss annonce la poursuite et l'élargissement de cette politique dans un excellent texte définissant précisément de vrais standards ouverts, traitant aussi des archives de son état ; une future liste de formats ouverts sera publiée ; il annonce aussi que le format XML de Microsoft Office 2003 n'est pas considéré comme un format ouvert du fait de sa licence et des brevets, mais il précise être en contact avec la société ;
  • mars : publication d'une liste de formats ouverts retenus par le Massachussets : il y a le format OpenDocument de la suite OpenOffice.org, et aussi le format d'Office 2003 qui est alors considéré comme un format ouvert par le Massachussets, un changement de la licence étant intervenu ; un appel à commentaires est lancé jusqu'au 1er avril 2005.
  • fin août : annonce du Massachussets que pour le 1er janvier 2007, il y aura :
    • utilisation du format OpenDocument ratifié par l'OASIS pour toutes les applications et les documents (textes, feuilles de calcul, graphiques, présentations, dessins), avec aussi le PDF (pour documents statiques), le texte brut et le HTML ;
    • et que « Pour assurer le maximum d'interopérabilité, il est recommandé que les extensions propriétaires à tout format XML soient évitées. » (To insure maximum interoperability, it is recommended that proprietary extensions to any XML specifications be avoided.)

Les choses sont dites clairement : pas de XML pleinement exploitable que dans un cadre logiciel dédié et particulier, pas de brevets ; les vrais standards ouverts sont retenus. Pour reprendre l'expression de Pamela Jones de Groklaw, « c'est un peu un miracle » ; c'est considérable.

Sources et liens :

Windows Vista : citation et déclaration qui laissent songeur

Deux articles sur les DRM de Windows Vista

Les DRM et Windows Vista : le duo semble se préciser comme un véritable couple, presque inséparable. Et la presse s'en fait l'écho, avec les dangers clairement pointés. Et un responsable Microsoft enfonce le clou.

Un encadré dans Joystick de septembre sur les DRM

Le mensuel de jeux video Joystick, dans son numéro 173 de septembre 2005, propose un article de 3 pages intitulé « Windows Vista Bêta 1 », signé C_WIZ. Dans le corps de l'article, les DRM sont évoqués :

Reste un certain nombre de lourdeurs avec l'arrivée annoncée de la gestion des droits numériques (DRM) dont les premiers méfaits seront visibles avec Vista.

Dans un encadré, le sujet est développé : « All your files are belongs to Billou » en est le titre (gras ajouté) :

L'autre nouveauté, redoutée par nombre d'utilisateurs, est liée à la gestion des droits digitaux (DRM), qui permettra aux créateurs de contenu de limiter l'usage qui sera fait de leurs fichiers. [...] Ne nous y trompons pas, au-delà de toutes les améliorations cosmétiques, la pilule DRM sera la plus difficile à avaler.

La technologie HDCP (High-bandwidth Digital Content Protection), un contrôle des écrans, est citée, liée à l'utilisation des HD-DVD. On pourrait ajouter le cas des câbles HDMI qui empêchent certains transferts.

« La table est déjà dressée. »

Pour compléter et confirmer cela, Marcus Mathias, chef de produit au sein de la division Digital Media de Microsoft, déclare de manière imagée dans un article de ZDNet France :

La table est déjà dressée. Nous pouvons y venir et manger au buffet, ou bien rester à l'extérieur et laver des voitures.

Ici, c'est la technologie Protected Video Path (PVP) qui est développée : protection et contrôle des sorties video vers les périphériques (écrans, videoprojecteurs,...). Elle rentre dans le cadre du Output Content Protection (OCP), le contrôle des sorties de contenu, qui inclus aussi le son (impossible d'écouter sur du matériel non-agréé, car ne sachant pas utiliser les DRM, des fichiers de musique par exemple).

Et alors

Il y a d'un côté la volonté des groupes de cinéma et de musique de protéger leurs œuvres de manière absolue. De l'autre, les utilisateurs qui sont les clients armés de leur seule décision d'achat (ou pas), même si la bataille n'est pas égale. Entre les deux, l'industrie de l'électronique et de l'informatique, propose des outils de contrôle en ne voulant pas porter seuls la responsabilité des conséquences tout en répondant à l'attente de leurs partenaires.

En fait, le rêve pour les industriels et les studios pourrait se résumer à « Un seul microprocesseur, un seul système d'exploitation, pour les gouverner tous et tout bien verrouiller » (au format Seigneur des anneaux). Mais ce n'est le rêve que pour les industriels numéro un des systèmes d'exploitation et des microprocesseurs. Pas celui des concurrents, ni celui des clients. En fait, pas de diversité, pas de choix, plus d'innovation, plus de concurrence.

Or les standards ouverts, totalement écartés, permettent la diversité et le choix, avec des innovations et donc de la concurrence. Et garantissent l'interopérabilité.

Sources et liens :