L'Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1600 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1771 articles en ligne, dont 23 pour le mois de décembre - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 4 ans ! - Le 1700e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


2008, les 10 ans de XMLXML10 : les 10 ans de XML en 2008


Il y a HD (Ready) et HD (Full)

La Haute Définition, en version « prête » ou « complète » ?

Journal 20Minutes [1], mercredi 31 mai 2006, rubrique high-tech, page 34, colonne de droite, un court article Samsung tout HD... à la rentrée :

Les premiers écrans FullHD arrivent. Soit le nec plus ultra de la restituion visuelle avec une définition deux fois supérieure au HD Ready.

Avec ces 2 premières phrases, l'article pointe du doigt, peut-être involontairement, qu'il y a bien deux HD (pour Haute Définition, ou High Definition en anglais) : la HDReady, actuellement mise en avant notamment dans les téléviseurs, et la FullHD, encore peu disponible sur les appareils.

Et alors ? Et bien un appreil HDReady n'est pas FullHD : les deux formats ne sont pas compatibles (en tout cas dans ce sens). Autrement formulé (dans un autre format...) : votre télévision HDReady ne pourra pas diffuser les contenus FullHD (DVD, programmes télé, video à la demande,...). Sans parler des DRM.

Ce n'est bien sûr pas le seul cas : d'autres exemples existent comme la TNT gratuite (au format MPEG-2) et la TNT payante (au format MPEG-4), chacun avec un décodeur spécial ; ou comme les 2 formats de DVD, avec les lecteurs de HD-DVD qui ne lisent pas les Blu-ray Disc (sauf à disposer des 2 technologies de lecture de ces 2 formats). Guerre des formats, course et incitations aux ventes... mais pas trop de formats ouverts. Et pour l'interopérabilité... on oublie et on laisse les consommateurs décider...

Sources et liens :

Le Web 2.0 ? Ce sont les standards ouverts en action !

Le Web 2.0 repose encore plus sur les standards ouverts

« Web 2.0 » : voilà l'expression du moment, le format pour communiquer en attirant l'attention ou pour donner l'impression d'être à la pointe de la technologie. Et tout le monde s'y lance : par exemple Yahoo! propose depuis début mai en France la nouvelle version de son portail, estampillé Web 2.0 [1],... Pour ce Web 2.0, la question ELF se pose : « Et Les Formats ? ».

Avec ses nombreux services en ligne (sites personnalisés, courriels, photos partagées, recherche, syndication, blog, messagerie instantanée, wiki, voire traitement de texte), le Web 2.0 repose encore plus sur le navigateur, avec les protocoles et les formats modernes qu'il sait utiliser : et bon nombre d'entre eux sont ouverts (http, HTML, AJAX,...).

Plusieurs textes font ainsi clairement l'association du Web 2.0 avec l'utilisation des standards ouverts.

Un long article de ZDNet, Comment se construit le web 2.0 explique par exemple que les formats RSS, le XHTML ou les API ouvertes sont au centre du Web 2.0 : ce sont des formats ou des protocoles ouverts. [2]

Des entrepreneurs les qualifient de fondations du Web 2.0 : « Les trois briques principales du web 2.0 sont les internautes, le réseau en lui-même et les standards ouverts. [3] (gras ajouté)

Finalement, le Web 2.0, c'est les standards ouverts encore plus en action : les standards 2.0, pourrait-on écrire, si cela sonne mieux. Sans oublier le format humain : l'utilisateur est bien plus acteur, en produisant, en partageant ou en publiant facilement textes, images, sons, connaissances ou informations.

(A côté de ces formats ouverts, le terme « Web 2.0 » est une expression déposée, donc à un format fermé limitant son utilisation, du moins pour des appellations de conférences commerciales, comme la récente conférence XTech 2006, (Construire le Web 2.0), à qui il est demandé de cesser l'utilisation du terme. [4])

Sources et liens :

Les sénateurs n'ont pas aimé l'interopérabilité des députés

Projet de loi DADVSI, article 7 : celui des députés et celui des sénateurs

Le projet de loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droit Voisin dans la Société de l'Information) est complexe et capital. Déclaré en urgence, il a été étudié à l'Assemblée nationale les 20, 21 et 22 décembre 2005, les 7, 8, 9, 14, 15 et 16 mars 2006 [1]. Puis il est passé au Sénat les 4, 9 et 10 mai 2006 [2].

Parmi les très nombreux points lors des débats, comme dans le texte, il y a les standards ouverts et l'interopérabilité.

Concernant l'interopérabilité, elle a donné lieu à de multiples prises de positions en sa faveur, du ministre dans la presse à l'étranger, mais aussi de la France, de l'Europe, d'associations. Et l'article 7 du texte des députés lui accordait une très grande importance, ce qui était à saluer et à souligner.

Qu'est devenu cet article 7 auprès des sénateurs ? Si on compare les 2 versions [3] :

  • pour le Sénat : 6 paragraphes ; « format » : 1 fois ; « interopérabilité, standard ouvert, interopérant » : 0 fois, rien, disparu.

Les sénateur n'ont donc pas retenu les formulations des députés. Pour la suite, une Commission Mixte Paritaire (CMP) devrait se réunir pour élaborer le texte définitif. La date du 30 mai était citée. Mais il était aussi question d'une éventuelle seconde lecture à l'Assemblée nationale en cas d'écarts trop importants entre les deux textes. Ce n'est pas le cas, comme on le voit pour l'interopérabilité.

Sources et liens :

«Un format Festival de Cannes ?» ; et l'Eurovision ?

C'est le journal de France 3 qui pose la question !

Dimanche 28 mai au soir était annoncé le palmarès du Festival de Cannes 2006 [1]. Les reportages télé, radio et presse furent très nombreux, le festival étant une des manifestations les plus couvertes médiatiquement.

Le journal Soir|3 de France 3 du 28 mai traitait de Cannes : disponible en différé et en ligne [2], le reportage sur le 59e palmarès se terminait par une question critique à propos de la Palme d'Or : « Y aurait-il désormais un format Festival de Cannes ? ». Mais ce journaliste aussi, « il voit des formats partout » ?!...

D'après cette formulation, ce « format » serait connu, ouvert et ainsi saurait-on comment s'y conformer. Cannes aurait donc presque des films « formatés ».

