L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des standards ouverts (formats, protocoles) dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage et presque partout), depuis le 1er juillet 2004 (soit plus de 2300 jours) - Il y a actuellement plus de 2600 articles en ligne - L'année 2010-2011 est la saison 7 du site : l'article des 6 ans et l'article 2500, La terrible maladie des figuiers de bonnets


Depuis le site de microblog Identi.ca, les 12 derniers sites pdlsa relevés par tsfoo : Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Carte Musique Jeune, Festival de Deauville, SNCF-International, Aubade, VSD, Dassault Systèmes, Cegid, Axway (Sopra group), Linedata Services, Sophis, Bill & Melinda Gates Foundation, Le Festival de Cannes, Sage (voir une liste qui en reprend et plus complète).


Ne me suivez pas sur Twitter, ni sur Facebook : je n'y suis pas. Et il n'y a pas non plus d'applicaton iPhone ni Android pour FOo. En revanche, il y a le site Web (vous y êtes !), le compte tsfoo sur Identi.ca (depuis juillet 2009) et le compte thierrystoehr sur Twitter (depuis octobre 2011).


Une citation qui peut expliquer une stratégie

Selon un responsable Microsoft, le format utilisé n'est pas le plus important

Début octobre, Microsoft a annoncé la possibilité de créer des fichiers au format PDF dans sa prochaine suite bureautique Office12. Steven Sinofsky, senior vice-president de Microsoft a donné à cette occasion une interview à PressPass qui s'occupe de la communication de la société.

Ces deux informations ont été développées dans un article, Le PDF dans Office : un bon début... pour aller plus loin !, paru le 5 octobre dans la revue en ligne Elenbi Strategic Review et sur Formats-Ouverts.org.

Cependant, un passage de l'interview mérite d'être cité et mis en avant à propos de l'ouverture dans Office 12 (gras ajouté) :

Nous croyons que la valeur la plus importante que nous fournissons n'est pas les formats utilisés pour enregistrer les données, mais les programmes puissants, les serveurs et les services que nous offrons aux clients. (We believe that the highest value we provide is not in the formats used to store data, but in the rich programs, servers, and services we offer customers.)

Cela amène une remarque et soulève 2 questions :

La phrase qui suit indique :

Ces outils offrent la meilleure occasion pour les clients de pleinement s'impliquer et de participer au dans le Nouveau Monde du Travail décrit par Bill Gates en mai 2005. (These tools offer the best opportunity for customers to fully function and participate in the New World of Work as outlined by Bill Gates in May, 2005.)

Il n'est plus fait référence au texte de Bill Gates du 2 février sur l'interopérabilité « ''by design'' », lontemps sans version en français. C'est donc celui du 19 mai qui est mis en avant. Certes, l'actualité bouge et les textes produits sont assez nombreux. Cependant, il semblait que l'interopérabilité était annoncée comme une priorité, et elle demeure capitale par exemple pour garantir les archives.

Sources et liens :

La Corée du Sud est un cas exemplaire

Quand la Corée du Sud et Microsoft illustrent les dangers pointés par le Massachussets

Voici un cas concret à l'échelle d'un pays des dangers des formats et des protocoles fermés. La Corée du Sud enquête sur des pratiques anti-concurrentielles de Microsoft, et elle envisage d'exiger une version de Windows sans les logiciels de messagerie instantanée (MSN Messenger) et de lecteur multimedia (Windows Media Player). Voici la réponse de Microsoft citée dans une dépêche Reuters :

il pourrait alors être nécessaire de retirer Windows du marché coréen ou de reporter l'arrivée des nouvelles versions en Corée. (it might be necessary to withdraw Windows from the Korean market or delay offering new versions in Korea)

On peut analyser cette déclaration sous l'angle de la justice, ce que fait à juste titre Standblog : « Quand une multinationale a suffisamment de poids pour empêcher un état de rendre justice, c'est probablement qu'il est temps de faire quelque chose... »

C'est aussi une illustration parfaite, au niveau d'un état, des dangers des formats fermés liés à un seul éditeur : en cas de retrait officiel de Windows, que deviendront les documents créés avec des formats exclusifs à ses logiciels ? Comment les systèmes d'information fonctionneront-ils alors qu'ils employaient des protocoles propres à un système d'exploitation ? Comment consulter les archives de l'état si elles ne sont lisibles qu'avec des logiciels retirés du marché ?

Plus encore que le monopole, c'est l'enfermement (par des formats fermés) des données et des échanges qui constitue de graves dangers. A l'inverse, les standards ouverts garantissent de ne pas connaître cette situation. C'est ce que demande le plus clairement le Massachussets, parmi d'autres états. Quant à Microsoft, s'il incluait vraiment le format ouvert OpenDocument Format dans sa suite Office, le danger n'existerait plus pour les données.

Sources et liens :

Le HDMI dans Télérama, mais incomplètement

Le câble HDMI dans le supplément de Télérama : des oublis

HDMI, sésame ouvre toi du numérique. Il en a été question sur Europe 1, il en est aussi question dans un supplément de Télérama : comment ce supplément traite-il de ce câble HDMI qui relie les télévisions haute définition (les HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution ? Avec des oublis.

L'hebdomadaire Télérama proposait avec son numéro 2910 paru le 19 octobre un supplément intitulé Spécial DVD. La majorité de ce supplément propose une sélection de 300 DVD video, mais la dernière partie de 8 pages donne « toutes les réponses aux questions techniques qui se posent au moment de choisir son matériel ». Le HDMI est signalé comme une des caractéristiques de certains produits, mais il est aussi développé dans une rubrique de l'article :

Faut-il privilégier les modèles dotés d'une prise HDMI ? Oui, sans hésitation ! (suivent des exemples de matériel avec leurs prix)

Cependant, rien sur la gestion des droits numériques : les termes DRM, droits numériques ou protection numérique n'apparaissent pas, alors que les différents formats (de DVD, de son, de zonage) sont traités en regrettant leurs inconvénients (difficulté de comprendre, incompatibilité). Dommage, cela aurait au moins permis d'informer aussi de l'existence des DRM) ou des écrans HDCP pouvant empêcher l'affichage.

Un supplément sur les standards ouverts et l'interopérabilité est encore à écrire.

Sources et liens :
  • Télérama, http://www.telerama.fr
  • Supplément Télérama Spécial DVD du numéro 2910, 52 pages ; article Et ce truc-là, ça sert à quoi ?, de Dominique Commiot

Le HDMI sur Europe 1 tard le soir

Le câble HDMI traité sur Europe 1

Le câble HDMI (et sa prise) devient une vedette technologique : c'est l'indispensable de la connectique numérique, il ouvre une nouvelle porte de l'univers merveilleux du numérique. C'est du moins ainsi que les choses sont plutôt présentées.

Le HDMI (la prise et le câble) va de pair avec la télévision haute définition (la HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution. Cependant il comporte aussi une gestion des droits numériques (un exemple de plus des DRM) et des écrans pouvant empêcher l'affichage (grâce la technologie HDCP).

Une émission sur Europe 1 : question en direct

Mardi 18 octobre 2005, le président du Club HD était l'invité de l'émission Génération Europe 1 Nouvelles technologies. Comme la semaine précédente avec le PDG d'AOL, j'ai pu intervenir rapidement à 23h55 à l'antenne en demandant ce qu'il en était du « système de protection dans ces connectiques numériques » (dont le HDMI) comme cela est écrit dans un article de la revue Epok de la FNAC : qu'en est-il ? pourrais-je connecter un caméscope numérique HD sur une télévision HD sans problème de droits ?

La réponse a été qu'en effet le HDMI est une connectique qui intègre des protections et qui s'utilise entre la télévision et le récepteur ou le lecteur. Les écrans avec technologie HDCP savent gérer les protections du HDMI.

Les standards ouverts et l'interopérabilité ne sont pas vraiment de la partie. Les acheteurs décideront (sauf à ne pouvoir faire autrement).

Sources et liens :

Yahoo! et Microsoft annoncent se lancer aussi dans une bibliothèque numérique

En octobre, deux nouveaux protagonistes pour un même projet de bibliothèque numérique

Depuis octobre 2004 avec l'annonce de Google au salon du livre de Franckfort, le sujet de projet de bibliothèque numérique en ligne est devenu une préocupation du secteur public et aussi privé.

Ce fut d'abord la France, par la voix de Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), qui en janvier 2005 s'éleva contre une approche unique du savoir et appela à une réaction. Elle eut lieu au niveau national (ministère de la Culture, présidence de la République), puis européen, avec le projet de Bibliothèque numérique européenne (Bne) désormais lancé. Ce projet suscita aussi l'intérêt et la demande à participer de bibliothèques francophones.

Le secteur privé s'intéresse aussi aux bibliothèques numériques. Outre Google, ce sont successivement les sociétés Amazon, puis Yahoo! et Microsoft qui se sont manifestées.

Pour Yahoo! et Microsoft, chacun a pris position au cours de ce mois : le communiqué de presse de Yahoo! date du 3 octobre, celui de Microsoft est du 25, avec pour chacun le ralliement à l'OCA, l'Open Content Alliance.

Selon la propre description de l'OCA, cette alliance a été conçue par Internet Archive (créer une bibliothèque Internet) et Yahoo!, au début de l'année 2005. Elle représente l'effort collaboratif de plusieurs organisations culturelles, technologiques, associatives ou gouvernementales pour construire une archive permanente de textes et de contenus numériques multimedia et multilingues. L'OCA a plusieurs membres dont Adobe, O'Reilly Media, Hewlett-Packard laboratoires, des bibliothèques, des universités, les archives nationales du Royaume Uni. Plus désormais MSN et Yahoo!. Autre point mis en avant par l'OCA : aucune action de numérisation ni de diffusion sans autorisation préalable des auteurs et des éditeurs, une précautions par rapport aux deux attaques en justice contre Google par des auteurs et par des éditeurs.

