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L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des standards ouverts (formats, protocoles) dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage et presque partout), depuis le 1er juillet 2004 (soit plus de 2200 jours) - Il y a actuellement 2418 articles en ligne, dont 31 pour août - C'est la saison 7 du site : les 6 ans et l'article 2400 : le papier résiste au numérique.


Depuis le site de microblog Identi.ca, les 12 derniers sites pdlsa relevés par tsfoo : SNCF-International, Aubade, VSD, Dassault Systèmes, Cegid, Axway (Sopra group), Linedata Services, Sophis, Bill & Melinda Gates Foundation, Le Festival de Cannes, Sage, Saint Algue (voir une liste qui en reprend et plus complète).


Ne me suivez pas sur Twitter, ni sur Facebook : je n'y suis pas. Et il n'y a pas non plus d'applicaton iPhone pour FOo. En revanche, il y a le site Web (vous y êtes !) et le compte tsfoo sur Identi.ca


Résultats de votre recherche de drm.

Un ancien DRM à l'Élysée

Le Journal officiel du 6 mars 2010 (un samedi) comporte un arrêté en date du 5 mars 2010, référence NOR : PREX1006505A, dont l'article premier indique :

Est nommé chef de l'état-major particulier du Président de la République le général de corps d'armée Benoît Puga, en remplacement de l'amiral Edouard Guillaud, appelé à d'autres fonctions.

Voilà pour l'information précise à la source. Et il se trouve que le général Puga occupait le poste de Directeur du Renseignement Militaire, soit DRM en abrégé. Ces acronymes militaires peuvent être source de lecture différente, suivant le contexte (mais ils ont un format ouvert).

Sources et liens :
Le 25 août sur Formats-Ouverts.org :

Même pour jouer seul, une connexion tu auras

Cela gronde dans la presse spécialisée des jeux video : on le lit dans les éditoriaux (« Maudits soient les DRM ! » in Joystick n°230 p. 46), dans les critiques des nouveautés (« Moins : Nécessite une connexion internet » in Joystick n°229 p. 66 ou « Moins : Vermine de DRM » in Joystick n°230 p. 61) ou dans les encadrés (« Internet... ou rien » in Joystick n°229 p. 67).

Les jeux video peuvent se diviser en 2 grandes catégories :

  • les jeux solo : c'est la plus ancienne version où on joue contre la machine et l'intelligence articielle du jeu avec éventuellment différents niveaux de difficulté ;
  • la version multijoueurs en ligne : les adversaires ou les partenaires sont d'autres humains connectés via Internet.

Mais voilà que certains jeux comme Splinter Cell Conviction, Assassin's Creed 2, Silent Hunter 5 ou Command & Conquer 4 obligent même en version solo à disposer d'une connexion Internet et à rester connecter pour profiter de son achat. Il y a vérification de cette connexion et de l'indentification au cours du jeu... Ainsi :

  • si le serveur chargé de vérifier ne répond pas à temps (surcharge)...
  • si la connexion faiblit faute au traffic...
  • alors il y a ralentissement du jeu, retour au menu ou pire, des pertes de sauvegardes !

Ce système de protection des jeux sur ordinateurs est supposé lutter contre le piratage. Jouer n'est plus possible hors 1) d'une surveillance systématique et en détails du joueur 2) d'un cadre technique permettant d'offrir une expérience utilisateur sécurisée (rayer la mention inutile).

Les formats numériques à l'action ne sont pas ouverts, comme c'est très souvent la règle pour contrôler son marché.

Autres articles :
Le 5 juillet sur Formats-Ouverts.org :

Petit défilé de sigles

Une revue du 14 juillet

Il y eut des défilés le 6 juin 2009 (un samedi) lors des manifestations pour le 65-D-Day, format d'écriture désignant les 65 ans du débarquement allié sur les plages de Normandie le 6 juin 1944, le Jour J. Il y eut aussi les défilés du 30 avril (Camerone).

Voici la journée de Fête nationale du 14 juillet et « on est là pour voir le défilé », comme on pourrait le dire en citant une chanson de Boris Vian (dont les 50 ans de son décès ont été marqués le 23 juin). Il ne s'agira plus du défilé des 5 ans de Formats-Ouverts.org (le 1er juillet) mais d'un petit passage en revue, bien sûr non-exhaustif, de sigles de troupes et structures où les formats des noms sont parfois particuliers...

Le PPT : déjà évoqué, c'est le Porteur Polyvalent Terrestre... : un camion. Les fichiers PPT de Powerpoint eux aussi ont du poids.

Le CNAM aguerrit quand il est Centre national d'aguerrissement en montagne et enseigne quand il est Conservatoire national des arts et métiers. [1]

La DRM est la Direction du Renseignement Militaire et non pas les DRM du monde numérique ni les 2 autres sens. [2]

La GPL est une Grue Polyvalente Lourde (du Génie) et non pas la GNU General Public Licence. [3]

GSPR, GPSR ou GPRS ? Attention, une seule petite inversion et tout change... Le premier est le Groupe de sécurité de la Présidence de la République, créé en 1983 et sans gendarme depuis mai 2007, faisant partie du SPHP (Service de protection des hautes personnalités). Le deuxième est le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux de la RATP. Quant au GPRS, c'est le protocole General Packet Radio Service de la téléphonie mobile. [4]

Une seule lettre diffère... et on passe de la Gendarmerie à la Police (GIGN et GIPN) ou des Dragons aux Hussards (RDP et RHP, pour le 13e Régiment de Dragons Parachutistes et le 1er Régiment de Hussards Parachutistes). [5]

La CGE désigne la 785ème compagnie de guerre électronique, une « composante expérimentale de l'armée de terre en matière de guerre électronique et de transmissions » et non pas la Conférence des Grandes Ecoles. [6]

Enfin, petite anecdote de calendrier : le budget de la loi de programmation militaire 2009-2013 est en vigueur depuis le 1er janvier 2009 (comme son intitulé l'indique)... mais la loi n'a été votée qu'en juin 2009, petite entorse à la rigueur militaire (et vide pendant plusieurs mois). [7]

Autres défilés sur Formats-Ouverts.org :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org le 14 juillet :

TNT et RNT, 2 nouveaux éléments en 2 jours

Deux nouvelles dates à marquer dans le calendrier

Le 26 mai 2009 (un mardi), le CSA a annoncé la liste des candidats retenus suite à l'appel à candidatures du 26 mars 2008 [1], à propos de Radio numérique terrestre (RNT). Le format utilisé pour cette radio numérique n'est pas le Digital radio mondiale (DRM) de Littoral AM mais :

C'est en décembre 2007 que le Gouvernement a pris l'arrêté approuvant le choix de la norme TDMB pour la diffusion de la radio numérique. [2]

Le 27 mai 2009 (un mercredi), les 4 villes alsaciennes de Kaysersberg, Ammerschwihr, Sigolsheim et Kientzheim [3] ont rejoint la ville seine-et-marnaise de Coulommiers (qui était la première, depuis le 4 février 2009, un mercredi aussi) [4] : fin de la télévision analogique hertzienne, place au seul numérique hertzien, la Télévision numérique terrestre (TNT).

Il n'y a là que fort peu de format ouvert (donc pas d'interopérabilité à base de formats ouverts) et la compatibilité entre les signaux de la TNT et les appareils de télé nécessite un décodeur TNT, incorporé dans la télé ou extérieur.

Autres articles :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org le 29 mai :

« Vive le pylône libre ! »

Une radio au format numérique

Littoral AM [1] est une radio associative « première station numérique du territoire, sur l'ensemble de la Bretagne», une radio sans publicité (et sans le formatage classique), « d'informations locales et d'émissions de services » [2]. Son histoire est liée aux formats numériques de la radio :

Fin 2002, le Conseil supérieur de l'audiovisuel lance un appel à candidatures pour numériser les ondes moyennes. Avec tous les avantages que cette nouvelle technologie offrira : qualité du son, réécoute par podcast, information sur écran, instantanée ou à la demande... La norme choisie à l'époque par le CSA est le DRM (Digital radio mondiale). [3]

Mais le CSA refuse à Littoral AM son autorisation d'émettre (motif : un projet éco­nomiquement non viable).

Mais voilà, en décembre 2007, Christine Albanel, ministre de la Culture, sous la pression des grands groupes de radio, annonce le choix d'une nouvelle norme : le DRM est remplacé par le T-DMB (Terrestrial-Digital Multimedia Broadcasting), norme coréenne de télévision dont les principaux atouts sont qu'elle limite les places disponibles - et donc la concurrence - et qu'elle permet... de diffuser des vidéos de pub pendant la diffusion des programmes. Cette norme, chère et peu accessible, va tuer toutes les radios associatives et indépendantes ! [4]

Pour ce qui est des formats ouverts, ce n'est pas ici le cas.

Autres articles :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org le 18 mai :

Une annonce sur l'alimentation des portables

Barcelone et son salon international de la téléphonie mobile (qui était auparavant à Cannes), le Mobile World Congress [1]. Parmi les nombreuses annonces faites, il y a celle sur l'alimentation des téléphones.

Plus exactement il s'agit des chargeurs de téléphones portables : chaque modèle a le sien (ou presque), c'est une jungle des formats (un marché très segmenté, selon l'expression...). Et l'annonce ?

L'industrie du téléphone mobile unie pour mettre en place une solution universelle de chargement des mobiles

Tel est le titre du communiqué de presse de la GSM Association [2].

Une question de format ? Oui, de formats physiques de câbles et de prises. Une question d'environnement ? Oui, le gâchis étant conséquent. Une nouveauté ? Oh non !...

En effet, en décembre 2006, la Chine avait déjà décidé d'imposer des chargeurs basés sur la prise USB. Cette annonce de 2009 concerne la prise Micro-USB.

Une guerre de formats physiques qui prendrait fin ? Elle persiste et sévit par exemple encore pour les lames de rasoirs, les machines à café, les distributeurs à savon ou les fûts de bière. C'est donc à suivre...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org le 20 février :

TF1 et TBI : des additifs mais sans colorant

L'excellent site Framablog où sévit le clavier alerte d'Alexis Kauffmann (aKa) a traité récemment fort bien de 2 sujets où les formats sont le cœur du problème : le matériel de classe (les TBI) et la télé à la demande (la VoD de TF1).

Ces 2 textes sont à lire. Et si la curiosté vous en dit, j'ai saisi l'occasion pour regrouper ci-dessous des articles de Formats-Ouverts.org (FOo) sur ces 2 sujets où la sempiternelle question « EFL FOO » de FOo se pose : « Et Les Formats : fermés ou ouverts ? ». Où l'on voit que l'affaire des TBI est ancienne et que TF1 n'est pas du tout le seul cas...

Et sur Formats-Ouverts.org le 30 janvier :

3 cas de VOD : mettre les formats dedans ou dehors ?

Warner Bros : tout dedans (l'ordinateur)

En 2008, Warner Bross est passé au disque bleu et fête aussi ses 85 ans. Pour sa video à la demande, il faut un ordinateur, mais pas n'importe lequel. La page de la Configuration requise indique que « vous devez posséder un ordinateur PC équipé de windows XP » (mais pas un mot sur Vista !) avec « Windows Media Player, version 10 et ultérieures » [1], et aussi :

La vidéo à la demande n’est pas compatible, à ce jour, avec les plates-formes Macintosh et Linux. La technologie de protection des fichiers vidéos, liée à la DRM Windows, n’est en effet pas encore reconnue par ces plates-formes.

Les Macintoch (sic) ne sont plus du tout au catalogue d'Apple (et ont été lancés en 1984) : la précision est donc un peu dépassée. Mais si le texte voulait écrire plate-forme Apple, cela serait plus juste : mais un Apple avec Windows, avec Mac OS X ou avec Linux, cela est possible et cela n'est pas la même chose. Enfin, on est assez tenté de lire, vu la formulation (adroite...) : c'est vraiment la faute à Linux et à Apple, eux les vilains qui ne reconnaissent pas la DRM Windows...

Télévision Orange : dedans et dehors

Attention : il y a un O majuscule, cela ne concerne pas la couleur du téléviseur. Depuis le 13 novembre 2008 (un jeudi), Georges Clooney ou Harry Potter sonnent aux portes dans les publicités pour les 5 chaînes Orange Télévision. Ordinateur ou boîtier, vous avez le choix. Mais pour l'ordinateur, c'est :

Windows XP ou Vista, Internet explorer 6.0 ou version supérieure, Windows Media Player 11 ou version supérieure (incluse dans windows Vista) [2]

Tout Microsoft ou rien. C'est un choix, comme finalement de ne pas acheter et de ne pas télécharger illégalement. Au moins la solution du boîtier simplifie les choses : tout est dedans et on branche, sans se formaliser de considérations techniques ni de formats.

Le boîtier FNAC : tout dehors

Selon le journal Les Échos [3], la FNAC va lancer en décembre 2008 une FNAC Box. En la branchant sur sa télévision, il sera possible de recevoir la TNT et surtout d'accéder au catalogue de VOD de Glowria, partenaire de l'opération. Là aussi, pas de réglage ni à se soucier de configuration.

Mais pour toutes ces solutions de VOD, pas de formats ouverts, comme depuis les débuts (voir ci-dessous).

Autres articles sur la VOD :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org le 15 novembre :

Signature et XML : une recommandation du W3C

Un autre standard ouvert du World Wide Web Consortium

Le 10 juin 2008, le W3C a annoncé que XML Signature Syntax and Processing, deuxième édition, était publiée en tant qu'une de ses « recommandations » [1] de la grande famille XML (qui a 10 ans).

Dans le jargon du World Wide Web Consortium, cela signifie qu'il s'agit d'un standard ouvert du Web à propos de signature d'un document, de son intégrité et de son authentification.

Un exemple de plus (après par exemple Canonical XML) de l'importance des standards ouverts pour un Web ouvert avec l'interopérabilité comme élément central, et l'objectif de One world, one Web.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le mode déconnecté, pour l'être encore moins

Le mode hors ligne dans Firefox 3

Travailler sur le contenu d'un site Web sans y être connecté... puis se reconnecter... et le travail réalisé hors ligne est alors mis à jour : telle est la possibilité proposée par le navigateur Firefox 3.

Le navigateur est devenu le logiciel clé pour accéder au Web par lequel tout (ou presque) passe (de plus en plus). Pour garder un Web ouvert, il faut des standards ouverts, et aussi des innovations, ouvertes elles aussi.

C'est le cas de cette fonctionnalité de Firefox 3, le mode hors ligne (offline) [1], basé sur une spécification de HTML 5 proposé par le WHATWG. Avec cette fonction à son plein potentiel, cela signifie par exemple écrire des textes (de blog) ou des courriels (de Webmail) déconnecté, puis synchroniser le tout à la première connexion. Et qui dit protocole ouvert, dit possibilité pour tous les navigateurs et sites de le proposer.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le mercredi 20 juin 2007 : 1 article (« Le véritable enjeu est l'interopérabilité entre les systèmes, seule garante de l'innovation. »)
  • le mardi 20 juin 2006 : 1 article (Les DRM et les ventes ne feraient pas bon ménage)
  • le lundi 20 juin 2005 : 2 articles (Rendez-vous à Dijon aux RMLL ; Myosotis de métadonnées, épisode 3 : la reliure numérique)

Prix Turing 2007 et les formats

Un français pour la première fois

Il y a les Prix Nobel, dans 5 domaines [1]. Il y a la Médaille Fields, la plus haute distinction en mathématiques [2]. Et il y a le Prix Turing, la récompense la plus élevée en informatique [3].

Le Prix Turing 2007 a été remporté pour la première fois de son histoire par un français, Joseph Sifakis, avec 2 autres scientifiques (les américains Edmund Clarke et Allen Emerson) pour la mise au point du Model Checking [4].

Cela a été notamment salué en France par l'Élysée, Matignon, le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et le CNRS [5], chacun avec un format qui lui est propre...

Le Prix Turing 2004 fut décerné à Vinton G. Cerf et Robert E. Kahn à propos de leurs travaux sur le protocole TCP/IP, qui est le protocole ouvert à la base d'Internet.

Les formats de la recherche et de la connaissance : ils sont ouverts

Dans la recherche, on peut distinguer 2 grands ensembles :

  • la recherche appliquée : elle se consacre aux applications possibles et donne lieu parfois à des dépôts de brevets pour des domaines industriels et commerciaux ;
  • la recherche théorique, ou fondamentale : tournée principalement vers l'accroissement des connaissances, elle passe obligatoirement par l'ouverture, avec la publication des résultats, aussi bien pour la revue par les pairs que pour le partage des connaissances en vue de son enrichissement.

La connaissance à des formats fermés ne peut progresser, elle doit passer par des formats ouverts, dans les domaines numériques ou pas.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

AOC, clip, licence, navigateur et formats (de Pomme)

AOC d'Apple

AOC : en France cela fait penser à la gastronomie, Appelation d'Origine Contrôlée [1]. Mais au niveau mondial pour un industriel comme Apple, AOC c'est le programme Apple On Campus [2], destiné aux universités (il ya avait déjà les Reseller, qui prononcé à la française n'était pas aussi heureux).

Victoire de la musique

Yael Naim et David Donatien ont remporté la Victoire de la musique 2008 [3] dans la catégorie L’album de Musiques du Monde de l’année, avec notamment la chanson New Soul. C'est aussi la bande-son utilisée dans le clip publicitaire diffusé dans le monde entier à propos du MacBook Air d'Apple, dont la première caractéritique est le format (physique) (très fin et ouvert). Succès de la chanson (et de l'album), succès de la publicité (et de l'ordinateur avec son format), chacun pouvant renvoyer vers l'autre.

Les textes des licences

Il est interdit d'utiliser le navigateur Safari ailleurs que sur Mac OS X d'Apple : c'est ce que disait la licence du navigateur Safari... pour Windows ! [4] Peu de monde lisant attentivement les licences (des textes au format pas toujours très clair), ce ne fut pas remarqué tout de suite (et en enlèvant Mac OS X de son matériel Apple pour installer et utiliser un autre système d'exploitation... si non respect de licence il y a, cela fait plus de 2 ans et demi personnellement).

Mise à jour un peu « sauvage » (dans la jungle des navigateurs)

Vous avez demandé une mise à jour du logiciel Quicktime ou iTunes d'Apple ? Ne quittez pas, et vous aurez aussi en prime Safari, le navigateur d'Apple. Une mise à jour un peu « enrichie » effectuée par l'Apple Software Update [5]. Ah ces opérations qui visent à vous installer des logiciels sans vous prévenir...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Bilan de mars

Pour le 45e mois

Voici les statistiques de Formats-Ouverts.org en mars 2008 :

  • 37 articles, soit un total de 1505 ;
  • près de 56 000 (55 732) visiteurs différents ;
  • près de 170 000 (166 232) visites, soit plus de 5 300/jour ;
  • plus de 530 000 (538 178) pages vues ;
  • plus de 870 000 (875 612) hits ;
  • plus de 24 Go (24,64) de transfert.

Pour les points à souligner :

Le palmarès des 6 articles les plus lus en mars :

  1. la définition de standard ouvert dans la loi française ;
  2. la TNT HD ;
  3. les liens vers Note2be ;
  4. Google à l'ECMA ;
  5. Google pour ODF et contre OOXML.

Merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes (sans demande d'autorisation préalable), les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture, bonne diffusion et bonne utilisation. Vivent l'interopérabilité et les standards ouverts !

Et sur Formats-Ouverts.org :

Les approches en c

Mais pourquoi s'impliquer ?

Qu'est-ce qui fait courir les personnes impliquées dans les logiciels libres, ces logiciels qui ont un format ouvert et qui utilisent des standards ouverts ?

Pourquoi consacrer du temps et de l'énergie au libre à programmer, traduire, rédiger de la documentation, organiser des manifestations, expliquer, faire de la veille, aider, tester, faire de la maintenance, écrire des articles ou encore donner des conférences ?

Il peut y avoir « le dévot, le révolutionnaire et le millionnaire » [1] comme développé par Tristan Nitot dans un article à propos de « Trois approches antagonistes du logiciel Libre. »

On peut aussi avancer 3 approches en c.

La création : celle de programmes, de contenus, de documents, qui englobe les loisirs créatifs à la mode, et qui est un acte capital pouvant amener épanouissement et parfois reconnnaissance.

La connaissance : le fait de connaître le fonctionnement, de comprendre les enjeux, de maîtriser les techniques, pour aussi diffuser et partager ce savoir.

La critique : comme dans l'esprit critique ou le sens critique, elle permet de ne pas être crédule et de refuser la manipulation en faisant preuve d'analyse. Cela peut aussi parfois s'appeler contestation de ce qui est établi par un certain formatage.

On peut ajouter 2 autres c : la contribution qui permet d'apporter modestement sa pierre à un mouvement plus large et la concurrence ouverte et possible sans condition particulière (de diplôme ni d'appartenance à une structure) qui peut amener des innovations de rupture (disruptives innovations).

(Le trio « dévot, révolutionnaire et millionnaire » fait en format abrégé... drm, aux 3 sens ; quant aux 3 c, cela peut faire ccc... comme Chaos Computer Club [2]. Les couples c/C, drm/DRM ou ccc/CCC ne sont pas involontaires sur FOo/foo...)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Transport aérien : bientôt 100% de ET

En juin 2008, normalement, que des ET...

Il reste moins de 100 jours avant le « 100% ET » ! Telle est l'accroche de l'annonce publiée le 22 février 2008 [1].

« ET » ? Le E.T. de Steven Spielberg pour Extra-Terrestre ou Extra-Terrestrian ? Non, le T est celui de Ticket (en anglais comme en français) et le E est celui de Electronic, comme dans le eBusiness ou l'email (qui se traduisent par commerce électronique et par courriel). Il s'agit donc du Electronic Ticket, et en français du Billet Électronique, le BÉ.

C'est l'International Air Transport Association (IATA) [2] qui a annoncé le 22 février (un vendredi) qu'il ne restait plus que 100 jours avant le passage au 100% billet électronique prévu le 1er juin 2008.

Ticket électronique (ou billet au format numérique), que cela signifie-t-il ? Le communiqué de presse est intitulé « Compte à rebours pour le dernier billet papier ». Donc une fin annoncée du support papier.

Le texte ne parle pas de dématérialisation, car ce ticket sera stocké sur un support matériel sous forme d'un fichier numérique qui pourra être sur le disque dur d'un ordinateur, d'un agenda électronique ou d'un téléphone portable, sur la mémoire flash d'une clé USB ou d'un balladeur, ou encore sur sur une puce électronique.

A priori ce serait un fichier texte, donc à un format ouvert, qui ne nécessitera pas de logiciel spécial, hors sa messagerie (si envoi par courriel) ou un traitement de texte (ou un éditeur de texte). Sauf si le format PDF était retenu, mais il est ouvert.

Cependant, pour utiliser ce fichier, il faudra sans doute ses références : si elles sont imprimées ou (pire !) si on les écrit sur un papier (de son carnet, de son dossier, de son agenda), cela sera sans doute suffisant pour Simplifier les affaires (c'est le nom du programme de l'IATA à propos du billet électronique) : en fait, plus de papier édité par les compagnies aériennes, mais pour le voyageur peut-être toujours un peu de format papier.

(N'imaginons pas l'ordinateur, le PDA ou le téléphone à court de batterie et qui contient le billet... sans parler de pannes électriques ou informatiques dans les aérogares. Et pour les archives de billets d'avion, impression papier).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le vendredi 9 mars 2007 : 1 article (HD Photo, nouveau format de Microsoft)
  • le jeudi 9 mars 2006 : 2 articles (L'Australie, les DRM et le rapport coup de tonnerre ; Je veux le DRM mais pas les DRM ni le DRM)
  • le mercredi 9 mars 2005 : 2 articles (Une conférence, deux fois, à Troyes ; Sous le capot, des formats bien fermés)

Ces DVD video illisibles

Offrez un DVD video (mais tout le monde ne pourra le lire) (article écrit hors ligne entre Noël et Nouvel An)

Comment lire des CD ou des DVD quand ils n'ont pas le format de vrais DVD video ni de vrais CD audio ? Il y avait l'exemple du cadeau du CD audio de Norah Jones... Il y avait le cas du cadeau des DVD de 24 Heures Chrono... Voici un autre exemple avec La collection des courts métrages Pixar [1] : pas de format ouvert ni d'interopérabilité.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le mercredi 27 décembre 2006 : 1 article (Mozart, sa musique et les formats)
  • le mardi 27 décembre 2005 : pas d'article
  • le lundi 27 décembre 2004 : pas d'article

Les Pays Bas retiennent les logiciels libres et les formats ouverts

Une annonce importante... y compris les définitions...

« Le Gouvernement des Pays-bas vient de promouvoir l’utilisation des formats ouverts et des logiciels libres » indique l'article du site Synergies [1]. C'est indéniablement une décision importante, à mettre en avant et à saluer.

L'article propose une traduction de l'annonce officielle du gouvernement néerlandais. En voici 3 extraits :

Le gouvernement devra utiliser des logiciels basés sur des formats ouverts à partir d’avril 2008.

Voilà pour le calendrier, qui est proche.

Par les formats ouverts et l’utilisation de logiciels libres, la dépendance envers les fournisseurs de Technologies d’Information et de Communication sera diminuée.

Voilà un aspect essentiel : l'indépendance. Un représentant de Microsoft a réagi en déclarant « que ce n’est pas une bonne nouvelle pour le marché du logiciel de ne dépendre que d’un seul type de logiciels. » [2]

La caractéristique principale des formats ouverts est que chacun peut les utiliser sans payer de licence.

Voilà enfin le point qui concerne une définition des formats ouverts : la caractéristique citée est exacte, mais elle est incomplète. L'absence de licence n'exclut pas par exemple des frais pour accéder aux informations, situation retenue par l'Europe à l'encontre de Microsoft.

La question est donc : quelle est la définition retenue ? Car tous les éditeurs peuvent revendiquer des formats ouverts, avec leur propre définition. Et la question de la définition se pose aussi à propos de « open source software » du texte original en néerlandais [3].

Les 6 États des USA qui avaient aussi retenu les formats ouverts donnaient une définition précise (comme par exemple l'Oregon) des formats ouverts (et sur les six, 5 sont revenus en arrière...) Une approche qui permet de bien poser les règles.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le petit, le moyen et le grand

Les formats, en 3 tailles

Il y a des formats partout : sur les emballages de produits (au « format familial »), comme dans les noms de manifestation ou de magasin, et de leurs sites Web :

  • Le Salon du Petit Format, qui se déroulait du 24 novembre au 9 décembre 2007 [1] ;
  • Le Moyen Format, magasin photo situé boulevard Beaumarchais à Paris [2] ;
  • Le Grand Format, magasin voisin du précédent [3] mais pour la taille supérieure [4] et aussi 2 imprimeries Grand Format [5].

Dans ces 5 cas, le format concerne la taille dans le domaine :

  • de la photo (« le format est maximum de 30 x 30 cm, cadre compris », même si le Salon concerne aussi des objets) qui est riche en formats divers (les 24x36, 6x6, et autres 35mm) ;
  • de l'impression (depuis le format A4, très présent pour les fax, photocopieurs ou imprimantes jusqu'aux affiches de 4m x 3m).

Et ces formats sont ouverts : connus, disponibles et utilisables par tous pour toutes activités.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le vendredi 15 décembre 2006 : : 1 article (Une page HTML et 3 images sur l'interopérabilité : conférence à l'université Paris 11)
  • le jeudi 15 décembre 2005 : 2 articles (De nouveaux éléments, 1 an après le début de l'affaire des bibliothèques numériques ; Formats ouverts, DRM, DADVSI : déclarations de M. Sirinelli)
  • le mercredi 15 décembre 2004 : 1 article (Les formats fermés en deuxième partie de soirée)

Table des articles de décembre 2007

Les 35 articles publiés en décembre

1 dans Table des articles, 1 dans Vie du site, 2 dans Conférence, 13 dans Général, 3 dans Web, 4 Citations à relever, 3 Manifestations, 3 dans Non-électronique, 1 dans Ressources, 4 dans En bref

Et sur Formats-Ouverts.org :

Voilà le livre connecté

Un nouveau format de livre... acheté ou faisable soi-même !

Voilà « le livre connecté » ! Après le livre papier, le livre audio, le livre interactif ou le livre électronique, c'est la nouvelle dénomination pour un nouveau format de livre... avec des formats numériques. Les différents éléments :

  • un livre papier ;
  • un petit objet communicant intelligent et sympathique ;
  • une étiquette ;
  • une connexion ;
  • un fichier audio.

Plus précisément les éditions Gallimard Jeunesse, après Harry Potter fin octobre, lance le 7 novembre [1] La belle lisse poire du prince de Motordu [2] en livre connecté avec :

  • l'histoire du prince de Motordu et de la princesse Dézécole, de Pef, un bijou ;
  • le lapin Nabaztag de la société Violet [3] ;
  • une étiquette RFID (identification par ondes radio) ;
  • une connexion sans fil Web ;
  • le fichier audio du livre.

Que se passe-t-il ? Le livre grâce à sa puce est reconnu par le lapin qui se connecte au Web et récupère le fichier audio qui est ensuite lu par l'animal (avec la voix de l'humain qui a enregistré l'histoire). On retrouve des formats pour le son, le Wifi, les ondes radio, un code d'identification et du papier (ce support demeure). Pour l'instant un seul livre est disponible. Pourtant quelles que soient les listes de littérature jeunesse [4], elles comportent de nombreux autres titres : comment faire pour les petites têtes blondes (ou brunes ou rousses) qui veulent plus d'histoires ?

Vous aussi, vous pouvez le faire, avec des formats ouverts

La mode est aux loisirs créatifs, au « Faites-le vous-même », aux objets (ou aux plats) que l'on fabrique : cette approche peut s'appliquer au livre connnecté.

Achetez le livre papier de votre choix, ou alors allez sur le site du projet Gutenberg.org [5] pour des livres libres de droit (et imprimiez-le). Achetez le livre audio correspondant, ou alors enregistrez-vous (format ouvert Ogg Vorbis). Adopter un pingouin électronique, Tux Droid de Kysoh [6], autre objet animalier communiquant. Créer un code barre du livre associé au fichier son de votre enregistrement. Et quand celui qui tient le livre le passe devant le pingouin, il est reconnu et l'animal lui lit l'histoire. Précision : les voix enregistrées peuvent être celles de papa, maman, grand-maman, grand-papa, tata, tonton...

Sans autant de technique ni de formats numériques, le classique format papier est un régal : bonne lecture éventuelle de ce format ouvert, à l'interopérabilité assurée.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le bon format vestimentaire pour HP (Harry Potter)

Les codes vestimentaires : les adopter ou les rejeter ?

Le vendredi 26 octobre 2007 sort en France le septième et dernier volume de Harry Potter (HP7 en format abrégé), publié par les éditions Gallimard Jeunesse [1]. Cette année, lors de la sortie anglaise, pas de couac avec interdiction de lire.

Le jeudi 25, Gallimard organise une (dernière) soirée spéciale : des cartons ont été envoyés et les personnes invitées ont la possibilité de venir avec 2 enfants qui peuvent être déguisés.

Imaginez... Se concertant (téléphone, courriel, site Web, forum,...), plusieurs personnes viennent avec 2 enfants déguisés en héros... mais pas du tout de la saga Harry Potter mais de La guerre des étoiles (les 30 ans), des Minimoys, du Seigneur des anneaux, des Schtroumpfs, des orphelins Baudelaire, de Tara Duncan, de Titeuf [2],... Cela risque de ne pas être le bon format vestimentaire ! Alors, cela aura-t-il lieu ? Un coup d'éclat de déguisements en perspective ? Le service de sécurité interviendra-t-il ?

Plus sérieusement, les vêtements (et leurs accessoires) comme la langue (et ses tournures) ont aussi des formats (des codes) qui sont très souvent ouverts et qu'il vaut mieux connaître pour les respecter (et se faire admettre : début d'interopérabilité) ou les bousculer (et se faire au moins remarquer : risque d'incompatibilité...).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Fin de BlogOKat, fin de 8-Fi, fin de la DST, début du Salon Internet

Les 4 notules du jour

Le très bon site BlogOKat a cessé : l'annonce a été faite par sa rédactrice dans un article du 30 septembre 2007. De nombreux articles y traitent des formats ouverts et ont été citées sur Formats-Ouverts.org. Cela pose aussi le problème de l'archivage du site : quid du travail réalisé et publié en ligne ? En tout cas, merci et bonne continuation.

L'émission 8-Fi de la chaîne Direct8 (TNT gratuite) était consacrée « aux nouveaux médias, présentée par Dominique Chabord ». Le format de la grille de rentrée 2007 ne la propose plus. Mais « elle reviendra très prochainement - et exclusivement - sur le web! » indique la page de ZDNet, qui est partenaire. 8-Fi a traité des formats ouverts à plusieurs reprises (dont le 18 mars 2007 et le 15 mai 2005). Là aussi, quid de l'archivage ?

La DST, Direction de la Surveillance du Territoire va fusionner avec la DCRG (Direction Centrale des Renseignement Généraux) en 2008 pour former la Direction centrale du renseignement intérieur. Parmi les articles consacrés au sujet, il est mentionné que le DST est en charge de « la protection du patrimoine industriel, scientifique et technologique ». Un patrimoine, numérique ou pas, où les formats sont bien là, et aussi une des clés.

En avril 2008 se tiendra le 1er salon de l'Internet ! L'annonce est faite... mais pour le site qui existe (parfois pour le sujet des services en ligne et des usagers, il n'y a pas de site) les pages ne sont pas encore vraiment aux standards ouverts du Web. Et pour l'image du site, pourquoi la jeune fille ne souffle-t-elle que sur des symboles @ du courriel ? Il y a aussi « www » ou « http » pour le Web. Les formats y seront sans doute un sujet clé.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Téléphone et ordinateur : la grande injustice

Mais pourquoi une telle différence de traitement ?

D'un côté, le téléphone portable iPhone d'Apple : avant même sa commercialisation, la vente liée est invoquée contre lui. L'iPhone doit pouvoir s'acheter nu, sans abonnement à un réseau particulier.

  • En résumé : encore AUCUNE vente, mais déjà le rappel de la loi...

De l'autre côté, l'ordinateur portable (et de bureau) : depuis des années de commercialisation, la vente liée est encore systématique (sauf de très rares exceptions [1]). Les ordinateurs devraient aussi pouvoir s'acheter nus, sans système d'exploitation ni logiciels particuliers.

  • En résumé : déjà DES MILLIONS de ventes, mais toujours l'oubli de la loi...

Pourtant, il serait bénéfique à plusieurs points de vue que la loi soit appliquée :

  • pour le législateur (et le juriste et le citoyen) : c'est la simple l'application de la loi, preuve d'un État de droit ;
  • pour le consommateur : la liberté du choix ;
  • pour les fabricants : la transparence des prix et la concurrence ;
  • pour les services comptables et juridiques : la séparation entre 2 éléments de nature différente que sont le logiciel et le matériel ;
  • pour les services fiscaux : le mécanisme en place est de l'optimisation fiscale, sans imposition en France des ventes qui ainsi n'existent pas comme telles.

La vente liée est une arme économique interdite en France. Elle ne favorise pas l'interopérabilité ni les standards ouverts. Que vive l'application de son interdiction, pour les téléphones portables comme pour les ordinateurs.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

4 notules du 2 octobre

Astronomie, sacoche, Office pour Mac et salle de presse Apple Expo

En astronomie, l'interopérabilité est capitale pour que les données recueillies par les observatoires ne soient pas verrouillées et pour pouvoir les utiliser et les partager efficacement. Cette interopérabilité est assurée par des standards ouverts. La conférence IVOA Interoperability en traitait, à Cambridge, le 27 et 28 septembre 2007.

Comment le dire ? Une sacoche « pour ordinateur 14 pouces » ou « pour iBook » ? Dans le premier cas, c'est un format physique, valable pour toutes les machines, c'est ouvert. Dans le second cas, c'est à propos d'un modèle précis d'Apple : il faut légitimement veiller à la marque (voire passer un contrat comme le programme Made for iPod). Tann's a choisi la première formulation.

Les formats dans MacOffice 2008 de Microsoft : « on trouve le format OfficeOpenXML », mais « arrêt de Visual Basic pour les macros » et « pas de format XPS car il s'appuie sur Vista » est-il indiqué sur le stand Microsoft de l'Apple Explo 2007.

Une précision : les dossiers de presse lors de l'Apple Expo à propos d'Apple Expo étaient sur une clé USB, pas de papier. Gros succès, tout a été écoulé. Pour ce qui est des dossiers de presse des exposants, CD Rom ou fiches papier étaient proposés, comme sur les stands pour la documentation, avec stylo et papier.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Dublin Core 2007

Une manifestation annuelle sur les métadonnées

La 7e Conférence internationale Dublin Core s'est tenue du 27 au 31 août 2007 à Singapour [1]. Le sujet en était Application Profiles: Theory and Practice. C'est l'occasion d'échanges et de rencontres entre des chercheurs et des professionnels. C'est aussi l'occasion de traiter de formats ouverts capitaux, ceux des métadonnées Dublin Core et aussi du Web sémantique (avec ontologies ou taxinomies) [2].

Les métadonnées sont les données à propos des données : auteur, date, type de document (texte, photo, son,...) et bien d'autres. Elles sont capitales pour retrouver les informations ou pour l'archivage. Dublin Core est un ensemble de données, qui ont un format ouvert.

La Dublin Core Metadata Initiative (DCMI) [3] est à l'origine de ce format et de cette manifestation. C'est « une organisation ouverte engagée dans le développement de standards de métadonnées en ligne interopérables ».

Les précédentes conférences Dublin Core se sont déroulées à Tokyo (2001), Florence (2002), Seattle (2003), Shanghaï (2004), Madrid (2005) et Manzanillo (Mexique, 2006). L'édition 2008 aura lieu à Berlin, du 22 au 26 septembre.

Autres articles à propos de Dublin Core et des métadonnées sur Formats-Ouverts.org :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Heroes saison 2 : et les formats ? Toujours pareil...

Les annonces

Les bandeaux publicitaires insérés dans la presse papier du lundi 24 septembre clament :

Ce soir aux Etats-Unis Her(2)es Demain sur TF1Vision

Le site Web de TF1 annonce : « HEROES : PREMIERE MONDIALE La saison 2 sur TF1 Vision Le 25 septembre, découvrez en exclusivité le premier épisode de la saison 2 d'HEROES en VOST, moins de 24 heures après la diffusion américaine ! »

Alors quels sont les formats utilisés pour Heroes saison 2 ? Une première avec une diffusion presque simultanée entre les USA et la France. Il y a le format au sens des caractéristiques connues des feuilletons (comme pour d'autres séries) et les formats numériques de la Video à la demande : quid pour cette VOD ?

La réalité technique

Le site TF1Vision est timide pour commencer. La page d'Aide en ligne indique [1] :

Configuration minimale requise. Notre système est optimisé pour la configuration suivante :

Mais la suite est bien plus claire (gras ajouté) :

  • « Player : lecteur Windows Média uniquement » ;
  • « Navigateur : Internet Explorer uniquement » ;
  • « Type de poste : PC uniquement (notre service ne fonctionne pas sous Mac ou tout autre système d'exploitation) ».

Plus directe et simple serait la formulation : Le site TF1Vision ne fonctionne qu'avec les produits Microsoft.

Verdict

Cela n'est pas nouveau, ni une surprise : comme toute la Video à la demande (VOD), pas de format ouvert sur TF1Vision, comme UniversCine.com, Vodeo, Mk2Video, TF1, Arte, CanalPlay ou FranceTélévision !

Il y avait eu fin juin un maigre espoir : au moment du lancement en France, on lisait que Heroes était la série phénomène du Web. Mais elle n'a pas les formats ouverts du Web. Donc techniquement les Heroes font dans la banalité de la VOD.

Quelles sont les non-recettes du fait de cette configuration technique obligatoire ? Elles existent et ne sont certainement pas négligeables. « Ah si seulement tout le monde avait un seul et même format » doivent se dire les responsables de chaînes (comme une seule et unique chaîne). Mais la diversité existe.

Erreur, il y a un format ouvert : celui de l'adresse des pages Web, avec TF1.fr/heroes et NBC.com/Heroes [2] : c'est une adresse logique, ce qui n'est pas toujours le cas avec les sites Web, donc à signaler pour cela.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le samedi 25 septembre 2004 : 1 article (Sony met du format MP3 dans ses baladeurs)
  • le dimanche 25 septembre 2005 : pas article pour cause de trajet Paris-Ouagadougou
  • le lundi 25 septembre 2006 : 1 article (Les formats ouverts vont élire domicile sur les ordinateurs des députés)

« Lettre aux éducateurs » : ses formats et 2 questions

Quelle est la police utilisée ? Quel est ce code sur l'enveloppe ?

Le 4 septembre 2007, la Lettre aux éducateurs de Nicolas Sarkozy, Président de la République, a été mis en ligne : il est au format HTML et PDF [1]. Après ces formats électroniques, le format papier a été envoyé :

  • c'est un format 32 pages, au format A5 (21 cm x 14,8 cm) [2] ;
  • d'un point de vue typographique, guillemets français («») et majuscules accentuées sont utilisés (LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE sur l'enveloppe et LETTRE AUX ÉDUCATEURS sur la couverture) ;
  • référence du document : ISBN 13, 978-2-11-006893-4 ;
  • logiciel utilisé pour créer le document : « Adobe InDesign CS2 (4.0.4) » disent les métadonnées du fichier PDF.

2 questions se posent :

  • dans le document, quelle est la police de caractères ? Elle est agréable, avec des ligatures entre les lettres st, ct, ff [3]. La Documentation française (pour la réalisation) et les Journaux officiels (pour l'impression) ont peut-être des réponses entre Optima, Helvetica et Garamond qui sont mentionnées dans les métadonnées.
  • sur l'enveloppe, outre l'adresse postale, que signifient les nombres 33833 et 109, avec un triangle plein et un carré vide entre ces nombres ? Ce n'est pas un code hexadécimal comme dans la lettre de l'UMP en septembre 2005, mais ce n'est pas un format ouvert pour l'instant.

Mise à jour avec réponse :

  • pour la police, le texte est en Adobe Garamond Pro italique (opentype), avec toutes les ligatures activées dans InDesign ; la couverture est en Optima ; le PDF mis en ligne est le fichier de production avec les hirondelles et les lignes d'informations en Helvetica. Merci à la liste GUTenberg [4] (dont Arthur Reutenauer et Thierry Bouche).
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La visioconférence, le tableau numérique et les formats

Pour apprendre l'anglais, visioconférence, et aussi tableau numérique interactif : et leurs formats ?

Le 11 septembe 2007, le ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos a annoncé [1] « qu'un dispositif de visioconférence serait installé dans 1 000 écoles primaires d'ici à la rentrée 2008 afin de soutenir l'enseignement précoce de l'anglais ». C'était à l'école Willy-Brandt (chancelier allemand [2] ; il y a parfois comme ça de petits télescopages...) à Élancourt. (Pour les autres langues vivantes à l'école élémentaire, on ne sait).

De plus, un tableau numérique interactif (dénommé aussi tableau blanc interactif) a été utilisé lors d'un cours de conversation anglaise entre un Anglais en direct de Londres et des élèves de CM2 : à partir de janvier 2008, l'utilisation d'un tableau numérique sera « expérimenté dans vingt établissements ».

Appareils de visioconférence, tableau numérique : et les formats ?

En effet, l'utilisation de ces 2 matériels numériques impliquent :

  • des logiciels pour les gérer : seront-ils spécifiques voire exclusifs (que Windows Vista, que Mac OS X) ou installables sur toute plateforme ?
  • des fichiers de données : à quels formats ? Propres aux logiciels spéciaux ou utilisables par d'autres logiciels ?

Si les formats (et les protocoles) sont ouverts, les matériels et les données ne sont pas liés à une seule configuration, il y a le choix. Sinon, c'est comme un jeu de domino, une chaîne qui enchaîne, un élément nouveau qui peut bouleverser tous les autres : changement de logiciel, changement de système d'exploitation, changement de matériel.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Et le patrimoine numérique, il en est où ?

Votre mémoire, notre mémoire, à l'heure du numérique

Les journées européennes du patrimoine se déroulent les 15 et 16 septembre. Cela concerne « l'archéologie et les monuments jusqu'aux biens mobiliers en passant par la photographie, l'étude des savoir-faire, l'identification de nouveaux patrimoines. » indique la une du site portail Culture.fr du Ministère de la culture.

Mais en 2007, le patrimoine est aussi numérique. Un des « nouveaux patrimoines », en pleine explosion. Avec cette question : où en est le patrimoine numérique ?

Il concerne chacun de nous en tant que particulier et aussi toutes les structures publiques ou privées (administrations, services publics, associations, entreprises).

Le patrimoine numérique explose : photos, videos, CD et DVD, morceaux de musique, courriels, cartes géographiques, SMS, podcasts, documents en tous genres... ils sont omniprésents grâce aux différents appareils du quotidien numérique : téléphones, baladeurs, agenda personnel, ordinateurs, téléviseurs, consoles, appareils photo, GPS, camescopes...

Des tombereaux d'informations sont produits, mais peut-être voués à un très numérique tombeau. Car « l'explosion du numérique » peut aussi être prise au sens propre... :

  • les différents types de supports disparaissent (comme les disquettes, petit ou grand format), abandonnés par les industriels pour de nouveaux ;
  • ces support se détériorent eux aussi : un disque dur a une durée de vie limitée, un CD ou un DVD gravé ne l'est pas pour l'éternité ;
  • les appareils pour lire ces supports n'existent plus toujours : sans lecteur le support meurt ;
  • les câbles pour relier les appareils changent, avec une connectique qui modifie ses formes de connexion ;
  • les logiciels peuvent eux aussi cessér : et avec certains, les informations enregistrés sur les supports sont inutilisables sans le seul logiciel (dans une version spéciale) qui va savoir lire les données ; le format fermé de ces données est lié au logiciel, à la vie et surtout à la mort ;
  • les protections numériques utilisées sur certains fichiers (musique, film, bureautique) veulent empêcher certaines utilisations : copie (y compris pour soi), transferts vers un autre appareil. Ces protections menacent les données.

Cette liste, presque une chaîne, possède un point commun : les formats. Ceux des supports et leurs lecteurs, ceux des câbles : ce sont les matériels ; ceux des logiciels et ceux des données : ce sont les fichiers. Pour les données, quand les formats et les protocoles ne sont pas ouverts, l'épée s'abat : documents inexploitables, archives inutiles. Mémoire perdue.

Ainsi, tout en profitant du riche patrimoine lors des 2 journées, il ne faudrait surtout pas oublier le patrimoine numérique, personnel ou pas : à quels formats est-il ? est-il correctement géré ? Il en va de la conservation et de l'archivage de la mémoire qu'il représente. La fête ne doit pas se transformer en deuil.

Quelques exemples :
Et sur Formats-Ouverts.org :

2 citations signées Sony sur son site Connect et son format Atrac

Sony annonce la fin de son format ATRAC et de son site Connect

Le 30 août 2007, alors que la saga du format Office OpenXML (OOXML) occupait le devant de la scène, une nouvelle importante a été annoncée : Sony lance son premier baladeur audio et video aux États-Unis ! [1] Avec cet extrait du communiqué de presse de Sony :

Avec ces nouveaux Walkman, Sony a élargi son environnement numérique audio pour prendre en charge la technologie Windows Media. Cela donne aux consommateurs une fllexibilité plus grande dans leur approche des logiciels de musique. En conséquance, Sony va fermer le site Connect basé sur le format ATRAC de Sony en Amérique du Nord et en Europe. Le calendrier variera selon les pays selon la demande du marché, mais pas avant mars 2008.

C'est le début de la fin du format fermé ATRAC de Sony sur les appareils de Sony. La FAQ [2] qui a été mise en ligne est aussi claire :

Nous recommandons aux clients d'archiver leur bibliothèque musicale sur des CD. [...] Pour la musique achetée depuis Connect [avec DRM], vous pouvez la graver sur un CD puis la convertir au format MP3 pour continuer de l'apprécier pour votre usage personnel.

Pour l'utilisation et l'archivage de sa musique, sans format ouvert, les risques sont au rendez-vous.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Après un dossier AFNOR... 2 autres dossiers AFNOR

Le format ODF sera-t-il une norme AFNOR ? Le format OOXML sera-t-il une norme AFNOR ?

Pour commencer, il y eut la question « Le format Office OpenXML sera-t-il une norme ISO selon la procédure accélérée ? » : la réponse a été non avec commentaires de la l'AFNOR représentant la France. Et l'ISO a rejeté cette normalisation accélérée, pour statuer en avril 2008.

Mais un dossier de normalisation en chasse un autre, ou plutôt 2 autres ! En fait, les 3 dossiers sont menés de front par l'AFNOR.

Cette fois, il s'agit donc de déterminer pour l'AFNOR :

  • si le format bureautique ODF, Open Document Format, sera une norme française après avoir été reconnue norme OASIS (en mai 2005) et norme ISO (depuis mai 2006) ;
  • et aussi si le format Office OpenXML sera une norme française.

Comment cela va-t-il se dérouler ? Frédéric Bon, président de la Commission de Normalisation Formats de documents révisables (CN FDR) l'explique dans une interview du 5 septembre [1] :

L'étude de la normalisation de l'ODF se poursuit le 11 septembre prochain par une réunion de dépouillement des réponses à l'enquête probatoire, lancée par l'Afnor et close le 31 juillet dernier. Nous étudierons ensuite le cas de l'OOXML. Cela va prendre de nombreux mois. Il est probable que les deux formats se voient accorder un statut similaire et que nous recherchions la convergence vers un seul format.

Donc : des formats normalisés au niveau internationnal ne donnent pas des formats normalisés au niveau national, et une normalisation internationale n'est peut-être pas nécessaire pour être une norme nationale.

Et pour la France, quid du RGI : attendre ou pas dans ce contexte de rejet de l'AFNOR d'OOXML pour l'ISO, mais d'étude d'ODF puis de OOXML pour la France... Le dossier est à suivre. La guerre des formats ouverts ou fermés continue chez vous et dans le monde...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Deux CD en cadeau avec Télérama : et les formats ?

Offerts : un CD Audio, un CD pas Audio (article publié le 3 septembre)

Mercredi, parution du journal Télérama :

  • le 22 août 2007, dans le numéro 3006, un CD en cadeau avec la Sacem et la Région île-de-France : la Compilation Les Avant Seine du Festival Rock en Seine [1] ;
  • le 29 août, n°3007, avec Manu Chao en couverture, plus un « CD Exclusif Télérama 2 Titres audio et 3 vidéos » pour la sortie le 3 septembre de l'album La Radiolina [2].

Et les formats ?

  • le premier est un vrai CD Audio, celui qui fête ses 25 ans avec son au logo officiel Compact Disc Digital Audio, lisible sur tous les appareils de CD Audio : interopérabilité pour les 6 titres proposés ;
  • le second n'est pas un CD Audio, à cause des fichiers video qui sont au format FLV, Flash Video (de la video dans le format Flash), format fermé.

Les fichiers de musique semblent bien sans DRM et sont lisibles avec un logiciel multimedia comme VLC [3]. Prochaine étape : que des formats ouverts, Ogg Vorbis pour le son et Ogg Theora pour la video ?

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La Nuit des étoiles : circulez, ce n'est plus le bon format

Plus d'émission télé... (article publié le 2 septembre)

Les 10, 11 et 12 août s'est déroulée la 17e Nuit des étoiles [1] : une manifestation estivale pour senbiliser les gens à l'astronomie (pas l'astrologie), un bel exemple de vulgarisation scientifique [2]. D'autant que la météo s'y prête généralement et que les gens sont souvent en vacances, ou alors plus disponibles en cette période estivale.

Mais La Nuit des étoiles, c'est fini à la télé, comme Arrêt sur images ou Culture Pub : plus rien.

Les années précédentes, des chaînes de télé ou des radios publiques étaient partenaires de l'opération (comme France 2, France Info) et diffusaient des émissions, des reportages. Avec notamment l'excellent Hubert Reeves [3], astrophysicien à l'accent typique, avec sa barbe et surtout ses compétences de scientifique et de pédagogue.

« Ce n'est pas le bon format, coco, ça n'intéresse plus personne... » pourrait dire un responsable des programmes. Expliquer, inciter à la découverte, provoquer la curiosité à propos du ciel, ce n'est plus considéré comme faisant assez d'audimat. Le bon format télé, ce sont entre autres les feuilletons (on en connaît les ressorts et le format) y compris face au film du dimanche soir.

Pour autant, même sans médiatisation télé, le succès populaire a pu être au rendez-vous. Quant au titre de la manifestation, son format est utilisé avec en mai la Nuit des musées et en octobre avec Nuit blanche.

Et puis, Lady Diana (mort tragique, princesse moderne, les 10 ans), c'est un meilleur format pour cet fin d'été 2007, un peu comme les 30 ans de la mort du King. Pour autant les princesses des contes sont elles bien plus anciennes, et ont toujours un format (aux caractéristiques connues) à faire rêver.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le mercredi 25 août 2004 : 1 article (Votre vie numérique, vous la voulez couleur DRM ?)
  • le jeudi 25 août 2005 : 2 articles (Windows 95, les Rolling Stones et le format publicitaire ; Une poésie sur les liens hypertextes)
  • le vendredi 25 août 2006 : 1 article (Marylin Monroe et sa cicatrice : retoucher la photo ou pas ?)

Notules suite aux RMLL 2007

Une série de petites notes prises lors des RMLL d'Amiens
  • En juin 2007, sont apparus sur les billets de train de la SNCF des « codes barre 2D » (de petit carrés noirs ou blancs dans un rectangle) : qu'y a-t-il comme information dans ce format ? est-ce lisible par tous les appareils ou seulement par un logiciel avec le Windows embarqué des terminaux des agents de la SNCF ?
  • Les extensions de Firefox : comme le code est ouvert, il est assez facile d'en faire (pour quelqu'un s'y connaissant), y compris rapidement pour un besoin spécifique simple. La démonstration fut faite à ces RMLL 2007 par Paul Rouget avec un double copier d'une page Web (comprenant l'URL et un passage de texte surligné). Les extensions sont au format .xpi.
  • Publicité sauvage pour Freevax reçue par courriel : « Au delà de l'Open Source, l'interopérabilité. » « Ces fichiers d'échanges sont dans un format XML normalisé. » « Il est possible d’intégrer le module FREEVAX dans les logiciels de dossiers patient grâce aux formats d’échanges XML ». Certes, cela est intéressant, mais quel format XML exactement ? Et pour le site et l'approche Open Source, il y a encore des améliorations à apporter : http://www.freevax.org/.
  • Un salut à la plus jeune auditrice des conférences des RMLL (4 semaines) et son format de badge : « NetBébéSD » !
  • Quid des formats des tablettes de chocolat, des cigarettes et des petits carreaux 5x5 mm imprimés sur papier ? Ouvert, fermé, protégé ?
  • Il y a un format fermé des symboles et autres représentations qui sont dans des églises et dont la signification exacte est perdue. Or ces informations gravées dans la pierre (ou peinte) sont toujours là (depuis bien plus longtemps que le numérique) et constituaient les livres de ces époques.
  • Les plans des églises et cathédrales romanes ou gothiques ? Sans doute des formats fermés (car plus conservés, voire jamais conservés car jamais établis formellement).
  • Le Chaos Computer Camp 2007, près de Berlin, du 8 au 12 août, une rencontre internationale où les formats, les protocoles et les standards seront omniprésents, https://events.ccc.de/camp/2007/.
Et sur Formats-Ouverts.org :

La reprise de l'existant et CIPISI

Conférence à Telecom Lille 1 avec 2 exclusivités

Le 25 juin 2007 (un lundi) je suis intervenu en soirée à la conférences RMIT (Rencontres autour des Métiers de l'Informatique et des Télécommunications) [1] de l'école d'ingénieurs TELECOM Lille 1 [2], devant plus d'une centaine de personnes attentives (et dont l'approche de l'heure du repas pouvait être un concurrent sérieux).

Le sujet : Logiciels libres et formats ouverts en entreprise.

Sans diapositive projetée (mais au format « tableau blanc + feutres »), il a été question de nombreux points développés sur Formats-Ouverts.org (liste non exhaustive : les formats ouverts des données, des logiciels et des licences ; la double question « ELF ? FOO ? » pour « Et Les Formats ? Fermés Ou Ouverts ? » ; les formats partout ; la Gendarmerie ; l'Assemblée Nationale ; les exemples du savon liquide, de la bière et du café).

Deux exclusivités :

  • « Si le monde a pu être créé en 7 jours c'est qu'il n'y avait pas de reprise de l'existant » : une formulation pour souligner l'importance capitale des données déjà existantes et de leurs formats, en vue d'une réutilisation (et éviter les pertes) ;
  • CI PI SI (ou 6-3,14-6 dans un format numérique mais bien trop abscont !) pour : Coût - Indépendance - Pérennité (donc archivage) - Interopérabilité (plus que compatibilité) - Sécurité - Innovation (donc concurrence), 6 points importants où les logiciels libres et les formats ouverts jouent un rôle essentiel.
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

What else? Réponse à Georges Clooney

Pour des capsules de café à un format ouvert

Lors de la conférence du 13 juin sur les standards ouverts à Paris Capitale du Libre 2007, j'ai donné 2 exemples pour illustrer le sujet des formats. Le premier est une réponse à la question de Georges Clooney, « What else? » (mais il n'était pas dans la salle).

Lire la suite

«Le véritable enjeu est l'interopérabilité entre les systèmes, seule garante de l'innovation.»

Un avis du Syntec Informatique

Le 15 juin 2007 (un vendredi), le Syntec Informatique, « la chambre professionnelle des Sociétés de Services et d'Ingénierie Informatiques (SSII) et des Éditeurs de Logiciels » [1], a fait part de sa position à propos des logiciels libres.

Une partie de cette position officielle ne concerne pas vraiment les logiciels libres ou propriétaires, mais « tranche... pour l'interopérabilité » [2] :

Il faut sortir des préjugés et utiliser ce qui marche. Le véritable enjeu est l'interopérabilité entre les systèmes, seule garante de l'innovation. L'économie de marché finira bien par sélectionner le modèle économique le plus efficace. [3]

Voilà qui met au cœur de l'approche les formats et les protocoles utilisés pour assurer cette interopérabilité. Voilà qui signifie que les logiciels et les données doivent pouvoir échanger de manière la plus ouverte pour innover.

Voilà donc les standards ouverts comme la réponse à l'interopérabilité : ils permettent l'innovation souhaitée, mais aussi la pérennité, l'indépendance et une saine concurrence. Et les logiciels à formats ouverts avec licences ouvertes sont les logiciels libres.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Un autre site de VOD et l'avenir de la VOD

UniversCine.com et l'avenir de la VOD sur ordinateur

Le magazine Télérama consacrait un article de 2 pages sur la video à la demande (VOD) dans son numéro 2992 : « Le système VOD » [1].

Une partie de l'article était consacrée à « Nos trois sites préférés » avec le site de Vodeo, celui de Mk2VOD et UniversCiné [2]. Qu'en est-il pour ce dernier à propos des formats : même situation que les 2 premiers (et que TF1 ou Arte ou CanalPlay ou France Télévision) ou situation nouvelle ?

La réponse est claire sur la page de FAQ [3] :

Quels logiciels doit on installer pour accéder au service ? Un navigateur et le lecteur Windows Media Player correctement mis à jours suffisent !

Plus précisément, « Pour accéder au service, il vous faut les logiciels suivants » :

  • Un navigateur :
    • Internet Explorer version 5.5 ou supérieur ;
    • Mozilla Firefox version 1.0 ou supérieur ;
  • Le Windows Media Player version 9 ou supérieur ;
  • Les systèmes d'exploitation acceptés pour accéder au service : les Windows VISTA, XP, Millenium, 2000, 98 et NT.

Conclusion : « Malheureusement, les utilisateurs MAC et Linux ne peuvent pas encore accéder au service... »

L'avenir de la VOD : télé ou ordinateur ?

L'article consacre aussi un long paragraphe final à la question « Comment voir ? » et y répond ainsi :

Cela peut sembler paradoxal, mais l'avenir de la VOD n'est pas sur les écrans d'ordinateurs. Trop de contraintes.

Il y a les contraintes de procédures (s'inscrire, payer en ligne, les risques de coupures,...) et aussi les problèmes de formats : « Changement de cap, donc, vers la télé ». En effet, via les boitiers haut débit, la VOD passerait(ra) par la télévision. Peut-être avec moins de problèmes de formats (même si l'écran de télé peut réserver des surprises), mais sans l'interopérabilité basée sur des formats ouverts.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Archiver des courriers électroniques : la British Library et...

Juste 2 lignes

Au départ, il y a juste 2 phrases dans un journal non-informatique, Télérama (dans le n°2995, page 9 - dans ce même numéro se trouve page 19, la publicité Apple-Orange avec des erreurs de format). On lit donc dans la rubrique Vite dit, sous le titre A sauvegarder :

La British Library (à Londres) souhaite établir la première collection au monde d'e-mails (ou courriels). Les Britanniques sont invités à lui transmettre les e-mails qu'ils jugent dignes d'intérêt « sur un plan social et historique ».

Et 3 remarques

Première remarque sur ces 2 phrases : un courrier électronique (ou courriel en format plus concis et officiel) est un document qui a un format ouvert : c'est du texte brut, voire du HTML (ce qui ne devrait pas être le cas théoriquement).

Deuxième remarque : comme tout document numérique, il n'y a aucun caractère unique ni aucune rareté. La copie à l'identique est intrinsèque.

Troisième remarque : l'élaboration d'un faux courriel est hélas tout à fait possible (sans signature certaine).

En d'autres termes, un document numérique ne peut être comparé par exemple à la lettre écrite par Charles-Henri Sanson [1], bourreau (exécuteur des hautes œuvres de Paris), qui a exécuté Louis XVI le 21 janvier 1793 : elle fut vendue aux enchères le 7 juin 2006 chez Christie's et elle était unique. Comme sont uniques vos lettres et autres notes manuscrites.

Et le communiqué de presse dit : British Library et Microsoft

Mais où sont les sources de l'information ? Sans doute sur le site de la British Library. En effet, un communiqué de presse a été publié le 3 mai [2]. Et la première phrase indique :

Pour célébrer le lancement au Royaume-Uni du nouveau Windows Live Hotmail, Microsoft a annoncé une collaboration unique avec la British Library pour créer la première archive de courriers électroniques.

Il s'agit donc d'une action de la British Library et de Microsoft à l'occasion du lancement mondial de Windows Live Hotmail avec communiqué de presse de Microsoft [3] (qui ne cite pas l'initiative et qui propose une capture d'écran avec une photo de 2 pingouins !). La British Library a déjà travaillé avec Microsoft (groupe de travail ECMA pour OpenXML ou bibliothèque numérique par exemple).

Le site de l'opération n'est pas celui de la British Libray, mais Email Britan [4]. Il y est précisé que l'envoi du courriel se fait par tranfert (forward en anglais, et pas de redirection, bounce en anglais [5]). L'opération a duré du 1er au 31 mai 2007, réservée aux résidents du Royaume-Uni, Microsoft se réservant la possibilité de vérifier, comme indiqué dans les « Règles de la Campagne » [6].