Format Eurovision aussi, et le bon format

Dans le même ordre d'idée, il y a un autre « format » au sens large qui fut récemment à l'honneur... ou plutôt qui fut totalement transgressé : le « format Eurovision », avec un certain nombre de critères pour remporter le prix de la chanson de l'Eurovision [3]. Et le samedi 20 mai, ce format habituel ne fut pas retenu, avec un vainqueur finlandais, le groupe Lordi, groupe de heavy metal, un genre musical peu connu et reconnu en France [4]. D'ailleurs, selon les propos « peu ouverts » des 2 commentateurs de France Télévision qui retransmettait la cérémonie, Michel Drucker et Claude Siar, ce n'était pas du tout le bon choix... [5] En plus il s'agissait d'un vote a priori démocratique, vous imaginez combien cela est en effet contestable de ne pas respecter « le bon format »...

Sources et liens :

Les formats ouverts, les logiciels libres et la documentation

Une série de conférences de l'ADNX

Le 6 juin 2006 se déroulera à l'École Normale Supérieure de Paris la journée 2006 de l'ADNX, Association pour la Documentation Numérique en XML [1]. Le thème est Documentation, Logiciels libres, XML : les retours d’expérience. [2] La journée est gratuite et ouverte à toutes et à tous (inscription nécessaire).

En 2005, cette journée portait sur pourquoi utiliser du XML et comment le produire. Cette année sera donc l'occasion de prendre connaissance de ce qui a été mené au Ministère des transports, à l’École des mines de Nantes, aux Services de documentation de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon ou sur l'OAI.

L'objet de ADNX est « de favoriser la diffusion et la promotion des ressources libres en matière de documentation numérique utilisant la norme XML. » [3] Le XML, avec ses 8 ans, s'entend sans doute ici au sens de format ouvert, avec une importante liste d'exemples, et non pas comme le terme à la mode.

Sources et liens :

Le Danemark déclare qu'il va utiliser le format ouvert ODF

Une annonce du Ministre des Sciences danois

Quitte à écrire des évidences, la guerre des formats fait rage. Et parmi ses batailles, celle pour le format bureautique est une des plus importantes. C'est le format ouvert ODF qui en première ligne, avec de nombreux développements récents, dont celui en France avec la DGME.

Voici un autre exemple, signalé par le site Groklaw [1] : Helge Sander, Ministre des Sciences du Danemark a déclaré qu'à partir du 1er septembre, le format ouvert ODF sera officiellement utilisé :

Je tiens à souligner que l'utilisation des formats ouverts est capitale pour le développement d'une administration électronique. J'ai demandé, comme premier pas, que mon propre ministère propose des publications et certains documents importants dans le format ouvert ODF. [2]

Et Tristan Nitot explique dans un article en anglais l'importance du format ODF en France, suite à l'appel à commentaires : What if... French made Open Document Format mandatory? [3]. Enfin, un responsable OpenOffice.org, Louis Suarez-Potts (OpenOffice.org Community Manager) traite aussi de cet appel et du format ODF, French Administrations and ODF [4].

Sources et liens :
  • [1] Rubrique Latest News picks du site Groklaw, le 26 mai 2005, en anglais, http://www.groklaw.net/newsitems.php
  • [2] Article Helge Sander åbner for OpenDocument-formatet, de Kristoffer S. Madsen, le 23 mai 2006, site ComputerWorld.dk, en danois, http://www.computerworld.dk/art/34035?a=rss&i=0
    • la citation : « Jeg vil gerne understrege, at anvendelsen af åbne standarder er central for udviklingen i digital forvaltning. Som et første skridt har jeg bedt mit eget ministerium om, at vi fra september tilbyder publikationer og anden relevant skriftlig kommunikation i det åbne dokumentformat ODF »

Décodons le Da VOD Code d'ARTE

Décodage des précisions officielles sur la VOD d'ARTE

Il y a les conditions techniques requises pour la video à la demande (VOD) d'ARTE [1]. Et il y eut une réponse officielle qui les explique, publiée sur le site MacBidouille [2] : il est important de la mentionner et de s'y pencher avec un brin d'humour, car les nouvelles sont dures, sauf mauvaise interprétation de ma part (ce que je souhaite vivement).

En 8 paragraphes, le texte fournit des réponses à propos de la VOD d'ARTE avec une machine Apple et Mac OS X : petits décodages libres dans un format moins habituel... (gras ajouté)

(ARTE) Nous avons bien reçu votre message et nous sommes heureux de vous annoncer l’ouverture de notre site www.artevod.com pour les navigateurs de la fondation Mozilla (Firefox, Netscape, Camino) ainsi que pour les navigateurs Mac (Safari, IE pour Mac) et Linux (Galeon, Epiphany, Konqueror…).

Mais... s'il respecte les standards ouverts du Web, un site ne nécessite pas de navigateur particulier, en tout cas pour visualiser ses pages Web... Sur les sites Web, Interopérabilité j'écris et je crie ton nom...

(ARTE) Nous nous permettons toutefois d’attirer votre attention sur une restriction de notre site de VoD liée à la technologie DRM de Microsoft, impliquant que le processus de commande soit nécessairement réalisé à partir d’un navigateur Internet Explorer pour Windows.

Voilà, la sentence est tombée, c'est écrit... mais dans un format moins direct et plus correct que : « Le site a une restrinction, pour nous et pour vous c'est tout Microsoft ou rien ». Cependant s'arrêter là serait un peu court et dur à faire admettre (car oui, sans Windows et sans Internet Explorer, on vous déga demande de comprendre), donc l'histoire continue... et quelle histoire... car voici ce qui se passa dans les coulisses d'ARTE... en exclusivité !

(ARTE) Dans l’état actuel du marché, la solution la plus rapide et la plus sûre pour mettre en œuvre la sécurisation des fichiers en tenant compte de notre infrastructure et dans les délais très courts qui nous étaient impartis a consisté à mettre en œuvre le DRM 10 de Microsoft, qui aujourd’hui n’a pas d’équivalent « achetable » clé en main.

Oui, c'est un scénario digne d'une série télé : la vilaine Direction d'ARTE, cette strucutre qui ne conna ne s'inquiète pas de la technique, a annoncé la date d'ouverture du site de VOD et ensuite en a informé l'équipe technique avec cet ordre : « Il faut que ça marche. Vous avez un jour. ». Alors ont commencé les 24 heures les plus dures du CTU (Centre Technique d'Urgence) d'ARTE : avec l'aide des UA (Unités Achats), ils ont dû visiter de nombreux magasins, grâce aux hélicoptères pour se rendre sur les sites repérés par satellite et avec l'aide de la police locale. Dans les rayons, grâce à leurs liaisons constantes par téléphones portables, il a été possible aux agents de terrain d'isoler la boite sous cellophane qui contenait la solution prête à faire exploser les ventes de VOD. Et à 23:59:59 fin de la journée avec le bon produit, ouf. Bravo et merci Jacques !

