Pour les formats ouverts !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1540 articles en ligne, dont 4 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1500e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :

  • 1er mai : Adobe annonce l'ouverture de certains éléments de sa technologie Flash dans le cadre du projet Open Screen

2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Et de quatre : la Californie va utiliser des standards ouverts

4 États américains exigent des standards ouverts

Début février 2007, c'était le Texas et le Minnesota, précédés par l'exemple du Massachussets en 2005.

En ce 28e et dernier jour du mois, c'est au tour de la Californie d'annoncer sa volonté d'utiliser des standards ouverts à partir du 1er janvier 2008 :

tous documents, mais sans être limités à ceux-là, de type textes, tableaux de tableur et présentations, produits par n'importe quelle agence gouvernementale devra être créé, échangé et conservé dans un format ouvert de type XML, comme indiqué par le service [en charge du domaine].

En ce qui concerne la manière d'appliquer cette section, le service, dans son évaluation du format ouvert de fichier de type XML, devra prendre en compte toutes les caractéristiques suivantes :

(1) Interopérable parmi plusieurs platerformes et applications internes et externes ;

(2) Complètement publié et disponible sans royaltie ;

(3) Implémenté par plusieurs fournisseurs ;

(4) Contrôlé par une organisation ouverte d'industriels avec un processus interne clairement défini pour faire évoluer le standard.

C'est encore une fois l'excellent site Standards Blog [2] de Andy Updegrove qui a annoncé et développé l'information dans un article [2]. Outre l'interopérabilité, la pérennité et l'archivage des documents de l'État de Californie seront ainsi également renforcés.

Et pendant ce temps-là... en France... il n'y a plus de nouvelle du RGI (Référentiel Général d'Interopérabilité), qui devait lui aussi reposer sur des standards ouverts, confirmant les prévisions négatives de 2007. Selon Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora, lors d'un chat du 22 février [3], le document « est traité chez le Ministre de la Réforme de l'État », qui avait déclaré le 18 janvier à Bertrand Lemaire que « C'est en cours. » [4].

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Une phrase qui peut bien résumer le problème des formats

Matériel-logiciel-données : quand ils sont inséparables

Du 8 au 12 janvier 2007 à San Francisco se tenait le salon Macworld [1], avec en ouverture Steve Jobs pour sa présentation (la keynote, dont on connait le format, au point d'en avoir des parodies). Ce fut l'occasion habituelle d'annoncer et de présenter les nouveaux produits, logiciels et services d'Apple. Pendant plus d'une heure le nouveau téléphone-baladeur-terminal Internet d'Apple, l'iPhone [2], fut aussi présenté, avec des précisions techniques à son sujet :

Au cours de cette longue présentation de l'iPhone, une des pages projetées à l'écran (et réalisée avec le logiciel Keynote, comme Al Gore) indiquait ceci :

Interplay of hardware & software - « People who are really serious about software should make their own hardware » (Alan Kay)

Alan Kay [3] est un éminent informaticien et chercheur, qui a travaillé entre autres chez Apple dans les années 80. On peut traduire ce texte par :

Travail conjoint du matériel & des logiciels - « Les gens vraiment sérieux à propos de logiciels devraient faire leur propre matériel. »

En d'autres termes : il y a imbrication du matériel et des logiciels qui l'exploitent ; si un éditeur de logiciels veut travailler sérieusement, il doit aussi faire son propre matériel pour avoir un contrôle total.

C'est une excellente synthèse de certaines situations et de l'aspiration de tout industriel, avec une conséquence logique mais oublié : les informations seront traitées au mieux par les logiciels de ce matériel. On a donc un trio indissociable, matériel-logiciels-données : le format de chacun est le maillon qui les lie.

L'iPod [4] est une illustration parfaite de cette approche : le baladeur avec ses logiciels propres (que sur iPod) et sa musique propre (au format AAC pour logiciels Apple, iPod ou iTunes). Mais cela n'est pas le seul fait d'Apple : toujours en musique numérique, les baladeurs Sony ou ceux basés sur le format de Microsoft font de même.

Le duo logiciel-données est une version réduite du trio ci-dessus, mais encore plus répandu : les données ne sont utilisables qu'avec un seul logiciel, et le format fermé en est la cause. L'interopérabilité n'est bien sûr pas de mise, alors que les standards ouverts garantissent bien plus l'indépendance et la pérennité (et aussi l'archivage).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Al Gore, le climat et les formats

De la pérennité de la présentation de Al Gore sur le climat

L'ancien vice-président Al Gore [1] est à l'honneur : il a été reçu le 10 octobre 2006 à l'Assemblée Nationale [2], son film Une vérité qui dérange (An inconvenient truth, titre original) [3], présenté au Festival de Cannes 2006, est sorti en France le 11 octobre et a remporté le 25 février deux Oscar 2007 (sur ses 2 nominations) : la meilleure chanson et surtout le meilleur film documentaire [4].

Le film montre Al Gore dans sa tournée de conférences à propos du changement et du réchauffement climatiques. On le voit avant et après les conférences, mais aussi pendant : ce sont alors les pages de sa présentation avec ordinateur qui sont filmées.

Al Gore utilise un ordinateur portable Apple, plusieurs fois visibles dans le film, pour présenter sa conférence comme pour les préparer. (C'est assez logique, étant uilisateur revendiqué et membre du conseil d'administration d'Apple [5]). Le logiciel de présentations utilisé est Keynote d'Apple [6], qui ne fonctionne qu'avec le système d'exploitation d'Apple, Mac OS X. Mais le plus important n'est pas forcément les logiciels (Apple ou pas).

Ainsi, lors des conférences, les présentations informatiques (avec par exemple les différents effets ou les transisitions) sont au format du logiciel Keynote.

La question suivante se pose donc : quelle est la pérennité des présentations informatiques de Al Gore ? Le format de leurs fichiers étant propre à un seul logiciel, propre à un seul système d'exploitation, dans des versions particulières, rien ne garantit de pouvoir les utiliser d'ici quelques années (voire moins).

Certes, la pérennité de la planète en danger est bien plus importante que la pérennité des fichiers numériques qui ont servi à informer et alerter. Mais les archives de cette présentation mériteraient tout de même un format ouvert, rien que pour les consulter en constatant avoir évité le pire en partie grâce à eux.

(Pour le DVD du film, sera-t-il au format DVD Video, HD-DVD ou Blu-ray ?... Et dans un format court et en anglais : Mr Vice President, please consider using open standards for your presentations about global warming as a very important point in order to guarantee future access to your work: your archives do not deserve to be locked in one software's closed format, but require interoperability.)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Voici « l'informatique immortelle »...