Comme le veut le format des communiqués de presse, les 2 derniers paragraphes avant les informations de contact sont 2 citations de 2 responsables de l'opération et celui de la British Library indique que « l'archivage numérique de courriers électroniques n'a jamais été entrepris auparavant à cette échelle ».

Cette opération est une illustration intéressante du sujet de l'archivage numérique : a priori il est aisé (plus que le cas de la capsule Yahoo!, du viaduc de Millau ou que l'informatique immortelle) car les courriels sont « du texte », un format ouvert, utilisable dans n'importe quel logiciel de messagerie électronique. L'interopérabilité est en action (exception faite du cas où le format texte est transformé en code binaire).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La VOD de Mk2

Pour la video à la demande de Mk2 il vous faut...

Mk2 [1] a lancé son site Web de Video à la demande (VOD, Video On Demand) : mk2vod.com [2]. Et on y retrouve le problème des formats, car dans la rubrique « Aide en ligne (FAQ) » [3] on lit pour le point « Matériel et mises à jour » :

« Les systèmes d'exploitation compatibles : Microsoft Windows 98, Windows 98 Deuxième édition, Windows Millénium, Windows 2000, Windows XP et Vista. »

« Les logiciels nécessaires : Internet Explorer 5.0 ou supérieur ou Firefox qui est plus performant pour le téléchargement. Le Lecteur Windows Media 11. »

La rubrique « Testez votre configuration » [4] confirme fort logiquement et fournit le « Rapport de test de configuration » suivant : « Diagnostic : NON » (majuscules, sic) pour le « Plug-in Windows Media Player » et pour l'«ordinateur » ; mais un « OUI » pour le navigateur Firefox. La conclusion :

« Vous n'utilisez pas Windows » (c'est exact !)

« Pour acheter vos vidéos sur MK2VOD.com, vous devez impérativement utiliser un PC équipé de windows 98 ou plus récent. Nous sommes désolés de ne pouvoir donner suite à votre requête pour l'instant. »

J'en suis aussi désolé, d'autant qu'à l'inverse de ses contenus, le site utilise des formats ouverts comme le HTML et la technologie PHP : formats fermés (ceux des contenus avec Microsoft) contre formats ouverts (ceux des technologies non-Microsoft).

Il reste...

Pour la VOD de MK2, il faut donc Windows (98 à Vista) avec Windows Media Player (version 11). La situation n'est pas nouvelle.

Il reste les autres sites de VOD.

Mais les concurrents sont dans la même situation : que ce soit TF1 ou Arte ou CanalPlay ou France Télévision ou VodeoTV... pas d'interopérabilité , pas de formats ouverts.

Il reste les video cassettes.

Mais pour les video cassettes, les appareils pour lire ces formats de supports tentent à disparaître, sans oublier la guerre des débuts entre les formats VHS, Betamax et V2000.

Il reste les DVD.

Mais pour les DVD, il y a aussi les formats avec les 6 formats différents et notamment le DVD Video, le DVD Blu-ray et le HD-DVD... pas d'interopérabilité , pas de formats ouverts.

Il reste la télévision.

Mais pour la télé, fin de l'analogique en décembre 2011, et pour la télé HD, il y a aussi les formats avec les prises HDMI, les écrans HDCP voire les décodeurs... pas d'interopérabilité , pas de formats ouverts.

Il reste la salle de cinéma.

Et pour le cinéma analogique ou numérique, pour l'instant, aucune contrainte spéciale de format : les marques et modèles de chaussures, de vêtements ou de lunettes sont utilisables avec les sièges et avec les images projetées.

Il reste aussi la radio hertzienne (pour dialogues et musique) et le papier (pour le script).

La radio analogique existe encore : elle est utilisable avec n'importe quel récepteur radio. Le papier existe encore : il est lisible sans technologie spéciale. Mais... ils ne sont pas très appropriés pour la video et l'image animée !

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Si j'étais banquier... je ferais au moins un vrai site Web ouvert

«Le Crédit Mutuel vous donne la parole...»

Grande campagne du Crédit Mutuel [1] avec des affiches, des publicités à la radio et dans la presse à propos d'« une grande consultation pour que tous les Français s’expriment sur ce qu’ils attendent vraiment de leur banque. ». Pour ce faire :

Quelle que soit votre idée, vous pouvez participer à cette grande consultation, en partageant vos propositions pour construire ensemble la banque de demain.

Donc « Exprimez vous sur le site sijetaisbanquier.com » [2].

Page d'accueil : sans le plugin Flash installé, impossible de rentrer sur le site, pas de proximité avec « la banque à qui parler », impossible de s'exprimer. Alors à défaut, voici ici et ci-dessous trois points :

  1. tout le contenu du site en Flash n'existe pas pour les moteurs de recherche et donc pour les internautes en quête...
  2. les personnes aveugles ou avec des difficultés visuelles sont tout simplement rejetées...
  3. techniquement, il existe des possibilités puissantes, belles et efficaces autres que le format Flash : elles sont utilisables par tous les navigateurs modernes récents.

Finalement... Si j'étais banquier, j'aurais un site Web ouvert, en pensant à l'accessibilité et à l'interopérabilité, avec des standards ouverts du Web [3].

D'autres sites « Flashés » :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Autour du format PDF

Le format ouvert PDF et ses logiciels, comme PDFtk et bien d'autres

Le format PDF (Portable Document Format) [1], lancé en 1993 par la société Adobe [2], est l'un des formats ouverts les plus répandus et les plus utilisés : il est lisible sur presque tous les ordinateur, permettant l'interopérabilité, au travers de nombreux logiciels (le HTML et le texte brut sont dans le même cas de quasi universalité). Même Microsoft a décidé en 2005 d'inclure le format PDF dans sa suite bureautique Office 12 sortie en 2006, alors que sa concurrente OpenOffice.org le propose depuis 2003 (dans la version 1.1).

L'un des avantages du format PDF est qu'il est ouvert, donc avec ses informations techniques disponibles, documentés et utilisables :

  • pour créer des logiciels pour enregistrer les fichiers au format PDF : par exemple avec les logiciels libres OpenOffice.org [3], PDF Creator [4] ou LaTeX [5] ;
  • et aussi pour créer des logiciels pour lire les fichiers PDF : en plus d'Adobe Acrobat (anciennement Acrobat Reader), il y a aussi XPDF [6] ou encore Preview [7].

Le PDF/A (A pour archive) a été retenu par l'ISO comme norme d'archivage électronique. Et Adobe a annoncé fin janvier 2007 le lancement d'une reconnaissance de son format complet comme norme ISO [8].

Pour manier les fichiers PDF, le logiciel libre PDFtk (tk pour « toolkit », boîte à outils) [9] permet d'effectuer de nombreuses opérations : par exemple fusionner des fichiers PDF, en extraire des parties. Le journal 20Minutes consacrait une demi page à ce logiciel dans son édition du mercredi 2 mai [10].

Finalement, c'est un ensemble de logiciels pour lire et créer du PDF qui s'est constitué, sans oublier des livres [11]. Cela peut aussi se formuler sous la forme d'une sorte d'écosystème autour du PDF (le HTML est aussi dans ce cas).

A contrario, les formats fermés n'encouragent pas la création d'outils à leurs sujets, ni cet écosystème ouvert à la concurrence.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Fin de la Vie en papier

Le magazine LIFE cesse sa parution au format papier

20 avril 2007 (un vendredi) : avis aux collectionneurs (et aux archivistes ou aux bibliothécaires), c'est la parution du dernier numéro du magazine LIFE [1]. Quant aux formats, outre celui du titre avec ses 4 lettres majuscules, le papier et le Web sont encore de la partie.

La collection complète des numéros de LIFE va de 1936 à 2007, avec deux interruptions, de 1972 à 1978 et de 2000 à 2004. Cette collection est constituée d'exemplaires au format papier. Et revoilà donc le format papier (comme pour les livres, les affiches et tracts ou les bulletins de vote) et un bel exemple de sa rareté, que le numérique ne connaît pas, copie à l'identique oblige (sauf à limiter ces copies même pour soi-même avec des DRM).

Pour ce qui est des formats numériques, ouverts ou pas, LIFE devrait paraître au format Web [2], son coût papier étant trop élévé selon son propriétaire, Time Inc. Le site de LIFE permet déjà de retrouver les célèbres couvertures du magazine photo, au travers de mots clés associés : c'est ici l'illustration de l'importance des métadonnées, encore plus pour une image.

Quant aux photos pour lesquelles le magazine était connu, elles devraient aussi être mises en ligne : c'est ici la puissance du numérique, avec des qualités différentes en fonction du niveau de numérisation (comme les photos sont fixées sur pellicule argentique, les problèmes des formats numériques comme RAW ou JPEG ne sont pas rencontrés).

Autre sujet similaire : arrêt de la publication du magazine Epok de la FNAC, en janvier 2007.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Evian, ses bouteilles, son site et les formats : cela ne coule pas de source

Format Flash pour des bouteilles formatées aux différents besoins

Sur certains distributeurs de bouteilles d'eau minérale on voit une affiche représentant la nouvelle bouteille d'evian de 1 litre et un clavier d'ordinateur, avec le court slogan suivant :

Formaté pour le bureau

Impossible de ne pas en parler. Donc, un nouveau format : après 1,5 litre (format classique), 2 litres (format familial) ou 33 cl (format sport ou mini), voici 1 litre, qui est prédestiné aux espaces de rangement des bureaux. Les formats physiques sont en action, avec aussi l'aspect vocabulaire (mais ici formaté n'est pas péjoratif).

Direction le site Web d'Évian [1] pour y trouver l'image ou des renseignements sur cette bouteille. Mais voilà que la page d'accueil dit :

Pour visiter notre site, votre ordinateur doit être équipé du plugin Flash. [2]

Et de donner le lien pour « le télécharger gratuitement ». Ah.

Donc le site ne contient que (ou presque que) des informations dans le format Flash : autant dire que le site est peu indexé par les moteurs de recherche (aucune réponse à propos de « Formaté pour le bureau » sur le site) et que pour les personnes aveugles (mais qui peuvent boire de l'eau d'Evian), il y a un gros problème d'accessibilité...

Alors qu'avec les standards ouverts le site existe et l'interopérabilité est présente. (Il est possible de mettre dans une bouteille vidée l'eau de son choix, il n'y a pas de vérification ni d'impossibilité technique, contrairement au numérique. Et si cela se trouve, il est interdit de faire un lien vers le site...).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le ministère de la Défense prend appui sur les standards ouverts

Un texte officiel important à propos des standards ouverts à la Défense

Le 6 mars 2007 a été publié au Bulletin officiel des armées édition chronologique (BOC) [1], la DIRECTIVE N° 1/DEF/DGSIC portant sur les logiciels du ministère de la défense du 17 octobre 2006 [2]. Elle émane de la Direction générale des systèmes d'information et de communication (DGSIC) du Ministère de la Défense, signée par Henri Serres, son Directeur [3].

Cette longue directive est organisée en un préambule, une annexe (un glossaire de 26 termes) et 3 parties :

  1. Une directive sur les logiciels pour quoi faire ?
  2. Les orientations (en 10 points)
  3. La mise en œuvre

La portée du texte est large : il « concerne tous les composants, projets, programmes, opérations comprenant des logiciels, sous tous types de licences d'usage « propriétaires » ou « libres » acquis sur étagère, développés spécifiquement de façon interne ou externe au ministère. »

La directive comporte des passages très forts à propos de l'utilisation des standards ouverts, de pérennité des archives, de maîtrise technologique, de sécurité ou de concurrence. Voici 3 extraits, gras ajouté.

S'agissant des logiciels, cette maîtrise repose sur les principes suivants :

- favoriser l'interopérabilité par un recours aux standards, protocoles et formats d'échanges ouverts

- rechercher la plus grande indépendance technologique et commerciale possible

- pérenniser les données archivées [partie 1]

2.1 Recourir aux standards ouverts

Les standards et formats ouverts, au sens de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), assurent un usage universel et non discriminatoire des logiciels. Ils favorisent leur interopérabilité. De plus, ils pérennisent les données et les architectures.

En conséquence :

-les standards et formats d'échange ouverts sont à privilégier pour la conception de nouveaux systèmes et lors d'évolutions majeures de systèmes existants ; [partie 2]

Standard et norme : une norme est une définition détaillée validée par un organisme de normalisation qui regroupe des représentants des États. Un standard est une définition détaillée validée par un organisme de standardisation qui regroupe des industriels et/ou des associations d'utilisateurs. Un standard de fait est le résultat de la prédominance d'un acteur industriel du marché qui seul maîtrise et fait évoluer ce standard. On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données, interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en oeuvre (LCEN, Chapitre 1er, article 4). [glossaire]

Avec l'article 4 de la LCEN, voilà un autre texte officiel important à grandement saluer, qui anticipe en un sens le RGI. Il place le Ministère de la Défense en pointe par rapport aux recommandations fortes et claires à propos des logiciels libres et des standards ouverts.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les widgets, le W3C, Netvibes

Contre les incompatibilités sur le Web

Coïncidence amusante : le 4 février 2007, l'article Problème de format, par 3 fois traitait de l'incompatibilité des widgets, ces petits programmes présents sur le bureau des différents systèmes d'exploitation.

Or le 9 février, le W3C annoncait la publication d'un document de travail en version 1.0 à propos des widgets [1] dans le cadre du groupe de travail sur les formats des applications Web (Web Application Formats Working Group). Comme ces applications se basent sur le Web, il est logique que le W3C se penche sur la question, lui qui œuvre « pour un Web avec tout son potentiel ».

De plus, le 9 mars, le site Netvibes annonçait [2] la disponibilité de UWA, Universal Widget API [3], afin de rendre compatible les widgets.

La compatibilité, et bien mieux, l'interopérabilité, sont capitales pour le Web, et passent par des standards ouverts (comme HTML, CSS, XForms, SMIL, SVG,...), pour lui donner tout son potentiel.

Sources et liens :
  • Merci à Lanza pour l'information.
Et sur Formats-Ouverts.org :

HD Photo, nouveau format de Microsoft

Microsoft lance son format pour la photo

Le 8 mars 2007 à Las Vegas, lors du International Convention and Trade Show du Photo Marketing Association 2007 (PMA07) [1], Microsoft a annoncé le lancement de son nouveau format destiné à la photo numérique haute définition, HD Photo [2].

Premier point à noter, le format du nom : HD Photo n'évoque en rien Windows ou Microsoft... alors que le nom initial était Windows Media Photo (WMPhoto), comme encore mentionné dans l'adresse des page du site de Microsoft [3]. De plus dans le monde de la photo, les machines Apple (donc avec Mac OS X et sans Windows) sont plus bien présentes. Sans oublier que le terme HD est d'actualité et à la mode (les DVD HD, la télévision HD, les écrans HD,...).

Ce nouveau format est en concurrence avec le JPEG [4] ou le JPEG 2000 [5]. Microsoft avance un meilleur taux de compression, donc un poids moindre, et une meilleure qualité.

Un format certes, mais utilisé par qui : quels logiciels, quels matériels et qui des professionnels ? La réponse comprend 2 niveaux.

En interne, Windows Vista (« vendu » avec chaque nouvel ordinateur) sait utiliser nativement HD Photo : une approche logique d'être servi au mieux par soi-même. HD Photo est aussi pris en charge dans .NET Framework 3.0, et le codec Windows Imaging Component (WIC) est aussi disponible pour Windows XP and Windows Server 2003.

Vis-à-vis du monde extérieur, un kit (HD Photo Device Porting Kit) est disponible pour les fabricants. Mais surtout Microsoft a aussi passé un accord avec Adobe et propose un plug-in pour le logiciel Photoshop [6]. Ce plug-in est disponible en version bêta, avec une version définitive annoncée pour dans 60 jours et qui sera gratuite, pour les versions Windows (XP et Vista) et Mac OS X de Photoshop CS2 et CS3.

4 questions : tiens, un plug-in ? une standardisation ? fermé ou ouvert ? et le DNG et les RAW ?

Microsoft et un plug-in... Ce plug-in pour Photoshop est donc développé par Microsoft et Adobe. Pourtant pour le format ouvert OpenDocument Format dans Office 2007 rien de tel : Microsoft ne se charge pas du plug-in. Cela doit être stratégique de s'en occuper dans un cas, et pas dans l'autre...

Le communiqué de presse indique que Microsoft « a l'intention de standardiser sa technologie et qu'il soumettra sous peu le format HD Photo à un organisme de standardisation approprié. » : qui, ISO, ECMA, autres ?

Le format HD Photo en l'état est-il ouvert ou fermé ? Le texte du communiqué de presse ne parle à aucun moment de format ou de standard ouvert ni d'interopérabilité, termes pourtant très souvent employés de manière marketing comme technique.

Et quelle position par rapport au format ouvert DNG, lancé par Adobe en septembre 2004, utilisé par exemple par Leica. Et quid des formats RAW propres à chaque appareil photo (ou marques) ou du format OpenRAW ?

Enfin on ne peut s'empêcher de penser à l'affrontement entre Microsoft et Adobe en juin 2006 à propos du format ouvert PDF : il avait donné lieu a un communiqué de presse de chacun (comme la lettre de Microsoft attaquant IBM le 14 février dernier). Fachés hier, amis aujourd'hui.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Salon Documation 2007 : les formats sont toujours là

Les formats sont omniprésents

L'édition 2007 du salon Documation [1] se tiendra les 7 et 8 mars au CNIT à La Défense. C'est « Le rendez-vous de la gestion de contenu et du document ».

Qui dit document, qui dit contenu, qui dit gestion, dit forcément format (ou protocole ou standard), de manière explicite ou pas.

Ainsi, de manière explicite, les 2 journées de conférences, d'ateliers et de rencontres traiteront par exemple du format EAD (un format ouvert pour l'archivage), du records management, du XML ou de numérisation de documents à la BnF (en lien avec la Bibliothèque numérique européenne).

De manière moins explicite, le sujet des formats est omniprésent dès qu'il s'agit de documents numériques : les blogs, le Web 2.0, les portails, l'interopérabilité, le workflow, les métadonnées, les logiciels et protocoles utilisés, l'archivage... Cela était déjà le cas en 2005 et en 2006 (avec la DGME et la BnF notamment).

Un regret : mais où sont les archives des précédentes éditions ? Il semblerait que le site ne les propose pas en ligne. En terme de conservation de l'historique et de l'évolution du salon, c'est dommage.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Match entre contenu et contenant : un exemple original...

Video à la demande et Vodeo.tv : les technologies Microsoft contre les technologies ouvertes

Voici un bel exemple de contenu (de la video à la demande) et de contenant (un site Web) que l'on peut prendre de manière humoristique dans un premier temps... mais qui est très révélatrice.

La campagne de publicité pour Windows Vista bat son plein : depuis le feu d'articifice de lancement le 30 janvier, des pages entières sont par exemple publiées dans la presse (mais il ne s'agit pas d'inciter à choisir Vista, car le choix n'existe pas). La semaine dernière, Télérama proposait 2 pages à propos de Vista, l'une avec Bouygues Telecom et l'autre avec Canon [1].

Vista soutient le site Vodeo.tv, mais il n'y a rien de Microsoft !

Cette semaine, le numéro de Télérama [2] propose une seule page de publicité, toujours avec le terme « Waouh », intitulée « Waouh à la demande ! Windows Vista et VODEO.TV »

Passons sur le format anglo-saxon des guillemets (") utilisés dans la revue papier alors que le site Web de Microsoft France [3] utilise les guillemets français («»), et considérons le site Vodeo.tv [4] :

  • ses pages Web sont établies avec la technologie PHP (format ouvert) ;
  • son serveur Web utilise le logiciel libre Apache (format ouvert) ;
  • le système d'exploitation du site est le logiciel libre Debian GNU Linux [5] (format ouvert) ;
  • bref, que des technologies ou logiciels ouverts, une merveille, pourrait-on dire.

Dans ce match à propos du contenant, on a donc : Technologies, logiciels et formats ouverts : 1 - Microsoft : 0.

Vista soutient les contenus du site Vodeo.tv, et tout y est Microsoft !

Qu'en est-il des contenus proposés par Vodeo.tv, c'est-à-dire des « reportages, documentaires, interviews et émissions TV » du site ? Comment consulter cette video à la demande ? Voilà ce qu'on peut lire [6] :

La vidéo à la demande n’est pour l’instant pas compatible avec les plates-formes Macintosh et Linux, indépendamment de notre volonté. La technologie de protection des fichiers vidéos, liée à la DRM Windows, n'étant pas encore compatible sur ces plates-formes. Plus d’infos. Les utilisateurs de Macintosh ou Linux peuvent cependant commander nos programmes au format DVD gravés sur demande.

Donc, sans une machine Windows, voire une machine avec Windows Vista, ici point de video à la demande, pas de consultation en ligne et pas d'interopérabilité.

Dans ce match des contenus, on a donc : Technologies, logiciels et formats ouverts : 0 - Microsoft : 1.

Alors, quel résultat final ?

Y a-t-il match nul 1 - 1 ? Oui et non car tout dépend comment on considère les choses :

  • si les contenus ne sont pas plus pris en compte que cela, on peut dire match nul ;
  • en revanche si les contenus sont bien les plus importants, alors Microsoft l'emporte via ses technologies et possède un pouvoir technique de contrôle des données qui lui permet de s'imposer sur les ordinateurs via les contenus qu'il sait seul exploiter.

On risque d'avoir : Vodeo.tv dit c'est pas moi, c'est Microsoft. Microsoft dit c'est pas moi, c'est les majors. Les majors disent ce n'est pas nous, c'est pour aider les consommateurs et pour faire vivre l'industrie. Mais les contenus sont bien le cœur du problème, avec leur format.

Sources et liens :
  • [1] Télérama n°2979 : page 11 Vista et Bouygues Telecom Entreprises, page 13 Vista et Canon
  • [2] Télérama n°2980 : page 15 Vista et Vodeo.tv. et aussi dans le Télérama n°2981 : page 4 (donc en dos de couverture)
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le 22 février, date importante pour la bureautique (et les formats)

Le 22/2 : 2 sociétés, 2 auteurs, 2 lieux

Le 22 février (un jeudi), qui s'écrit presque pareillement au format français (22/2), ou anglo-saxon (2/22), est sans doute une date à retenir, même si elle ne concerne pas vraiment l'Histoire, mais va sans doute compter dans l'histoire du numérique. La pièce se passe en 2007 en 2 fois 2 temps et en 2 lieux.

Acte I : Microsoft Open Letter

Scène 1 : monde, 14 février - Microsoft publie sa longue lettre ouverte Interoperability, Choice and Open XML [1], où la société accuse IBM de mener une campagne globale contre le format Office Open XML.

Scène 2 : France, 22 février - Un très long document à lire, intitulé Open XML ou comment faire d'une bonne spécification un mauvais standard, signé Jean-Marie Gouarné, est publié [2]. Il développe son propos en 5 grandes parties et passe en revue de manière très détaillée le texte de la lettre ouverte de Microsoft. Il y est question du ton employé, du RGI retardé, des coulisses, d'interopérabilité, de l'ECMA, de l'ISO, de substituabilité et de bien d'autres points techniques ou stratégiques. Avec ces 2 dernières phrases de conclusion :

Quelles que soient les arrière-pensées d'IBM, les propos publiés par Jean Paoli et Tom Robertson sont outranciers et ne parviennent pas à masquer une autre vérité : tel qu'il est mené actuellement, le "projet" Open XML est un brûlot lancé contre les efforts de standardisation en cours, et une tentative pour imposer au marché des normes redondantes dont il n'a pas besoin. Si les chiens de garde de la normalisation se laissaient endormir, nous verrions l'excellent dossier technique qu'est Open XML devenir une arme de déstandardisation massive.

Acte II : Google Apps

Scène 1 : monde, 22 février - Google annonce la disponibilité de Google Apps Premier Edition en anglais, dénommé Google Apps Edition Premium en français [3], un ensemble de services en ligne pour les organisations, petites, moyennes ou grandes, du secteur privé comme public. Il s'agit des services :

  • Gmail pour les courriels ;
  • Google Talk pour la messagerie instantanée et les appels téléphonqiues ;
  • Google Agenda pour gérer plannings, réunions et agendas ;
  • Google Page Creator pour créer des pages Web ;
  • Google Document et Tableur, pour le traitement de texte et le tableur.

Une partie de l'offre est gratuite, mais sans certaines fonctionnalités proposées dans la version payante. Et les analyses et les commentaires décrivent cette nouvelle offre de Google comme une attaque contre Microsoft au moment de la sortie de Windows Vista et de Microsoft Office 2007 : travail en ligne via un navigateur contre travail en local via des logiciels dédiés.

Scène 2 : France, 22 février - Un long article à lire, Google : l’offre Bureautique 2.0 "haut de gamme" est disponible ! [4], signé Louis Naugès, développe l'information de Google Apps sous l'angle du Web 2.0 et ici de la « Bureautique 2.0 » et analyse la situation. (Il faut souligner que les articles de Louis Naugès sont toujours abondamment et habilement illustrés, ce n'est pas du format texte comme ce que vous lisez ici !). Son avis général :

C’est un événement majeur et un signal fort : les solutions “Bureautique 2.0” professionnelles sont maintenant une alternative crédible aux approches Bureautique 1.0 (Office, Exchange, Notes ...), utilisées aujourd’hui par plus de 90 % des salariés des entreprises de toute taille, de tout secteur.

ELF : Et Les Formats ? FOO : Fermés Ou Ouverts ?

C'est la question à se poser : ce qui sera produit avec ces outils sera-t-il dépendant uniquement de ces outils, format ouvert ou pas ?

  • S'il est possible d'implémenter Open XML comme un format ouvert, d'autres logiciels que Microsoft Office pourront le proposer ;
  • Google propose les formats .doc, .xls, HTML, ODT, ODS, RTF, CSV [5], pour les textes et les tableaux : bientôt aussi donc le format ouvert ODF ?, d'autant plus qu'il fait partie de l'ODF Alliance depuis juillet 2006.

Ce qui compte avant tout, ce sont les données. La guerre des formats continue, la quête de l'interopérabilité fait rage (et aussi celle de l'archivage, de l'indépendance, de la concurrence et de l'innovation).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

C'est la guerre des formats, dit presque Microsoft

OOXML (Office Open XML) contre ODF (OpenDocument Format), Microsoft contre IBM

Une guerre des formats se déroule en ce moment en bureautique, notamment entre IBM et Microsoft : ce dernier le déclare même dans une « lettre ouverte ». Avant les commentaires et les questions à propos de cette information, voyons tout d'abord la fiche des faits :

  • le mercredi 14 février 2007 (pour la Saint Valentin ? ou pour « le jour pi -1  » ?) ;
  • Microsoft a publié « une lettre ouverte » (An open letter) [1] ;
  • elle est intitulée « « Interopérabilité, Choix et Open XML » (Interoperability, Choice and Open XML) ;
  • elle est disponible sur le site Microsoft Interoperability [2] ;
  • elle est signée par 2 hauts responsables de Microsoft : Tom Robertson, GM Interoperability & Standards et Jean Paoli, GM Interoperability & XML Architecture.
Les propos de la lettre ouverte

Cette lettre ouverte comporte 16 paragraphes répartis en 5 parties identifiées par des intertitres. Pour ce qui est des termes employés dans le texte (hors titre, sous-titres et signatures), on trouve :

  • interoperabilié : 13 fois ; interopérable : 2 fois ;
  • Open XML : 30 fois ;
  • ODF : 10 fois ;
  • standards ouverts : 2 fois.

Ce document a déjà donné lieu à de nombreux articles [3] qui ont repris cette information et qui l'ont commentée. Le point essentiel qui ressort concerne les attaques de Microsoft contre IBM : cité à huit reprises, 2 fois au début (pour son votre contre Open XML à l'ECMA) et surtout à la fin (avec 6 occurences), IBM est associé au terme « campagne » (contre Open XML). Or « campagne » est aussi un terme militaire en temps de guerre.

Des responsables de Microsoft ont d'ailleurs clairement commenté et précisé les choses dans certains des articles parus à propos de cette lettre ouverte :

Cette lettre vise notamment à faire la lumière sur ce qui s'est passé pendant le premier mois du processus accéléré, en termes de bataille politique, de blocage et de lobbying, indique Marc Gardette, responsable Stratégie chez Microsoft. Et au passage, de donner un coup de projecteur sur l'attitude et l'hypocrisie d'IBM à l'encontre de ses clients et enfin, d'éclairer le débat sur les motivations de chacun. Il s'agit également de faire réfléchir les partenaires. [3]

Les remarques et les questions

En résumé, il y a donc un affrontement, une guerre, entre IBM et Microsoft, avec IBM accusé d'agir contre le format Office Open XML de Microsoft, et au profit du format ODF.

Et alors ? Nihil novi sub sole, il n'y a rien de neuf sous le soleil :

  • En 2006, c'est Microsoft qui était presque accusé par Sun de vouloir ralentir les travaux de l'ISO à propos d'ODF : Jim Thatcher, un représentant de Microsoft, avait en effet intégré le comité de l'ISO chargé de normaliser le format OpenDocument, concurrent d'Open XML [4].
  • En France, les actions de Microsoft en faveur de Open XML (donc contre ses concurrents) sont nombreuses et logiques : séminaires, courriers d'information (mairies, préfectures, départements, clients [5]), communications vers la presse, contacts divers... Tous les relais et les réseaux sont naturellement mis en œuvre pour diffuser l'information à propos de ses produits et de son approche. Le contraire serait anormal et serait même une faute professionnelle.
  • Même les structures nationales de normalisation citées dans la lettre ouverte sont des lieux d'affrontement des 2 entreprises : en France il s'agit de l'AFNOR où le comité en charge de déterminer la position française sur Open XML comporte entre autres un (ou des ?) représentants de HP... de IBM... et de Microsoft (avec peut-être pour ce dernier Bernard Ourghanlian ? Cela serait logique au vu de ses titres de CSO, CTO, voire NTO de Microsoft France). Mais la question des membres de ce comité AFNOR demeure, pour Microsoft comme pour les autres.

Finalement, voilà un épisode de plus : il s'agit bien d'une guerre de l'information et de la communication, aux yeux de tous et aussi dans les coulisses, à propos de la guerre des formats, ouverts contre fermés, avec notamment l'interopérabilité et l'archivage comme enjeux.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La NASA se met au mètre !

La NASA adopte le mètre comme unité sur la Lune...

Pour l'instant, la nouvelle n'a guère attiré l'attention que des passionnés de l'espace et des formats.

C'est ce qu'on pourrait écrire comme commentaire concernant la décision de la NASA du 8 janvier. Et cette formulation est aussi un clin d'œil à la première phrase du texte de Jean-Noël Jeanneney le 22 janvier 2005 à propos de Google Books.

Le 8 janvier 2007, la NASA a donc annoncé qu'elle allait désormais utiliser le mètre comme unité de mesure pour toutes ses opérations à la surface de la Lune pour son retour sur notre satellite naturel : « And now the Moon will be metric too. » (et maintenant sur la Lune aussi le système métrique va être utilisé). [1] L'Irlande avait aussi adopté le mètre le 20 janvier 2005.

De l'importance capitale des unités utilisées

Comment échanger ? Comment communiquer ? Il y a 2 possibilités : en utilisant des régles identiques (mais alors sans diversité), ou alors avec des règles différentes mais parfaitement connues de chacun. L'unité de mesure pour les distances ou pour le temps font parties des règles utilisées qu'il faut savoir convertir pour passer de l'une à l'autre si elles ne sont pas identiques (mètre - pied) et ainsi faire preuve d'interopérabilité. Sinon, de gros problème peuvent survenir...

Et les unités de mesure ont des formats ouverts (on sait comment elles sont déterminées et sont utilisables par tous), que ce soit les livres, les pieds, les pouces, le mile, le mètre (distance), la seconde (temps) ou le gramme (masse). Ces 3 dernières unités sont utilisées sur la Terre entière (excepté les États-Unis, le Libéria et la Birmanie) et constitue le système métrique [2].

En plus de la Lune avec le sytème mètrique,... la Lune avec les protocoles ouverts d'Internet

Le texte de la NASA va plus loin que le format ouvert non-électronique des unités de mesure : en effet, les protocoles d'Internet sont envisagés sur la Lune,

La NASA envisage aussi d'adopter d'autres standards pour ses opérations lunaires. Par exemple, une autre idée débattue de manière informelle par les agences spatiales est d'utiliser sur la Lune pour le système de communication le même type de protocoles Internet que ce que nous utilisons tous aujourd'hui sur Terre. « De la sorte, si une petite agence spatiale ou si une compagnie privée veut s'impliquer dans ce que nous faisons sur la Lune, ils pourront déjà dire Hé, nous savons déjà utiliser les communications Internet », a déclaré Jeff Volosin [un responsable de la NASA]. « Cela abaisse la barrière d'entrée. » (gras ajouté). [1]

Et Internet sur Terre reposent sur des protocoles ouverts (Web, courriel, transfert de fichiers,...). La NASA et la Lune deviennent ainsi l'un des meilleurs exemples de l'importance et de l'utilisation des protocoles ouverts.

En résumé : Standards ouverts : objectif Lune !

Sources et liens :
  • Merci à Patrick Guignot et son article Journal : Les standards et l'interopérabilité dans l'exploration spatiale, le 10 janvier 2007, http://linuxfr.org/~patrick_g/23497.html (les commentaires nombreux et riches citent Formats-Ouverts.org et donnent aussi des informations intéressantes)
Et sur Formats-Ouverts.org :

6 heures à 20 Minutes !

Une après-midi de chat sur les formats et les logiciels libres...

Jeudi 15 février, un peu plus de 14h30 : arrivée dans les locaux parisiens du journal 20 Minutes France, boulevard Haussmann, avec une superbe vue sur l'Opéra depuis l'accueil, et aussi une grande salle de rédaction avec les équipes du journal papier, Web et techniques.

Jeudi 15 février, plus de 21h30 : départ des locaux parisiens...

Entre ces 2 moments, une durée de 7 heures et ce fut donc le chat sur le site de 20Minutes.fr, comme annoncé le 12 février. Le site indique que j'ai « répondu à vos questions pendant plus de six heures ! »... et c'est même presque 6h30 [1]. Voici comment et aussi quelques compléments sur les formats.

Le chat a commencé à 15 heures, comme prévu, avec 24 questions (pas chrono) : le mode de fonctionnement était d'avoir devant soi le fichier avec les questions retenues par la rédaction, affichées sur un grand écran plat (il était beau et sentait la pomme...). Le temps pour répondre aux questions était libre, ce qui a donné une dizaine de minutes en moyenne pour chacune (cela passe vite !). Et à chaque fois que la réponse était finie et enregistrée, elle était publiée sur le site... au format ouvert HTML.

Pour le site, le serveur utilise Linux et le logiciel libre Apache, avec la technologie ouvert PHP [2]. Pour les logiciels, Firefox était le navigateur en place sur la machine que j'avais, et même sur d'autres machines apparemment. Pour la durée, le record pour le chat de Tristan Nitot [3] a été battu. Pour les réponses, elles ont essayé d'être les plus complètes :

  • mais en tapant assez vite, des coquilles se sont tout de même glissées... ;
  • la formulation et le ton (le format ?) du texte sont différents de celui de Formats-Ouverts.org.

Anecdote statistique : 3 jus d'orange, 2 petites bouteilles d'eau et 1 chocolat chaud ont été bus lors des presque 6h30 (de petites baisses de concentration ont parfois émaillées l'après-midi). Et les gobelets utilisés n'étaient pas prévus que pour une boisson et acceptaient tout liquide : interopérabilité.

Autre anecdote : je me trouvais dans l'espace de la rédaction du journal en ligne et j'ai entendu parlé de « l'affaire Duhamel » (partie d'un blog de 20Minutes.fr, [4]) toute l'après-midi... sans comprendre de quoi il s'agissait avant de poser la question vers 19h à ma première pause.

Enfin pour les réponses sur les formats lors du chat, le terme d'archivage n'a pas été cité (mais archives) et il n'est pas précisé que l'interopérabilité (mentionnée plusieurs fois) sera d'autant plus possible qu'il y a utilisation de standards ouverts. Et le prisonnier d'une capsule n'a pas été mentionné...

Dernier point, le format ouvert des liens hypertextes a été oublié dans le mot de fin à la 24e question : or c'est un point important que de pouvoir faire un lien vers une page Web, sans imbrication mais sans demande d'autorisation.

Merci à l'équipe de 20 Minutes et bonne lecture et utilisation du chat.

(Et pour les pressés voilà 24 sujets qui ont été évoqués : l'éducation nationale, le B2i, l'AFNOR, ODF et OXML, Microsoft, le RGI et le CCI, les brevets logiciels, l'Assemblée nationale, VB, Firefox, OpenOffice.org, le piratage, Vista, les écrans HDCP, le HDMI, les DRM, la vente liée, les consoles, les formats, les emplois en informatique, Apple, les DVD, DeCSS, les HD-DVD et les Blu-ray.)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Vista est là

Et si on ne veut pas de Vista ?

(Voici comme annoncé en notules) - Le mardi 30 janvier 2007 était lancée la dernière version de Windows, dénommée Vista : un feu d'artifice et une soirée à La Défense, un train pour assurer la promotion, des dépenses très importantes en communication et donc une omniprésence médiatique, des interrogations sur les DRM,... : les sujets sont très nombreux à propos de la sortie de Windows Vista, y compris celui des prix de la mise à jour ou de l'achat au détail.

Mais oublions ces points pour considérer une situation très simple, l'achat d'un ordinateur neuf avec 2 questions : qu'en est-il alors du prix de Vista ? et si l'acheteur ne le souhaite pas ? Les 2 réponses sont simples : on doit connaître les prix détaillés et on doit pouvoir acheter la machine dépourvue de logiciels.

Qui dit cela ? La loi. Et aussi des réponses ministérielles publiées en 2005 qui indiquent la même chose : la vente liée (« la subordination de vente ») est interdite, le prix détaillé des logiciels fournis doit être indiqué. Pourtant la loi n'est pas respectée, au point que des actions en justice sont menées, comme celle très forte d'UFC-Que choisir en décembre (avec constat d'huissier). La DGCCRF s'est aussi emparée du dossier fin 2006 [1].

Et alors pour Windows Vista ? On ne peut que compter sur le respect des lois de la part des constructeurs et des éditeurs, dont Microsoft. Ce dernier ne peut être que très favorable à faire acte de transparence envers les consommateurs et à demander à ses partenaires de se conformer aux règles en vigueur (ou d'agir directement). Pour une saine et véritable concurrence (en l'état actuel il ne peut y avoir d'échec des ventes de Vista, chaque ordinateur étant vendue avec) et pour une information et un choix des consommateurs.

Ici, avant même les standards ouverts et l'interopérabilité, il s'agit d'être conforme à la loi : possibilité d'acheter une machine dépourvue de logiciels (format nu), affichage des prix détaillés. C'est ce que demande le groupe de travail Detaxe [2] et le site de la pétition Racketiciel [3] initiés par l'AFUL, avec l'excellent travail de nombreux volontaires très actifs, soutenus notamment par les associations AFUL, APRIL et ADULLACT. Début février 2007, une lettre ouverte a aussi été adressée aux constructeurs et aux distributeurs d'ordinateurs, pour en finir avec les racketiciels. [4].

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les formats permettent-il de deviner l'avenir ?

Jamais 2 sans 3, grâce au format ? Un essai avec la société M...

(Voici comme annoncé en notules) - Cet article s'inscrit dans la lignée du « Il voit des formats partout » (dans le domaine non-numérique), avec ici un article da la catégorie humour.

Les formats permettent-ils de prévoir l'avenir ? Pour la date de sortie de Mac OS X, cela avait été presque juste... et pour ses noms, cela était entièrement juste (mais très facile, félin oblige). Est-ce aussi possible pour pré(entre)voir une carrière ? Essayons...

Le parcours professionnel est un format ouvert. En effet, la formation (!) et l'expérience donnent un CV qui est assez souvent proche (ou avec des points communs) selon les professions, ce qui est logique : le « bon format » est parfois d'avoir fait l'ENA, dans d'autres domaines règnent les X-Mines-Telecom, les HEC-ESSEC-ESCP-MBA ou l'école des Chartes ou telles facultés-universités. Et il ne s'agit pas du tout de parler de formatage (!), au contraire.

Parfois, au détour des pages du Web que l'on lit régulièrement, et sans être des services de renseignements, il arrive de croiser des informations qui donnent envie de faire des prévisions... Comme par exemple en rapprochant les textes de différents communiqués de presse à propos de nominations...

Et voici donc la prévision pour un haut poste... (attention : le format est direct et très « recruteur-bateleur ») : « Tu travailles chez un industriel de la cigarette, et avant tu étais avocat dans un cabinet parisien, et avant tu as connu le monde de la politique, et tu as fais des études de droit... et bien tu seras nommé(e) chez Microsoft France, à la tête du Département des affaires Juridiques et Publiques ! » Veuillez excuser le tutoiement, un peu osé. Pourtant c'est (presque) sûr : si vous êtes dans le cas ci-dessus, vous remplissez les conditions pour être le (la) troisième à suivre ce parcours, toujours identique à 2 reprises depuis la création du poste en 2003. Ainsi, vous confirmerez l'adage populaire « Jamais 2 sans 3 ». Et cela, grâce au format, c'est fou ! (ou FOo ?) :-)

Pour le tirage de l'Euro Millions du vendredi 9 février 2007 au soir, avec 100 millions d'Euros en jeu, le format gagnant est toujours le même : un joueur avec les bons numéros. Ah ces formats...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Loi sur l'égalité des chances : et les décrets sur l'accessibilité des sites Web ?

Quid des décrets à propos des formats ouverts et accessibles des sites Web ?

Cela fait 2 ans : pour l'appel de Jean-Noël Jeanneney à propos de la Bibliothèque numérique européenne ou pour le texte d'Éric Kriss à propos des standards ouverts dans l'État du Massachussets.

C'est aussi les 2 ans de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Pour marquer cette date, Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille a communiqué sur le sujet : il y a eu une Communication lors du Conseil des ministres du mercredi 7 février 2007 [1], précédée d'un petit-déjeuner presse "Loi Handicap : 2 ans après, bilan de mise en œuvre et perspectives pour les personnes handicapées" [2].

Ce bilan concerne entre autres les domaines de l'emploi, de la scolarisation, de l'accessibilité de lieux publics, des aides, avec de nombreux arrêtés et décrets : des progrès sont faits [3].

Mais un point semble oublié : qu'en est-il de l'accessibilité numérique ? Cette accessibilité était l'objet du premier Forum Européen de l'Accessibilité Numérique le 29 janvier et placé justement sous « le Patronage de Monsieur Philippe BAS Ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille ».

L'accessibilité des sites Web doit faire l'objet de décrets fixant les modalités d'application précises. Car les sites Web publics doivent (ou plutôt devront) se conformer aux standards ouverts de l'accessibilité pour être ouverts à toutes et à tous, avec une vraie interopérabilité. Or pour l'instant, rien n'est paru et la loi ne peut s'appliquer aux sites Web publics, même si certains prennent déjà en compte et intègrent ce point important.

Espérons que ces décrets attendus sont en cours de finalisation avec une prochaine parution pour ainsi voir se réaliser l'une des 12 prévisions positives de 2007 plutôt que l'une des 12 négatives.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Conférence record à Lille : une série de points

Avant la conférence du 1er février, voici celle du 11 janvier

Voilà le deuxième record : je ne veux pas parler des statistiques mensuelles de Formats-Ouverts.org, mais de la durée d'une conférence. En effet, les presque 3h30 d'intervention à Ouagadougou le 26 septembre 2005 (un lundi) sont désormais talonnées par les presque 3h de cours à Lille.

Ainsi, le 11 janvier 2007 (un jeudi), je suis intervenu toute l'après-midi à l'IUT A de l'université Lille I [1] devant des étudiants de licence professionnelle Systèmes Informatiques et Logiciels, option DA2I (Développement et Administration de sites Internet et Intranet) [2].

Le format de ma présentation était « tableau-feutre », sans diaporama avec liste à puces mais en écrivant comme les étudiants et en construisant ainsi l'intervention.

Voici donc ci-dessous les points dont il a été question, avec des liens vers des articles qui les développent :

Lire la suite

La baladodiffusion, le séminaire et la visite : oui, mais à quels formats ?

Quels formats audio utiliser ?

La Semaine du son 2007 est à peine terminée depuis le 20 janvier que l'audio était encore à l'honneur avec un séminaire éducation nationale... qui renvoyait aux visites de Versailles... avec les formats en arrière plan.

Séminaire : « La baladodiffusion de contenus de cours dans l'enseignement supérieur »

Ce séminaire était organisé par la SDTICE (la Sous-Direction des Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Education) [1] du Ministère de l'éducation nationale, les 22, 23 et 24 janvier 2007 à Paris.

Ce séminaire réunit environ soixante dix participants, représentants des Universités Numériques Thématiques, des Universités Numériques Régionales et des établissements d’enseignement supérieur ayant un dispositif de diffusion opérationnel via des outils numériques nomades ou prévoyant d’en créer un très prochainement. Mais il s'adresse également aux néophytes qui désirent s'initier à la diffusion pour baladeur et aux enseignants du secondaire à la recherche de pistes pour enrichir leurs méthodes d'enseignement.

Podcaster, baladodiffuser et multiplier les contenus audio est très bien. Et voici la question ELF : Et Les Formats ? En effet quel format pour ces fichiers :

  • fermés et propres uniquement à un (ou des) appareils ? Il faut alors l'appareil pouvant seul lire le fichier numérique : sans lui, travail inexploitable...
  • ouverts ? Les contenus sont alors largement utilisables sans contrainte de matériel particulier.

Donc quelle interopérabilité, sans oublier le sujet de l'archivage de ces documents numériques pour réutilisation ou pour conservation.

La visite de Versailles : quel format audio pour quel audioguide numérique ?

Il est possible d'effectuer la visite du Petit Trianon du château de Versailles [2] avec un baladeur audio : on se promène et on a des explications dans les oreilles. Comme le dit la formule utilisée sur le site :

Le podcast de la Reine, sur le Roi des audioguides numériques. [3]

Mais quel est donc ce « Roi » ? Il s'agit de l'iPod : en effet, la visite en question se fait avec le baladeur d'Apple [4]. Et 2 choses sont fournies : le commentaire audio de la visite et l'Ipod pour l'écouter, car les 2 vont ensemble. Plus précisément, les 2 sont même inspéparables : en effet, le fichier un fichier audio d'Apple (format AAC) n'est a priori lisible qu'avec le baladeur d'Apple. Un format fermé et un appareil pour l'utiliser (et aussi un site pour acheter les contenus).

Si le projet de « Grand Versailles Numérique » [5] décide de changer de baladeur, il faudra avoir des fichiers à des formats autres que celui de l'iPod. Cela est peut-être possible par une simple transformation. Mais le format utilisé n'est pas ouvert. Avec toujours les mêmes sujets d'indépendance, de réutilisation et d'archivage.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Triple bilan : décembre 2006, l'année 2006 et les 2 ans et demi de FOo !

Le dernier mois, l'année et les cinq semestres de Formats-Ouverts.org (FOo)

Après les vœux, voici les bilans. Le tout sous forme de triplet !

En effet après les triples vœux (de FOo, du Président ou des candidats), voici le triple bilan : mensuel, annuel et des 30 mois ! Si vous êtes curieux de (vous retrouver dans les) statistiques, si vous aimez les chiffres, les classements et les bilans, voilà des informations...

Le mois de décembre 2006 : le cap mil !

Voilà, le cap du 1000e article a été dépassé.. Il était annoncé le 1er décembre et ce fut donc « le trio du millième » avec le 999e (et ses plus de 99 titres, le 900e jour), le 1000e (avec son panorama en 1000 mots) et le 1001e avec la réponse illustrée à la question « Connaissez-vous le format des communiqués de presse ? » (il y avait déjà eu en mai 2005 un texte au format communiqué de presse, mais dans celui de décembre 2006 vous avez échappé aux expressions « leader sur son marché », « n°1 », « élu meilleur site » et autres expressions de com'... comme « site phare-culte-évènement-phénomène-mythique-légendaire » !).

Pour les statistiques :

  • plus de quatre-vingt mille visiteurs différents (80 510) : 2e meilleur résultat ;
  • presque 190 000 visites (188 670), soit plus de 6 000 visites/jour : 2e score aussi ;
  • presque 490 000 pages (483 154), soit plus de 15 500 pages/jour : 5e résultat ;
  • presque 800 000 hits (785 285) : record ;
  • plus de 30 Go (31,59 Go) : record.

Pour le palmarès des articles les plus lus en décembre, on a : HD Ready ou Full, le prisonnier d'une capsule, le site de Ten Mobile, la PSP, le câble HDMI et Microsoft et le Massachusets.

L'année 2006 : on double (ou presque) !

2006 est la deuxième année complète, d'où la tentation de comptabiliser en comparant d'une année sur l'autre, ce qui donne :

  • plus de 2 millions de visites (2 053 134), contre 1,1 million en 2005 ;
  • plus de 5,5 millions de pages (5 534 692), contre 3,3 en 2005 ;
  • plus de 8,2 millions de hits (8 248 635), contre 4,3 en 2005 ;
  • plus de 250 Go de données (253.38 Go), contre 132 en 2005 ;
  • 393 articles (428 en 2005, baisse) ;
  • 11 conférences ou interventions (27 en 2005, baisse) ;
  • la responsabilité du thème Standards ouverts - Interopérabilité lors des RMLL 2006 à Vandœuvre-lès-Nancy, avec 16 conférences.

Le palmarès de l'année 2006 pour les 6 articles les plus lus :

Les 2 ans et demi

Fin 2006 cela signifie aussi les 5 semestres, les 2,5 ans, les 30 mois ou les 5 demi-bougies de Formats-Ouverts.org, après les 6 mois, les 12 mois, les 18 mois et les 24 mois.

Pour compléter quelques chiffres généraux à propos du site entre le 1er juillet 2004 et le 31 décembre 2006 inclus :

Et finalement

Tout simplement merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture et bonne utilisation. Vivent les standards ouverts et l'interopérabilité ! Fin du format bilan et en avant pour le travail FOo de 2007, avec quelques prévisions... positives et négatives.

Et sur Formats-Ouverts.org :

C'est important : 2 diplômes sur le numérique

Le 19 décembre, l'INA annonce 2 diplômes liés au numérique pour 2007

Le journal Le Monde a publié le 19 décembre 2006 un entretien avec Emmanuel Hoog [1], renouvellé comme administrateur de l'INA (Institut national de l'Audiovisuel) le 15 décembre [2], et qui sera sans doute réélu aussi président en janvier 2007.

En 6 questions, l'article dresse la situation de l'INA, que ce soit avec la mise en ligne d'archives video et audio ou au travers de la coopération internationale avec l'Afghanistan ou le Cambodge.

Il est aussi question de la sauvegarde du patrimoine télé et radio ainsi que de sa numérisation : la France est ainsi « le premier pays à garantir la pérennité des images télévisées et des sons radio. »

Pour 2007, le président de l'INA annonce la création d'une école de télévision, de radio et de multimédia, avec l'université de Pékin et l'université de Californie (UCLA), à Bry-sur-Marne (siège de l'INA). Première rentrée en octobre 2007. Et de préciser :

Deux filières conduiront à des diplômes d'État : conservateur du patrimoine audiovisuel et numérique et producteur audiovisuel et numérique.

Que ce soit pour la conservation, la numérisation ou les 2 diplômes de conservateur et de producteur, la question des formats et de l'archivage numérique se pose : formats ouverts ou pas, gestion des supports ou encore métadonnées.

Autres articles :
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

« Le site Formats-Ouverts.org franchit les 1000 articles » : le communiqué de presse inédit qui explique aussi les communiqués de presse (et leurs formats)

Le premier communiqué de presse auto-explicatif et à propos des 1000 articles de Formats-Ouverts.org

Pour diffusion immédiate - Paris, le mardi 19 décembre 2006, 23h50

Le site Formats-Ouverts.org a publié son millième article au lendemain de ses 900 jours d'existence.

Pour souligner le passage à ses plus de 1 000 articles, le site Formats-Ouverts.org, FOo en abrégé, a mis en ligne un « trio du millième » :

  • le 999e article propose plus 99 titres neufs possibles pour des documents à propos des formats ;
  • le 1000e article dresse un panorama des formats, protocoles, normes et standards ;
  • le 1001e article est ce communiqué de presse inédit.

En effet, les lignes de ce communiqué de presse sont les premières à expliquer en action le format des communiqués de presse, tout en traitant des 1 000 articles de Formats-Ouverts.org. Ainsi, en exclusivité dans la version en ligne, les mots en gras soulignés affichent d'autres informations : passez votre souris sur ces mots, et un texte apparaît... [1]

Outre ce décodage inédit du communiqué de presse, Formats-Ouverts.org a donc fêté dimanche 17 décembre ses 900 jours d'existence et a publié le lendemain son 1000e article. Le site Formats-Ouverts.org existe depuis le 1er juillet 2004 et traite des formats, protocoles, normes et standards dans le monde numérique (et même ailleurs). Ce sont plus de 25 catégories qui expliquent les enjeux et l'importance des formats ouverts dans la société de l'information.

« La publication fin juin 2004 dans le Journal Officiel de la définition d'un standard ouvert [2] a été un signe fort qui m'a définitivement décidé à ouvrir le site. Aujourd'hui, dépasser la barre des 1000 articles en 900 jours est très symbolique. » déclare Thierry Stœhr, cocréateur et rédacteur en chef de Formats-Ouverts.org. « Au départ, il y a presque 2 ans et demi, le sujet me semblait déjà riche et important. En fait, c'est plus encore : les formats sont omniprésents dans le monde numérique et le sujet est vital : la diffusion des informations, la conservation du patrimoine numérique relèvent par exemple directement de l'usage ou non des standards ouverts. » Et de conclure en précisant : « Actuellement, j'ai deux à trois fois plus de notules (de petites notes manuscrites ou informatiques) sur des sujets d'actualité à traiter que ce qui est publié. Le travail occuperait facilement à plein temps. ».

Pour Sylvain Lhullier, cocréateur de Formats-Ouverts.org et responsable technique du site « ces 1 000 articles, plus d'un par jour, montrent la richesse du sujet des formats, comme dans l'archivage ou l'interopérabilité. Le site s'est installé dans le paysage des ressources en ligne, avec le parti pris d'informer et d'expliquer à partir de l'actualité. Ce n'est pas un blog personnel mais un blog de veille et d'explications. » Pour l'infrastruture technique dont il a la charge, Sylvain Lhullier ajoute : « Tous les outils logiciels du site respectent les formats ouverts tant au niveau juridique que technique : ce sont des logiciels libres. Ainsi, par exemple, Debian GNU/Linux pour le système d'exploitation, Apache pour le serveur web ou MySQL comme base de données. Une mention spéciale à DotClear pour la gestion de contenu et la publication [3]. La fréquentation du site est en augmentation constante depuis son lancement, avec actuellement presque 200 000 visites mensuelles, et une marge de croissance importante. » En avant pour le deuxième millier d'articles !

Contact presse : Thierry Stœhr, courriel : contact(@)formats-ouverts.org

Références :

  • [1] Le format ouvert HTML permet cet affichage grâce à la balise <acronym>
  • [2] « On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre. », Journal Officiel n° 143 du 22 juin 2004, la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004, article 4, page 11 169, http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ECOX0200175L

À propos de Formats-Ouverts.org : quelques points,

  • lancé le jeudi 1er juillet 2004 ;
  • le slogan : Pour les formats ouverts !
  • les 2 questions récurrentes : Et Les Formats ? Fermés Ou Ouverts ? (ELF FOO)
  • 1001 articles au 19 décembre 2006 ;
  • 29 catégories ;
  • plus de 6 400 visites par jour ;
  • près de 1 Go de données transférées par jour ;

999e article : Des titres, des slogans et des formules sur les formats (pas) neufs (neufs neufs)...

Comme indiqué dans le titre, vous lisez le 999e article de Formats-Ouverts.org. De plus, ce 17 décembre 2006 (un dimanche), cela fait 900 jours que le site a été lancé [1].

Voilà donc le premier article du « trio du millième », avec les 999e, 1000e et 1001e articles. Et pour ce 999e, voici une série de titres, slogans ou formules à propos des formats, ouverts ou pas :

  • ils sont neufs (neufs neufs) car pas encore utilisés ni écrits ;
  • ils ne sont pas neufs (neufs neufs) car ils reprenennt des formulations déjà existantes qui ont des formats ouverts (d'où ces clins d'œil, parodies ou détournements).

Bonne lecture de la (longue) liste, un format approprié dans ce cas (la source de la formulation est laissée à la recherche des lectrices et lecteurs...).

Lire la suite

« La musique n'a jamais été aussi mobile ! »

Une publicité pour la musique « mobile »

De grands panneaux publicitaires au format 4 par 3 (soit 3 m x 4 m) le clament un peu partout en France : « La musique n'a jamais été aussi mobile ! », dixit SFR [1].

Comme elle est « mobile », elle peut donc circuler une fois acquise via son téléphone portable :

  • vers son ordinateur ?
  • vers son baladeur numérique ?
  • vers sa chaîne hi-fi ?
  • vers son disque dur externe ?
  • vers son CD gravé pour autoradio ?

Et bien non ! Pour chaque appareil, il faut presque une acquisition ! Pas d'interopérabilité. Car dans la publicité, c'est le téléphone qui est « mobile », mais pas vraiment la musique. Et derrière cette impossibilité de rendre sa musique mobile entre tous ses appareils, il y a les formats utilisés, avec des verrouillages (les DRM). Alors, musique emprisonnée (avec des formats fermés) ou musique vraiment mobile (avec des formats ouverts) ?

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Messageries instantanées de Microsoft et de Yahoo! : elles se parlent !

Windows Live Messenger et Yahoo! Messenger communiquent (quant aux autres messageries...)

Le 12 octobre 2005, l'annonce tombait : un communiqué de presse de Microsoft et Yahoo! annonçait « un accord d'interopérabilité » entre les messageries instantanées de chaque société.

Le 13 juillet 2006, un autre communiqué annonçait la suite : « une interopérabilité sans précédent entre Windows Live Messenger et Yahoo! Messenger ».

Début décembre 2006, les choses sont en place avec les versions disponibles en ligne et les textes officiels :

Vous pouvez maintenant utiliser Yahoo! Messenger pour discuter en direct avec vos amis qui sont sur Windows Live™ Messenger. Site de Yahoo! [1]

Maintenant, sur Windows LiveMessenger, vous pouvez même parler avec vos amis connectés à Yahoo! Messenger ! Site de Microsotf [2]

Messageries interopérables ? Le mot n'est pas utilisé. Messageries compatibles ? Pas d'utilisation non plus. Les pages sur les 2 logiciels parlent de « échangez avec » ou de « discutez avec », et c'est tout à fait exact. Dire que les 2 messageries sont compatibles est également juste. Mais peut-être que compatible peut faire penser à incompatibilité, ce qui est négatif et qui n'est pas le cas (à condition d'avoir tout de même les dernières versions de chaque logiciel...).

Finalement :

  • il est possible de présenter les choses simplement, sans abuser du mot interopérabilité utilisé systématiquement ;
  • il est tout de même incroyable que pour échanger ou discuter avec les autres, ces autres doivent avoir l'un des 2 logiciels et uniquement ceux-là ! A contrario pour le fax, le courriel ou le téléphone, les appareils de n'importe quelle marque permettent de communiquer.

Toujours est-il que le protocole utilisé n'est pas ouvert et que l'interopérabilité n'est pas de mise dans le monde des messageries instantanées, alors qu'un protocole ouvert existe, Jabber/XMPP.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les 3 records FOo de novembre

La vie de Formats-Ouverts.org (FOo) en novembre 2006

Voici le retour de l'article au « format du bilan du mois écoulé » dans la Vie du site, et l'avant dernier pour 2006 (le pénultième dans un format de langue soutenue). Et revoici des records, entre autres.

Donc depuis le lancement il y a 29 mois :

  • record avec presque 83 000 visiteurs différents (exactement 82 885) ;
  • record avec plus de 193 000 visites (193 307), soit plus de 6 400/jour ;
  • record avec plus de 765 000 hits (765 421) ;
  • 2e meilleur résultat (derrière octobre 2006) pour les données transférées avec 23,41 Go ;
  • pour la 5e fois, plus de 475 000 pages (476 481), proche du demi-million...

Le palmarès de novembre des articles les plus lus parmi les 977 en ligne (jusqu'au 30/11), dont les 31 en novembre :

  1. Ten et son site Web
  2. HD Ready et Full HD
  3. Les DRM et les ventes
  4. « Prisonnier d'une capsule »
  5. La définition des standards ouverts dans la loi française
  6. Le câble HDMI...

Il y a aussi eu la décision de l'Assemblée nationale d'avoir les ordinateurs des députés français entièrement avec des logiciels libres (Linux, OpenOffice.org, Firefox, messagerie), c'est-à-dire des logiciels à format ouvert. Bien plus modestement une conférence à Sceaux.

Merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture et bonne utilisation. Vivent les standards ouverts et l'interopérabilité.

Une toute dernière chose : l'en-tête du site indique que la barrière des 970 articles a été franchie, et donc le millième article, avec aussi le 999e et le 1001e, sont bien en vue pour décembre...

Et sur Formats-Ouverts.org :

« Format plénitude »

Des photos en grand format, et au format argentique

« Format plénitude » : (il y a des formats partout) tel est le titre de l'article de Luc Desbenoit [1] à propos du photographe franco-vietnamien Jean-Baptiste Huynh.

Il s'agit d'une exposition de photos « en grand format » et « rendues imposantes par leur grand format (1,20 m x 1,20 m) », à Paris [2]. Et ici pas de format numérique des photos, mais le format argentique et une « technique photographique » avec « négatif pris au grand format, à vitesse très lente, à tirage aux sels de chlorure d'argent dévoilant d'infinies nuances entre le noir et les blancs ».

La photo argentique, même si elle n'est plus de masse, a un format aux caractéristiques que le numérique ne possède pas, et inversement. Avec pour le numérique des formats qui ne sont pas toujours ouverts ni interopérables.

Sources et liens :
  • [1] Article Format plénitude, de Luc Desbenoit, page 60, rubrique ART, journal Télérama n°2966 au 18 au 24 décembre 2006
  • [2] Exposition Jean-Baptiste Huynh, le regard à l’œuvre, du 24 octobre 2006 au 14 janvier 2007, à l'École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA), 13 quai Malaquais, Paris 6e
Et sur Formats-Ouverts.org :

Réinventer le HTML (LE format ouvert)

HTML : version à-jeter-ML ou version à-garder-ML ?

Le Web repose sur des standards ouverts comme le protocole ouvert HTTP ou le format ouvert HTML. Le HTML a évolué au fil du temps, avec plusieurs versions différentes (de la 1.0 à la 4.01), y compris avec du HTML version XML, le XHTML (en version 1.0 voire 2.0). Le format ouvert HTML est capital.

Le HTML est établi au sein du consortium World Wide Web, le W3C. Mais le HTML et son évolution technique provoquent des débats, qui vont jusqu'à l'existence du groupe de travail dissident WHATWG [1] à côté du groupe de travail du W3C. Avec aussi des affrontements entre experts du HTML (dont Karl Dubost et Daniel Glazman [2]), et en quelque sorte une impasse d'où Tim Berners-Lee, père du HTML, propose de sortir dans un article publié fin octobre 2006, « Réinventer le HTML » [3].