(ARTE) Pour information, la politique de DRM mise en œuvre par Apple est un système propriétaire fermé non utilisable par ARTE car utilisable uniquement par Apple. Leurs DRM ne peuvent être utilisés que dans le cadre du système i-tunes. Utiliser des DRM compatibles avec les Mac interdirait donc l’existence même d’un site comme ARTEVOD indépendant de i-tunes.

Bouuuuh, les méchants Apple, ils sont propriétaires fermés. Et ARTE VOD, cher client, ne saurait être inféodé à une technologie propriétaire fermée, on vous le garantit, la main sur le cœur et droit dans les yeux.

(ARTE) Néanmoins, nous comprenons votre déception et pour information, si nécessaire, vous trouverez ci-dessous un petit player pour Mac (télécharger le lecteur Windows media player pour mac). Malheureusement, il ne gère pas les DRM … seuls les extraits sont donc visibles. http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/fr/software/Macintosh/osx/default.asp et au cas où (le lien chez Microsoft était indisponible dernièrement) un autre lien : http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/download/

Comme c'est dommage... le petit player Windows Media Player n'est plus supporté en version Apple depuis le 1er janvier 2006. De toute façon, il ne gère pas bien les DRM actuels, alors, hein, vous imaginez comme il est mauvais (mais qui l'a fait, ce player ?).

(ARTE) Nous sommes bien conscients des contraintes que ceci peut vous imposer et nous travaillons actuellement à un support encore plus large des systèmes d’exploitation supportés par notre site de VoD. C’est maintenant une question de mois.

Alors là : « un support encore plus large des systèmes d'exploitation supportés » alors qu'il est écrit plus haut que « le processus de commande » doit nécessairement être « réalisé à partir d’un navigateur Internet Explorer pour Windows »... Allô, le CTU d'ARTE, il n'y aurait pas contradiction.

(ARTE) Nous nous permettons de vous demander un peu d'indulgence pour un service qui s'est créé très récemment. Notre objectif est bien entendu, (tant bien que mal mais avec obstination), de vous proposer un catalogue VoD de qualité, sans contraintes.

« Sans contraintes » ? Ou cent contraintes ? Il y aura toujours des contraintes, et mieux en vaudrait justement cent car elles prendraient en compte les nombreux systèmes d'exploitation.

(ARTE) Nous vous remercions pour votre compréhension.

De rien, à vous les studios. Et retournez acheter le bon ordinateur, merci. (Oui, je souhaite me tromper. Et oui, j'ai vu la saison 1 il y a peu).

Sources et liens :

Le W3C et ses standards ouverts en conférence WWW2006

Trois jours avec une collection de standards ouverts

Du 24 au 26 mai, à Édimbourg en Écosse, se tient la conférence internationale World Wide Web 2006 (WWW2006) [1]. Le programme [2] de cette quinzième édition est l'occasion pour le W3C (World Wide Web Consortium) de « montrer comment les standards du Web sont actuellement appliqués avec succès dans les domaines des média, des sciences du vivant et du commerce international, et comment tirer parti des prochains développements techniques du Web et de l'Internet ». [3]

La plupart des standards du Web du W3C sont des standards ouverts, comme HTML, XHTML et CSS, SVG, XForms, SMIL, RSS. Parmi les conférences, 4 font mention de l'interopérabilité :

  • A Microformat and Proposal for Interoperable HTML Widgets (modules, gadgets, whatever) [4] ;
  • RDF/A - Interoperable Metadata for XHTML [5] ;
  • Web Services Addressing 1.0: Testing Implementations of an Interoperable Technology [6] ;
  • Interoperable Metadata [7] ;

et un thème, Style and Layout: Key Successes to Create Interoperable Web Pages.

Sources et liens :

Mais c'est une révolution ! partie 2

La bureautique en France : ce serait le format ouvert ODF

D'abord tout le monde parlait des standards ouverts, puis tout le monde y était favorable et enfin certains décidaient de n'utiliser qu'eux.

Ainsi pourrait-on résumer ce qui se passe dans la guerre des formats et des protocoles : il y a les déclarations qui vantent les standards ouverts et il y a les décisions qui les désignent comme officiellement à utiliser.

En France, le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) se place dans la seconde catégorie : en effet, ce texte propose dans différentes catégories une liste de règles qui indiquent ce qui est « recommandé » ou « obligatoire » ou « interdit ».

Parmi les nombreuses catégories, la bureautique est sans doute la plus répandue et la plus connue (avec le Web et le courriel) : le traitement de texte, le tableur et la présentation sont très largement utilisés. Et pour la bureautique, c'est le format ouvert ODF (OpenDocument Format) qui a été retenu (la Gendarmerie nationale l'utilise déjà sur ses 70 000 ordinateurs).

En effet, dans la partie « Formats de documents Documents non structurés et semi-structurés », les règles 0025, 0026 et 0027 stipulent (texte intégral, les majuscules sont dans le texte officiel [1]) :

Il est RECOMMANDÉ d'utiliser le format Open Document pour les échanges de documents bureautiques semi-structurés (traitement de texte, tableur, présentation).

Il est OBLIGATOIRE d'accepter tout document au format Open Document pour les échanges de documents bureautiques semi-structurés (traitement de texte, tableur, présentation).

Il est INTERDIT de faire une migration depuis le format bureautique couramment utilisé par une organisation vers un format autre que le format ouvert Open Document.

Dans un format encore plus clair : en cas de changement de format, c'est l'ODF ; en cas d'échanges, on ne peut refuser l'ODF ; pour la production, l'ODF est fortement conseillé.

Voilà un trio à saluer et à soutenir : il s'ajoute aux décisions nationales et internationales à propos du format ODF. Il est donc capital que le texte définitif comporte ces 3 éléments. Ce sera une (petite) révolution transformée.

Sources et liens :

Mais c'est une révolution ! partie 1

Le RGI : fait pour tous, au service de tous, a besoin de tous.

Imaginez un texte proclamant au niveau d'un pays : « Les formats et les protocoles ouverts sont désormais obligatoires. Les formats, protocoles et standards fermés sont interdits ». Avec une définition claire et sans ambigüité du terme ouvert, et des listes précises de formats et protocoles.

Une révolution. C'est presque ce que y est en cours, depuis le 21 avril. Au Massachussets ? Non, c'est en France, et cela s'appelle le RGI.