Jean-Noël Jeanneney, président de la BnF, interrogé suite à l'annonce de Yahoo!, déclara le 4 octobre à l'AFP que « il ne s'agit pas de donner des bons ou des mauvais points à un tel ou un tel mais le fait que vienne des Etats-Unis une réaction qui introduise plus de pluralisme est bonne en soi. »

On peut relever deux points qui illustre comment des rapprochements se nouent pour contrer le concurrent commun du moment (l'article de Silicon.fr offre une analyse intéressante) :

Dernier point leimotiv à souligner dans ce dossier : celui des formats et des protocoles utilisés, avec deux questions,

Sources et liens :

Bibliothèques numériques européennes : la Commission dévoile ses plans

Un communiqué de presse passé presque inaperçu, mais essentiel

Dans le dossier Biliothèque numérique (européenne ou non) , il a déjà eu la tenue du 3e comitié de pilotage en vue de la création d'une bibliothèque numérique européenne qui était restée assez confidentielle (pas de communication officielle avant ni après). Voici un autre élément important à verser au dossier et qui ne semble pas avoir été trop diffusé.

Il s'agit de la décision de la Commission européenne de lancer ses actions « pour rendre le patrimoine écrit et audiovisuel de l'Europe accessible sur l’internet ». Comme l'indique le communiqué de presse :

Les bibliothèques numériques sont une des initiatives phares du projet « i2010 - Une société de l’information pour la croissance et l’emploi » proposé par Mme Reding et adopté par la Commission le 1er juin 2005

La Commission européenne annonce « trois domaines d'action : la numérisation, l'accessibilité en ligne et la conservation numérique. », avec :

  • une consultation en ligne (questionnaire) sur la numérisation et la conservation numérique jusqu'au 20 janvier 2006 ;
  • la volonté d'une collaboration entre les pays et leurs institutions culturelles, dont les bibliothèques nationales ;
  • une proposition de recommandation de la Commission prévue en juin 2006 ;
  • un soutien financier pour la recherche sur les modes d’accès avancés au patrimoine culturel et sur la conservation numérique ;
  • la mise en place d'un réseau de centres de compétence dans les domaines de la numérisation et de la conservation en 2007.

Le sujet des formats des données et des protocoles seront donc au programme de travail, tant pour la numérisation, l'archivage ou l'interopérabilité, avec les standards ouverts comme réponse. De plus, dans le cadre du programme eContentplus, le texte de la Commission signale bien qu'il faudra « rendre les collections et les services numériques nationaux interopérables ».

Sources et liens :

Une conférence sur l'archivage électronique

Le matin du 10 novembre à Paris

Dans deux semaines, le jeudi matin 10 novembre 2005, de 8h30 à 12h30, se tiendra une demi-journée de conférence intitulée Ère numérique, de la volatilité à l’archivage, organisée par la Direction des Archives de France (DAF, qui relève du Ministère de la Culture et de la Communication) et par l'ADAE (Agence pour le Développement de l'Adminsitration Electronique, service interministériel placé auprès du Premier ministre, mis à la disposition du ministre chargé de la réforme de l’Etat).

Les standards ouverts seront sans doute traités à propos de l'archivage des documents de l'administration électronique, et l'excellent livre Les archives électroniques, Manuel pratique de Catherine Dhérent sera sans doute mentionné.

Sources et liens :

Commentaires et rétroliens sont fermés pour arrêter le format voyou

Fin des réactions en ligne sur le contenu de Formats-Ouverts.org vieux de plus de 15 7 jours

Dans un format direct : pour lutter contre le format voyou, les commentaires et les rétroliens à propos des articles de Fortmats-Ouverts.org de plus de 15 jours sont fermés.

Dans un format plus détaillé : la nuit dernière, entre 23h30 et 2h30, 235 rétroliens publicitaires ont été automatiquement ajoutés à 235 articles (sur les presque 550) du site, avec chaque fois un lien vers la même page. Ce jeudi en fin de matinée, la même opération a recommencé. Pour faire cesser cette pollution et ces attaques, il n'est plus possible de publier un commentaire ou d'établir un rétrolien sur les articles d'il y a plus de 15 jours.

Il y avait déjà eu de faible pollution sur des articles anciens ou plus récents, mais jamais avec cette ampleur. Même à propos d'articles vieux de plus de deux semaines, il y avait parfois des informations intéressantes : ainsi un rétrolien du 23 octobre dernier a donné lieu à un article sur la BnF et Google inséparables ; ou il y a 3 jours, un autre rétrolien sur le premier article de la catégorie Premiers pas, publié le 26 septembre 2004, Prisonnier d'une capsule, expliquait que Nestlé poste sur Formats-Ouverts.org... (il faudrait que je traite l'information).

Désolé pour cette mesure provoquée par une minorité au format peu recommandable qui touche tous les lecteurs de Formats-Ouverts.org. Il reste le format ouvert du courriel pour réagir à des informations de plus de deux semaines, à l'adresse contact chez, at ou arobase (format d'énonciation au choix) formats-ouverts.org.

Mise à jour : ce vendredi 28 octobre à 15h30, une nouvelle attaque de trackbacks pornographiques (65 postés) a eu lieu, sur des billets du 26. Momentanément j'ai limité à 1 jour les commentaires et trackbacks, avant de trouver une solution technique. Merci de votre compréhesion (et le courriel est ci-dessus).

Mise à jour du 1er novembre : commentaires et rétroliens ouverts sur les billets pendant une semaine (7 jours).

Le format OpenDocument dans MS Office ? et par une société française ?

Le format OpenDocument proposé par Microsoft et réalisé par une société française ?

Microsoft sortira dans la deuxième moitié de 2006 la nouvelle version de sa suite bureautique Office, baptisée Office 12. Elle incluera le format PDF, déjà proposé par la suite bureautique OpenOffice.org qui vient de sortir en version 2.

Entre les suites bureautiques, comme en musique ou en video numériques, c'est une guerre des formats pour conserver les utilisateurs, sauf quand le format est ouvert.

C'est le cas du format OpenDocument, normalisé par l'OASIS et qui est utilisé dans OpenOffice.org 2.0. De plus, le format ouvert OpenDocument est celui retenu officiellement par l'état du Massachussets.

Et alors, OpenDocument Format (ODF) dans Office 12 ? D'un rejet catégorique, la société semble passer à une réponse plus nuancée. Qui plus est, avec même une société française qui travaillerait sur le sujet de l'exportation du format d'Office en ODF. C'est ce que rapporte le blog de Dan Farber de ZDNet.com suite à une discussion avec un haut responsable Microsoft, Ray Ozzie, Chief Technical Officer (CTO) :

Microsoft is working with a French company on translators to determine the scope of the problem in exporting Office documents to ODF.

Tout cela est à prendre avec précaution, mais le fait d'employer le format OpenDocument serait une grande avancée pour l'interopérabilité. Si en plus il s'agissait du travail d'une société française... A suivre.

Mise à jour (et confirmation) du 27 octobre 16h30 : suite aux commentaires de cet article et sur Standblog (http://standblog.org/blog/2005/10/27/93114460-en-vrac#co), le module d'export (plugin) de MS Office XML vers ODF XML a été réalisée par la société française Clever Age, sous licence BSD. Voir http://www.clever-age.com/references/interne-plugin-openoffice-pour-word-424.html et la page du projet sur SourceForge en anglais, http://sourceforge.net/projects/ooo-word-filter.

Sources et liens :

Le 3e comité de pilotage a eu lieu, mais sans communication

Pas d'annonce, pas de compte-rendu pour le troisième comité de pilotage pour la création de la Bne

Le troisième comité de pilotage pour la création d'une bibliothèque numérique européenne (Bne) s'est tenu le lundi 17 octobre 2005.

Mais cette fois sans communiqué de presse pour l'annoncer, contrairement au premier comité du 13 juillet et au deuxième du 30 août, et sans compte-rendu de la réunion.

Ce n'était pas les pages des annonces de communication qu'il fallait surveiller, mais « l'agenda prévisionnel de Renaud Donnedieu de Vabres », avec pour la semaine du 17 au 22 octobre 2005 cette information relevée vendredi 21 (mais plus en ligne) :

Lundi 17 octobre 9h30 Réunion du comité de pilotage pour la création d'une bibliothèque numérique européenne

Le compte-rendu du deuxième comité de pilotage annoncait ce troisième comité courant octobre (et un article de Libération l'indiquait pour la troisième semaine du mois) : le calendrier a donc été respecté, mais cette fois sans compte-rendu officiel. Il faut souhaiter que les travaux des experts et de ce troisième comité incluent bien les standards ouverts dans leurs réflexions.

On peut penser que c'est bien le cas à la suite de la réponse du Président de la Bnf le 13 octobre dernier : « oui bien sûr » avait-il indiqué à Bordeaux à la question de savoir si les standards ouverts étaient pris en compte par le comité de pilotage.

Sources et liens :

Quand une entreprise fait ce qui est interdit

Pour la dernière chanson de Madonna, VirginMega supprime les protections de la chanson vendue par son concurrent, et la revend !

L'histoire de ces lignes est ahurissante, et fournit un nouveau format de réaction, indédit et exclusif...

Depuis quelques jours, parmi mes notes d'articles possibles pour Formats-Ouverts.org, j'avais écrit « Madonna et Orange ». C'est-à-dire le fait qu'Orange vende en exclusivité la dernière chanson de Madonna, Hung Up. J'aurais alors parlé du format exclusivité, et du format de vente par téléphone portable, qui provoquait des réactions dans le secteur musical. Le format du portable n'était pas encore accepté comme un format de commerce.

Lorsque VirginMega a commencé aussi à protester contre ce type de vente, j'aurais pu écrire que pour les yeux de Madonna, cela était normal pour VirginMega (Like a Virgin fut l'un de ses premiers succès)... On aurait été dans la catégorie Humour et à prendre cela de manière légère. Mais il n'en est rien, l'affaire est très sérieuse.