Il faut souligner que tout ce processus d'élaboration et de discussion de formats ouverts se passe ouvertement, sans que ce ne soit un seul acteur qui décide et impose unilatéralement les décisions. Avec comme souci l'interopérabilité. (Et pour mieux comprendre encore ces coulisses, 2 articles clairs).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La Chine a son format ouvert de bureautique

La Chine a développé son propre format ouvert de document

La Chine et les formats : elle a déjà décidé d'avoir son propre format pour les prochains DVD, le EVD, Enhanced Versatile Disc, pour ne pas subir des brevets étrangers. Elle a décidé d'avoir son format pour la bureautique.

Un article de Andy Updegrove [1] détaille les informations connues : il s'agit de l'Uniform Office Format (UOF), développé depuis janvier 2002, et soutenu de manière officielle et importante par les autorités et structures chinoises. UOF concerne le traitement de texte, le tableur et les présentations. Et UOF serait un format ouvert, basé sur le XML.

La raison de ce choix stratégique est de ne pas subir de lock-in (emprisonnement) et de maîtriser les formats de ses données. Mais aussi de ne pas avoir de marché fermé. Des passerelles de travail et aussi techniques sont en place entre l'OASIS avec ODF et la Chine avec UOF pour que les 2 formats soient compatibles.

Entre 2 formats ouverts, établir des outils pour passer de l'un à l'autre est une chose assez aisée d'un point de vue technique et juridique : cela assure l'interopérabilité. Et libre à chaque acteur d'inclure un format ouvert dans son logiciel.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Octobre : records, encore

Bilan d'octobre 2006 sur Formats-Ouverts.org

C'est un octobre rouge dans la vie du site Formats-Ouverts.org (FOo) : rouge car toutes les mesures ont dépassé tous les maxima établis depuis le lancement il y 28 mois. Donc des records, encore :

  • plus de 75 000 visiteurs uniques (75 082) ;
  • près de 190 000 visites (187 887) soit plus de 6 000 visites/jour en moyenne ;
  • presque un demi-million de pages vues (493 361) ;
  • près de 750 000 hits (747 513) ;
  • presque 24 Go de données transférées (23,94).

Record aussi avec 4 conférences en un mois : Dijon le 10, Lyon le 14, Lille le 18 et Strasbourg le 28.

Pour ce qui est des articles, 32 en octobre, pour un total de 946 articles en ligne : donc très bientôt les 950 et aussi les mille articles en vue... Une nouvelle catégorie est apparue, Éducation & formation. Et octobre 2006 était un mois avec un vendredi 13...

Le palmarès des 6 articles les plus lus est : Ten et son site (qui est passé au HTML), la HD Ready, le « Prisonnier d'une capsule », la définition des standards ouverts, les DRM et les ventes et le format WMV à l'Assemblée nationale.

Merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation. Vivent les standards ouverts et l'interopérabilité.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Les DRM, c'est fini...

Les MTP, c'est fini aussi... et à la place, il y a...

Ne dites plus DRM, ne dites plus MTP : fini les Digital Rights Management, fini les Mesures Techniques de Protection...

En effet, le journal officiel a publié dans son numéro 249 du 26 octobre le texte suivant [1] de la Commission générale de terminologie et de néologie, dans la rubrique Avis et communications, Avis divers à propos du Vocabulaire de la culture :

gestion des droits numériques
Abréviation : GDN
Domaine : Audiovisuel-Communication
Définition : Mise en œuvre des différents procédés destinés à protéger les droits afférents à la diffusion de contenus sur supports numériques
Équivalent étranger : digital rights management (DRM)

Il faut donc dire maintenant qu'il y a des GDN sur de nombreux de fichiers et que la GDN touche de nombreux domaines comme la bureautique, la musique, la télévision ou la VoD.

Pour ce qui est des standards ouverts, le journal officiel en donne aussi une définition.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La télévision par ADSL : ils s'en occupent...

Télé par ADSL avec Microsoft TV ou Intel Viiv : et les formats ?

La télévision : dans sa version la plus répandue et la plus simple, il suffit d'avoir un poste et de le brancher à une prise électrique et à une antenne de réception. Il y aussi les chaînes payantes (avec décodeur), le câble ou le satellite (avec sa parabole).

Mais dans chacun de ces cas, ni la marque ni le modèle de la télévision n'entrent en ligne de compte. Petite ou grande, récente ou pas, la télévision est interchangeable : c'est l'interopérabilité en action.

Les deux dernières évolutions s'appellent télé via ADSL et télé HD : et on retrouve encore les formats...

  • pour la télévision Haute Définition, c'est toute la chaîne de matériel qui est en jeu ;
  • pour la télévision par ADSL, les boitiers (les « box ») de chaque fournisseur constituent le point de passage.

Et parfois, il y a aussi un autre boitier spécial pour la télé par ADSL. C'est ce que propose par exemple Club Internet ou les fabricants de PC de salon équipés de la technologie Viiv d'Intel.

TV à la demande avec système exclusif Microsoft TV indique la publicité de Club Internet [1]

Plus besoin de magnétoscope ni d'enregistreur coûteux dans votre meuble TV ; un PC Intel Viiv se charge de les mettre au placard. avancent les documents d'Intel [2]

Et du côté des formats ? DRM, HDMI, HDCP, DTCP/IP et autre HD Ready ou Full HD sont là. Plus clairement, des formats liés au numérique mais peu ouverts et plutôt à contrôler les usages des contenus.

Et pourtant, la solution Microsoft TV se réclame des standards ouverts...

Sources et liens :
  • [2] Magazine Connecté La mobilité et les loisirs numériques par Intel, page 21, numéro livré avec le magazine Télérama, octobre 2006
Et sur Formats-Ouverts.org :

Vente de musique sans DRM : vraiment ?

Les sites FNACMusic.com et VirginMega.com vont vendre de la musique sans DRM ?

C'est la nouvelle tombée le 20 octobre : les sites de la FNAC et de Virgin vont vendre des morceaux de musique numérique sans DRM, ces composants qui rendent la musique inutilisable hors d'un cadre matériel et logiciel précis.

Alors, restons calme : selon la chronique de Jérôme Colombain [1], il s'agit d'une intention, d'une rélexion pour Virgin. Pour la Fnac, deux chansons de Aaron sont disponibles en téléchargement payant mais sans DRM.

Donc : d'un côté, « on réfléchit » et de l'autre 2 chansons... La marge de progression est importante... Symboliquement, ce qui compte c'est la prise de conscience d'une part, et le fait que ces 2 sociétés en parlent officiellement d'autre part.

Et tout le monde est favorable à l'interopérabilité voire aux standards ouverts : distributeurs, majors de la musique, industriels de l'informatique, syndicats de gestion des droits. Mais avec son format et sa vision de l'interopérabilité... Comme le dit aussi Jérôme Colombain, « ça va durer encore longtemps ? » [2].

Rappelons qu'il y avait déjà eu Yahoo! Music fin juillet qui vendait une chanson sans DRM... Et il y a aussi des sites de vente de musique au format ouvert Ogg Vorbis.

C'est donc à suivre par des actes : à l'approche de Noël, une opération spéciale avec cette fois 4 chansons sans DRM chacun ? Et Apple avec iTunes qui propose 2 fichiers pour commencer en fanfare ?... Qui dit mieux ?...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

La TNT gratuite : et 1, et 2, et 3... et aussi zéro...

La TNT gratuite en chiffres, et les formats

Le 15 octobre 2006, la couverture en Télévision Numérique Terreste (TNT) touche 66% de la population avec l'ouverture de nouveaux émetteurs. Tel est le calendrier de déploiement de la TNT, après les essais en janvier 2005, le lancement du 31 mars 2005, la suite en octobre 2005 et juin 2006. Sur les pages d'information ou de publicité à propos de la TNT gratuite, on peut lire 3 arguments :

  • 1 : La gratuité
  • 2 : La qualité
  • 3 : La simplicité

Pour compléter, on peut aussi avancer :

  • 1 (et 1) : pour 1 TNT gratuite (18 chaînes)... et aussi 1 TNT payante (11 chaînes)
  • 2 : pour les 2 formats différents : un pour la TNT gratuite (format MPEG2) avec un décodeur et un pour la TNT payante (format MPEG4) avec un décodeur
  • 3 : pour le 3e larron, les DRM avec sa chaîne technique à posséder (câble HDM, écran spécial avec HDCP)
  • et zéro format ouvert utilisé
  • et zéro information sur le site de la TNT gratuite : tout est en Flash, donc le site n'existe pas aux yeux d'un moteur de recherche, donc son contenu n'est pas référencé, donc sans lecteur Flash pas d'information [1].

Bonne TNT tout de même. Et pendant ce temps là... à Nice, l'université de Sophia Antipolis utilise le format video ouvert Ogg Theora.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les formats ouverts à Strasbourg

Une conférence à Strasbourg

Jamais deux sans trois dit le dicton populaire : donc en octobre, après Lyon le 14 et Lille le 18, ce sera pour finir l'Alsace avec Strasbourg.

Ainsi, le samedi 28 octobre se déroule la journée Rentrée du libre à l'IUT d'Illkirch [1]. Elle est organisée par le Groupe d'Utilisateurs Linux de Strasbourg, le Flammekueche Connection [2]. J'interviendrai dans l'après midi avec comme sujet :

Formats et standards ouverts, interopérabilité : qu'en est-il exactement ? Tour d'horizon d'un sujet capital à l'ère du numérique qui VOUS concerne, voire vous menace directement.

Rendez-vous donc le 28, au format de visu, entrée gratuite.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

VOD, FranceTélévision et DRM

La VOD de FranceTV : avec des DRM

La video on demand, la VOD : comme TF1 et ARTE, France Télévision s'y est lancée, avec son site FranceTVOD [1]. Ce site propose des fichiers video « compatible avec Windows Media Player 9 » : c'est donc le format video Windows Media Video (WMV) qui est utilisé.

Mais l'article précédent qui développait cette information n'était pas assez complet : il manquait les DRM !

En effet, les fichiers video en question ont des dispositifs techniques de protection (DRM) qui fixent les droits d'utilisation : on peut regarder la video et « la visualiser via un écran d'ordinateur mais uniquement via l'ordinateur par lequel vous avez commandé et acheté la ou les Vidéo(s), » [2]

On a donc un fichier utilisable sur une seule machine : pas de tranfert possible vers une autre machine, pas de copie de sauvegarde. Et si vous changez de machine ? Fichier inutilisable aussi... Cela rappelle des problèmes identiques avec la musique numérique : en cas de changement de matériel, fichiers de musique inutilisables... Interopérabilité et formats ouverts : ici, point de cela.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

« Garantie de l'ouvrage : 120 ans » Et pour les formats ?

Millau, son viaduc et 2 questions sur les formats

Connaissez-vous la sérendipité ? (si vous êtes pressé, vous pouvez passer au 3e paragraphe, mais c'est un peu dommage pour suivre le cheminement...) La sérendipité, ou comment trouver par hasard une information intéressante voire celle recherchée, notamment au gré des liens hypertextes entre les pages Web.

Ainsi, au départ il y a le XIe sommet de la Francophonie. La société RyXéo y était présente. Elle avait un blog, Bucarest 2006 avec une série d'articles. Et parmi ces articles, il y en a un à propos des formats, avec ce passage [1] :

Imaginez que les plans du viaduc de Millau soient dans un format de fichier lisible par un seul logiciel et que ce logiciel vient à disparaître d'ici 10 ans (très probable dans le domaine de l'informatique) comment feront les réparateurs du viaduc lorsqu'il faudra faire appel aux plans initiaux pour concevoir des réparations ?

Cette question est claire et pertinente : comment archiver de tels plans s'ils sont au format numérique ? L'article comporte un lien vers le site du viaduc de Millau [2]. En se rendant sur ce site, on trouve les « Chiffres clés » de la page Les chiffres de tous les records [3]. Et on lit tout en bas de la page les 2 lignes suivantes :

Durée de la concession : 78 ans - 3 ans de construction et 75 ans d'exploitation

Garantie de l'ouvrage : 120 ans

78 ans... 120 ans... ce sont des durées proches de l'éternité aux yeux de l'informatique... Et donc seconde question : dans plus de 70 ans ou dans plus d'un siècle, comment faire pour consulter les plans de cet ouvrage d'art ? quel est le format des plans en question et des informations ?

  • format électronique : comment lire ces données dans autant de temps ? car les matériels et les logiciels vont évoluer... des formats ouverts, certes, mais la gestion des informations sera capitale ;
  • les 2 formats : une version papier (en plusieurs exemplaires) conservée dans des conditions spécifiques et une version numérique, en plusieurs exemplaires aussi ?

Dans cet exemple concret du viaduc de Millau, on ne peut pas se poser la question de savoir s'il est pertinent de conserver les informations techniques : la conservation est obligatoire. Cela renvoie à la problématique de l'archivage électronique et du patrimoine numérique : les 5 questions à se poser sur les formats ne sont pas à oublier.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le format PDF à la GEIDE

Présentation d'Adobe Acrobat 8

Le 13e Forum de la GEIDE (Gestion Electronique d'Informations et de Documents pour l'Entreprise) se déroule les 3, 4 et 5 octobre 2006 au CNIT Paris La Défense [1]. Cette rencontre se définit comme « le lieu de rencontre annuelle des professionnels de la Geide, de l'information et du document numérique, des offreurs de solutions et des décideurs des entreprises utilisatrices. ».

Comme toute manifestation liée au numérique, et encore plus à propos des documents numériques et de l'infodoc, le sujet des formats est omniprésent, comme en 2004. En 2005, Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF) était intervenu à propos de la Bibliothèque numérique européenne.

Pour cette édition 2006, le fait marquant explicite à propos des formats concerne Adobe et le PDF. En effet, il est annoncé : « Adobe présente officiellement le nouvel ADOBE® ACROBAT® 8 à l'occasion du Forum de la Geide 2006 ». [2]

Le communiqué de presse [3] indique que la gamme de logiciel Acrobat 8 sera disponible à partir de novembre 2006. Question : Et Les Formats ?

  • pour les langues : en anglais, français, allemand et japonais ;
  • pour les matériels et systèmes d'exploitation : Windows (sans doute à partir de XP) et Mac OS X (en version binaire universelle pour microprocesseur PPC ou Intel) ;
  • pour le format PDF : c'est la sixième version du Portable Document Format, dont les spécifications techniques sont disponibles et utilisables [4].

Certes Adobe est le seul concepteur du format PDF et aussi son propriétaire, mais il est ouvert et permet l'interopérabilité : outre ceux d'Adobe, le PDF est lu par de nombreux logiciels, et le PDF est créé par de nombreux autres logiciels que ceux d'Adobe (de LaTeX - comme pour le PDF d'Ouagadougou - à OpenOffice.org, en passant par divers programmes). Ce format PDF a même donné lieu à un affrontement en juin 2006 entre Adobe et Microsoft qui a décidé de le proposer directement dans sa suite Office 2007.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Bilan de rentrée

Le mois de septembre sur FOo

Records de septembre sur Formats-Ouverts.org (FOo), avec :

  • presque 73 000 visiteurs différents (72 984, soit 20 000 de plus qu'en janvier et devant les presque 68 000 de mai) ;
  • plus de 183 000 visites (183 251), soit plus de 6 100 par jour en moyenne ;
  • 23,38 Go de données.

Pour le nombre de pages, 484 520, c'est le 3e meilleur score (derrière mai et juin), même place que pour le nombre de hits, 730 323 (et troisième fois à plus de 725 000 hits).

Pour les articles, le 900e a été publié (c'était le cap des 100 il y a 2 ans...), avec donc un total de 914 articles en 27 mois, dont 32 en septembre. Le palmarès des 5 articles les plus lus donne : le cas Ten Mobile, les DRM et les ventes, la HD Ready et FullHD, le « prisonnier d'une capsule » et la définition d'un standard ouvert.

Au niveau présentation, le texte de l'en-tête a changé avec une brève présentation du site, mais pas encore de logo.

Dans le domaine non-électronique, un article au conditionnel sur le format des séries télé a devancé les réactions réelles... Signalons aussi le format log, la chaîne qui enchaîne, les 5 questions à se poser, sans oublier Thierry Breton ou les députés.

Merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité. Et peut-être de visu en octobre en conférences à Lyon, à Lille ou à Strasbourg.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Table des billets d'octobre 2006

Les 32 articles publiés en octobre

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 3 dans Manifestations, 1 dans Web, 2 dans Logiciel, 11 dans Général, 1 dans Archivage, 4 dans Conférence, 1 dans Premiers pas, 2 dans Non-électronique, 1 dans Éducation & Formation, 2 dans Entreprise, 1 dans Politique, 1 dans Notules

La VOD de FranceTV : devinez...

France Télévisions lance son site de video à la demande : et les formats ?

Voici le site france tvod, « france télévisions à la demande » [1].

Rien de surprenant que ce type de site soit lancé : la VOD, (Video On Demand) est d'actualité et se développe fortement avec les accès hauts débit disponibles et le nombre important de personnes connectées.

Rien de surprenant non plus pour les formats : inutile de poser l'une des 5 questions, la réponse est la même pour TF1 comme pour ARTE.

Donc, clients de france tvod, voici les informations [2] :

Compatible PC - Notre offre est compatible avec Windows Media Player 9 pour Windows (et suivants)

Apple Macintosh - Notre offre est compatible avec Windows Media Player 9 pour MAX OS X.

Linux - Nous vous invitons à consulter le site de MPlayer (www.mplayerhq.hu, en anglais) pour examiner la compatibilité de ce player avec notre offre.

Voilà. Le marché de la VOD n'est pas du tout un marché où les clients sont aussi égaux que ceux qui utilisent un appareil de télévision classique : le format hertzien non-numérique est interopérable, sans écarter des marques, des appareils et des téléspectateurs.

Pour ce qui est du contrôle de l'information en ayant la maîtrise du format, pour ce qui est de l'archivage et de la mémoire numérique, les contenus de la télévision ne sont peut-être pas assez importants pour utiliser des formats ouverts.

La vraie mémoire numérique pérenne qui se constitue est celle des fichiers bureautiques avec le format ouvert ODF, c'est-à-dire les successeurs des documents papiers avec textes et tableaux : le papier est finalement toujours devant ! Il semble possible de dire : éteignez et oubliez le poste de télévision.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Mac ou PC ? Peu importe : le plus important, c'est le format des données !

Ce qui compte par dessus tout, ce sont VOS données et leurs formats

Petit rappel de (formats de) vocabulaire :

  • Mac est initialement le nom en abrégé de l'ordinateur Apple Macintosh lancé le 22 janvier 1984 lors d'une publicité restée célèbre et qui connut un tel succès (pour ses ventes comme pour son interface graphique et sa souris) que le nom de ce modèle est devenu le nom générique des machines Apple et de logiciels (comme Mac OS X) [1] ;
  • PC signifie en anglais « Personnal Computer », soit en français Ordinateur personnel ou Ordinateur individuel (comme le nom d'un magazine informatique en France) [2] ;
  • au sens ci-dessus, un Mac est un PC ; mais les termes sont restés comme étant opposés pour désigner les machines Apple et celles non-Apple utilisant des processeurs Intel ou AMD comme les IBM PC Compatibles... et même si les machines Apple incorporent des puces Intel depuis 2006.

Alors, vous êtes Mac ou PC ? Très forte en communication, Apple a souvent avancé dans des campagnes sa différence (« Think different ») ou sa supériorité (les bonhommes Intel en combinaison qui flambent). Actuellement, la société joue aussi sur d'autres caractéristiques de ses machines au travers de petits films publicitaires avec 2 personnages : un jeune, tenue et attitude décontractées (« je suis un Mac ») et un monsieur un peu rond à lunette en costume cravate (« je suis un PC ») [3].

Remarque : on peut avoir une machine PC avec le logiciel Windows ou un ordinateur Mac avec le logiciel Mac OS X, mais aussi sur chacun des 2 matériels Linux (pour moi iBook avec Ubuntu) ou BSD (voire Windows ou OS X sur le matériel concurrent).

Et alors, quelles sont les différences entre ces différents mondes de matériels et de logiciels ?

Au risque de décevoir ceux qui trouvent le design ou les logiciels des machines Apple supérieurs (ou ceux qui pensent prix des PC), la vraie différence se situe sur ce qui est le plus important : les données, vos données.

Et encore une fois, la même des 5 questions se pose : « Et Les Formats ? ».

Si les formats de vos données sont fermés et dépendent d'un logiciel utilisable que sur un type d'ordinateur avec un système d'exploitation particulier, alors vos données sont emprisonnées : impossible de subsituter le Mac au PC, ou inversement ; les ordinateurs ne sont pas interchangeables pour utiliser vos données.

En revanche si vos données sont à des formats ouverts pour votre musique, vos video, vos fichiers bureautiques, vos photos et leurs métadonnées, vos courriels ou votre carnet d'adresses, alors ce que vous avez créé ou acquis est indépendant du logiciel ou du matériel.

La chronique de Jérôme Colombain du 29 septembre 2006, « Mac et PC réconciliés ? » [4], le souligne très bien : la musique, la photo ou la video numériques utilisent des formats qui sont propres au PC (sur PC) ou au Mac (sur Mac). Mais des formats qui ne sont pas ouverts et qui ne sont pas compatibles : pas d'interopérabilité.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Formats : 5 questions à se poser

Dites FMLSG, pour Format-Métadonnées-Licence-Support-Gestion

Les formats se retouvent presque partout, dans le domaine technique ou pas, avec la question récurrente ELF, « Et Les Formats ? », formulée aussi en « Et Les Formats, Ouverts Ou Fermés ? » (ELF FOO).

Cette interrogation peut aussi se décliner de manière plus précise dans 5 domaines, avec 5 questions :

  • technique : Et Les Formats ? (ELF) Les formats de fichiers, les protocoles ou les langage de programmation utilisés sont-ils ouverts ?
  • information : Et Les Métadonnées ? (ELM) Les informations sur les informations (auteur, titre, date,...) sont-elles ouvertes ?
  • juridique : Et La Licence ? (ELL) Qu'en est-il précisément des droits d'utilisation des informations, des logiciels ou des technologies ?
  • matériel : Et Les Supports ? (ELS) Les matériels (ordinateurs, assistants personnels) et les supports (CD, disques durs,...) avec leurs prises (USB, Firewire,...) sont-ils toujours disponibles ?
  • administratif : Et La Gestion ? (ELG) Un suivi précis de la vie des documents et des supports est-il en place ?

Les réponses à ces questions sont capitales pour l'interopérabilité et l'archivage, mais aussi pour l'innovation, la sécurité, la concurrence et l'indépendance.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Les formats ouverts au sommet de la Francophonie

Une entreprise, un stand, un produit et les standards ouverts

La semaine du 25 septembre 2006 est une semaine marquée au niveau international par la Francophonie [1]. En effet, à Bucarest en Roumanie, outre la XXVIe Assemblée générale de l’AIMF (Association Internationale des Maires Francophones) [2] le 26 et 27 et après les Assises de l'Union de la presse francophone du 24, se réunissent au Palais du Parlement les instances francophones :

  • le lundi 25 : la 61e session du CPF (Conseil permanent de la Francophonie) ;
  • le mardi 26 : la 22e session de la CMF (Conférence ministérielle de la Francophonie) ;
  • et enfin le jeudi 28 et vendredi 29 : le XIe sommet de la Francophonie [3].

Le thème de ce XIe sommet de Bucarest est « Les technologies de l’information dans l’éducation » : les sujet des formats, ouverts ou pas, et de l'interopérabilité ne sont donc pas loin.

Parmi les exposants présents cette semaine à Bucarest, il faut signaler le stand de la société RyXéo [4], avec la solution AbulÉdu professionnelle [5] : outre la présentation de cet excellent produit en logiciels libres, elle va aussi fortement parler des « enjeux liés aux formats de fichiers » :

C'est le pendant « données libres » des logiciels libres, il est peut-être même encore plus important. Il faut pouvoir garantir l'accès aux données durablement, seuls les formats de fichiers ouverts et documentés vous garantissent la pérennité de vos informations !! Combien d'utilisateurs de logiciels de traitements de texte sous DOS peuvent encore ouvrir leurs archives qui ont à peine 10 ans ? Tous ceux qui ont pensé à utiliser des formats de fichiers ouverts peuvent dormir sur leurs deux oreilles, les autres par contre ? [6]

Comme il y a 1 an pour le séminaire à Ouagadougou, c'est l'actif INTIF (Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation, [7]) qui participe à cette opération.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Conférence aux JDLL 2006

Une conférence à Lyon

Le samedi 14 octobre 2006, de 10h à 11h, j'interviendrai à Lyon pour une conférence lors des 8e Journées Du Logiciels Libres (JDLL) [1], organisées par l'ALDIL (Association Lyonnaise pour le Développement de l'Informatique Libre) [2]. Le thème des JDLL 2006 est Logiciels Libres, Sécurité, Développement Durable.

Ce sera donc sous cet angle que je traiterai des standards ouverts et de l'interopérabilité :

Standards ouverts, logiciels libres, sécurité et développement durable : même combat ! Les standards ouverts sont une des caractéristiques fondamentales des logiciels libres. Pour la sécurité, ils sont un outil essentiel. Quant au développement durable, il est plus que pertinent de les utiliser. L'intervention dressera le tableau de la situation et des liens entre ces différents domaines.

Sources et liens :

Et sur Formats-Ouverts.org :

Les formats en université d'été

Lors de l'université d'été de l'UDF, les formats ouverts lors d'un débat

Du 31 août au 3 septembre 2006, l'UDF tenait son université d'été à La Grande Motte [1]. L'une des table-rondes organisées était intitulée Logiciel libre et DADVSI [2].

Les 3 invités, Gaël Duval (créateur de Mandrake Linux) [3], Sylvain Zimmer (site Jamendo.com) [4] et Richard Stallman (président de la FSF) [5], ont traité avec la sénatrice Catherine Morin-Desailly [6] puis débattu entre autres des formats (ouverts ou pas), de l'interopérabilité, des DRM.

Comme déjà écrit sur Formats-Ouverts.org, il faut souhaiter que ces sujets seront de plus en plus présents, notamment dans le domaine politique (il y a eu fin juin une rencontre MSR-RMS).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

« Pérenniser le document numérique »

Un séminaire sur la pérennisation des documents numériques

Du 2 au 6 octobre 2006 se tiendra à Amboise (Indre et Loire), une importante manifestation. Il s'agit du Séminaire INRIA IST 2006, dont le sujet est Pérenniser le document numérique [1].

Le programme [2] est donc constitué de 5 jours, avec des ateliers et aussi 8 conférences données par 6 conférenciers et 2 conférencières (toutes deux de la Bibliothèque nationale de France, BnF, et toutes deux prénommées Catherine) qui traiteront entre autres :

  • des DRM, lors de Économie du document numérique de Jean-Michel Salaün (EBSI) ;
  • de l'archivage d'information lors de longue intervention (presque tout le mardi) Gestion de la pérennisation des données : aspects fonctionnels et techniques de Catherine Lupovici (BnF) ;
  • des formats des fichiers de données lors de Accéder au contenu des textes : l'apport des outils de traitement de la langue et de fouille de textes de Yannick Toussaint (INRIA) ;
  • des Archives Ouvertes avec Publication Scientifique : quelle pérennisation ? de Gabriel Gallezot (URFIST Nice) ;
  • des formats de numérisation avec Archivage numérique des documents anciens. Nouveaux systèmes d'accès aux documents manuscrits numérisés de Bertrand Coüasnon (IRISA - INSA)
  • des formats juridiques Approche juridique et technique de la dématérialisation de Philippe Bazin (Emo Hébert & Associés) ;

Cette semaine de conférences s'inscrit dans la lignée d'autres manifestations (mais plus courtes) sur le sujet :

Comme à propos des déclarations de hauts responsables, le sujet des archives numériques, de la pérennité et de l'utilisation des documents numériques est indissociable du sujet des formats, fermés ou ouverts, de l'interopérabilité, sans oublier les supports (l'exemple de la NASA est à rappeler...).

« Les fichiers numériques sont-ils pérennes ? » La réponse est non, comme pour d'autres objets. Donc pour les archives, cela nécessite effort et gestion. Mais que faut-il conserver ? « Qui archive bien détruit bien. »

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Un grand chef informatique pour la Défense

Nomination d'un « DSI » pour la Défense

Le Ministère de la Défense [1] est doté depuis mai 2006 d'une Direction générale des systèmes d'information et de communication (DGSIC) [2]. Le Directeur nommé à sa tête est Jean-Paul Gillybœuf, Ingénieur Général de l'Armement. Ce poste, DGSIC (Directeur général des systèmes d'information et de communication) de la Défense, est très important et couvre les 3 armées (de terre, de l'air, Marine) et les différentes structures relevant de la Défense nationale.

Et les formats, les standards et l'interopérabilité sont forcément un sujet capital pour la DGSIC et son Directeur. D'une part car il y a déjà des réalisations importantes dans le domaine, comme celles de la Gendarmerie nationale, d'autre part car le sujet a été cité il y a 1 an à propos d'un porte-avion et enfin car Jean-Paul Gillybœuf l'indique clairement dans une interview à 01 Informatique [3] :

Une difficulté supplémentaire vient de ce que nous devons préserver la sécurité de nos communications informatiques ou téléphoniques, tout en étant interopérables avec nos partenaires étrangers. (gras ajouté)

Pour être interopérable, les standards ouverts constituent une réponse pertinente et puissante, tout comme pour la sécurité et la performance des systèmes de la Défense.

Sources et liens :
  • [2] Textes officiels :
Et sur Formats-Ouverts.org :

C'est une histoire de chaîne qui enchaîne...

Quand un élément (le format) en implique un autre (le logiciel) qui en nécessite un troisième (la version) et un quatrième (le système d'exploitation) pour finir avec un cinquième (le matériel)

Le mot « chaîne » peut être compris au sens « d'éléments qui se succèdent » : la chaîne alimentaire, la chaîne de l'information ou de production avec leurs différentes parties qui en constituent les maillons. On peut aussi comprendre le terme au sens d'entrave et d'emprisonnement : être enchaîné.

Dans le monde du numérique, les 2 sens sont souvent présents simultanément : il y a une chaîne logicielle et matérielle, due aux conditions techniques, et cette chaîne est aussi source de limitations fortes.

Prenons un exemple où toute ressemblance avec l'actualité très récente est volontaire, mais non exclusive (voir plus bas).

« Voilà toujours plus de video en ligne ! » : vous pouvez acheter, puis regarder, des émissions de télé, des clips video et maintenant aussi des films de cinéma. Comment faire ?

« C'est très simple » répond (forcément) l'éditeur : vous allez sur un site Web et vous achetez et visionnez en quelques clics. C'est exact, mais ce n'est peut-être pas aussi facile, ni aussi complet comme description.

Reprenons les choses pas à pas :

  • pour le site : c'est un site Web, mais consultable uniquement avec un logiciel spécial, du fait du format du site Web ;
  • pour les émissions, video, films : ce sont des fichiers numériques, mais utilisables uniquement avec un logiciel spécial, du fait du format de ces contenus ;
  • pour le logiciel : c'est un programme gratuit et téléchargeable, mais utilisable uniquement avec certains systèmes d'exploitation, du fait des formats techniques ou de contrôle (les DRM) ;
  • pour les systèmes d'exploitation : c'est le logiciel qui fait fonctionner les ordinateurs, mais qui existent en différentes versions plus ou moins récentes, du fait des formats techniques ;
  • pour les différentes versions : c'est l'amélioration logique des programmes qui fait que ces versions existent au fil du temps, mais qui sont liées aux performances des matériels ;
  • pour les matériels : c'est l'élément physique, mais qui est plus ou moins récent, plus ou moins performant.

Conclusion : en partant d'un simple contenu numérique, son format peut déterminer toute la chaîne des éléments nécessaire à son utilisation (un peu emprisonné comme on peut l'être par une capsule de café). C'est logique en un sens, il y a des caractéristiques techniques. Mais le danger est tout de même là : si le contenu n'est utilisable qu'avec certains logiciels que sur certaines machines du fait du format fermé, la facilité et l'universalité disparaissent.

L'universalité ? Oui, celle qui fait que sur toute télévision on peut voir les chaînes hertziennes classiques ; que sur tous téléphones, fixes ou mobiles, on peut appeler son correspondant ; qu'avec tous les appareils radio, on écoute les émissions de radio ; que tous les lecteurs de CD permettent d'écouter les vrais CD audio ; et auparavant, même chose pour les disques 45 et 33 tours et les cassettes audio avec n'importe quel appareil, tourne disque et magnétophone. On appelle aussi cela l'interopérabilité. Et elle est très liée à l'utilisation de formats ouverts.

Pour finir, 3 précisions :

  • tout d'abord, l'interopérabilité est en action dans ces lignes : vous lisez ce texte dans un logiciel (un navigateur Web ou encore un lecteur RSS), quel que soit son nom et sa version, avec une machine (ordinateur, téléphone portable récent, assistant numérique), quel que soit sa marque, son modèle et son âge ;
  • ensuite l'exemple précis derrière cette description est la disponibilité de films de cinéma sur le site iTunes Store d'Apple (avec le logiciel iTunes 7), annoncée mardi 12 septembre lors de la keynote de Steve Jobs au salon Apple Expo à Paris [1] ;
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Quand le nouveau site Web paraît...

Mais que sont les anciennes pages devenues ?

Annonce sur le site gouvernemental Internet.gouv.fr [1]:

Le site de l’Education nationale fait peau neuve La nouvelle version du site de l’Education nationale est en ligne depuis le 1er septembre 2006. Ergonomie, attractivité : plus qu’une évolution graphique, le site a bénéficié d’une véritable refonte. [2]

Se pose alors la question de la mémoire, du patrimoine et de l'archivage : que sont les anciennes pages devenues ?

Certes, le contenu précédent peut être encore en ligne, mais comme l'indique l'article, il y a une autre présentation graphique. Comment alors consulter l'ancienne version du site, au titre par exemple d'études sur l'histoire et l'évolution des sites Web ? Pour ce qui est des adresses de pages précises (les URL), on suppose qu'il n'y a pas de modification et que la pérennité des références existantes est bien effective.

Certes, le format HTML des pages Web est un format ouvertl'interopérabilité est la plus présente, et l'archivage ne pose pour ce point pas trop de problème. Mais les pages Web ont un format de présentation qui compte aussi : dans le monde du format papier, il y a les différentes éditions des documents qui permettent de se pencher sur leur évolution, à condition qu'elles soient conservées, ce qui est normalement le cas.

Alors pour les sites Web, comment procéder :

  • est-ce sur le site Web en question que les anciennes versions seront disponibles ? L'exemple du site des archives du site du Premier Ministre est à ce titre à signaler [3] : « Le site www.archives.premier-ministre.gouv.fr, permettant l'accès aux versions successives du site du Premier ministre, constitue une véritable base de données de l'activité gouvernementale. » Les versions depuis 1996 sont disponibles.
  • l'ancienne version sera-t-elle sur un site spécial dédié à l'archivage ? Site national, site indépendant ?
  • il n'y a plus rien : les informations ne sont plus disponibles, perdues, comme pour le site des Universités d'été de la communication. Mais faut-il tout conserver (le projet existe) au nom du numérique en apparence plus facile à archiver ? « Un bon archiviste est un bon destructeur » peut-on apprendre...

Cet exemple et les questions qu'il soulève concerne bien sûr tous les sites Web, publics, associatifs, privés voire personnels : c'est la question de la mémoire du Web et du patrimoine produit par les différentes structures.

Sous l'angle des formats, on peut aussi relever 4 points quant à cette nouvelle version du site de l'éducation nationale :

  • point positif : plusieurs flux RSS à un format ouvert XML, « Tous les fichiers R.S.S. doivent être conformes à la spécification X.M.L. 1.0, publiée sur le site Web du World Wide Web Consortium (W.3.C) » [4]
  • point positif : la politique de lien hypertexte, « Le site www.education.gouv.fr autorise, sans autorisation préalable, la mise en place de liens hypertextes pointant vers ses pages », sans lien profond avec imbrication et avec mention de la source [5]
  • point positif : l'annonce d'un effort pour l'accessibilité du site, « Les pages sont mises progressivement en conformité avec les recommandations du référentiel commun des critères d'accessibilité des services Internet de l'administration française pour respecter la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. » [6]
  • pont négatif : le non-respect du format ouvert XHTML : les pages sont déclarées en XHTML 1.0 Strict, mais non valides selon l'outil en ligne Validator du W3C [7]

Le travail réalisé est à souligner et le site saura sans doute encore s'améliorer, souhaitons même avec les archives des versions précédentes.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les mésaventures d'un journaliste et chroniqueur high-tech au pays de la musique numérique

Le troisième épisode des mésaventures de Jérôme Colombain avec les DRM

Voici encore une histoire de formats (mais plus celle de la NASA) dans l'un des 3 domaines où on les « rencontre facilement » et très souvent, la musique numérique (les 2 autres étant les DVD et Internet).

Le journaliste et chroniqueur Jérôme Colombain de France Info raconte sur son site [1] ses péripéties avec sa « musique achetée légalement ». Mais cette histoire n'est hélas pas spécifique à une personne mais peut concerner tout le monde...

Donc, vous avez acheté des morceaux de musique sur Internet. Ils ont des DRM, mais vous ne vous en rendez pas comte et cela ne vous intéresse pas car cela fonctionne : vous pouvez les écouter sans problème. Jusqu'au jour où...

  • changement de disque dur, vous passez à plus gros par exemple : à cause de ce nouveau matériel, les morceaux de musique ne sont plus reconnus et inutilisables... (c'était le 3 février, [2]) ;
  • vous réussissez à pouvoir écouter à nouveau vos morceaux après l'aide de spécialistes, mais impossible de jouer la musique sur un autre ordinateur de votre domicile... (c'était le 18 février, [3]) ;
  • et enfin, en installant Windows Media Player 11, puis en le désinstallant car cela ne fonctionne pas, même problème : le système de gestion des droits numériques ne s'y retrouve plus, et la musique est encore une fois perdue... (c'était le 28 juin, [4]).

Conclusion de l'article de juin :

J’ai comme l’impression qu’il y un truc qui n’est pas encore tout à fait au point dans cette histoire de DRM...

En effet... l'interopérabilité n'est pas de mise et les formats ouverts ne sont pas de rigueur.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Fin du troisième été

Bilan du 26e mois de FOo

Septembre est là, c'est la rentrée ! Alors, voici le bilan mensuel de la vie du site Formats-Ouverts.org (FOo) pour août 2006.

Vous étiez en vacances en juillet ou en août, sans connexion ou vous n'avez pas trop suivi les articles de FOo (qui a continué chaque jour des 2 mois estivaux, ou presque...) ? Alors voilà 2 conseils de lecture pour vous remettre dans le bain des formats :

Outre ces 10 articles sur un total mensuel de 33 (et un total général de 882 fin août), ce fut un peu « ton d'été » : un peu plus d'humour, avec Orange, les cartes, les « Relations Publiques Criteo », un jeu ou l'interopérabilité selon Microsoft. Et aussi Maryilyn Monroe et une grille de Sudoku.

Les statistiques reflètent les vacances : après les records de mai et de juin, petite baisse générale,

  • près de 60 000 visiteurs uniques (59 126 ; 5e meilleur score de l'année), pour la 4e fois consécutive ;
  • plus de 160 000 visites (162 764 ; 5e), comme depuis mai ;
  • plus de 450 000 pages (456 276 ; 5e) comme tout 2006 (sauf février et avril) ;
  • presque 650 000 hits (647 659 ; 5e) pour la 4e fois consécutive ;
  • et 20,41 Go de données transférées.

Pour le palmarès des articles les plus lus en août, les 4 premiers sont le site invisible de Ten, la définition de standard ouvert, les DRM et les ventes et « Prisonnier d'une capsule ».

Au cours de mes 22 jours de vacances, Apple Mac OS X était revenu aux commandes de mon iBook, mais le retour de Linux Ubuntu, version Dapper 6.06, est effectif depuis le 22 août, un mardi (la même date que 11 mois auparavant).

Merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Après 26 mois, comprenant l'été 2004 et 2 saisons complètes, en avant (toujours bénévolement) pour 2006-2007 ! (ou 2006/2007 ou 2006 2007 selon le format d'écriture...).

Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité ! Et bonne rentrée !

Et sur Formats-Ouverts.org :

Table des billets de septembre 2006

Les 32 articles publiés en septembre

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 1 dans Notules, 1 dans Humour, 11 dans Général, 1 dans Archivage, 6 dans Manifestations, 1 dans Non-électronique, 1 dans Premier pas, 2 dans Web, 1 dans Ressources, 1 dans Interopérabilité, 2 dans Politique, 1 dans Conférence, 1 dans Synthèse

Et sur Formats-Ouverts.org :

Le format du vrai

Marylin Monroe et sa cicatrice : retoucher la photo ou pas ?

Fin juillet 1962, Marilyn Monroe [1] fit une séance de photographies avec Bert Stern [2] pour le magazine Vogue [3]. Certaines étaient des nues et Marilyn demanda au photographe si on verrait la cicatrice qu'elle avait à la suite d'une opération de la vésicule biliaire 6 semaines auparavant. Réponse :

Si c'est le cas, on pourra toujours la retoucher. [4]

Le dimanche 5 août 1962, Marilyn Monroe fut retrouvée morte dans son lit. La publication du reportage photos de Bert Stern était prévue le lendemain, et elle eut lieu.

C'était il y a 44 ans (le format des 15 ans ou des 40 ans est passé). Déjà alors la possibilité de retoucher une photo pour en supprimer des éléments était une pratique possible. Bien avant, les photos officielles dans certains pays appliquaient aussi cette technique pour enlever des personnes tombées en disgrâce.

Pourtant, il y a près d'un demi siècle, pas de photo numérique, pas de logiciel de retouche photo. Mais déjà la possibilité de corriger le réel ou de modifier le vrai, car si la photo ne montrait pas la cicatrice, elle ne correspondait pas à la réalité. De nos jours, retoucher les photos au format numérique est facile et puissant, que ce soit pour des amateurs comme pour des professionnels (yeux rouges, éclairages, luminosité, contraste,...).

Mais alors, qu'est-ce qui est réel ? Quel est le format du vrai ? Est-ce ce la réalité vue de ses propres yeux in situ plutôt que sur des photos retouchées ou des films aux images travaillées (et même cette réalité est différente par exempe entre une personne daltonienne ou pas) ? Les outils et les possibilités des formats numériques, ouverts ou pas, peuvent ne pas représenter fidèlement le monde de manière importante.

Sources et liens :
  • [4] Magazine L'œil de l'exposition, Marilyn La dernière séance The Last Sitting, page 3, éditions Artclair, 2 euros
  • Exposition, Marilyn Monroe La dernière séance The Last Sitting, du 29 juin au 30 octobre 2006, avec 59 photographies de Bert Stern de 1962, pour la revue Vogue, Musée Maillol - Fondation Dina Vierny, Paris, http://www.museemaillol.com (format Flash)
Et sur Formats-Ouverts.org :

Définition : l'interopérabilité au format humour

Une définition de l'interopérabilité originale...

Prenons cette information sous l'angle de l'humour (comme ce fut déjà le cas de la « gêne » à propos de Visual Basic) : le site de Microsoft France propose Le Jargonaute dans ses pages Microsoft Communautés.

Le titre de la page dans le navigateur est : « Le Jargonaute : le langage IT... comme vous n'avez jamais osé le parler ». Sur la page, on lit :

Le Jargonaute proposé par MicrosoftTechNet et msdn

Ce Jargonaute propose des définitions de termes, le format est presque toujours le même : le mot, suivi de sa prononciation en alphabet phonétique et le genre, une définition et enfin un exemple un peu décalé. Pour la définition du mot Interopérabilité on lit :

Interopérabilité - adj

Capacité de plusieurs systèmes à fonctionner ensemble.

- Réu de débrief de demain quinze heures avec Valentine
- Ah non ! Le débrief, je veux bien, mais pas avec Valentine, on est juste pas interopérable, tous les deux.

Questions : des systèmes différents ou pas ? Car si tous les systèmes sont tous identiques, ils fonctionnent forcément ensemble. Et les formats et protocoles utilisés : des standards ouverts ou pas ?

Quant à être « juste pas interopérable, tous les deux », on devrait plutôt écrire « compatibles » (comme par exemple « Steve Ballmer n'est juste pas compatible avec Larry Page et Sergey Brin »). D'ailleurs la compatibilité est souvent confondue avec l'interopérabilité.

Pour ce qui est d'« adj », soit adjectif au format abrégé, interopérabilité est un nom commun masculin (nm au même format abrégé). C'est interopérable qui est un adjectif.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le format spécial été

Ah ces formats estivaux...

Non, Formats-Ouvert.org ne plonge pas dans le grand sommeil d'août, qui plus est lors du long week-end du 15 août. Et pas de tournée des plages, ce « format été ».

Le bon format, c'est en effet « la tournée des plages » ou (format plus accrocheur en anglais) les « Beach Tour » : les radios avec leurs partenaires le font, même les partis politiques s'y mettent. Il y a aussi « le format été » appliqué aux sports.

Ainsi, il y a la tournée du Mondiale de billes [1], ou encore le rugby, le football et le volley :

  • avec un nouveau nom au format plus « plage » : cela donne le beach rugby, le beach soccer et beach volley [2] ;
  • des tenues « au format été » : ainsi les joueuses ont des vêtements bien plus estivaux...
  • une communication adaptée, là aussi avec les termes et les outils au format adéquat.

Mais cela va plus loin : il y a même des sports d'hiver... « au format été » ! Ainsi en est-il du saut à ski ou du biathlon (qui sont peu connus en France : ils n'ont pas le bon format...) [3]. Pour le saut à ski d'été, prenez un tremplin, un skieur... mais avec une pente et une aire d'attrissage en herbe, pas la moindre neige ! Et pour le biathlon en été, on a des aires de tir... avec des athlètes sur skis à roulettes pour glisser sur le goudron ! Et ainsi obtient-on une saison en été, des compétitions, des spectateurs, des sponsors.

Enfin, même la presse, la radio ou la télé se mettent « au format été » avec la grille du même nom : nouvelles émissions (souvent ainsi testées), un ton plus libre, des sujets moins sérieux, ou les séries télé de l'été (celles du moment se nomment Les Experts, Lost ou Desperate Housewife, qui bénéficient du meilleur format de diffusion, le 20h50, la première partie de soirée - alors que 24 est « diffusé » à l'heure de son titre, minuit... mais 24 n'est peut-être plus le format à la mode...).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Une petite histoire personnelle (mais avec des problèmes de formats de tout le monde)

Histoire en 2 parties de péripéties d'un utilisateur d'ordinateur (avec 2 systèmes d'exploitation, 2 modem et 2 disques durs... et des formats)

Il était une fois un utilisateur d'ordinateur.

En juin 2003 (c'était un vendredi), il acheta un ordinateur Apple, un portable iBook G3 (c'était à Paris dans l'Apple Center IC de la rue du Renard). La machine était belle, en tout cas elle lui plaisait. Il l'utilisa principalement avec le système d'exploitation Mac OS X et avec de nombreux logiciels libres (comme Firefox, Thunderbird, Emacs, TeX/LaTeX), même s'il avait aussi installé Linux en dual boot.

Un soir de juillet 2005 (c'était un mardi), il se fit voler cet ordinateur rangé sa sacoche, bien qu'assis en plein restaurant (c'était à Paris) et sans rien remarquer avant la découverte du vol. Qu'à cela ne tienne : un de volé, un de racheté... et direction un revendeur (c'était encore à Paris, chez CLG Informatique, avenue de la Grande Armée). Il y acheta comptant, sans hésiter et sans négocier (c'était un samedi) un nouvel iBook (un G4). Et 3 jours après (c'était donc un mardi)... Apple annonça un changement dans ses gammes : le modéle acheté était arrêté, et le nouveau avait bien des « plus » (plus de RAM, plus de disque dur, plus de Wifi, plus de puissance...) et le même prix. Alors y eut-il un geste commercial de CLG ou d'Apple en les contactant ? Non. Encore les formats...

Un matin de septembre 2005 (c'était un jeudi), quelques jours avant de partir pour Ouagadougou au Burkina Faso, l'utilisateur fit une double sauvegarde de ses données et il installa une MALLLE (c'est une Machine Apple avec des Logiciels en Logiciels Libres Exclusivement), avec une version Ubuntu Linux. A la fin de l'opération, plus la moindre petite trace de Mac OS X. Et à l'ouverture de la MALLLE, tout allait bien... sauf le Wifi, le modem interne et le clavier. Encore les formats...

Fin décembre 2005 (c'était un samedi), ce furent quelques jours de vacances pour les fêtes de fin d'année (et c'était dans une petite commune près de Digne-les-Bains). Armé d'un modem externe en prise USB, l'utilisateur lança une connexion RTC via la ligne téléphonique, comme il le fait chez lui depuis plus de 10 ans (c'est à Melun). Echec, impossible de se connecter... Encore les formats...

En juillet 2006, revoici les vacances (c'était encore à partir d'un samedi, et c'était encore près de Digne). Armé cette fois de la dernière version d'Ubuntu sorti tout début juin (c'était un jeudi) et d'un disque dur externe, en avant pour se connecter : le disque dur externe pour faire une sauvegarde et Ubuntu 6.06 à installer. Mais même avec la dernière version d'Ubuntu, échec de l'utilisation du modem interne, toujours pas reconnu, et échec de l'utilisation du modem externe qui n'arrive pas à employer la ligne : pas de connexion... Et aussi échec de la sauvegarde par défaut du disque dur... Encore les formats...

En ce début août (c'est un vendredi soir), voilà le mot de la fin de cette petite histoire :

  • le disque dur externe est arrivé à effectuer une sauvegarde du disque dur interne...
  • ...et ce disque dur interne n'utilise plus Linux Ubuntu, retiré, mais utilise Mac OS X, réinstallé...
  • ...et ce Mac OS X sait utiliser le modem interne qui sait utiliser la ligne téléphonique ; le modem externe se repose.

Quant à l'utilisateur, il est assez énervé (c'est un peu logique). Et l'ordinateur affiche les fenêtres et les menus d'Apple Mac OS X 10.4... le temps des vacances (c'est l'époque de la détente).

Et les formats, encore les formats ? C'est la suite... les 5 formats derrière cette histoire

Et sur Formats-Ouverts.org :

Voici le 25e mois

Bilan de juillet : petite baisse estivale, mais aussi 2 records, dont le cas Ten...

« Allô Ten Mobile ? Mais faites quelque chose ! » En effet les internautes cherchent des informations sur vous, sans doute à la suite de vos publicités. Mais votre site est invisible pour les moteurs de recherche, à cause du format Flash exclusivement utilisé...

« Allô le Guiness des Records pour Formats-Ouverts.org ? J'ai un nouveau record à signaler » :

  • grâce (ou à cause) de Ten Mobile...
  • qui représente près de 25% des requêtes sur le site...
  • l'article à propos du format Flash de son site Ten-Mobile.com était déjà troisième en juin...
  • et il est premier en juillet, avec un record absolu pour un article en 1 mois : vu plus de 15 400 fois, soit presque 500 fois par jour (ou un peu plus d'une fois toutes les 3 minutes !).

Alors, des pages aussi en HTML en plus du Flash ? Cela éviterait aux pages avec les modèles de téléphone ou avec les abonnements proposés d'être inexistantes lors des recherches...

Et à part le cas Ten ?

Il y a aussi un second record : plus d'un gigaoctet de données transférées en une journée (1,02 Go le 25 juillet ). Et si vous avez manqué juillet (ou en partie) :

Et en juillet vous lûtes par ordre décroissant le site de Ten Mobile, les DRM et les ventes, le Géoportail et Zinédine Zidane et Orange.

Sans oublier aussi du 6 au 8 juillet le thème Standards Ouverts - Interopérabilité aux RMLL 2006 à Vandœuvre-les-Nancy.

Enfin côté statistiques, une petite baisse estivale de fréquentation dans la vie du site :

  • pour le nombre de pages vues, presque le demi-million (459 173, 4e meilleur mois depuis plus de 2 ans) ;
  • pour le nombre de visites, presque 170 000 (167 547, 4e) ;
  • pour le nombre de visiteurs uniques, 63 821 (3e) ;
  • pour les hits, 684 606 (3e).

Merci pour les visites, les commentaires (notamment pour les 2 ans), les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité !

Et sur Formats-Ouverts.org :

La date de fin de l'analogique est connue : 2011

Fin de la télévision au format analogique après le 30 novembre 2011

Que se passera-t-il le jeudi 1er décembre 2011 ? Comme déjà évoqué, normalement il n'y aura plus de diffusion des programmes de télévision au format analogique : la diffusion hertzienne, qui demeure le mode le plus répandu, se fera au format numérique.

C'est ce qui a été annoncé lors du Conseil des ministres du 26 juillet 2006 [1] avec la présentation du Projet de loi relatif à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, faite par le Ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres [2].

La télévision numérique terrestre (TNT) devra donc avoir remplacé le hertzien analogique. Le projet de loi comporte aussi une partie sur la télévision haute définition (TV HD) et sur la télévision mobile (sur des appareils nomades).

Et encore une fois... la question ELF FOO se pose : « Et Les Formats, Fermés Ou Ouverts ? ». Réponses :

  • pour la TNT gratuite, format fermé MPEG-2 (et besoin d'un décodeur dédié) ;
  • pour la TNT payante, format fermé MPEG-4 (et besoin d'un décodeur spécifique et d'un abonnement) ;
  • pour la TV HD, format fermé avec DRM (et besoin d'un décodeur, d'un abonnement et d'une télévision HD Ready ou alors Full HD) ;
  • pour la télévision sur mobile plusieurs formats fermés sont encore en lice.

Et pendant ce temps là... à Nice, l'université de Sohia Antipolis continue ses diffusions avec le format video Ogg Theora, un format ouvert.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Deux sites de musique avec un format ouvert

Le format ouvert Ogg Vorbis, utilisé sur Jamendo et IndeMusicShop

De la musique sans DRM avec le format Ogg Vorbis : voici un trio inhabituel mais que l'on rencontre sur des sites de musique en ligne, mais pas FNACMusic, ni VirginMega, ni iTunes Music Store, ni Connect, ni Yahoo! Music (chacun ayant un des formats fermés parmi l'ATRAC de Sony, l'AAC d'Apple et le Windows Media Audio de Microsoft, très souvent avec DRM).

Le premier site est Independent Music Shop [1], avec :

  • des labels indépendants ;
  • pas de DRM ;
  • et le format ouvert Ogg Vorbis [2].

S'ajoute à ces caractéristiques un service classique de vente de musique avec téléchargement des morceaux [3].

Le deuxième site, Jamendo [4], propose :

  • des morceaux sous licences Creatives Commons ;
  • une diffusion via la technologie P2P (pair-à-pair) ;
  • pas de DRM ;
  • et le format ouvert Ogg Vorbis [5].

Pour l'aspect économique, le système est ouvert : les morceaux sont proposés gratuitement, avec un appel à la publicité pour les artistes ainsi découverts, à la participation au réseau P2P et aussi au don.

Volonté d'une interopérabilité maximum par l'utilisation du format ouvert Ogg Vorbis et absence de DRM se retrouvent pour chacun, avec la différence notable de l'approche économique. Deux sites à suivre.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Yahoo! Music vend un morceau sans DRM, et le clame (mais sur son blog)

Les DRM ne sont pas une bonne chose pour le marché, dit Yahoo!, sur son blog

Fin juillet 2006 : Yahoo! Music vend une chanson au format MP3, sans DRM, en parle sur son blog et se positionne contre les DRM [1] :

Notre position est simple : les DRM n'apportent aucune valeur ajoutée pour l'artiste, le label (qui vend de la musique non protégée chaque jour sur CD) ni même pour le consommateur. Les seuls qui bénéficient des DRM, ce sont les entreprises technologiques qui cherchent à verrouiller leurs clients sur leur plate-forme technologique.

Le contenu sans DRM a implicitement plus de valeur pour le consommateur. [2]

Le site Yahoo! Music américain n'indique pas pour autant l'information [3], ni la version française du site [4]. En fait, il n'y est pas fait mention de l'absence de DRM, mais c'est « la chanson personnalisée » (intitulée A public affaire, de Jessica Simpson [5]) au format MP3 qui est mise en avant, avec cette phrase : « Ce fichier MP3 peut être écouté sur tous les appareils, y compris les iPod, ou gravé sur CD ». Cela est peut-être un format trop brutal d'annoncer sur le site une chanson « DRM-free », pour l'instant...

Il faut rappeler 2 autres éléments récents à propos de la musique numérique et des DRM, qui ne permettent pas l'interopérabilité :

Février 2006 : David Goldberg, Vice-President and General Manager Music, critique les DRM lors de la conférence Music 2.0 : « Les restrictions dues aux gestions des droits ont créé des barrières pour les consommateurs, rendant difficile de transférer la musique vers des appareils portatifs, et en créant des incompatibilités entre services de musiques et les lecteurs MP3. »

Juin 2006 : trop de DRM compliquent trop les choses, et « A propos de DRM, je pense qu'il est aussi nécessaire de repenser cette stratégie... » dit Hilary Rosen, une ancienne responsable de la RIAA (Recording Industry Association of America).

Et après cette absence de DRM, des formats ouverts comme Ogg Vorbis ?

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Entretien Royal-Stallman et les standards ouverts

Quand MSR et RMS se rencontrent...

Marie-Ségolène Royal (MSR au format abrégé, et véritable prénom complet, comme relaté par Le Monde [1]) se prononce à propos des standards ouverts. En effet, le 28 juin 2006, elle a eu « un entretien » avec Richard M. Stallman (RMS), président de la FSF (Free Software Foundation, [2]).

A l'issue de cette rencontre, un communiqué de presse commun a été publié [3]. On y lit notamment (gras et liens ajoutés) :

Les standards ouverts (comme Open Document Format) et le recours aux logiciels libres contribuent à l'indépendance, à la qualité et à l'efficacité des administrations centrales et des collectivités locales.

Il y est aussi question des DRM et de la loi DADVSI. En revanche l'interopérabilité n'est pas mentionnée.

Cette information est l'occasion d'un deuxième article de la nouvelle catégorie « Politique », après celui sur la prise de position des 4 personnalités politiques lors des RMLL 2006 (Mme Billard, MM. Bayrou, Cazenave et Rocard).

Deux anciens articles relèvent aussi de la catégorie « Politique », mais elle n'était alors pas encore créée :

  • en mars 2006, sur la décision des Verts de n'utiliser que des standards ouverts ;
  • en juin 2006, l'article dans Le Figaro de Bernard Carayon (député UMP, Tarn) et de Michel Rocard.
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les 2 ans de Formats-Ouverts.org

C'est fou, déjà 2 ans de FOo

La première moitié de juillet 2006 est passée : cela fait donc plus de 2 ans et 2 semaines que Formats-Ouverts.org (FOo) a été lancé. Alors, après les bilans des 6 mois, des 1 an, des 1 an et demi, voici un bilan-retour en arrière pour marquer les 2 ans du site... à différents formats !

Des mots : un sujet en pleine explosion

Depuis juillet 2004, les formats ouverts, l'interopérabilité ou les standards ouverts sont des sujets de plus en plus présents dans l'actualité : les éditeurs, les États, les industriels, les associations les citent, les exigent, les utilisent.

Que ce soit au travers des exemples d'Internet, de la musique numérique, des futurs DVD video, des archives numériques, de la loi DADVSI, de la bureautique ou de la messagerie instantanée, les cas se multiplient pour souligner le rôle crucial des formats et la guerre qu'ils provoquent, formats fermés contre formats ouverts.

Des chiffres et des statistiques
  • en 2 ans, ce sont 817 articles (413 cette deuxième année, contre 404 la première) ;
  • du 1er juillet 2004 au 30 juin 2006, en moyenne plus d'un article quotidien, excepté pour 13 jours (6 en décembre 2004, 3 en juin 2005 et 4 en décembre 2005) sur les 730 ;
  • 27 catégories et 7 dossiers de synthèse ;
  • plus de 2,3 millions de visites ;
  • 6,5 millions de pages vues ;
  • 9 millions de hits.
Le palmarès des articles

Les 10 articles les plus lus depuis 2 ans :

  1. La définition des standards ouverts dans la loi française (l'article 4 de la loi LCEN, la définition utilisée depuis 2 ans)
  2. Prisonnier d'une capsule (ou comment aider aux Premiers pas pour expliquer les dangers des formats fermés - et je n'ai rien contre le café !)
  3. Les formats de la PSP (la console de Sony et ses formats comme l'UMD)
  4. Le dossier DRM (une longue liste d'exemples d'utilisation des DRM...)
  5. Les formats interdits à Athènes 2004 (un article sur des choses incroyables des JO d'Athènes, relayé par ZDNet)
  6. Le câble HDMI et sa face cachée... (quand il y a des DRM dans les câbles HDMI...)
  7. Le dossier Bibliothèque numérique (une chronologie détaillée de la Bibliothèque numérique européenne ou pas)
  8. Les DRM déclarés en urgence (l'annonce de l'urgence du projet de loi DADVSI)
  9. Les surprises des écrans HD Ready (quand l'affichage n'est pas ce qu'on attend...)
  10. J'ai été obligé de casser votre format pour consommer (ou comment faire pour lire un DVD avec Linux)
Les articles : scoop et évolution

Les photos de Sony et ses « droits d'fauteur », de Microsoft et ses « gênes », et du site du Premier Ministre avec « la conférence sur les éditeurs de logiciels libres en France » sont 3 exemples d'informations qui ont été publiées en avant-première.

L'objet de Formats-Ouverts.org reste d'informer, d'illustrer et d'expliquer le rôle capital des formats, et de promouvoir les standards ouverts. Pour ce qui est de l'évolution des articles depuis 2 ans, on peut dire qu'ils sont devenus plus longs et plus étoffés, avec systématiquement l'indication des sources en allant à la source (notamment au travers des communiqués de presse ou des blogs officiels).

Les conférences

Il y a les pages du site Web, mais aussi des interventions en chair et en os :

Ainsi, depuis 5 ans (la première intervention était à Bordeaux aux RMLL en juillet 2001), ce sont plus de 60 conférences, soit en moyenne une par mois.

Quelques références
  • Sites Web : reprise du fil RSS ou mention de Formats-Ouverts.org sur plusieurs sites, en plus d'articles comme ceux pour Elenbi Strategic Review ou pour Flash Informatique (de l'école polytechnique fédérale de Lausanne, EPFL)
  • Google : Formats-Ouverts.org est en première position des réponses pour la requête « formats ouverts » et dans les premiers pour « formats » et « interopérabilité »
  • Télévision : un des inivités de l'émission 8-Fi sur Direct8
  • Radio : interviewé sur le problème des formats de la video à la demande (VoD) pour un dossier spécial de Radio France
  • Logiciel : le logiciel de lecture de flux RRS Liferea propose dans sa sélection FOo par défaut
  • Livres : cité en référence pour les formats ouverts dans les livres La bataille du logiciel libre de Thierry Noisette et Perline et Bibliothèques et documents numériques de Alain Jacquesson et Alexis Rivier
  • Manifestation : organisateur du cycle de 16 conférences sur le thème « Standards Ouverts - Interopérabilité » lors des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre 2006

Enfin, un rappel (voire un appel...) : ce travail est effectué bénévolement, avec le suivi technique impeccable de Sylvain Lhullier, mais avec hélas bien plus de sujets non-traités (par manque de temps) que les articles publiés... Alors, si un fin mécène ou un sponsor avisé cherche un projet à soutenir... il y a ici matière et un investissement pertinent.