Dans un format moins concis voici les détails de cette action majeure en 10 points :

  • le RGI : le Référentiel Général d'Interopérabilité ;
  • le prédécesseur : le CCI, Cadre Commun d'Interopérabilité [1], qui a par exemple guidé la Gendarmerie nationale dans ses choix ;
  • l'objet : appel à commentaires sur le référentiel général d’interopérabilité [3] ;
  • les dates : du 21 avril au 15 juin pour les commentaires ;
  • le document : il comporte 3 parties, « Volet Organisationnel » « Volet Sémantique » « Volet Technique » avec des formats classés par thèmes, dont une bonne part de formats et standards ouverts, avec notamment le format ouvert ODF pour la bureautique ;
  • le principe : commenter, réagir en contribuant dans le Wiki [4] (donner un nom et une adresse de courriel valable), ou envoyer un courrier électronique ou papier ;
  • à souligner : le Wiki utilisé, dénommé « Wiki RGI », repose sur le logiciel Media Wiki [5], un logiciel libre de Wiki, utilisé et développé pour le projet Wikipédia [6] ;
  • la portée de ce futur référentiel : il concernera tous les cahiers des charges des « autorités administratives » en France !

Au vu de cette liste, une évidence s'impose : cet appel à commenter et à réagir doit être transformé pour déjà dire bravo pour ce travail et ensuite pour apporter ses remarques.

D'ailleurs tous les acteurs concernés (citoyens, associations de consommateurs, industriels, gouvernement, administrations, prestataires de services, éditeurs) ne peuvent que saluer et soutenir cette action en faveur des thèmes des standards ouverts et de l'interopérabilité...

En effet, tous ont toujours déclaré être en faveur de ces 2 thèmes, et cela ne peut être que 5 fois bénéfique à tous : une concurrence saine et loyale, une indépendance technologique, une innovation accrue, une gestion avisée des financements publics et une pérennité des informations.

Lire aussi la partie 2.

Mise à jour : l'article a été repris en anglais,

Sources et liens :
  • [2] Ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, NOR:ECOX0500286R, Journal Officiel du 9 décembre 2005, http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ECOX0500286R
    • Article 11, « Un référentiel général d'interopérabilité fixe les règles techniques permettant d'assurer l'interopérabilité des systèmes d'information. Il détermine notamment les répertoires de données, les normes et les standards qui doivent être utilisés par les autorités administratives. Les conditions d'élaboration, d'approbation, de modification et de publication de ce référentiel sont fixées par décret.»

Une déclaration importante de Microsoft : des précisions importantes

Précisions sur les propos tenus par Steve Ballmer, et les formats

Le 27 avril se déroulait MIX06 Paris [1], manifestation de Microsoft à propos du Web 2.0. Steve Ballmer était présent et a fait une intervention intitulée The Next Web Now. L'article de Formats-Ouverts.org du 30 avril, « Une déclaration importante contre les standards ouverts » développait cette information.

Or les propos rapportés ne sont pas exacts. En effet, la déclaration attribuée à Steve Ballmer à propos des standards du W3C (ne comptez pas sur le respect des standards dans certains qui concernent la compétitivité de Microsoft) n'est pas celle qu'il a tenue. Il s'agissait bien plus d'une interprétation exagérée (peut-être inspirée par la publicité en forme d'auto dérision de Microsoft).

Toujours est-il que Christophe Lauer, dans son blog Plan, Design, Develop, Test, Deploy, Administrate and Maintain... de Microsoft France, a écrit de manière fort juste un article en réponse : « Ce que Steve Ballmer n'a pas dit à Mix06 sur le respect des standards » [2], avec un rétrolien vers l'article de départ (en fait, même 2 rétroliens). Cet article est doublement utile.

Premièrement, il fournit les informations précises avec la retranscription (en anglais) des propos tenus par Steve Ballmer, à partir de la video, disponible en ligne : « So, Yes: we gonna embrace those standards, but we're also gonna do innovative things of our own just as we know many other actors in the market will also do innovative things of their own. ». Aucune mention de ce qui était donné comme sa citation. Dont acte et rectification : l'article de départ comporte la mention à propos de l'inexactitude, avec un lien vers ces lignes.

Deuxièmement il règle un problème de formats : en effet, la page de la video en ligne [3] implique des conditions techniques de configuration : « This webcast is not compatible with this navigator Please use Internet Explorer 6.0 or more » est la réponse obtenue hors de l'utilisation du couple Internet Explorer 6 et Windows. Grâce à cette retranscription au format texte en ligne (ici un format ouvert), l'information est encore bien plus disponible.

Pour la video, cela est quelque peu dommage, et une illustration du « principe de la chute des dominos appliquée au numérique », comme à propos de la video à la demande d'Arte. Tristan Nitot dans son article Respect du client : bonnet d'âne pour Arte, Air France ...et Microsoft ! [4], le regrette aussi, alors que les videos du MIX 06 Las Vegas [5] étaient lisibles avec Firefox sous Mac OS X.

Mise à jour du 25 mai : Christophe Lauer, de Microsoft France, m'indique que l'accès avec Firefox est désormais possible. Information donnée aussi ce jour par Tristan Nitot, contacté par Stéphane Kimmerlin (de Microsoft France aussi), Il n'y a que les veaux qui gueulent qui tètent !, http://standblog.org/blog/2006/05/25/93114801.

Sources et liens :

IBM, Lotus et le format ouvert ODF

IBM annonce que son logiciel Lotus Notes utilisera le format ODF

Voici une nouvelle annonce importante à propos du format ouvert OpenDocument Format (ODF) et en faveur de l'interopérabilité :

...voici qu'en Allemagne, le 16 mai, IBM a annoncé [1] au cours du Deutsche Notes User Group (DNUG), que son logiciel Lotus Notes [2] intègrera le format ouvert ODF dans sa prochaine version, prévue dans ses premières moutures à l'automne 2006.

Il sera donc possible d'importer, d'exporter, de créer, d'éditer et de sauvegarder les documents bureautiques au format ODF, que ce soit pour le traitement de texte, le tableur ou la présentation. Une décision importante au vu de la société qui la soutient, IBM, et au vu du nombre d'utilisateurs potentiellement touchés, 125 millions. Le texte du communiqué parle de « réduire le risque d'être prisonnier d'un seul fournisseur ou d'une seule plate-forme» et de « se libérer du format propriétaire qui a dominé les environnements bureautiques depuis si longtemps ».

Sources et liens :

Patrimoine numérique, bibliothèques numériques seront au programme

Salon i-expo 2006 : des conférences sur des sujets importants liés aux formats

Le 31 mai et le 1er juin se déroulera à La Défense le salon i-expo 2006, « l'événement majeur en Europe des secteurs de l'Information et de l'Archivage Numériques, de la Veille et de l'Intelligence Economique » [1].