Un projet assez futuriste, avec l'éternelle question ELF : Et Les Formats ?

Voici tout d'abord la petite histoire de cette histoire :

  • le 25 janvier, sur le site de 01Informatique, je découvre un article qui traite de l'information [1] ; je la mets immédiatement dans mon fichier de notules et fais quelques recherches :
    • le 22 janvier un long article est paru sur le site du journal Seattle Post Intelligencer, et semble être le point de départ [2] ;
    • le même jour, le site Slashdot reprend l'information avec un lien complémentaire [3] ;
  • le 1er février cela est publié brièvement en notules sur Formats-Ouverts.org et mentionné lors de la conférence de l'après-midi ;
  • le 22 février Jérôme Colombain traite du sujet dans sa chronique sur France Info [4] : je me dis qu'il faut publier ! Voici donc :
« Immortal Computing », tel est son nom

Les brevets sont bavards : c'est de là que l'information est partie. Microsoft a déposé en 2005 par l'intermédiaire d'un de ses chercheurs, Andrew Wilson [5], des brevets concernant « Immortal information storage and access platform », soit « une plateforme de stockage et de consultation immortelles d'informations » [6]. Le brevet a été rendu public début 2007.

Ce projet vise donc à conserver la mémoire numérique que nous constituons (photos, video, textes, sons,...) avec la possibilité de la restituer aux bonnes personnes, c'est-à-dire celles autorisées à les consulter (comme des membres de sa famille, avec authentification biométrique ou ADN), y compris sur la sépulture de l'auteur décédé.

Plus ambitieux encore, l'idée serait d'arriver à se passer le plus possible de support physique et d'avoir aussi des informations « auto-explicatives » pour les consulter malgré l'évolution des technologies.

Ce projet fait penser à The Handle System, avec le principe de digital object identifier (DOI) [7], un projet issu des travaux de Bob Kahn [8], un des pères d'Internet. Plus récemment, début novembre 2006, la société Yahoo! a fait parler de son projet Yahoo! Time Capsule qui sera ouverte en 2020 avec des témoignages de 2006 (cette capusle n'a rien à voir avec celle de café...)

ELF : Et Les Formats ?

La question des formats vient immédiatement à l'esprit (du moins sur Formats-Ouverts.org !) et se pose à 2 niveaux :

  • le format des supports : même si on veut les supprimer au maximum, le point demeure. Papier, parchemin, pierre, verre, bois voire argile : ces supports non-électroniques ont montré au cours de l'histoire qu'ils conservent l'information à très long terme par rapport aux quelques années pour le numérique ;
  • le format des données (ou celui de leurs fichiers) : quel logiciel saura lire les informations ? le format sera-t-il ouvert ? Même avec un système « auto-explicatif », comme celui utilisé pour la sonde Voyager (le « Golden record ») [9] où on explique dans un langage symbolique comment consulter les données enregistrées, cela ne garantit pas la bonne utilisation de ces données.

Que ce soit pour soi, pour un pays comme pour l'humanité, le sujet de la mémoire, du patrimoine et de l'archivage est central, et celui des formats aussi à l'ère du numérique.

(Pour l'instant le site Microsoft Research [10] n'a fait que mentionner dans son fil RSS [11] l'article du Seattle Post Intelligencer. Mais aucune page n'y est consacrée, ni sur le site de Microsoft. En revanche, le projet de Trustworthy Computing (L'informatique de confiance) [12] est lui bien présent... mais sans doute bien plus concret et plus intéressant, même si une convergence des deux serait possible.)

Sources et liens :

(Cet article a été frappé par le syndrome de la référensite avec des liens très (voire trop ?) nombreux... en espérant qu'ils servent.)

Et sur Formats-Ouverts.org :

Le MP3, un format ouvert ? Et bien, non !

Une condamnation de Microsoft à propos de brevets sur le format MP3

Changeons un peu de formulation, de ton et de longueur à propos de cette information largement reprise : Microsoft a été condamné à verser 1,5 milliard de dollars à Alcatel-Lucent pour violation de brevets sur le format audio MP3 [1].

En d'autres termes : le format MP3 a des brevets, le MP3 n'est pas un format ouvert.

Au contraire, le format audio Ogg Vorbis est un format ouvert, donc dépourvu de brevet, et certains industriels l'utilisent déjà.

Quant au format video, les QuickTime, Windows Media Video et autres Real connaissent la même situation. Alors que le format video Ogg Theora est un format ouvert. Et l'université de Nice Sophia Antipolis l'utilise quotidiennement en production.

Alors : « Mesdames et Messieurs les Responsables marketing, juridiques, techniques ou de sociétés, pensez aux formats ouverts, aux vrais, et utilisez-les ! » (Pour élaborer une note de situation, le contenu de Formats-Ouverts.org est disponible... et Internet qui repose sur des formats (et des protocoles) ouverts est un bel exemple de réussite à donner, n'est-ce pas ?).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Match entre contenu et contenant : un exemple original...

Video à la demande et Vodeo.tv : les technologies Microsoft contre les technologies ouvertes

Voici un bel exemple de contenu (de la video à la demande) et de contenant (un site Web) que l'on peut prendre de manière humoristique dans un premier temps... mais qui est très révélatrice.

La campagne de publicité pour Windows Vista bat son plein : depuis le feu d'articifice de lancement le 30 janvier, des pages entières sont par exemple publiées dans la presse (mais il ne s'agit pas d'inciter à choisir Vista, car le choix n'existe pas). La semaine dernière, Télérama proposait 2 pages à propos de Vista, l'une avec Bouygues Telecom et l'autre avec Canon [1].

Vista soutient le site Vodeo.tv, mais il n'y a rien de Microsoft !

Cette semaine, le numéro de Télérama [2] propose une seule page de publicité, toujours avec le terme « Waouh », intitulée « Waouh à la demande ! Windows Vista et VODEO.TV »

Passons sur le format anglo-saxon des guillemets (") utilisés dans la revue papier alors que le site Web de Microsoft France [3] utilise les guillemets français («»), et considérons le site Vodeo.tv [4] :

  • ses pages Web sont établies avec la technologie PHP (format ouvert) ;
  • son serveur Web utilise le logiciel libre Apache (format ouvert) ;
  • le système d'exploitation du site est le logiciel libre Debian GNU Linux [5] (format ouvert) ;
  • bref, que des technologies ou logiciels ouverts, une merveille, pourrait-on dire.