En avant pour la troisième année ! (Et la cinquième pour Standblog de Tristan Nitot avec ses 4 ans depuis le 18 juillet).

Et sur Formats-Ouverts.org :

TF1 et la video en ligne : si vous n'avez pas la panoplie Microsoft, alors circulez ! Et alors ?

TF1 diffuse de la video en ligne, mais vous devez avoir le bon format !

TF1 propose de la video à la demande [1]. C'est une évolution du marché, avec des problèmes pour les formats. Et le site TF1 Vision est presque clair sur sa page Aide (mais c'est écrit dans un format moins direct que « vous devez utiliser » ou « il est obligatoire de ») [2]:

  • « Afin d'optimiser le visionnage des films avec TF1VISION » la « configuration minimale requise » est « Système d'exploitation : Windows XP »
  • Player : Windows Média Player uniquement, à partir de la version 10
  • Navigateur : Internet Explorer uniquement, à partir de la version 5.5
  • Connexion dite "Haut-Débit" pour le streaming (min. 2 Mb/s)
  • Pas de limitation pour le téléchargement
  • Type de poste : PC uniquement (notre service ne fonctionne pas sous Mac)

Nous voilà informé et prévenu. Il faut aussi rajouter, toujours sur la même longue page :

  • Vous devez posséder au minimum la version 9.0 de Windows Média.
  • b. Mise à jour DRM Microsoft Allez sur l'adresse internet suivante : http://drmlicense.one.microsoft.com/indivsite/fr/indivit.asp afin de mettre à jour ce composant dans sa dernière version.

La panoplie complète est donc décrite. Hors l'équation Windows XP + Internet Explorer + Windows Media Player + gestion des DRM + pas d'anti-popup, pas d'épisode de Zodiaque ni de Lost (mais la série 24 Heures Chrono n'est pas proposée).

Et alors ? Et bien, est-ce si dramatique :

  • on peut refuser et éviter ses contraintes, très légalement et très simplement (d'un point de vue technique) :
    • ne pas regarder ces programmes ;
    • se les procurer en DVD plus tard (achat ou location) pour son lecteur de DVD ;
    • regarder les émissions en direct ;
    • enregistrer sur un magnétoscope ;
    • faire pour soi un enregistrement numérique (sur ordinateur ou sur magnétoscope numérique) lors de la diffusion en direct
  • en termes de chiffres d'affaires, on peut signaler qu'exclure le navigateur Firefox c'est perdre 20% des internautes potentiels (ah ces parts de marché...), donc des clients, donc des rentrées financières...
  • TF1 est une société privée, qui n'a pas d'obligation de service public de permettre l'accès à tous, mais au plus grand nombre solvable ;
  • en termes d'image, on peut écrire à partir des faits ci-dessous :
    • que TF1 se contredit sur sa page (version 9 ou version 10 pour Windows Media Player ?) ;
    • que TF1 n'est pas assez professionnel (en parlant de « Mac », qui est un abus de langage, à la place de machines Apple ; ou en indiquant « PC », qui signifie Personnal Computer et peut être une machine de marque Apple, HP, Dell,...).

Cela peut éventuellement entraîner une prise en compte... Et puis, contradiction ou pas, le site TF1 Vision utilise... la technologie PHP, technologie libre et ouverte [3], pas du tout celle de Microsoft.

Et un jour, peut-être lira-t-on que « l'interopérabilité et les formats ouverts sont une préoccupation majeure qui mobilise les équipes de TF1 pour répondre au mieux aux demandes des utilisateurs » (mais s'il s'agit de la même réponse d'ARTE VOD...). En tout cas, allô TF1, il y a un problème : mauvaise communication et surtout perte de clients. Mais bon, c'est sans doute stratégique...

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Lecture d'été au format papier

Un livre de référence

Vous cherchez un document complet sur les bibliothèques numériques et les documents numériques, qui traitent des formats, des archives et d'autres thèmes liés à ce sujet très riche ?

Il existe ! C'est au format papier, c'est un livre, intitulé Bibliothèques et documents numériques, écrit par Alain Jacquesson et Alexis Rivier.

Ce livre est même une référence et une somme : ses auteurs sont des professionnels du domaine, le livre était déjà reconnu, et cette nouvelle édition mise à jour propose un contenu très riche, avec une bibliographie en fin de chaque chapitre et avec de nombreuses références de pages Web très régulièrement proposées en notes de bas de page.

Vous aurez donc 573 pages, 3 parties et 19 chapitres, avec entre autres les formats SGML, PDF/A ou XML, les bibliothèques numériques européenne ou pas, l'EAD (et le rôle joué par Catherine Dhérent pour sa diffusion en France) et bien plus de sujets développés.

La partie du livre qui traite du sujet des « formats ouverts » indique en note de bas de page Formats-Ouverts.org comme site à consulter. L'un des auteurs, Alain Jacquesson, était aussi intervenu au séminaire francophone international d'Ouagadougou. Bonne riche lecture.

Sources et liens :
  • Livre Bibliothèques et documents numériques - concepts, composantes, techniques et enjeux, de Alain Jacquesson et Alexis Rivier, 2005, nouvelle édition, Éditions du Cercle de la librairie, 573 pages, ISBN-10 2-7654-0915-3, prix 42 euros
  • Une critique du livre, de Catherine Cyrot, site du Bulletin des Bibliothèques de France (BBF), dossier Bibliothèques sur le web
Et sur Formats-Ouverts.org :

Apple et Microsoft : c'est le même qu'on bat

C'est l'utilisateur qu'on bat (mais c'est pour son bien)

La discrétion, tel est le maître mot dans certains jeux video dits d'infiltration (les Metal Gear Solid, Splinter Cell et autres Thief) [1].

Toujours en informatique, la discrétion envers l'utilisateur est aussi l'objectif de certaines sociétés à propos des actions de leurs logiciels. Voici les deux derniers cas : Apple et Microsoft.

Pour Apple, en ce début juillet, il s'agit de la dernière version de son système d'exploitation, Mac OS X 10.4.7. Une fois installé, le logiciel se connecte à un serveur d'Apple toutes les 8 heures pour vérifier l'état des widgets, de petits programmes : cette fonction, Dashboard Advisory, a pour but de s'assurer que les widgets présents sont bien authentiques. Mais apparement ce fonctionnement n'avait pas été très clairement indiqué... [2]

Pour Microsoft, en juin dernier, c'est son système WGA (Windows Genuine Advantage) qui était en cause : lors du démarrage, il vérifiait chaque jour un fichier de paramètres pour s'assurer de l'authenticité du logiciel Windows et si besoin récupérait ce fichier. Mais apparemment ce fonctionnement n'avait pas été très clairement indiqué... [3]

Pour essayer d'être complet, et pour ne pas se cantonner à Microsoft ni à Apple, on peut rappeler que ces actions censées rester discrètes ne sont pas nouvelles, avec par exemple :

Si la lutte contre les contrefaçons est légitime, l'information des utilisateurs l'est aussi : il s'agit du principe d'ouverture, sur lequel s'appuie les formats ouverts (y compris pour les coulisses techniques des logiciels).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Table des billets de juillet 2006

Les 32 articles publiés en juillet

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 1 dans Notules, 5 dans RMLL 2006 SO-I, 9 dans Général, 6 dans Ressources, 1 dans Interopérabilité, 1 dans Internet, 2 dans Entreprise, 2 dans Politique, 2 dans Non-électronique

  • pas d'article les 29, 30 et 31 juillet
Et sur Formats-Ouverts.org :

DADVSI : non

Texte au format très court

Projet de loi DADVSI : en l'état actuel, c'est non.

Texte au format factuel et interrogatif

Le vendredi 30 juin 2006 aura lieu le vote du Parlement, suite à la CMP du 22 juin et à l'urgence du projet de loi DADVSI. Ce sera :

  • le matin, vote au Sénat des sénateurs ;
  • l'après-midi, à l'Assemblée nationale vote des députés ;
  • et un jour très particulier :
    • la veille d'une rencontre de football qui occupe le terrain de l'information...
    • la veille de la plongée de la France dans 2 mois de moindre intérêt pour l'information...
    • le dernier jour avant les congés parlementaires d'été ;
    • un jour inabituel de session des sénateurs et des députés, qui cessent de siéger habituellement le jeudi soir.

Alors : qui sera sur les bancs ? quel parti sera le plus mobilisé ? quel futur candidat à l'élection présidentielle de 2007 fera au moins preuve de présence ? qui votera pour et qui votera contre ? Les questions sont posées, et il sera possible d'y répondre, car ces informations ont un format ouvert...

Texte au format appel

L'urgence a été décidée par le gouvernement en septembre 2005. Un texte a été voté par l'Assemble nationale le 21 mars. Un texte très différent a été voté par le Sénat le 10 mai. Malgré les différences entre ces 2 textes, aucun retour n'a été décidé devant l'Assemblée nationale. La Commission Mixte Paritaire s'est réunie le 22 juin, avec 55 amendements nouveaux proposés, nombre incroyablement élevé pour un texte qualifié de presque en termes identiques.

Formats-Ouverts.org s'est élevé contre ce projet, contre les DRM, contre ses conséquences, contre ses définitions de l'interopérabilité et a déjà manifesté en ce sens le 7 mai. Formats-Ouverts.org est pour les standards ouverts et l'interopérabilité.

Le 30 juin, ce sera aux sénateurs et aux députés d'être présents et de voter en leur âme et conscience en mesurant l'ampleur des conséquences de ce projet de loi. Et en l'état actuel du projet, seul un rejet du texte est envisageable.

Sources et liens :

Et au centre du numérique, il y a les formats

Les formats, élément clé entre les utilisateurs et les contenus

Le projet de loi DADVSI est toujours en cours : le 22 juin, ce fut la réunion de la Commission Mixte Paritaire (au lendemain des 2 ans des standards ouverts) et le 30 juin ce sera le vote du Parlement. Un article paru dans Le Figaro est à signaler [1] : signé Bernard Carayon (député UMP) et Michel Rocard (député européen PS, ancien premier ministre) [2], il traite de DADVSI, des formats et d'interopérabilité.

Deux points sont à relever. Tout d'abord, tous les contenus numériques (bureautique, video, musique, photo) ont des formats, qui sont ouverts ou fermés : et quand ces formats sont fermés, leur contrôle est entre les mains de leurs auteurs : celui qui contrôle les formats contrôle l'information.

En effet, la numérisation, en dissociant l'œuvre de son support physique, fait intervenir dans la relation entre artistes et public un nouvel intermédiaire, le créateur des formats d'encodage numérique et des logiciels capables de produire et de lire ces formats, qui se trouve ainsi en situation de contrôle des flux d'information.

Face aux formats fermés incompatibles, aux DRM, aux brevets logiciels, la notion d'interopérabilité devient capitale : il y a

émergence de l'interopérabilité comme un principe fondamental du droit de l'ère numérique, comme la liberté de parole et d'association l'ont été dans le passé pour la réalisation d'une société moderne, dégagée des féodalismes.

L'interopérabilité, principe fondamental du droit de l'ère numérique : on ne peut qu'y adhérer, et en utilisant des standards ouverts.

Sources et liens :

Fête de la musique : des concerts sans format protégé

Danger : de la musique qui se joue sans protection...

Le 21 juin : c'est le solstice d'été avec la période de jour la plus longue de l'année ; à l'inverse, c'est aussi la veille du début du raccourcissement des journées, les nuits vont s'allonger jusqu'au solstice d'hiver. C'est en quelque sorte un point culminant, y compris pour la musique.

En effet, en ce jour, c'est la Fête de la musique : on en célèbre les 24 ans lors de cette 25e édition (et oui, il y a un décalage entre ces 2 manières de compter, le format âge ou celui du nombre d'éditions).

Et cette Fête de la musique est aussi le point culminant du danger : dans les rues, sur les places... interprétées par des artistes seuls ou en groupe, amateurs ou pas... on peut écouter de la musique sans aucune mesure technique de protection et dans un format totalement ouvert !

En effet, la musique peut alors se savourer sans avoir à se soucier du format utilisé : il est ouvert, c'est l'air, et cela va de l'instrument à l'oreille, voire au cœur. Et aucun dispositif ne peut interdire l'écoute des spectateurs : grand ou petit, homme ou femme, il n'y a pas de condition de matériel, de version, de logiciel ou de format.

Il semblerait bien que cela soit aussi le cas lors des concerts en général. Mais alors, la musique au format du direct, du vivant (le live) ne connaîtrait aucune restriction technique ? Le numérique est ici largement dépassé, ou trop laxiste. Mais que fait la technique ?

Sources et liens :

Les DRM et les ventes ne feraient pas bon ménage

Les DRM empêcheraient le marché des contenus de se développer

Certains contenus numériques (musique, video, film, et même bureautique) ont des DRM et ces DRM contrôlent l'utilisation de ces contenus (pour les copies, les transferts, les diffusions,...). Les exemples sont nombreux.

Mais voici le syndrôme du trop : à trop contrôler, trop de consommateurs semblent montrer des réticences car trop de limitations compliquent trop les choses.

Ainsi la situation pourrait se retourner contre les objectifs de départ et les DRM pourraient freiner les ventes. C'est ce qu'avance un cabinet de conseil américain (iSuppli) : « le marché du divertissement numérique » serait « mis en danger à cause des défis posés par les DRM ». [1]

Le rapport de ce cabinet va dans le même sens que les déclarations de Hilary Rosen, ancienne responsable de la RIAA (Recording Industry Association of America) :

A propos de DRM, je pense qu'il est aussi nécessaire de repenser cette stratégie... [2]

Finalement, trop de protection des contenus nuirait à la bonne santé des revenus. Une opportunité pour utiliser des formats ouverts ?

Sources et liens :

Quand Le Monde parle bien de la HD (en mal)

Un article du Monde, à recommander

Voilà, c'est fini : la mission est terminée. Le journal Le Monde a publié un article sur la Haute Définition (HD). Et vous savez quoi ? L'article traite de la HD en pointant les problèmes de verrouillage avec les câbles numériques (le HDMI), avec les écrans aux technologies de contrôle (HDCP) et avec la HD variable (Ready ou Full).

Pourquoi serait-ce donc fini ? Car publier ces informations dans un journal comme Le Monde, cela donne un gage de sérieux et une crédibilité importante. De plus, cela peut toucher les responsables et les décideurs : ils ne peuvent dire désormais qu'ils ignorent le sujet. « C'est paru dans Le Monde » : voilà aussi le bon format pour informer.

Alors, bravo à son auteur, Olivier Dumons, et voici 5 extraits avant d'aller lire l'intégralité :

Titre : « La haute définition cadenassée »

Intertitres : « UN CADENAS POUR CONTENUS NUMÉRIQUES » et « HEURS ET MALHEURS DU LABEL HD »

On comprend pourquoi ces dispositions restent pour l'instant peu médiatisées : qui voudrait acheter un produit interdisant la copie ou la diffusion des contenus, même à titre privé ?

A l'initiative de cette norme extrêmement pénalisante pour les consommateurs, la MPA (Motion Picture Association), qui considère chaque spectateur comme un pirate en puissance, et lutte donc pour protéger les revenus des majors et studios hollywoodiens.

Précision : en fait, le dossier n'est pas clos. Il y aura sans doute des réponses, des démentis, des communiqués de presse pour expliquer que la HD ne comporte ces technologies que pour « encore mieux satisfaire le consommateur » et lui « faire vivre une expérience numérique unique »...

Sources et liens :

Table des billets de juin 2006

Les 37 billets publiés en juin

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 1 dans Notules, 11 dans Général, 1 dans Interopérabilité, 1 dans Synthèse, 1 dans Premiers pas, 1 dans Bibliothèques numériques, 4 dans Entreprise, 7 dans RMLL 2006 Standards Ouverts - Interopérabilité, 3 dans Conférence, 3 dans Internet, 1 dans Anniversaire, 1 dans Loi

Il y a HD (Ready) et HD (Full)

La Haute Définition, en version « prête » ou « complète » ?

Journal 20Minutes [1], mercredi 31 mai 2006, rubrique high-tech, page 34, colonne de droite, un court article Samsung tout HD... à la rentrée :

Les premiers écrans FullHD arrivent. Soit le nec plus ultra de la restituion visuelle avec une définition deux fois supérieure au HD Ready.

Avec ces 2 premières phrases, l'article pointe du doigt, peut-être involontairement, qu'il y a bien deux HD (pour Haute Définition, ou High Definition en anglais) : la HDReady, actuellement mise en avant notamment dans les téléviseurs, et la FullHD, encore peu disponible sur les appareils.

Et alors ? Et bien un appreil HDReady n'est pas FullHD : les deux formats ne sont pas compatibles (en tout cas dans ce sens). Autrement formulé (dans un autre format...) : votre télévision HDReady ne pourra pas diffuser les contenus FullHD (DVD, programmes télé, video à la demande,...). Sans parler des DRM.

Ce n'est bien sûr pas le seul cas : d'autres exemples existent comme la TNT gratuite (au format MPEG-2) et la TNT payante (au format MPEG-4), chacun avec un décodeur spécial ; ou comme les 2 formats de DVD, avec les lecteurs de HD-DVD qui ne lisent pas les Blu-ray Disc (sauf à disposer des 2 technologies de lecture de ces 2 formats). Guerre des formats, course et incitations aux ventes... mais pas trop de formats ouverts. Et pour l'interopérabilité... on oublie et on laisse les consommateurs décider...

Sources et liens :

Les sénateurs n'ont pas aimé l'interopérabilité des députés

Projet de loi DADVSI, article 7 : celui des députés et celui des sénateurs

Le projet de loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droit Voisin dans la Société de l'Information) est complexe et capital. Déclaré en urgence, il a été étudié à l'Assemblée nationale les 20, 21 et 22 décembre 2005, les 7, 8, 9, 14, 15 et 16 mars 2006 [1]. Puis il est passé au Sénat les 4, 9 et 10 mai 2006 [2].

Parmi les très nombreux points lors des débats, comme dans le texte, il y a les standards ouverts et l'interopérabilité.

Concernant l'interopérabilité, elle a donné lieu à de multiples prises de positions en sa faveur, du ministre dans la presse à l'étranger, mais aussi de la France, de l'Europe, d'associations. Et l'article 7 du texte des députés lui accordait une très grande importance, ce qui était à saluer et à souligner.

Qu'est devenu cet article 7 auprès des sénateurs ? Si on compare les 2 versions [3] :

  • pour le Sénat : 6 paragraphes ; « format » : 1 fois ; « interopérabilité, standard ouvert, interopérant » : 0 fois, rien, disparu.

Les sénateur n'ont donc pas retenu les formulations des députés. Pour la suite, une Commission Mixte Paritaire (CMP) devrait se réunir pour élaborer le texte définitif. La date du 30 mai était citée. Mais il était aussi question d'une éventuelle seconde lecture à l'Assemblée nationale en cas d'écarts trop importants entre les deux textes. Ce n'est pas le cas, comme on le voit pour l'interopérabilité.

Sources et liens :

Décodons le Da VOD Code d'ARTE

Décodage des précisions officielles sur la VOD d'ARTE

Il y a les conditions techniques requises pour la video à la demande (VOD) d'ARTE [1]. Et il y eut une réponse officielle qui les explique, publiée sur le site MacBidouille [2] : il est important de la mentionner et de s'y pencher avec un brin d'humour, car les nouvelles sont dures, sauf mauvaise interprétation de ma part (ce que je souhaite vivement).

En 8 paragraphes, le texte fournit des réponses à propos de la VOD d'ARTE avec une machine Apple et Mac OS X : petits décodages libres dans un format moins habituel... (gras ajouté)

(ARTE) Nous avons bien reçu votre message et nous sommes heureux de vous annoncer l’ouverture de notre site www.artevod.com pour les navigateurs de la fondation Mozilla (Firefox, Netscape, Camino) ainsi que pour les navigateurs Mac (Safari, IE pour Mac) et Linux (Galeon, Epiphany, Konqueror…).

Mais... s'il respecte les standards ouverts du Web, un site ne nécessite pas de navigateur particulier, en tout cas pour visualiser ses pages Web... Sur les sites Web, Interopérabilité j'écris et je crie ton nom...

(ARTE) Nous nous permettons toutefois d’attirer votre attention sur une restriction de notre site de VoD liée à la technologie DRM de Microsoft, impliquant que le processus de commande soit nécessairement réalisé à partir d’un navigateur Internet Explorer pour Windows.

Voilà, la sentence est tombée, c'est écrit... mais dans un format moins direct et plus correct que : « Le site a une restrinction, pour nous et pour vous c'est tout Microsoft ou rien ». Cependant s'arrêter là serait un peu court et dur à faire admettre (car oui, sans Windows et sans Internet Explorer, on vous déga demande de comprendre), donc l'histoire continue... et quelle histoire... car voici ce qui se passa dans les coulisses d'ARTE... en exclusivité !

(ARTE) Dans l’état actuel du marché, la solution la plus rapide et la plus sûre pour mettre en œuvre la sécurisation des fichiers en tenant compte de notre infrastructure et dans les délais très courts qui nous étaient impartis a consisté à mettre en œuvre le DRM 10 de Microsoft, qui aujourd’hui n’a pas d’équivalent « achetable » clé en main.

Oui, c'est un scénario digne d'une série télé : la vilaine Direction d'ARTE, cette strucutre qui ne conna ne s'inquiète pas de la technique, a annoncé la date d'ouverture du site de VOD et ensuite en a informé l'équipe technique avec cet ordre : « Il faut que ça marche. Vous avez un jour. ». Alors ont commencé les 24 heures les plus dures du CTU (Centre Technique d'Urgence) d'ARTE : avec l'aide des UA (Unités Achats), ils ont dû visiter de nombreux magasins, grâce aux hélicoptères pour se rendre sur les sites repérés par satellite et avec l'aide de la police locale. Dans les rayons, grâce à leurs liaisons constantes par téléphones portables, il a été possible aux agents de terrain d'isoler la boite sous cellophane qui contenait la solution prête à faire exploser les ventes de VOD. Et à 23:59:59 fin de la journée avec le bon produit, ouf. Bravo et merci Jacques !

(ARTE) Pour information, la politique de DRM mise en œuvre par Apple est un système propriétaire fermé non utilisable par ARTE car utilisable uniquement par Apple. Leurs DRM ne peuvent être utilisés que dans le cadre du système i-tunes. Utiliser des DRM compatibles avec les Mac interdirait donc l’existence même d’un site comme ARTEVOD indépendant de i-tunes.

Bouuuuh, les méchants Apple, ils sont propriétaires fermés. Et ARTE VOD, cher client, ne saurait être inféodé à une technologie propriétaire fermée, on vous le garantit, la main sur le cœur et droit dans les yeux.

(ARTE) Néanmoins, nous comprenons votre déception et pour information, si nécessaire, vous trouverez ci-dessous un petit player pour Mac (télécharger le lecteur Windows media player pour mac). Malheureusement, il ne gère pas les DRM … seuls les extraits sont donc visibles. http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/fr/software/Macintosh/osx/default.asp et au cas où (le lien chez Microsoft était indisponible dernièrement) un autre lien : http://www.microsoft.com/windows/windowsmedia/download/

Comme c'est dommage... le petit player Windows Media Player n'est plus supporté en version Apple depuis le 1er janvier 2006. De toute façon, il ne gère pas bien les DRM actuels, alors, hein, vous imaginez comme il est mauvais (mais qui l'a fait, ce player ?).

(ARTE) Nous sommes bien conscients des contraintes que ceci peut vous imposer et nous travaillons actuellement à un support encore plus large des systèmes d’exploitation supportés par notre site de VoD. C’est maintenant une question de mois.

Alors là : « un support encore plus large des systèmes d'exploitation supportés » alors qu'il est écrit plus haut que « le processus de commande » doit nécessairement être « réalisé à partir d’un navigateur Internet Explorer pour Windows »... Allô, le CTU d'ARTE, il n'y aurait pas contradiction.

(ARTE) Nous nous permettons de vous demander un peu d'indulgence pour un service qui s'est créé très récemment. Notre objectif est bien entendu, (tant bien que mal mais avec obstination), de vous proposer un catalogue VoD de qualité, sans contraintes.

« Sans contraintes » ? Ou cent contraintes ? Il y aura toujours des contraintes, et mieux en vaudrait justement cent car elles prendraient en compte les nombreux systèmes d'exploitation.

(ARTE) Nous vous remercions pour votre compréhension.

De rien, à vous les studios. Et retournez acheter le bon ordinateur, merci. (Oui, je souhaite me tromper. Et oui, j'ai vu la saison 1 il y a peu).

Sources et liens :

Patrimoine numérique, bibliothèques numériques seront au programme

Salon i-expo 2006 : des conférences sur des sujets importants liés aux formats

Le 31 mai et le 1er juin se déroulera à La Défense le salon i-expo 2006, « l'événement majeur en Europe des secteurs de l'Information et de l'Archivage Numériques, de la Veille et de l'Intelligence Economique » [1].

Le programme [2] indique plusieurs conférences ou ateliers, dont 4 qui traiteront des formats, directement ou pas, ouverts ou pas.

Blogs, wikis, fils RSS : de nouveaux modes de production et de diffusion de l'information [3] : conférence plénière gratuite, de 16h à 18h, le 1er juin. Les blogs et wikis peuvent d'appuyer sur des formats et protocoles ouverts (comme pour DotClear utilisé sur Formats-Ouverts.org) et le RSS est un format ouvert.

Les bibliothèques numériques européennes [4] : conférence plénière gratuite, de 14h à 16h, le 31 mai, avec les représentants de 3 des principaux projets en cours, Jean-Noël Jeanneney, Président de la Bibliothèque nationale de France pour la BNUE (Bibliothèque numérique européenne), Julien Masanes de European Archive, représentant du projet OCA (Open Content Alliance) et Jens Redmer, responsable du service Google Recherche de Livres en Europe pour le projet Google Books. Ce sera une pièce à verser au dossier Bibliothèque numérique, comme le 17 mars au salon du livre avec 2 personnalités en présence.

La conservation du patrimoine numérique [5] : atelier payant, de 9h30 à 12h30, le 31 mai, avec notamment une responsable de la BnF (Bibliothèque nationale de France, Catherine Lupovici, Directeur du département de la bibliothèque numérique) et un responsable de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel, Bruno Bachimont, Directeur scientifique). Le sujet est capital, comme traité en général ou le 16 mars au séminaire Aristote.

Les outils de gestion des droits de propriété intellectuelle sur les réseaux (DRMS) : état de l'art, usages et cadre juridique : atelier payant, de 9h30 à 12h30, le 31 mai. Il s'agira du vaste sujet des DRM (DRMS est sans doute une coquille avec un S pluriel à la fin du sigle), qui sera longuement traité.

Il faut aussi signaler l'assemblée gérale de l'association ADBS [7]. Une dernière remarque critique : la page des conférences « n'existe pas ». En effet les intitulés des conférences sont des images, sans texte alternatif, et n'existent donc pas pour les moteurs de recherche qui parcourent le site et qui ne relèvent que le codage texte (un format ouvert) : impossible donc de trouver l'information car cette page n'est pas indexée. C'est dommage au vu de l'ambition et du programme du salon.

Sources et liens :

Pas d'interopérabilité = 1 milliard de dollars de perte

L'absence d'interopérabilité coûte très cher à l'industrie !

Encore un rapport qui traite des DRM et de l'interopérabilité ? Oui. Et encore une fois avec le souhait que l'interopérabilité existe ? Oui. Mais cette fois, le rapport en question traite du sujet sous l'angle financier : et il pointe les pertes.

Ainsi, selon le rapport World Digital Rights Management Markets [1] publié par le cabinet d'études Frost & Sullivan [2], l'absence d'interopérabilité provoque une perte de 1 milliard de dollars pour ce qui est de l'Europe. Il s'agit du montant pour le secteur de la téléphonie mobile en Europe, du fait de l'absence d'interopérabilité (causée par les DRM) entre les ordinateurs, les baladeurs numériques et les téléphones mobiles.

C'est pourquoi le Mobile Entertainment Forum (MEF), qui regroupe de gros industriels du secteur du mobile, en appelle à la mise en place d'un mDRM (mobile DRM) « ouvert et interopérable ». Mais ce n'est pas au sens de format ouvert, bien plus d'une compatibilité entre les acteurs ayant adopté le DRM retenu.

Trois dernières remarques sont à faire :

  • dans les autres secteurs (video à la demande, musique, bureautique, télévision,...), l'absence d'interopérabilité coûte combien aux industriels ?
  • faire toucher du doigt le problème de l'interopérabilité en passant par l'important manque à gagner, peut-être est-ce le bon format pour que cela soit pris en compte ? Mieux que le rapport parlementaire australien ou que les sites, les associations, les personnes qui parlent des DRM et de leurs problèmes ?
  • la dernière phrase de la présentation générale du rapport indique combien le colossal marché des loisirs numériques suscite les envies des fournisseurs de contenus comme celles des fournisseurs de DRM.
Sources et liens :
  • [1] Le rapport World Digital Rights Management Markets, publié en mai 2006 en anglais, n'est pas disponible gratuitement en ligne (6 000 $) : on peut en consulter une présentation générale et la table des matière sur le site MarketResearch.com, http://www.marketresearch.com, après s'être enregistré.

Sony adopte le format d'Apple

Le format audio d'Apple (le AAC) sur des appareils Sony !

Il y a des formats, au sens informatique comme au sens figuré, qui semblent incompatibles car opposés : Windows sur une machine Apple, un assistant numérique de marque Palm avec Windows Mobile [1], Intel sur Apple, une souris Apple avec plus qu'un seul bouton [2]. Et pourtant tout cela est arrivé.

Voici une nouvelle qui va dans le même sens : Sony met de l'Apple dans ses baladeurs numériques (écrit dans un format court et donc simplificateur) [3]. Plus exactement, certains des appareils Sony savent utiliser le format audio d'Apple, le AAC. Cependant il s'agit du format AAC sans les protections (les DRM) que le fichier possède en étant acheté depuis le site iTunes Music Store d'Apple.

En quoi est-ce tant à souligner ? Car dans la guerre des formats que se livrent les industriels de la musique, Sony se bat avec son format, l'ATRAC (et ses baladeurs), contre l'AAC d'Apple (et ses iPod) et contre le WMA de Microsoft. En octobre 2004, Sony avait déjà adopté le format MP3 sur ses appareils qui ne savaient lire au départ que l'ATRAC. La gamme des formats augmente donc, y compris ceux de la concurrence.

Bien sûr, il n'est pas question d'interopérabilité basée sur des formats ouverts (comme le Ogg Vorbis). Tout au plus s'agit-il de compatibilité.

Sources et liens :

Notules du 9 mai 2006

Dossier Médical Personnalisé (DMP) : et les formats ?

Si la bibliothèque numérique européenne est un gros dossier, il ne concerne pas autant de monde que le DMP, c'est-à-dire a priori chaque citoyen. Et là encore, pour les logiciels et pour les données, la question ELFFOO se pose : « Et Les Formats ? Fermés Ou Ouverts? »

Certains chanteurs ou groupes ne connaissent pas le format numérique en ligne

Quel est le point commun entre Serge Gainsbourg, les Beatles ou Claude François ? L'anniversaire de disparition ? Non, mais l'absence de format numérique en ligne pour la vente. En effet, impossible d'acheter sur un site Web de musique des chansons ou des album de ces artistes. Il reste le format numérique du CD audio ou le format des disques vinyl (avec son format analogique). Ils sont au moins parfaitement interopérables (à condition d'être de vrais CD audio).

La domotique : qu'avec Windows XP ?

La maison numérique et la domotique : contrôler à distance ses appareils électriques via ordinateur. Le logiciel Ex-Domus de la société Digital Concept Home (DHC) permet ainsi de piloter les appareils qui seront reliés à un boitier spécial lui-même relié à la prise électrique (pour transférer les informations via les câbles électriques). Le logiciel fonctionne avec les ordinateurs équipés de Windows XP Media Center, ou la XBox 360. Cependant, rien n'interdit d'avoir une version pour d'autres systèmes d'exploitations : la norme X10 (sur les courants porteur) qui est à la base de ce fonctionnement, n'est pas réservée à un système.

DRM pour contrôler l'usage des documents

La liste des utilisations de DRM est longue, et elle s'allonge : outre les DRM dans les documents bureautiques, voici un exemple d'utilisation dans tous documents stockés sur un serveur dans la solution de la société EMC. Les accès et les utilisations sont suivies et enregistrées. La question qui vient à l'esprit concerne entre autres l'archivage de telles données contrôlées par des tiers, que ce soit pour les entreprises comme pour les administrations (qui produisent des documents publics : certains pays, comme la Nouvelle Zélande, refusent ces situations).

Les formats dans les publicités

Un dépliant publicitaire est une collection de formats, mais pas toujours expliqués...

Régulièrement, les grandes surfaces organisent des opérations commerciales à propos des produits techniques lié à l'image, au son, à la photo, au téléphone et à l'informatique, avec notamment un catalogue publicitaire dédié (format papier).

Ainsi, après un exemple avec Carrefour, ce sont les magasins Leclerc qui proposaient leur 10 jours Technique pour tous du 19 au 29 avril dernier. « Et Les Formats ? » , la question EFL :

  • d'abord, les formats sont partout ! Même brièvement indiqué, c'est important en termes d'informations données, mais aussi en terme d'image : une pubilicité d'appareil électronique sans terme technique mystérieux fait-elle assez sérieux ? Non, et il faut même qu'ils soient assez nombreux pour créer cette aura de technicité... (ah le formatage des esprits et les préjugés...) ;
  • ainsi on lit entre autres HDMI, WMA, OGG, DVI, 16/9, HD Ready, JPEG, DivX, MP3, ID3 Tag, USB, MPEG4 et autres IEEE 1394 Firewire ;
  • certains formats sont liés au domaine physique (dimensions, câbles, prises, comme avec 16/9, HDMI, Firewire), d'autres ne concernent que les fichiers numériques ;
  • il est intéresant de relever que le format ouvert OGG Vorbis figure dans un des baladeurs numériques proposés (marque Samsung) ;
  • enfin on peut relever comment les formats sont expliqués... ou pas ! Rien sur les DRM des câbles HDMI et des télévisions HD Ready. Pour le format « WMA DRM (Digital Right Management) », on lit en bas de la page 8 : « Ce format de compression, est équipé d'un système permettant de contrôler la diffusion des œuvres numériques » ce qui est exact, mais sans doute un peu bref.

Il faudrait une plaquette de publicité avec les formats expliqués (voire une publicité pour un document expliquant les formats et l'interopérabilité) : mais trop expliquer, pour une publicité, ce n'est peut-être pas... le bon format !

Sources et liens :

OUI à l'interopérabilité

Formats-Ouverts.org dans la rue

Le dimanche 7 mai, une manifestation partira de la place de la Bastille à Paris [1]. Pour les participants, il s'agit d'indiquer ainsi dans la rue combien les DRM posent des problèmes, combien l'interopérabilité est vitale et combien stratégiques sont les logiciels libres (formats techniques et juridiques ouverts). Tout cela à propos du projet de loi DADVSI qui sera alors en cours d'examen au Sénat.

De nombreuses associations et mouvements participeront, avec aussi de nombreuses personnalités, notamment politiques (de tous bords). Formats-Ouverts.org, même s'il n'est qu'un site Web, avec un rédacteur en chef et un responsable technique, sera représenté par mes soins à ce rassemblement : rendez-vous donc à 14h (au lendemain de la conférence à Nice).

Les cas des faux CD audio ou des DVD video cryptés sont des exemples qui illustrent les problèmes soulevés (et vécus très concrètement dans une vie numérique quotidienne).

Sources et liens :
  • [1] Communiqué de presse, Marche pour les libertés numériques, contre les DRM et contre la loi DADVSI, le 7 mai à 14h place de la Bastille à Paris, le 30 avril 2006, site StopDRM.info, http://stopdrm.info/index.php?2006/04/30/61

Vlà les 22 (mois)

Bilan d'avril, avec 22 mois, des statistiques et des nouveautés

Voici l'habituel article du premier jour du mois avec le bilan du mois précédent de la vie du site. Un format de rédaction assez convenu... mais essayons tout de même de le rendre (encore) plus intéressant. Donc...

Vous avez lu en avril, par ordre décroissant, les 6 articles suivants : le sudoku sur les formats, la PSP, le dossier DRM, le séminaire sur la pérennité numérique, la définition dans la loi et le prisonnier d'une capsule.

Il y a un nouveau format sur FOo [1] depuis le 4 avril ! En effet, les crochets avec numéros sont apparus, [2], un format classique pour les références, et qui permet d'être plus explicite dans les sources. Quant aux liens sur les termes des articles, ce sont des liens internes vers d'autres articles.

Pour ce qui est des chiffres, voici : 54 148 visiteurs uniques, 151 918 visites, 402 375 pages et 578 030 hits, soit globalement dans les 5 meilleurs mois depuis la création, il y a 22 mois (2e meiileur mois depuis la création pour les visites ; toujours plus d'un demi million de hits depuis 8 mois). En tout, presque 750 articles dont 31 en avril.

En avril, il y eut 2 textes au format « revu et corrigé » (et adapté) : un inspiré de l'Élysée et un sur Tchernobyl. Ainsi que la série sur les 2 cadeaux, avec le pseudo CD audio et les 6 DVD video de 24. Côté pollueurs, il y a toujours les rétroliens vers des sites douteux, mais il faut faire avec (et surveiller).

Vous m'excuserez de reprendre le même format de remerciements sincères : donc merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication et les recommandations.

Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité ! Rendez-vous de visu le 6 mai avec « l'elfe fou » de NiceSA656...

  • [1] FOo, abrégé de Formats-Ouverts.org
  • [2] Ceci était une démonstration !

Table des billets de mai 2006

Les 32 billets publiés en mai

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 14 dans Général, 3 dans Interopérabilité, 1 dans Conférence, 1 dans Notules, 1 dans Premiers pas, 1 dans Archivage, 1 dans RMLL 2006 SO-I, 1 dans Web, 2 dans Manifestations, 1 dans Logiciel, 1 dans Entreprise, 1 dans Humour, 1 dans Non-électronique, 1 dans Loi

Les films de CanalPlay sur Xbox : et les formats ?

La VoD de CanalPlay utilisable via la Xbox 360, à condition que...

Qui sera au centre du foyer numérique : la console de jeux, l'ordinateur Media Center ou le lecteur de DVD ? Quand on est à la fois présent sur les ordinateurs et avec les consoles, cela facilite la situation, et la réponse est « Les deux premiers ! ».

En effet Microsoft, avec sa Xbox 360 et avec son système d'exploitation Windows Media Center [1] sur certains ordinateurs, est bien placé pour nouer des partenariats avec des diffuseurs de contenus (on peut aussi considérer que ce sont les diffuseurs qui se tournent vers l'éditeur pour être partenaire).

Ainsi, le 14 avril, Microsoft et CanalPlay [2], société de diffusion de video à la demande (VoD pour Video on Demand), ont annoncé une association [3] pour que la console Xbox diffuse les contenus de CanalPlay.

Plus concrètement au niveau des conditions requises et des formats, il s'agit d'avoir :

  • une connexion à Internet (trivial) haut débit (le RTC existe encore) ;
  • un téléviseur pour visionner les contenus ;
  • une Xbox 360 (le dernier modèle, sortie fin 2005 en Europe) ;
  • un ordinateur avec Windows Media Center.

L'article de ZDNet [4] précise à propos de ces 2 derniers points : « Montées en réseau, les deux machines disposent de fonctions de transfert de données protégées par le système DRM (gestion de droits numériques) de Microsoft. » Il y a donc bien des DRM Windows et il n'est possible de bénéficier des services de CanalPlay qu'avec Windows.

Dans ce cas, les standards ouverts et l'interopérabilité ne sont pas de mise, même si ils sont qualifiées de très importants... dans les déclarations.

Sources et liens :

L'interopérabilité est au centre des préoccupations

Tout le monde dit interopérabilité

ADULLACT, AFUL, APRIL, ASS2L, CETRIL, FFII France, FRAMASOFT, FSF France, Mozilla Europe, SCIDERALLE [1] : ces 10 associations regroupent des collectivités (mairies, départements, régions), des sociétés, des administrations, des professionnels (de l'éducation, de l'informatique, d'Internet, de l'édition,...) et des particuliers.

L'Assemblée nationale et le Sénat [2] : ces 2 assemblées regroupent 577 députés et 331 sénateurs et forment le Parlement. Ils représentent les citoyens français et les élus ; ils élaborent les lois.

L'Union européenne (UE) [3] : ses 25 pays, dont la France, regroupe plusieurs millions d'utilisateurs des technologies de l'information et de la communication, et aussi d'entreprises.

Et ils ont tous entre autres un point commun : l'interopérabilité.

En effet :

  • et les 10 associations ADULLACT, AFUL, APRIL, ASS2L, CETRIL, FFII France, FRAMASOFT, FSF France, Mozilla Europe et SCIDERALLE demandent aux sénateurs qui vont examiner début mai le projet de loi DADVSI de garantir eux aussi l'interopérabilité [4], alors que les amendements envisagés ont été publiés [5].

Cependant, il semble que la définition donnée par chacun ne soit pas la même, en la confondant avec la compatibilité, y compris pour les standards ouverts dont tout le monde dit aussi le plus grand bien.

Sources et liens :

Lettre à un ami sur son CD reçu en cadeau

« Comment dire... et bien... le cadeau... le CD audio... il n'est pas utilisable... », ou comment se brouiller avec ses amis en un cadeau

Cher Roger et aussi chère Norah Jones,

Il y a un mois, exactement le 14, pour mon anniversaire, j'ai eu de votre part un cadeau : Roger m'a offert le disque que Norah a enregistré (mais elle ne l'a pas enregistré que pour moi). Cela m'a fait très plaisir. Cependant, il faut que j'avoue ici quelque chose qui me gêne et que je n'ai pas encore oser dire. Roger pourra le lire facilement, Norah sans doute moins mais j'espère qu'ils ne m'en voudront pas de faire ainsi la publicité de ce souci.

Si j'avais reçu un livre, daltonien ou pas, porteur de lunette ou pas, quelle que soit la marque desdites lunettes, avec des yeux bleus, noirs, marrons, verts (ou autres), j'aurais pu le lire : pas de restriction technique spéciale.

Si j'avais reçu un agenda papier ou un carnet relié cuir (pour noter notes et notules), avec n'importe quel « outil scripteur » (stylo encre, stylo bille, feutre, crayon, roller, marqueur,...) de n'importe quelle marque (et aussi de n'importe quelle couleur et de n'importe quelle taille), j'aurais pu y écrire : pas de restriction technique spéciale.

Si j'avais reçu un appareil fonctionnant avec de l'électricité, quelle que soit sa taille, de type informatique ou pas mais acheté en Europe, branché sur n'importe quelle prise blanche située au ras du sol ou en hauteur, de n'importe quel fabricant (et même avec une prise en couleur), j'aurais pu le faire fonctionner : pas de restriction technique spéciale.

Mais Roger, mon ami et collègue de travail, m'a offert l'album Feels like home de Norah Jones édité par EMI Music. Et il a eu raison, car Roger s'y connait en musique, c'est son métier et aussi sa passion. D'ailleurs Norah s'y connait aussi en musique. Seulement voilà, il y a un problème... qui n'est pas musical.

En effet, en ces temps numériques, la musique n'est plus universelle. N'en déplaise aux magasins de « produits culturels » et aux éditeurs, les disques compact ne sont plus utilisables sur tous les lecteurs... de disques compact ! Ainsi certains CD d'EMI Music sont équipés du système « Copy Control », comme cela est écrit dessus avec un logo spécial : cela signfie que sur certains appareils de CD audio, ils sont inutilisables et ne diffusent que le silence, aucune lecture n'est possible... car ce ne sont pas des CD audio. Le logo officiel « CD audio » n'y figure pas, logiquement.

Me voilà donc à écrire ici à Norah Jones que sa musique en pseudo CD audio n'est pas écoutable (je veux dire, pas lisible) sur des appareils de CD audio ; et à avouer enfin à Roger que je ne peux pas toujours écouter son cadeau. C'est presque un titre de presse à sensations : « T. se brouille avec ses amis ! Il reçoit le CD audio de N.J. qu'il ne peux écouter et il réclame à R. le ticket de caisse pour aller l'échanger ! Textes, photos et interviews en exclusivité ! ». Bref, comment se brouiller avec ses amis en un cadeau...

Post-Scriptum (avec des gros mots techniques dedans) : le problème est le format utilisé (il comporte des altérations volontaires), un problème du même type que le système des DRM, et qui provoque l'absence d'interopérabilité comme avec des formats non-ouverts.

PS au Post-Scriptum (0% gros mots) : heureusement cela finit bien dans mon cas. Et merci Roger ! Si Norah Jones peut en toucher un mot à son éditeur Blue Note Records et EMI Music, merci aussi (c'est fort peu probable).

Sources et liens :

Un trio en guerre, puis en paix, avec là aussi des formats

Les ordinateurs MacIntel avec OS X plus Windows XP, et les formats

C'était un trio en guerre, Apple-Intel-Microsoft. Le premier, Apple, n'utilisait pas les puces du deuxième, Intel ; et concurrençait le troisième, Microsoft. Avec maintes piques et critiques : lors de procès ou dans des publicités, Apple attaquait Intel pour ses puces bien plus lentes (comme dans une publicité parodiant les bonhommes Intel) et attaquait Microsoft à propos de Windows (que ce soit pour son interface graphique à son lancement ou encore récemment à propos du retard de Windows Vista).

C'est désormais un trio en paix, au moins en apparence : Apple fabrique désormais des machines avec des microprocesseurs Intel ; et Apple propose Windows sur ses machines !

En effet, juste après avoir passé ses 30 ans (la société à la pomme a été créée le 1er avril 1976, soit le format 3 fois anniversaire des 10 ans), Apple a annoncé [1] le 5 avril la disponibilité d'un logiciel, Boot Camp [2], qui permet aux ordinateurs Apple de dernière génération d'installer Windows (non fourni par Apple) et ensuite de pouvoir utiliser l'un des deux systèmes d'explotation, Mac OS X Tiger 10.4.6 ou Windows XP (Home Edition ou Professional Edition) Service Pack 2. Windows sur Apple, même l'AFP en a parlé en dépêche générale [3].

Alors, cette décision d'Apple, coup de génie gagnant ou trahison absolue ? Suivant l'angle (le format ?) retenu, pessimiste ou optimiste, la réponse diffère ! Toujours est-il qu'Apple propose ainsi ce qui était développé hors de son giron par le site OnMac.net [4], et qui sera intégré dans la prochaine version de Mac OS X 10.5, dénommée Leopard.

Et pour les formats :

  • c'est celui appelé EFI [5] pour le firmware (le logiciel du matériel), « la technologie ultra-moderne, standard de l'industrie » d'Intel, qui n'est pas « le BIOS démodé des années 80 », dans lequel « Windows XP et le prochain Vista sont malheureusement coincés » (on notera le format très marketing du texte...) ;
  • s'ils sont ouverts, il n'y aura pas problème d'exploitation des données.
Sources et liens :

Pour la video, il y a aussi les formats...

Pour la video, à la demande ou pas, la question des formats est bien là

La video... d'abord il n'avait que le cinéma et la télévision, puis vint le magnétoscope, puis le DVD, puis Internet, puis maintenant les nouveaux DVD et la VoD. Et chaque fois, il y a des formats, pas toujours ouverts.

Ainsi, on a :

  • le magnétoscope : il y eut une guerre des formats physiques et de codage (et entre sociétés), avec Betamax (Sony) [1] contre VHS (JVC) [2] (et aussi V2000 de Philipps [3]) ;
  • le DVD : un format physique a été défini par les différents acteurs, mais avec un format de codage différent selon les zones géographiques ;
  • Internet : téléchargement du fichier ou streaming seulement, les technologies diffèrent ; et les formats s'affrontent, avec Quicktime (Apple), WMV (Microsoft), RealVideo (Real Networks), Flash (Adobe), Divx ou Xvid ; et aussi Theora (format ouvert) ;
  • la Video on Demand (VoD), video à la demande : grâce au haut débit, il est désormais possible de choisir et regarder des films ou des séries depuis le Web ; « ELF : Et Les Formats ? » Un seul logiciel pour les lire ? Un seul système d'exploitation pour cela ? Un seul microprocesseur autorisé ?

Finalement, pas d'interopérabilité et impossible par exemple de lire le fichier video légalement acquis pour un appareil sur un autre, non pas pour des raisons de contrôle via DRM (cela est possible), mais pour cause de format différent. Jérôme Colombain l'indique dans sa chronique du 3 avril consacrée à la VoD [4] :

[...] Pour cela, il faudra que les sites marchands proposent les films dans des formats numériques spécifiques.

Outre la guerre des formats, c'est aussi la guerre des alliances entre d'une part l'industrie des matériels et des logiciels (et leurs formats) et d'autre part les studios de cinéma ou les chaînes de télévision : il faut des contenus [5] (qui ont des formats).

Sources et liens :

En mars, ça repart !

Les giboulées de records sur FOo, en mars

Comme chaque premier jour du mois, un petit bilan de la vie du site avec ses statistiques. Janvier 2006 avait été un record (mais pas pour toutes les mesures), février marquait une baisse (mais fausse), et mars ?

Toutes les mesures statistiques du site sont les plus importantes depuis le lancement il y a 21 mois de Formats-Ouverts.org (FOo) :

  • près de 60 000 visiteurs uniques (59 614 selon AWStats) ;
  • plus de 170 000 visites (171 629), soit en moyenne plus de 5 500 visites/jour avec 3 records à plus de 6 100 le 13, le 14 et le 22 mars ;
  • plus de 460 000 pages (461 312 ; on approche des 500 000) ;
  • près de 675 000 hits (674 894 ; plus du demi-million, comme depuis 7 mois consécutifs) ;
  • et 22,28 GB de transfert.

Certes, les 36 articles du mois ne constituent pas le record, mais portent à 717 articles le nombre fin mars. Les 6 articles vedette en mars sont le dossier DRM, l'Australie et son rapport sur les DRM, la télé HD au travers de l'émission Ushuaïa, les DRM dans DADVSI, les futurs DVD et la capitale définition des standards ouverts dans la loi française.

Mars a aussi compté le 700e article (le 15, pour expliquer Formats-Ouverts.org), le texte inédit sur « les gênes de la société Microsoft » (photo à l'appui ; coquille corrigée depuis sur le site de l'éditeur) et l'anniversaire des 10 ans de connexion (en RTC) - sans oublier l'annonce du thème ISO lors des RMLL 2006.

Bonne utilisation des 719 articles (celui-ci compris), merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication (via fils RSS ou Atom) et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité !

«La guerre des formats»

« La guerre (ou la bataille) des formats », selon France Info aussi

« La guerre des formats » n'est pas une expression au format fermé car elle n'est pas déposée ni achetée : elle est donc inutilisable sans accord particulier. Heureusement, car nombre de fois cette expression est valable pour de multiples situations (DVD, bureautique, messagerie instantanée - y compris sur téléphone portable -, baladeurs musicaux ou video) et a été utilisée sur Formats-Ouverts.org et le sera sans doute encore. Et l'expression n'est pas exclusive, d'autres textes l'ont utilisée.

Il y a eu l'émission 8-FI du 12 février sur la chaîne Direct8 de la TNT gratuite, à propos des prochains DVD : La guerre des formats.

En consultant les archives en ligne (au format ouvert HTML) de la chronique Nouveau monde de Jérôme Colombain diffusée sur France Info, on retrouve non seulement l'expression dans un titre de ses chroniques, mais aussi bien sûr l'idée au travers d'exemples :

  • « Caméscopes : la guerre des formats » : en l'occurence, quel format choisir, cassette, DVD ou disque dur ? Il s'agit du format au sens de support physique. Mais il y a aussi :
    • le format des câbles nécessaires (toute la connectique en général est concernée) ;
    • le format informatique des fichiers numériques. Pour ce dernier, la question ELF (Et Le Format ?), se pose : ouvert ou fermé avec un seul logiciel sachant l'utiliser et utilisable sur un seul système d'exploitation ?
  • dans la chronique du 18 septembre 2004 à propos des sites de vente de musique en ligne de la FNAC, d'Apple et de Sony : « Cependant, la Fnac n'a pas réussi à lancer le site ouvert à tous qu'elle espérait. Les possesseurs de baladeurs Apple et Sony ne pourront pas écouter la musique de Fnac.com. La faute à qui ? Aux fabricants et aux maisons de disques, selon la Fnac. La bataille des formats numériques bat son plein. »

Dans tous les secteurs où le numérique intervient, les formats et les protocoles donnent lieu à des affrontements car ils sont la clé de l'accès et du contrôle de l'information.

Sources et liens :

Notules du 29 mars 2006

Une conférence sur les bibliothèques numériques à la BnF

Mardi 4 avril à la Bibliothèque nationale de France (BnF), de 11h30 à 13h, se tiendra une conférence-débat « La numérisation dans les bibliothèques : pratiques d’aujourd’hui et prochaines évolutions », destinée aux professionnels des bibliothèques (entrée libre).

Avec Catherine Lupovici (bibliothèque numérique à la BnF), Jean-Emile Tosello-Bancal (Sous-direction des Bibliothèques du Ministère de l’Education nationale), Alain Jacquesson et Alexis Rivier. Ces deux derniers sont des responsables de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève et aussi auteur du livre de référence déjà cité, Bibliothèques et documents numériques, qui traitent entre autres des formats ouverts ou pas.

  • Bibliothèques et documents numériques Concepts, composantes, techniques et enjeux, éditions du Cercle de la Librairie, collection biliothèque, 578 pages, 42 euros, ISBN 10 : 2-7654-0915-3
MSN sur Europe 1

Mardi 28 mars, de 23h à minuit se déroulait l'émission hebdomadaire Génération Europe 1 Nouvelle technologies. L'un des invités était Olivier Marcheteau, nouveau Directeur Général de MSN France. Il a été question du modèle économique, des objectifs ou du changement de format de nom de MSN Messenger, qui devient Windows Live Messenger (un des services Windows Live).

Mais pas de mention du sujet de l'interopérabilité des messageries instantannées, où chacun souhaite conserver jalousement ses utilisateurs en fermant ses protocoles (Microsoft, mais aussi AOL et Yahoo!, et cela malgré des accords de compatibilité entre certains).

Le podcasting dans la presse télé

La même semaine, Télépoche et Télérama traitent du podcasting, la baladodiffusion (dans un format plus français) : c'est le nouveau format de diffusion radio. Pour Télépoche (n°2093, du 25 au 31 mars), sa fiche détachable s'intitule Le Podcast La radio quand vous voulez. Johana Lagunas cite entre autres le logiciel libre Juice et le site Framasoft.

Quant à Télérama (n°2932, du 25 au 31 mars), en 2 pleines pages intitulées Ecoutez la liberté et signées Emmanuelle Dasque, il explique que toutes les radios (Radio France, Arte Radio, RTL, Europe 1) s'y sont mises, avec l'arrivée des baladeurs numériques, du haut débit et du format MP3.

Les DRM dans Télérama

Page 18, n°2929 : article, La musique mise sous clef ?, de Thomas Bécard, sous-titré « Les députés légalisent le DRM, un verrouillage des fichiers musicaux » :

Car voilà leur fonction, aux DRM : limiter les possibilités de copier, graver ou transférer de la musique - ou de la video, ou des logiciels - en espérant ainsi réduire les risques de piratage.

Conclusion : « En attendant, le consommateur moyen, qui ne s'y connaît pas trop en bidouille informatique, se retrouve coincé avec son CD illisible ou son fichier intransférable. » L'excellent dessin d'illustration, signé Mb, est aussi à signaler : un monsieur fulminant qui fait jouer son CD de M. Pokora sur un phonographe (!) en clamant « Marre des CD protégés qu'on peut pas lire ! Cette fois-ci ils vont m'entendre... » !

Le secteur des DRM

Les DRM sont devenus un terme plus répandu depuis le débat sur la loi DADVSI à l'Assemblée nationale. On peut les aborder en dressant la liste de leurs exemples d'utilisation... Il est aussi possible de les aborder en se posant quelques questions à propos du secteur des DRM :

  • quelles sont les entreprises proposant des technologies et services liées DRM ?
  • y en a-t-il des françaises ? combien de personnes vivent de ce secteur ?
  • quel est le chiffres d'affaires généré ? quelles prévisions ?...

Dans un format plus bref, avoir des caractéristiques détaillées de ce secteur.

Sous les claviers, le verrouillage...

Il y a les câbles, les écrans, les fichiers... et les puces, aussi !

Le sujet des DRM est très riche d'exemples concrets (comme la télévision HD, les câbles HDMI, les fichiers de musique, les téléphones portables). Voici une nouvelle illustration avec les ordinateurs et leurs microprocesseurs, les célèbres puces...

Au départ, il y a un magazine, intitulé Connecté : petit format, beau papier, belle présentation, un joli travail de mise en page pour une bonne impression... Il était fourni avec l'hebdomadaire Télérama. Il est aussi offert avec le numéro de février-mars de Digital World (revue française). Sous-titre : La mobilité et les loisirs numériques par Intel (gras dans le texte d'origine), et à l'intérieur on lit « Cette édition a été réalisée par Intel France sous la direction d'Isabelle Ferdane » (qui signe l'éditorial, Grain de folie).

Il s'agit donc d'une publicité, d'une opération de communication, d'un long publireportage sous forme de (au format) magazine. Avec le nouveau microprocessseur Viiv d'Intel comme sujet des 52 pages qui offrent plusieurs formats de documents (photos, chronologie, textes, interviews, schémas,...).

Et alors ? Au fil des pages, on retrouve les leitmotiv (expressions types, dans un format plus publicitaire) : « la convergence numérique » est là, c'est l'heure « des loisirs numériques » (jeux video en ligne ou à la demande, album de photos, télévision, video à la demande, musique) et « notre vie numérique  » passe désormais par du matériel (ordinateur ou pas) équipé du dernier microprocesseur Intel Viiv.

Et puis, en lisant attentivement, il y a l'article Viiv La révolution multimédia, page 30, avec cet extrait :

La plate-forme Viiv s'appuie sur les technologies les plus modernes, mais aussi sur Windows Media Center, conçu par Microsoft pour les PC de salon. [...] Il [un PC Viiv] peut aussi jouer le rôle de serveur multimédia et assurer la diffusion sécurisée de contenus sur le réseau domestique vers les Digital Media Extenders (comme la Xbox 360), et à tout type de périphériques supportant l'échange de médias sécurisés par la technologie DTCP/IP.

Les PC de salon avec Windows Media Center, un premier format pour ces ordinateurs. Et le DTCP/IP ? C'est le Digital Transmission Content Protection over Internet Protocol :

  • le second, Internet Protocol (IP) est un protocole ouvert, à la base d'Internet ;
  • en revanche le premier, DTCP, est un format fermé de contrôle (rien à voir avec le TCP de Transfert Control Protocol, protocole ouvert qui va de pair avec IP : on parle de TCP/IP).

Le microprocesseur contrôle donc les fichiers pour les « sécuriser » : cela ne se situe plus ici au niveau des logiciels, mais du matériel et plus précisément au niveau du cerveau de l'ordinateur. La puce, agent de surveillance des éditeurs de contenus (musique, video,...) : le choix d'Apple en juin 2005 de mettre des puces Intel dans ses machines dès 2006 peut aussi s'expliquer sous cet angle...

Alors, les microprocesseurs des ordinateurs, gardiens de prison ou ange gardien ?

  • pour une entreprise, cette sécurisation et ce contrôle des machines revêt sans doute un intérêt certain pour administrer et suivre le parc informatique, qui a un coût ;
  • mais pour les individus, cela peut aller à l'encontre de l'accès aux informations, de la maîtrise de sa machine et des libertés individuelles d'utilisation et de vie privée.

Sous les pavés, la plage : format imagé et fort peu réel. Sous les claviers, le verrouillage : format concret et fort réel.

Sources et liens :

Notules du 19 mars 2006

Avant de les reprendre en les développant, quelques informations

Voici 6 notules pour de futurs articles (pdfa, et non pas PDF/A) :

Séminaire Aristote

Lors du séminaire Aristote du 16 mars, c'est Jean Paoli, le Monsieur XML de Microsoft Corporation qui est intervenu pour présenter le format Microsoft Office Open XML. Avec aussi une intervention sur le Records Management à la Bibliothèque nationale de France (BnF) ou encore sur les blogs, Wikipédia et Firefox...
Lire l'article : « De la pérennité de l'information numérique (et des formats) : un compte-rendu »

Conférence au salon du livre

Lors de la table ronde-conférence du vendredi 17 mars sur les bibliothèques numériques, chacun des 3 participants présents a fait ses annonces pour son projet (Google Books, BnuE et OCA)... dont la BnF et Google France, avec deux formats de discours, de personne, de personnalité...
Lire l'article : « Une conférence, des formats et deux personnalités... »

Un livre de référence, Bibliothèques et documents numériques

Alain Jacquesson et Alexis Rivier ont publié début 2006 la deuxième édition de Bibliothèques et documents numériques, Concepts, composantes, techniques et enjeux. Plus de 550 pages en français sur la question des bibliothèques numériques et des formats des documents. Une référence...
Lire l'article : « Lecture d'été au format papier »

Intel et Viiv : le format de la puce et les formats dans la puce

Fin des microprocesseurs Pentium, voici les Viiv (prononcez « vaïve » comme l'indiquent les documents marketing d'Intel). La nouvelle puce des loisirs numériques, celle des ordinateurs qui sont au centre de la vie numérique... Et au centre de la puce nouveau format ?... Des DRM...
Lire l'article : « Sous les claviers, le verrouillage... »

Une nouvelle catégorie pour les RMLL 2006

La session Interopérabilité, Standards Ouverts (soit ISO en abrégé, et aussi Interoperability Standards Open en mauvais anglais) après avoir été annoncée est en cours d'élaboration. Ce sera l'occasion d'avoir une catégorie dédiée sur Formats-Ouverts.org et aussi avec quelques lignes en anglais pour cette session (ou thème) des Rencontres Mondiales des Logiciels Libres 2006...
Lire l'article « RMLL 2006 Standards Ouverts - Interopérabilité »

10 ans de connexion Internet

Un anniversaire : une décennie de connexion à titre personnel, depuis le 19 mars 1996 (et avec le même fournisseur d'accès), avec le format RTC et modem (externe ou interne), mais pas d'ADSL ni de câble ni d'autres « box »...
Lire l'article : « J'ai 10 ans ».

Les DRM : il y en a en bureautique aussi !

Vos fichiers de bureautique sont aussi « protégés »

Le dossier DRM est riche d'illustrations et d'exemples. Il en est fortement question en ce moment à l'Assemblée nationale, principalement pour le sujet de la musique.