Le programme [2] indique plusieurs conférences ou ateliers, dont 4 qui traiteront des formats, directement ou pas, ouverts ou pas.

Blogs, wikis, fils RSS : de nouveaux modes de production et de diffusion de l'information [3] : conférence plénière gratuite, de 16h à 18h, le 1er juin. Les blogs et wikis peuvent d'appuyer sur des formats et protocoles ouverts (comme pour DotClear utilisé sur Formats-Ouverts.org) et le RSS est un format ouvert.

Les bibliothèques numériques européennes [4] : conférence plénière gratuite, de 14h à 16h, le 31 mai, avec les représentants de 3 des principaux projets en cours, Jean-Noël Jeanneney, Président de la Bibliothèque nationale de France pour la BNUE (Bibliothèque numérique européenne), Julien Masanes de European Archive, représentant du projet OCA (Open Content Alliance) et Jens Redmer, responsable du service Google Recherche de Livres en Europe pour le projet Google Books. Ce sera une pièce à verser au dossier Bibliothèque numérique, comme le 17 mars au salon du livre avec 2 personnalités en présence.

La conservation du patrimoine numérique [5] : atelier payant, de 9h30 à 12h30, le 31 mai, avec notamment une responsable de la BnF (Bibliothèque nationale de France, Catherine Lupovici, Directeur du département de la bibliothèque numérique) et un responsable de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel, Bruno Bachimont, Directeur scientifique). Le sujet est capital, comme traité en général ou le 16 mars au séminaire Aristote.

Les outils de gestion des droits de propriété intellectuelle sur les réseaux (DRMS) : état de l'art, usages et cadre juridique : atelier payant, de 9h30 à 12h30, le 31 mai. Il s'agira du vaste sujet des DRM (DRMS est sans doute une coquille avec un S pluriel à la fin du sigle), qui sera longuement traité.

Il faut aussi signaler l'assemblée gérale de l'association ADBS [7]. Une dernière remarque critique : la page des conférences « n'existe pas ». En effet les intitulés des conférences sont des images, sans texte alternatif, et n'existent donc pas pour les moteurs de recherche qui parcourent le site et qui ne relèvent que le codage texte (un format ouvert) : impossible donc de trouver l'information car cette page n'est pas indexée. C'est dommage au vu de l'ambition et du programme du salon.

Sources et liens :

La nuit des musées est presque totalement valide !

« La nuit des musées » : son site et le respect des standards ouverts du Web

La manifestation « La nuit des musées » se déroule le soir du samedi 20 mai. Un site Web dédié est aussi en ligne, NuitDesMusees.Culture.fr [1]. Et qu'en est-il des formats ouverts du Web pour ce site ?

Pour le savoir, 2 outils sont disponibles : les Validator [2], élaborés par le W3C (World Wide Web Consortium). Ils permettent de vérifier la conformité des pages avec les formats ouverts du Web (HTML, XHTML, CSS, RSS, XForms, SVG, SMIL) établis par ce W3C.

Et pour le site de « La nuit des musées », conforme ou pas ? Il s'agit de procéder à la vérification de chaque page : en plus de l'accueil, il y a 6 rubriques (éditorial, programme France, programme Europe, partenaires, espace presse et inscription), avec aussi 2 pages en français traduites dans 4 autres langues (allemand, anglais, espagnol, et italien) et des pages créées dynamiquement.

Verdict pour les 25 pages testées :

  • 22 pages sont valides (dont accueil, les 6 pages de rubriques, les 8 pages en langues étrangères) avec « This Page Is Valid XHTML 1.0 Transitional! » comme réponse, et la possibilité de mettre le logo indiquant cette conformité [3].
  • 3 pages non-valides :
    • partenaires, 2 erreurs (mais partenaires Europe n'en comporte pas) ;
    • La Réunion (5 erreurs) ;
    • la page des musées non gratuits (15 erreurs).

Ce respect des standards ouverts du Web est à souligner, pour un Web interopérable et accessible. En espérant que cela continuera d'être le cas et touchera aussi d'autres pages et d'autres sites (dont celui du Ministère de la culture [4] - page d'accueil non-valide) en respect de la loi sur l'égalité des chances (qui oblige à un respect des standards d'accessibilité, mais dont les décrets d'application ne sont toujours pas parus).

Sources et liens :

«Open Discussion Day» le 19 mai, et aussi après !

Première « journée de discussion ouverte », une journée en faveur du format ouvert de messagerie instantanée

19 mai 2006 : premier Open Discussion Day. Il s'agit au cours de cette journée de mettre en avant deux points : d'une part le problème de la non-interopérabilité des messageries instantanées, et d'autre part la solution constituée par le protocole ouvert Jabber.

Non-interopérabilité : « Je ne parle qu'avec ceux qui ont le même logiciel »

A priori, pour échanger avec quelqu'un, l'interopérabilité est souvent la règle : que ce soit pour le téléphone fixe, le mobile ou le courrier électronique, on ne se soucie pas de l'appareil ou du logiciel utilisé par son interlocuteur, on appelle ou on écrit.

Mais pour la messagerie instantanée, c'est le contraire : on ne peut échanger avec les autres que si ces autres ont le même logiciel, car sinon cela est difficile voire impossible. Telle est la situation de la plupart des services disponibles : MSN Messenger, Yahoo! Messenger, Wanadoo Messenger, AIM ou ICQ, chacun échange au mieux... avec lui-même (même s'il y a parfois des accords de compatibilité, comme entre Yahoo! et Microsoft).

La raison ? Le protocole utilisé par chaque logiciel lui est propre et n'est pas ouvert (ou très peu). De la sorte, les utilisateurs sont « incités » à conserver leur logiciel et à converser avec celles et ceux qui ont le même.

Jabber : un protocole ouvert et reconnu par l'IETF

Pourtant une solution existe : le protocole ouvert de messagerie instantanée Jabber/XMPP [1], qui a été normalisé par l'IETF. Il est utilisé par plusieurs logiciels, dont Google Talk, lancé à l'été 2005.

Et alors le 19 mai ? Et après ?

La journée Open Discussion Day (ODD) [2] vise à promouvoir le protocole ouvert Jabber/XMPP face aux systèmes de messagerie propriétaires que sont MSN, Yahoo!, AIM et ICQ, en espérant avoir un jour un système de messagerie instantanée aussi ouvert que peut l'être par exemple le courrier électronique avec les protocoles ouverts SMTP, POP et IMAP [3].