Dans ce match à propos du contenant, on a donc : Technologies, logiciels et formats ouverts : 1 - Microsoft : 0.

Vista soutient les contenus du site Vodeo.tv, et tout y est Microsoft !

Qu'en est-il des contenus proposés par Vodeo.tv, c'est-à-dire des « reportages, documentaires, interviews et émissions TV » du site ? Comment consulter cette video à la demande ? Voilà ce qu'on peut lire [6] :

La vidéo à la demande n’est pour l’instant pas compatible avec les plates-formes Macintosh et Linux, indépendamment de notre volonté. La technologie de protection des fichiers vidéos, liée à la DRM Windows, n'étant pas encore compatible sur ces plates-formes. Plus d’infos. Les utilisateurs de Macintosh ou Linux peuvent cependant commander nos programmes au format DVD gravés sur demande.

Donc, sans une machine Windows, voire une machine avec Windows Vista, ici point de video à la demande, pas de consultation en ligne et pas d'interopérabilité.

Dans ce match des contenus, on a donc : Technologies, logiciels et formats ouverts : 0 - Microsoft : 1.

Alors, quel résultat final ?

Y a-t-il match nul 1 - 1 ? Oui et non car tout dépend comment on considère les choses :

  • si les contenus ne sont pas plus pris en compte que cela, on peut dire match nul ;
  • en revanche si les contenus sont bien les plus importants, alors Microsoft l'emporte via ses technologies et possède un pouvoir technique de contrôle des données qui lui permet de s'imposer sur les ordinateurs via les contenus qu'il sait seul exploiter.

On risque d'avoir : Vodeo.tv dit c'est pas moi, c'est Microsoft. Microsoft dit c'est pas moi, c'est les majors. Les majors disent ce n'est pas nous, c'est pour aider les consommateurs et pour faire vivre l'industrie. Mais les contenus sont bien le cœur du problème, avec leur format.

Sources et liens :
  • [1] Télérama n°2979 : page 11 Vista et Bouygues Telecom Entreprises, page 13 Vista et Canon
  • [2] Télérama n°2980 : page 15 Vista et Vodeo.tv. et aussi dans le Télérama n°2981 : page 4 (donc en dos de couverture)
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le 22 février, date importante pour la bureautique (et les formats)

Le 22/2 : 2 sociétés, 2 auteurs, 2 lieux

Le 22 février (un jeudi), qui s'écrit presque pareillement au format français (22/2), ou anglo-saxon (2/22), est sans doute une date à retenir, même si elle ne concerne pas vraiment l'Histoire, mais va sans doute compter dans l'histoire du numérique. La pièce se passe en 2007 en 2 fois 2 temps et en 2 lieux.

Acte I : Microsoft Open Letter

Scène 1 : monde, 14 février - Microsoft publie sa longue lettre ouverte Interoperability, Choice and Open XML [1], où la société accuse IBM de mener une campagne globale contre le format Office Open XML.

Scène 2 : France, 22 février - Un très long document à lire, intitulé Open XML ou comment faire d'une bonne spécification un mauvais standard, signé Jean-Marie Gouarné, est publié [2]. Il développe son propos en 5 grandes parties et passe en revue de manière très détaillée le texte de la lettre ouverte de Microsoft. Il y est question du ton employé, du RGI retardé, des coulisses, d'interopérabilité, de l'ECMA, de l'ISO, de substituabilité et de bien d'autres points techniques ou stratégiques. Avec ces 2 dernières phrases de conclusion :

Quelles que soient les arrière-pensées d'IBM, les propos publiés par Jean Paoli et Tom Robertson sont outranciers et ne parviennent pas à masquer une autre vérité : tel qu'il est mené actuellement, le "projet" Open XML est un brûlot lancé contre les efforts de standardisation en cours, et une tentative pour imposer au marché des normes redondantes dont il n'a pas besoin. Si les chiens de garde de la normalisation se laissaient endormir, nous verrions l'excellent dossier technique qu'est Open XML devenir une arme de déstandardisation massive.

Acte II : Google Apps

Scène 1 : monde, 22 février - Google annonce la disponibilité de Google Apps Premier Edition en anglais, dénommé Google Apps Edition Premium en français [3], un ensemble de services en ligne pour les organisations, petites, moyennes ou grandes, du secteur privé comme public. Il s'agit des services :

  • Gmail pour les courriels ;
  • Google Talk pour la messagerie instantanée et les appels téléphonqiues ;
  • Google Agenda pour gérer plannings, réunions et agendas ;
  • Google Page Creator pour créer des pages Web ;
  • Google Document et Tableur, pour le traitement de texte et le tableur.

Une partie de l'offre est gratuite, mais sans certaines fonctionnalités proposées dans la version payante. Et les analyses et les commentaires décrivent cette nouvelle offre de Google comme une attaque contre Microsoft au moment de la sortie de Windows Vista et de Microsoft Office 2007 : travail en ligne via un navigateur contre travail en local via des logiciels dédiés.

Scène 2 : France, 22 février - Un long article à lire, Google : l’offre Bureautique 2.0 "haut de gamme" est disponible ! [4], signé Louis Naugès, développe l'information de Google Apps sous l'angle du Web 2.0 et ici de la « Bureautique 2.0 » et analyse la situation. (Il faut souligner que les articles de Louis Naugès sont toujours abondamment et habilement illustrés, ce n'est pas du format texte comme ce que vous lisez ici !). Son avis général :

C’est un événement majeur et un signal fort : les solutions “Bureautique 2.0” professionnelles sont maintenant une alternative crédible aux approches Bureautique 1.0 (Office, Exchange, Notes ...), utilisées aujourd’hui par plus de 90 % des salariés des entreprises de toute taille, de tout secteur.

ELF : Et Les Formats ? FOO : Fermés Ou Ouverts ?

C'est la question à se poser : ce qui sera produit avec ces outils sera-t-il dépendant uniquement de ces outils, format ouvert ou pas ?

  • S'il est possible d'implémenter Open XML comme un format ouvert, d'autres logiciels que Microsoft Office pourront le proposer ;
  • Google propose les formats .doc, .xls, HTML, ODT, ODS, RTF, CSV [5], pour les textes et les tableaux : bientôt aussi donc le format ouvert ODF ?, d'autant plus qu'il fait partie de l'ODF Alliance depuis juillet 2006.