En effet, la nouvelle ahurissante est tombée, qui bouscule le hit-parade des histoires folles comme celle de Harry Potter ou celle de la compagnie de cars : VirginMega vend sur son site la chanson de Madonna après en avoir supprimé les protections (DRM) ! Parmi les arguments avancés, on trouve celui du principe d'exclusivité, néfaste au développement du marché.

Dans un format plus clair, on a donc :

  • un industriel majeur du secteur de la musique, Virgin,
  • qui récuse l'accord d'exclusivité signé avec un opérateur de téléphone mobile, Orange,
  • qui achète la chanson qu'il souhaite lui aussi proposer, la dernière de Madonna,
  • qui supprime les protections mises par Orange, ses DRM,
  • qui rediffuse ouvertement la chanson sur son site, VirginMega,
  • en la vendant officiellement, à 0,99 euros.

Cette information folle suscite de nombreuses questions :

  • le fichier proposé par VirginMega comporte-t-il ses propres DRM, ceux du format format WMA ?
  • pourquoi les articles de presse ne parlent-ils pas autant des DRM retirés par VirginMega, c'est-à-dire le système sur lequel chacun (Virgin, FNAC, Apple, Sony,...) se base pour verrouiller son marché ?
  • VirginMega va-t-il continuer ? Par exemple en récupérant un album exclusivement sur iTunes AppleStore et en le vendant aussi après avoir supprimé les DRM ?
  • Virgin fait-il juste un coup médiatique ou souhaite-t-il la suppression des DRM, l'utilisation de standards ouverts et une vraie interopérabilité ?
  • il y a un an, un éditeur et une enseigne expliquaient comment supprimer les DRM des chansons achetées chez des concurrents. Cette année c'est un site qui se procure une chanson et la revend illégalement. Et l'année prochaine ?

Désormais une chose est sure : le sujet des DRM, avec ses multiples exemples, pose un problème majeur au point que leurs utilisateurs industriels se retrouvent aussi à les supprimer en ne tenant pas compte des accords, de la lutte contre la contrefaçon et des règles de droit.

Sources et liens :

Le format coquille

Un adjectif de plus, et tout est changé

Lundi 24 octobre après-midi, au pavillon Gabriel à Paris se déroulait une conférence intitulée « Les éditeurs de logiciels en France ». Le site du Premier Ministre y consacre un article, avec une introduction où une coquille s'est glissée :

On lit donc comme première phrase du texte (capture d'écran faite à 9h14 le 26 octobre 2005) :

François Loos a ouvert, le 24 octobre 2005 en compagnie de Bill Gates, la conférence sur les éditeurs de logiciels libres en France.

Le format coquille s'est glissé, comme déjà pour Sony (le format logiciels libres n'était pas officiellement représenté).

Mise à jour : depuis au moins 16h30 ce 26 octobre, le texte de l'article en ligne a été corrigé (libre est retiré) avec une image ajoutée, la date étant toujours 25-10-2005 17:14.

Sources et liens :

AOL s'ouvre car...

Car l'indication sur la boite n'est pas exacte et oublie des utilisateurs

Depuis le 11 octobre 2005, la société AOL propose sa nouvelle offre de connexion ADSL basée sur son AOLbox. Il y a donc 2 semaines pour ce lancement, le PDG d'AOL France était invité dans l'émission de radio Génération Europe 1 Nouvelles technologies. J'avais pu lui demander à l'antenne en direct si l'AOLbox était aussi utilisable pour des machines avec Mac OS X et avec Linux. Les réponses étaient affirmatives, même si le responsable n'était pas totalement sûr pour Linux, et l'a précisé.

Or sur le site d'AOL et surtout sur les boites de l'AOLbox, seul Windows est indiqué. Un article, AOL, s'ouvre ou s'ouvre pas ? relatait l'information. Elle a été reprise par le site Toolinux qui en a fait un article, citant et mettant un lien vers l'article de Formats-Ouverts.org.



Une réaction officielle est parvenue au rédacteur en chef de Toolinux, par un courriel de Philippe Etienne de la Direction de la Communication d'AOL France, pour « donner les précisions nécessaires » :


  • « l'AOL Box fonctionne avec tous les systèmes d'exploitation (Windows, MacOS, Linux) » ;
  • « le CD de configuration fourni est un CD Windows », mais pour configurer leur AOLbox, les utilisateurs de Mac OS X ou de Linux « doivent utiliser l'interface web à l'adresse http://config.aolbox » (Accès à Internet, puis Paramètres de connexion).

Dont acte et bravo en un sens pour tenir compte de la diversité des utilisateurs, en se basant sur des standards ouverts du Web pour la configuration via navigateur et ainsi illustrer l'interopérabilité.

Cependant, cela reste finalement tout de même un peu surprenant car il ne faut pas croire ce qui est écrit sur la boite : elle ne mentionne pas tous les cas de figure. La configuration indiquée (« Un système d'exploitation Microsoft ») n'est pas la seule. Si on était dans la catégorie Humour, on pourrait dire « Ne croyez pas ce que vous lisez sur la boite, le format écrit n'est pas digne de foi », mais ici on pourrait plutôt dire « Pourquoi ne pas mettre sur la boite des astérisques ou de petites notes en très petite taille pour être complet ? » Mystère de la communication, du marketing ou de l'imprimeur, mais le prochain texte sur l'emballage corrigera sans doute cela.

Sources et liens :

Mysosotis : Amazon et sa bibliothèque numérique

Amazon et sa version de bibliothèque numérique

Myosotis, ne m'oubliez pas : Amazon propose aussi une bibliothèque numérique depuis octobre 2003.

Sans avoir la médiatisation ni l'importance du projet de la bibliothèque numérique européenne ou de celle de Google, le site Amazon propose depuis deux ans sur le site anglais et depuis août 2005 sur le site français une version de bibliothèque numérique.

Ainsi est-il possible de lire en ligne certains des livres proposés par le site, ou de faire des recherches dans le contenu de ces livres numérisés : il s'agit de la fonction « Chercher au cœur ».

Ce sont un peu plus de 5000 livres qui sont concernés sur le site français. Un bandeau en haut et bas de chaque page à l'écran indique Matériel protégé par le droit d'auteur. La lecture à l'écran est aisée (agrandissement possible) et plutôt agréable :

[La place des bibliothèques] dans l'espace public s'explique par le lien qu'elles ont avec ces deux passions nationales que sont l'école (le savoir) et le patrimoine (la mémoire). Les bibliothèques sont des outils de partage du savoir et des lieux de mémoire.

Ce passage très intéressant se trouve à la page 3 de l'édition au format papier du livre Les bibliothèques de Anne-Marie Bertrand (2004, éditions La Découverte) : la page est fidèlement reproduite au format image, qui se rapproche fortement du format ouvert du papier imprimé.

Sources et liens :

Google et sa bibliothèque numérique

Le projet Google Print Library en octobre 2005

Depuis le salon du livre de Franckfort 2004, il y a un an, où Google a parlé pour la première fois de son projet de bibliothèque numérique en ligne, le sujet a pris de l'importance et continue de se développer : les différents épisodes passés et une chronologie est disponible dans le dossier Bn(e), Bibliothèque numérique (européenne ou pas).

Pour Google en octobre, deux éléments sont venus s'ajouter au dossier :

  • depuis le lundi 17 octobre 2005 sont en ligne les versions de Google Print pour 8 huits pays européens : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pay-Bas et Suisse ;
  • une action en justice a été lancée par l'association des éditeurs américains (Association of American Publishers, AAP) qui a porté plainte pour violation du copyright ; cela intervient un mois après une première action judiciaire de l'Authors Guild, une association d'écrivains américains.

Normalement la numérisation des ouvrages doit reprendre début novembre après la suspension de 3 mois annoncée en aôut. Avec les questions des formats et des protocoles utilisés (ouverts ou pas) et de l'interopérabilité des données.

Sources et liens :

BnF et Google : ils sont inséparables

La Bibliothèque nationale de France et Google renvoient l'un vers l'autre

C'est bien vu de la part d'un lecteur de Formats-Ouverts.org à propos de la société Google et de la BnF (Bibliothèque nationale de France) qui s'affrontent à propos d'une bibliothèque numérique mondiale.

D'un côté on trouve le projet Google Print Library, une bibliothèque mondiale en ligne (library n'est pas un format français : cela signifie bibliothèque) ; de l'autre côté on trouve la BnF qui par l'intermédiaire de son Président, Jean-Noël Jeanneney, mène en réaction le projet de Bibliothèque numérique européenne (Bne), avec la question des standards ouverts.

Et alors ? Et bien sur le site de la BnF, depuis la page d'accueil et depuis la page de la bibliographie nationale, quand on veut faire une recherche, le moteur de recherche utilisé et affiché est... Google !

On peut le prendre de manière pessimiste (« il est peut-être déjà trop tard », comme l'indique l'article à l'origine de cette information). Cependant il s'agit du moteur de recherche, pas du projet Google Print Library (même s'ils sont liés).

Et en sens inverse ? Tapons Bnf (ou BnF ou bnf) dans le moteur de recherche Google : la première et la deuxième réponse concernent le site bnf.org (British National Formulary), mais la troisième est le site de la BnF, bnf.fr. Et en recherchant seulement le mot bibliothèque ? La BnF est le premier résultat, avant la Library of Congress, l'illustre Bibliothèque du Congrès, pourtant de même nationalité que Google.

Alors ? On peut en sourire, ou considérer que chacun des deux acteurs est bien en place, reconnus par l'autre, sans censure à l'encontre de l'autre.

Sources et liens :

Pour ses 5 ans et 1 semaine, voilà le nouvel OpenOffice.org avec de nombreux formats

OpenOffice.org version 2.0, avec l'OpenDocument Format et d'autres encore

Jeudi 20 octobre 2005 à 13h00 temps universel coordonné (ou 2005-10-20 1300 UTC, au format de date et heure ISO 8601) : la version 2.0 de la suite bureautique OpenOffice.org est disponible.