C'est la communauté francophone des utilisateurs du protocole ouvert de messagerie instantanée Jabber/XMPP qui lance l'ODD. Et après le 19 mai ? Continuer d'expliquer la situation verrouillée, montrer les avantages des protocoles ouverts et mettre en avant les logiciels utilisant Jabber/XMPP.

Sources et liens :

Les ventes de DVD baissent : et si les formats...

Moins de DVD vendus. Et si les formats y étaient aussi pour quelque chose ?

Selon le Syndicat de l'Edition Video (SEV) [1], les ventes de DVD ont baissé au premier trimestre 2006 (en valeur et en volume). C'est ce qu'indique un article de ZDNet [2]. La faute ? « Les acteurs de l'édition vidéo y voient le reflet de l'impact de la piraterie et de la banalisation du téléchargement illégal. ».

N'y aurait-il pas 2 autres facteurs possibles, liés aux formats (même s'ils ne sont pas vraiment ouverts) ?

Premier facteur : la guerre fratricide des nouveaux DVD. En effet, il y a 2 formats pour les prochains DVD : le Blu-ray Disc et le HD DVD. Des DVD incompatibles, avec des films sur un format et pas sur l'autre, avec des appareils de lecture spéciaux pour chacun.

Face à cette situation, les consommateurs sont peut-être peu tentés par les achats, y compris de DVD actuels. Et comme les industriels ont indiqué que ce serait le marché qui décide... il décide. Pour ce qui est de dire que ses propres membres sapent leur secteur, cela n'est sans doute pas le bon format.

Second facteur : la croissance de la VoD. La video à la demande se développe et gagne des utilisateurs, donc des clients. Cette diffusion au format en ligne peut être un concurrent direct de l'achat de DVD, malgré les contraintes de formats. Ainsi, au sein du marché de l'achat video, il peut s'agir d'un changement de répartition, avec la VoD qui gagne des clients sur ceux des DVD.

D'un point de vue financier, on peut aussi considérer que les budgets des particuliers ne sont pas extensibles : entre les différentes dépenses (télévision, TNT, Internet, téléphonie, video, musique, jeux video, DVD, VoD,...) des rééquilibrages peuvent s'opérer, à somme constante.

Mais le pire est à venir : si ces 2 raisons ne sont pas valables pour l'instant car les 2 formats de DVD et la VoD ont des impacts encore trop faibles, elles vont forcément le devenir. Encore une guerre des formats avec l'interopérabilité bien oubliée.

Mise à jour Comme indiqué dans un commentaire, un autre facteur lié au format peut freiner les ventes : les protections placées sur les DVD, qui ne les rendent pas lisibles sur n'importe quel lecteur de DVD. Et il y a un exemple récent à propos de DVD illisibles sur ordinateur sans casser ses protections... Cela porte à 3 le nombre de facteurs liés aux formats.

Sources et liens :

Des précisions pour le thème SO-I des RMLL 2006

Quelques nouvelles du thème « Standards Ouverts - Interopérabilité » (SO-I)

(Voir le programme synthétique du thème).

Du 4 au 8 juillet se dérouleront les Rencontres Mondiales des Logiciels Libres (RMLL) 2006 [1] à Vandœuvre les Nancy [2].

Le thème Standards Ouverts - Interopérabilité, ou Interopérabilité - Standards Ouverts, selon l'approche retenue, s'y déroulera parmi plus de vingt-cinq. Voici quelques nouvelles :

  • les conférences SO-I auront lieu pendant 4 demi-journées, réparties sur 3 jours (la manifestation en compte 5) ;
  • le programme comprendra plus d'une douzaine d'interventions ;
  • les présentations aborderont de nombreux domaines : Internet, les entreprises, les bibliothèques, le multimedia, les positions gouvernementales, les structures impliquées, les logiciels,...
  • le site officiel des RMLL 2006 fournit des informations sur toutes les conférences [3], dont celles du thème Interopérabilité - Standards Ouverts (il y a aussi la rubrique dédiée RMLL 2006 SO-I).

Réservez donc vos journées du 4 au 8 juillet à côté de Nancy, et peut-être aux conférences.

Sources et liens :

Radio France traite de la video à la demande (et de ses formats)

Un dossier en ligne sur la VoD, avec une participation de Formats-Ouverts.org

Le site de Radio France propose chaque semaine un dossier spécial à propos d'un thème [1]. Pour la semaine du 15 mai, festival de Cannes oblige, c'est le cinéma qui est à l'honneur, avec ce marché qui ne se décline plus seulement qu'en salles : en effet on trouve aussi le DVD, le Home cinema et la video à la demande (VoD).

Pour ce dossier, Chez soi, comme au cinéma [2], j'ai été interviewé par Éric Chaverou, l'un des 3 journalistes à avoir réalisé le sujet, avec Cécile Mimaut et Célia Quilleret. La retranscription figure dans la troisième des cinq parties, Les débuts de la VoD, avec aussi l'interview (format Real Audio) et une présentation dans la liste des liens en référence. Il y est bien sûr question, mais sans terme technique, de standards ouverts, d'interopérabilité, mais pas de l'exemple d'Arte et sa VoD.

L'interview a été réalisé avec l'appareil de nombreux professionnels du son, un Nagra [3], qui enregistrait directement en version numérique sur une carte mémoire (plus de bandes ni de ciseaux pour le montage). La carte mémoire était un des 7 modèles qui existe : en effet il ya 7 formats physiques différents. Encore des formats.

Sources et liens :

Arte et «Le cauchemar de Darwin» : le cauchemar de la VoD ?

Arte diffuse un documentaire ; puis le site Web d'Arte le rediffuse : mais voici les formats...

Le lundi 24 avril 2006, Arte diffusait à 20h40 le documentaire de Hubert Sauper, Le cauchemar de Darwin [1] (sur le réseau hertzien analogique). Un film au format 110 minutes, en première partie de soirée, comme le disent les expressions consacrées.

Avec un téléviseur, petit ou grand, du plus simple au plus complexe, de l'écran plat à celui avec tube cathodique, et quelle que soit la marque ou l'année de fabrication, il était possible de suivre l'émission. C'est l'interopérabilité en action (comme pour la radio hertzienne).