Ce qui compte avant tout, ce sont les données. La guerre des formats continue, la quête de l'interopérabilité fait rage (et aussi celle de l'archivage, de l'indépendance, de la concurrence et de l'innovation).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Avoir le bon format et la règle des 3 éléments

Pour adopter le bon format, les 3 éléments sont

Voici comme annoncé en notules et aussi à 2 mois de la veille du rendez-vous d'avril. Voici une histoire de formats non-électroniques mais véridiques.

Comment bien répondre à une question ou expliquer une idée ? Comment réussir à contacter et toucher des interlocuteurs ? Les hommes politiques, les publicitaires ou les responsables de communication (et marketing) se posent ces questions de manière systématique et professionnelle, et tentent d'y répondre.

Il faut « avoir le bon format » en fonction de son interlocuteur, avec donc une mise en forme et un fond qui seront compréhensibles et qui toucheront. La technique de la segmentation est une possibilité : les interlocuteurs sont regroupés par ensembles homogènes aux caractéristiques identiques qui ont été établies.

Puis vient le moment de rassembler ce qui a été établi, avec la règle des 3 éléments :

  • les éléments de contexte : les informations qui décrivent l'environnement, la situation générale et particulière ;
  • avec les éléments de vocabulaire : les termes appropriés et pertinents ;
  • puis les éléments de réponse : les points qui seront développés dans la version complète, intégrant les 2 types d'éléments précédents.

Ainsi apparaît « la note » (de synthèse, d'alerte, d'information, de présentation, d'ambiance,...) avec son format d'écriture et ceux des 3 éléments ci-dessus. Cela représente un réel travail que d'appliquer ces formats de rédaction et de présentation pour établir ces documents (nombreux sont ceux et celles qui en produisent, encore plus en ce moment, conseillers ou pas).

Et bien sûr, ces formats particuliers d'écriture et de documents sont ouverts. On peut aussi appeler cela « exercice de style sur le modèle de... », et la liste des possibilités est longue. En essayant d'éviter le formatage, et sans voir pour autant des formats partout.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

C'est la guerre des formats, dit presque Microsoft

OOXML (Office Open XML) contre ODF (OpenDocument Format), Microsoft contre IBM

Une guerre des formats se déroule en ce moment en bureautique, notamment entre IBM et Microsoft : ce dernier le déclare même dans une « lettre ouverte ». Avant les commentaires et les questions à propos de cette information, voyons tout d'abord la fiche des faits :

  • le mercredi 14 février 2007 (pour la Saint Valentin ? ou pour « le jour pi -1  » ?) ;
  • Microsoft a publié « une lettre ouverte » (An open letter) [1] ;
  • elle est intitulée « « Interopérabilité, Choix et Open XML » (Interoperability, Choice and Open XML) ;
  • elle est disponible sur le site Microsoft Interoperability [2] ;
  • elle est signée par 2 hauts responsables de Microsoft : Tom Robertson, GM Interoperability & Standards et Jean Paoli, GM Interoperability & XML Architecture.
Les propos de la lettre ouverte

Cette lettre ouverte comporte 16 paragraphes répartis en 5 parties identifiées par des intertitres. Pour ce qui est des termes employés dans le texte (hors titre, sous-titres et signatures), on trouve :

  • interoperabilié : 13 fois ; interopérable : 2 fois ;
  • Open XML : 30 fois ;
  • ODF : 10 fois ;
  • standards ouverts : 2 fois.

Ce document a déjà donné lieu à de nombreux articles [3] qui ont repris cette information et qui l'ont commentée. Le point essentiel qui ressort concerne les attaques de Microsoft contre IBM : cité à huit reprises, 2 fois au début (pour son votre contre Open XML à l'ECMA) et surtout à la fin (avec 6 occurences), IBM est associé au terme « campagne » (contre Open XML). Or « campagne » est aussi un terme militaire en temps de guerre.

Des responsables de Microsoft ont d'ailleurs clairement commenté et précisé les choses dans certains des articles parus à propos de cette lettre ouverte :

Cette lettre vise notamment à faire la lumière sur ce qui s'est passé pendant le premier mois du processus accéléré, en termes de bataille politique, de blocage et de lobbying, indique Marc Gardette, responsable Stratégie chez Microsoft. Et au passage, de donner un coup de projecteur sur l'attitude et l'hypocrisie d'IBM à l'encontre de ses clients et enfin, d'éclairer le débat sur les motivations de chacun. Il s'agit également de faire réfléchir les partenaires. [3]

Les remarques et les questions

En résumé, il y a donc un affrontement, une guerre, entre IBM et Microsoft, avec IBM accusé d'agir contre le format Office Open XML de Microsoft, et au profit du format ODF.

Et alors ? Nihil novi sub sole, il n'y a rien de neuf sous le soleil :

  • En 2006, c'est Microsoft qui était presque accusé par Sun de vouloir ralentir les travaux de l'ISO à propos d'ODF : Jim Thatcher, un représentant de Microsoft, avait en effet intégré le comité de l'ISO chargé de normaliser le format OpenDocument, concurrent d'Open XML [4].
  • En France, les actions de Microsoft en faveur de Open XML (donc contre ses concurrents) sont nombreuses et logiques : séminaires, courriers d'information (mairies, préfectures, départements, clients [5]), communications vers la presse, contacts divers... Tous les relais et les réseaux sont naturellement mis en œuvre pour diffuser l'information à propos de ses produits et de son approche. Le contraire serait anormal et serait même une faute professionnelle.
  • Même les structures nationales de normalisation citées dans la lettre ouverte sont des lieux d'affrontement des 2 entreprises : en France il s'agit de l'AFNOR où le comité en charge de déterminer la position française sur Open XML comporte entre autres un (ou des ?) représentants de HP... de IBM... et de Microsoft (avec peut-être pour ce dernier Bernard Ourghanlian ? Cela serait logique au vu de ses titres de CSO, CTO, voire NTO de Microsoft France). Mais la question des membres de ce comité AFNOR demeure, pour Microsoft comme pour les autres.

Finalement, voilà un épisode de plus : il s'agit bien d'une guerre de l'information et de la communication, aux yeux de tous et aussi dans les coulisses, à propos de la guerre des formats, ouverts contre fermés, avec notamment l'interopérabilité et l'archivage comme enjeux.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Standards ouverts, interopérabilité : les candidats sont interpellés

2 initiatives en vue des prochaines élections présidentielles

Les sujets de l'interopérabilité, des formats et des standards ouverts sont capitaux dans notre monde de plus en plus numérique. Il serait donc logique, dans le domaine politique, que les candidates et candidats à l'élection présidentielle en tiennent compte et prennent position sur ces sujets (certains ont utilisé déjà par exemple des formats pour leurs vœux). Deux initiatives interpellent les candidats.