Une semaine exactement après ses 5 ans, la nouvelle version propose de nombreuses améliorations et nouveautés, et aussi une liste de formats :

  • le logiciel est disponible aux formats Windows, Linux, Mac OS ;
  • il permet toujours de créer un fichier PDF à partir de toutes ses applications (traitement de texte, tableur, présentation), ce qui est aussi annoncé par Microsoft pour le prochain Office 12 fin 2006 ;
  • il sait bien sûr utiliser le format XML ouvert des versions précédentes précédent (sxw, sxc, sxi) ;
  • il est compatible avec les formats de la suite Microsoft Office (doc, xls, ppt) en lecture et écriture ;
  • il sait importer des fichiers au format de Corel WordPerfect ;
  • le format ouvert XForms du W3C pour les formulaires est proposé ;
  • enfin le format ouvert OpenDocument normalisé par l'OASIS est le format par défaut.

Dans cette liste, trois points sont à souligner : d'une part le texte du dossier de presse indique bien qu'il y a compatibilité avec les formats de Microsoft Office et ne confond pas avec interopérabilité ; d'autre part le format OpenDocument est désormais utilisé par un logiciel majeur supplémentaire, et pourra répondre au cahier des charges du Massachussets ; enfin l'importance des formats ouverts présents, pour proposer une réelle interopérabilité.

Sources et liens :

Les EPN et les standards ouverts

Une manifestation d'une journée à Paris

Le lundi 24 octobre 2005 à la mairie du 13e arrondissement de Paris a lieu une journée d'échanges et de réflexions intitulée Les Espaces multimédia : vecteur du Libre ? Parmi les ateliers du matin, de 10h à 12h, l'un porte sur « Le développement des logiciels libres : l'interopérabilité ? Le rôle des EPN dans ce processus. »

J'y participe et parlerai de la diffusion des standards ouverts dans les EPN, Espaces Publics Internet, avec aussi les sujets directement liés que sont l'interopérabilité ou l'archivage.

La journée est organisée par l'association des Epnologues, avec l'association Villes Internet, le laboratoire CRIS-SERIES (université de Paris X) et la Mairie du 13e arrondissement de Paris. L'entrée est libre, mairie du 13e, place d'Italie.

Sources et liens :

Une manifestation OASIS sur les standards ouverts

Une journée et demi à Londres sur les standards ouverts, dont l'OpenDocument Format

Le 17 et 18 octobre se tenait dans l'hôtel Hilton Metropole de Londres une rencontre intitulée OASIS Adoption Forum. Il s'agit des journées annuelles European Adoption Forum de l'OASIS (Organization for the Advancement of Structured Information Standards).

La manifestation comprenait deux parties :

  • la journée du 17 pour « explorer ce que les standards ouverts signifient aujourd'hui pour le gouvernement électronique (e-governement), la santé en ligne (e-health) et le commerce électronique (e-commerce) » ; le XML était omniprésent, avec de nombreux exemples d'utilisation (Norvège, Grande-Bretagne, Pays-Bas) ;
  • la matinée du 18 était « un évènement spécial » sponsorisé par Sun et IBM, à propos de deux standards ouverts de l'OASIS récemment adoptés, OpenDocument et DITA.

Au cours de cette seconde partie, le programme européen IDABC fut à l'honneur avec aussi le format ouvert OpenDocument retenu par le Massachussets comme son format officiel.

Sources et liens :

Le courriel de l'UMP de fin septembre 2005 et les formats

Une fiche factuelle sur les formats utilisés

Fin septembre 2005, un courrier électronique est arrivé à de nombreux destinataires et il a provoqué de nombreuses réactions. Voyons sa fiche technique, notamment sous l'angle des formats.

  • Titre du courriel et auteur : Participez au débat pour 2007, signée de Nicolas Sarkozy ;
  • Format utilisé pour cette communication politique : le format électronique, par courriel ;
  • Les formats du courriel : en se basant sur le source (les coulisses) qui va toujours de pair avec chaque courriel reçu, voici ce qui ressort :
    • le format HTML est utilisé, pas le texte simple qui est normalement d'usage, le HTML étant dédié aux pages Web ;
    • le format des liens hypertextes dans le courriel est inhabituel : on lit www.u-m-p.org, mais le lien réel est http://as1.emv2.com/I?X= suivi de 32 chiffres et lettres ;
    • le format hexadécimal (en base 16) est à l'honneur : c'est celui utilisé dans les liens hypertexte ci-dessus, avec 2 groupes de 16 chiffres et lettres, pour coder deux informations ;
    • le format des images, avec des visibles et une invisible (de 1x1 pixel) qui se trouve à la fin du courrier : comme pour toutes les images dans un courriel en HTML, le logiciel de messagerie va les chercher pour les afficher, donc il vous signale à une machine en lui demandant l'image ; cela permet de compter les courriels ouverts par les destinataires, ce que reconnaissait l'un des responsables de cette campagne en déclarant que le courriel était plus ouvert que pour d'autres envois ; cependant les logiciels de messagerie comme Thunderbird bloquent les images, donc pas de décompte possible.

Les formats ouverts (HTML, système hexadécimal) sont bien utiles pour analyser les informations reçues.

Sources et liens :

AOL : s'ouvre ou s'ouvre pas ?

AOL, son AOLbox et les formats

AOL s'ouvre, « AOL va abandonner son modèle propriétaire ». C'est ce qu'indique des articles à propos de l'évolution de la société, avec notamment sa nouvelle AOLbox. Il avait déjà été question de cette ouverture en mai 2004.

AOL utiliserait donc des standards ouverts d'Internet, pour le Web, pour le courriel, pour les protocoles, en arrêtant d'imposer son interface propriétaire (disponible pour Windows et dans une version un peu antérieure pour Apple).

Le mardi 11 octobre, pour le lancement de l'AOLbox, le PDG d'AOL France, Carlo D'Asaro Biondo, était l'invité de l'émission hebdomadaire Génération Europe 1 Nouvelles technologies sur Europe 1 (de 23h à minuit). Il est possible de téléphoner pour participer à l'émission et j'ai pu lui demander en direct si on pouvait s'abonner chez AOL dans les cas suivants :

  • si on a Windows mais en utilisant Firefox (comme navigateur) et Thunderbird (pour les courriels) ? Oui.
  • si on a une machine Apple avec MacOS X ? Oui.
  • si on a une machine Apple avec Linux ? Oui, même si je ne suis pas totalement sûr, et je ne voudrais pas prendre de faux engagements à la radio devant tous les auditeurs.

Cela est une bonne nouvelle, jusqu'à lire sur la boite d'une AOLbox dans un magasin (gras ajouté) :

Equipements et configuration

Un micro-ordinateur PC doté au minimum des éléments cumulatifs suivants : Un système d'exploitation Microsoft (Windows 98SE ou Millenium, Windows 2000 ou Windows XP).

Aucun autre système d'exploitation n'est cité. Alors, l'AOLbox fonctionne-t-elle exclusivement avec Windows ou pas ? Est-ce pour rassurer le client que de mettre le nom du système d'exploitation qu'il connait le plus ? Parfois il y a aussi écrit en tout petit le détail des spécifications : là, rien d'autre que Windows. Et les déclarations du PDG ? En consultant les pages en ligne et la documentation, l'AOLbox semble devoir être configurée avec un logiciel fourni sur CD Rom et qui n'existe qu'en version Windows. La boite dit donc juste, que Windows.

Quant à la concurrence, on y trouve des box sur lesquelles on se branche, et c'est tout, qu'importe la machine ou le système d'exploitation (le câble Ethernet et la technologie ouverte DHCP font le reste) : donc pour AOL, pas encore vraiment de standards ouverts, pas encore d'interopérabilité. A suivre.

Mise à jour : lire les précisions apportées par AOL : AOL s'ouvre car...

Sources et liens :

Haute définition et protections seront dans la télévision

Un texte clair sur la télévision haute définition et ses « protections »

Voici la HDTV, High Definition TeleVision, soit la télévision haute définition (TV HD). Elle arrive, et les premiers appareils sont disponibles. Il s'agit d'écrans au format 16/9 avec un étiquetage indiquant HDReady. Le magazine Epok, l'hebdo gratuit de la FNAC, propose un article sur le sujet (page 36 du numéro 6, semaine du 7 au 13 octobre) : il est intitulé En route vers la télévision haute définition. Il s'agit d'un échange de questions-réponses entre un journaliste de RMC (François Morel) et le directeur du Labo Fnac (Victor Jachimovicz, également membre du conseil d'administration du HD Forum). La troisième et quatrième question sont à signaler (gras et liens ajoutés) :

Y a-t-il aujourd'hui beaucoup de téléviseurs écran plat HDReady ?

[...] Ce label (HDReady) définit, entre autre choses, la connectique car, pour recevoir cette fameuse télévision, il va falloir des boîtiers spéciaux, hors récepteurs satellites, qui sont dotés d'une prise numérique. Le téléviseur doit en être équipé, et il doit accepter les protections, car les émissions haute définition, et surtout les films, vont être protégés contre la copie.

Tout sera donc protégé contre le piratage ?

C'est obligatoire ! La qualité de la haute définition est supérieure à celle d'un DVD. A partir d'une émission HD, on peut faire des DVD sans problème. L'industrie du cinéma a donc cherché à se prémunir. Il y a tout un système de protection dans ces connectiques numériques. La prise numérique retenue s'appelle HDMI et ce HDMI contient un système de contrôle et un verrou anticopie.

Que des « protections » (des DRM) existent pour éviter la contrefaçon, pose des questions pour ce qui est du particulier qui reste dans la légalité :

  • quid de la copie privée encore légale en France ?
  • qu'en sera-t-il des films ou video faits avec son matériel numérique haute défnition : comment seront-ils reconnus par la connectique ? devra-t-on se signaler auprès d'un organisme qui délivre des DRM pour que ses documents soient utilisables ?...

La télévision haute définition est donc un exemple de plus dans la liste du dossier DRM. On sera très loin des standards ouverts et de l'interopérabilité.