Dès le lendemain, il était possible de regarder à nouveau l'émission, depuis le site de video à la demande (VoD)d'Arte [2]. Et commence alors la longue marche vers la quintuple homologation :

  1. la « connexion » : bas débit (RTC) ou haut débit (ADSL par exemple) ? Il faut « 512 Kbps minimum » ;
  2. la « configuration » : javascript et cookies doivent être acceptés ;
  3. le « lecteur video » : logiciel Windows Media Player ou pas ? Il le faut ;
  4. le « navigateur Internet » : logiciel Internet Explorer 5.5 (minimum) ou pas ? Il le faut (« incompatibilité pour Netscape et Firefox ») ;
  5. le « système d'explotation » : logiciel Windows 2000 ou Windows XP ? Ils sont « requis » [3].

Les 2 premiers critères ne sont pas exclusifs à un type de machine. En revanche, les 3 suivants forment une triple chaîne, avec système d'exploitation Microsoft et navigateur Web Microsoft et lecteur video Microsoft (« MS(OS+browser+player) » dans un format anglais et pseudo mathématique).

Pour ce qui est de Windows, il peut sembler logique de le prendre comme base de départ. Cependant, c'est presque 20% des utilisateurs (et clients) qui peuvent être recalés du fait de l'exclusion du navigateur Firefox (comme pour le Sénat). Et le logiciel de lecture video est celui dont l'Europe a demandé le retrait pour abus de position dominante.

Alors ? D'une certaine manière, rien de surprenant : c'est le principe de la chute des dominos, appliquée au numérique. Au départ, il y a le format video, Windows Media Video... qui fait tomber le logiciel Windows Media Player... qui fait tomber le logiciel Internet Explorer... qui fait tomber le logiciel Windows sur les machines. D'un format de fichier, c'est une succession de logiciels dédiés qui s'impose : voilà pourquoi la guerre des formats a lieu.

Arte l'avait indiqué en février 2006, le WMV, le format video fermé de Microsoft, était celui retenu. Qu'en penser ?

  • Format pessimiste : voici une chaîne de télévision (publique européenne) de plus qui se trouve prise dans la logique implacable d'un format fermé très présent et redoutable par ses conséquences.
  • Format optimiste : il y a sans aucun doute des raisons à ce choix, et sans aucun doute aussi la possibilité de faire entendre qu'une autre solution existe : la video avec des formats ouverts, cela existe déjà. Et ainsi faire évoluer le verdict du site : « Nous sommes désolés mais votre configuration actuelle ne permet pas de profiter des services du site. » Chiche ? S'il y a une personne d'Arte dans la salle...
Sources et liens :

Pas d'interopérabilité = 1 milliard de dollars de perte

L'absence d'interopérabilité coûte très cher à l'industrie !

Encore un rapport qui traite des DRM et de l'interopérabilité ? Oui. Et encore une fois avec le souhait que l'interopérabilité existe ? Oui. Mais cette fois, le rapport en question traite du sujet sous l'angle financier : et il pointe les pertes.

Ainsi, selon le rapport World Digital Rights Management Markets [1] publié par le cabinet d'études Frost & Sullivan [2], l'absence d'interopérabilité provoque une perte de 1 milliard de dollars pour ce qui est de l'Europe. Il s'agit du montant pour le secteur de la téléphonie mobile en Europe, du fait de l'absence d'interopérabilité (causée par les DRM) entre les ordinateurs, les baladeurs numériques et les téléphones mobiles.

C'est pourquoi le Mobile Entertainment Forum (MEF), qui regroupe de gros industriels du secteur du mobile, en appelle à la mise en place d'un mDRM (mobile DRM) « ouvert et interopérable ». Mais ce n'est pas au sens de format ouvert, bien plus d'une compatibilité entre les acteurs ayant adopté le DRM retenu.

Trois dernières remarques sont à faire :

  • dans les autres secteurs (video à la demande, musique, bureautique, télévision,...), l'absence d'interopérabilité coûte combien aux industriels ?
  • faire toucher du doigt le problème de l'interopérabilité en passant par l'important manque à gagner, peut-être est-ce le bon format pour que cela soit pris en compte ? Mieux que le rapport parlementaire australien ou que les sites, les associations, les personnes qui parlent des DRM et de leurs problèmes ?
  • la dernière phrase de la présentation générale du rapport indique combien le colossal marché des loisirs numériques suscite les envies des fournisseurs de contenus comme celles des fournisseurs de DRM.
Sources et liens :
  • [1] Le rapport World Digital Rights Management Markets, publié en mai 2006 en anglais, n'est pas disponible gratuitement en ligne (6 000 $) : on peut en consulter une présentation générale et la table des matière sur le site MarketResearch.com, http://www.marketresearch.com, après s'être enregistré.

Sony adopte le format d'Apple

Le format audio d'Apple (le AAC) sur des appareils Sony !

Il y a des formats, au sens informatique comme au sens figuré, qui semblent incompatibles car opposés : Windows sur une machine Apple, un assistant numérique de marque Palm avec Windows Mobile [1], Intel sur Apple, une souris Apple avec plus qu'un seul bouton [2]. Et pourtant tout cela est arrivé.

Voici une nouvelle qui va dans le même sens : Sony met de l'Apple dans ses baladeurs numériques (écrit dans un format court et donc simplificateur) [3]. Plus exactement, certains des appareils Sony savent utiliser le format audio d'Apple, le AAC. Cependant il s'agit du format AAC sans les protections (les DRM) que le fichier possède en étant acheté depuis le site iTunes Music Store d'Apple.

En quoi est-ce tant à souligner ? Car dans la guerre des formats que se livrent les industriels de la musique, Sony se bat avec son format, l'ATRAC (et ses baladeurs), contre l'AAC d'Apple (et ses iPod) et contre le WMA de Microsoft. En octobre 2004, Sony avait déjà adopté le format MP3 sur ses appareils qui ne savaient lire au départ que l'ATRAC. La gamme des formats augmente donc, y compris ceux de la concurrence.

Bien sûr, il n'est pas question d'interopérabilité basée sur des formats ouverts (comme le Ogg Vorbis). Tout au plus s'agit-il de compatibilité.

Sources et liens :

Les archives, le numérique et les formats

Les archives à l'ère du numérique

L'archivage et les formats sont deux sujets presque indissociables. Dans le monde numérique toujours plus présent, on les rencontre systématiquement, à propos des formats des supports, des formats ouverts des données ou de la gestion des archives numériques.

L'importance des archives est capitale : elles concernent le patrimoine, la mémoire, l'histoire... Il s'agit donc de conserver des documents numériques (textes, images, sons, video,...) pour lesquels les dangers des formats (plus la bonne version du logiciel utilisé, plus de logiciel de lecture,...) sont bien pris en compte (voire résolus).