La musique, la video, le cinéma ou la télévision numériques utilisent des DRM sur les CD audio, les DVD, les écrans, les téléviseurs,... Mais les fichiers bureautiques peuvent aussi avoir des DRM.

En effet, il est possible d'établir des droits sur les fichiers de traitement de texte, de tableur, de présentation pour limiter voire interdire les utilisation : les impressions, les transferts, les lectures. Cela peut se comprendre en un sens : c'est l'équivalent numérique de la « diffusion restreinte et confidentielle » ou des documents papier écrits en noir sur rouge (photocopie impossible).

Deux exemples peuvent être cités :

  • le cas des PDF qui par exemple ne peuvent pas être imprimés ou dont on ne peut copier de passage car il y a un verrouillage (qui n'est pas effectif sur tous les logiciels de lecture de PDF) ;
  • le cas des documents élaborés avec la suite bureautique Microsoft Office 2003.

Dans le cas de la suite Office de Microsoft, les technologies utilisées sont dénommées IRM (Information Rights Management) avec l'extension Windows RMS (Rights Management Services) :

Information Rights Management protège donc les droits intellectuels sur les données numériques, en empêchant de les imprimer, de les transmettre ou de les copier illégalement.

RMS est une fonction de protection des documents qui fonctionne en arrière-plan des applications pour protéger les données sensibles de l’entreprise, où qu’elles soient transférées.

Deux questions peuvent immédiatement se poser, en tant que particulier et encore plus comme administrations ou entreprises :

  • qu'en est-il de l'archivage de tels documents électroniques dont l'accès n'est pas totalement maîtrisé ?
  • ce contrôle extérieur ne pose-t-il pas un problème en terme de souveraineté sur les documents produits ?

La Nouvelle-Zélande a refusé cette approche, le Massachussets aussi, tout comme ce qu'avance l'ODF Alliance en s'appuyant sur des formats ouverts pour assurer entre autres pérennité et interopérabilité.

Sources et liens :

C'est votre première visite ?

Des informations sur le site Formats-Ouverts.org

Vous avez découvert un article de Formats-Ouverts.org, grâce à un lien, suite à une recherche, après une recommandation ou autre. Et vous vous interrogez sur ce qu'est exactement ce site : voici donc des éléments de réponses.

Le site
  • En une phrase : Formats-Ouvert.org propose des articles liées au sujet des formats au sens large, ouverts ou pas, numériques ou pas, à partir de l'actualité.
  • De manière un peu plus longue : Formats-Ouverts.org, abrégé FOo, est un site Web de type blog, ouvert le 1er juillet 2004. Il propose des articles classés par catégories et par date à propos du sujet des formats, avec sources et liens des informations développées. Cela concerne l'interopérabilité, les formats, les protocoles et les standards ouverts ou fermés, dans le domaine numérique ou pas, au sens large, en partant (ou pas !) de l'actualité pour illustrer et expliquer le rôle capital des formats.
Les formats, les protocoles, les standards, l'interopérabilité
  • Présentations graphiques :
    • carte heuristique (pas encore publié)

Ceci est le 700e article, publié le 15 mars 2006, pour l'anniversaire des 20 mois et demi de Formats-Ouverts.org.

L'Assemblée nationale, le lieu central sur les formats et l'interopérabilité

Les débats sur DADVSI, au cœur des formats

Où faut-il être en ce moment quand on s'intéresse au sujet des formats (ouverts ou pas), de l'interopérabilité ou des DRM ? Au salon Documation 2006 (ce 15 et 16 mars) ? Au séminaire Aristote (le 16 mars) ? Non ! Il faut suivre les débats à l'Assemblée nationale.

En effet, face à l'hémicycle avec les députés :

  • nul autre endroit en ce moment ne se penche autant sur la question ;
  • aucune statistique ne peut rivaliser avec le nombre fois où les mots « interopérabilité », « DRM », « formats », sont prononcés en si peu de temps ;
  • il n'y a rien d'aussi important, car les décisions seront dans une loi.

A titre d'exemple, la date d'hier mardi 14 mars 2006 peut être considéré comme une grande date : lors de la troisièmpe séance, entre 21h30 et 00h15, ce furent :

  • interopérabilité : prononcée 26 fois ;
  • DRM : prononcé 21 fois ;
  • standards ouverts : prononcé 1 fois ;
  • formats : prononcé 4 fois.

Il est possible de « suivre » les débats à différents « formats » :

  • en direct :
    • sur place en ayant un ticket de seéance délivré par votre député (ou un autre) ;
    • en video :
      • en ligne depuis le site Web de l'Assemblée nationale : aux formats fermés Windows Media Video ou Real Video ;
      • à la télévision hertzienne et surtout numérique (TNT par exemple)
  • en différé, au format écrit :
    • avec le compte-rendu analytique, aux formats ouverts HTML et PDF ;
    • avec le compte-rendu intégral, aux formats ouverts HTML et PDF.
Sources et liens :

Mais cela signifie quoi ?

Ah ces formats d'écriture...

Il y a les sigles ou les acronymes (PdC, DRM ou XML), les abréviations officielles ou personnelles (tél ou biz), les termes peu communs ou mystérieux (sérendipité, procrastination, carte heuristique), le style télégraphique, les expressions à base de mots connus mais dont l'assemblage est obscur (« les données informatives de partenaires ») ou les créations de nouveaux mots (langage SMS ou des chats, avec les kdo, mdr, @+ ou ;-) ). Ou encore les,

  • HP6 (...pour Harry Potter 6, soit le 6e tome des aventures de Harry Potter) ;
  • mar mar 14, 16:30:25 (...pour mardi mars 14 16h30 25s, soit une date à un format, avec l'heure, mais sans l'année) ;
  • M:i:III 05.05.06 (...pour Mission:impossible III qui sort le 5 mai 2006 dans plusieurs pays, soit le titre du film Mission Impossible 3 avec chiffre romain et date et règles typographiques anglosaxonnes) ;
  • i18n (...pour internationalisation, soit i suivi de 18 lettres puis n).

Il y a sans aucun doute d'autres nombreux exemples, qui tous posent le problème du format utilisé : si on sait décoder et comprendre les informations, il est ouvert. Si les manières d'écrire (tablette de Phaitos) ou de parler (locutrice unique) n'ont pas de traductions pour les maîtriser, cela sera inexploitable et perdu.

Dans le monde numérique, si les formats et protocoles utilisés ne sont pas ouverts, le danger de perdre les informations, c'est-à-dire le patrimoine numérique, sera tout aussi réel et même plus important au vu de la part croissante des aspects numériques.

Sources et liens :

Le HDCP et ses chaînes expliqués

Une chronique courte et claire de France Info sur le format HDCP

La chronique quotidienne de Jérôme Colombain sur France Info traitait jeudi 9 mars du HDCP. Un terme mystérieux... : HDCP : le cauchemar de la HD ? en est le titre et explique clairement ce dont il s'agit :

Le HDCP est un système de cryptage des films qui empêche de copier sur un enregistreur non autorisé un film protégé. Si vous essayez de copier un DVD haute définition, celui-ci sera illisible. En contrepartie, pour regarder un film protégé par HDCP, il faut utiliser exclusivement des appareils compatibles. Toute la chaîne vidéo devra être en conformité avec ce système : lecteur de DVD, écran de télé et pour les ordinateurs la carte graphique et le moniteur vidéo. (gras ajouté)

Le HDCP est un des exemples de l'utilisation des DRM et implique donc leur présence et leur prise en compte dans les lecteurs, dans les câbles (avec le HDMI), dans les écrans ou les télévisions (avec la HD TV) et autres matériels. Pas de formats ouverts, pas d'interopérabilité.

Sources et liens :

L'Australie, les DRM et le rapport coup de tonnerre

Un rapport parlementaire australien revient sur les DRM mis en place auparavant !

En Australie, voici une petite chronologie en 3 temps, qui concerne les DRM :

  • au début est le DMCA (Digital Millennium Copyright Act), texte américain à propos du copyright, qui se voit transposer dans le cadre d'accords bilatéraux... ;
  • en 2005, l'Australie au titre de son accord pour le libre échange avec les Etats-Unis (Australia-United States Free Trade Agreement), met en place son DMCA, avec notamment l'article 17.4.7 sur les mesures techniques de protection ;
  • le 1er mars 2006, remise d'un rapport officiel en 10 parties du Committee on Legal and Constitutional Affairs (Comission des affaires juridiques et constitutionnelles) à propos d'une étude sur les exceptions aux mesures techniques de protection (Review of Technological Protection Measures Exceptions).

En effet, les mesures techniques de protection (MTP) posent de tels problèmes que le rapport propose dans ses chapitres 3 et 4 plus de 30 recommandations liées à dl'exceptions à la mise en place des MTP. Il s'agit de pouvoir contourner ces MTP pour, entre autres : éviter le verrouillage de marché, assurer l'interopérabilité, permettre la recherche, dont celle en cryptographie, garantir l'archivage et la maîtrise des activités de l'Etat.

Appels :

  • si des traducteurs se sentent l'âme et ont le temps de s'y pencher, il y a là un document important ;
  • si les députés français réunis en ce moment pour le débat sur le projet de loi DADVSI pouvaient s'en inspirer... les informations sont disponibles, sans mesure d'interdiction d'accès.

Les standards ouverts, pour garder le contrôle de ses documents, pour l'archivage, pour la sécurité, pour l'interopérabilité ou pour la libre concurrence sont la réponse la plus complète.

Sources et liens :

Je veux le DRM mais pas les DRM ni le DRM

DRM selon le format de l'article de Daniel Glazman

Je veux le DRM (1) mais pas les DRM (2) ni le DRM (3).

Comme pour les standards ouverts, tout est une question de définition. Au choix :

  • (1) : le DRM, le Droit de Rester Maître (de sa machine, de ses données) ;
  • (2) : les DRM, Digital Rights Management, s'ils verrouillent et contrôlent ;
  • (3) : le DRM, le Devoir de Rester Manipulé.
Source et liens :

Interopérabilité des messageries instantanées sur téléphone portable

Le journal Le Monde traite des messageries instantanées sur portables

La définition du terme interopérabilité donnée par le site LesTelechargements.com était très surprenante... Cette interopérabilité est le mot magique souvent avancé, comme standard ouvert.

Cette fois, c'est la messagerie instantanée sur portable qui revendique l'interopérabilité. Pris séparément :

  • la messagerie instantanée sur ordinateur : pas d'interopérablité, on fait la causette qu'avec celles et ceux qui ont le même logiciel !
  • la téléphonie mobile : l'interopérabilité est en action, en appellant sans se soucier de la marque du téléphone ou de l'opérateur.

Et en mélangeant les deux : interopérabilité ou pas ? Le Monde répond avec son style assez posé (son format ?) à propos des accords signés lors du salon 3GSM 2006 :

A l'occasion du Salon barcelonais, une quinzaine d'opérateurs, parmi lesquels Vodafone, Orange, T-Mobile, Telefonica Mobiles, Telecom Italia, et China Mobile, ont signé un accord d'interopérabilité entre leurs différentes solutions de messagerie.

Il y a ici confusion entre interopérabilité et compatibilité : c'est la compatibilité entre les acteurs signataires qui est en vigueur.

Google, Yahoo!, MSN et AOL n'attendront probablement pas que des outsiders se constituent sans eux une base d'utilisateurs sur mobiles. Pour fermer le marché à d'autres, l'interopérabilité entre les quatre grands est attendue. Google et AOL font déjà communiquer leurs messagers sur les postes fixes. L'accord MSN et Yahoo! est signé et la mise en œuvre pour bientôt. Ses accords pourraient prochainement s'étendre à la téléphonie mobile.

Encore une fois confusion interopérabilité-compatibilité... mais la citation en gras ci-dessus mérite d'être reformulée dans un format plus clair : les 4 principales sociétés qui dominent le marché vont se mettre d'accord entre elles pour que leur logiciel soit compatible et ainsi empêcher la concurrence !

Les formats sont bien des armes techniques et économiques quand ils ne sont pas ouverts , pour verrouiller et contrôler son marché. Pas d'interopérabilité, plus de concurrence loyale, mais un cartel. Sauf que pour Google avec Google Talk, le dernier arrivé à l'été 2005, le protocole utilisé est Jabber/XMPP, un protocole ouvert : comment cela va-t-il se passer ? Les trois sociétés, AOL, Microsof et Yahoo! peuvent très bien se mettre d'accord sans inclure le dernier arrivé sur ce marché.

Sources et liens :

Tout baisse, mais pas vraiment

En février, mois court, mois en baisse, mais pas autant...

Quel bilan de la vie du site Formats-Ouverts.org en février ? Et bien cela dépend comment on considère les choses... Soit au premier abord une baisse générale par rapport aux records de janvier en prenant les chiffres bruts :

  • 46 937 visiteurs uniques (moins 5 200) ;
  • 136 928 visites (moins 12 000) ;
  • 384 918 pages (moins 68 000) ;
  • 541 135 hits (moins 87 000).

Soit de dire avec les mêmes informations mais dans un autre format d'analyse :

  • plus d'un demi-million de hits pour le 6e mois consécutif ;
  • près de 400 000 pages (comme depuis une demi année) ;
  • quatrième meilleur mois depuis 20 mois ;
  • une moyenne de 5 000 visites minimum par jour en semaine et de 4 000 minimum en fin de semaine (soit en moyenne plus de 132 000 visites pour 28 jours, ce qui est dépassé ; et même le record de 5 666 visiteurs en un jour).

Alors ? Les deux versions sont exactes. Et d'ailleurs en tenant compte des 28 jours de mesure au lieu des 31 en janvier, la baisse n'est pas aussi effective si on compare à termes égaux. Il y a donc souvent à préciser et à situer dans le contexte général et dans le temps : c'est la différence entre format absolu ou format relatif.

Les 6 articles les plus vus ont été ceux sur le dossier DRM, l'émission Ushuaïa, la définition dans la loi française, les DRM dans la loi DADVSI en urgence, le dossier bibliothèque numérique et Prisonnier d'une capsule.

Il faut aussi signaler :

  • un mois de février avec 29 articles : généralement, un article se base sur une information, mais ce mois-ci ce fut 50% d'informations en plus avec les 2 notules du 26 et du 28 qui proposent 16 informations, certes peu développées, mais qui évitent de les oublier ;
  • une émission de télévision, 8-FI, le 12 février sur la chaîne Direct8 ;
  • le 6e dossier de synthèse sur les prochains DVD, avec la guerre HD-DVD contre Blu-ray Disc ;
  • le 666e article et aussi celui de la Saint Valentin et ses slogans.

Bon mois de mars avec sans doute quelques surprises... Bonne utilisation des 683 articles (celui-ci compris), merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication (via fils RSS ou Atom) et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité !

Table des billets de mars 2006

Les 36 billets publiés en mars

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 13 dans Général, 1 dans Premiers pas, 3 dans Manifestations, 1 dans Interopérabilité, 1 dans Bibliothèques numériques, 5 dans Non-électronique, 1 dans Humour, 4 dans Loi, 2 dans Notules, 1 dans Logiciel, 1 dans Anniversaire

Notules du 28 février 2006

Notules, pour de futurs articles (pdfa), ou pas

Après les 10 notules à propos des 2 dernières semaines de février, en voici 6 autres.

15 février - Lors du salon 3GSM, des opérateurs téléphoniques ont annoncé la signature d'un accord pour assurer « l'interopérabilité » entre leurs messagerie instantanée. On devrait plutôt parler de compatibilité entre ces opérateurs. Mais avec quel protocole : ouvert ou pas ? Jabber ? De plus comme le dit l'article « tous les grands noms de l'internet (Microsoft, Yahoo, AOL...) qui se sont constitués une base d'utilisateurs web pour leur messagerie instantanée ne laisseront pas échapper leur part du gâteau sur la mobilité. Déjà tous jouent des coudes pour être présents par défaut sur les téléphones portables 3G. Sans compter qu'ils sont également réticents à toute forme d'interopérabilité. »

17 février - La video à la demande (la VOD au format abrégé et anglais, comme proposée par ARTE VOD) sur le téléviseur, l'ordinateur et le téléphone mobile ? Oui c'est possible, et France Telecom le propose dans ses services, à condition d'avoir le lecteur multimedia maison (basé sur Windows Media Player) ou les puces Intel Viiv. Là aussi, il faut le bon format, au prore comme au figuré.

17 février - Au-dessus de HCDP et HDMI il y a AACS, Advanced Access Content System (AACS), qui vise à protéger les futurs DVD, les HD DVD et Blu-Ray DVD. Mais ce système n'est pas encore intégré dans tous les matériels : le DVD sera acheté, mais impossible de l'afficher sur les écrans, même HD Ready. Cependant une chose semble sûre : le verrouillage de la chaîne est à l'ordre du jour pour tout contrôler, y compris empêcher le trou analogique.

7 février - Avoir accès à toute la musique sous forme de forfait ? Cela peut faire penser à certaine idée de licence... C'est ce que propose le site MusicMe : écoutez tout (du moins le catalogue) mais uniquement le temps de votre abonnement. Car il s'agit finalement de location. Le tout basé sur les DRM Janus de Microsoft.

20 janvier - Konica-Minolta arrête de produire des appareils photos argentiques, activité depuis plus de 100 ans. Pour les pièces, problème en vue. Pour les pellicules, il existe des formats standards (on n'a pas une dimension de pellicule par appareil !), à condition de continuer d'être fabriqués.

11 janvier - Nikon a annoncé un peu à la surprise générale (même si cela s'inscrit dans un mouvement d'ensemble de l'industrie) qu'il arrêtait le format argentique et ne proposait plus que des appareils photo numériques, sauf pour le F6 qui reste encore vendu et fabriqué. C'est le format papier (même imprimé) contre le format numérique stocké sur les disques durs et le problème de l'archivage qui se pose.

Notules du 26 février 2006

Notules de fin février 2006, pour de futurs articles (pdfa), ou pas

L'actualité est très riche à propos des formats ouverts (et fermés) et de l'interopérabilité. Comme déjà annoncé, il y a les catégories En bref et Notules pour au moins citer les informations. Voici donc vraiment, il faut se lancer (mais sans les développer), 10 notules (de petites notes ou commentaires d'information), qui feront ou pas l'objet d'articles, mais qui au moins seront indiquées et partagées.

  • 26 février - Le timbre écrase le numérique - La fête du timbre 2006 se déroule les 25 et 26 février. Le timbre et son format papier est ou sera toujours rare, même produit à des millions d'exemplaires, par rapport au numérique, qui est copiable à l'infini.
  • 23 février - Arte se met à la video à la demande (VOD pour Video On Demand) depuis le 23 février, mais que pour utilisateurs avec Internet Explorer et Windows et Windows Media Player. Service public, mais format fermé (ce n'est pas le seul).
  • 24 février - Google et les archives nationales américaines : partenariat pour archiver des films en numérique. Question : Et Le Format ?
  • 22 février - Définition de l'interopérabilité selon le site LesTelechargements.com : « Il s'agit de la possibilité de lire une œuvre achetée légalement sur tous les supports que l'on possède. Par exemple, un fichier même mp3 pourra être lu sur un autoradio ou sur un baladeur sans que cela ne pose de problème d'ordre technique. » Et s'il n'y a pas d'achat, pas d'interopérabilité ? Et l'interopérabilité n'est pas présente dans d'autres domaines ? (radio, télévision, téléphonie non-numériques ; et Web aussi !).
  • 27 février - Rencontre annuelle d'une semaine des groupes de travail du W3C, du 27 févier au 3 mars, à Mandelieu en France. Ces groupes du W3C sont à l'origine de nombreux standards ouverts.
  • 21 février - Vote électronique utilisé en interne à l'UMP à partir du mardi 21 février lors du scrutin pour désigner les candidats pour les prochaines élections municipales à Paris. Le vote électronique soulève lui aussi des questions de formats.
  • 26 février - Emission de télé 8-FI de la chaîne Direct8 sur le cinéma numérique : « Cinéma numérique : bientôt dans les salles ? Fini les bobines et bienvenue dans le tout numérique ! La projection numérique des films de longs-métrages arrive dans les salles et c'est pour bientôt. » : Et Les Formats ?
  • 25 février - Un haut responsable de Yahoo!, David Goldberb (Vice-President and General Manager Music), critique les DRM lors de la conférence Music 2.0 : « Les restrictions dues aux gestions des droits ont créé des barrières pour les consommateurs, rendant difficile de transférer la musique vers des appareils portatifs, et en créant des incompatibilités entre services de musiques et les lecteurs MP3. » (traduction de Tristan Nitot, Standblog)

Trois nouvelles sur les DRM

Du nouveau depuis Standblog.org, Casualtek.com et Jerome.Colombain.com

Voici 3 éléments nouveaux à propos du dossier des DRM, illustration de l'absence d'interopérabilité et de formats pas vraiment ouverts.

Et de un : Tristan Nitot se met un peu en retrait et passe la balle...

L'incontournable site Standblog de Tristan Nitot l'a annoncé le 20 février : « Je n'ai pas le temps de traiter tout cela » à propos des retours d'exemples qu'il avait sur des problèmes posés par les DRM. Il avait notamment illustré et vécu ces problèmes avec le Noël de son fils Robin à qui on avait offert CD audio et lecteur tout neufs... mais CD inutilisable car avec DRM, ce qui lui avait fait lancer : « Si un des patrons de cette auguste major venait à passer par là, je crois bien que je lui offrirais un bain de minuit dans la Seine toute proche, avec des charentaise en béton de ma confection. ».

Même s'il continuera de les citer, Tristan ne peux traiter les DRM comme il le voudrait et il indique : « Je vous recommande deux endroits pour vous informer sur les dangers des DRM : Formats-Ouverts.org, et en particulier son billet récapitulatif Dossier DRM

Merci beaucoup pour cette recommandation, mais hélas je ne vais pas non plus tout suivre ni tout restituer. En revanche le dossier DRM continuera de s'allonger avec des articles comme celui-ci pour illustrer concrètement les DRM.

Et de deux : le site Casualtek, à consulter

Le second site annoncé ci-dessus est « La catégorie DRM de Casualtek, le blog d'un journaliste qui fait un vrai travail d'investigation sur les DRM ». Il s'agit de Valéry Marchive, journaliste de presse informatique professionnelle et grand public depuis 1996.

Sa rubrique « drm & co » fait le point, étudie de manière détaillée et technique les différentes technologies utilisées et qui emploient les DRM : HDCP, HDTV, HDMI, CPRM,... Une très bonne ressource, à consulter régulièrement.

Et de trois : Jérôme Colombain, sa musique et les DRM, la suite... pire...

Jérôme Colombain, journaliste, expliquait comment il avait perdu toute sa musique numérique en changeant de matériel.

Bonne nouvelle : il a tout récupéré ! Les deux enseignes chez qui il avait acheté ses fichiers lui ont permis de tout débloquer. Est-ce dû à la célébrité de l'histoire qui s'est propagée très rapidement, à sa notoriété légitime, à la réaction habituelle des enseignes face à ce problème sans doute pas aussi rare ? Sans doute toutes ces raisons.

Mauvaise nouvelle : c'est pire ! Car à peine retrouvée, sa musique n'est pas utilisable ailleurs que sur son ordinateur de bureau ! Ainsi :

Impossible d’écouter dans mon salon la musique que j’ai achetée dans mon bureau !

En effet, les DRM présents sur les fichiers de musique peuvent interdire à l'ordinateur de salon (les fameux media-center) de jouer la musique sur un autre ordinateur que celui qui a servi pour l'achat et le téléchargement. Cette approche une utilisation-un achat des contenus avec DRM qui limitent et contrôlent les usages pose la question suivante : n'est-ce pas de la simple location de musique ? Et plus encore :

Finalement, la notion de possession en ce qui concerne les biens culturels n’est-elle pas désuète ?

Un excellent article, qui est même plus dur que le précédent : « Le problème, c’est que le consommateur devra payer à tous les étages ».

Sources et liens :

Congrès mondial 3GSM : la téléphonie et les formats

Dans le monde de la téléphonie, les formats et les protocoles sont aussi la clé

Du 13 au 16 février 2006, se tenait à Barcelone le vingtième 3GSM World Congress 2006, le salon mondial consacré à la téléphonie mobile.

La téléphonie mobile est un marché qui s'annonce en forte expansion. Avec le développement du haut débit pour téléphones portables, de nombreuses nouvelles possibilités apparaissent. Ainsi de nouveaux services sont proposés sur les appareils de dernière génération, véritables téléphones mini-ordinateurs portables multimedia, qui permettent :

  • de téléphoner, de faire de la visiotéléphonie, de communiquer via messages texte (SMS) et encore plus via messages multimedia (MMS) ;
  • de photographier, de filmer, de lire des photos et des video ;
  • d'écouter de la musique ;
  • de surfer sur le Web, de télécharger des informations, de faire du chat, de suivre ses courriels, de gérer son agenda ;
  • de regarder la télévision.

Pour fournir ses possibilités, il faut des protocoles de transmissions et d'échanges, des logiciels de traitement et des formats pour les données. Car encore une fois, les formats et les protocoles sont capitaux : ils peuvent permettre de contrôler et de verrouiller le marché s'ils sont fermés. Certes, des standards ouverts sont aussi utilisés : le protocole IP, les standards du Web (utilisé dans le navigateur Opera très présent) ou les logiciels à format ouvert (comme dans Linux embarqué).

Parmi les nombreuses annonces lors du salon, il faut souligner celles de Microsoft avec plusieurs partenaires : ce sont 8 communiqués de presse à propos de Windows embarqué, de MS Office sur téléphone portable, de Windows Media comme logiciel multimedia avec ses formats de fichiers et ses protections, de la messagerie instantanée ou des courriers électroniques.

La question ELF se pose encore plus : Et Le(s) Format(s) ? Il s'agit de WMA avec DRM, de ceux de MS Office, de ceux de MSN, de ceux liés à Windows... qui ne sont pas vraiment des formats ouverts. La guerre des formats a bien lieu.

Sources et liens :

Interopérabilité des mesures techniques de protection

Discours du Ministre de la culture

Avant l'éditorial du président de VirginMega du 25 janvier, c'est le Ministre de la culture et de la communication qui a traité des DRM et de l'interopérabilité. Ainsi, le 17 janvier 2006, lors de la deuxième réunion de l'Observatoire des usages numériques culturels, il a recensé 4 « obstacles à franchir » (gras ajouté), dont :

L'interopérabilité C'est un objectif poursuivi et atteint dans le domaine des télécommunications et dans le domaine de l'audiovisuel. C'est un horizon qui paraît toujours repoussé en matière de mesures techniques de protection. Je souhaite proposer au Premier Ministre, qui en a accepté le principe, de désigner un parlementaire en mission pour que nous soyons plus offensifs en la matière. Nous devons jouer un rôle pionnier au niveau européen.

L'interopérabilité est atteinte dans les télécommunications et dans l'audiovisuel ? C'est exact pour :

  • téléphoner à un correspondant, ce qui ne nécessite pas de connaître la marque de son appareil ni d'avoir le même opérateur ;
  • envoyer un SMS ou une télécopie, qui se fait sans autre contrainte que le numéro de téléphone ;
  • écouter ses 78, 45 et 33 tours (à condition d'avoir un lecteur), ses cassettes et ses vrais CD audio (ceux qui respectent le format CD Audio sans ajout ou modification des caractéristiques) ;
  • regarder la télévision à réception hertzienne : cela ne nécessite pas de se demander quelle marque reçoit chaque chaîne ou pas ;
  • écouter la radio, quelle que soit la fréquence hertzienne : l'appareil capte les stations ;
  • visionner une cassette video (VHS voire Betamax) ou un DVD video normal (sans modification du format DVD ni ajout) : on glisse le support ;
  • voir un film au cinéma : un écran suffit ; pour l'exploitant de la salle, le matériel de projection non-numérique est standardisé avec la bobine.

Cependant pour ce qui est de la téléphonie sur Internet, de la musique numérique, de la radio numérique, de la télévision numérique, de la video numérique et du cinéma numérique, la question ELF se pose : Et Le(s) Format(s) ? Quel est le lecteur nécessaire en raison du format, quelles sont les conditions techniques précises requises, qui est en charge des formats ?

Et avec les nombreux formats différents, peuvent se trouver des mesures techniques de protection (les DRM et leurs nombreux exemples), qui a priori ne reposent pas sur des standards ouverts.

Sources et liens :

«Interopérabilité des systèmes de sécurisation»

Citation du président de Virgin Megastore

Dans l'« Édito » du magazine Virgin ! du 25 janvier 2006, n°60, intitulé La loi du peer, Jean Noël Reinhardt, président de Virgin Megastore, traite du projet de loi DADVSI. Et plus précisément de la licence globale, avec ce passage (le gras est présent dans le texte) :

L'une des solutions pour pallier les dommages de la copie pirate passe par une meilleure interopérabilité des systèmes de sécurisation de contenu grâce aux logiciels de DRM (en français : gestion de droits numériques). L'idée est ici de « tracer » les œuvres et de préserver les droits des auteurs en limitant le nombre de copie par utilisateur. Cette technologie éprouvée est déjà utilisée sur les sites légaux mais les systèmes ne sont pas encore complétement harmonisés entre les opérateurs. Des progrès dans le sens de la simplicité pour le consommateur ne peuvent que consituter une avancée positive.

Normalement jusqu'à présent, le droit à la copie privée ne fixe pas de limite de copie par utilisateur et pour son usage strictement privé (baladeur CD, baladeur numérique, auto-radio, ordinateur portable, lecteur de salon,...). Outre ce point, ce passage peut être transposer dans un format plus clair :

  • il y a « les sites légaux » comme VirginMega, FNACMusic Store, Sony Connect ou Apple iTunes Music Store ;
  • chacun propose son format « non harmonisé » de fichiers avec son « système de sécurisation de contenu » (un exemple d'utilisation des DRM) ;
  • ainsi les 3 formats de fichiers (WMA-Virgin-FNAC, AAC-Apple et ATRAC-Sony) sont incompatibles sans manipulation et incitent à utiliser un baladeur dédié ;
  • « des progrès » pourraient être faits, déjà en informant clairement (chez nous, c'est tel format, donc voici les conditions techniques requises et le(s) baladeur(s) dédiés).

Pour ce qui est de l'interopérabilité basée sur des formats ouverts comme le Ogg Vorbis, cela ne semble pas encore envisagé... même si des fabricants de baladeurs numériques proposent ce format Ogg Vorbis.

Sources et liens :

Ushuaïa au format Haute Définition

Diffusion en télévision HD de l'émission Ushuaïa Nature : cela signifie...

Le mercredi 8 février 2006, à 20h50, était diffusée l'émission Ushuaïa nature, proposée et présentée par Nicolas Hulot. Sur TF1, diffusion classique, que ce soit en hertzien numérique (TNT) ou pas. Sur TPS, la chaîne diffusait l'émission en qualité Haute Définition (HD), avec donc une meilleure qualité de l'image et du son.

Pour recevoir l'émission en HD, cela signifie être un client abonné à TPS, option HD, et aussi posséder les différents maillons de la chaîne Haute Définition qui savent utiliser le format HD :

  • une parabole ;
  • un terminal spécial haute définition ;
  • un câble HDMI, reliant le terminal et la télévision spéciale ;
  • une télévision haute définition, dite HDReady.

En conséquence, cela signifie renouveller une partie de son matériel, notamment la télévision. Soit.

Mais encore ? Cela signifie aussi que l'ensemble des éléments sache utiliser le format haute définition : et dans ce format peut être inclus un système de contrôle de ce qui est diffusé, via des fichiers DRM. Sur la télévision, cela s'appelle le système HDCP.

Et alors ? Cela signifie que rien n'interdit que le contenu puisse être contrôlé voire bloqué : autorisation de visionnage, nombre de diffusion, marque de l'appareil utilisé,... Techniquement cela est possible. Autant le savoir, même si les extrêmes du contrôle ne sont pas en vigueur (pas encore ?). Mieux vaut un utilisateur informé.

Et donc ? Cela signifie que ce format HD avec DRM ne peut être qualifié en l'état de formats ouverts, et il n'y a pas vraiment l'interopérabilité rencontrée avec la télévision (TNT ou pas) où en cas de réception, on allume et on regarde, sans considération de la marque de l'appareil, du contenu,...

Sources et liens :

Un triste exemple concret de plus

Il a acheté de la musique en ligne, il a changé de matériel et il a perdu ses fichiers musicaux, à cause des DRM

Voici la mésaventure du journaliste de France Info Jérôme Colombain. Et comme il ne s'agit pas de M. Tout Le Monde, ce fameux anonyme, l'information est relayée ailleurs et ici : mais à combien d'autres personnes cela est-il déjà arrivé ?...

Donc : il n'a pas perdu sa musique car il aurait abimé le disque dur (fragile) ou les CD-DVD gravés (fragiles) qui la contenait. Il a simplement changé son matériel en reprenant son disque dur avec ses données. Et alors ? Et bien les DRM, ces protections, entrent en action :

En effet, les DRM s’appuient sur la configuration matérielle de l’ordinateur et dès que l’on change un petit paramètre dans la config, hop, tout part en vrille.

Résultat : perte des données musicales, plus de fichiers musicaux utilisables avec Windows Media Player sous Windows XP. Et un nouvel exemple des DRM, et aussi le troisième journaliste victime de ce type de mésaventure bien que du domaine des nouvelles technologies : il y eut le téléphone portable qui traitait son possesseur de voleur et le nombre d'ordinateurs personnels qui passait dangeureusement de 5 à 6.

Musique et DRM : pas d'interopérabilité , pas de formats ouverts...

Sources et liens :

Voir la suite : comment Jérôme Colombain a retrouvé sa musique, mais...

Licence globale ou SI.LA.BI.QUE ?

La globale semble de côté, la SI.LA.BI.QUE est souhaitée (par l'industrie)

Le débat fait rage : pour la musique en ligne, licence globale ou pas ? C'est l'un des aspects du projet de loi DADVSI qui a surgi en décembre, l'un des plus médiatisés, mais pas forcément l'un des plus importants. Dans ce débat, qu'en est-il ? On pourrait dire en forme de clin d'œil humoristique au débat sur les méthodes de lecture, qu'il y a presque aussi la licence globale et la syllabique...

En musique, la globale semble écartée et la syllabique SI.LA.BI.QUE est souhaitée : « SI vous voulez de la musique, LA règle change : BIpèdes mélomanes, QUE votre porte-monnaie s'ouvre à chaque utilisation ! » dirait bien l'industrie de la musique.

Dans un format plus clair : le souhait de l'industrie musicale basée sur la vente des morceaux serait d'avoir un paiement pour chaque utilisation : le baladeur audio numérique, l'autoradio, l'ordinateur, le téléphone portable, le baladeur video, la sonnerie de téléphone, le lecteur de salon,... Au point de bloquer le transfert, la copie et l'utilisation des fichiers via les DRM, sans interopérabilité...

Sources et liens :

Autour des formats, au sens large

Conférence du 1er février : les formats ne sont pas seulement informatiques...

Le mercredi 1er février j'intervenais en fin de matinée dans l'espace association du salon Solutions Linux pour une conférence intitulée « Gare aux formats ». La majeure partie de ma présentation a porté sur les formats dans les technologies de l'information et de la communication :

  • les 5 cas de figure possibles de problèmes rencontrés à cause des formats fermés des données (ne pas avoir le logiciel ou la bonne version du logiciel, l'éditeur arrête le format ou le logiciel, l'éditeur disparaît) ou des logiciels (aspects juridiques des licences et techniques du code source) ;
  • quelques uns des sujets et exemples liés directement aux problèmes de formats : les DRM, la télé HD, l'archivage, la pérennité, la maîtrise des données ;
  • la définition des standards ouverts (format et protocole) dans la loi française ;
  • le tout au format de présentation oral uniquement (pas de transparents avec des listes à puces projetés sur un écran).

Outre cette partie, il y eut un petit développement sur les formats au sens non-informatique avec quelques exemples (après ceux de la mode ou des versions officielles de l'histoire) :

  • les vêtements : il y a différents formats vestimentaires... avec certains plus adéquats dans certaines situations (avec une casquette de travers et une cravate bleue sur un pull noir, ce que j'ai portés quelques instants (!), cela n'est pas le format idéal pour une intervention en voulant sembler sérieux...) ;
  • la langue : celle utilisée constitue un format, comme le français dans ce cas ; c'est trivial à indiquer, mais si on veut communiquer, il faut utiliser le même outil connu de tous interlocuteurs, dont la langue ;
  • le niveau de langue constitue aussi un format, avec un vocabulaire, des tournures, des formules de politesse,... (« Salut la foule, ça roule ? » et « Bonjour à toutes et à tous » ne sont pas identiques...) ;
  • les comportements, les us et coutumes : on utilise certains formats et pas d'autres selon les situations (aborder un élu inconnu ou interpeler un copain) ;
  • et même le mot format se trouve ailleurs dans le vocabulaire : on le retrouve dans information, informatique, formation, formateur ou formater : de là à se demander si « La formation des formateurs (ou d'autres) délivrant de l'information (informatique ou pas) ne formate-t-elle pas ? », c'est possible !

Et ces formats non-informatiques sont plutôt ouverts : on sait comment ils fonctionnent et on peut les utiliser (la famille jouant un rôle important pour fournir des informations sur certains de ces formats, comme indiqué lors des questions-réponses par une des personnes présentes). Les mots « standard » et « protocole » ont été laissés de côté cette fois... Oui, « Il voit des formats partout »... car il y en a, selon moi.

Début d'année 2006, pas de soldes

Après 19 mois, encore des augmentations

Il va y avoir de l'accusation de répétition par rapport aux articles passés sur la Vie du site : pour ce dix-neuvième mois de Formats-Ouverts.org (FOo), le bilan mensuel de janvier 2006 est encore avec des augmentations et des records (à l'échelle du site).

Les 32 articles de janvier portent à 652 le nombre total en ligne (hors les deux de ce 1er février) depuis le 1er juillet 2004. Pour ce qui est des habituelles statistiques, elles indiquent :

  • plus de 52 000 visiteurs uniques selon le logiciel AWStats (52 254 exactement, 3e meilleure statistique) ;
  • presque 150 000 visites (149 350), soit le 2e meilleur résultat mensuel, à 30 visites près (149 380 en novembre 2005) ;
  • 453 827 pages, meilleur score depuis l'ouverture du site (la barrière des 450 000 pages est franchie pour le première fois) ;
  • 628 377 hits, là aussi première place depuis les débuts de FOo (troisième mois consécutif avec plus de 600 000 hits, et cinquième à plus du demi-million de hits).

Si les vœux 2006 ont été présentés en date et heure le 1er janvier, il n'en a pas été de même pour le bilan de décembre, inhabituellement publié le 9, car à la fois bilan mensuel, annuel et triple-semestriel ! Autre irrégularité : pas de PdF (Palmarès des Formats) en janvier, mais il va revenir en février.

Les 5 premières places des articles les plus lus vont par ordre décroissant à la Gendarmerie nationale (avec Firefox et OpenOffice.org), aux dossiers DADVSI et DRM, à la nouvelle DGME (fin de l'ADAE) et à l'article de loi central définissant les standards ouverts. Une mention spéciale à la Fédération Française de Football (pour les liens hypertextes). Côté conférence, une intervention à Nancy pour l'ADBS Lorraine.

Voilà, comme on dit. Bonne utilisation des 654 articles, merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication (via fils RSS ou Atom) et les recommandations. Bonne lecture, bonne utilisation et vivent les standards ouverts et l'interopérabilité !

Table des billets de février 2006

Les 29 billets publiés en février

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 2 dans Conférence, 10 dans Général, 1 dans En bref, 1 dans Entreprise, 2 dans Humour, 4 dans Non-électronique, 1 dans Manifestations, 1 dans Bibliothèques numériques, 1 dans Archivage, 1 dans Synthèse, 1 dans Logiciel, 2 dans Notules

Passer des stades au format vignette

Les 30 ans des vignettes Panini

Le monde numérique se développe : jeux, musique, video, cinéma, radio, télévision, sans parler du Web ou des courriels. Cependant ce n'est pas le cas pour tout, et par exemple le format papier maintient sa présence (y compris avec des magazines issus du numérique). Et le papier peut même affirmer sa supériorité !

Ainsi en est-il des vignettes Panini. La société a fêté ses 30 ans d'images autocollantes à collectionner et à coller dans l'album dédié (principalement sur le football, mais aussi sur le cinéma ou la télévision). 30 ans de succès. Avec des caractéristisques exclusives à ces images : les échanges, le maniement concret, la surprise du contenu à l'ouverture de la pochette. Pour obtenir cela avec un assistant numérique...

Et dans ce monde là, l'interopérabilité est aussi là, sans limite liée aux DRM : on peut échanger de pair à pair, avec qui on veut, quand on veut, ce qu'on veut, n'importe où et même quel que soit ce qui sert à garder les images (enveloppe, boite, pochette,...). Il y a tout de même un format (ouvert) : les dimensions des images (mais on peut collectionner sans avoir l'album).

Sources et liens :

Le format papier persiste et signe

Des écrans au papier, de récents exemples

Le format papier reste pertinent (pas seulement pour les déchets radioactifs) et aussi utilisé, y compris en partant du monde des écrans ou du numérique.

Ainsi, de l'écran télé au papier : plusieurs émissions de télévision donnent lieu à une version papier sous la forme d'un magazine, prolongement et complément (et autre marché) de la version cathodique : ainsi Fan2, StarAcademy et depuis le 9 décembre Envoyé spécial.

Mais aussi de l'écran d'ordinateur au papier : le magazine Netizen a été lancé le 26 janvier 2006. Il est consacré au monde des blogs (la blogosphère) : le numérique réactif et symbole du Web actuel est donc décliné au format papier.

Pour lire ces magazines papier, l'interopérabilité est assurée : avec ou sans lunette (et quelle que soit sa marque), quel que soit le lieu de lecture, l'heure, le nombre de lectures, l'identité des lecteurs... pas de DRM comme dans le numérique. Le texte imprimé est un format ouvert (sauf loi l'interdisant).

Sources et liens :

Un rapport sur la sécurité, avec les formats en arrière plan

Formats, interopérabilité et DRM dans un rapport parlementaire

Le 13 janvier 2006, le Premier ministre a reçu le député Pierre Lasbordes qui lui a remis son rapport intitulé La sécurité des systèmes d'information, Un enjeu majeur pour la France. Ce document de 160 pages traitent de la sécurité informatique au sens large (état des lieux, les structures qui s'en occupent, les enjeux).

Les termes « interopérabilité » (au niveau européen, entre forces militaires et de police) et « DRM » figurent parmi les nombreux points développés, comme aussi le sujet des formats (notamment des matériels avec système de protection et certificats), même si ce dernier terme ne s'y trouve pas. Concernant ces 3 sujets, ce sont « les enjeux économiques et de souveraineté » qui sont pointés, avec cette phrase de synthèse :

Cela constitue une menace évidente pour la souveraineté des États. (gras présent aussi dans le document original, page 80, point 3.1.6.1).

L'interopérabilité et les formats ouverts, ou pas, logiciels ou matériels, ont des conséquences qui ne concernent pas seulement la pérennité des documents ou les archives mais aussi la sécurité nationale.

Sources et liens :
  • Article « Sécurité des systèmes d’information, un enjeu majeur pour la France » Pierre Lasbordes remet son rapport au Premier ministre, site du député UMP de l'Essonne Pierre Lasbordes, http://www.lasbordes.fr/article.php3?id_article=165
  • Article Les DRM "Next Generation" menacent la sécurité des individus, des organisations et la souveraineté de l'État, site EUCD.info, le 19 janvier 2006, http://eucd.info/241.shtml

Un triple bilan copieux

Bilan mensuel, bilan annuel et bilan des 18 mois

Normalement, le premier de chaque mois est l'occasion de faire le bilan du mois écoulé sur Formats-Ouverts.org. Pour ce dix-huitième bilan mensuel de la Vie du site il y a du retard (mais les vœux 2006 étaient bien en temps et en heure). Voici donc le bilan de décembre, qui permet aussi de dresser le premier bilan annuel (celui de 2005), et celui des 18 mois (l'anniversaire et demi de Formats-Ouverts.org).

Le mois de décembre : encore des augmentations

Le 600e article, une pause imposée pendant 4 jours, 31 articles publiés, le dossier DADVSI ont entre autres occupé décembre. Le tiercé le plus lu est les formats de la PSP, le dossier DRM et des réponses sur DADVSI.

  • plus de 55 000 visiteurs uniques (55 177, n°2 de l'année)
  • plus de 143 000 visites (143 800, n°2 de l'année)
  • plus de 420 000 pages (425 307, meilleur résultat)
  • plus de 600 000 hits (619 414, meilleur résultat aussi, 4e mois consécutif à plus d'un demi million)
L'année 2005 sur Formats-Ouverts.org : la hausse

Pour ce qui est des statistiques, voici les chiffres :

  • 371 873 visiteurs différents ;
  • plus d'un million de visites (1 117 278), soit près de 100 000 visites par mois en moyenne ;
  • plus de 3,3 millions de pages (3 341 250) ;
  • plus de 4,3 millions de hits (4 337 446, dont plus d'un demi million chacun des 4 derniers mois)

Au niveau de la présentation du site, une nouvelle charte graphique en août et les lettrines en novembre, toujours grâce aux CSS.

Les 4 articles les plus lus ont été : la définition dans la loi française des standards ouverts, les formats de la PSP, la comparaison capsule de machines à café-formats et le dossier DRM.

Pour ce qui est des sujets inédits, il y a eu entre autres en octobre les 2 seules images du site (1 photo pour Sony et 1 capture d'écran du site du Premier Ministre) ou le NTO France (le Monsieur interopérabilité et standards) de Microsoft et son blog... Avec aussi les 5 dossiers de Synthèse sur les DRM, la loi DADVSI, les bibliothèques numériques, les standards ouverts et les États et une liste de standards ouverts XML.

Les 3 demi bougies, on multiplie par bien plus de 3

Après les 6 mois et les 12 mois, voici donc les 18 mois de Formats-Ouverts.org :

Globalement depuis l'ouverture du site le 1er juillet 2004, les articles ont gagné en longueur (faire court, clair et complet, c'est dur), avec plus d'un article par jour en moyenne, soit une bonne trentaine par mois, soit aussi du travail (bénévole, consenti et agréable) et du temps non-négligeables... et pourtant, de nombreux sujets que je note (sur papier ou sur ordinateur) ne sont pas traités, ni même simplement signalés. Mais il y a des projets pour mieux faire encore.

Bonne utilisation des plus de 620 articles, merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens, la syndication via fils RSS (ou Atom) et les recommandations. Bonne lecture, et vivent les standards ouverts !

Baladeurs video : c'est aussi la guerre des formats

Outre la guerre des formats en musique, voici la guerre pour les formats video

Autant de baladeurs numériques musicaux, autant de formats, ou presque, avec 3 formats fermés différents et incompatibles, ceux d'Apple (AAC), de Microsoft (WMA) et de Sony (ATRAC), chacun avec son site de vente en ligne (iTunes d'Apple, Connect de Sony, VirginMega ou FNACMusic) et chacun sa gamme de baladeurs (les iPod d'Apple, les appareils de Sony et ceux compatibles WMA). Et avec aussi des DRM, mesures techniques de protection.

Et pour les baladeurs video ? On ne change pas une équipe de verrouillage qui gagne : le scenario se répète donc, en jouant sur le support et la résolution :

  • l'iPod video, le dernier né de la gamme d'Apple : format MPEG4 et une résolution donnée ;
  • la PSP de Sony, avec le format UMD pour le support de lecture et le MPEG4 également, mais dans une autre résolution ;
  • les baladeurs video du français Archos avec le Divx, le Xvid et le MPEG4 à certaines résolutions.

Il manque à l'appel le format Real Video de RealNetworks, le Windows Media Video de Microsoft Video et le QuickTime d'Apple, eux aussi utilisés pour les fichiers video de films, clips, séries et autres bande annonces. Tous ces formats ne sont pas ouverts et ne permettent pas d'interopérabilité.

La télévision hertzienne ou la radio ne posent pas ce type de problème : les progrès du numérique... Au milieu de ce champs de bataille quelle structure proposera un format video ouvert, comme Theora ? Peut-être une struture publique comme l'Assemblée nationale (avec les 2 formats actuels, Real et Windows Media Video), le Sénat, la Chaîne Parlementaire (avec le seul format Windows Media Video) ou la nouvelle DGME (ex-ADAE qui faisait des efforts).

Sources et liens :

vx06

Meilleurs vœux pour l'année 2006

Dans un format de rédaction très classique (à part le titre au format télégraphique, SMS ou marketing), je vous souhaite très sincèrement à toutes et à tous une excellente année 2006.

Pour ce qui concerne les formats et les protocoles ouverts il s'agit sur Formats-Ouverts.org de continuer d'informer, d'expliquer et de soutenir l'utilisation des standards ouverts, dans les domaines informatiques et technologiques de la société de l'information, pour plus d'interopérabilité, d'indépendance, d'innovation et de pérennité. Et sans DRM de verrouillage, sans brevets logiciels et avec des liens hyperxtextes ouverts.

Finalement, cela n'est pas très différent des vœux du 1er janvier 2005. Mais la question des formats se pose avec encore plus d'accuité, car ils sont presque partout.

L'interopérabilité est numéro 1 des discussions DADVSI

Le terme gagnant est... l'interopérabilité !

Au cours des débats à l'Assemblée nationale des 19, 20 et 21 décembre à propos du projet de loi DADVSI, outre le format masculin, le format cravate et le format papier, très présents, le terme le plus cité à propos du sujet des formats, des DRM, etc a été... interopérabilité : 42 fois !

Les exemples concrets des problèmes posés par le non-respect du principe d'interopérabilité sont nombreux, notamment récemment avec les baladeurs numériques vendus en nombre pour les fêtes, ou avec les fichiers DRM. Et l'interopérabilité repose sur des formats et des protocoles ouverts.

Sources et liens :

En France, en décembre, 1 million de problèmes de formats

Les baladeurs numériques en tête des ventes, et donc en tête des problèmes d'interopérabilité

En 2005 en France, 4,7 millions de baladeurs numériques ont été achetés, dont 1 million en décembre. Cela signifie potentiellement 4,7 millions de cas concrets d'utilisateurs qui vont découvrir :

  • que les baladeurs Apple utilisent le format de musique Apple vendu sur le site d'Apple (iTunes Music Store) ;
  • que les baladeurs Sony emploient le format de Sony qui est en vente sur le site de Sony (Connect) ;
  • que les autres baladeurs, s'ils utilisent le format de Microsoft, ne peuvent être alimentés (avec achat) que par les sites qui proposent ce format de Microsoft, donc ni celui d'Apple ni de Sony.

C'est une excellente chose pour faire toucher du doigt les problèmes d'interopérabilité : la musique connaît les frontières des formats. C'est une excellente chose pour illustrer le problème des DRM. C'est une excellente chose si dans les personnes concernées il y a des des députés qui doivent de nouveau se pencher sur la question des DRM (le 17 janvier) avec le projet de loi DADVSI.

Pour ce qui est des CD audio, ils ne sont pas pour autant lisibles dans tous les lecteurs... de CD audio ! En cause le système anti-copie qui ne respecte plus le format du CD audio. La triste expérience de Noël relatée par Tristan Nitot le montre fort brillamment : un CD audio récent, un lecteur de CD audio récent... mais rien !

Le sujet des formats ouverts est important, très concret et au cœur de l'actualité, notamment pour la musique, censée ne pas connaître de frontière.

Sources et liens :

Le royaume des DRM veut s'étendre

Le trou analogique sera-t-il verrouillé par les DRM aux Etats-Unis ?

La vie numérique... avec ses loisirs numériques : caméscopes, appareils photos, baladeurs, magnétoscopes, films, musique... tous numériques. Sur ces appareils et avec ces contenus, la liste des exemples de DRM est de plus en plus longue.

Mais il y a encore un maillon faible dans la chaîne numérique : lorsque le contenu reçu est analogique et qu'il va vers du numérique. Exemples : la télévision analogique dont les émissions sont enregistrées en numérique (sur un disque dur ou un DVD) ; la radio analogique enregistrée sur baladeur numérique. On parle de la faille du trou analogique.

Que faire, selon certaines associations d'industriels comme la MPAA (cinéma) ? Imposer l'obligation d'avoir des DRM dans les matériels pour controler les transferts. C'est la proposition de loi déposée au Sénat des Etats-Unis, le Digital Content Transition Security Act. Et en France, les DRM, dénommés mesures techniques de protection (MTP), sont prévus dans le projet de loi DADVSI, mais avec des débordements hors de la seule lutte contre la contrefaçon.

DRM ou mesures techniques de protection, cela va à l'encontre des standards ouverts et de l'interopérabilité. Excellent réveillon de Noël tout de même.

Sources et liens :

Dossier DADVSI

Une chronologie à propos du projet de loi DADVSI

Avertissement : ce document de la catégorie Synthèse a été publié le 21 décembre 2005 et a été mis à jour le 7 janvier 2006. Cette chronologie ne se veut pas exhaustive, mais fournit certains points.

Le projet de loi DADVSI a été débattu en urgence les 20, 21 et 22 décembre 2005, les 7, 8 et 9 et les 14, 15 et 16 mars 2006 à l'Assemblée nationale. Le vote final a eu lieu le 21 mars. Il envisage de rendre obligatoires les DRM dans les logiciels et les contenus : cela signifierait l'interdiction des logiciels et contenus libres, des standards ouverts et même d'Internet. Le Sénat l'étudie les 4, 9 et 10 mai, avec vote le 10 mai. Une Commission Mixte Paritaire (CMP) est prévue le 22 juin.

  • 20 décembre 2005, soirée : 5 députés UMP, MM. Bernard Carayon (Tarn), Richard Cazenave (Isère), Claude Goasguen (Paris), Lionel Luca (Alpes-Maritimes) et Jacques Remiller (Isère) publient un communiqué intitulé Dadvsi, des Lumières à l'obscurantisme technologique, ou l'occasion manqué. Ils y critiquent le projet de loi DADVSI qui «va peut-être rater une occasion unique de réconcilier le consommateur avec le droit d'auteur et finalement fragiliser la diversité culturelle par un inutile mécano juridique destiné à protéger des oligopoles dépassés par le progrès technique et les réseaux»

  • 21 décembre 2005 : article de Libération, La réforme du droit d'auteur discutée à l'Assemblée est un risque pour la diversité culturelle. Coup de frein sur le Net, de Bernard Carayon (député UMP du Tarn) et Muriel Marland-Militello (député UMP des Alpes Maritimes), http://liberation.fr/page.php?Article=346429
  • 21 décembre 2005, 8h20 : interview de Renaud Donnedieu de Vabres sur Europe 1
  • 21 décembre 2005, 23h30 : vote de 2 amendements (153 et 154), 28 contre, 30 pour, qui va à l'encontre de l'approche générale du projet de loi et qui indique : De même l'auteur ne peut interdire les reproductions effectuées sur tout support à partir d'un service de communication en ligne par une personne physique pour son usage privé et à des fins non directement ou indirectement commerciales, à l'exception des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde, à condition que ces reproductions fassent l'objet d'une rémunération telle que prévue à l'article L. 311-4.
  • 22 décembre 2005 : toute la journée, nombreuses réactions d'artistes et de responsables politiques dans la presse, la radio, ou à la télévision, y compris mini-manifestation regroupement d'artistes au café proche de l'Assemblée nationale ; poursuite des débats, qui cessent à 00h30 le vendredi 23 décembre.
  • 23 décembre 2005 - 17 janvier 2006 : pause parlementaire, avec reprise des débats sur le projet de loi DADVSI annoncé pour le mardi 17 janvier ;

DADVSI : les documents de la conférence de presse du Ministre

Le dossier de 9 fiches remis à la presse

Les informations à propos du projet de loi DADVSI se succèdent en s'accélérant : fin septembre, l'annonce de l'urgence du projet de loi DADVSI ; le 14 décembre, les déclarations de M. Sirinelli et le 19 décembre, les citations du Ministre. Voici un nouvel élément : le dossier remis à la presse le 19 décembre.

C'est un article de Bertrand Lemaire du Monde Informatique qui signale et commente ce dossier. Il s'agit d'un document de 16 pages au format PDF, intitulé Projet de loi Droits d'auteurs, droits voisins dans la société de l'information lundi 19 décembre 2005 et comportant 9 fiches. On y lit différents points (gras ajouté) :

De ce point de vue, la gratuité est un mythe, destructeur de la création la plus audacieuse et la plus innovante. (Fiche 1, Principes et enjeux du projet de loi sur le droit d'auteur)

L'interopérabilité est nécessaire pour les industries culturelles et pour les consommateurs, car elle facilite les usages et favorise la concurrence. Mais trop d'interopérabilité nuit à la sécurité de la protection des œuvres. L'interopérabilité nécessite en effet de partager les clefs de cryptage ou des secrets. (Fiche 8, Le logiciel libre)

Le projet de loi ne concerne qu'un tout petit domaine du logiciel libre, celui des logiciels de lecture des œuvres protégées. [...] Les mesures de protection n'empêchent pas l'utilisation de logiciels libres, mais la diffusion du code source pourrait constituer un risque pour la sécurité de la mesure technique. (Fiche 9, Questions / Réponses, point 16)

On ne peut que redire que :

  1. le problème de la contrefaçon de contenus, qui est un délit, existe et doit être résolu (le piratage n'est pas le terme exact : pirater est un crime, avec menace et contrainte sur personnes, comme les pirates de l'air, de la route ou maritime) ;
  2. tous les contenus disponibles (textes, images, musique, logiciels,...) ne sont pas tous diffusés par les canaux commerciaux ;
  3. il n'est pas possible d'exiger des mesures techniques de protection sur tous les contenus et rendre illégaux des logiciels qui ne gèrent pas les mesures techniques de protection sans remettre en cause les standards ouverts, l'interopérabilité, les logiciels libres et Internet (qui repose sur des logiciels libres).
Sources et liens :

Formats ouverts, DRM, DADVSI : déclarations inquiétantes du Ministre

Renaud Donnedieu de Vabres a présenté à la presse le projet de loi DADVSI

L'agenda du Ministre de la culture indiquait pour le lundi 19 décembre de 9h30 à 10h30 : « Présentation à la presse du projet de loi de transposition de la directive sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information ». Après les déclarations de M. Sirinelli le 14 décembre, le Ministre prenait la parole face aux journalistes.

La presse a relaté cette présentation du projet de loi DADVSI, qui est examiné par l'Assemblée nationale le 20 et 21 décembre, suivant la procédure d'urgence. Parmi les articles publiés, certains passages, dont des citations du Ministre, traitent des DRM (appelés les « mesures techniques de protection » dans le projet de loi) et de l'interopérabilité. Elles sont inquiétantes :

« Les mesures techniques de protection ne sont pas des mesures de verrouillage des œuvres et de la copie : en intégrant des systèmes de gestion des droits, elles permettent au contraire l'émergence de nouvelles offres et de nouveaux modèles économiques », a insisté le ministre, soulignant également que le texte encourage l'« interopérabilité » des systèmes. (Source : dépêche AFP).

Pourtant, dans le domaine de la musique numérique par exemple, la situation est tout le contraire : les mesures techniques de protection propres à chacun des acteurs (Apple, Sony, Microsoft) ne permettent pas l'interopérabilité, empêchent la lecture sur certains baladeurs et limitent le nombre et le type de machines pouvant jouer les fichiers.

Comme l'a rappelé le ministre, le projet de loi n'impose aucune technologie ni format de codage et encore moins de logiciel de lecture. Il reconnaît néanmoins que le texte peut interdire la diffusion et l'usage des logiciels libres « si l'on peut prouver l'intention de faciliter les contournements des protections ». Or, un auteur de logiciel libre est, par respect de la licence qu'il a choisi, contraint de publier le code source du logiciel. Y compris celui du format de fichier propriétaire, généralement obtenu par reverse ingineering, que le logiciel permet de lire. La publication de ces codes peut donc être considérée comme un moyen de contourner les mesures techniques. La question repose donc sur la définition d'une mesure technique et si elle s'étend au format de fichier. Auquel cas, même une suite bureautique libre comme OpenOffice.org, qui lit les format Microsoft Office, pourrait être considérée comme illégale. (Source : article de VNUnet, encadré final Le projet de loi vise-t-il les logiciels libres ?)

Donc seuls certains logiciels pourraient être habilités à lire les contenus disposant de mesures techniques de protection. Les logiciels libres VLC de l'École Centrale de Paris (lecteur multimedia) ou OpenOffice.org (suite bureautique, utilisée entre autres sur les 70 000 ordinateurs de la Gendarmerie nationale et par des ministères) seront donc hors la loi. Sans parler des particuliers voulant regarder un DVD ou écouter un CD avec l'outil de leur choix autre que celui prévu par les éditeurs. Les standards ouverts ne seront plus de mise.

Sources et liens :

Foo (Fighters) contre les DRM de Sony BMG

Des groupes de musique critiquent et agissent contre les protections des CD de Sony

Les Foo Fighters sont un groupe de rock né en 1995. Avec d'autres artistes comme Dave Matthews Band, Switchfoot et My Morning Jacket (MMJ), ils ont fait savoir qu'ils condamnent la pratique de Sony qui place des verrous logiciels sur des CD audio de son catalogue : ils sont clairement contre les DRM. MMJ va même plus loin : il a demandé aux acheteurs de leur renvoyer leur CD avec DRM et ils en retournent des gravés sans DRM !

En France, des artistes qui refusent les DRM qui seraient rendus obligatoires par le projet de loi DADVSI qui doit protéger les artistes, voilà qui serait inédit. (Précision et clin d'œil : sur Formats-Ouverts.org (soit... FOo en abrégé), il n'y a pas de combattants (fighters) mais diverses catégories pour la promotion des standards ouverts et de l'interopérabilité.)

Sources et liens :

Formats ouverts, DRM, DADVSI : déclarations de M. Sirinelli

Les réponses de M. Sirinelli sur les formats ouverts et les DRM dans le projet de loi DADVSI

Le 14 décembre, M. Pierre Sirinelli, « président d'une commission sur la distribution des contenus numériques en ligne du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique » (CSPLA) était l'invité avec Joëlle Farchy (vice-présidente) d'un chat du journal Le Monde. Il a répondu à des questions sur les DRM, l'interopérabilité et les standards ouverts dans le projet de loi DADVSI (gras ajouté) :

Céline : Est-ce qu'une ou des dispositions du projet de loi peuvent rendre obligatoires les DRM pour tous les logiciels, ce qui serait une menace directe pour tous les logiciels libres et les formats ouverts ?

Pierre Sirinelli : Non. La commission a plusieurs fois amendé ses propositions de textes. Et alors que les premiers projets pouvaient conduire à l'obligation d'intégrer des DRM, la rédaction finale ne comporte plus aucune obligation de ce type. La commission, par exemple, a été sensible aux arguments présentés par les tenants du logiciel libre.

Rostro : Le manque d'inter-opérabilité des solutions légales n'est-il pas un obstacle au développement de ces offres ?

Joëlle Farchy : Si. Dans notre rapport, nous avons bien spécifié que l'inter-opérabilité ou la compatibilité étaient des objectifs fondamentaux si l'on voulait mettre en place des offres légales qui soient acceptées par les consommateurs.