Sources et liens :

Dossier les états et les standards ouverts

Une liste de pays qui retiennent les standards ouverts (mise à jour au 17 octobre)

Note : cet article de la catégorie Synthèse a une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre).

Voici des informations sur les pays qui ont fait des déclarations ou pris des décisions en faveur des standards ouverts (liste qui sera complétée au fur et à mesure).

Problème de départ : comment définir un standard ouvert ? Car tout dépend de la définition donnée, notamment en ce qui concerne la licence d'utilisation et ses clauses. Pour définir un standard ouvert, le texte dans la loi française LCEN indique qu'il s'agit d'un « protocole » et d'un « format » qui est « interopérable » et « dont les spécifications techniques sont publiques » (donc publiées et avec indication claire de la disponibilité) « sans restriction d'accès » (donc plutôt en ligne, sans inscription obligatoire, sans frais de consultation, sans format fermé pour les lire) « ni de mise en œuvre » (donc pas de public particulier seuls utilisateurs possibles ni de limile d'utilisation ni de brevet).

Belgique : le 25 juin 2004, le Conseil des ministres belges a publié un texte qui annonce l'utilisation exclusive de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/24/53. En octobre 2004, un livre blanc du Service public fédéral Technologie de l’Information et la Communication recommandait l'utilisation de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2004/10/16/154. En mai 2005, le gouvernement belge a lancé le BELGIF (BELgian Governement Interoperability Framework) avec utilisation de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/26/441.

France : la loi sur la confiance en l'économie numérique (LCEN) définit depuis le 22 juin 2004 les standards ouverts dans son article 4, chapitre Ier, titre Ier : http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/01/12.

Le Cadre Commun d'Interopérabilité (CCI) définit par l'Agence pour Développement de l'Administration Electronqiue (ADAE) recommande les standards ouverts : http://www.adae.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=41

Le plan stratégique de l’administration électronique http://www.adae.gouv.fr/article.php3?id_article=315 avec ce passage par exemple :

La France contribuera fortement à l’émergence d’une administration électronique européenne, à la convergence des services offerts par les États membres, à la compatibilité et l’interopérabilité des systèmes d’information construits sur des standards ouverts.

Massachussets : il a décidé en septembre 2005 de retenir le format ouvert Open Document comme format officiel de bureautique pour toutes ses structures. Cette décision entre en vigueur le 1er janvier 2007 : http://formats-ouverts.org/blog/2005/09/02/520

Cette décision avait été précédée en janvier 2005 d'une annonce forte pour en faveur de l'utilisation de standards ouverts, http://formats-ouverts.org/blog/2005/01/21/255.

Norvège : en juin 2005, le ministre norvégien de la modernisation, Morten Andreas Meyer, a déclaré qu'à partir de 2006 les institutions gouvernementales nationales et locales devront avoir un plan d'utilisation de logiciels libres et de standards ouverts ; http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/29/444

Nouvelle Zélande : elle refuse les DRM car ils constituent des formats fermés, ils empêchent l'interopérabilité, ils posent des problèmes pour l'archivage et pour l'indépendance vis-à-vis des fournisseurs : http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/23/438.

Monsieur interopérabilité et standards

Le NTO de Microsoft France

Le sujets des formats, des standards et de l'interopérabilité sont importants. Tristan Nitot sur son site Standblog y consacre entre autres des articles depuis juillet 2002, et Formats-Ouverts.org en traite aussi depuis juillet 2004. Mais les éditeurs informatiques sont aussi à s'en préoccuper.

Ainsi l'un des plus importants, Microsoft, a nommé fin 2004 une série de hauts responsables au poste de NTO, National Technology Officer. Ils ont pour mission d'être en rapport avec les plus hauts réprésentants des états et du secteur public à propos des dossiers sur la sécurité, les standards et l'interopérabilité.

Mais qui est le NTO de Microsoft France ? Cette question était déjà posée dans un article de février, mais restait depuis sans réponse. Cependant, en croisant les informations sur les profils des NTO dans les autres pays, on peut faire une supposition : sachant qu'il s'agit d'un haut responsable souvent en charge également (ou juste auparavant) des postes de responsable national technique et/ou sécurité, le nom de Bernard Ourghanlian semble pouvoir correspondre.

En effet, il est CTO, Chief Technology Officer (responsable national technologie, depuis 1999) et aussi CSO, Chief Security Officer (responsable national sécurité, depuis 2002). Bien sûr il s'agit là d'une information non officielle (Microsoft France contacté par courriel n'a pas fourni de réponse à la question posée, et l'agence de communication de Microsoft France, Euro RSCG, n'a pas donné suite à cette question précise).

Comme Standblog (3 ans et 3 mois) ou Formats-Ouverts.org (1 an et 3,5 mois), il y a aussi un blog de Bernard Ourghanlian (tout juste un an).

Sources et liens :

  • Le site Web de type blog de Bernard Ourghanlian, ouvert le 12 octobre 2004, fermé en 2006, qui ne contenait qu'un seul article dont le contenu était « Essai », http://blogs.microsoft.fr/bourghan/

Colloque «Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs»

- Des standards ouverts pour la Bne ? - « Oui, bien sûr »

Hier jeudi 13 octobre 2005 se tenait à Bordeaux, dans l'Hôtel de Région du Conseil Régional d'Aquitaine un colloque intitulé Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs, organisé par l'Arpel Aquitaine (Agence Régionale Pour l'Ecrit et le Livre en Aquitaine) et l'Agence Europe Communication (AEC).

La matinée, était organisée en 3 temps :

  • une intervention de Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), sur le sujet « Les enjeux de la numérisation du patrimoine » ;
  • puis une table ronde sur « les enjeux de la mise à disposition sur le Net » ;
  • enfin un débat avec la salle.

Le sujet des biliothèques numériques, dont le projet de Bibliothèque numérique européenne (Bne), était donc à l'honneur, avec les standards ouverts (formats et protocoles) en arrière plan pour accéder, diffuser et interconnecter le savoir au format numérique.

Lors des questions posées par les personnes dans la salle, il a été explicitement demandé si la problématique des standards ouverts a été prise en compte par le comité de pilotage du projet de création de la Bibliothèque numérique européenne (Bne). Le Président de la BnF a répondu « oui, bien sûr ». Cela est rassurant, en attendant d'avoir plus de détails.

Sources et liens :

Souriez, Sony l'a fait

Sony et les 4 coquilles (avec la première photo sur Formats-Ouverts.org)

L'actualité des formats n'est pas toujours radieuse, malgré des avancées (comme celle du Massachussets) mais avec aussi le sujet des DRM qui prend de plus en plus d'importance. Pour sourire un peu, voici donc un article de la catégorie Humour, car c'est bien ainsi qu'il faut prendre les 4 informations ci-dessous... Il était donc une fois une petite tétralogie de coquilles signées Sony.

Recherche PSP : aucun résultat

Tout d'abord, une fois sur le site de Sony France, Sony.fr, recherchons la PSP. Comme cela avait été déjà signalé à propos de l'article sur les formats de la PSP, l'utilisation de la fonction Rechercher en tapant « PSP » donne comme réponse : « Vous avez recherché sur ce site et sur les sites connexes : "PSP". Désolé, aucun résultat ne correspond à vos critères de recherche. » En revanche, en cliquant sur le mot Presse indiqué dans la page de réponse, on obtient une page. Donc, une petite coquille du moteur de recherche...

Pas de lien vers Sony.fr

Pour aller sur le site Sony.fr, on peut le saisir dans son navigateur ou cliquer sur un lien qui y mène. Mais le second cas est interdit par Sony : l'établissement de liens hypertextes nécessite une demande d'autorisation... Le poème sur les liens hypertextes est donc à utiliser pour rappeler que les liens sont un format ouvert à la base du Web. Sans doute une coquille de prestataire ou de service juridique.

Attention, il faut « une autorisation par écrite »

Ce qui est indiqué dans le point précédent fait l'objet d'un texte explicatif... à un format peu français par moment (gras ajouté) :

LIENS HYPERTEXTE VERS ET ZN PROVENANCE DE CE SITE Vous êtes obligé de demander une autorisation par écrite de l'exploitant de ce site avant de pouvoir créer un lien vers ce site. Un soi-disant "Deep Linking" est strictement interdit. Tous les liens vers ce site doivent mener au homepage du site; il doit clairement en ressortir que le présent site et le contenu du site ayant le lien sont à considérer séparément et il doit en outre ressortir que Sony est le propriétaire et/ou l'exploitant de ce site.

Les lecteurs auront corrigé en bon français ce texte, sans doute le résultat d'une traduction trop rapide et donc avec quelques coquilles...

Une photo inédite et incroyable des cartes mémoires avec «magique portail» (Magic Gate)...

Enfin, la plus belle coquille pour la fin, avec photo à l'appui (la première photo de Formats-Ouverts.org, 55 ko) :

Au dos de l'emballage en plastique transparent des cartes mémoires Sony Memory Stick 128 MB MagicGate, MSH-128, garanties 5 ans, on peut lire le texte suivant :

Une des deux lignes en français ci-dessus indique bien (gras ajouté) :

Compatible avec technologie de protection des droits d'fauteur («MagicGate»)

Coquille ou lapsus, qui est ce « fauteur » : le fabricant ? l'auteur ? l'utilisateur ? Ce texte est sur les plusieurs milliers d'exemplaires de ce produit. Et lire « fauteur » pour une technologie de protection des contenus (MagicGate) a de quoi jeter un trouble...

Source et liens (sans autorisation) :

Messagerie instantanée : Yahoo!, Microsoft et les autres

Accord entre Microsoft et Yahoo! pour interconnecter leur messagerie instantanée : et alors...

Ce 12 octobre, Microsoft et Yahoo! ont tenu une conférence de presse commune, qui avait été annoncée officiellement et qui avait donné lieu à de premières annonces (au conditionnel) dans la presse.