Le site Candidats.fr

Le 30 janvier 2007 à La Défense avait lieu la soirée de lancement de Windows Vista (avec feu d'artifice, mais aussi obligation et video de parodie). C'était aussi le premier des 3 jours du salon Solutions Linux (avec des stands et des conférences) et le jour du lancement du site Candidats.fr.

Le site Web Candidats.fr, une initiative de l'association APRIL [1], est « un outil mis à la disposition de la communauté française du Logiciel Libre pour faire prendre conscience aux responsables politiques du nombre d'utilisateurs français de logiciels libres et de l'importance qu'ils attachent à l'avenir du Logiciel Libre. » [2].

Les 33 questions [3] adressées aux candidats portent sur 14 thèmes, dont le sixième est l'interopérabilité, avec 5 questions. Les standards ouverts sont cités 2 fois : dans ce thème et aussi dans le douzième sur l'administration électronique.

Le site poursuivra son action vers les candidates et candidats aux élections législatives des 10 et 17 juin 2007.

La lettre de l'ADULLACT

Le 19 février, l'association ADULLACT [4] a publié une « Lettre aux candidats à l’élection présidentielle de 2007 » [5]. Après le préambule constitué d'un rappel historique et de 2 remarques, le document énonce 6 propositions.

L'interopérabilité est l'objet de la 3e proposition, tout comme les standards ouverts. Ces derniers sont aussi cités dans le préambule de rappel historique.

Pour chacune de ces deux initiatives, le fichier des 33 questions et des 6 propositions est désormais dans le camp des candidates et des candidats en vue des 22 avril et 6 mai : à suivre donc, avec les réponse éventuelles, les programmes, les promesses et en comptant sur des réalisations.

Sources et liens :
  • [1] Association APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre), http://april.org/
  • [4] Association ADULLACT (Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l'Administration et les Collectivités Territoriales), http://adullact.org/
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les œufs Windows, sans oublier aussi les autres

Une video pour commencer à expliquer

Depuis le 30 janvier, Windows Vista est là pour le grand public, qu'on le veuille ou pas. La campagne de communication lancée ne permet pas de l'ignorer : des pages de publicité dans de nombreux magazines, une soirée de lancement avec feu d'artifice ou un spot télé spécialement tourné pour l'occasion...

L'émission 7 jours au Groland de Canal Plus [1], « l'émission de la présipauté de Groland avec Jules Edouard Moustic » a proposé sa version de la sortie de Vista.

Pour la journée de « Mordi » (30 janvier 2007), le reportage [2] expliquait que Bill Gates se lançait « à la grande surprise dans le marché des œufs ». La video de moins d'une minute décrivait l'achat :

  • il faut payer pour accéder au rayon de la grande surface pour prendre sa boîte de 6...
  • puis il faut payer son achat à la caisse du magasin...
  • de retour chez soi, en tant que « processeur » d'œufs Windows Vista, il faut téléphoner au support de Microsotf et payer pour avoir le code d'ouverture de la boîte...
  • voilà, on peut maintenant cuire les œufs... mais uniquement avec une poêle compatible Windows Vista et avec le beure Windows Vista, à acheter...

En images, cette description est sans doute plus efficace que sous forme de texte... (c'est une question de format de présentation...).

Quelque chose à ajouter ? Oui, trois !

L'idée est originale et permet de faire toucher du doigt de manière amusante le problème des formats ouverts ou fermés, de l'absence de compatibilité voire de l'interopérabilité : un acte banal de la vie courante (et non-numérique) qui devient verrouillé.

Ou peut apporter 3 compléments au reportage :

  • les DVD, la VOD, la musique, la messagerie instantanée, le traitement de texte... voilà des exemples concrets de verrouillage dans le monde du numérique : les œufs s'appellent alors films, chansons, messages numériques ou textes, sous forme de fichiers ;
  • mais cette description des œufs Windows ne concerne pas que Microsoft : les Apple, Adobe, Sony (et d'autres) vendent aussi leurs œufs, c'est-à-dire leurs fichiers avec leurs logiciels ou matériels.
  • enfin, la situation peut même devenir extrême au niveau de la loi : avoir l'interdiction d'utiliser ses œufs dans une poêle autre que celle qui est compatible et être condamnable pour tenter de le faire, d'en parler ou de proposer une poêle qui le permet... Et c'est en place !

« Conserver » ses clients est la situation rêvée par presque tous les fournisseurs : dans le monde du numérique, cela est encore plus possible, plus puissant et moins visible, grâce aux formats fermés.

Sources et liens :
  • [1] Page 7 jours au Groland, site de Canal Plus, http://www.canalplus.fr/pid38.htm
  • [2] La video est intitulée Les œufs Windows et se trouve sur de nombreux sites de video, généralement au format Flash
Et sur Formats-Ouverts.org :

La NASA se met au mètre !

La NASA adopte le mètre comme unité sur la Lune...

Pour l'instant, la nouvelle n'a guère attiré l'attention que des passionnés de l'espace et des formats.

C'est ce qu'on pourrait écrire comme commentaire concernant la décision de la NASA du 8 janvier. Et cette formulation est aussi un clin d'œil à la première phrase du texte de Jean-Noël Jeanneney le 22 janvier 2005 à propos de Google Books.

Le 8 janvier 2007, la NASA a donc annoncé qu'elle allait désormais utiliser le mètre comme unité de mesure pour toutes ses opérations à la surface de la Lune pour son retour sur notre satellite naturel : « And now the Moon will be metric too. » (et maintenant sur la Lune aussi le système métrique va être utilisé). [1] L'Irlande avait aussi adopté le mètre le 20 janvier 2005.

De l'importance capitale des unités utilisées

Comment échanger ? Comment communiquer ? Il y a 2 possibilités : en utilisant des régles identiques (mais alors sans diversité), ou alors avec des règles différentes mais parfaitement connues de chacun. L'unité de mesure pour les distances ou pour le temps font parties des règles utilisées qu'il faut savoir convertir pour passer de l'une à l'autre si elles ne sont pas identiques (mètre - pied) et ainsi faire preuve d'interopérabilité. Sinon, de gros problème peuvent survenir...