Enfin, il n'est pas exclu qu'un « représentant du libre » soit nommé au sein du CSPLA : « Il n'est pas impossible qu'en 2006 le CSPLA mette dans ses travaux l'étude des questions relatives au libre. ». Au vu de la place importante des logiciels libres, cela serait pour le moins normal (la composition du CSPLA relève d'une décision du ministre de la culture).

Sources et liens :

Lire aussi l'article sur les déclarations inquiétantes du Ministre de la culture le 19 décembre.

L'Europe et les standards ouverts en 2005, pour i2010

L'Europe veut des standards ouverts et l'écrit (partie 2)

Déjà en 2003, l'Europe se souciait d'interopérabilité et de standards ouverts et elle l'a inscrit aussi cette année pour 2010.

Ainsi, dans le cadre de l'important programme i2010, la « Communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions » de juin 2005, intitulée « i2010 - Une société de l’information pour la croissance et l’emploi », il est indiqué (gras ajouté) :

La convergence numérique nécessite des équipements, des plateformes et des services pour assurer l’interopérabilité. La Commission a l’intention d’utiliser tous les instruments disponibles pour favoriser les technologies communicantes, par la recherche, la promotion de standards ouverts, le soutien au dialogue entre les acteurs concernés, et, le cas échéant, par des instruments légaux. C’est cette combinaison de politiques qui fut à la base de la réussite de la téléphonie mobile européenne. Dans le cadre de i2010, la Commission cherchera également à établir une approche globale pour une gestion efficace et interopérable des droits numériques.

Le sujet « des droits numériques », c'est-à-dire l'utilisation des DRM, est aussi cité, avec cependant la difficulté de rendre interopérable des DRM qui par nature ne sont pas interopérables car ils posent des limitations. (On peut regretter que le document sur i2010 soit au format Word, ce qui n'illustre pas vraiment les standards ouverts).

Sources et liens :

Formats-Ouverts.org est pour les standards ouverts

Contre le projet de loi DADVSI actuel qui interdirait les standards ouverts ou les logiciels libres

Le projet de loi DADVSI (Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information) prévoit d'interdire les contenus et les logiciels sans DRM. Cela signifie aussi une interdication des standards ouverts (pas de DRM) et d'Internet même (les formats et protocoles ouverts utilisés n'ont pas de DRM). Le site Formats-Ouverts.org demande le retrait de ce projet de loi, dont le débat est prévu juste avant Noël et selon la procédure dite en urgence. Un vrai débat est nécessaire, car le sujet concerne tous les acteurs de la société de l'information.

C'est pourquoi ma signature à la pétition demandant le retrait de l'ordre du jour parlementaire du projet de loi DADVSI a été ajoutée (parmi de nombreuses autres), avec aussi une bannière sur le site en haut de page.

Le DRM, le Droit de Rester Maître, OUI (sur sa machine, de ses données, avec les outils libres, avec les standards ouverts); le DRM, Devoir de Rester Manipulé, NON : pas de DRM pour verrouiller et contrôler abusivement.

Source et liens :

Les chiffres de novembre, les lettrines et les notules

Des chiffres et des lettres

Voici le bilan mensuel de la vie du site Formats-Ouverts.org pour novembre, avec la poursuite des augmentations et 2 nouveautés.

Les statistiques : tous les indicateurs sont au plus haut

Côté chiffres, les 37 articles de novembre portent le nombre total à près de 600 (589 exactement). Ce sont presque 5 000 visites par jour en moyenne, soit un total mensuel de près de 150 000 (149 380), avec 56 167 visiteurs uniques (mesure d'AWStats), pour 18,49 Go de transfert. Quant aux deux derniers critères, ce sont :

  • plus de 418 000 (418 224) pages vues : la barrière des 400 000 est franchie pour la première fois ;
  • pour la troisième fois consécutive, plus d'un demi-million de hits, cette fois largement dépassé (617 724).

Pour le podium des articles les plus lus au cours du mois, il s'agit de Ces opérations sur votre ordinateur qui voudraient rester plutôt discrètes, Conférence au salon Educ@tice lors du salon de l'éducation et Le dossier DRM.

Des lettrines : voici un parfait exemple de la puissance des CSS

Côté lettres, un aspect typographique nouveau est apparu le 21 novembre : chaque première lettre des sous-titres (ci-dessus le D de Des) est sous forme de lettrine, c'est-à-dire une lettre mise en valeur. Il ne s'agit pas d'atteindre les sommets des magnifiques lettrines des manuscrits médiévaux et encore moins des enluminures (sur support papier).

Mais comment transformer en lettrine toutes les premières lettres de tous les sous-titres de tous les articles ? Grâce à une seule ligne dans le fichier CSS du site ! Ainsi div.post-content h5:first-letter { font-size : 150%; } ajouté dans le fichier http://formats-ouverts.org/themes/sable/style.css fait la mise en forme. Et c'est tout : voilà la puissance du format ouvert XHTML avec CSS en action (source de cette nouveauté : un article dans le magazine Linux Pratique de décembre à propos des lettrines sur les sites Web).

Une catégorie pour les notules qui s'accumulent

Une nouvelle catégorie est disponible : Notules. Il faudrait même dire « Notules pdfa (pour de futurs articles), ou pas ». (Il y a volontairement un clin d'œil au format PDF/A). Ces notules, terme qui existe bien (ici le suffixe latin en ule donne un sens affectif ou ironique) sont les petites notes que je prends (sur papier ou dans un fichier) en vue d'un article... qui ne voit pas forcément le jour, hélas, faute de temps. C'est donc une manière de signaler l'information, sans la développer (c'est un peu le « En vrac » de Standblog).

Normalement, cette catégorie devrait se développer, car le sujet et l'actualité des formats sont riches, et les notules s'accumulent... mais elles ne sont pas encore publiées.

Bonne utilisation des 591 articles (celui-ci compris), merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens et la syndication via fils RSS (ou Atom). Bonne lecture, et vivent les standards ouverts.

Sources et liens

Table des billets de décembre 2005

Les 31 billets publiés en décembre

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 14 dans Général, 1 dans Conférence, 1 dans Palmarès, 1 dans Interopérabilité, 1 dans Archivage, 1 dans Premiers pas, 1 dans Mysosotis, 1 dans Internet, 1 dans Humour, 1 dans Manifestations, 1 dans Bibliothèques numériques, 1 dans Ressources, 1 dans Publicité, 1 dans Synthèse, 1 dans Loi

  • pas d'article les 25, 26, 27 et 28

Voici des réponses au format humour

Dix notules pour sourire et pointer le ridicule

L'humour est parfois un format de réponse à des idées ridicules, même si elles sont avancées sérieusement, comme les récents développements concernant les DRM obligatoires selon la loi DADVSI et l'interdiction des logiciels libres et des standards ouverts (définis dans une loi déjà votée). Voici 10 petites notes (des notules) pour répondre sur le ton de l'humour aux déclarations de certains responsables et au texte prévu :

  • « Vous allez changer vos licences. » dit la SACEM : le passage de GPL en CeCILL, cela convient-il ?
  • La SACEM ajoute : « Vous allez arrêter de publier vos logiciels. » : si on les vend, cela ira mieux ? Prix libre.
  • La SACEM se déclare prête à « poursuivre les auteurs de logiciels libres continuant de divulguer leur code source » : donc ce sont l'INRIA, le CNRS et le CEA, des villes (dont Paris), des départements, des régions... qui vont être attaqués en justice !
  • La police, la gendarmerie, les impôts, qui utilisent en France des logiciels libres et en publient, sont bien sûr aussi visés ?
  • Comment les sites Web vont-ils fonctionner sans les protocoles ouverts TCP/IP et HTTP qui ne contiennent pas de DRM : ils ferment tous ?
  • Interdiction totale du courrier électronique, car il repose sur le SMTP et le POP (!), des protocoles ouverts sans DRM !
  • Scoop : la SACEM sera obligé d'utiliser le logiciel libre Firefox 1.5 pour lire les textes au format ouvert SVG qui vont apparaître sur le Web et que seul Firefox 1.5 exploite au mieux !
  • Les logiciels libres Apache et Bind sont des fondations d'Internet : interdiction sera bien faite de les utiliser ?
  • Les éditeurs de livres qui publient des ouvrages sur des logiciels sans DRM mettent leur production au pilon ? O'Reilly, Dunod, ENI, Vuibert, Micro Application, Eyrolles et d'autres seront ravis - et le Syndicat national de l'édition aussi, dont le dirigeant est le patron d'Eyrolles.
  • Une dixième notule pour finir : s'il vous plaît, on aurait tout de même le droit de se souvenir (mais tout seul, à voix basse et pas plus d'une fois par jour) que les logiciels libres et les standards ouverts existaient ?

Bien sûr, cet article ne sort pas d'Internet et aucun autres pays ou structures (et encore moins les media) n'est au courant de cette situation : comme les nuages, ces informations s'arrêtent toutes seules aux frontières.

Les DRM obligatoires ?

Les DRM obligatoires sont envisagés dans la loi DADVSI

Le dossier DRM avec sa liste d'exemples est déjà impressionnant : ils sont présents via les câbles HDMI, dans les téléviseurs haute définition, dans les fichiers de musique des baladeurs ou des téléphones portables,... Il y a encore la possibilité de ne pas effectuer l'achat des produits concernés, même si cela n'est pas le pouvoir d'achat tel que définit habituellement.

Mais si les DRM étaient obligatoires ? Ce serait possible au travers d'un amendement de la loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information) dont le vote est prévu en urgence et les 22 et 23 décembre... Ainsi l'amendement vise à interdire la mise à disposition de logiciels qui n'intégrent pas de gestion numérique des droits (DRM, aussi appelés mesures techniques de protection). Il sera aussi interdit de traiter de logiciels et techniques qui n'intègrent pas de DRM.

Et alors ? Seront hors-la-loi :

  • les standards ouverts (définis aussi dans la loi française et qui ne peuvent inclure des formats fermés comme les DRM) ;
  • les logiciels libres au format ouvert (plus de logiciels libres comme Firefox, Thunderbird, DotClear, OpenOffice.org, Linux,...) ;
  • les listes de diffusions, les publications et les conférences publiques évoquant ces technologies ouvertes sans DRM ;
  • les sites Web qui traitent des standards ouverts (donc Formats-Ouverts.org, parmi d'autres).

Dans un format plus direct : le DRM, le Droit de Rester Maître, OUI (sur sa machine, de ses données, avec les outils libres, avec les standards ouverts); le DRM, Devoir de Rester Manipulé, NON.

Sources et liens :

Voir aussi l'article avec 10 petites notes sur ce sujet pour rire (jaune).

Les formats ouverts aux JLM 2005

Rendez-vous à Montpellier

Du 8 au 10 décembre se tiendront les Journées du Libre à Montpellier, les JLM, organisées par l'ALL (Association Logiciel Libre). Pour l'édition 2005, la cinquième du nom, j'y interviendrai à 2 reprises (ce sera la deuxième fois ; la précédente, c'était en novembre 2002, à propos des formats de fichiers), sur le thème des formats ouverts, et donc aussi de l'interopérabilité, de l'archivage ou des DRM.

  • le vendredi 9 : un atelier démonstration, plutôt à destination des entreprises, de 16h30 à 17h30 ;
    • titre court : Avantages des formats de fichiers ouverts ;
    • titre long : Utiliser les standards, oui. Mais les standards ouverts, car sinon... ;
  • le samedi 10 : une conférence, plutôt orientée grand public, de 13h à 14h15 ;
    • titre court : Conférence Formats de fichiers : obligation des formats de fichiers ouverts ;
    • titre long : Toutes vos données numériques (textes, photos, musique, video) sont en danger : comment, pourquoi. L'utilisation des formats ouverts permet d'éviter de les perdre.

Les JLM 2005 se déroulent à l'Hôtel de l'Agglomération de Montpellier, Quartier Antigone, 50 place Zeus. L'entrée est libre et gratuite.

Sources et liens :

Installations discrètes de logiciels : de nouveaux cas sont signalés

Ces autres logiciels qui s'installent lors d'une installation...

Lorsque vous installez un logiciel, il arrive que d'autres logiciels s'installent aussi en même temps : l'article Ces opérations sur votre ordinateur qui voudraient rester plutôt discrètes donnait dans ses exemples celui de Yahoo! Messenger.

L'utilisateur n'est pas forcément très clairement averti de ces autres installations, même s'il peut les éviter en utilisant l'installation « détaillée » plutôt que celle proposée « par défaut » (appelée aussi « standard »).

La liste des exemples s'allonge : un article de 01net signale ainsi la barre d'outil de Yahoo! qui est installée avec Adobe Reader et Flash Player ; la barre Google et son Dektop Search s'installent avec Winzip, WinDVD et RealPlayer ; le navigateur maison AOLExplorer s'ajoute en installant AIM (AOL Instant Messenger) ; et des options d'Internet Explorer sont modifiées par l'installation de MSN Messenger. (Selon toute vraissemblance, cette description concerne les versions pour Windows).

Il s'agit bien sûr d'accords commerciaux entre les sociétés éditrices de ces logiciels qui sont parfaitement informées. Comme le dit l'article :

Décidément, il devient de plus en plus hasardeux de télécharger et d'installer un logiciel sur son ordinateur.

D'où l'intérêt des installations détaillées, de la lecture des licences des logiciels (pour savoir ce qui est accordé comme droits) ou de savoir ce que contient et fait le logiciel (ses coulisses) : comme pour les formats ouverts, c'est bien d'ouverture et de transparence dont il s'agit.

Sources et liens :

Les documentalistes et le cahier du gendarme

Une conférence devant des documentalistes : l'exemple du cahier du gendarme

Jeudi 24 novembre, de 9h45 à 10h55, je suis intervenu devant une centaine de documentalistes de l'éducation nationale lors la journée professionnelle d'Ile de France, qui était organisée par le CRDP (Centre Régional de Ressources Pédagogiques) de Paris. Elle se tenait au salon Educ@tice, où j'intervenais aussi l'après-midi dans une table ronde publique.

La présentation portait sur 3 points :

  • les données (avec leurs formats ouverts ou fermés) et les 5 dangers possibles en voulant les utiliser : vous n'avez pas le seul logiciel qui sait les lire, vous n'avez pas la bonne version, la société qui fait ce seul logiciel capable de lire les données arrête une ancienne (selon elle) version de format, la société arrête le logiciel, la société disparaît.
  • les licences qui régissent les données ou les logiciels, avec la nécessité de bien les lire et de les comprendre, que ce soit pour les logiciels libres ou propriétaires.

Les sujets de l'interopérabilité, de l'archivage ou les premiers pas ont été cités pour comprendre les formats ouverts définis dans la loi française. Mais il n'a pas été possible, faute de temps, de signaler de nombreux points, comme les dossiers de synthèse sur les bibliothèques numériques ou les DRM de plus en plus présents.

Et le cahier du gendarme ?

Le point de départ de mon intervention reposait sur un fait divers récent mis en avant dans l'actualité de cette semaine. Et le sujet des formats y était là aussi présent. L'histoire ? Dans la commune de Gresse-en-Vercors, un meurtre de 1913 a enfin été élucidé, à la suite de la découverte des restes d'ossements de la victime et des analyses ADN pour l'identifier, 92 ans après. Et les formats ?

Il y avait aussi un autre élément clé pour résoudre l'affaire : les notes prises à l'époque par un gendarme, qui mentionnaient dans son journal une altercation entre la victime et son futur assassin. Le cahier du gendarme, le livret militaire de la victime (qui a confirmé des faits) ou le dossier de l'époque furent capitaux... tous au format papier.

Et maintenant... pensez à 2097, dans 92 ans. Comment lira-t-on la clé USB, le CD Rom gravé ou le disque dur où quelqu'un aura enregistré ses notes prises en version numérique ? Et si la lecture du support est possible, comment ouvrir et consulter le fichier au format fermé impossible à comprendre ? Nous sommes dans un monde numérique, donc avec une mémoire numérique... et avec ses aspects problématiques : les formats des supports et les formats des données face au temps, pour l'archivage. Les formats numériques ne sont pas pérennes, ils nécessitent eux aussi un suivi et une gestion.

Sources et liens :

Les formats et la télévision

La télévision, elle aussi lieu de lutte des formats

Presque chaque appareil électronique ou informatique est une illustration de l'importance et de la guerre des formats. Outre l'ordinateur (avec par exemple le format de la messagerie instantanée), le téléphone portable (avec le format des SMS ou du répertoire), le baladeur numérique (avec le format de la musique), le lecteur de CD audio (avec le format de certains CD particuliers) ou l'appareil photo numérique (avec le format des clichés) en sont aussi des exemples.

Et la télévision ? Elle est bien sûr concernée : il y a le format des images (16/9 ou 4/3), la télé par ADSL, satellite, câble, décodeur ou ondes hertziennes ; et même la télé au format téléphone portable. Sans oublier la Télévision Numérique Terrestre (TNT) gratuite, la TNT payante et la télévision Haute Définition (la HD). Pour chaque cas, on rencontre des formats particuliers... qui nécessitent des appareils particuliers :

  • la TNT gratuite : elle a débuté le 31 mars à 18h avec 14 chaînes, et nécessite l'ajout d'un boitier spécial pour décoder le format video MPEG-2 (et vous me permettrez de trouver qu'il y a un format de date spécial pour le lancement de deux des quatre dernières chaînes : ainsi le 17 octobre à 17h17 canal 17 pour Europe 2 TV et le 18 novembre à 18h canal 18 pour Gulli) ;
  • la TNT payante : elle démarre en novembre 2005, et nécessite un autre boitier capable de décoder le format video MPEG-4 ;

Pour la TNT, il y avait eu un affrontement entre les formats MPEG-2 et MPEG-4 pour savoir lequel serait utiliser, avec une décision fin décembre 2004. Mais aucun de ces formats n'est un format ouvert. Avec aussi le problème de l'archivage de ces données video, comme évoqué par l'INA.

Sources et liens :

Ces opérations sur votre ordinateur qui voudraient rester plutôt discrètes

Outre Sony, les cas de Blizzard, de Yahoo et aussi de quelques autres...

L'affaire des CD de Sony fait parler d'elle. Ce cas illustre les dangers des formats fermés dans les logiciels, avec les DRM et dans les textes des licences d'utilisation. Les formats ouverts sont bien loin. Mais d'autres cas doivent aussi être mentionnés pour rappeler que ce n'est pas le seul exemple...

Blizzard installe un logiciel espion pour empêcher la tricherie... mais qui a aussi d'autres actions

L'expert en sécurité Bruce Schneier a révélé mi-octobre que la société Blizzard installait un logiciel espion (spyware) qui vérifie que les joueurs de ses jeux en ligne (comme World of Warcraft) ne trichent pas et respectent sa licence d'utilisation. Mais le logiciel récupère aussi des adresses de personnes en contact via messagerie instantanée ou ouvre le logiciel de messagerie. Le respect de la vie privée n'est pas à l'ordre du jour, ni l'annonce claire de l'installation du logiciel espion et de ses actions.

Yahoo! installe d'autres services avec son Messenger

Début septembre 2005, des utilisateurs de la messagerie instantanée Yahoo! Messenger se sont manifestés en protestant contre son mode d'installation. En effet, d'autres services étaient aussi mis en place sur l'ordinateur de l'utilisateur : page d'accueil Yahoo! et barre de recherche Yahoo! rajoutés dans le navigateur Internet Explorer, module Live Words. La raison avancée : montrer « toute l'intégration entre ces différents services ». Pourtant l'installation personnalisée permet d'éviter ces installations supplémentaires, encore faut-il y recourir au lieu de celle par défaut. De l'intérêt d'explorer les détails de l'installation...

Les licences à clauses peu claires a priori mais capitales : déjà le CLUF de Microsoft

Les textes des licences avec leurs clauses souvent assez fermés ne sont pas une nouveauté, comme dans le cas du Contrat de Licence Utilisateur Final (CLUF) de Microsoft était déjà signalé dès septembre 2004 à propos du Service Pack 2 de Windows XP, et de l'acceptation des DRM. De l'intérêt de bien lire les licences...

Des imprimantes très indiscrètes chez HP et Lexmark

Lors de l'installation des logiciels nécessaires pour utiliser une imprimante HP et Lexmark, d'autres programmes étaient aussi installés, qui renseignaient via Internet (par exemple sur le nombre pages imprimés, les logiciels depuis lesquels on imprime, les quantités d'encre,...). C'était il y a un an.

Des imprimantes laser très indiscrètes sur le papier

En août 2005, l'association EFF a dénoncé que des imprimantes laser couleur ajoutent aux documents imprimés un code unique d'indentification qui permet d'établir quel appareil a été utilisé. Et le 17 octobre l'EFF est allée plus loin en arrivant à décoder certains marquages ajoutés.

Un exemple de réaction face aux logiciels fermés : l'éducation nationale interdit Skype

Le haut fonctionnaire de Défense du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a demandé fin septembre 2005 que le logiciel de téléphonie via Internet Skype soit interdit au sein de ce ministère et de ses structures (comme les laboratoires ou les universités). L'information a été révélée par la revue en ligne Ratiatum et confirmée officiellement. La raison : un logiciel au format fermé avec des protocoles fermés rend impossible de savoir ce qui se passe et de garantir la sécurité.

En conclusion, on peut avancer deux points :

  • Sony et ses CD audio ne sont qu'un exemple parmi d'autres de ces actions qui sont (et hélas sans doute seront) menées discrètement sur les ordinateurs ;
  • comme celle de Skype, d'autres interdictions pour cause de sécurité sont-elles envisageables ? Car des logiciels fermés utilisant des protocoles fermés ne sont pas si rares, comme le souligne un article du site Urfist Info.
Sources et liens :

Mise à jour : un article de ZDNet à propos des imprimantes, Comment les imprimantes couleur marquent les documents d'un identifiant invisible, de Christophe Guillemin, le 17 novembre 2005, http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39288238,00.htm

Lire aussi l'article Installations discrètes de logiciels : de nouveaux cas sont signalés

Vous allez être épaté par «la trousse du grand chef»

Une présentation de l'affaire des CD audio de Sony

Beaucoup de choses ont été dites sur le Web à propos de ce qui est appelé le Rootkit de Sony-BMG (il était dans mes notes pour un article depuis son apparition fin octobre). Pour ma part, l'excellent article de Tristan Nitot sur Standblog est celui à signaler : il présente parfaitement les choses, sans crier à l'unique fauteur Sony, malgré son titre DRM Sony-BMG : chronique d'un massacre. Voici simplement ici une présentation sous l'angle des formats, car c'est un parfait exemple des dangers des formats fermés, dont les DRM.

La partie visible de vos actions...

Vous achetez un CD audio d'un artiste de chez Sony-BMG. Vous l'insérez dans le lecteur de votre ordinateur qui utilise Windows. Un texte apparait à l'écran, la licence d'utilisation du CD qui vous indique des clauses, en termes peut-être assez peu clairs. Vous acceptez cette licence. Vous êtes aussi connecté à Internet avec cet ordinateur, même si ce n'est pas en permanence. Et vous écoutez la musique que vous avez achetée.

La partie immergée dans votre ordinateur...

La liste est assez impressionnante :

  • le CD a installé un logiciel particulier, appelé rootkit, que l'on pourrait-on traduire par « la trousse du grand chef » (de l'ordinateur) : il s'installe sans que vous (chef de la machine) ne vous en rendiez compte, vous croyez votre machine saine ;
  • ce logiciel donne la possibilité à Sony de savoir quel CD est écouté et quand, car des informations peuvent être transmises lors de la connexion Internet ;
  • le rootkit est utilisé par des pirates pour prendre le contrôle de l'ordinateur sans que son chef (vous en théorie) ne s'en rende compte ;
  • vous avez accepté que si des problèmes de sécurité surviennent, Sony ne sera pas tenu pour responsable : c'était dans la licence ;
  • vous n'avez pas le droit d'écouter le CD sur la machine d'un ami ou d'un parent : elle doit vous appartenir... c'était dans la licence que vous avez acceptée ;
  • vous avez accepté aussi d'autres clauses ahurissantes qui étaient écrites dans la licence (en cas de vol, en cas de déménagement à l'étranger, en cas de faillite,...).
Des explications

Pour verrouiller sa musique, Sony, comme d'autres éditeurs (et les exemples sont nombreux, en musique et ailleurs), placent des DRM sur ses fichiers audio. L'interopérabilité n'est plus de mise. En plus du format fermé de ces DRM, le CD audio installe sous Windows ce rootkit de façon fermée : impossible de savoir ce que le logiciel fait a priori. Enfin, la licence peut sembler à un format assez fermé avec son vocabulaire peu clair, mais qui est acceptée. Les formats fermés en action, pourrait-on dire, le contraire des formats ouverts.

Deux derniers points

Si cela se trouve, outre le tollé provoqué actuellement, ce sont peut-être d'autres industriels qui ne félicitent pas Sony pour avoir été aussi maladroit et s'être fait prendre. Et pour avoir ainsi attiré l'attention sur une telle technique, qui en soit n'est pas nouvelle. Ici, elle a été décelée puis divulguée, et comme il s'agit d'une société connue dont on n'attend pas cette attitude, cela a pris de l'ampleur.

Enfin, un dernier point, le plus capital : il faut saluer le travail de Mark Russinovich, celui qui a détecté et analysé ce rootkit. Et aussi qui l'a publié, car imaginez qu'il soit interdit de divulguer des informations sur les techniques mises en œuvre par des logiciels... alors cette affaire n'aurait jamais vu le jour, tuée dans l'œuf.

Sources et liens :

Voir aussi l'article à propos d'autres exemples d'actions du même type menées sur les ordinateurs

Comment la publicité présente certains formats

Carrefour mentionne les WMA DRM, OGG, HDMI et HDCP

Pourquoi s'intéresser aux publicités à propos des formats ? Pour 3 raisons :

  • d'abord car elles sont généralement largement diffusées pour tenter de toucher le plus de clients potentiels, donc nombreux sont ceux qui vont les voir, les lire ou les entendre ;
  • ensuite car pour beaucoup de produits, les formats sont des caractéristiques mises en avant, et le texte d'accompagnement joue parfois dessus (plus c'est mystérieux, mieux c'est...) ;
  • enfin car les publicités constituent un bon baromètre pour voir apparaîtres des formats, et un indicateur de la manière dont des formats sont présentés.

Voici donc le catalogue Carrefour Multimedia, 32 pages, valable du 9 au 26 novembre 2005. La partie Son et video présente 6 baladeurs numériques : le format MP3 est présent sur tous. On trouve aussi les formats WMA et WAV. Et le produit de Samsung propose quant à lui « WMA DRM (protégés), WAV, OGG ».

On a donc 2 formats ouverts, le OGG pour Ogg Vorbis, et le WAV, pour Wave. Et 2 formats fermés, le MP3 (sujet à brevets) et le WMA (Windows Media Audio) avec DRM : non seulement il y a la mention claire des DRM, mais elle est complétée par le terme « protégés ». Il ne sera possible de dire que les utilisateurs potentiels n'auront pas été prévenus.

Du côté des téléviseurs, 6 produits sont présentés, avec par exemple les formats « 16/9 » ou « 4/3 ». Autre format, le HDMI, avec la HD, le HDCP et le logo HD Ready. D'ailleurs le catalogue propose page 26 un encadré d'explications sur fond orange, intitulé Conseil, à propos du seul appareil HD Ready proposé (Philips) :

A quoi ça sert ? La HD, pour haute définition, vous permettra de bénéficier d'une qualité d'image exceptionelle via le satellite pour être à la pointe du progrès et ainsi disposer d'une image de haute qualité.

De là à penser que seul le satellite fournit la HD... mais le plus intéressant est dans le second point de l'encadré (gras ajouté) :

Comment ça marche ? Grâce à un téléviseur prêt pour la haute définition, vous pourrez disposer pleinement d'une qualité d'image exceptionnelle. Le label HD Ready est conforme à des normes strictes à savoir : être capable d'afficher une image d'au moins 720 lignes, une connexion analogique en YUV et une connexion numérique en DVI ou HDMI, une protection à la diffusion et à la copie baptisée HDCP. Vous pouvez reconnaître les produits disposant de la technologie HD dans nos magasins grâce à ce logo HD Ready (image du logo).

Il serait intérressant d'avoir des précisions des vendeurs en magasin : le DRM du WMA protège contre quoi ? contre l'effacement ? Je ne peux pas faire des manipulations avec ? Et la protection à la diffusion et à la copie du HDCP, c'est quoi concrètement ? Je peux bien tout afficher sur ma télé ? C'est l'interopérabilité des fichiers de musique et des téléviseurs dont il est en fait question.

Sources et liens :

Les formats OGG, WMA DRM, HDCP et autres en publicité

Les formats s'affichent et se montrent

Que ce soit au sens de dimensions et caractéristiques physiques ou au sens de codage des données, les formats sont régulièrement en bonne place dans les publicités. Ainsi voici trois exemples récents qui touchent un large public.

Affiches dans le métro parisien pour des cartes mémoires de la société Sandisk : elles montrent 4 cartes mémoires à 4 formats différents (et il en existe 7 actuellement !). Il faut souligner qu'au moins ces cartes ne sont pas vendues que par un seul fabricant qui se trouverait alors être le seul fournisseur possible une fois son produit acheté (ce qui est le cas pour les capsules des machines à café, les lames de rasoir ou les cartouches de jeux).

Double page de Carrefour dans l'hebdomadaire Télérama sorti le 9 novembre : on y montre la clé USB audio qui « lit les formats MP3, WMA DRM, WAV, OGG » et le téléphone « lecteur audio (MP3, AAC, AAC+) ». OGG est le Ogg Vorbis, format ouvert audio de cette liste, avec le WAV, a priori dépourvus de DRM.

Prospectus des magasins Planète Saturn : une télévision avec écran plat de grande dimension, avec haute qualité d'affichage et « technologie HDCP ». Les écrans HDCP vont de pair avec des DRM et souvent une prise HDMI.

Ces indications techniques sont importantes pour informer en décrivant précisément le produit. Elles jouent sans doute aussi un rôle au niveau marketing avec ces sigles ou ces termes étranges qui plongent dans un univers mystérieux et fermé, où il est difficile d'entrer, sauf avec l'aide du vendeur ou en se renseignant au préalable (on pourrait presque parler de format marketing).

Et de manière aussi publicitaire, le format papier (un peu en opposition au format électronique et numérique) se manifeste lui aussi : ce sont des pages entières dans des magazines pour des agendas papier, des affiches en magasin pour les carnets, les outils d'écritures et autres bloc-notes... avec des grammages, des dispositions, des reliures, des réglures, des marques,... et aussi des formats différents.

Sources et liens :

La coupe du monde 2006, si l'écran le veut bien

Vous pourrez regarder les retansmissions sur votre écran, à condition que...

La coupe du monde de football 2006 en Allemagne sera l'occasion de nombreuses retransmissions télévisées. Et aussi l'occasion de diffuser les rencontres en qualité haute définition, la HD. Mais pour bénéficier de cette qualité, il faut un téléviseur haute définition, une TVHD, avec pour les écrans plats la mention HDReady. Les chaînes de télévision et les industriels des équipements espèrent que la manifestation sportive provoquera l'intérêt et l'achat de ces nouveaux appareils, aussi équipés de câbles HDMI.

Cependant, comme l'indique clairement un article de Ratiatum, la situation n'est pas aussi positive (gras ajouté) :

Mais il y a un revers. Pour être "HDTV Ready", le téléviseur doit également être compatible avec le système anti-piratage HDCP. Développé par Intel, le HDCP permet d'authentifier les appareils reliés à l'écran et de crypter la transmission vidéo pour empêcher qu'elle soit compromise et copiée sans autorisation. Certains titulaires de droits pourront même refuser de délivrer un programme sur un écran qui ne supporte pas le HDCP.

Un cas supplémentaire pour la liste des exemples d'utilisation des DRM, qui ne sont ni des formats ouverts ni en faveur de l'interopérabilité.

Sources et liens :

En octobre, 40 articles, les 2 premières images et encore des records

Des chiffres mensuels sur les articles de FOo

Quoi de neuf en octobre sur Formats-Ouverts.org ? Voici le bilan mensuel de la vie du site de ce mois automnal.

Du côté des statistiques, elles confirment que les lecteurs du site continuent de le fréquenter : les chiffres de septembre, précédent record absolu, sont battus,

  • encore une fois plus d'un demi-million de hits (552 635) ;
  • plus de 133 000 visites ;
  • presque 48 000 visiteurs uniques ;
  • un pic à 5 483 visites en une journée (le 28 octobre), avec une moyenne à presque 4 300.

Du côté des références, deux sites américains reconnus, Groklaw et Slashdot, ont établi un lien hypertexte vers un article de Formats-Ouverts.org, celui du 26 octobre à propos de Microsoft qui intègrerait le format OpenDocument dans Office 12 grâce à une société française.

Les articles vedette du mois concerne le dossier de synthèse sur les DRM et celui sur les bibliothèques numériques, ainsi que la PSP ou les deux coquilles, celle de Sony et celle du site du Premier Ministre, à ranger dans la catégorie Humour. Ces deux articles ont donné lieu aux deux premières images publiées sur le site.

Autres nouveautés, la catégorie Bibliothèques numériques et le quatrième dossier de synthèse, sur les états et les standards ouverts. Le détail des 40 articles publiés est disponible dans la table des billets d'octobre 2005.

Enfin, dernier double point : une mauvaise et une bonne nouvelle. La mauvaise concerne les 300 rétroliens (trackbacks) automatiquement postés en deux temps (d'abord 235 puis 65) par des spammeurs vers des pages de publicités ou avec du texte pornographique. J'ai dû réagir en fermant les commentaires et rétroliens sur les articles de plus de 15 jours, puis j'ai réduit à 1 jour avant de ramener à 4 jours. La bonne nouvelle consiste à ramener la durée à une semaine (donc 7 jours) avec un système pour surveiller et empêcher ces actions.

Bonne utilisation des 554 articles (celui-ci compris), merci à vous pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens et les fils RSS (ou Atom). Bonne lecture, et vivent les standards ouverts.

Sources et liens :

Table des billets de novembre 2005

Les 37 billets publiés en novembre

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 14 dans Général, 4 dans Bibliothèques numériques, 1 dans Archivage, 1 dans Palmarès, 3 dans Interopérabilité, 2 dans Non-électronique, 1 dans Myosotis, 1 dans Ressources, 2 dans Publicité, 4 dans Conférence, 1 dans Notules, 1 dans Humour

Le HDMI dans Télérama, mais incomplètement

Le câble HDMI dans le supplément de Télérama : des oublis

HDMI, sésame ouvre toi du numérique. Il en a été question sur Europe 1, il en est aussi question dans un supplément de Télérama : comment ce supplément traite-il de ce câble HDMI qui relie les télévisions haute définition (les HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution ? Avec des oublis.

L'hebdomadaire Télérama proposait avec son numéro 2910 paru le 19 octobre un supplément intitulé Spécial DVD. La majorité de ce supplément propose une sélection de 300 DVD video, mais la dernière partie de 8 pages donne « toutes les réponses aux questions techniques qui se posent au moment de choisir son matériel ». Le HDMI est signalé comme une des caractéristiques de certains produits, mais il est aussi développé dans une rubrique de l'article :

Faut-il privilégier les modèles dotés d'une prise HDMI ? Oui, sans hésitation ! (suivent des exemples de matériel avec leurs prix)

Cependant, rien sur la gestion des droits numériques : les termes DRM, droits numériques ou protection numérique n'apparaissent pas, alors que les différents formats (de DVD, de son, de zonage) sont traités en regrettant leurs inconvénients (difficulté de comprendre, incompatibilité). Dommage, cela aurait au moins permis d'informer aussi de l'existence des DRM) ou des écrans HDCP pouvant empêcher l'affichage.

Un supplément sur les standards ouverts et l'interopérabilité est encore à écrire.

Sources et liens :
  • Télérama, http://www.telerama.fr
  • Supplément Télérama Spécial DVD du numéro 2910, 52 pages ; article Et ce truc-là, ça sert à quoi ?, de Dominique Commiot

Le HDMI sur Europe 1 tard le soir

Le câble HDMI traité sur Europe 1

Le câble HDMI (et sa prise) devient une vedette technologique : c'est l'indispensable de la connectique numérique, il ouvre une nouvelle porte de l'univers merveilleux du numérique. C'est du moins ainsi que les choses sont plutôt présentées.

Le HDMI (la prise et le câble) va de pair avec la télévision haute définition (la HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution. Cependant il comporte aussi une gestion des droits numériques (un exemple de plus des DRM) et des écrans pouvant empêcher l'affichage (grâce la technologie HDCP).

Une émission sur Europe 1 : question en direct

Mardi 18 octobre 2005, le président du Club HD était l'invité de l'émission Génération Europe 1 Nouvelles technologies. Comme la semaine précédente avec le PDG d'AOL, j'ai pu intervenir rapidement à 23h55 à l'antenne en demandant ce qu'il en était du « système de protection dans ces connectiques numériques » (dont le HDMI) comme cela est écrit dans un article de la revue Epok de la FNAC : qu'en est-il ? pourrais-je connecter un caméscope numérique HD sur une télévision HD sans problème de droits ?

La réponse a été qu'en effet le HDMI est une connectique qui intègre des protections et qui s'utilise entre la télévision et le récepteur ou le lecteur. Les écrans avec technologie HDCP savent gérer les protections du HDMI.

Les standards ouverts et l'interopérabilité ne sont pas vraiment de la partie. Les acheteurs décideront (sauf à ne pouvoir faire autrement).

Sources et liens :

Quand une entreprise fait ce qui est interdit

Pour la dernière chanson de Madonna, VirginMega supprime les protections de la chanson vendue par son concurrent, et la revend !

L'histoire de ces lignes est ahurissante, et fournit un nouveau format de réaction, indédit et exclusif...

Depuis quelques jours, parmi mes notes d'articles possibles pour Formats-Ouverts.org, j'avais écrit « Madonna et Orange ». C'est-à-dire le fait qu'Orange vende en exclusivité la dernière chanson de Madonna, Hung Up. J'aurais alors parlé du format exclusivité, et du format de vente par téléphone portable, qui provoquait des réactions dans le secteur musical. Le format du portable n'était pas encore accepté comme un format de commerce.

Lorsque VirginMega a commencé aussi à protester contre ce type de vente, j'aurais pu écrire que pour les yeux de Madonna, cela était normal pour VirginMega (Like a Virgin fut l'un de ses premiers succès)... On aurait été dans la catégorie Humour et à prendre cela de manière légère. Mais il n'en est rien, l'affaire est très sérieuse.

En effet, la nouvelle ahurissante est tombée, qui bouscule le hit-parade des histoires folles comme celle de Harry Potter ou celle de la compagnie de cars : VirginMega vend sur son site la chanson de Madonna après en avoir supprimé les protections (DRM) ! Parmi les arguments avancés, on trouve celui du principe d'exclusivité, néfaste au développement du marché.

Dans un format plus clair, on a donc :

  • un industriel majeur du secteur de la musique, Virgin,
  • qui récuse l'accord d'exclusivité signé avec un opérateur de téléphone mobile, Orange,
  • qui achète la chanson qu'il souhaite lui aussi proposer, la dernière de Madonna,
  • qui supprime les protections mises par Orange, ses DRM,
  • qui rediffuse ouvertement la chanson sur son site, VirginMega,
  • en la vendant officiellement, à 0,99 euros.

Cette information folle suscite de nombreuses questions :

  • le fichier proposé par VirginMega comporte-t-il ses propres DRM, ceux du format format WMA ?
  • pourquoi les articles de presse ne parlent-ils pas autant des DRM retirés par VirginMega, c'est-à-dire le système sur lequel chacun (Virgin, FNAC, Apple, Sony,...) se base pour verrouiller son marché ?
  • VirginMega va-t-il continuer ? Par exemple en récupérant un album exclusivement sur iTunes AppleStore et en le vendant aussi après avoir supprimé les DRM ?
  • Virgin fait-il juste un coup médiatique ou souhaite-t-il la suppression des DRM, l'utilisation de standards ouverts et une vraie interopérabilité ?
  • il y a un an, un éditeur et une enseigne expliquaient comment supprimer les DRM des chansons achetées chez des concurrents. Cette année c'est un site qui se procure une chanson et la revend illégalement. Et l'année prochaine ?

Désormais une chose est sure : le sujet des DRM, avec ses multiples exemples, pose un problème majeur au point que leurs utilisateurs industriels se retrouvent aussi à les supprimer en ne tenant pas compte des accords, de la lutte contre la contrefaçon et des règles de droit.

Sources et liens :

Haute définition et protections seront dans la télévision

Un texte clair sur la télévision haute définition et ses « protections »

Voici la HDTV, High Definition TeleVision, soit la télévision haute définition (TV HD). Elle arrive, et les premiers appareils sont disponibles. Il s'agit d'écrans au format 16/9 avec un étiquetage indiquant HDReady. Le magazine Epok, l'hebdo gratuit de la FNAC, propose un article sur le sujet (page 36 du numéro 6, semaine du 7 au 13 octobre) : il est intitulé En route vers la télévision haute définition. Il s'agit d'un échange de questions-réponses entre un journaliste de RMC (François Morel) et le directeur du Labo Fnac (Victor Jachimovicz, également membre du conseil d'administration du HD Forum). La troisième et quatrième question sont à signaler (gras et liens ajoutés) :

Y a-t-il aujourd'hui beaucoup de téléviseurs écran plat HDReady ?

[...] Ce label (HDReady) définit, entre autre choses, la connectique car, pour recevoir cette fameuse télévision, il va falloir des boîtiers spéciaux, hors récepteurs satellites, qui sont dotés d'une prise numérique. Le téléviseur doit en être équipé, et il doit accepter les protections, car les émissions haute définition, et surtout les films, vont être protégés contre la copie.

Tout sera donc protégé contre le piratage ?

C'est obligatoire ! La qualité de la haute définition est supérieure à celle d'un DVD. A partir d'une émission HD, on peut faire des DVD sans problème. L'industrie du cinéma a donc cherché à se prémunir. Il y a tout un système de protection dans ces connectiques numériques. La prise numérique retenue s'appelle HDMI et ce HDMI contient un système de contrôle et un verrou anticopie.

Que des « protections » (des DRM) existent pour éviter la contrefaçon, pose des questions pour ce qui est du particulier qui reste dans la légalité :

  • quid de la copie privée encore légale en France ?
  • qu'en sera-t-il des films ou video faits avec son matériel numérique haute défnition : comment seront-ils reconnus par la connectique ? devra-t-on se signaler auprès d'un organisme qui délivre des DRM pour que ses documents soient utilisables ?...

La télévision haute définition est donc un exemple de plus dans la liste du dossier DRM. On sera très loin des standards ouverts et de l'interopérabilité.

Sources et liens :

Dossier les états et les standards ouverts

Une liste de pays qui retiennent les standards ouverts (mise à jour au 17 octobre)

Note : cet article de la catégorie Synthèse a une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre).

Voici des informations sur les pays qui ont fait des déclarations ou pris des décisions en faveur des standards ouverts (liste qui sera complétée au fur et à mesure).

Problème de départ : comment définir un standard ouvert ? Car tout dépend de la définition donnée, notamment en ce qui concerne la licence d'utilisation et ses clauses. Pour définir un standard ouvert, le texte dans la loi française LCEN indique qu'il s'agit d'un « protocole » et d'un « format » qui est « interopérable » et « dont les spécifications techniques sont publiques » (donc publiées et avec indication claire de la disponibilité) « sans restriction d'accès » (donc plutôt en ligne, sans inscription obligatoire, sans frais de consultation, sans format fermé pour les lire) « ni de mise en œuvre » (donc pas de public particulier seuls utilisateurs possibles ni de limile d'utilisation ni de brevet).

Belgique : le 25 juin 2004, le Conseil des ministres belges a publié un texte qui annonce l'utilisation exclusive de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/24/53. En octobre 2004, un livre blanc du Service public fédéral Technologie de l’Information et la Communication recommandait l'utilisation de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2004/10/16/154. En mai 2005, le gouvernement belge a lancé le BELGIF (BELgian Governement Interoperability Framework) avec utilisation de standards ouverts : http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/26/441.

France : la loi sur la confiance en l'économie numérique (LCEN) définit depuis le 22 juin 2004 les standards ouverts dans son article 4, chapitre Ier, titre Ier : http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/01/12.

Le Cadre Commun d'Interopérabilité (CCI) définit par l'Agence pour Développement de l'Administration Electronqiue (ADAE) recommande les standards ouverts : http://www.adae.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=41

Le plan stratégique de l’administration électronique http://www.adae.gouv.fr/article.php3?id_article=315 avec ce passage par exemple :

La France contribuera fortement à l’émergence d’une administration électronique européenne, à la convergence des services offerts par les États membres, à la compatibilité et l’interopérabilité des systèmes d’information construits sur des standards ouverts.

Massachussets : il a décidé en septembre 2005 de retenir le format ouvert Open Document comme format officiel de bureautique pour toutes ses structures. Cette décision entre en vigueur le 1er janvier 2007 : http://formats-ouverts.org/blog/2005/09/02/520

Cette décision avait été précédée en janvier 2005 d'une annonce forte pour en faveur de l'utilisation de standards ouverts, http://formats-ouverts.org/blog/2005/01/21/255.

Norvège : en juin 2005, le ministre norvégien de la modernisation, Morten Andreas Meyer, a déclaré qu'à partir de 2006 les institutions gouvernementales nationales et locales devront avoir un plan d'utilisation de logiciels libres et de standards ouverts ; http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/29/444

Nouvelle Zélande : elle refuse les DRM car ils constituent des formats fermés, ils empêchent l'interopérabilité, ils posent des problèmes pour l'archivage et pour l'indépendance vis-à-vis des fournisseurs : http://formats-ouverts.org/blog/2005/06/23/438.

Souriez, Sony l'a fait

Sony et les 4 coquilles (avec la première photo sur Formats-Ouverts.org)

L'actualité des formats n'est pas toujours radieuse, malgré des avancées (comme celle du Massachussets) mais avec aussi le sujet des DRM qui prend de plus en plus d'importance. Pour sourire un peu, voici donc un article de la catégorie Humour, car c'est bien ainsi qu'il faut prendre les 4 informations ci-dessous... Il était donc une fois une petite tétralogie de coquilles signées Sony.

Recherche PSP : aucun résultat

Tout d'abord, une fois sur le site de Sony France, Sony.fr, recherchons la PSP. Comme cela avait été déjà signalé à propos de l'article sur les formats de la PSP, l'utilisation de la fonction Rechercher en tapant « PSP » donne comme réponse : « Vous avez recherché sur ce site et sur les sites connexes : "PSP". Désolé, aucun résultat ne correspond à vos critères de recherche. » En revanche, en cliquant sur le mot Presse indiqué dans la page de réponse, on obtient une page. Donc, une petite coquille du moteur de recherche...

Pas de lien vers Sony.fr

Pour aller sur le site Sony.fr, on peut le saisir dans son navigateur ou cliquer sur un lien qui y mène. Mais le second cas est interdit par Sony : l'établissement de liens hypertextes nécessite une demande d'autorisation... Le poème sur les liens hypertextes est donc à utiliser pour rappeler que les liens sont un format ouvert à la base du Web. Sans doute une coquille de prestataire ou de service juridique.

Attention, il faut « une autorisation par écrite »

Ce qui est indiqué dans le point précédent fait l'objet d'un texte explicatif... à un format peu français par moment (gras ajouté) :

LIENS HYPERTEXTE VERS ET ZN PROVENANCE DE CE SITE Vous êtes obligé de demander une autorisation par écrite de l'exploitant de ce site avant de pouvoir créer un lien vers ce site. Un soi-disant "Deep Linking" est strictement interdit. Tous les liens vers ce site doivent mener au homepage du site; il doit clairement en ressortir que le présent site et le contenu du site ayant le lien sont à considérer séparément et il doit en outre ressortir que Sony est le propriétaire et/ou l'exploitant de ce site.

Les lecteurs auront corrigé en bon français ce texte, sans doute le résultat d'une traduction trop rapide et donc avec quelques coquilles...

Une photo inédite et incroyable des cartes mémoires avec «magique portail» (Magic Gate)...

Enfin, la plus belle coquille pour la fin, avec photo à l'appui (la première photo de Formats-Ouverts.org, 55 ko) :

Au dos de l'emballage en plastique transparent des cartes mémoires Sony Memory Stick 128 MB MagicGate, MSH-128, garanties 5 ans, on peut lire le texte suivant :

Une des deux lignes en français ci-dessus indique bien (gras ajouté) :

Compatible avec technologie de protection des droits d'fauteur («MagicGate»)

Coquille ou lapsus, qui est ce « fauteur » : le fabricant ? l'auteur ? l'utilisateur ? Ce texte est sur les plusieurs milliers d'exemplaires de ce produit. Et lire « fauteur » pour une technologie de protection des contenus (MagicGate) a de quoi jeter un trouble...

Source et liens (sans autorisation) :

Messagerie instantanée : Yahoo!, Microsoft et les autres

Accord entre Microsoft et Yahoo! pour interconnecter leur messagerie instantanée : et alors...

Ce 12 octobre, Microsoft et Yahoo! ont tenu une conférence de presse commune, qui avait été annoncée officiellement et qui avait donné lieu à de premières annonces (au conditionnel) dans la presse.

Les deux sociétés ont donc officiellement indiqué que leur messagerie instantanée, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, allaient être « interopérables ». Ce « premier accord d'interopérabilité entre deux fournisseurs distincts majeurs de messagerie instantanée » prendra effet à partir du second trimestre 2006. A cette date, « les communautés d'utilisateurs » de chaque messagerie pourront communiquer entre elles en s'envoyant des messages, pourront voir si les utilisateurs de chaque messagerie sont en ligne et pourront aussi s'échanger des emoticons.

Voilà donc pour les faits. En continuant de se baser sur le texte du communiqué de presse, on peut formuler une première analyse :

  • comme le disent de nombreux articles, « Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule », et « Chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. » ;
  • cet accord vise à s'imposer face à 3 concurrents : AOL avec sa messagerie AIM (et ICQ), Apple avec son iChat et enfin Google avec Google Talk, basé sur le protocole ouvert Jabber ;
  • on peut appeler cela le principe du « Tu as beaucoup d'utilisateurs, moi aussi, alors allions-nous contre les autres au lieu de nous affronter » ;
  • les messageries vont devenir « interopérables », mais au sens basique : pouvoir fonctionner avec un autre. En fait les deux Messenger deviennent compatibles l'une avec l'autre. Mais il n'y a là rien à propos d'interopérabilité qui est générale. On devrait donc parler de compatibilité, ou de « capacités d'interconnexion »... comme l'indique le communiqué de presse lui-même !

Serait-ce tout ? Non, car cette annonce appelle quelques autres remarques, à un format plus sévère. Avec cette question de départ : sommes-nous idiots ? En effet on pourrait penser que cette annonce considère les choses comme telle. Car ce qui est avancé n'a rien d'historique, c'est un maintien dans une situation aberrante.

Si on prend d'autres outils de communications, cette situation d'incompatibilité n'existe pas, et cela ne viendrait pas à l'esprit des utilisateurs qui seraient bien surpris de lire des « avancées » comme :

  • France Telecom annonce qu'il est possible avec son téléphone fixe d'appeler désormais aussi les téléphones fixes Cegetel et toutes les mairies et hôpitaux sans distinction d'opérateur téléphonique ;
  • les abonnés SFR et Bouygues peuvent maintenant s'appeler sur leur téléphone portable et même s'envoyer des SMS ;
  • les fax Kyocera peuvent aussi envoyer des documents aux possesseurs de fax Brother ;
  • les courriels et leurs éventuelles pièces jointes envoyés en étant chez Free peuvent être destinés également aux internautes qui sont chez Club-Internet.

Téléphone fixe et portable, SMS, fax, courriels ne connaissent pas les incompatibilités des messageries instantanées qui continuent d'essayer de verrouiller le marché et les utilisateurs. Et cette décision ne va pas dans le sens de l'interopérabilité basée sur des standards ouverts

Sources et liens :

Le format des puces d'Intel et le protocole Jabber

Quand un magazine de jeux video traite aussi d'informatique générale

Le mensuel Joystick avait déjà bien résumé en septembre la situation des DRM dans le prochain Windows Vista, avec son encadré intitulé « All your files are belongs to Billou ».

Dans le numéro 174 d'octobre, deux formats sont traités : tout d'abord celui des nouveaux microprocesseurs Intel, dénomées VIIV (gras ajouté).

L'idée du PC multimedia au milieu du salon étant de plus en plus compromise par l'arrivée des Xbox 2 et autres PS3, Intel a décidé de lui donner un peu plus de présence en lançant une nouvelle plateforme curieusement baptisée VIIV. Intel a rajouté quelques petites nouveautés du côté du matériel avec notamment de quoi mettre en veille et rallumer une machine de manière instantanée mais aussi en proposant une solution de cryptage matériel pour protéger le contenu des ayants droits. (article Intel Developer Forum 2005 Avenir radieux ?, de C_Wiz).

Cette fois, il s'agit donc avec ces puces VIIV (ou ViiV d'après le site d'Intel) de gérer au niveau du microprocesseur les contenus qui sont protégés par des DRM d'authentification. Un exemple de plus d'utlisation des DRM, comme pour les câbles HDMI ou les écrans.

Autre format traité, ou plutôt un protocole, celui de la messagerie instantanée Google Talk, Jabber. Voici un extrait qui résume bien la situation (gras ajouté) :

Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule avec de multiples outils tous incompatibles les uns avec les autres. AOL entretient par exemple deux réseaux totalement séparés (ICQ et AIM). Microsoft fait de son côté la chasse aux clients alternatifs en changeant de manière plus ou moins subtile son protocole : déconnexions intempestives, messages qui n'arrivent pas... Malgré le vœux pieux d'interopérabilité des amis de Billou, utiliser un logiciel comme Trillian ou Miranda relève souvent de la prise de tête. Google disposerait-il d'une solution miracle ? Peut-être puisque Google Talk est basé sur un protocole totalement ouvert, le bien connu Jabber, ce qui lui assure une compatibilité totale avec les clients alternatifs, quel que soit leur système d'exploitation. (article Google Talk, de C_Wiz, dans la rubrique Des utilitaires à la mode de 4 pages).

Cette annonce de Google Talk qui s'appuie sur un protocole ouvert, Jabber, donne non seulement un crédit certain aux protocoles ouverts, mais surtout œuvre en faveur de l'interopérabilité.

Sources et liens :

Une fausse information sur le DVD jetable en donne une vraie sur les DRM

Les DRM de Windows Media

Les DVD jetables ont fait récemment parlé d'eux avec celui diffusé par EMI. Et on a aussi parlé de Microsoft qui envisageait de faire de même : des DVD lisibles qu'une seule fois. C'est ce qu'on pouvait lire, notamment dans un intéressant article de PCinpact... mais l'information était fausse : elle a été démentie. Et l'auteur de la mise au point, Ed Bott, a expliqué que l'erreur venait d'une confusion avec une possibilité des DRM.

En effet, c'est « une caractéristique qui existe pour les DRM de type Windows Media qui permet une lecture unique de support numérique de promotion. » Et de précier (gras ajouté) :

Le contenu téléchargé au format Windows Media peut être protégé par des DRM, et si le propriétaire du contenu veut le limiter à un nombre défini de lecture, ou s'il veut attribuer une date d'expiration de l'utilisation du contenu, c'est une option, comme c'est le cas avec les services d'abonnement pour de la musique. (Downloaded content in the Windows Media format can be DRM-protected, and if the content owner wants to limit it to a specific number of plays, or to set an expiration date for the content, that’s an option, just as it is with subscription-based music services).

Cela est plus clair ainsi formulé : les DRM sont prévus pour limiter les utilisations. Et les DRM font partie du projet de loi sur le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information, qui va passer en urgence au Parlement.

En fait, on peut penser que l'objectif idéal, du moins pour certains acteurs, est de n'avoir plus que de la location de contenu disponible exclusivement par Internet, verouillé et contrôlé. Avec un seul type de machine, celui qui va permettre de contrôler ces contenus : soit un seul système d'exploitation, soit un seul microprocesseur, voire les deux, et des logiciels dédiés. Interopérabilité, diversité, standards ouverts ne seraient plus de mise. Il faudrait avoir le bon format et que toute la chaîne soit bien formatée. Fiction ou futur, telle est la question.

Sources et liens :

Le PDF dans Office : un bon début... pour aller plus loin !

La prochaine suite Office pourra créer des documents au format PDF : questions et perspectives.

Avertissement : le texte de cet article, exception faite du gras, des liens hypertextes et des références, est publié depuis le 6 octobre 2005 sur le site de l'Elenbi Strategic Review, hebdomadaire en ligne de l'association EBG (Electronic Business Group), qui regroupe de grandes sociétés autour de sujets liés aux nouveaux médias et aux NTIC. La lettre d'information hebdomadaire envoyée le 6 octobre mentionnait également l'article, qui est en ligne avec la mise en page de l'Elenbi Strategic Review à http://www.elenbi.com/achats_et_b2b/archives/2005/10/le_pdf_dans_off.php.

Microsoft, par la voix de Steven Sinofsky, senior vice-president, a annoncé le 1er octobre que la prochaine version de sa suite bureautique, baptisée actuellement Office 12, permettra d'enregistrer les documents de Word, PowerPoint, Excel, Access, InfoPath, Publisher et Visio au format PDF (Portable Document Format).

Cette annonce a été fortement mise en avant par l'éditeur, via interview de Steven Sinofsky et blog interne. Comment considérer cette décision qui soulève une série de questions ?

Premier point, cela n'est pas du tout une nouveauté en soi. En effet des logiciels concurrents proposent déjà depuis plusieurs années cette fonctionnalité, notamment les suites bureautiques StarOffice et OpenOffice.org. D'autres outils plus anciens intégrent même la création de PDF depuis très longtemps.

Deuxièmement, Microsoft admet que le PDF est l'un des formats les plus utilisés, notamment pour diffuser de l'information indépendamment du logiciel de création utilisé, et cela de manière très large grâce à des lecteurs PDF nombreux et multiplateformes (Windows, Mac, Linux). En permettant aussi facilement de créer du PDF, ne serait-ce pas au détriment des nouveaux formats d'Office 12, basés sur XML (.docx, .xlsx, .pptx), eux aussi mis en avant ? En effet, une des stratégies de Microsoft est d'inciter à diffuser des documents à son format fermé, pour imposer l'utilisation de ses logiciels dédiés, et donc aussi des seules plates-formes informatiques où ils sont disponibles.

Troisième point : mais que devient Metro ? Metro est un format annoncé en mai dernier par Microsoft et qui sera présent dans Windows Vista. Or Metro est un concurrent assez direct de PDF.

Point plus important encore, Microsoft utilise et propose donc un format ouvert : les spécifications du PDF, établies par Adobe, créateur et mainteneur du format, sont disponibles et librement utilisables. Ainsi, en plus des nombreux lecteurs PDF, de multiples logiciels (autres que Adobe Acrobat) peuvent générer du PDF, grâce à cette réelle ouverture. Adobe joue le jeu de la concurrence avec le format PDF, il l'ouvre totalement, sans enfermer dans un format. Microsoft profite de cette ouverture, mais fera-t-il de même ?

Autre élément, cette décision est une attaque frontale du marché des utilisateurs qui achètent Adobe Acrobat pour ne faire du PDF qu'avec Office. Cela sera désormais inutile (comme avec OpenOffice.org). Quelle est la part de ce marché pour Adobe et quelles conséquences cela aura-t-il sur ses ventes ?

Pour ce qui est du PDF dans Office 12, il s'agira officiellement du 1.4 : il faut que les spécifications soient strictement respectées, sans extension propre à Office (ce qui serait contraire à la dénomination PDF), sans brevets. Microsoft annonce qu'il n'intègrera pas la gestion des droits numériques (DRM) d'Adobe, mais on peut craindre qu'il y aura les siens, comme cela est déjà possible dans Office 2003.

Enfin, dernier point : après le PDF, Microsoft doit continuer ! En effet cette décision marque une certaine ouverture. Elle est à poursuivre dans deux directions :

  • celle de jouer le jeu de la concurrence en ouvrant aussi ses formats, sans restriction d'utilisation ; mais ce n'est peut-être pas le plan prévu, habitué à bloquer le jeu en brevetant formats et protocoles, pour fermer un marché qu'il domine, et l'utiliser comme levier ;

Les formats ouverts, comme les protocoles ouverts, sont les garants de l'interopérabilité et d'une saine concurrence.

Sources et liens :

Suite bureautique et DRM

La GDRI de Microsoft Office et les DRM

« Quand vous avez appris un nouveau mot, avez-vous constaté comme vous le relevez partout ? » Ainsi commençait l'article de Groklaw à propos de la Nouvelle Zélande qui refuse les DRM. Et justement, à propos des DRM, voici un exemple de plus dans la longue liste de cas du dossier DRM.

Connaissez-vous la GDRI ? C'est la Gestion des Droits Relatifs à l'Information. C'est expliqué dans le magazine L'Ordinateur Individuel, numéro 176 d'octobre 2005, page 59, avec une pleine page de publicité pour Microsoft Office, et sous les images illustrant la petite histoire, un texte d'explication, avec ce passage (gras ajouté) :

Aujourd'hui l'information est vraiment partout. Une fois qu'elle vous échappe, tout peut arriver. C'est pourquoi la dernière version de Microsoft Office contient un service de Gestion des Droits Relatifs à l'Information. Vous pouvez maintenant protéger vos e-mails et fichiers confidentiels pour empêcher leur transfert, leur impression ou leur copie. Il est temps d'évoluer dans votre façon de travailler.

D'un côté il y a la volonté d'éviter des fuites d'informations ou des destinataires erronés pour des documents. Mais cela signifie que les documents ainsi produits sont contrôlés par une technologie dont l'auteur du document n'est pas possesseur. Cette GDRI repose sur des DRM. Et qu'en est-il pour des documents publics d'administrations ou des archives publiques d'un état, qui nécessitent un accès à long terme ? Les particuliers, les associations et les entreprises sont aussi concernés par ce problème d'archivage. C'est entre autres ce qui a décidé l'état du Massachussets à retenir le format ouvert Open Document, et la Nouvelle Zélande à refuser les DRM. Les standards ouverts ne contiennent pas de DRM.

Sources et liens :

Trois exemples de DRM, encore et hélas

Un article et 3 exemples de DRM

Voici 3 pièces de plus à verser au dossier DRM : le témoignage et les réflexions du journaliste Christophe Bardy à propos de 3 exemples de DRM, avec cette entrée en matière, « Cette fois, le DRM commence vraiment à m'agacer. »

Tout d'abord les DRM des fichiers musicaux d'Apple qui limitent à 5 le nombre de machines différentes autorisées à jouer les morceaux légalement acquis : à l'arrivée d'une sixième machine, impossible pour cette dernière de jouer les fichiers musicaux...

Ensuite les DRM dans les fichiers video du site de films à la demande de CanalPlay : ce sont des DRM Windows, donc si vous n'avez pas Windows (la version exigée et avec le logiciel de lecture prévu), pas de films.

Les publicitaires ciblent les CSP (catégories socio-professionnelles) : il va leur falloir cibler aussi les CSI (catégories socio-informatiques)... Et il peut y avoir un problème : si les CSI Apple ou Linux ont un pouvoir d'achat plus élevé (ou un budget plus important) que les CSI Windows...