Ce sujet de l'archivage électronique est une préocupation à un haut niveau national, notamment au sein de la Direction des Archives de France (DAF) du Ministère de la culture et de la communication :

  • Le futur Centre des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine aura un volet électronique : parmi les principaux objectifs du projet, il s'agit de « prendre la mesure de l'administration électronique et l'adapter aux impératifs futurs du service public des archives sur le plan de la pérennité, de la sécurité et de l'accès aux données archivées au format électronique » [1];
  • Force est de constater que « L'archivage électronique prend une place prépondérante, à la mesure de la révolution numérique qui est à l’œuvre dans le domaine de la production de l'information par les services de l'État. » [2]
  • Le Ministre de la culture a annoncé le 16 février dernier : « En 2006, sera développé le pilote de la plate-forme d'archivage électronique. Opérationnel en 2007, ce système préfigure le système de grande ampleur dont le centre de Pierrefitte-sur-Seine sera doté pour son ouverture. » [3]

Les standards ouverts sont la meilleure solution pour l'interopérabilité, mais aussi ici pour la pérennité des informations, et donc pour la mémoire et le patrimoine numériques.

Autres articles sur les archives et les formats :
Sources et liens :

Le développement durable, le commerce équitable, le bio et les standards ouverts

Trois sujets qui ont le vent en poupe, mais...

Le développement durable est un sujet important, avec même un ministère [1]. C'est aussi à la mode : le sujet est porteur, comme disent certains (dans un format marketing).

Le commerce équitable bénéficie de plus en plus de reconnaissance du grand public, et le monde économique semble aussi s'y lancer avec une quinzaine dédiée [2] et des gammes de produits issus de cette filière.

Le bio, manger bio, produire bio, voilà qui est aussi dans l'air du temps, avec une dénomination dont les industriels s'emparent fortement en la plaçant en avant.

Mais voilà :

  • que signifie exactement faire du développement durable, comment le chiffrer, dans quelle proportion ?
  • le commerce équitable peut être victime de dérives, avec des situations qui n'en sont pas [3] ;
  • le bio n'est pas qu'une appelation, mais doit correspondre à des critères précis, sous peine de se détourner de l'objectif [4].
Mais quel est le rapport avec le numérique et les standards ouverts ?

C'est la définition ! En effet, il s'agit dans chaque cas de s'appuyer sur une définition la plus précise possible pour savoir ce dont il s'agit.

Pour ce qui est des formats ouverts, des protocoles ouverts ou des standards ouverts, il y a une définition, donnée dans la loi française. Avec ce point de repère, il est au moins possible d'évaluer ce qui est qualifié d'ouvert. Car tout le monde se réclame des « standards ouverts »... mais chacun avec sa vision des choses.

Sources et liens :

Notules du 9 mai 2006

Dossier Médical Personnalisé (DMP) : et les formats ?

Si la bibliothèque numérique européenne est un gros dossier, il ne concerne pas autant de monde que le DMP, c'est-à-dire a priori chaque citoyen. Et là encore, pour les logiciels et pour les données, la question ELFFOO se pose : « Et Les Formats ? Fermés Ou Ouverts? »

Certains chanteurs ou groupes ne connaissent pas le format numérique en ligne

Quel est le point commun entre Serge Gainsbourg, les Beatles ou Claude François ? L'anniversaire de disparition ? Non, mais l'absence de format numérique en ligne pour la vente. En effet, impossible d'acheter sur un site Web de musique des chansons ou des album de ces artistes. Il reste le format numérique du CD audio ou le format des disques vinyl (avec son format analogique). Ils sont au moins parfaitement interopérables (à condition d'être de vrais CD audio).

La domotique : qu'avec Windows XP ?

La maison numérique et la domotique : contrôler à distance ses appareils électriques via ordinateur. Le logiciel Ex-Domus de la société Digital Concept Home (DHC) permet ainsi de piloter les appareils qui seront reliés à un boitier spécial lui-même relié à la prise électrique (pour transférer les informations via les câbles électriques). Le logiciel fonctionne avec les ordinateurs équipés de Windows XP Media Center, ou la XBox 360. Cependant, rien n'interdit d'avoir une version pour d'autres systèmes d'exploitations : la norme X10 (sur les courants porteur) qui est à la base de ce fonctionnement, n'est pas réservée à un système.

DRM pour contrôler l'usage des documents

La liste des utilisations de DRM est longue, et elle s'allonge : outre les DRM dans les documents bureautiques, voici un exemple d'utilisation dans tous documents stockés sur un serveur dans la solution de la société EMC. Les accès et les utilisations sont suivies et enregistrées. La question qui vient à l'esprit concerne entre autres l'archivage de telles données contrôlées par des tiers, que ce soit pour les entreprises comme pour les administrations (qui produisent des documents publics : certains pays, comme la Nouvelle Zélande, refusent ces situations).

De la video avec des formats ouverts, cela existe, je l'ai rencontrée !

De la video en ligne avec des formats ouverts

Une conférence sur les formats ouverts, n'utilisant que des formats ouverts.

C'est ce qui s'est produit à Nice Sophia Antipolis le 6 mai. En effet, outre le format « en direct, de visu » et la présentation au format PDF pour la version écrite, il y avait aussi 2 autres possibilités : l'audio et la video.

En effet, toutes les conférences de la journée dans l'amphithéâtre étaient retransmises en direct :

  • au format ouvert Ogg/Vorbis pour l'audio ;
  • et au format video Ogg/Theora pour la video !

La video dans un format ouvert, en situation réelle de production et de diffusion, cela est possible avec le Ogg/Theora [1]. De plus, ces retransmissions ont aussi été enregistrées et sont disponibles [2] : il y a même une version « video avec les transparents projetés », réalisée grâce au logiciel libre de capture de transparents grabslides [3].

Finalement, la chaîne d'acquisition, le codage et la diffusion étaient réalisés à 100% avec des logiciels, des formats et des protocoles ouverts. Un grand bravo à l'équipe technique [4] et aux organisateurs [5] (et merci aux 15 personnes ayant suivi ma conférence en Ogg/Theora et les 3 en Ogg/Vorbis).

Sources et liens :
  • [4] L'équipe technique du département NTIC de la Faculté de Médecine de l'Université de Nice-Sophia Antipolis :
    • Réalisation : Régis Desneulin
    • Diffusion : Jérôme Alet
  • [5] Les organisateurs :
    • Véronique Fritière (Présidente de Linux-Azur)
    • Roger Marlin (École Polytechnique de l'Université de Nice)
    • René Mages (FFII France et Linux-Azur)
    • et les membres de Linux Azur