Les deux sociétés ont donc officiellement indiqué que leur messagerie instantanée, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, allaient être « interopérables ». Ce « premier accord d'interopérabilité entre deux fournisseurs distincts majeurs de messagerie instantanée » prendra effet à partir du second trimestre 2006. A cette date, « les communautés d'utilisateurs » de chaque messagerie pourront communiquer entre elles en s'envoyant des messages, pourront voir si les utilisateurs de chaque messagerie sont en ligne et pourront aussi s'échanger des emoticons.

Voilà donc pour les faits. En continuant de se baser sur le texte du communiqué de presse, on peut formuler une première analyse :

  • comme le disent de nombreux articles, « Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule », et « Chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. » ;
  • cet accord vise à s'imposer face à 3 concurrents : AOL avec sa messagerie AIM (et ICQ), Apple avec son iChat et enfin Google avec Google Talk, basé sur le protocole ouvert Jabber ;
  • on peut appeler cela le principe du « Tu as beaucoup d'utilisateurs, moi aussi, alors allions-nous contre les autres au lieu de nous affronter » ;
  • les messageries vont devenir « interopérables », mais au sens basique : pouvoir fonctionner avec un autre. En fait les deux Messenger deviennent compatibles l'une avec l'autre. Mais il n'y a là rien à propos d'interopérabilité qui est générale. On devrait donc parler de compatibilité, ou de « capacités d'interconnexion »... comme l'indique le communiqué de presse lui-même !

Serait-ce tout ? Non, car cette annonce appelle quelques autres remarques, à un format plus sévère. Avec cette question de départ : sommes-nous idiots ? En effet on pourrait penser que cette annonce considère les choses comme telle. Car ce qui est avancé n'a rien d'historique, c'est un maintien dans une situation aberrante.

Si on prend d'autres outils de communications, cette situation d'incompatibilité n'existe pas, et cela ne viendrait pas à l'esprit des utilisateurs qui seraient bien surpris de lire des « avancées » comme :

  • France Telecom annonce qu'il est possible avec son téléphone fixe d'appeler désormais aussi les téléphones fixes Cegetel et toutes les mairies et hôpitaux sans distinction d'opérateur téléphonique ;
  • les abonnés SFR et Bouygues peuvent maintenant s'appeler sur leur téléphone portable et même s'envoyer des SMS ;
  • les fax Kyocera peuvent aussi envoyer des documents aux possesseurs de fax Brother ;
  • les courriels et leurs éventuelles pièces jointes envoyés en étant chez Free peuvent être destinés également aux internautes qui sont chez Club-Internet.

Téléphone fixe et portable, SMS, fax, courriels ne connaissent pas les incompatibilités des messageries instantanées qui continuent d'essayer de verrouiller le marché et les utilisateurs. Et cette décision ne va pas dans le sens de l'interopérabilité basée sur des standards ouverts

Sources et liens :

Le format des puces d'Intel et le protocole Jabber

Quand un magazine de jeux video traite aussi d'informatique générale

Le mensuel Joystick avait déjà bien résumé en septembre la situation des DRM dans le prochain Windows Vista, avec son encadré intitulé « All your files are belongs to Billou ».

Dans le numéro 174 d'octobre, deux formats sont traités : tout d'abord celui des nouveaux microprocesseurs Intel, dénomées VIIV (gras ajouté).

L'idée du PC multimedia au milieu du salon étant de plus en plus compromise par l'arrivée des Xbox 2 et autres PS3, Intel a décidé de lui donner un peu plus de présence en lançant une nouvelle plateforme curieusement baptisée VIIV. Intel a rajouté quelques petites nouveautés du côté du matériel avec notamment de quoi mettre en veille et rallumer une machine de manière instantanée mais aussi en proposant une solution de cryptage matériel pour protéger le contenu des ayants droits. (article Intel Developer Forum 2005 Avenir radieux ?, de C_Wiz).

Cette fois, il s'agit donc avec ces puces VIIV (ou ViiV d'après le site d'Intel) de gérer au niveau du microprocesseur les contenus qui sont protégés par des DRM d'authentification. Un exemple de plus d'utlisation des DRM, comme pour les câbles HDMI ou les écrans.

Autre format traité, ou plutôt un protocole, celui de la messagerie instantanée Google Talk, Jabber. Voici un extrait qui résume bien la situation (gras ajouté) :

Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule avec de multiples outils tous incompatibles les uns avec les autres. AOL entretient par exemple deux réseaux totalement séparés (ICQ et AIM). Microsoft fait de son côté la chasse aux clients alternatifs en changeant de manière plus ou moins subtile son protocole : déconnexions intempestives, messages qui n'arrivent pas... Malgré le vœux pieux d'interopérabilité des amis de Billou, utiliser un logiciel comme Trillian ou Miranda relève souvent de la prise de tête. Google disposerait-il d'une solution miracle ? Peut-être puisque Google Talk est basé sur un protocole totalement ouvert, le bien connu Jabber, ce qui lui assure une compatibilité totale avec les clients alternatifs, quel que soit leur système d'exploitation. (article Google Talk, de C_Wiz, dans la rubrique Des utilitaires à la mode de 4 pages).

Cette annonce de Google Talk qui s'appuie sur un protocole ouvert, Jabber, donne non seulement un crédit certain aux protocoles ouverts, mais surtout œuvre en faveur de l'interopérabilité.

Sources et liens :

«Un maximum de références à des standards ouverts»

Les conseils d'un article du Financial Times

Dans l'édition du 4 octobre du Financial Times, se trouve un article signé Ade McCormack, intitulé Ensure it's all right on the night. Il a pour point de départ l'actualité des concentrations dans le secteur des technologies de l'information puis formule cinq grandes recommandations aux responsables informatiques pour éviter de se retrouver piégés avec un fournisseur. Parmi ces recommandations, la deuxième traite des standards ouverts (gras ajouté) :

Quand vous donnez des exigences technologiques, pensez au moins de noms de produits possible, et à un maximum de références à des standards ouverts. Si vous employez des fournisseurs qui basent leurs offres sur des standards qu'ils ne contrôlent pas seuls, comme Unix ou SQL, alors vous avez de plus grandes chances si besoin de migrer vers d'autres fournisseurs. Soyez attentifs aux standards propriétaires créés par les fournisseurs. Concentrez-vous sur ceux contrôlés par des organismes de standardisation indépendants. (When specifying technology requirements, minimise references to product names, but maximise references to open standards. If you use providers that base their offerings on standards not under their control,such as Unix or SQL, you have a greater chance of migrating to another vendor, if necessary. Be wary of proprietary standards created by the vendor. Focus on those controlled by independent standard bodies.)

Comme ces lignes le signalent bien, il ne faut donc pas confondre standard, standard propriétaire et standards ouverts, auxquels on peut ajouter standard du marché, standard de l'industrie ou standard de fait, souvent employés. L'adjectif ouvert change tout, à condition d'être vraiment ouvert, c'est-à-dire entre autres sans limite de mise en œuvre par tous : là aussi, il faut parfois savoir ce qui est mis derrière ce mot.

Une journée sur les bibliothèques numériques

L'ABF et la BnF font le point

Ce lundi 10 octobre, de 9h30 à 17h30, se déroule à la Bibliothèque nationale de France (BnF) à Paris, dans le petit auditorium, une journée d'études organisée par l'Association des bibliothécaires français (ABF). Elle est intitulée : Bibliothèques numériques, où en sommes-nous ?

[La journée] a pour objet de prolonger et d'approfondir les débats actuels sur les perspectives ouvertes par la numérisation des fonds des bibliothèques. Quels en sont les effets sur le fonctionnement des établissements ? Quels nouveaux services sont proposés aux publics ? Quels sont les réseaux à mettre en œuvre pour une meilleure harmonisation des pratiques locales, nationales et internationales ?

La journée comporte, après l'allocution d'ouverture de Jean-Noël Jeanneney, président de la BnF, six interventions.

La question des formats des données numériques, des protocoles utilisés et de l'archivage électronique est omniprésente dans le dossier des bibliothèques numériques. D'ailleurs on peut relever la dernière intervention, de 16h à 17h, qui porte sur L'informatique numérique : quelle pérennisation, qui devrait traiter du sujet. De plus, pour « une meilleure harmonisation des pratiques locales, nationales et internationales », comme pour la bibliothèque numérique européenne, comme entre les bibliothèques européennes et aussi francophones, les standards ouverts sont sans doute une excellente réponse, pour travailler, partager et communiquer efficacement, comme cela avait été souligné dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Sources et liens :

Une fausse information sur le DVD jetable en donne une vraie sur les DRM

Les DRM de Windows Media

Les DVD jetables ont fait récemment parlé d'eux avec celui diffusé par EMI. Et on a aussi parlé de Microsoft qui envisageait de faire de même : des DVD lisibles qu'une seule fois. C'est ce qu'on pouvait lire, notamment dans un intéressant article de PCinpact... mais l'information était fausse : elle a été démentie. Et l'auteur de la mise au point, Ed Bott, a expliqué que l'erreur venait d'une confusion avec une possibilité des DRM.

En effet, c'est « une caractéristique qui existe pour les DRM de type Windows Media qui permet une lecture unique de support numérique de promotion. » Et de précier (gras ajouté) :

Le contenu téléchargé au format Windows Media peut être protégé par des DRM, et si le propriétaire du contenu veut le limiter à un nombre défini de lecture, ou s'il veut attribuer une date d'expiration de l'utilisation du contenu, c'est une option, comme c'est le cas avec les services d'abonnement pour de la musique. (Downloaded content in the Windows Media format can be DRM-protected, and if the content owner wants to limit it to a specific number of plays, or to set an expiration date for the content, that’s an option, just as it is with subscription-based music services).

Cela est plus clair ainsi formulé : les DRM sont prévus pour limiter les utilisations. Et les DRM font partie du projet de loi sur le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information, qui va passer en urgence au Parlement.