Et les unités de mesure ont des formats ouverts (on sait comment elles sont déterminées et sont utilisables par tous), que ce soit les livres, les pieds, les pouces, le mile, le mètre (distance), la seconde (temps) ou le gramme (masse). Ces 3 dernières unités sont utilisées sur la Terre entière (excepté les États-Unis, le Libéria et la Birmanie) et constitue le système métrique [2].

En plus de la Lune avec le sytème mètrique,... la Lune avec les protocoles ouverts d'Internet

Le texte de la NASA va plus loin que le format ouvert non-électronique des unités de mesure : en effet, les protocoles d'Internet sont envisagés sur la Lune,

La NASA envisage aussi d'adopter d'autres standards pour ses opérations lunaires. Par exemple, une autre idée débattue de manière informelle par les agences spatiales est d'utiliser sur la Lune pour le système de communication le même type de protocoles Internet que ce que nous utilisons tous aujourd'hui sur Terre. « De la sorte, si une petite agence spatiale ou si une compagnie privée veut s'impliquer dans ce que nous faisons sur la Lune, ils pourront déjà dire Hé, nous savons déjà utiliser les communications Internet », a déclaré Jeff Volosin [un responsable de la NASA]. « Cela abaisse la barrière d'entrée. » (gras ajouté). [1]

Et Internet sur Terre reposent sur des protocoles ouverts (Web, courriel, transfert de fichiers,...). La NASA et la Lune deviennent ainsi l'un des meilleurs exemples de l'importance et de l'utilisation des protocoles ouverts.

En résumé : Standards ouverts : objectif Lune !

Sources et liens :
  • Merci à Patrick Guignot et son article Journal : Les standards et l'interopérabilité dans l'exploration spatiale, le 10 janvier 2007, http://linuxfr.org/~patrick_g/23497.html (les commentaires nombreux et riches citent Formats-Ouverts.org et donnent aussi des informations intéressantes)
Et sur Formats-Ouverts.org :

Pour changer de forme, il faut penser au format

Avoir un fichier de départ, puis plusieurs qui en découlent

Comme les entreprises ou les administrations, les universités produisent de très nombreux documents (d'enseignement, de recherche, administratifs,...) qui sont de plus en plus dans des formats numériques, que ce soit les textes, les images, les sons, les video, les animations, les formulaires,...

L'Université Claude Bernard Lyon 1 [1] en est un exemple, notamment à propos de ses contenus pédagogiques : elle dispose d'une structure consacrée au sujet (Practice [2]) avec une plate-forme de contenus pédagogiques numériques, dénommée Spiral [3]. Christophe Batier, responsable de Practice a donné une interview [4], où il indique notamment :

Les objets pédagogiques doivent pouvoir changer de forme. Il y a un besoin de polymorphisme pédagogique. [2]

Changer de forme, c'est dans ce cas forcément faire intervenir les formats.

Un même document peut exister en plusieurs versions : c'est le cas par exemple d'un texte illustré dans sa version de départ, en version imprimée (format papier) et en version Web (format écran d'ordinateur).

Idéalement, la version de départ permet d'obtenir les autres versions souhaitées. Et l'idéal peut être réalité ! En effet le format PDF (pour l'impression), le format HTML (pour le Web) peuvent être obtenus à partir d'un fichier dans un format XML comme OpenDocument Format (ODF) ou DocBook (c'est aussi possible avec le format tex ou SGML). La particuliarité du PDF, du HTML, de l'ODF ou de DocBook est que ce sont des formats ouverts, où celui de départ (ODF dans ce cas) est ouvert et structuré.

On a donc au commencement un fichier parent dans un format ouvert puissant et il en découle des fichiers enfants dans d'autres formats.

Et il y a mieux : on peut avoir des éléments différents (texte, images, video, sons,...) qui sont utilisés pour construire des documents de types différents (textes, questionnaires, animations,...) pour des supports différents (papier, écrans, téléphones,...). Là aussi l'utilisation de formats ouverts permet d'avoir cette puissance. Qu'en est-il pour Lyon 1 et Spiral ? La longue page technique [5] cite le XML parmi beaucoup d'autres formats (certains ouverts, d'autres pas), et logiciels (libres ou pas).

Enfin pour illustrer les propos ci-dessus, le cas d'un cinéma est à mentionner, celui traité dans le livre Comprendre XSLT édité par O'Reilly [6] et déjà signalé en août 2004 avec les pages en ligne qui décrivent et expliquent techniquement et concrètement la situation.

Sources et liens :
  • [6] Page sur le livre Comprendre XSLT, de Bernd Amann et Philippe Rigaux, 528 pages, site O'Reilly France, avec le lien vers les pages des auteurs et le PDF des 42 pages, http://www.oreilly.fr/catalogue/2841771482
Et sur Formats-Ouverts.org :

6 heures à 20 Minutes !

Une après-midi de chat sur les formats et les logiciels libres...

Jeudi 15 février, un peu plus de 14h30 : arrivée dans les locaux parisiens du journal 20 Minutes France, boulevard Haussmann, avec une superbe vue sur l'Opéra depuis l'accueil, et aussi une grande salle de rédaction avec les équipes du journal papier, Web et techniques.

Jeudi 15 février, plus de 21h30 : départ des locaux parisiens...

Entre ces 2 moments, une durée de 7 heures et ce fut donc le chat sur le site de 20Minutes.fr, comme annoncé le 12 février. Le site indique que j'ai « répondu à vos questions pendant plus de six heures ! »... et c'est même presque 6h30 [1]. Voici comment et aussi quelques compléments sur les formats.

Le chat a commencé à 15 heures, comme prévu, avec 24 questions (pas chrono) : le mode de fonctionnement était d'avoir devant soi le fichier avec les questions retenues par la rédaction, affichées sur un grand écran plat (il était beau et sentait la pomme...). Le temps pour répondre aux questions était libre, ce qui a donné une dizaine de minutes en moyenne pour chacune (cela passe vite !). Et à chaque fois que la réponse était finie et enregistrée, elle était publiée sur le site... au format ouvert HTML.

Pour le site, le serveur utilise Linux et le logiciel libre Apache, avec la technologie ouvert PHP [2]. Pour les logiciels, Firefox était le navigateur en place sur la machine que j'avais, et même sur d'autres machines apparemment. Pour la durée, le record pour le chat de Tristan Nitot [3] a été battu. Pour les réponses, elles ont essayé d'être les plus complètes :

  • mais en tapant assez vite, des coquilles se sont tout de même glissées... ;
  • la formulation et le ton (le format ?) du texte sont différents de celui de Formats-Ouverts.org.