Enfin les DRM dans le dernier album des Rolling Stones, sur une carte mémoire en Trusted Flash, vendu par SanDisk, au prix aussi élevé que le système est verrouillé (lecteur dédié en plus du DRM).

Bien sûr il n'y a là aucun format ouvert, aucune interopérabilité.

Sources et liens :

Un mois de rentrée en fanfare

Un mois de septembre qui enregistre de nouveaux records

Voici le bilan mensuel de la vie du site Formats-Ouverts.org pour ce mois de rentrée, avec encore une fois une série de records, malgré la pause du 25 (la première depuis fin 2004). En effet, chacune des mesures statistiques a fortement augmenté. C'est la poursuite du « bond du 17 août » : depuis ce jour, les fréquentations du site ont connu une augmentation très nette qui s'est confirmée en septembre pour établir un nouveau record par rapport au précédent d'août.

Ainsi, en résumé, cela donne plus d'un demi-million de hits. En détails :

  • exactement 542 508 hits ;
  • près de 400 000 pages ;
  • presque 130 000 visites ;
  • plus de 46 000 visiteurs uniques (plus 54% par rapport au record d'août) ;
  • journée record avec plus de 4 800 visites en 24 heures le 14.

Autres points à souligner : il y a désormais plus d'un demi-millier d'articles en ligne (512 exactement, nombre non prémédité mais particulier, comme les 404 de la première année...), avec 2 nouvelles catégories, En bref et Synthèse (avec 3 dossiers, le XML, la bibliothèque numérique européenne et les DRM).

Enfin, septembre 2005 fut le mois de la conférence sur les formats ouverts la plus longue, le 26 septembre, (près de 4h avec les questions-réponses), lors d'un remarquable séminaire international francophone à Ouagadougou. Pour ce qui est des articles les plus lus, le podium de septembre donne les formats de la PSP, le poème sur les liens hypertextes et la décison du Massachussets de ne retenir que des formats ouverts (les 34 autres articles sont listés dans la table des billets de septembre).

Voilà donc les faits. Il n'y a pas de quoi fanfanronner, car le plus dur est de continuer le travail. Cependant, merci pour les visites, les commentaires, les courriels, les liens hypertextes, les rétroliens et les fils RSS (ou Atom). Bonne lecture, et vivent les standards ouverts.

Table des billets d'octobre 2005

Les 40 billets publiés en octobre

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 12 dans Général, 3 dans Manifestations, 1 dans Palmarès, 2 dans Logiciel, 6 dans Bibliothèques numériques, 3 dans Humour, 6 dans Entreprise, 1 dans Synthèse, 1 dans Internet, 1 dans Conférence, 1 dans Myosotis

Deux exemples pour expliquer les DRM

Deux exemples transposés dans le numérique pour expliquer les DRM

Les DRM sont un sujet d'actualité, comme le recense le dossier DRM. Mais comment expliquer ce que sont et ce que font les DRM ? Voici deux exemples du monde non-électronique pour tenter de faire ses premiers pas dans un monde qui aurait des DRM partout.

Exemple 1 : la bouteille d'eau d'Evian

Sur les étiquettes des bouteilles d'eau de marque Evian, on peut lire la mention suivante parmi les informations données :

Bouteille destinée à contenir exclusivement de l'Eau Minérale Naturelle d'Evian.

Mais une fois consommée, rien ne vous interdit de la remplir avec une autre eau (minérale, de source ou du robinet) ou avec d'autres liquides de votre choix.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : la bouteille d'eau vérifierait si son contenu correspond avec ce qu'elle est autorisée à contenir et agirait en conséquence : si les DRM de l'eau n'étaient pas ceux prévus, la bouteille empêcherait d'être rempli ou son bouchon ne se dévisserait plus une fois refermée, voire elle se détruirait.

Exemple 2 : le maillot de Zidane à la Juve

Jeudi 28 septembre avait lieu à Ouagadougou une soirée organisée par le dynamique directeur de l'IPD-AOS, Amadou Diop, à l'occasion du séminaire international francophone sur les bibliothèques numériques. Un spectacle de danse suivait l'excellent repas.

L'un des danseurs portait un maillot de football noir et blanc avec « Zidane » inscrit dans le dos : c'est celui que Zinédine Zidane portait lorsqu'il jouait dans l'équipe de la Juventus de Turin, soit de 1996 à 2001. Même si Zidane joue désormais au Real de Madrid, rien n'interdit au possesseur de ce maillot de le porter.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : le maillot de foot ne pourrait plus être porté, son utilisation serait impossible car il ne correspondrait plus à son équipe actuelle, les droits en vigueur ne seraient plus ceux de la Juventus mais ceux du Real de Madrid ; il y aurait blocage de port, les DRM indiquant qu'il n'y a plus de validité d'utilisation.

Les DRM sont un rêve technique devenu réalité pour les structures voulant contrôler l'information numérique (pour sa diffusion, son paiement, sa copie,...). Il n'y a là aucun format ouvert.

Sources et liens :
  • Merci aux participants du séminaire d'Ouagadougou, qui depuis ma conférence du lundi 26 septembre n'ont pas arrêté entre autres en rigolant de voir des DRM partout, et qui m'ont donné l'idée de ces deux exemples.

Les DRM sont déclarés en urgence

Le projet de loi DADVSI et les DRM vont au Parlement en urgence

DADVSI, DRM... voici des termes assez peu explicites a priori. Pourtant ils risquent d'aller de pair, pour créer un duo technico-juridique inquiétant.

Les DRM sont un sujet omnipésents du monde du numérique : il s'agit de la gestion des droits numériques, technologie qui se répand de manière importante dans les fichiers et dans le matériel, avec de nombreux exemples rassemblés dans le Dossier DRM. Les DRM ne sont pas des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité.

Le projet de loi DADVSI concerne le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information. C'est-à-dire une révision de la loi sur le droit d'auteur dans le cadre du développement des aspects techniques du numérique. Avec aussi la révision de droits dits voisins (le droit de copie privée par exemple) concernés par la société de l'information numérique.

Mais quel est le lien entre le projet de loi DADVSI et les DRM ? La première veut s'appuyer sur les seconds, qui sont dénommés mesures techniques de protection et d'information dans le domaine des droits d'auteur.

En quoi y a-t-il urgence ? L'urgence est la dénomination de la procédure qui consiste à soumettre un projet de loi au Parlement mais sans navette entre l'Assemblée nationale et le Sénat pour établir un texte définitif voté par les députés et les sénateurs. L'initiative EUCD.info a révélé qu'il y avait « urgence déclarée » pour le projet de loi DADVSI.

Dans un format plus clair, cela signifie entre autres :

  • pas de réels débats des élus à propos de ce projet de loi important ;
  • un DVD avec DRM pourra n'être lisible qu'avec Windows XP SP2 (et Media Player 10) ou avec Mac OS X 10.4 (et Quicktime 7) et si vous utilisez autre chose, ce sera violer la loi ;
  • actuellement légale, la copie privée sera interdite : 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende en cas de copie privée vers un support non autorisé par les titulaires de droits.

Cette liste n'est pas exhaustive, elle concerne aussi le domaine de la sécurité et les logiciels libres. EUCD.info dans son communiqué de presse donne des informations précises pour réagir suite à cette décision de passage en urgence.

Sources et liens :

Dossier DRM

Des exemples d'utilisation de DRM (mis à jour le 28 avril 2006)

Note : ce long article de la catégorie Synthèse a une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre). Il est possible d'avoir (dans une longue page) les articles regroupés ci-dessous, avec une recherche du terme DRM, http://formats-ouverts.org/blog/?q=DRM

Les DRM, (Digital Rights Management, gestion des droits numériques) sont une technologie de plus en plus présente dans le monde numérique. Les DRM sont mis en place et utilisés dans toute la chaîne numérique, au niveau des fichiers et aussi du matériel.

Les DRM sont à l'opposé des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité au travers du dispositif de contrôle qu'ils mettent en place :

  • les DRM de Windows Media : date d'expiration et nombre de lecture sont prévus







  • les DRM dans les écrans qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;

Les formats et la rareté

Y a-t-il des formats rares ?

Quel est le point commun entre Le Salon du Collectionneur (du 16 au 25 septembre), la vente aux enchères d'objet des Beatles le 29 juillet dernier, ou la bibliothèque municipale publique de Sélestat (aussi nommée Bibliothèque Humaniste de Sélestat, fondée en 1452) ?

Chacun propose ou a proposé des objets rares : meubles, orfèvrerie ou sculptures pour le premier ; un manuscrit de John Lennon de la chanson All you need is love, vendu un million de dollars, pour le deuxième ; une collection de premier plan au niveau national avec des manuscrits et des ouvrages anciens pour la troisième.

Ce qui fait la particulartité et la valeur de ces objets est qu'il n'en existe que très peu d'exemplaire identique dans le monde, voire qu'un seul. Ce caractère unique fait la rareté de ces pièces exceptionnelles.

Qu'en est-il pour les formats, ouverts ou pas, dans le monde numérique : y a-t-il des formats qui sont rares ? La rareté existe-t-elle dans le numérique ?

Oui, certains formats sont rares, au sens de peu répandu, peu féquent ou plus utilisé : il s'agit des formats que l'on ne sait plus employer car les logiciels qui ont servi à les créer ont disparu (arrêt de la part de l'éditeur ou fin de l'éditeur). Et seuls un logiciel spécifique savait exploiter les données des fichiers, logiciel que seule la société éditrice maîtrisait. Les exemples de formats qui sont désormais inexploitables peuvent se rencontrer souvent.

Non, les formats ne sont pas du tout rares, car aucun fichier à un format donné n'est rare. En effet, l'une des caractéristiques techniques fondamentales des fichiers numériques est d'être copié. Qu'il s'agisse de texte, d'image, de son, de video, et indépendamment de la taille, créer une copie parfaite est propre au numérique. Le clone, ou plutôt les clones, existent et peuvent se multiplier dès lors qu'un seul exemplaire existe. Et les réseaux facilitent cette situation. Ainsi, un format et un fichier numériques ne connaissent pas la rareté, l'original n'existe pas. Sauf à placer des DRM pour limiter les utilisations.

Cependant, un fichier à un format sans logiciel pour l'utiliser ne sert à rien et n'a aucune valeur. Ce qui compte alors est l'ensemble fichier-logiciel pour l'exécuter, voire la machine sur laquelle le logiciel fonctionne, avec des éléments qui lui sont indispensables. C'est alors la machine complète qui compte, et qui peut être rare.

Par exemple les ordinateurs complets voire en état de marche, comme un Micral N (1973, de la société R2E, avec un Intel 8008 à 500 kHz) exposé à la Cité des sciences et de l'industrie, un IBM PC de 1981 ou un NeXTcube sont des pièces rares. Bien sûr quand en plus la production industrielle n'a pas été très élevée, la rareté de la machine est accrue.

Enfin, il faut signaler un texte de Emmanuel Hoog, président directeur-général de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), publié dans le Monde diplomatique d'octobre 2004, à propos de la conservation de notre mémoire audiovisuelle, où il écrivait :

La nature même de l'audiovisuel, c'est la copie.

Sources et liens :

«Il faut sortir du format»

Un entretien avec Michel Serres, sans propos au format convenu

Quel format adopter pour débuter un article ? Quelle accroche retenir ? Surtout quand il y en a plusieurs possibles. Peut-être en laissant le choix. Alors en voici trois, toutes aussi importantes.

Voici une interview percutante de Michel Serres, qui parle de la pensée unique, des media, de la Louisane, de la langue française... et des formats.

« Je suis persuadé que cette chronique va faire beaucoup parler. » : ainsi se termine l'entretien, et c'est vrai ! Une exclusivité de Formats-Ouverts.org : Michel Serres et les formats !

Les formats sont partout : dans les nouvelles technologies, dans les caractéristiques du monde physique, dans les langues, dans le style d'un texte, dans les règles nationales mais aussi plus largement dans la société au travers des modes, des comportements ou des media : Michel Serres le développe de manière très originale.

Dimanche 18 septembre était donc diffusée sur France Info la chronique hebdomadaire Le sens de l'info, un entretien de 7 minutes (un format long) entre Michel Serres et le journaliste Michel Polacco. Le sujet était la Pensée unique dans notre société.

Michel Serres avance que plus encore que la pensée unique, on assiste à la répétition, au sens de diffusion et de reproduction d'un modèle : « Le mot d'ordre est Soyez conforme. » (comme au travers d'une mode vestimentaire), et « l'essentiel est la forme plus que contenu. » Et ce qui est répété presque à l'infini par les media, c'est la mort, à un point extrême :

Je vois maintenant les media comme une église intégriste qui parle tout le temps de la mort et qui ne parle que de la mort. La répétition est toujours là et la répétiton c'est l'instinct de mort.

Il parle des langues, dont l'anglais tant répété et le français investit par des tournures au format anglo-saxon (exemples du Ministère des Affaires étrangères, de la météo ou d'Air France), comme dans le cas « à exploser de colère » de la SNCF et de sa carte de fidélité S'MILES : fin des kilomètres, format légal de mesure en France, la SNCF mesure donc en miles ! Or la langue est « l'âme d'une culture. »

Mais alors comment sortir de ces situations ? Il faut casser « la répétition d'un format », ne pas reprendre les schémas dominants, aller à l'encontre de l'unicité. Dans un format plus bref : « Il faut sortir du format. »

Sources et liens :
  • Le mot format est volontairement employé de nombreuses fois dans ce texte (comme déjà dans celui sur la PSP), sans doute une illustration de sa réelle et forte importance.

Les formats dans le sport, la com' et en Chine

Les expressions en football ; la communication d'Apple ; le marché chinois

Quels « formats » utiliser pour parler dans le monde du football, pour toucher un large public ou pour investir le marché chinois ? Ce sont certes des formats non-électroniques, mais qui sont ouverts car on en connait les règles.

Format codé en football : « Chez ces gens-là, on cause en crypté. »

Un article de Libération propose un décodage du format de langage utilisé de plus en plus dans le monde du football :

« Seule la vérité du terrain compte » ; « Le plus fort a gagné ce soir » ; « On va continuer à travailler »... Le monde du football cultive les formules toutes faites et dénuées de sens. Décryptage d'une langue de bois, qui rime avec succès et enjeux financiers.

Avec quelques exemples de traduction dans un format plus clair :

« Le club m'a manqué de respect » signifie qu'il manque un zéro sur le chèque ; son contraire : « J'ai signé ici car j'ai adhéré au projet. »

Apple et sa communication : nouvelle approche, nouveau format ?

Il n'y aura pas de conférence (keynote) traditionelle de Steve Jobs le 20 septembre à Paris. Cela a été annoncé juste deux semaines avant, le 5 septembre. Réactions et déceptions ont été nombreuses. Que cela signifie-t-il ?

Pour être encore plus « grand public », la société Apple, dont les produits (baladeurs iPod) et services (sites iMusicTunes) touchent de plus en plus de monde confronté à la convergence numérique, a-t-elle décidé de changer son format de communication ? Fin de la période des présentations de Steve Jobs s'adressant aux utilisateurs de la pomme dans un format presque de type concert pour fans ? C'est l'idée que développe l'article de Boro de MacPlus :

la place centrale qu’Apple aspire à occuper au sein de l’industrie informatique nécessite qu’elle s’adresse à ses clients potentiels de la majorité silencieuse -celle qui suit la tendance au lieu de la précéder- avec ses codes, au travers de relais d’opinion que sont les Journaux Télévisés et la presse généraliste.

La Chine et ses règles, ses formats

S'installer en Chine pour être présent sur son marché est presque actuellement un point de passage obligé, notamment dans le secteur des nouvelles technologies et d'Internet. Cependant, cela signifie accepter les règles officielles et officieuses qui sont en place :

il [le gouvernement] n'a jamais molli sur la censure imposée à l'univers d'Internet. Tous les moteurs de recherche et portails doivent appliquer des filtres interdisant des mots clés comme « démocratie », « indépendance Taïwan », « droits de l'homme » ou « Tiananmen ». (article du Monde)

Un article d'humeur de MacPlus, qui traite aussi des DRM omniprésents.

Les DRM en publicité ; l'interopérabilité des MI et des sites de musique

Les messageries instantanées (MI) et l'interopérabilité

Le mardi 6 septembre 2005, le journal 20 Minutes consacrait toute sa rubrique net guide aux messageries instantannées (MI), sous le titre Restez toujours en contact via le Web. La pleine page signée Yaroslav Pigenet faisait le point sur les différents logiciels de messagerie instantanée, notamment suite à la sortie de Google Talk le 24 août. Outre cette dernière, une mini-fiche sur Gaim, Trillian, AIM, MSN Messenger, Yahoo! Messenger et ICQ était proposée. Avec un encadré final titré En attendant l'unification des messageries instantanées qui résume bien la situation (gras et liens ajoutés) :

Toutefois, chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. [...] Un peu comme si un abonné SFR ne pouvait pas téléphoner à des abonnés Orange ou Bouygues. Cette incompatibilité a longtemps ralenti voire bloqué l'inévitable convergence entre téléphone et MI. [...] Pour mettre fin à cette cacophonie et permettre de créer un service de MI professionnel et universel - comme l'e-mail ou le GSM -, l'instance de régulation du Web (IETF) propose depuis 2002 un protocole ouvert et standardisé de messagerie : XMPP/Jabber.

Les DRM en publicité !

Les DRM s'affichent sur des panneaux publicitaires, où on lit sur certains à propos du baladeur numérique Q-be de SupportPlus :

MP3 256 Mo - USB 2.0 DRM

Des DRM sur les fichiers audio WMA (Microsoft), AAC (Apple) ou Atrac (Sony), c'est établi, comme aussi sur les écrans, sur les câbles HDMI, sur les sorties DisplayPort, sur le bus PCI Express 2.0, sur Windows Vista ou sur les téléphones portables. Mais des DRM dans l'USB 2.0 ? Réalité technique, ou coquille de texte (qui permet d'avoir un format technique avec des sigles un peu étranges) ? Sans doute la seconde solution d'après les indications du produit trouvées sur les sites de ventes en ligne.

L'interopérabilité sur FnacMusic, interview du directeur général

Bruno Crémel, directeur général de la Fnac, était interviewé par Arnaud Devillard de 01net le 1er septembre dernier. Parmi les 6 questions posées, celle de l'interopérabilité des fichiers de musique (gras ajouté) :

Question : Autre sujet sensible, l'interopérabilité. FnacMusic avait annoncé qu'elle mettrait à disposition un logiciel permettant de lire des fichiers sur tout type de baladeurs. Où cela en est-il ?

Réponse : On y a renoncé. C'est sans doute un frein au développement du téléchargement parce que c'est une source de complexité et de confusion pour les clients. De fait, lorsqu'ils achètent un baladeur, ils n'ont pas forcément conscience des problématiques d'interopérabilité, de formats propriétaires et autres qui sont les composantes d'un débat assez compliqué. En même temps, il faut relativiser.

D'après les analyses, l'utilisation du téléchargement est encore assez classique : une écoute sur ordinateur ou une gravure sur CD pour une écoute sur chaîne hi-fi. L'utilisation du baladeur est minoritaire, entre 10 % et 15 % de l'utilisation des téléchargements. Le marché n'étant pas stabilisé ni sur le marché des baladeurs ni sur celui des plates-formes de téléchargement, je pense qu'on ne verra pas d'évolution à court terme.

La Fnac a ouvert son site de vente de musique en ligne en septembre 2004, en retenant le format WMA (de Microsoft) et en expliquant comment retirer les DRM en gravant (comme Microsoft l'avait aussi expliqué) pour utiliser les morceaux sur tous les baladeurs.

Vous ne pourrez ni transférer, ni voir, ni exécuter, ni choisir

HDMI, DisplayPort et PCI contrôlent les échanges

Quoi de neuf du côté du matériel ? A cette question, il y a déjà quelques « caractéristiques » techniques qui ont été signalées :

  • le câble HDMI et leur blocage de transfert de contenu protégé ;
  • des écrans utilisant le HDCP qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;
  • les consoles de jeux n'acceptant que des périphériques « certifiés » ;
  • des imprimantes qui impriment un code unique d'indentification sur chaque document.

La liste des éléments et matériels concernés par ces « améliorations » se complète, avec cette fois une triple dose.

HDMI 1.2

Le câble HDMI bénéficie de nouvelles spécifications, version 1.2, qui prennent en compte de nouveaux formats (le SACD, Super Audio CD ; le RGB pour l'affichage des couleurs sur ordinateurs ; le connecteur 19 broches) ; le contrôle des flux avec la technologie HDCP demeure : pas d'affichage, ou alors en mondre qualité, si les contenus sont protégés ;

VESA et DisplayPort

L'association d'industriels VESA (Video Electronics Standards Association), qui établit des normes techniques d'interface, a annoncé la disponibilité de DisplayPort : une technologie avec haute définition, son et video numérique, plug-and-play, pour connecter ordinateurs, video-projecteur, télévisions, lecteurs de DVD. Mais aussi avec des contrôles :

« DisplayPort is expected to accelerate adoption of protected digital outputs on PCs to support viewing high definition and other types of protected content through an optional content protection capability » : DisplayPort est prévu pour accélérer l'adoption des sorties numériques protégées sur PC pour soutenir la haute définition et d'autres types de contenu protégé, au travers d'une possibilité de protection de contenu optionnelle. Dans un format plus clair : il est prévu d'avoir des limitations d'utilisations.

« The promoter group based their development efforts on the premise that the PC industry requires a ubiquitous digital interface with optional content protection that can be deployed widely at minimum cost to enable broad access to premium content » : le groupe promoteur a basé ses efforts de développement sur les prémisses que l'industrie des PC exige une interface numérique avec une protection de contenu optionnelle qui peut être largement déployée et à coût minimum pour permettre un large accès à des contenus de première qualité. Dans un format plus clair : les industriels de l'informatique demande de la protection (comme les studios), voilà une réponse.

Une chaîne de contrôle se met en place pour l'ensemble des éléments de la « vie numérique » avec « ses loisirs numériques ».

PCIe 2.0, le PCI-SIG et Intel

Le bus PCI est le Peripheral Component Interconnect, c'est-à-dire ce sur la carte mère assure les échanges entre les composants et les entrées/sorties. Il s'agit de caractéristiques physiques d'emboitement, comme celles électriques et celles de dialogue entre les éléments. Il y eut le PCI, il y a actuellement le PCI Express (PCIe 1.0), et bientôt le PCI Express 2 (PCIe 2.0). Cette version a été en partie dévoilée lors de la conférence PCI-SIG (Peripheral Component Interconnect Special Interest Group) en juin et Intel fin août en a aussi traité. PCIe 2.0 proposera bien plus de « protections » qu'avant :

« PCIe II will try and include better trusted computing. There will be a trusted configuration space, and a trusted configuration access mechanism will be included with modifications to the trusted platform module (TPM) to enable that. » : PCIe II essaiera et incluera une meilleure informatique de confiance. Il y aura une zone de configuration de confiance, et un mécanisme d'accès de configuration de confiance sera inclus avec modifications de la puce TPM (Trusted Platform Module) pour permettre cela. (article d'Inquirer)

Dans un format plus clair, l'excellent texte de l'article d'Anicet Mbida (01 Informatique) donne des exemples concrets, repris ici sous forme de liste :

  • « les logiciels pourront « identifier de façon unique un périphérique » et s'assurer que celui-ci est certifié. »
  • « le périphérique pourra « distinguer si les requêtes viennent d'un logiciel qui est certifié ou non » et agir en conséquence. »
  • « il est facile d'imaginer qu'un fabricant de machines bloque l'installation de périphériques venant d'un autre constructeur »
  • « certains adaptateurs réseaux ou cartes SCSI pourraient ne plus fonctionner qu'avec telle ou telle application. »

Derrière ces 3 cas, c'est la technologie des DRM qui est en action. Avec donc des répercussions sur le libre choix des utilisateurs. Et l'informatique de confiance, les contenus protégés, les contrôles des flux ne vont pas de pair avec les standards ouverts et l'interopérabilité, même si la dénomination avancée sur les sites des industriels concernés est « standards ouverts de l'industrie »...

Sources et liens :

Ouverture, ou ouverture conditionnelle

Prenez et utilisez, mais...

Il est souvent très sage et précautionneux de lire en détails toutes les informations fournies à propos d'une offre, et à comprendre la signification des termes employés. L'exemple des astérisques avec renvoi au bas du document (ou au verso) pour les détails de l'offre (« Sous réserve de... », « Voir conditions », ou « Dans la limite de...») ou celui des textes techniques ou juridiques (comme des licences d'utilisation de logiciel), au vocabulaire souvent incompréhensible de prime abord, illustrent bien cette remarque de bon sens.

Ces précautions sont notamment nécessaires quand les termes « ouverts » (comme dans standards ouverts) et « ouverture » sont employés, comme par exemple à propos des API. Les API, interfaces de programmation (Application Programming Interfaces), sont de petits programmes permettant d'utiliser d'autres programmes. Concrètement au cours des derniers mois, plusieurs sociétés ont décidé de proposer leurs API pour inciter à utiliser leurs programmes :

  • Yahoo! et Google, en mars, à propos de leurs sites Web
  • Google, fin août, à propos de son service de messagerie instantanée, Google Talk
  • Skype, fin août également, avec des annonces pour sa messagerie instantanée et SkypeWeb
  • Microsoft, le dernier en date, qui a annoncé début septembre l'ouverture prochaine d'API pour son site de recherche MSN Search, ainsi que des outils de développement pour interagir avec son site Web de cartographie (Virtual Earth). D'autres éléments pourraient aussi être proposés pour utiliser des services Web de Microsoft, comme Hotmail (site de courriels) ou MSN Spaces (site de blog).

Cette approche est en un sens à l'opposé de celle du système d'exploitation vendu actuellement et qui est au cœur des ordinateurs, car le Web devient dans ce schéma le centre avec le navigateur comme pièce maîtresse : un système d'exploitation particulier n'est donc plus capital, la navigateur suffit. Sauf à lier très fortement les services Web proposés avec un navigateur, lui-même lié à un système d'exploitation dans une version particulière. Mais il n'y aurait alors plus d'interopérabilité.

L'article de ZDNet précise un point : celui de la licence d'utilisation de ces API,

La licence non commerciale autorisera 10.000 recherches par jour et par adresse internet.

Donc, il y a une limite du nombre des recherches dans la licence non commerciale retenue. Certes c'est une limite qui peut sembler élévée, mais elle peut-être atteinte. D'un autre côté, on peut comprendre la logique retenue qui consiste à proposer des API pour inciter à utiliser ses services, une démarche commerciale classique. Mais il ne s'agit pas vraiment d'ouverture, ou alors d'une ouverture conditionnelle. De l'intérêt de lire attentivement les conditions d'utilisation pour connaître les conséquences, une remarque finalement assez banale mais importante.

Sources et liens :

Les catégories «En bref» et «Synthèse»

Deux nouvelles catégories

Depuis quelques temps, deux questions reviennent :

  • Comment proposer une meilleure information sur l'actualité liée aux formats et aux protocoles ouverts (et fermés) ? Car s'il est possible de lire et de relever beaucoup d'informations (notamment via un agrégateur de flux RSS ou Atom), il est en revanche plus difficle d'écrire un article développé sur chaque sujet, cela est chronophage.
  • Comment proposer à propos d'un sujet des informations synthétisées alors qu'elles sont disséminées dans différents articles ? Il y a beaucoup d'informations dans les plus de 480 articles à ce jour de Formats-Ouverts.org : des informations à propos d'un sujet particulier (le XML d'OpenDocument, la bibliothèque numérique européenne au 30 août,...) et aussi des principes généraux (les avantages des formats ouverts, des caractéristiques importantes, les dangers des formats fermés,...).

Pour répondre à ces deux questions, deux nouvelles catégories sont disponibles sur Formats-Ouverts.org :

  • En bref : quand l'information est un peu ancienne, il y a la catégorie Myosostis. Mais cela ne suffit pas. Or « publiez ou c'est oublié » et « publier souvent » sont des règles. La catégorie En bref propose donc des informations avec un court développement.

Les formats de la PSP

La PlayStation Portable est sortie, avec ses formats

Le 1er septembre, après le report de la date initiale prévue en mars, avait lieu la sortie en Europe de la console PSP, PlayStation Portable, de Sony. Le 11 mars 2005, c'était la console portable Nintendo DS.

En plus de la guerre des consoles de salon (actuellement, entre PS2, Xbox et GameCube ; prochainement entre PS3, Xbox360 et Revolution, respectivement de Sony, Microsoft et Nintendo), il y a donc désormais la guerre des consoles portables avec la GBA (GameBoy Advance), la DS (DualScreen) de Nintendo et la N-Gage de Nokia comme concurrents. Et dans ces affrontements, les formats (physiques, électroniques ou informatiques) jouent des rôles capitaux.

Assez logiquement, direction le site Sony.fr. Rien sur le PSP n'est mis en avant, donc utilisation de la fonction Rechercher en tapant « PSP ». Et la réponse tombe... un peu surprenante :

Vous avez recherché sur ce site et sur les sites connexes : "PSP". Désolé, aucun résultat ne correspond à vos critères de recherche. (!!)

Malgré cela, « le site Web officiel » se trouve facilement avec un moteur de recherche : YourPSP.fr est son nom. Et alors seconde surprise.

Le site n'est pas vraiment un site Web, pourrait-on dire dans un format critique. En effet le format HTML ou XHTML est peu utilisé, les pages étant systématiquement en animations Flash, que ce soit pour les présentations comme pour la navigation. Cela peut se comprendre avec une approche au format « il faut impressionner », pour laquelle le Flash est assez souvent utilisé. Pourtant le HTML, et mieux encore, le XHTML, permettent aussi de faire de superbes choses animées. Et de permettre l'accès à tous et aussi l'indexation des pages. Alors, une partie aussi en HTML ?

Donc, pour parler de la PSP et de ses formats, impossible de n'avoir qu'une page Web de type Fiche de description officielle au format HTML seulement. A défaut, en voici donc une, issue de différentes sources (citées en fin d'article).

Fiche descriptive de la PSP prise sous l'angle des formats
  • Nom :
    • long : PlayStation Portable, donc une dénomination à un format qui reprend le terme PlayStation, connu et établi
    • court : PSP, un format plus percutant
  • Fabricant : Sony, une marque avec un nom à un format court, facilement mémorisable
  • Sites Web :
    • celui de Sony France ne connait pas l'existence de la PSP : format oubli ;
    • celui officiel, YourPSP.fr, ne connait que le format Flash pour ses pages Web : donc pas d'indexation ni pas d'accès par tous ; une partie des informations aussi au seul format HTML serait encore plus riche comme approche, même si le résultat ne sera pas identique, mais au moins encore plus ouvert ;
  • Date de sortie : deux stratégies possibles, avec soit le format de la sortie mondiale simultanée ou celui de l'échelonnement ; c'est ce dernier qui a été retenu : Japon (décembre 2004), puis Etats-Unis (mars 2005) et enfin l'Europe (1er septembre 2005).
  • Marketing et communication : les formats pour faire parler du produit et attirer l'attention des media et des acheteurs sont éprouvés :
    • la réservation possible dans des magasins dès juin, pour être sûr d'en posséder une dès le lancement ;
    • le 31 août dès 21h30, une soirée officielle de lancement en France, ouverte à tous, dont bien sûr la presse, en partenariat avec une radio et avec une enseigne de distribution placée sur une prestigieuse avenue de Paris (donc dans le magasin Virgin des Champs-Elysées avec Fun Radio) ;
    • mise en scène de l'arrivée des premières machines en vente à partir de minuit (semi-remorque escorté de voitures 4x4 Hummer, gardes tout de blanc vêtus,...) ;
    • la presse papier, radio, télé et en ligne largement informée par dossiers de presses ;
    • la possibilité d'être « les premiers à acheter votre PSP, dès minuit ! » ;
    • présentoirs avec accessoires, jeux et films pour PSP judicieusement placés autour des premiers acheteurs potentiels : le format de l'achat compulsif...
  • Prix : 249,99 euros, un format bien plus positif que le 250 trop sec et qui est systématiquement employé ;
  • Dimensions physiques : un format de poche, un format portable avec 270x74x23 (largeur, hauteur, épaisseur, en mm) pour 280 g ;
  • Les fonctionnalités : 4 icônes sont mises en avant dans la campagne de communication, pour 4 possibilités : jeux, video, musique, photo, c'est-à-dire une console format multi-fonction de loisirs numériques ;
  • L'écran : élément clé, son format physique est une diagonale de 4,3 pouces soit presque 11 cm au format métrique, avec un affichage en 16 millions de couleurs au format 16/9e ;
  • La connectique avec plusieurs formats :
    • une prise USB mais il faut « un connecteur Mini-B vendu séparément » ;
    • une prise pour carte mémoire, mais au format Memory Stick Duo ou Memory Stock PRO Duo : ce sont les formats développés par Sony (comme le Memory Stick, mais pas pris en charge ici) ;
    • une prise casque ;
    • une prise pour le chargeur électrique au format spécifique;
    • pas de sortie video ;
    • a priori, seule la prise casque est standard, c'est-à-dire qu'elle n'est pas propre à la seule PSP, il y a interopérabilité entre les casques audio du marché ;
  • Le support au format UMD : l'autre élément clé, c'est l'Universal Media Disk, un format de stockage propre à Sony
    • ce format de support n'existe qu'en lecture : pas d'appareil d'enregistrement d'UMD, et il n'y en aura pas selon le PDG de Sony Computer France qui répondait au journal Metro ;
    • 1,8 Go maximum actuellement, qui permettent de stocker des jeux (donc plus de format cartouche spécifique), mais aussi des video, des films, ou de la musique ;
    • les UMD Video, issus pour une part assez facilement du catalogue de films de Sony Pictures, sont « zonés » comme les DVD : un UMD Video au format Asie ne sera pas lisible au format Europe (zone 2) ;
  • Le sans fil : le format du protocole WiFi est présent, avec précisément le IEEE 802.11b, pour se connecter à des réseaux, avec la possibilité de naviguer sur le Web avec le logiciel fourni ;
  • Les formats pour le multimedia :
    • pour la video, c'est le MPEG-4, format fermé ;
    • pour le son, c'est le Atrac3plus (le format de Sony pour ses baladeurs et sur son site Web Connect de vente de musique) et le MP3, formats fermés ;
    • pour les photos, c'est le JPEG ;
  • Les formats de protection des données : ils sont indiqués dans le Glossaire officiel du site YourPSP.fr, avec
    • des DRM : « Si un téléchargement incorpore la gestion des droits numériques, elle empêche le contenu d'être copié sur plus d'un Memory Stick Duo » ;
    • le MagicGate : « Nom d'une technologie de protection contre la copie utilisée par certains types de Memory Stick Duo. »

En résumé, beaucoup de formats propres à la PSP pour n'alimenter que la PSP en musique, video et jeux. Une stratégie assez classique, depuis les lames jetables de rasoirs jusqu'aux cartouches d'encre des imprimantes.

Les formats, avec peu de formats ouverts, sont clairement omniprésents, sans même aller jusqu'à compter le nombre de fois où le mot est utilisé ci-dessus (à moins que ce ne soit une déformation que d'en voir vraiment partout).

Sources et liens :
  • Parmi les nombreux articles de la presse papier ou en ligne :

Une nouvelle prise de position importante du Massachussets

Le Massachussets opte pour le format OpenDocument et consulte

Voici une décision très importante à propos des standards ouverts, au même titre que celle de la Norvège en juin, de la Belgique en mai 2005 et en juin 2004 ou de la Nouvelle Zélande contre les DRM en juin. L'état du Massachussets a publié un document de travail (ETRM, Enterprise Technical Reference Model, version 3.5) dans lequel il annonce retenir le format ouvert OpenFormat comme son standard. Il lance une consultation à ce sujet qui s'achève le 9 septembre.

Pourquoi est-ce aussi important ? Cette décision l'est déjà en tant que telle. Mais bien plus encore, il faut la replacer dans la chronologie des évènements et préciser les différentes étapes pour vraiment en mesurer le poids. Car l'évolution est remarquable :

  • janvier 2004 : Eric Kriss, Secrétaire de l'Administration et des Finances de l'état du Massachussets lance la nouvelle politique des Standards Ouverts de l'état du Massachussets ;
  • janvier 2005 : Eric Kriss annonce la poursuite et l'élargissement de cette politique dans un excellent texte définissant précisément de vrais standards ouverts, traitant aussi des archives de son état ; une future liste de formats ouverts sera publiée ; il annonce aussi que le format XML de Microsoft Office 2003 n'est pas considéré comme un format ouvert du fait de sa licence et des brevets, mais il précise être en contact avec la société ;
  • mars : publication d'une liste de formats ouverts retenus par le Massachussets : il y a le format OpenDocument de la suite OpenOffice.org, et aussi le format d'Office 2003 qui est alors considéré comme un format ouvert par le Massachussets, un changement de la licence étant intervenu ; un appel à commentaires est lancé jusqu'au 1er avril 2005.
  • fin août : annonce du Massachussets que pour le 1er janvier 2007, il y aura :
    • utilisation du format OpenDocument ratifié par l'OASIS pour toutes les applications et les documents (textes, feuilles de calcul, graphiques, présentations, dessins), avec aussi le PDF (pour documents statiques), le texte brut et le HTML ;
    • et que « Pour assurer le maximum d'interopérabilité, il est recommandé que les extensions propriétaires à tout format XML soient évitées. » (To insure maximum interoperability, it is recommended that proprietary extensions to any XML specifications be avoided.)

Les choses sont dites clairement : pas de XML pleinement exploitable que dans un cadre logiciel dédié et particulier, pas de brevets ; les vrais standards ouverts sont retenus. Pour reprendre l'expression de Pamela Jones de Groklaw, « c'est un peu un miracle » ; c'est considérable.

Sources et liens :

Windows Vista : citation et déclaration qui laissent songeur

Deux articles sur les DRM de Windows Vista

Les DRM et Windows Vista : le duo semble se préciser comme un véritable couple, presque inséparable. Et la presse s'en fait l'écho, avec les dangers clairement pointés. Et un responsable Microsoft enfonce le clou.

Un encadré dans Joystick de septembre sur les DRM

Le mensuel de jeux video Joystick, dans son numéro 173 de septembre 2005, propose un article de 3 pages intitulé « Windows Vista Bêta 1 », signé C_WIZ. Dans le corps de l'article, les DRM sont évoqués :

Reste un certain nombre de lourdeurs avec l'arrivée annoncée de la gestion des droits numériques (DRM) dont les premiers méfaits seront visibles avec Vista.

Dans un encadré, le sujet est développé : « All your files are belongs to Billou » en est le titre (gras ajouté) :

L'autre nouveauté, redoutée par nombre d'utilisateurs, est liée à la gestion des droits digitaux (DRM), qui permettra aux créateurs de contenu de limiter l'usage qui sera fait de leurs fichiers. [...] Ne nous y trompons pas, au-delà de toutes les améliorations cosmétiques, la pilule DRM sera la plus difficile à avaler.

La technologie HDCP (High-bandwidth Digital Content Protection), un contrôle des écrans, est citée, liée à l'utilisation des HD-DVD. On pourrait ajouter le cas des câbles HDMI qui empêchent certains transferts.

« La table est déjà dressée. »

Pour compléter et confirmer cela, Marcus Mathias, chef de produit au sein de la division Digital Media de Microsoft, déclare de manière imagée dans un article de ZDNet France :

La table est déjà dressée. Nous pouvons y venir et manger au buffet, ou bien rester à l'extérieur et laver des voitures.

Ici, c'est la technologie Protected Video Path (PVP) qui est développée : protection et contrôle des sorties video vers les périphériques (écrans, videoprojecteurs,...). Elle rentre dans le cadre du Output Content Protection (OCP), le contrôle des sorties de contenu, qui inclus aussi le son (impossible d'écouter sur du matériel non-agréé, car ne sachant pas utiliser les DRM, des fichiers de musique par exemple).

Et alors

Il y a d'un côté la volonté des groupes de cinéma et de musique de protéger leurs œuvres de manière absolue. De l'autre, les utilisateurs qui sont les clients armés de leur seule décision d'achat (ou pas), même si la bataille n'est pas égale. Entre les deux, l'industrie de l'électronique et de l'informatique, propose des outils de contrôle en ne voulant pas porter seuls la responsabilité des conséquences tout en répondant à l'attente de leurs partenaires.

En fait, le rêve pour les industriels et les studios pourrait se résumer à « Un seul microprocesseur, un seul système d'exploitation, pour les gouverner tous et tout bien verrouiller » (au format Seigneur des anneaux). Mais ce n'est le rêve que pour les industriels numéro un des systèmes d'exploitation et des microprocesseurs. Pas celui des concurrents, ni celui des clients. En fait, pas de diversité, pas de choix, plus d'innovation, plus de concurrence.

Or les standards ouverts, totalement écartés, permettent la diversité et le choix, avec des innovations et donc de la concurrence. Et garantissent l'interopérabilité.

Sources et liens :

Table des billets de septembre 2005

Les 37 billets publiés en septembre

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 14 dans Général, 1 dans Palmarès, 1 dans Ressources, 5 dans En bref, 2 dans Synthèse, 4 dans Internet, 2 dans Interopérabilité, 1 dans Non-électronique, 2 dans Conférence, 1 dans Loi, 1 dans Premiers pas

  • Le 25, pas d'article, Burkina Faso oblige (voir ci-dessous)

Internet Explorer change de formats

De la version 7 et des formats qui lui sont liés

Et de trois à l'occasion de la sept... Sous ce format codé, il s'agit plus clairement de la troisième fois où des métadonnées révèlent des coulisses un peu surprenantes pour Microsoft, à l'occasion de la sortie de la version 7 d'Internet Explorer.

Ainsi, après la campagne mondiale pour Windows XP dont l'image est faite avec Apple MacOS X et après le communiqué de presse de Microsoft France réalisé également avec Apple MacOS X, voici le nouveau logo d'Internet Explorer 7 créé sur une machine Apple avec le système d'exploitation MacOS X.

En effet, les métadonnées du format Exif, qui sont ouvertes, indiquent que le logo de Windows Internet Explorer 7 publié le 12 août a été réalisé le 25 juillet avec le logiciel Adobe Photoshop CS pour MacOS X. Pas avec Windows.

Nul n'est prophète en son pays, pourrait-on dire. Ou alors que les secteurs de la communication et du marketing utilisent beaucoup de machines Apple. Mais tout de même, si cela n'était pas possible sous Windows, ce serait logique. Ou alors, format grand seigneur (voire humour)... : « il nous arrive parfois de faire appel à d'autres systèmes d'exploitation, sans voir uniquement que le nôtre comme seule solution ».

Un autre point est à souligner, dont on ne se rend pas du tout compte en indiquant Internet Explorer 7 ou IE7. L'ancien nom exact était Microsoft Internet Explorer (souvent abrégé MSIE). Pour la prochaine version 7, le nom précis est Windows Internet Explorer 7. Donc Internet Explorer n'existe plus qu'au format pour Windows, et plus précisément que pour Windows XP SP2 ; rien pour les autres Windows (XP, 2000, Me, 98), et fin définitive de la version Apple.

Certes, du côté d'Apple, il y a un navigateur maison, Safari, et sa dernière version, Safari RSS, ne fonctionne qu'avec le dernier MacOS X, 10.4 Tiger. Là aussi, la dernière version du navigateur est un moyen pour inciter au passage à la dernière version du système d'exploitation pour laquelle elle est exclusive.

Sinon, pour MacOS X, les dernières versions des navigateurs Camino, Mozilla, Firefox et Opera sont disponibles. Pas Netscape, dont la version 8 est exclusivement pour Windows. Finalement, seulement Opera, Mozilla et Firefox existent sans être exclusifs à un format de système d'exploitation (car outre Windows et OS X, il y aussi des versions Linux) et proposent la diversité. La même diversité que proposent les standards ouverts.

Sources et liens :

Police écossaise et interopérabilité

Le mélange interopérabilité-compatibilité-uniformité

La police écossaise a annoncé qu'elle allait utiliser Microsoft Windows Server 2003, Microsoft Windows XP et la suite bureautique Microsoft Office (alors qu'elle utilisait Sun StarOffice depuis 2000).

Parmi les arguments avancés, il y a comme souvent l'interopérabilité. Cet argument mérite d'être précisé, car il est souvent mal utilisé :

  • la compatibilité avec n'est pas l'interopérabilité avec : cela a déjà été signalé à propos des responsables de la suite OpenOffice.org, on ne peut pas parler d'interopérabilité avec avec Microsoft Office (ou avec un autre logiciel) : l'interopérabilité est globale, avec tous (du domaine concerné).
  • l'uniformité, n'est pas l'interopérabilité : si tout le monde utilise le même logiciel produisant des documents au format de ce logiciel, il est évident que tout le monde va pouvoir utiliser ces documents ! Mais il ne s'agit pas alors d'interopérabilité mais d'uniformité.

De plus, même si un format est qualifié de standard, ce standard doit être un standard ouvert pour une réelle interopérabilité. Si le format est fermé, pas d'interopérabilité.

Enfin, si les documents créés utilisent des DRM, cela peut soulever les problèmes de maîtrise de ses informations et ses archives comme l'a indiqué la Nouvelle-Zélande qui refuse certains produits Microsoft du fait des DRM.

L'un des meilleurs exemples d'interopérabilité est encore une fois Internet en général et le Web en particulier. On a :

  • des logiciels de création de pages Web très nombreux et différents (de l'éditeur de texte à l'outil WYSIWIG, de Vim ou Emacs à Nvu) ;
  • des logiciels de lecture de pages Web, les navigateurs, également nombreux et variés (de Firefox à Safari en passant par Internet Explorer, Lynx, Netscape, Opera, Konqueror ou Camino) ;
  • et des formats ouverts, le HTML ou le XHTML, élaborés successivement depuis plus de 10 ans par le W3C, et qui sont utilisés par les logiciels liés au Web. Il est même possible de valider la conformité de son (X)HTML par rapport aux spécifications officielles ;
  • toutes les structures (entreprises, administrations, associations,...) et les particulier qui créent des documents Web conformes au format ouvert (X)HTML ont alors des documents interopérables.

Précisions :

  • en France, dans les commissariats, c'est OpenOffice.org qui est déployé et utilisé (expérience à l'appui lors d'une déclaration de vol), tout comme dans les gendarmeries ;
  • le communiqué de presse utilise à la fois les termes « compatabilité avec » et « interopérabilité ».
Sources et liens :

Les formats et celui de la vie privée

De sa vie privée numérique

Quels sont les points communs entre les éléments de la liste suivante (ce pourrait être un jeu de l'été, format encore d'actualité comme les tournées des plages) :

  • téléphone fixe ;
  • téléphone portable avec GPS ;
  • cartes de fidélité ;
  • cartes bancaires ;
  • carte Navigo de la RATP ;
  • logiciels propriétaires et fermés ;
  • espiogiciels, portes dérobées ;
  • TPM, TCPA Palladium ;
  • imprimantes ;
  • fichiers de données des FAI et des opérateurs téléphoniques ;
  • identifiant de CD et de DVD ;
  • puces RFID ;
  • caméras de videosurveillance ?

Ces points sont cités dans un texte de Benoît Sibaud, Du respect de la vie privée et secrète du geek en milieu urbain. En effet ces différents points, d'une manière directe ou pas, peuvent servir à établir des informations sur la vie privée des personnes, sans forcément leur accord. Bien sûr ces dérives ne sont pas systématiques ni forcément le but premier, mais elles existent.

On pourrait ajouter les écrans agréés ou pas, les câbles de liaison HDMI, la carte nationale d'identité électronique, ou la vie numérique couleur DRM, mais aussi bon nombre d'outils ou de technologies : tout dépend de l'utilisation faite. Et souvent ce ne sont pas des formats ouverts qui sont derrière ces technologies.

Sources et liens :
  • Le texte Du respect de la vie privée et secrète du geek en milieu urbain, de Benoît Sibaud, site Linuxfr.org, le 18 août 2005, http://linuxfr.org/2005/08/18/19442.html
  • L'association EFF, Electronic Frontier Foundation, « Defending Freedom in the Digital World », en anglais, http://www.eff.org

Votre câble ne peut pas transférer votre film et votre musique

HDMI et HDCP sont dans un câble...

C'est un paysage assez particulier qui se dessine de plus en plus précisément, au pays du numérique où s'étendent les systèmes de contrôle et de protection (DRM) :

  • les systèmes d'exploitations des ordinateurs qui contrôlent le contenu de votre disque dur ;
  • les futurs DVD « verrouillés » ;
  • les baladeurs numériques qui ne jouent que leurs morceaux « dédiés » ;
  • les téléphones portables qui ne permettent pas d'en transférer de la musique ;
  • les écrans ou les video-projecteurs qui doivent être agréés pour afficher les DVD « protégés » ;
  • les hauts-parleurs qui ne diffusent pas le son des fichiers de musique « protégés » ;
  • les consoles de jeux qui n'accepteront que certains accessoires « certifiés ».

En fait, ce sont tous les appareils numériques qui sont potentiellement et techniquement concernés : appareils photos, caméscopes, télévisions haute définition, magnétoscopes, disques durs externes,... Sans oublier ce qui sert à relier les appareils entre eux, c'est-à-dire les câbles. Plus exactement les câbles HDMI.

HDMI signifie High Definition Multimedia Interface : il s'agit d'un format pour relier les appareils numériques et pour tansmettre les données (photo, son, video,...) en qualité numérique. Le HDMI souligne le problème des formats physiques, des supports ou de la connectique : sans prise à cette dimension, pas de lien possible (comme pour d'autres prises physiques telles que l'USB, le Firewire,...).

HDCP, c'est High-bandwidth Digital Content Protection, une spécification développée à l'origine par Intel, et commercialisée par une de ses entités, la société Digital Content Protection, LLC. Et le HDCP pose le problème du contrôle du contenu du fait de sa protection : en effet, la qualité des informations transmises par câble HDMI peut être dégradée si le HDCP n'est pas présent sur les deux appareils... On pourrait même envisager un blocage pour transfert de contenu non autorisé...

Mais alors comment se feront les transferts de données qui ont des formats ouverts ? Car ils n'ont pas de DRM, donc pas de contôle possible par exemple pour l'Ogg Vorbis (pour la musique ou la voix), le Theora (pour la video) ou le PNG (pour les images). On pourrait lire sur l'écran, dans un format un peu énigmatique : « Transfert inapropriée : veuillez vous assurer des protections de vos contenus. ». Soit, dans un format plus explicite : Ce câble vous interdit de transférer vos données !

Sources et liens :

Voir aussi les imprimantes qui ajoutent un code d'identification à chaque document papier imprimé !

Voir aussi DisplayPort et PCI Express 2 qui verrouillent aussi.

Vous devez utiliser un écran agréé pour voir ce film !

Windows Vista et les écrans

Les caractéristiques du prochain Windows Vista se précisent. Il y avait déjà 2 informations à propos des formats :

  • Vista disposera de Metro, son format d'affichage et d'impression de documents (un concurrent de PDF) ;
  • Vista utilisera Direct3D, sa technologie d'affichage (un anti-OpenGL).

Voici le dernier point en date : Vista et ses écrans. En effet, pour afficher les informations de l'ordinateur vers un écran ou vers un video-projecteur, Windows Vista vérifiera s'il est agréé en fonction du contenu à montrer : si ce n'est pas le cas, pas d'affichage.

Ainsi, les futurs DVD verrouilleront même l'affichage, en plus de la copie privée ou du transfert. Tout cela via le dispositif des DRM. Mais outre la video, cela peut s'appliquer à tout fichier (bureautique, musique, images,...).

Quant à Microsoft, il ne fait que « proposer des outils » que les studios (pour les contenus) et les industriels (pour les matériels) utiliseront ou pas. Et les technologies permettant cela, appelées PVP-OPM (Protected Media Path — Output Protection Management) concernent aussi l'audio : vous n'entendrez rien si votre carte son ou votre système haute fidélité n'est pas certifié...

Bienvenue donc dans un monde numérique couleur DRM. HP l'avait annoncé à l'été 2004, la question se posait pour les téléviseurs de la console Xbox360 : vous en avez rêvé, les DRM le font.

Quant aux formats ouverts, si vous arrivez à lire ce paragraphe et si pouvez accéder à la définition légale française, alors vous êtes en situation anormale : votre écran, votre ordinateur et vos logiciels ne sont pas agréés, vous accédez à du contenu interdit. (légère extrapolation...).

Sources et liens :

Voir aussi comment votre câble ne peut pas transférer votre film et votre musique...

Voir aussi les imprimantes qui ajoutent un code d'identification à chaque document papier imprimé !

Voir aussi DisplayPort et PCI Express 2 qui verrouillent aussi.

Le rayon bleu est verrouillé et numéroté

Le Blu-ray DVD aura des systèmes anti-copie, dont un numéro de série

Le Blu-ray DVD et le HD DVD sont les deux formats des futurs DVD video qui s'affrontent. Chacun a son consortium d'industriels, ses studios de cinéma pour fournir un catalogue fourni, ses consoles de jeux. Et chacun intègre son système de contrôle...

Tout comme le HD DVD Promotion Group pour le HD DVD, la Blu-Ray Disc Association (BDA) a annoncé le 9 août que ses DVD au format Blu-ray comporteront un système de gestion de contenu (« content management system »).

Ainsi, les DRM (des dispositifs de contrôle) placés sur les DVD limiteront les possibilités de copie ou de transfert par exemple. Mais encore plus à souligner, chaque DVD Blu-ray aura un numéro de série :

Le numéro de série peut être uniquement déchiffré par des composants matériels mis à disposition des fabricants sous licence exclusive, précise le consortium.

Le DVD ne sera donc utilisable qu'avec des matériels particuliers en plus du lecteur et des logiciels autorisés. En se procurant un DVD Blu-ray, cela implique de posséder un lecteur Blu-ray DVD (qui ne lit pas les HD DVD, et réciproquement) mais aussi d'avoir d'autres appareils ou logiciels eux aussi accrédités Blu-ray.

Pour ce qui est du droit à la copie privée et des formats ouverts, cela n'est pas à l'ordre du jour. Mais le marché aura son mot à dire comme le dit l'expression consacrée : achat ou pas de la part des consommateurs, telle est la question.

Sources et liens :

Le lecteur DVD va battre l'ordinateur et la console

L'appareil au centre du foyer numérique : le lecteur de DVD ?

Entre l'ordinateur individuel et la console de jeux, quelle sera « l'âme numérique du foyer » ?

Selon une étude du cabinet Gartner, ce sera la platine DVD. Connectée à Internet et équipée d'un disque dur, elle lira bien sûr les DVD, mais enregistrera aussi. Elle devrait occuper le centre multimedia pour les films, la télévision, la musique, la radio, les photos, les video.

L'un des avantages avancé est la facilité d'utilisation, par rapport notamment à l'ordinateur. Et pour ce qui est du délai de disponibilité sur le marché (gras ajouté) :

Le temps pour les industriels de l'informatique, de l'électronique et de l'audiovisuel de s'entendre sur des standards d'interopérabilité, et donc de pouvoir proposer des prix acceptables pour le grand public.

En fait d'interopérabilité il s'agit pour les industriels de se mettre d'accord pour une technologie utilisée par tous, comme cela a déjà été le cas pour le CD audio ou le DVD video actuel. (Mais cet accord n'a pas été obtenu pour les futurs DVD video, d'où l'affrontement entre les 2 formats HD DVD et Blu-ray DVD).

Sans oublier certainement les dispositifs de contrôle des contenus, c'est-à-dire les DRM, qui devraient sans doute avoir quelques effets sur les utilisations possibles des contenus proposés... Point de formats ouverts pour cette « interopérabilité » qui repose en fait sur un unique format.

Sources et liens :

Les machines échangent grâce au protocole ouvert IP

Le protocole IP va permettre aux machines d'échanger entre elles

La manière de dénommer les choses fait appel en quelque sorte à un format, le type de vocabulaire utilisé (soutenu, communiqué de presse, juridique,...). Cela peut donner des termes plus ou moins clairs, dans le format à la mode du moment. Voici donc le M2M.

Terme anglo-saxon, construit avec le 2 pour désigner par homophonie to (vers, à), M2M signifie Machines to Machines, soit machines vers (ou à) machines.

Après le P2P (peer-to-peer, pair à pair) qualifié de piratage alors qu'il s'agit d'un outil utilisé aussi pour échanger légalement des contenus (donc pas des contrefaçons), le M2M désigne les échanges et les communications automatiques entre machines de plus en plus connectées entre elles via le réseau Internet.

Et le M2M est appelé à se développer : les machines sont de plus en plus nombreuses (distributeurs, terminaux, capteurs,...), les connexions sont plus facilement possibles (haut débit, Bluetooth, RFID, Wifi, Wimax) et enfin le protocole Internet version 6 (Internet Protocol, ou IP, v6) est là.

IPv6 permettra d'identifier via le réseau Internet des machines et aussi des appareils divers, y compris de la vie courante (électroménager, voitures,...), pour qu'ils informent, échangent avec d'autres machines. Et IPv6 est un protocole ouvert. Sans cette ouverture, pas de développement d'Internet, et pas de M2M non plus.

(Pour sourire, il faut espérer que ces machines ne déveloperont pas des formats ou des protocoles fermés connus d'elles seules pour en arriver aux scenarii de domination des machines des films Matrix ou Terminator ! Quant à M2M, rien à voir avec le MI5, ni le MI6, ni MI2.)

Sources et liens :

La musique via SFR : formats Apple et Microsoft, pas MP3

L'offre de SFR pour l'achat de musique en ligne

La vente de musique en ligne est un des domaines où l'absence d'interopérabilité est la règle. Le dernier exemple en date, celui de SFR.

Première règle : segmenter son marché, c'est-à-dire regrouper ses clients en ensemble homogène (même profil, mêmes règles de comportement, donc d'achat) pour proposer les produits à leur bon format.

Deuxième règle : proposer de nombreuses petites variations du produit, c'est-à-dire avoir de nombreux formats légèrement différents du même produit.

Troisième règle : disposer d'un grand nombre de titres, c'est-à-dire avoir de nombreux accords avec des éditeurs au riche catalogue.

Mises en application, cela se traduit par les utilisateurs des derniers téléphones portables à qui SFR propose de la musique en ligne sous forme de « Single, Sonnerie-video, Mini-clip, Sonnerie, Tonalité » (soit 5 possibilités, 3 en audio exclusivement et 2 en audio plus video) depuis le site de vente SFR Music, qui profite d'accords avec 4 « labels » (EMI, Warner, Universal et Sony, le dernier en date) soit « 31 102 Artistes 297 620 Titres ».

Pour ce qui est des formats, « les singles ne peuvent être définis comme sonnerie », et les formats numériques des morceaux ne sont pas du MP3 (gras ajouté) :

Q : Quelle est la différence avec les MP3 ?

R : Les singles que vous téléchargez sont au format AAC protégé sur votre mobile, et au format WMA protégé sur votre PC.

Enoncé dans un format plus clair : pour les téléphones portables c'est le format d'Apple (AAC, celui des iPod) et pour les ordinateurs c'est le format de Microsoft (WMA, et « vous devez disposer de Windows Media Player version 9 ou supérieure »), avec chacun des systèmes de contrôle DRM (« protégé »).

Donc pas de jaloux entre les deux sociétés les plus présentes du marché que sont Apple et Microsoft (même si Sony et son Atrac est oublié). Et impossible de faire certaines choses avec ses morceaux, car ils sont protégés : ainsi transfert impossible de son ordinateur vers son téléphone pour une sonnerie. Et il se peut que la copie privée en gravant un CD soit difficile. La musique n'est que rarement à des formats ouverts.

Sources et liens :

«L'âme numérique du foyer»

Bientôt au centre de tous les foyers...

Quel appareil occupera la place centrale des foyers à l'ère du numérique ?

  • d'un côté les futures consoles de jeux, les « next gen » (format marketing et com') comme la Xbox360 de Microsoft, la Playstation3 de Sony ou la Revolution de Nintendo :

La console de jeux nouvelle génération promet de se transformer en serveur de divertissements, distribuant films, musique, téléphonie mobile ou Internet. Deviendra-t-elle l'élément central de l'espace familial ?

  • de l'autre, l'ordinateur individuel qui devient un « media center » avec le « triple play » (Internet , téléphone et télévision) avec les offres haut débit des fournisseurs d'accès à Internet , qui proposent pour cela leur boitier (« box ») de connexion dédié (Freebox de Free, Livebox de France Telecom, CBox de Cegetel, 9box de 9Telecom,...).

Chacune des deux solutions, avec ses partenaires des secteurs concernés (l'électronique grand public, les contenus, l'informatique), compte faire passer par elle les activités et les loisirs numériques des foyers. Encore une fois, une guerre des formats se joue et la question des formats se pose :

  • la guerre des formats avec l'incompatibilité des solutions de chaque industriel (dit négativement) ou avec l'exclusivité des services de chacun (dit dans un format plus positif) ;
  • la question des formats : lesquels seront utilisés pour la musique, la video, les films, la télévision, la radio, les photos, le téléphone, l'agenda personnel, les jeux,... ;
  • sans oublier un élément qui mérite d'être cité à part vu l'importance croissante qu'il prend : les DRM, ces droits numériques accordés pour utiliser les données numériques dans des conditions précises et avancés pour lutter contre la contrefaçon.

Dans ce contexte, les formats ouverts sont bien utiles, loués et utilisés (le courriel, le Web et Internet reposent sur des standards ouverts) ; mais a contrario ils ne sont pas du tout privilégiés pour toute une partie des données numériques, au détriment de l'interopérabilité.

Sources et liens :

Table des billets d'août 2005

Les 38 billets publiés en août

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 1 dans Palmarès, 15 dans Général, 1 dans Manifestations, 3 dans Interopérabilité, 2 dans Entreprise, 2 dans Non-électronique, 8 dans Internet, 2 dans Myosotis, 1 dans Anniversaire

L'histoire ahurissante de la compagnie de car et des conductrices de voitures

Une véritable histoire folle, et son analogie inquiétante à propos des formats et des logiciels

Parfois, la réalité dépasse la fiction, comme le dit l'expression consacrée. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'imaginer l'interdiction des navigateurs modernes, ni celle des disques durs, ni celle de la suppression de la publicité et encore moins d'interdire les améliorations. Cette fois-ci, hors de la rubrique Humour, voici l'affaire judiciaire bien réelle la « plus stupide de tous les temps », ainsi qualifiée outre-Atlantique où elle est même parvenue.

Plantons le décor. Il était une fois...

Il était une fois la société Onet-Luxembourg, située au Luxembourg et chargée du nettoyage de locaux d'institutions européennes de Luxembourg. Elle emploie des femmes de ménage, dont certaines habitent un département frontalier.

Il était une fois la société Transports Schiocchet Excursions qui assure entre autres une ligne de car entre Metz et Luxembourg. Elle permet à des employées d'Onet de se rendre à Luxembourg pour leur travail contre un abonnement mensuel de transport.

Mais ce transport collectif en car est tout de même contraignant : interdiction de parler, interdiction de manger, déplacement d'un point de ramassage fréquenté sans concertation, retards des départs des trajets retour et insultes du chauffeur si cela lui était signalé.