En fait, on peut penser que l'objectif idéal, du moins pour certains acteurs, est de n'avoir plus que de la location de contenu disponible exclusivement par Internet, verouillé et contrôlé. Avec un seul type de machine, celui qui va permettre de contrôler ces contenus : soit un seul système d'exploitation, soit un seul microprocesseur, voire les deux, et des logiciels dédiés. Interopérabilité, diversité, standards ouverts ne seraient plus de mise. Il faudrait avoir le bon format et que toute la chaîne soit bien formatée. Fiction ou futur, telle est la question.

Sources et liens :

Le DVD au format jetable revient

EMI et le DVD jetable après 8 heures

Les futurs DVD donnent lieu a une guerre des formats. Il y a principalement l'affrontement entre les formats DVD HD et Blu-ray DVD. Cependant, un peu en marge, trois autres formats sont aussi présents :

  • le format DVD HVD d'entreprises spécialisées dans le disque optique ;
  • le format développé par la Chine pour son marché intérieur et sans brevet à payer : l'EVD, Enhanced Versatile Disc ;
  • le format DVD-D (DVD-Disposable) : un DVD classique, mais recouvert d'une couche spéciale qui après 8 heures d'exposition à la lumière a altéré le support par une réaction chimique sans dégagement de produit : le DVD devient illisible.

En d'autres termes pour ce dernier, la durée de vie du DVD est de 8 heures. La société EMI a proposé en septembre dernier un DVD promotionnel à ce format (avec clip, video, musique,...) de Saïan Supra Crew. La pochette, reproduite dans l'article de Ratiatum, indique « ATTENTION : Ce DVD s'autodétruira 8 heures après ouverture » et au dos « Lisible 8h ». La société prévoit de diffuser d'autres DVD-D.

Des DVD jetables de ce type sont déjà proposés pour des films par des magasins Relay et le site Cdiscount, même si en janvier dernier ils ne semblaient pas rencontrer un grand succès. Ils posent tout de même des problèmes d'environnement : même si les DVD sont annoncés sans substance toxiques et recyclables, ils vont augmenter la masse de déchets.

Sources et liens :

Le PDF dans Office : un bon début... pour aller plus loin !

La prochaine suite Office pourra créer des documents au format PDF : questions et perspectives.

Avertissement : le texte de cet article, exception faite du gras, des liens hypertextes et des références, est publié depuis le 6 octobre 2005 sur le site de l'Elenbi Strategic Review, hebdomadaire en ligne de l'association EBG (Electronic Business Group), qui regroupe de grandes sociétés autour de sujets liés aux nouveaux médias et aux NTIC. La lettre d'information hebdomadaire envoyée le 6 octobre mentionnait également l'article, qui est en ligne avec la mise en page de l'Elenbi Strategic Review à http://www.elenbi.com/achats_et_b2b/archives/2005/10/le_pdf_dans_off.php.

Microsoft, par la voix de Steven Sinofsky, senior vice-president, a annoncé le 1er octobre que la prochaine version de sa suite bureautique, baptisée actuellement Office 12, permettra d'enregistrer les documents de Word, PowerPoint, Excel, Access, InfoPath, Publisher et Visio au format PDF (Portable Document Format).

Cette annonce a été fortement mise en avant par l'éditeur, via interview de Steven Sinofsky et blog interne. Comment considérer cette décision qui soulève une série de questions ?

Premier point, cela n'est pas du tout une nouveauté en soi. En effet des logiciels concurrents proposent déjà depuis plusieurs années cette fonctionnalité, notamment les suites bureautiques StarOffice et OpenOffice.org. D'autres outils plus anciens intégrent même la création de PDF depuis très longtemps.

Deuxièmement, Microsoft admet que le PDF est l'un des formats les plus utilisés, notamment pour diffuser de l'information indépendamment du logiciel de création utilisé, et cela de manière très large grâce à des lecteurs PDF nombreux et multiplateformes (Windows, Mac, Linux). En permettant aussi facilement de créer du PDF, ne serait-ce pas au détriment des nouveaux formats d'Office 12, basés sur XML (.docx, .xlsx, .pptx), eux aussi mis en avant ? En effet, une des stratégies de Microsoft est d'inciter à diffuser des documents à son format fermé, pour imposer l'utilisation de ses logiciels dédiés, et donc aussi des seules plates-formes informatiques où ils sont disponibles.

Troisième point : mais que devient Metro ? Metro est un format annoncé en mai dernier par Microsoft et qui sera présent dans Windows Vista. Or Metro est un concurrent assez direct de PDF.

Point plus important encore, Microsoft utilise et propose donc un format ouvert : les spécifications du PDF, établies par Adobe, créateur et mainteneur du format, sont disponibles et librement utilisables. Ainsi, en plus des nombreux lecteurs PDF, de multiples logiciels (autres que Adobe Acrobat) peuvent générer du PDF, grâce à cette réelle ouverture. Adobe joue le jeu de la concurrence avec le format PDF, il l'ouvre totalement, sans enfermer dans un format. Microsoft profite de cette ouverture, mais fera-t-il de même ?

Autre élément, cette décision est une attaque frontale du marché des utilisateurs qui achètent Adobe Acrobat pour ne faire du PDF qu'avec Office. Cela sera désormais inutile (comme avec OpenOffice.org). Quelle est la part de ce marché pour Adobe et quelles conséquences cela aura-t-il sur ses ventes ?

Pour ce qui est du PDF dans Office 12, il s'agira officiellement du 1.4 : il faut que les spécifications soient strictement respectées, sans extension propre à Office (ce qui serait contraire à la dénomination PDF), sans brevets. Microsoft annonce qu'il n'intègrera pas la gestion des droits numériques (DRM) d'Adobe, mais on peut craindre qu'il y aura les siens, comme cela est déjà possible dans Office 2003.

Enfin, dernier point : après le PDF, Microsoft doit continuer ! En effet cette décision marque une certaine ouverture. Elle est à poursuivre dans deux directions :

  • celle de jouer le jeu de la concurrence en ouvrant aussi ses formats, sans restriction d'utilisation ; mais ce n'est peut-être pas le plan prévu, habitué à bloquer le jeu en brevetant formats et protocoles, pour fermer un marché qu'il domine, et l'utiliser comme levier ;

Les formats ouverts, comme les protocoles ouverts, sont les garants de l'interopérabilité et d'une saine concurrence.

Sources et liens :

Suite bureautique et DRM

La GDRI de Microsoft Office et les DRM

« Quand vous avez appris un nouveau mot, avez-vous constaté comme vous le relevez partout ? » Ainsi commençait l'article de Groklaw à propos de la Nouvelle Zélande qui refuse les DRM. Et justement, à propos des DRM, voici un exemple de plus dans la longue liste de cas du dossier DRM.

Connaissez-vous la GDRI ? C'est la Gestion des Droits Relatifs à l'Information. C'est expliqué dans le magazine L'Ordinateur Individuel, numéro 176 d'octobre 2005, page 59, avec une pleine page de publicité pour Microsoft Office, et sous les images illustrant la petite histoire, un texte d'explication, avec ce passage (gras ajouté) :

Aujourd'hui l'information est vraiment partout. Une fois qu'elle vous échappe, tout peut arriver. C'est pourquoi la dernière version de Microsoft Office contient un service de Gestion des Droits Relatifs à l'Information. Vous pouvez maintenant protéger vos e-mails et fichiers confidentiels pour empêcher leur transfert, leur impression ou leur copie. Il est temps d'évoluer dans votre façon de travailler.

D'un côté il y a la volonté d'éviter des fuites d'informations ou des destinataires erronés pour des documents. Mais cela signifie que les documents ainsi produits sont contrôlés par une technologie dont l'auteur du document n'est pas possesseur. Cette GDRI repose sur des DRM. Et qu'en est-il pour des documents publics d'administrations ou des archives publiques d'un état, qui nécessitent un accès à long terme ? Les particuliers, les associations et les entreprises sont aussi concernés par ce problème d'archivage. C'est entre autres ce qui a décidé l'état du Massachussets à retenir le format ouvert Open Document, et la Nouvelle Zélande à refuser les DRM. Les standards ouverts ne contiennent pas de DRM.

Sources et liens :

Voici le troisième PdF

Palmarès des Formats (PdF) recensés par Google sur Internet

Après une tentative (en juillet), puis le premier PdF (début août) suivi du deuxième PdF (début septembre), voici donc une nouvelle photographie en ce début octobre des formats présents sur Internet et recensés par le moteur de recherche Google en recherche avancée (la méthode reste la même : demander une page sans un mot inexistant et dans un format particulier), avec des formats ouverts ou pas, et sans distinction de langue :

  • Tous formats : environ 9 650 000 000
  • HTML : environ 2 210 000 000, soit 22,90%
  • HTM : environ 735 000 000, soit 7,61%
  • PDF : environ 188 000 000, soit 1,95%
  • Flash (swf) : environ 42 700 000 soit 0,44%
  • doc : environ 27 900 000, soit 0,29%
  • xml : environ 24 400 000, soit 0,25% (nouveau ce mois)
  • txt : environ 19 300 000, soit 0,20%
  • ppt : environ 9 320 000, soit 0,10%
  • PS : environ 7 870 000, soit 0,08%
  • xls : environ 6 550 000, soit 0,07%
  • rtf : environ 3 530 000, soit 0,04%
  • php : environ 244 000 000, soit 2,53%
  • asp : environ 372 000 000, soit 3,85%
  • rss : environ 2 430 000, soit 0,02 % (nouveau ce mois)
  • tex (TeX et LaTeX) : environ 2 040 000, soit 0,02%
  • rdf : environ 1 900 000, soit 0,02% (nouveau ce mois)
  • Tous les résultats ci-dessous représentent moins de 0,01% (sauf les formats deb et exe)
  • sxw (traitement de texte d'OpenOffice.org) : environ 165 000
  • jpg : environ 172 000
  • jpeg : environ 3 070
  • png : environ 112 000
  • gif : environ 185 000
  • exe : environ 2 600 000, soit 0,03%
  • deb : environ 2 980 000, soit 0,03%
  • rpm : environ 30 200
  • Mesure effectuée le mercredi 5 octobre 2005, entre 19h15 et 19h45, heure de Paris. Ces chiffres ne sont que des indications, il n'y a rien d'officiel ni d'absolu. Il y a aussi des questions sans réponse à propos des méthodes de calcul (htm est-il inclus dans html ?).