Anecdote statistique : 3 jus d'orange, 2 petites bouteilles d'eau et 1 chocolat chaud ont été bus lors des presque 6h30 (de petites baisses de concentration ont parfois émaillées l'après-midi). Et les gobelets utilisés n'étaient pas prévus que pour une boisson et acceptaient tout liquide : interopérabilité.

Autre anecdote : je me trouvais dans l'espace de la rédaction du journal en ligne et j'ai entendu parlé de « l'affaire Duhamel » (partie d'un blog de 20Minutes.fr, [4]) toute l'après-midi... sans comprendre de quoi il s'agissait avant de poser la question vers 19h à ma première pause.

Enfin pour les réponses sur les formats lors du chat, le terme d'archivage n'a pas été cité (mais archives) et il n'est pas précisé que l'interopérabilité (mentionnée plusieurs fois) sera d'autant plus possible qu'il y a utilisation de standards ouverts. Et le prisonnier d'une capsule n'a pas été mentionné...

Dernier point, le format ouvert des liens hypertextes a été oublié dans le mot de fin à la 24e question : or c'est un point important que de pouvoir faire un lien vers une page Web, sans imbrication mais sans demande d'autorisation.

Merci à l'équipe de 20 Minutes et bonne lecture et utilisation du chat.

(Et pour les pressés voilà 24 sujets qui ont été évoqués : l'éducation nationale, le B2i, l'AFNOR, ODF et OXML, Microsoft, le RGI et le CCI, les brevets logiciels, l'Assemblée nationale, VB, Firefox, OpenOffice.org, le piratage, Vista, les écrans HDCP, le HDMI, les DRM, la vente liée, les consoles, les formats, les emplois en informatique, Apple, les DVD, DeCSS, les HD-DVD et les Blu-ray.)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

En ce 14 février, Airbus, le nombre pi et les formats

Le format des dates est capital et révèle des choses...

Nous sommes le mercredi 14 février 2007. Et en écrivant ces mots, j'ai appliqué un format (sans voir des formats partout) : en effet, la date ci-dessus est donnée sous la forme du nom du jour, du numéro (en chiffres, le quantième), du nom du mois et de l'année (avec 4 chiffres). Mais il y a d'autres formats de date, comme 14/02/2007.

Cela peut sembler anodin, mais les dates sont capitales pour les données, et le format de ces dates encore plus : en effet, quand des logiciels et des machines échangent des dates, il faut que ce soit en se comprenant, donc :

  • en utilisant le même format de date, ouvert de préférence ;
  • ou en connaissant exactement le format utilisé par chacun pour passer correctement de l'un à l'autre. Cela a déjà été développé pour le 5 mai 2005 et le 6 juin 2006.

Parfois aussi, suivant les formats d'écriture, les dates peuvent renvoyer plus ou moins explicitement à d'autres éléments...

Pour commencer, il y a une semaine, Airbus...

Il y a une semaine se déroulait un vol de démonstration de l'Airbus A380 [1], avec presque 200 journalistes à bord, qui relatèrent ce vol de presse. C'était donc le mercredi 7 février 2007... ou encore le 07/02/2007... mais aussi le 07 02 07 ou alors en épurant plus, le 7 2 7... le 727... Or dans le domaine de l'aviation, le 727, c'est le Boeing 727 ! [2] Donc Boeing, le concurrent d'Airbus, était bien présent à la démonstration : clin d'œil volontaire ou pas, impossible à dire...

Pour continuer, en ce jour du 14 février...

En ce 14 février 2007, les « formats du jour » sont à prendre du côté de la Saint Valentin, de Piaf ou de T4XI... avec la forme du 4 qui fait penser au A, avec les chansons de la Môme en version (format ?) originale ou pas, avec les choses à faire au bon format de Valentin(e). Nous sommes donc le 14/02, ou 14/2 en simplifiant.

Pour finir, dans un mois, le 14 mars...

Dans un mois, ce sera donc le 14/3, dans un format français. Or dans le monde anglo-saxon, ce sera l'inverse, le 3/14 (mois/jour), ou le 3 14 avec une espace pour séparer (espace est dans ce cas du féminin). Or rien n'interdit de séparer avec un autre caractère. Le point ? Cela donne 3.14. La virgule ? Cela donne 3,14. Il vous semble reconnaitre quelque chose ?... 3,14... mais oui, voilà le début du nombre pi ! [3]

Et bien vous ne croyez pas si bien lire : le 14 mars, soit aussi le 3/14 est la journée du nombre pi [4], avec même des manifestations pour le célébrer, par exemple dans des facultés de mathématiques.

Alors, en ce 14 février « jour pi moins un », si pour le 14 mars « jour pi » des manifestations sont organisées, les commentaires peuvent servir à les signaler. Et coïncidence amusante, pi, le plus célèbre (ou presque) des nombres est fêté le jour de la naissance du plus célèbre (ou presque) des scientifiques, Albert Einstein ! [5]

(Le nombre pi n'était pas écrit dans ces lignes en lettre grecque, car il peut y avoir un problème de format... de caractères !)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Vista est là

Et si on ne veut pas de Vista ?

(Voici comme annoncé en notules) - Le mardi 30 janvier 2007 était lancée la dernière version de Windows, dénommée Vista : un feu d'artifice et une soirée à La Défense, un train pour assurer la promotion, des dépenses très importantes en communication et donc une omniprésence médiatique, des interrogations sur les DRM,... : les sujets sont très nombreux à propos de la sortie de Windows Vista, y compris celui des prix de la mise à jour ou de l'achat au détail.

Mais oublions ces points pour considérer une situation très simple, l'achat d'un ordinateur neuf avec 2 questions : qu'en est-il alors du prix de Vista ? et si l'acheteur ne le souhaite pas ? Les 2 réponses sont simples : on doit connaître les prix détaillés et on doit pouvoir acheter la machine dépourvue de logiciels.

Qui dit cela ? La loi. Et aussi des réponses ministérielles publiées en 2005 qui indiquent la même chose : la vente liée (« la subordination de vente ») est interdite, le prix détaillé des logiciels fournis doit être indiqué. Pourtant la loi n'est pas respectée, au point que des actions en justice sont menées, comme celle très forte d'UFC-Que choisir en décembre (avec constat d'huissier). La DGCCRF s'est aussi emparée du dossier fin 2006 [1].

