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«Il faut sortir du format»

Un entretien avec Michel Serres, sans propos au format convenu

Quel format adopter pour débuter un article ? Quelle accroche retenir ? Surtout quand il y en a plusieurs possibles. Peut-être en laissant le choix. Alors en voici trois, toutes aussi importantes.

Voici une interview percutante de Michel Serres, qui parle de la pensée unique, des media, de la Louisane, de la langue française... et des formats.

« Je suis persuadé que cette chronique va faire beaucoup parler. » : ainsi se termine l'entretien, et c'est vrai ! Une exclusivité de Formats-Ouverts.org : Michel Serres et les formats !

Les formats sont partout : dans les nouvelles technologies, dans les caractéristiques du monde physique, dans les langues, dans le style d'un texte, dans les règles nationales mais aussi plus largement dans la société au travers des modes, des comportements ou des media : Michel Serres le développe de manière très originale.

Dimanche 18 septembre était donc diffusée sur France Info la chronique hebdomadaire Le sens de l'info, un entretien de 7 minutes (un format long) entre Michel Serres et le journaliste Michel Polacco. Le sujet était la Pensée unique dans notre société.

Michel Serres avance que plus encore que la pensée unique, on assiste à la répétition, au sens de diffusion et de reproduction d'un modèle : « Le mot d'ordre est Soyez conforme. » (comme au travers d'une mode vestimentaire), et « l'essentiel est la forme plus que contenu. » Et ce qui est répété presque à l'infini par les media, c'est la mort, à un point extrême :

Je vois maintenant les media comme une église intégriste qui parle tout le temps de la mort et qui ne parle que de la mort. La répétition est toujours là et la répétiton c'est l'instinct de mort.

Il parle des langues, dont l'anglais tant répété et le français investit par des tournures au format anglo-saxon (exemples du Ministère des Affaires étrangères, de la météo ou d'Air France), comme dans le cas « à exploser de colère » de la SNCF et de sa carte de fidélité S'MILES : fin des kilomètres, format légal de mesure en France, la SNCF mesure donc en miles ! Or la langue est « l'âme d'une culture. »

Mais alors comment sortir de ces situations ? Il faut casser « la répétition d'un format », ne pas reprendre les schémas dominants, aller à l'encontre de l'unicité. Dans un format plus bref : « Il faut sortir du format. »

Sources et liens :
  • Le mot format est volontairement employé de nombreuses fois dans ce texte (comme déjà dans celui sur la PSP), sans doute une illustration de sa réelle et forte importance.

Pour des raisons d'interopérabilité

Dit la ministre de la défense

Dimanche 18 septembre entre 18h et 19h, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, était l'invitée de l'émission Le grand rendez-vous animée par Jean-Pierre Elkabbach, retransmise par la radio Europe 1 et la chaîne de télévision TV5.

Un peu après 18h30, une des questions posées portait sur la possibilité d'une construction en commun d'un porte-avion entre la France (qui en souhaite un autre) et la Grande-Bretagne (qui en souhaite deux).

La réponse a été qu'elle travaillait pour que les modèles soient les plus proches possible « pour une raison d'interopérabilité d'abord ». C'est-à-dire que les caractéristiques techniques de chacun soient assez proches voire identiques pour permettre d'employer du matériel de chacun (par exemple que les dimensions de la piste et des soutes permettent aux avions de chacun des deux pays d'être pris en charge).

En fait, il s'agit plus d'une compatibilité entre les deux futurs navires que d'interopérabilité. Cela souligne bien d'abord l'importance des formats physiques (dimensions des pistes, des câbles,...). Ensuite, on peut sans doute penser que les systèmes d'informations utilisés devront aussi être compatibles (format d'encodage des données, formats des fichiers,...).

L'importance de l'interopérabilité est encore une fois clairement citée, ici pour un porte-avion, comme aussi pour les systèmes ferroviaires transeuropéens ou les casiers judiciaires européens. En espérant que cela soit aussi le cas pour la Bibliothèque numérique européenne.

Sources et liens :