Remarque : il ressort par rapport à août et à septembre, que les résultats de cette mesure augmentent fortement en valeur absolue (on passe ainsi de 3,57 milliards de pages tous formats à plus de 9,65 ; ou 71 à 188 millions de PDF). Cependant, en valeur relative, c'est-à-dire en proportion (%), il est intéressant de noter que les formats restent avec le même classement et presque le même pourcentage (à l'exception du .exe).

Encore une fois, il y a le format brut (ou absolu), comme 42 millions de pages Flash, et le format relatif, soit moins de 0,5% (0,44) ! Suivant le format retenu, l'information a plus ou moins de force...

Sources et liens :

Diffusion et circulation des savoirs, TIC et handicapés

Une manifestation de 2 jours à la BnF

Les 4 et 5 octobre 2005 à la Bibliothèque nationale de France (BnF), se tiennent deux journées organisées par la délégation gouvernementale française pour le SMSI (Sommet mondial sur la société de l'information). Elles ont pour objectif de dresser un état des lieux de l’offre française sur les sujets de la diffusion et de la circulation du savoir, et de l’apport des TIC aux handicapés.

Quand on traite de diffusion et de circulation des savoirs en vue du SMSI, il s'agit de savoir au format numérique (sans rien avoir à l'encontre des formats papier ou d'autres formats non-électroniques). Et ce format numérique signifie des formats de données et des protocoles utilisés. Avec donc les standards ouverts comme des réponses possibles.

La journée du 4 abordait le sujet sous 2 angles de formats :

  • les formats juridiques du savoir, avec les thèmes Les conditions juridiques de diffusion des savoirs et L’information scientifique en libre accès (notament la déclaration de Berlin) ;
  • les formats techniques utilisés et des exemples, avec les thèmes Logiciels libres, l’apport des sociétés de service, le rôle du secteur public, Présentations de solutions libres et Les offres de supports de cours numérisés dans l’enseignement supérieur.

Enfin, la journée se terminait par le thème Les bibliothèques et la diffusion du savoir numérique, organisé par la BnF, qui a peut-être traité de records management ou de métadonnées. Le sujet des bibliothèques et du numérique ou celui des bibliothèques numériques est de plus en plus présent, comme récemment au séminaire francophone à Ouagadougou ou avec le dossier Bibliothèque numérique européenne.

La manifestation se poursuit le 5 octobre, avec une journée consacrée à l’apport des TIC aux handicapés : Les TIC, un nouvel atout pour les handicapés. Là aussi, les standards ouverts, notamment ceux du Web avec la WAI (Web Accessibility Initiative) du W3C (World Wide Web Consortium), peuvent apporter des réponses, comme l'exige la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées de février 2005.

Sources et liens :

Deux articles sur les standards ouverts

Deux analyses aux conclusions pessimistes pour l'avenir des standards ouverts

Deux articles récents sont parus, chacun traitant des standards ouverts avec une analyse assez sombre de l'avenir de cette approche technologique qui a permis jusqu'ici de superbes réalisations, dont Internet.

Le premier texte est intitulé Les standards, hier et demain ?, de Patrice Bertrand. Il part des succès des standards ouverts tels que TCP/IP, HTTP, HTML, SMTP et de l'interopérabilité rencontrée la plupart du temps sur Internet. Mais il relativise :

Il ne faudrait pas croire pourtant que ce monde merveilleux d’interopérabilité, qui nous a procuré une nouvelle révolution industrielle, est une chose acquise.

En effet, la messagerie instantanée est un exemple contraire de l'ouverture du courriel, comme la musique vendue par Apple uniquement via son site iTunes MusicStore, lui-même uniquement accessible avec le logiciel iTunes :

Maîtriser le terminal, maîtriser le logiciel, maîtriser le contenu, et parvenir à verrouiller l’ensemble, telle est la stratégie naturelle de tout acteur dominant.

Tout comme dans la téléphonie mobile, les jeux video ou les cartouches d'imprimantes, le verrouillage est de plus en plus de mise. Avec cette conclusion :

Avec un peu de recul, l’ère des standards de l’Internet risque d'apparaitre comme une brève parenthèse, presque un accident de parcours.

Quant au second article au titre explicite, Standards : les miens sinon rien, il est signé Christophe Bardy et débute par cette question :

Pourquoi se casser la tête avec les standards lorsque l'on est puissant ?

Il analyse sous cet angle deux annonces. La première est celle de Microsoft lors de sa conférence de septembre qui propose aux sites Web de s'appuyer sur la technologie qui sera présente dans Windows Vista. Les standards ouverts du Web sont alors inutiles. Ce qui est résumé par cet inter-titre : « Microsoft veut fusionner le Web et Windows », et de préciser :

En fait, il ne s'agira plus à proprement parler du web, mais de l'internet à la sauce Windows.

L'annonce d'Intel, concerne la création d'un groupe à part pour élaborer la nouvelle norme Wi-Fi, alors que la société semblait participer aux travaux avec tous les industriels. Et l'article de rappeler comment Intel, qui soutenait en apparence la norme Firewire, l'a torpillé au profit de l'USB.

En tentant par tous les moyens de faire évoluer le standard de consensus, les poids lourds du marché ne souhaitent pas vraiment faire évoluer le standard, mais tout bêtement le contrôler afin de protéger leurs parts de marché.

La conclusion est un constat pessimiste :

J'avoue mon intérêt profond pour les standards ouverts. Mais de plus en plus, je constate que trop de standards définis au sein de l'IEEE, mais aussi de l'ETSI, obéissent à des logiques commerciales et de protection de marché.

Ces descriptions sont exactes. Pour ce qui est des conclusions de chaque texte, on peut avancer que seuls les vrais standards ouverts sont à même de permettre de vraies concurrences... sans oublier la responsabilité des états, comme le montre le Massachussets, et aussi l'information et la formation des personnes (utilisateurs, responsables, techniciens,...) sur les avantages des standards ouverts, ce qu'essaye de faire Formats-Ouverts.org.

Sources et liens :

Trois exemples de DRM, encore et hélas

Un article et 3 exemples de DRM

Voici 3 pièces de plus à verser au dossier DRM : le témoignage et les réflexions du journaliste Christophe Bardy à propos de 3 exemples de DRM, avec cette entrée en matière, « Cette fois, le DRM commence vraiment à m'agacer. »

Tout d'abord les DRM des fichiers musicaux d'Apple qui limitent à 5 le nombre de machines différentes autorisées à jouer les morceaux légalement acquis : à l'arrivée d'une sixième machine, impossible pour cette dernière de jouer les fichiers musicaux...

Ensuite les DRM dans les fichiers video du site de films à la demande de CanalPlay : ce sont des DRM Windows, donc si vous n'avez pas Windows (la version exigée et avec le logiciel de lecture prévu), pas de films.

Les publicitaires ciblent les CSP (catégories socio-professionnelles) : il va leur falloir cibler aussi les CSI (catégories socio-informatiques)... Et il peut y avoir un problème : si les CSI Apple ou Linux ont un pouvoir d'achat plus élevé (ou un budget plus important) que les CSI Windows...

Enfin les DRM dans le dernier album des Rolling Stones, sur une carte mémoire en Trusted Flash, vendu par SanDisk, au prix aussi élevé que le système est verrouillé (lecteur dédié en plus du DRM).

Bien sûr il n'y a là aucun format ouvert, aucune interopérabilité.

Sources et liens :

Un mois de rentrée en fanfare

Un mois de septembre qui enregistre de nouveaux records

Voici le bilan mensuel de la vie du site Formats-Ouverts.org pour ce mois de rentrée, avec encore une fois une série de records, malgré la pause du 25 (la première depuis fin 2004). En effet, chacune des mesures statistiques a fortement augmenté. C'est la poursuite du « bond du 17 août » : depuis ce jour, les fréquentations du site ont connu une augmentation très nette qui s'est confirmée en septembre pour établir un nouveau record par rapport au précédent d'août.

Ainsi, en résumé, cela donne plus d'un demi-million de hits. En détails :

  • exactement 542 508 hits ;
  • près de 400 000 pages ;
  • presque 130 000 visites ;
  • plus de 46 000 visiteurs uniques (plus 54% par rapport au record d'août) ;
  • journée record avec plus de 4 800 visites en 24 heures le 14.

Autres points à souligner : il y a désormais plus d'un demi-millier d'articles en ligne (512 exactement, nombre non prémédité mais particulier, comme les 404 de la première année...), avec 2 nouvelles catégories, En bref et Synthèse (avec 3 dossiers, le XML, la bibliothèque numérique européenne et les DRM).

Enfin, septembre 2005 fut le mois de la conférence sur les formats ouverts la plus longue, le 26 septembre, (près de 4h avec les questions-réponses), lors d'un remarquable séminaire international francophone à Ouagadougou. Pour ce qui est des articles les plus lus, le podium de septembre donne les formats de la PSP, le poème sur les liens hypertextes et la décison du Massachussets de ne retenir que des formats ouverts (les 34 autres articles sont listés dans la table des billets de septembre).

Voilà donc les faits. Il n'y a pas de quoi fanfanronner, car le plus dur est de continuer le travail. Cependant, merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens et les fils RSS (ou Atom). Bonne lecture, et vivent les standards ouverts.

Table des billets d'octobre 2005

Les 40 billets publiés en octobre

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 12 dans Général, 3 dans Manifestations, 1 dans Palmarès, 2 dans Logiciel, 6 dans Bibliothèques numériques, 3 dans Humour, 6 dans Entreprise, 1 dans Synthèse, 1 dans Internet, 1 dans Conférence, 1 dans Myosotis