Et alors pour Windows Vista ? On ne peut que compter sur le respect des lois de la part des constructeurs et des éditeurs, dont Microsoft. Ce dernier ne peut être que très favorable à faire acte de transparence envers les consommateurs et à demander à ses partenaires de se conformer aux règles en vigueur (ou d'agir directement). Pour une saine et véritable concurrence (en l'état actuel il ne peut y avoir d'échec des ventes de Vista, chaque ordinateur étant vendue avec) et pour une information et un choix des consommateurs.

Ici, avant même les standards ouverts et l'interopérabilité, il s'agit d'être conforme à la loi : possibilité d'acheter une machine dépourvue de logiciels (format nu), affichage des prix détaillés. C'est ce que demande le groupe de travail Detaxe [2] et le site de la pétition Racketiciel [3] initiés par l'AFUL, avec l'excellent travail de nombreux volontaires très actifs, soutenus notamment par les associations AFUL, APRIL et ADULLACT. Début février 2007, une lettre ouverte a aussi été adressée aux constructeurs et aux distributeurs d'ordinateurs, pour en finir avec les racketiciels. [4].

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

On va causer formats sur 20Minutes.fr

Un chat le 15 février 2007

Jusqu'à présent c'était des articles (c'est ici le 1060e, donc au format écrit), des conférences, des exposés ou des cours (format oral). Il y a aussi eu 2 émissions de télévision (2005 et 2006), un podcast JDN ou encore une interview à Radio France. Mais il n'y avait pas encore eu de chat (ou de tchat) ou de causette (terme recommandé en français [1]) voire de causerie.

Ce sera chose faite le jeudi 15 février 2007 à partir de 15h sur le site du journal 20Minutes [2] qui m'a invité pour parler des formats (ouverts ou pas) au titre de Formats-Ouverts.org, et aussi des logiciels libres au titre de l'AFUL [3].

Bien entendu, c'est ouvert pour poser vos questions sur la page qui y est consacrée [4], cela sera ouvert pour suivre les réponses en direct, et ensuite une page Web sera en ligne en tant qu'archive.

Lire aussi la suite avec l'article après le chat, 6 heures à 20 Minutes.

Sources et liens :
  • [3] Site de l'AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres), http://www.aful.org/
Et sur Formats-Ouverts.org :

Depuis un mois, 3 formats video à l'Assemblée nationale

Un mois avec le format MPEG 4 H264. Et alors ?

Le 22 novembre 2006, l'Assemblée nationale annonçait que « les postes micro-informatiques des députés seront dotés de logiciels libres à compter de la prochaine législature ». Poursuivant dans cette voie, le site de l'Assemblée nationale [1] propose depuis le 10 janvier 3 formats video pour suivre la retransmission en direct des débats des députés [2].

Il s'agit de :

Format Real, Format Windows Media et Format ouvert MPEG4 / H264

Les 3 logiciels associés indiqués sont : Real Player, Windows Media Player 11 et le lecteur libre VideoLAN. Que dire à propos de cette décision en place depuis 1 mois et 1 jour ?

D'une part cela fait preuve de diversité, contrairement à une approche avec un seul format fermé comme on a pu (on peut) le voir, y compris en janvier de la part de candidats à l'élections présidentielles. D'autre part le format MPEG 4 H264 est lisible avec le logiciel VideoLAN [3], qui est un logiciel libre (donc à format ouvert pour les coulisses). Enfin MPEG 4 H264 est qualifié de « format ouvert » (comme Ogg Theora, utilisé à Nice) : est-ce le cas ?

L'article du député Richard Cazenave, fortement impliqué dans cette décision avec le Président, les Service des Systèmes d'Information et les Webmestres de l'Assemblée nationale, qui annonce l'information [4] donne lieu à de nombreux commentaires intéressants. Il y a des soucis de brevets sur le format MPEG 4 H264 [5]. Cependant une implémentation dans le monde du logiciel libre existe. De plus les brevets ne sont pas forcément valides en Europe. Enfin, il y a les informations de fin janvier...

En effet, on apprenait fin janvier qu'un tribunal avait invalidé un brevet de la société Qualcomm présent dans le format H.264, ce qui rendrait le format sans brevet et donc ouvert. [6]

Toujours est-il que le site de l'Assemblée nationale va ainsi vers plus de prise en compte des différents utilisateurs et vers plus d'interopérabilité. Bientôt au tour des sites du Sénat et des services publics ?

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Pas de lien hypertexte...

Selon certains (sites), un lien, ce n'est pas bien

Dans l'actualité et la publicité de ce début février, on entend ou on lit très souvent des adresses de sites Web. Qu'en est-il des liens hypertextes ? Quel est le format juridique utilisé pour le format ouvert des liens ? (Il y avait déjà eu 3 cas en décembre).

Pour le match France-Autriche, allez sur le site de la FFF, mais pas de lien

Le 28 mars 2007 aura lieu au Stade de France un match amical entre les équipes de football de France et d'Autriche. Des messages publicitaires sont notamment diffusés à la radio : ils mentionnent le site de la Fédération Française de Football, FFF.fr. Mais pour ce qui est de citer l'adresse du site et d'établir un lien vers lui :

5 - Liens hypertextes Les liens hypertextes mis en place dans le cadre du présent Site Web en direction d'autres sites présents sur le réseau Internet, ne sauraient engager la responsabilité de la Fédération Française de Football. Les utilisateurs du Site ne peuvent mettre en place un lien hypertexte en direction de ce Site sans l'autorisation préalable et expresse de la Fédération Française de Football. Pour insérer un lien hypertexte entre votre site et le Site, vous pouvez effectuer votre demande par mail en écrivant à webmaster à fff.fr. (gras ajouté) [1]

En radio, un lien oui, mais pas sur une page interne

RTL est la radio partenaire de la FFF pour certaines opérations. Qu'en est-il des liens hypertextes vers RTL.fr ?

Liens hypertexte au Site A l'exception de sites diffusant des informations et/ou contenus ayant un caractère illégal et/ou à caractère politique, religieux, pornographique, xénophobe, vous pouvez créer un lien hypertexte vers le Site sur votre site, sous la double réserve qu'il s'agisse d'un lien à la Page d'accueil du Site que ce lien ouvre le Site dans une nouvelle fenêtre de navigation laissant apparaître l'adresse http://www.rtl.fr. (gras ajouté) [2]

L'Euro Millions (et autres jeux) de La Française des Jeux : jouez en ligne, mais pas de lien

Le vendredi 9 février avait lieu le tirage d'une super cagnotte du jeu Euro Millions (dont on pouvait prévoir le format du gagnant) :

Toute cré