Face à cette situation, les employées ont réagi et se sont organisées : elles ont mis en place du covoiturage, chacune participant à tour de rôle avec son véhicule et partageant les frais. Et alors les choses se sont nettement améliorées : ambiance conviviale, plus de retard, coût moins élevé que l'abonnement mensuel et temps de trajet plus court.

Et alors ? Voici donc ce qui arriva...

Voici donc ce qui arriva déjà en 2003 et qui se répète en 2005 : la société de transport attaque en justice les femmes de ménage ! Au motif que le covoiturage est « un acte de concurrence déloyale et parasitaire ». Avec la demande de condamnation des femmes de ménage à 5000 euros d'astreinte par « infraction » constatée et aussi avec la demande de saisie des véhicules. La société Onet-Luxemboug est aussi attaquée en justice pour incitation au covoiturage, tout en étant dénigrée par Transports Schiocchet Excursions pour violation des conventions de transport.

Pour faire constater les « infractions », les voitures des femmes de ménage sont même suivies. En 2003, c'est le tribunal de Commerce de Briey qui avait été saisi et qui s'était déclaré incompétent. En 2005, c'est le tribunal de grande instance de la même ville qui est saisi. L'audience aura lieu début 2006.

Mais quel est le lien avec l'informatique et les formats ?

Dans un premier temps on peut rire de cette histoire ahurissante. Puis on peut aussi en rire jaune car elle a une valeur symbolique forte. En effet, porter ainsi en justice ce qui semble de prime abord intenable comme raisonnement est inédit. Mais justement, c'est à ce sujet qu'il y a de quoi s'interroger.

La question est en fait celle-ci : est-il autorisé de proposer une alternative à quelque chose qui existe déjà ? Cette question est redoutable et la réponse attendue par certains est « non ». Que chacune utilise sa voiture n'aurait peut-être pas gêné, mais que cela soit organisé et que l'information se soit diffusée au sein des employées est inadmissible pour la société de car : c'est le système du covoiturage qui est attaqué, car concurrent.

Mais alors quel est le lien avec l'informatique en général et les formats en particulier ? Le danger est identique : interdire de proposer un logiciel concurrent ou un autre format que ce qui existe sur le marché, avec condamnation à la clé.

Une exagération ? Hélas non, il y a des exemples passés d'actions elles aussi ainsi attaquées :

  • publier des informations sur le moyen de lire le format d'un DVD ou d'un fichier PDF légalement acquis mais réservés uniquement à un système et qui interdisent d'être lus autrement ;
  • informer de l'existence de failles de sécurité d'un programme ou d'un format.

Et il y a même des risques futurs à propos des fichiers numériques verrouillés et contrôlés avec des dispositifs techniques comme les DRM : il sera impossible d'utiliser ces fichiers (d'images, de musique, de films, de bureautique,...) ailleurs que sur certains matériels et qu'avec certains logiciels. Pas d'interopérabilité, pas de formats ouverts. Et proposer des alternatives sera interdit, car considéré comme de la contrefaçon.

Finalement, il y a beaucoup de situations proches de cette société de car qui attaque le covoiturage... Et nous, utilisateurs, sommes tous des conductrices de voiture.

Sources et liens :

Les formats Ogg et WMA DRM ont la cote

Les dépliants publicitaires et les formats audio


Les baladeurs numériques ont le vent des ventes en poupe. Que ce soit à mémoire flash, à disque dur, de différentes tailles et capacités, ou avec plus ou moins de fonctionnalités, les modèles sont nombreux. Cela est aussi valable pour les téléphones portables qui s'éloignent de plus en plus du simple téléphone pour devenir des terminaux numériques avec appareil photo voire video, lecteur de musique, carnet d'adresses, agenda, stockage de fichiers,...

Parmi les caractéristiques de ces baladeurs et téléphones, celle des formats pris en compte est importante et très souvent indiquée. Il y a bien sûr le MP3, format soumis à brevet, mais deux autres formats semblent être mentionnés de plus en plus souvent par les fabricants et même sur les dépliants publicitaires grand public :

  • le Ogg, ou Ogg Vorbis, vrai format ouvert, concurrent des formats fermés MP3, AAC d'Apple (sur son site iTunes Music Store et ses baladeurs iPod), Atrac3 de Sony (sur son site Connect et ses appareils) ou WMA de Microsoft (sur les sites FnacMusic Store, VirginMega ou MSN Music Store) ;
  • le WMA DRM : il s'agit du format Windows Media Audio avec des fichiers DRM, ainsi explicitement mentionné, ce qui est nouveau : les DRM ont pour objectif de garantir le contrôle et l'accès au fichier. Cela est en fait un verrouillage de l'utilisation du fichier (un seul type de lecteur, nombre limité de copie, limitation des transferts voire des lectures), comme on peut le vivre avec son téléphone portable ou comme on peut le rencontrer avec le CLUF de Windows XP.

En fait ces deux formats sont aux antipodes techniques. Et en amont des formats fermés se trouvent les sites Web de vente en ligne qui diffusent les formats incompatibles. L'interopérabilité en musique n'est pas encore de mise.

Sources et liens :

La publicité au format télé peut se faire du souci

La télé numérique et la publicité...

La publicité sur le Web... Il y a les fenêtres publicitaires pop-up... qui sont bloquées par les navigateurs. Il y a les bannières de publicité des sites Web... qui peuvent aussi être supprimées par des extensions dédiées. Donc, moins de publicité.

La publicité à la télévision... Il y a l'écran d'ordinateur pour Internet, auquel de plus en plus de temps est consacré, au détriment de la télé. Il peut y avoir des téléchargements illégaux qui sont débarassés de publicité, comme l'indique un article de Télérama. Mais bien pire encore, car légal et simplissime à utiliser, il y a les magnétoscopes numériques.

En effet, ces appareils sont en fait des disques durs sur lesquels sont enregistrées les émissions, avec l'aide de logiciels. Les logiciels ont de nombreuses fonctionnalités pratiques pour l'enregistrement comme pour la lecture. Avec aussi la possibilité de supprimer les passages publicitaires. D'un clic, plus de pub :

Sous plusieurs formes (platines, baladeurs multimédia, cameras...), cet "engin de la mort des annonceurs" permet d'enregistrer en temps réel la télévision, et de passer les pubs en un instant.

Et 90% des possesseurs de magnétoscopes numériques font ainsi, selon une étude récente rapportée par PC-INpact. Certes, comme la part de marché de ces appareils est encore très faible, l'impact est encore minime. Mais avec l'évolution actuelle (la baisse des prix des appareils, progression du haut débit, TNT gratuite,...) le format publicitaire à la télévision au format numérique pourrait être menacé.

Sauf à empêcher ces manipulations :

  • de manière juridique : si les passages publicitaires étaient reconnus comme faisant partie intégrante d'un programme de télévision, alors les supprimer serait une violation de l'intégrité de l'œuvre (à condition que les-dits passages soient accpetés comme tel), donc interdit et condamnable ;

Dans ces deux cas de figure, plus de formats ouverts, plus d'interopérabilité.

Sources et liens :

Modifier les images qui ont des formats «incorrects»

« Se frotter les mains tout en se mordant les doigts »

Les studios de cinéma d'Hollywood voulaient des dispositions légales pour lutter contre le vol de leurs œuvres, que les studios nomment piratage (ce terme accrocheur ne convient pas : le piratage concerne l'attaque de systèmes de traitements automatiques de l'information ; pour des sacs, des vêtements ou pour des œuvres, le terme adéquat est contrefaçon). Chose acquise, une loi a été votée. Mais dans la même loi, une clause a été ajoutée pour légaliser la commercialisation d'une technologie de « nettoyage »...

Il s'agit d'une technologie développée par la société ClearPlay qui permet de supprimer ou de modifier des scènes de films jugées choquantes : violence, nudité, vulgarité des propos... Une technologie qui propose donc de censurer les films.

Mais en appliquant cette technologie, l'œuvre est modifiée et n'est plus respectée : les auteurs s'insurgent donc contre cette disposition... qui ne peut être remise en cause qu'en remettant en cause le texte qui la contient, qui protège les mêmes auteurs et les producteurs de la contrefaçon. Le texte se mord la queue, ce que l'article de Télérama résume en « Hollywwod se frotte les mains et se mord les doigts. »

Vouloir un format politiquement correct des images, modifier le format des scènes, respecter le format de l'œuvre (3 formats non-électroniques), protéger le format numérique de la contrefaçon : ce quatuor n'est pas constitué d'éléments toujours très compatibles. Un quatuor qui repose sur le numérique et ses possibilités. Avec des formats numériques qui n'ont rien d'ouvert (avec entre autres les DRM comme ceux dans Windows XP ou ceux refusés en Nouvelle Zélande et autres verrouillages, qui ne permettront pas l'interopérabilité).

Sources et liens :
  • Article Bush pirate la loi antipiratage, de Mathilde Blottière, Télérama n°2890 du 4 au 10 juin 2005, page 22
  • Le site de la société ClearPlay, en anglais, http://www.clearplay.com

Table des billets de juillet 2005

Les 33 billets publiés en juillet

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 12 dans Général, 2 dans Myosostis, 2 dans Archivage, 3 dans Humour, 1 dans Loi, 2 dans Non-électronique, 1 dans Publicité, 1 dans Premiers pas, 2 dans Manifestations, 4 dans Internet, 1 dans Entreprise

DRM, CLUF, SP, XP et WMP : attention, textes importants (mais au format crypté) pour des formats fermés

Les DRM, les licences, Windows Update, Service Pack, XP et Media Player

Lorsqu'un texte est incompréhensible (formulations spéciales, vocabulaire spécifique, allusions particulières,...), on peut dire que son format est en quelque sorte fermé s'il est impossible de le traduire en langage clairement compris par tous.

Ainsi en est-il de prime abord pour les textes juridiques. Et quand le juridique s'applique à l'informatique, alors la complexité est bien présente, et la clarté vraiment absente. Cette situation, volontaire (pour ne pas faciliter la compréhension, avec les renvois en bas de page ou des passages en toute petite taille) ou involontaire (car il faut être précis et donc utiliser des termes et formulations pointus), peut favoriser l'absence de prise de conscience de certaines informations.

Quand vous installez ou utilisez certains logiciels, vous acceptez le texte qui les régit : la licence d'utilisation. Il en est ainsi par exemple des systèmes d'exploitation Mac OS X et Windows XP. Pour ce dernier, le texte de la licence mérite une attention particulière à propos des DRM qui peuvent fermer les formats et verrouiller les utilisations.

Les DRM sont des fichiers qui permettent un contrôle de l'accès et de l'utilisation des fichiers sur lesquels ils sont appliqués. Cela pose des problèmes d'indépendance, de contrôle et d'archivage, comme dénoncé par la Nouvelle Zélande et comme hélas vécu avec un téléphone portable. Et ces DRM sont clairement présents dans la licence de Windows XP, dénommée en français CLUF (Contrat de Licence Utilisateur Final) de Windows XP (EULA en anglais, pour End User Licence Agreement).

Parmi les nombreuses clauses du texte, il faut s'arrêter sur les points 1.2, 2.1, 8 et 9 qui traitent des DRM : le texte du CLUF Windows XP en français n'est apparement pas disponible en ligne, mais la version en anglais (EULA) indique :

  • 1.2 : des mesures techniques sont en place pour empêcher des utilisations non autorisées du logiciel
  • 2.1 : DRM. Vous acceptez que Microsoft installe sur votre ordinateur des listes de révocation de droit d'utilisation de fichiers. Vous avez aussi l'obligation de télécharger de nouvelles versions de logiciels pour lire des contenus munis de DRM si ces derniers exigent cette opération. Ne pas respecter ces points rendra impossible la lecture des fichiers munis de DRM.
  • 8 : cette licence s'applique aux mises à jour, suppléments, add-on ou aux composants de services Web de Windows XP auxquels vous avez accès via Windows XP, jusqu'à changements des clauses de la licence.
  • 9 : les mises à jour ne sont possibles que si Windows XP est identifié comme autoriser à le faire.

Pour être plus clair, le site Groklaw, dans son article du 13 juin déjà cité à propos de la Nouvelle Zélande qui refuse ces DRM, propose sa version à un format décodé :

Ainsi, ils peuvent contrôler et contrôlent déjà l'accès aux fichiers. Ils ont le droit, grâce à la EULA, d'installer des logiciels sur votre ordinateur sans vous l'indiquer. Ils peuvent collecter des informations et les partager avec d'autres compagnies, mais ils promettent que ce ne sera pas « identifiable individuellement », comme si cela signifait quelque chose à l'âge numérique. Les clauses peuvent changer à tout moment, bien sûr. Si une de leurs mises à jour ne fonctionnent pas, vous n'avez pas le droit d'utiliser la version précédente.

Les DRM dans Windows XP, de grosses interrogations à l'horizon... Avec aussi : la licence de Windows Media Player, l'utilisation du service Windows Update et l'installation du Service Pack 2 qui exigent d'accepter les DRM. Une situation dénoncée de nombreuses fois par le site Standblog, détaillée dans un article du site Uzine et expliquée dans un comparatif du site de l'ADULLACT.

On est bien éloigné des formats ouverts et de l'interopérabilité. Avec aussi des aspects liés à la vie privée.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

La Nouvelle Zélande refuse les DRM

L'exemple de la Nouvelle Zélande vis-à-vis des formats fermés par les DRM

Quand vous avez appris un nouveau mot, avez-vous constaté comme vous le relevez partout ? C'est ce qui m'arrive avec les DRM. Depuis l'annonce d'Apple utilisant Intel, il est sur mon écran radar et je relève des détails sur lesquels je ne me serais sans doute jamais penchés. Et le plus je me penche dessus, le pire c'est. (Pamela Jones, site Groklaw)

Cela résume très bien ce qui peut se passer une fois que l'on a découvert les DRM, au travers des Apple-Intel, mais aussi via des mésaventures scandaleuses avec son téléphone portable. Et où peut-on trouver encore des DRM ? Techniquement sur chaque fichier, qui sera donc contrôlé par un dispositif ou par un logiciel : fichier de musique, de video, d'image, de bureautique...

Les DRM sont mis en place pour contrôler l'accès aux fichiers. Mais si ces DRM sont écrits et vendus par une société, c'est elle qui a accès aux documents et peut même les bloquer. Plus de confidentialité.

Un cas à part est à souligner : l'attitude de la Nouvelle Zélande. Elle a réagi très fortement contre les DRM, et cela depuis novembre 2003, où la structure en charge du gouvernement électronique conseilla de ne pas activer les caractéristiques liées aux DRM dans les produits Windows Server 2003 et Office 2003 de Microsoft à cause des problèmes de confidentialité et de sécurité. Ce conseil est toujours en vigueur actuellement.

Mieux, la Nouvelle Zélande a lancé la proposition aux autres gouvernements de créer une communauté internationale des agences gouvernementales pour s'attaquer à l'introduction des DRM. La question de l'accès à long terme aux données créées avec des DRM se pose.

Et mieux encore : la Nouvelle Zélande pointe qu'il y a le risque d'être lié à un fournisseur afin de continuer d'accéder aux documents anciens. Comment constituer l'archivage des documents électroniques qui ont des DRM ?

Avant qu'une organisation installe une technologie ou un produit qui est prévu pour restreindre l'accès à leurs ressources, ils doivent estimer le risque de perdre l'accès aux ressources elles-mêmes ou d'être enfermé dans une solution qui pourrait restreindre leurs futurs choix pour une technologie ou un fournisseur.

Les fichiers avec des DRM ne sont pas à des formats ouverts. Et en Nouvelle Zélande, le format XML utilisé par le logiciel Office 2003 est en cours de brevetage de la part de Microsoft : mais les vrais standards ouverts ne contiennent pas de brevet, ni de DRM.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Myosotis : «Quand mon téléphone me traite comme un voleur»

La musique est universelle, mais vos droits dessus sont limités

Myosotis, ne m'oubliez pas : une triste expérience musicale, à ne pas ignorer juste le jour de la fête de la musique.

Vous avez acheté en ligne un morceau de musique. Une acquisition légale. Et comme ce morceau vous plait, vous souhaitez l'utiliser comme sonnerie sur votre téléphone portable. C'est votre droit, comme normalement aussi de le transférer sur votre baladeur numérique ou de le graver sur un CD Rom pour votre lecteur de voiture. Donc vous transférez de votre ordinateur vers le combiné. Et la réponse tombe : il n'y a pas de clé DRM , refus de l'utiliser comme sonnerie.

C'est l'expérience vécue par le journaliste Christophe Bardy avec son appareil 3G Sony Ericsson et son opérateur SFR :

En fait, pour utiliser mon titre fétiche comme sonnerie, la seule solution est de débourser 3€ pour un extrait, alors que le morceau complet ne m'a coûté que 99 centimes sur mon service de musique en ligne favori.

En cause : les DRM, fichiers fermés qui verrouillent les utilisations (comme en sens inverse de ce cas, acheter via son téléphone portable et transférer vers son ordinateur est interdit !). La musique est universelle, mais ici pas d'interopérabilité ni de formats ouverts.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

6 juin : Intel débarque au format de la pomme, partie 2

Apple... Intel... les loisirs numériques... les majors... les DRM...

L'annonce le 6 juin (clin d'œil historique sans doute involontaire) que les microprocessurs Intel allaient débarquer sur les machines Apple a provoqué des réactions et des analyses, aussi nombreuses que les différentes approches possibles, positives ou en négatives. Parmi les articles parus, celui de l'excellent site Groklaw recence des explications intéressantes, argumentées... et certaines peu réjouissantes.

Windows sur Apple Intel, oui. Mac OS X sur non-Apple Intel, non.

Comme Intel sera utilisé par Apple, on aura donc Mac OS X qui fonctionnera sur Intel. Alors deux questions viennnent à l'esprit :

  • pourra-t-on installer Windows sur ces Apple avec Intel ? Réponse officielle : « Nous ne ferons rien pour empêcher cela » (Phil Schiller, Senior Vice President) ;
  • pourra-t-on installer Mac OS X sur machines avec Intel mais non-Apple ? Réponse officielle : « Nous ne permettrons pas d'exécuter Mac OS sur quoi que ce soit d'autre qu'un Apple. » (Phil Schiller).

Mais pourquoi Mac OS X version Intel ne pourrait pas s'exécuter sur une machine Intel non-Apple ? Car Mac OS X vérifiera certaines choses sur les composants électroniques des matériels utilisés, qui devront avoir la « signature » Apple. Le microprocesseur ne rentrerait pas forcément en action dans ce processus : il s'agira de puces Intel sans spécificité Apple. Pour ce qui est des « signatures » Apple citées, il s'agit des DRM, des fichiers fermés de contrôle et de verrouillage.

Et si le microprocesseur jouait un rôle ? Celui de gendarme des machine Intel-Apple (ou non-Apple) ? En effet, peut-être plus encore que Windows, ce sont les microprocessurs Intel qui seront les plus répandus : sur les ordinateurs (du moins des particuliers), mais aussi dans les appareils électroniques grand public comme les téléphones, les PDA, les balladeurs, les magnétoscopes numériques et autres objets de la vie numérique ou des loisirs numériques.

Et alors, un microprocesseur pour les gouverner tous... ?

L'article de Groklaw met en avant le point de vue développé dans Wired et dans ZDNet : Apple a besoin des dernières puces Intel car les compagnies de cinéma et de musique veulent les dernières puces Intel. Car les dernières puces Intel permettent de bloquer l'utilisation de « contenus non-autorisés » (même si cela n'est pas encore activé).

Ainsi, les DRM et autres technologies de contrôle se situeraient non plus dans les logiciels mais au cœur des puces, qui ainsi baties permettraient pour les majors d'Hollywood et de la musique de protéger leur contenu (films, video, musique,...). Apple ne souhaitant pas manquer ce marché des loisirs numériques, la société se devait de passer à Intel.

Une théorie que seul l'avenir confirmera ou pas, et où le format (du microprocesseur) est doublement au cœur du sujet. On n'est plus dans ce cas au niveau des formats ouverts (ou fermés) des données ou des protocoles ni à avoir de l'interopérabilité, mais les enjeux sont identiques : votre vie numérique, vous la voulez couleur DRM ?

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Table des billets de juin 2005

Les 30 billets publiés en juin

1 dans Tables des billets, 3 dans Vie du site, 11 dans Général, 1 dans Internet, 1 dans Ressources, 4 dans Myosotis, 5 dans Non-électronique, 2 dans Interopérabilité, 1 dans Conférence, 1 dans Entreprise

  • Pas de billet les 3, 4 et 5

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Compatibilité des DRM : Real contre Apple

Real Networks propose des DRM compatibles Apple

La plate forme de vente de musique en ligne de Real Network propose d'acheter des morceaux de musique utilisables sur les appareils iPod d'Apple. Or ces appareils Apple ne savent utiliser normalement que les morceaux avec les fichiers DRM (gestion numérique des droits) d'Apple qui sont présents dans les morceaux achetés sur le site d'Apple. Real Networks propose donc actuellement une compatiblité entre ses DRM et les DRM d'Apple... jusqu'à la très prochaine modification d'Apple pour mettre fin à cette situation.

En fait, on est loin d'une interopérabilité entre les DRM, qui est à la fois une certaine aberration (les DRM ont pour objectif de limiter les utilisations) et alors qu'une vraie interopérabilité s'appuie sur des formats ouverts, ce qui n'est pas du tout le cas des DRM. La guerre des formats continue pour verrouiller ses marchés.

Autres articles sur les DRM :
Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Table des billets de mai 2005

Les 34 billets publiés en mai

1 dans Tables des billets, 2 dans Vie du site, 10 dans Général, 3 dans Interopérabilité, 1 dans Premiers pas, 3 dans Non-électronique, 1 dans Humour, 3 dans Technique, 4 dans Conférence, 2 dans Manifestations, 3 dans Myosotis, 1 Logiciel

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Formats ouverts, parfois un abus de langage

Qualifier d'ouvert ce qui ne l'est pas, et le répéter

Peut-on parler de standards ouverts à propos de formats de DRM qui sont soumis à paiement de royalties (car protégés par des brevets) ? Non, les vrais formats ouverts tels que définis par la loi française ne sont pas sujets à de telles limitations d'utilisation.

Cependant, l'abus est courant, y compris de la part de sociétés qualifiant ainsi ce qui n'est pas un vrai standard ouvert. Cela se retouve aussi dans la presse avec par exemple des industriels qui menacent de ne pas utiliser un format soit-disant « ouvert » de DRM car soumis à des licences trop élevées ! Les DRM sont par principe un format fermé, déjà maintefois traité.

C'est donc ce qui s'est produit de la part de sociétés de la téléphonie mobile trouvant les prix des licences pour la technologie utilisée trop élevés. Ils ont menacé de passer à la concurrence (Apple ou Microsoft) si le standard, abusivement qualifié d'ouvert, n'était pas moins cher. Et ils ont obtenu gain de cause : baisse des prix. Mais il ne s'agit nullement de vrais standards ouverts. Sauf qu'à répéter standard ouvert systématiquement on peut finir par le faire croire...

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Vous prendrez bien un peu de DRM dans votre téléphone

Un accord entre Nokia et Microsoft, pour le WMA et ses DRM

Cannes, 14 au 17 février 2005, salon mondial 3GSM sur la téléphonie mobile. Le lieu des annonces, des démonstrations, des stands, des nouveaux produits de la téléphonie de troisième génération avec toutes les sociétés de ce secteur.

Nokia y a annoncé qu'il allait établir un partenariat avec la société Loudeye, un grossiste américain de musique numérique. Or Loudeye utilise les technologies liées au format Windows Medai Audio (WMA) avec ses DRM, développées par Microsoft, dont il alimente le site MSN Music Store.

Ainsi, via Nokia, Microsoft s'implante sur le marché de la musique mobile. Son format fermé avec ses DRM sera présent sur les téléphones mobiles multimedia (smartphone). Avec la possibilité de rencontrer sur son mobile des limitations bien singulières à cause de ces DRM... Une stratégie qui rappelle celle utilisée pour les baladeurs :

Microsoft a une stratégie inverse, de cannibalisation. Il tente de conquérir le marché en cherchant à imposer son lecteur multimédia et sa DRM dans tous les baladeurs numériques.

Nous sommes bien éloigné des formats ouverts, avec des DRM qui le sont encore moins. L'interopérabilité n'est pas de mise non plus.

Sources et liens :

Table des billets de mars 2005

Les 41 billets publiés en mars

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 3 dans Interopérabilité, 4 dans Manifestations, 13 dans Général, 3 dans Ressources, 4 dans Conférences, 4 dans Non-électronique, 4 dans Internet, 2 dans Archivage, 1 dans Technique, 1 dans Humour

Les DRM attaquent, l'UFC les attaque

Action en justice contre Apple, Sony et leurs DRM

Les DRM, système de gestion des droits numériques, rendent les formats audio incompatibles et peuvent limiter les usages (copie, transfert,...). Les DRM sont utilisés par Apple (dans son format AAC), par Microsoft (dans son format WMA) et par par Sony (dans son format ATRAC). Des formats principalement utilisables avec leurs baladeurs respectifs, et en vente uniquement sur leurs sites.

De ce fait, pas d'interopérabilité et une situation cacophonique largement dénoncée en 2004. C'est pourquoi l'association UFC-Que choisir a décidé le 14 février de porter plainte contre Apple et Sony (gras ajouté) :

Cette absence totale d'interopérabilité entre les DRM enlève non seulement au consommateur son pouvoir de choisir indépendamment ses matériels et son lieu d'achat, mais constitue aussi un frein réel à la libre circulation des œuvres de l'esprit.

Et Microsoft ? Pas avec cette procédure, indique Julien Dourgnon, chargé de mission pour l'association, repris par ZDNet. Et ajoute (gras de mon fait) :

Apple et Sony cherchent à créer des vases clos limités et superétanches avec leurs systèmes, tandis que Microsoft a une stratégie inverse, de cannibalisation. Il tente de conquérir le marché en cherchant à imposer son lecteur multimédia et sa DRM dans tous les baladeurs numériques.

Les DRM ne sont pas interopérables ? C'est déjà ce que dénonçait un groupe de travail européen en août 2004. Les DRM sont une menace pour les libertés individuelles ? C'est aussi ce qu'écrit la Commission Européenne en janvier 2005. Les DRM ne fonctionnent pas ? Cela a été expliqué. Les DRM font parler d'eux ? Cela était bien le cas en 2004.

Face à cette situation, des sites de vente de musique en ligne existent, sans recourir aux DRM : MP3tunes.com depuis le 19 février, mais aussi neophoniques.com, audiolunchbox.com ou godon.org. Ils misent sur des formats plus ouverts car sans DRM, voire vraiment ouverts car sans brevets comme avec le Ogg Vorbis.

Sources et liens :

«Les DRM sont une menace pour les libertés individuelles»

Un document de la Commission Européenne

Les DRM sont des dispositifs limitant certaines opérations (copie, transfert) sur les fichiers qui en sont pourvus. Les DRM sont dénoncés par des associations de consomateurs, par des responsables techniques.

Nouvel élément : un document de travail du 18 janvier 2005 de la Commission Européenne, signalé et traité dans l'article Les DRM sont une menace pour les libertés individuelles de Luc Saint-Elie :

En version courte la Communauté craint que les dispositifs de contrôle n’empiètent sur la vie privée en s’adjoignant d’autres données qui ne sont pas directement liées à l’œuvre protégée, données concernant les individus.

Une situation à l'opposé des formats ouverts, et un article à lire.

Sources et liens :

Musique en ligne à des formats plus ouverts

Lancement de MP3tunes.com

Le 9 février 2005 a été lancé le site de vente de musique en ligne MP3tunes.com. Un de plus après les iTunes (Apple), MSN Music (Microsoft), Connect (Sony), FNACMusic (de la FNAC) et autres VirginMega (Virgin) ? Un de plus à proposer des fichiers musicaux à un format fermé propre à un seul type de baladeur et avec des limitations d'utilisation en raison des DRM ? Un site de plus qui enferme et donc sans interopérabilité ?

Pas exactement, puisque la volonté est clairement de se démarquer en annonçant des fichiers :

  • au format MP3 (et non pas Atrac de Sony, WMA de Microsoft, AAC d'Apple), format lisible par de très nombreux baladeurs, y compris ceux des marques précédentes (pour presque tous, Sony y vient) ;
  • sans DRM, système de gestion des droits numériques, qui limite le nombre de copies ou de transferts entre ses appareils (ordinateurs, baladeurs, CD audio, clé USB) ;
  • sans logiciel spécial, sans système d'exploitation particulier, sans navigateur privilégié.

De plus, les fichiers sont aussi proposés moins chers que les prix en vigueur et sont disponibles au sein d'un compte depuis le site une fois achetés, pour autant de téléchargement que voulu (cela évite de ne plus rien avoir en cas de perte, vol ou crash de vos appareils).

Une autre approche commerciale d'envergure donc, avec une ouverture quant à l'accès au site et des formats musicaux moins fermés, même si le MP3 n'est pas totalement un format ouvert du fait de brevets dessus. Au contraire du Ogg Vorbis, utilisé par exemple par Radio Canada. L'initiateur de cette entreprise est Michael Robertson qui a lancé MP3.com, Linspire, et SIPPhone.

Sources et liens :

Table des billets de février 2005

Les 40 billets publiés en février

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 4 dans Non-électronique, 4 dans Entreprise, 2 dans Conférence, 2 dans Loi, 10 dans Général, 8 dans Interopérabilité, 2 dans Ressources, 1 dans Anniversaire, 2 dans Internet, 2 dans Humour, 1 dans Archivage

2005 et demi-bougie

Quelques vœux

Une excellente année 2005 à toutes et à tous ! Avec pour ce qui concerne le sujet de ce site, souhaitons encore plus de formats ouverts dans les domaines informatique ou non-électronique, pour encore plus d'interopérabilité et de pérennité, bénéfique à tous. Et sans DRM, sans brevets logiciels et avec des liens hyperxtexte ouverts.

Le site

Formats-Ouverts.org a 6 mois : en une demi-année, près de 200 billets (191 exactement), plus de 47000 visiteurs différents, plus de 151000 visites ou plus d'un demi-million de pages vues, et des statistiques qui ont régulièrement augmenté de mois en mois, en décembre aussi. Merci de votre lecture, des liens hypertexte bienvenus ou des fils RSS. Bonne utilisation et vivent les formats ouverts !

Les formats fermés en deuxième partie de soirée

Le Président de la FNAC sur France 3

Mardi 14 décembre, se déroulait l'émission France Europe Express sur France 3, retransmise aussi sur France Info. L'invité était Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication. Il y était questions de deux principaux sujets, le piratage et les intermittents du spectacle. Parmi les invités, se trouvait le Président de la FNAC, Denis Olivennes.

Ce dernier, lors de son intervention, a un peu parlé des problèmes des formats de fichiers musicaux et de l'absence d'interopérabilité. Mais ces termes sont peut-être trop techniques et ont été écartés au profit de l'expression morceaux incompatibles. Et de déclarer que « pour lutter contre les aspects illégaux de la musique sur Internet, il faut proposer du légal facile à utiliser : or ce n'est pas facile, les fabricants comme Sony et Apple voulant piéger les consommateurs et garder un marché captif. »

Ce fut tout sur ce problème, alors que cela était en septembre le cheval de bataille de la même FNAC lors du lancement de son site de vente de musique en ligne, avec maintes déclarations de volonté de mettre fin aux problèmes d'incompatibilité provoqués par les fichiers de protection et de contrôle, les DRM : au point que la FNAC expliquait comment les supprimer !

Il est à relever aussi :

  • que le reste des déclarations du PDG de la FNAC consistait en une attaque forte des fournisseurs d'accès à Internet, des réseaux peer-to-peer et des internautes, ce qui n'était jusqu'ici pas le cas ;
  • que Microsoft semble avoir été oublié de la liste des fabricants cités et qui veulent « garder captif » : or c'est justement le format de Microsoft, le WMA, qui est proposé par le site de la FNAC.

Encore une fois, c'est une guerre des formats, comme récemment décrit dans un article du Monde. Une guerre sans formats ouverts.

Sources et liens :

Mise à jour : l'article Recto Verso de la rédaction de ZDNet du 17 décembre analyse aussi ces déclarations du Président de la FNAC sous le titre FNAC attack, http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39193772,00.htm

Baladeurs et musique en ligne : les rêves d'un marché fermé

Un article dans Le Monde

Un article du journal Le Monde, signé Eric Nunès, et intitulé « Baladeurs et musique en ligne : les rêves d'un marché fermé », dresse un bon tableau de la situation actuelle à propos des baladeurs numériques et de la vente de musique en ligne. Il y retrace les éléments des derniers mois à propos de l'absence d'interopérabilité dans le monde de la musique numérique : les nouveaux baladeurs Sony, le format fermé ATRAC, le lancement du site FNAC Music, l'action en justice contre Apple, les explications fournies par les industriels pour faire sauter les protections, la cacophonie des formats.

Il y aurait trois petits regrets à formuler :

  • L'article et un des deux intertitres parlent de « stratégie du support » alors qu'en fait il s'agit plus précisément de stratégie du format et même de guerre des formats : en effet, l'incompatibilité est due aux formats des fichiers (AAC, ATRAC, WMA) avec leurs DRM. On aboutit à une véritable balkanisation. Les supports (les baladeurs avec disque dur ou mémoire flash, les CD gravés) ne sont pas en cause, ils ne font que stocker les fichiers à leur format.
  • Enfin, aucune mention d'alternative à ces formats fermés n'est indiquée, par exemple le format ouvert Ogg Vorbis : il est pourtant utilisé par des fabricants de baladeurs (iRiver, Samsung) et des enseignes en parlent dans leurs dépliants (Boulanger) ou sur leur site (FNAC).

Sources et liens :

Jouez, mais avec un format de contrôle

Deux jeux qui ne vous laissent jouer qu'à leurs conditions

Novembre 2004 : deux sorties de jeux video à gros budgets avec maints renforts publicitaires et marketing, Halo 2 édité par Microsoft (développé par Bungie), et Half Life 2 édité par Vivendi Universal Games (développé par Valve).

Première apparition du problème des formats, celui de la machine pour utiliser les jeux :

  • Halo 2 est un jeu « exclusif Xbox », donc rien sans achat de la console Xbox (les consoles Playstation 2 de Sony et Game Cube de Nintendo ne savent pas lire le jeu) ;
  • Half Life 2 est un jeu pour ordinateur avec Windows (rien pour les machines Apple ou celles avec Linux), avec certaines caractéristiques techniques de puissance ou de carte graphique par exemple (machines anciennes s'abstenir) et uniquement en DVD (pas de lecteur de DVD, pas de jeu).

Second problème plus gênant, les formats de contrôle inclus dans les jeux :

  • avec Half Life 2, « Connexion Internet requise pour l'installation du jeu » indique un autocollant sur la boite : c'est un différent entre l'éditeur et le développeur qui est à l'origine de cette contrainte, avec l'acheteur pris entre les deux, et devant faire vérifier son jeu en ligne pour qu'il soit débloqué ;
  • avec Halo 2, une machine correcte tu auras, ou en ligne tu ne joueras pas : les possesseurs de consoles modifiées pour faire tourner des jeux provenant d'autres consoles par exemple se sont retrouvés avec des comptes suspendus quand ils ont essayé de se connecter à Xbox live, le service de jeu en ligne de Microsoft.

On a donc un format de contrôle de l'outil, via notamment les fichiers DRM, qui modifie la donne : vous avez un appareil ou un jeu, mais vous ne pouvez en faire que ce que le constructeur vous autorise à faire, au risque de ne plus pouvoir l'utiliser.

On est bien loin des formats ouverts, et bien plus dans le domaine du contrôle ou de « l'analyse clientèle » peu explicitée, comme récemment pour les imprimantes Lexmark ou HP.

Sources et liens :

Non-interopérabilité des formats : pas d'intervention de la justice

Pas de décision de justice pour contraindre à l'interopérabilité en musique

En cet automne 2004, en France, le marché de la musique vendue en ligne est dans la situation suivante... celle de septembre :

  • Apple vend sur son site des morceaux de musique au format fermé Apple (AAC) qui est uniquement celui de ses baladeurs iPod ;
  • Sony fait de même avec son format fermé (ATRAC) pour ses baladeurs Sony ;
  • Virgin et la FNAC vendent au format fermé WMA leurs morceaux pour les baladeurs lisant le WMA.

Donc, aucune interopérabilité, et Apple en leader. En conséquence, le site VirginMega.fr a décidé d'attaquer Apple pour abus de position dominante : Virgin voulait rendre ses morceaux compatibles avec ceux d'Apple pour être lus sur les baladeurs leader, les iPod. Chose refusée par Apple. Mais le conseil de la concurrence n'a pas estimé qu'il y avait abus de position dominante. Donc chacun reste avec son sytème de DRM.

Son système de DRM ? En effet, l'incompatibilité des différents formats fermés est dûe aux systèmes de gestion des droits numériques, les DRM, qui ne sont pas identiques entre Apple, Sony et Microsoft (qui fait le WMA). Finalement, en plus du format fermé, c'est le format de contrôle qui pose problème. Les DRM font parler d'eux...

Et Microsoft, la FNAC ou Virgin en sont arrivés à expliquer comment éliminer ces DRM pour lire les fichiers de musique sur le matériel des concurrents ! Autant utiliser un format ouvert sans DRM, le Ogg Vorbis.

Sources et liens :

Video : la guerre des quatre (formats fermés)

DivX se mêle à la bataille

Les formats sont au cœur des batailles économiques : c'est à celui qui va imposer son format généralement fermé pour s'imposer comme acteur principal, donc leader du marché concerné. Avec les formats ouverts comme concurrents. Il en est ainsi par exemple pour la bureautique (MS Office et OpenOffice.org), pour la photo (formats des fabricants et DNG), pour la musique (AAC, ATRAC, WMA, MP3 et Ogg Vorbis) ou pour la video.

Dans ce dernier secteur, on trouve d'une part le marché des futurs DVD video avec une guerre entre formats du support (Blu-ray contre HD) et guerre entre formats de la video proprement dite (WM9, MPEG,...) ; d'autre part le marché de la video à la demande via Internet. Avec là aussi cette question : à quel format ?

En lice donc pour la video à la demande (VOD, Video On Demand), 4 formats fermés :

  • celui de Microsoft, Windows Media 9 (WM9) ;
  • celui d'Apple, Quicktime ;
  • celui de Real Networks, Helix ;
  • et le dernier, le format de DivX Networks, le DivX.

Ce dernier semblait souffrir d'une mauvaise réputation, celle d'un format certes puissant, mais utilisé pour des téléchargements illégaux. Même si sa création n'a pas du tout était faite pour cela. Toujours est-il que cette image pourrait s'atténuer, avec la décision de certains studios de cinéma d'utiliser le DivX pour la video à la demande. C'est ce que DivX Networks a annoncé.

En effet, la version 6.0 de DivX devrait être encore plus performante, intégrant des brevets et sans doute proposer un système de gestion des droits numériques, les DRM. Comme ses concurrents. Pour contrôler l'utilisation faite, pour éviter le piratage. C'est une guerre de formats fermés, DRM à la clé.

Une question peut se poser : que des films, documentaires, dessins animés produits avec des fonds privés soient à des formats fermés est un choix des financeurs privés. Mais qu'en est-il de la production financée par l'argent public ? Peut-elle se retrouver à dépendre de formats fermés, avec une pérennité incertaine ? Quid du format du patrimoine de l'INA par exemple (sans parler du support physique...) ?

Sources et liens :

Baladeurs à deux formats (fermés)

Sony sait lire son ATRAC et le MP3

L'information avait été dévoilée à la mi-septembre, puis confirmée fin septembre, et voici maintenant les appareils en question : deux baladeurs Sony utilisant son format maison ATRAC et aussi le MP3. Il sera donc possible d'écouter des fichiers musicaux achetés sur le site d'achat en ligne de musique Connect (site de Sony, qui ne propose que son format ATRAC), et aussi les fichiers au format MP3.

Une petite ouverture, pas vraiment d'interopérabilité, et toujours des fausses notes dans la guerre des formats de musique. Mais finalement, DRM oblige, toujours deux formats qui ne sont pas des formats ouverts. Alors que les baladeurs proposant le format ouvert Ogg Vorbis existent (iRiver, Rio) et des enseignes en parlent (Boulanger) ou l'explique (FNAC).

Source et liens :

Un studio pour un format

20th Century Fox adopte le Blu-ray

Quel sera le format de lecture des futurs DVD (indépendamment du format du contenu) ? Deux formats s'opposent, le Blu-ray et le HD, avec chacun son groupe d'industriels rassemblés en consortium, dont Sony, LG, Panasonic, Philips, Sharp pour le premier (au sein du BDF, Blu-ray Disc Founders) ; et Toshiba, Sanyo, NEC pour le second (au sein du HD-DVD).

Mais quel contenu proposer sur ces futurs DVD ? De la video par exemple, donc des films : il est ainsi capital qu'un détenteur d'un gros catalogue s'allie à l'un ou à l'autre des groupements...

Et le 4 octobre dernier, le studio 20th Century Fox a annoncé son ralliement au BDF, donc au format Blu-ray. Soit une collection importante de films. Il faut aussi y ajouter le catalogue de la Metro Goldwyn Mayer, racheté par Sony. Avec les futurs Playstation 3 (de Sony), capables de lire les Blu-ray.

Outre la guerre pour imposer son format, c'est aussi la guerre pour avoir des contenus. Contenus à des formats (son, video,...) qui ne sont pas ouverts, avec aussi la volonté d'avoir un "environnement sécurisé" (déclaration du président de la Twentieth Century Fox Home Entertainment). Donc des DRM.

Sources et liens :

Rendre compatibles les fichiers qui rendent incompatibles !

Les DRM interopérables ?

Un fichier (musical ou video ou autre) "protégé" contre le piratage, c'est :

  1. le fichier des données (son, image, texte,...), généralement dans un format fermé ;
  2. un fichier de limitation des droits (de copier, de graver, de transférer), le DRM.

Donc, pas d'interopérabilité : un fichier de musique acheté sur iTunes, ne sera pas lisible sur un balladeur Sony ni sur un lecteur ne connaissant que le format WMA ! Une situation largement dénoncée. Une des deux origines de l'incompatibilité : les DRM, qui ne sont pas les mêmes. La seconde : pas de formats ouverts des données.

D'où l'idée de rendre compatibles entre eux les DRM. C'est ce que veulent certains industriels qui se sont regroupés au sein du consortium Coral (HP, Sony, Philips, Samsung, Matsushita, Twentieth Century Fox et Intertrust). Mais, deux absents : Apple, qui a sa technologie DRM, et Microsoft, qui a la sienne. Mais cela ne règle pas le problème posé par les DRM, qui ne fonctionnent pas.

Toujours est-il que ce projet de comptatibilité des DRM est souhaité par l'Europe selon un rapport de l'été dernier. Les DRM continuent de faire parler d'eux...

Source et liens :

Les DRM font encore parler d'eux...

Cela continue...

Les DRM, ces système de gestion de vos droits sur un fichier (limitation des copies, des transferts, des gravures,...), sont un sujet au centre des problèmes de formats et d'interopérabilité. L'actualité récente les a mis en lumière :

Nouvelle illustration : les DRM et les liberté individuelles, avec leur remise en cause du droit à la copie privée (envisagée dans la directive EUCD) et leur atteinte aux respect de la vie privée (vérification systématique en ligne de ce qui est lu). C'est ce que des associations de défense de la vie privée et des consommateurs dénoncent auprès de la commission européenne.

Sources et liens :

Les fausses notes des formats fermés de musique dénoncées

"Musique : le grand bond en arrière"

L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir se penche sur le dossier de la musique numérique. Elle dénonce l'incompatibilité des baladeurs numériques avec les fichiers achetés sur les sites de vente en ligne. Et elle envisage une action en justice. Ceci, notamment suite à l'ouverture du site FNACMusic le 18 septembre, qui a déclenché beaucoup de réactions.

Le dossier, depuis l'achat en magasin (où le vendeur ne prévient pas) jusqu'aux tests depuis les sites, est en ligne, sous le titre "Musique : le grand bond en arrière". Les DRM sont notamment en ligne de mire.

L'absence d'interopérabilité devient un sujet d'actualité, en tout cas pour la musique. En espérant de voir les formats ouverts pris en compte aussi dans ce secteur, comme le Ogg Vorbis.

Sources et liens :

"Les DRM ne fonctionnent pas."

"Nous vous avons menti."

Voici deux textes à lire qui dénoncent, sous forme humoristique mais sérieuse, les DRM, ces fichiers de protection numérique, responsables d'une partie des problèmes d'interopérabilité entre fichiers (notamment musicaux, illustrés à propos du site FNACMusic).

Le premier est un long texte d'une conférence donnée par Cory Doctorow, de l'EFF, le 17 juin, au Microsoft Research Group. Il y annonce en introduction :

"Je suis ici pour vous convaincre que :

  • les DRM ne fonctionnent pas ;
  • les DRM sont mauvais pour la société ;
  • les DRM sont mauvais pour les affaires ;
  • les DRM sont une mauvaise direction pour Microsoft." (...)

Le second texte, plus court, de Janne Jalkanen, est inspiré du premier ci-dessus : il s'agit d'une lettre de l'industrie de l'informatique à l'industrie des loisirs... qui annonce d'emblée :

"Nous vous avons menti." (...)

Sources et liens :

Formats de musique : le JDD, les DRM et le PDG

Encore les suites de l'ouverture du site FNACMusic

L'ouverture du site FNACMusic et l'incompatbilité des fichiers qui y sont vendus avec les baladeurs Sony et Apple provoquent des réactions et permet d'avoir des précisions.

Article du Journal Du Dimanche (JDD) du 19 septembre, "Musique mic-mac sur internet" de Yann Philippin (page 19)

(...) Imaginez que Sony, la maison de disque de Francis cabrel, Jean-Jacques Goldman ou Céline Dion, ouvre un magasin qui ne vendrait des CD uniquement lisibles sur des platines Sony. Ou encore que les disques vendus à la FNAC ne fonctionnent que sur les chaînes hi-fi estampillés "compatibles FNAC". Absurde ? C'est pourtant la situation à laquelle font face les internautes qui achètent de la musique sur le web. (...) (la mise en valeur a été ajoutée)

On apprend aussi dans un article de ZDNet que les DRM, ces protections numériques sur les fichiers, existent en version allant d'un indice 150... à 2000 ! Et c'est l'indice 1000 qui est celui que les maisons de disque demanderait, limitant les transferts ou les conversions dans d'autres formats (sauf à contourner cela comme l'explique la FNAC et comme l'expliquait Microsoft sur son site MSN Music Store). Donc pas d'interopérabilité.

Question : que permet le DRM 2000 ? Seulement de lire quelques instants un fichier avant qu'il ne s'autodétruise ? Et ces DRM sont sans aucun doute applicables sur tout fichier, de musique, de bureautique,...

Enfin, le PDG de la FNAC, Denis Olivennes, s'exprime ce 21 septembre :

"Nous estimons que les constructeurs de baladeurs, en rendant incompatibles leurs différents systèmes, piègent les consommateurs."
"Je suis persuadé que comme pour la vidéo, on parviendra à un standard de téléchargement commun. C'est pourquoi nous mettrons tout en œuvre pour qu'ils changent d'attitude."

Question : quel standard de la video ?

  • s'il s'agit des formats video sur le Web, il y a entre autres WMV, Quicktime ou Real Video. Donc pas de standard ouvert.
  • s'il s'agit des formats VHS et Betamax du début des années 80, ce n'est pas un consensus qui a été de mise...
  • s'il s'agit des video sur les futurs DVD Haute Définition, on a deux formats physiques et deux formats de codage video....

Espérons que ce que la FNAC compte mettre en œuvre ira vers une réelle interopérabilité. Mais cela ne semble pas aisé.

Sources et liens :

Nouveau site de vente de musique, et toujours la guerre des formats

FNACMusic ouvre, et toujours pas d'interopérabilité

Les ouvertures en France de sites de vente en ligne de musique se sont succédées : VirginMega en mai, Apple iTunes Music Store en juin, Sony Connect en juillet et enfin FNACMusic ce 18 septembre.

Quatre sites donc, mais avec trois formats incompatibles (AAC d'Apple, ATRAC3 de Sony, WMA de Microsoft) et des balladeurs incompatibles aussi a priori, dédiés à chaque format (les iPod pour iTunes Music, les appareils Sony pour Connect). Plus les DRM qui limitent les utilisations (gravures et transferts personnels en nombre limité), et avec le MP3 en format permettant de passer outre les protections, comme expliqué par Microsoft sur son site (mais retiré depuis) et aussi par la FNAC (avec affichette à l'appui).

Pourtant l'accueil général dénonce de plus en plus cette guerre des formats et ce verrouillage (les mises en valeur ont été ajoutées) :

ZDNet le 16 septembre :

(...) Actuellement, les fichiers téléchargés sur iTunes Music Store d'Apple, numéro un du secteur, ne peuvent être lus que sur son baladeur iPod (et bientôt celui de HP). Une stratégie de verrouillage également retenue par Sony. Finalement, l'interopérabilité ne sera pas au menu de Fnacmusic. (...)

Libération le 17 septembre :

(...) Réclamées par les maisons de disques, les mesures de protection contre la copie visent à limiter le piratage. Inconvénient : une guerre des formats fait rage, notamment sous l'impulsion d'Apple qui refuse d'ouvrir sa technologie à tous et se sert de son magasin en ligne (Music Store) pour doper les ventes de son baladeur iPod. Impossible, par exemple, de transférer une chanson achetée sur le site de VirginMega sur l'iPod. Un micmac qui rappelle les errements des débuts de la cassette vidéo, quand les formats VHS et Betamax se disputaient les faveurs des consommateurs. (...)

20 Minutes le 17 septembre (une page entière, de Christophe Séfrin) :

(...) Explications : en contrepartie de la vente en ligne, les maisons de disque appliquent à chaque morceau une DRM, une sorte de clé contrôlant le nombre de copies et de transferts du fichier. Une précaution qui n'est pas sans poser des problèmes : cette clé ferme aussi les portes à certains balladeurs.(...)

France-Info le 18 septembre :

(...) Cependant, la Fnac n'a pas réussi à lancer le site ouvert à tous qu'elle espérait. Les possesseurs de baladeurs Apple et Sony ne pourront pas écouter la musique de Fnac.com. La faute à qui ? Aux fabricants et aux maisons de disques, selon la Fnac. La bataille des formats numériques bat son plein.(...)

Finalement, le CD acheté chez son disquaire, un passage au format Ogg Vorbis, format vraiment ouvert, et transfert sur un balladeur qui prend en compte ce format. Le "format vinyl", qui était de nouveau aussi proposé par certains artistes, risque de rencontrer des adeptes, ou d'attirer les foudres des éditeurs car impossilble d'en limiter l'utilisation personnelle.

Sources et liens :

Un éditeur explique comment supprimer les protections des fichiers de ses concurrents...

...et aussi les siennes !

Les fichiers musicaux commercialisés sur les sites de vente en ligne de musique utilisent des formats propres aux matériels qu'ils préconisent, avec des protections liées aux DRM.

Ces DRM limitent l'utilisation des fichiers musicaux : copie impossible ou qu'en un certain nombre ; transfert interdit ou limité (sur téléphone portable, balladuer numérique, ordinateur) par exemple.

Mais un problème se pose : la musique, langage universel, achetée chez l'un est inutilisable avec le matériel d'un autre (celui qui n'est pas le partenaire). Pas d'interopérabilité, on ne peut écouter le morceau que dans certaines conditions. Une vraie cacophonie des formats.

Alors comment faire, notamment face aux leaders du secteur du balladeur numérique (les iPod d'Apple) et celui des sites de vente de musique en ligne (l'iTunes Music Store d'Apple) ? Et bien en expliquant comment passer d'un format à un autre, et en supprimant ainsi les DRM !

C'est ce que Microsoft indiquait sur son site de vente de musique en ligne, lancé la semaine dernière, MSN Music Store ! Comment passer du format WMA et ses DRM (de Microsoft) au MP3 utilisable sur les iPod. Procédure aussi valable avec le format AAC et ses DRM (d'Apple), ainsi que pour le format ATRAC et ses DRM (de Sony). Mais procédure qui se retourne contre celui qui les explique.

Les DRM et les multiples formats audio ne vont pas favoriser l'interopérabilité... A contrario, le format audio Ogg Vorbis est un format ouvert.

Sources et liens :

Table des billets de septembre 2004

Les 31 billets publiés en septembre

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 13 dans Général, 1 dans Ressources, 2 dans Conférence, 3 dans Internet, 1 dans Non-électronique, 6 dans Interopérabilité, 1 dans Logiciel, 1 dans Technique, 1 dans Premiers pas

Les formats des futurs DVD video

Encore les futurs DVD

Quand on veut lire un DVD, trois formats différents interviennent :

  1. le format physique : diamètre, épaisseur, masse, pour ne pas avoir autant de format de DVD que de lecteur (ce format est typiquement un format non-électronique, comme un format normalisé et ouvert de taille de t-shirt, de papier,...) ;
  2. le format de lecture du support DVD, indépendamment de son contenu : et là, deux formats s'opposent, le Blu-ray et le HD, avec chacun son groupe d'industriels ;
  3. enfin le format des fichiers présents sur le DVD : fichiers texte, fichiers image, fichiers audio, fichiers video,...

Dans le cas des fichiers video, l'un d'eux est le WMV, Windows Media Video. La dernière version de ce format, la 9, a été retenue par le DVD Forum comme format video possible du futur DVD video. Le coffret DVD du film Taxi 3 a ainsi proposé sur le troisième DVD la version du film au format WMW.

Cette adoption va dans le sens du MTECG. Mais pas dans celui des formats ouverts. Car c'est un format fermé, comme le sont déjà le MPEG ou le DivX ; et avec DRM à la clé.

Sources et liens :

Votre vie numérique, vous la voulez couleur DRM ?

Des DRM partout et pour tout

Une des grandes expressions du moment, qui certes recouvre aussi une certaine réalité, est "la vie numérique". Avec "la convergence numérique" (oublions l'adjectif "digitale", ici terme anglais et faux ami, qui est utilisé par une grande enseigne verte française pour l'un de ses magasins spécialisé dans le numérique... mais qui n'a pourtant rien à voir avec les empreintes).

L'idée est la suivante : tout est numérique (ou presque), tout doit être interconnecté, sans fil (donc si possible avec le mot "wifi"), avec un élément central : le "concentrateur" ("hub numérique") qu'est l'ordinateur de la maison. Sur, et autour de ce point central, on trouve donc :

  • connexion Internet "haut débit", ou "très haut débit" ;
  • grands écrans ("LCD" ou "plasma") et rétro-projecteurs pour le "home cinema" et pour "la télévision via Internet" ;
  • borne wifi, pour "être branché mais sans fil" ;
  • appareils photo et camescopes numériques, pour "pouvoir immortaliser chaque instant" ;
  • balladeurs numériques, pour disposer "de toute sa discothèque" ;
  • agendas numériques, pour "tout avoir au creux de la main" ;
  • téléphones fixes et portables, pour "toujours rester en contact" ;
  • consoles de jeux, pour ses "loisirs numériques" ;
  • sans oublier imprimantes, scanners, webcam, lecteurs multimedia (pour CD audio ou de données, pour DVD) ;
  • voire avec disques durs externes ou ordinateurs portables, pour être totalement "nomade".

(La liste ci-dessus écarte volontairement le graveur (de CD ou de DVD), outil à l'utilisation potentiellement suspecte... En revanche y ajouter la carte bancaire, élément indispensable à la panoplie, pour les paiements des achats "en ligne".)

Tout cela est donc la coquille, les tuyaux. Mais en restant vides, il n'y a aucun intérêt. Il faut "du contenu". Et même "du contenu à valeur ajoutée", voire "à très forte valeur ajoutée". Des services "exclusifs", comme le téléphone "sur IP", la télévision, la video, le cinéma ou la musique, le tout "à la demande".

Ces contenus, notamment de cinéma (ou de télévision) et de musique, sont en fait des fichiers avec les données à un format. Mais pas un format ouvert, plutôt un format fermé dans ce domaine du multimedia (comme proné par certains acteurs, comme le METCG).

Mais ces contenus ne peuvent être diffusés sans contrôle, pour lutter contre le piratage. Donc les DRM (Digital Rights Management) sont là : la gestion numérique des droits doit permettre de contrôler, pour empêcher le vol, ou l'utilisation jugée illicite (comme transférer sur son balladeur un fichier de musique acquis depuis son téléphone portable...).

La solution : mettre des DRM sur chaque appareil de "la chaîne numérique" ! Et quand on est "un grand industriel" produisant presque chaque maillon (ou alors "en partenariat exclusif"), "acteur majeur de son secteur", "établi et reconnu" (voire mondialement), rien de plus logique, "en concertation avec les autres acteurs du secteur", comme "les fournisseurs de contenu" (musique et cinéma).

Donc des DRM sur les balladeurs, sur les hub numériques, sur les écrans... C'est ce qui a été annoncé cette semaine par HP. Qui ne sera certainement pas le seul à le faire. Des DRM et donc pas d'interopérabilité ; avec par exemple les films de certains studios lisibles qu'avec certains matériels et certains logiciels.

Et demain, que sera-t-il possible de faire, sans DRM et librement, avec un outil numérique ? Quelques scenarii ont déjà été écrits pour décrire un futur bien peu enthousiasmant...

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Un trio convoité

DRM, XML et brevets

Il y a de plus en plus d'utilisateurs d'Internet (et à haut débit), avec entre autres les fichiers musicaux et video. Que les industries du cinéma et de la musique souhaitent protéger en limitant les copies, les transferts, les droits d'utilisation, pour lutter contre le piratage et asseoir le marché des loisirs numériques. Donc il est placé sur ces fichiers un format de gestion des droits (DRM, Digital Rights Management).

Cette technologie des DRM n'est pas développée ex nihilo, et certains se basent sur l'un des formats ouverts les plus puissants, le XML. D'où le XrML, "eXtensible rights Markup Language (TM)" développé par la société Content Guard. Qui utilise des standards ouverts. Et qui propose les spécifications. En s'enregistrant. Mais ce XrML utilise des brevets. Et le portefeuille de brevets utilisés devient alors le point essentiel des DRM.

D'où l'intérêt d'acteurs importants de l'industrie du cinéma et de l'informatique pour cette technologie. Time Warner et Microsoft ont ainsi décidé de racheter la société Content Guard. Ce qui provoque l'examen des services antitrusts de la Commission Européenne.

Alors les films de Time Warner visibles que sur des appareils avec Windows comme soutenu par le MTECG ? Pourtant l'Europe souhaite plus d'interopérabilité des DRM.

Sources et liens :

Pire qu'un format fermé, un format de contôle

Les DRM sous Linux

Martin Fink, vice-président Hewlett Packard pour Linux, a donné une interview lors du salon LinuxWorld de San Francisco début août. Il y parlait de différents points, dont celui du nombre de licences de logiciels libres. C'est ce point qui a été repris par exemple dans un article publié sur le site Linuxfr.

Mais il y citait aussi le problème des DRM sous Linux, qu'un article du site Silicon.fr développait, repris par le site Toolinux.com.

Qu'en est-il ? Les DRM sont les Digital Right Management, ou gestion des droits numériques. Il s'agit d'inclure au fichier au format fermé (son, video notamment) un élément pour contrôler l'utilisation faite de ce fichier : ne permettre qu'un nombre limité de copies voire de lectures, ne permettre une lecture que sur certains supports... Certaines restrictions donc...

Concrètement par exemple : j'achète légalement un morceau de musique... uniquement lisible 18 fois... uniquement sur mon téléphone portable de marque X... non-transférable ailleurs (mon balladeur, mon ordinateur, un CD Rom gravé). Du fait des DRM.

Or ces DRM ne sont pas à un format ouvert. Pas d'interopérabilité, même si elle est souhaité au niveau européen. Le site EUCD.info dénonce aussi cette situation.

Sources et liens :

La balkanisation musicale continue

Encore un accord "exclusif"

L'Europe souhaite à terme l'interopérabilité, notament des DRM, selon un rapport officiel.

Mais la réalité dans le secteur de la musique est bien différente :

  • d'une part pour les balladeurs numériques, les formats utilisés par les différents protagonistes ne sont utilisables qu'avec leurs matériels et logiciels ou celui de leurs partenaires ;
  • d'autre part pour les téléphones portables, nouveau marché, les accords exlusifs entre sociétés continuent : après Apple et Motoralo (musique sur les téléphones... Motorola), le dernier en date est celui entre Loudeye/OD2 et Nokia (musique uniquement sur les téléphones... Nokia !).

Et pour parfaire le système, le morceau acquis sur son portable depuis le site de l'éditeur partenaire... ne sera utilisable que sur celui-ci et non-transférable. Comme pour les SMS, hors du support physique téléphonique, point de salut.

Quant aux tentatives d'interopérabilité sans accord, comme celle de Real Networks, elles sont rejettées --- au contraire de l'accord Apple et HP (pour un iPod signé HP).

Un retour prochain de l'achat classique en magasin du CD audio puis du transfert sur la bonne vieille cassette audio du bon vieux balladeur non-numérique ? Il n'y a pas dans ce cas beaucoup de formats (physiques) différents.

Sources et liens :

Un rapport européen sur (et pour) l'interopérabilité

HLG et DRM : la commission européenne préconise l'interopérabilité

Un groupe de travail européen, le High Level Group (HLG), vient de publier un rapport à propos de la gestion des droits (DRM, Digital Rights Management) et des problèmes qu'ils posent (notamment la non-interopérabilité des différents systèmes développés par chacun avec leur format audio et leur DRM propres).

Intitulé "High Level Group on Digital Rights Management", le rapport de 19 pages en anglais préconise la mise en place d'une interopérabilité --- ce qui est assez logique quand on constate la situation.

Un très bon article d'Estelle Dumout publié sur ZDNet le 3 août, "DRM et redevance sur les supports vierges : gare à la double taxe des œuvres numériques", analyse le document, avec notamment l'appel à commentaires et la nomination de deux experts français.

Sources et liens :

Feuilleton de l'été : trois sociétés et un couffin

Le petit iPod attire les convoitises avec ses formats fermés bien gardés

L'iPod, balladeur numérique créé et commercialisé par Apple est l'objet de convoitises. Il est décliné en plusieurs versions, il est leader du marché, objet emblématique de la musique numérique et il génère des ventes pour Apple.

En effet, il permet de diffuser le logiciel gratuit iTunes d'Apple, en version MacOS X ou Windows. Mais surtout, il ne fonctionne qu'avec ce logiciel, que depuis le site iTunesMusic Store (vente de musique) et qu'avec l'iPod (vente du produit).

Point d'interopérabilité donc. Les morceaux au format fermés d'Apple sont là pour conserver sa position. Avec le format proprement dit (le AAC) et la couche liée à la gestion des droits numériques (les DRM, Digital Rights Management). Le tout bien conservé comme avantage concurrentiel.

Mais cette situation et les recettes engendrées attirent logiquement les concurrents.

Ce fut tout d'abord fin juin le site VirginMega.fr, site uniquement accessible avec le trio Windows-InternetExplorer-Windows MediaPlayer (dernière version), qui accusa Apple d'abus de position dominante.

Fin juillet, c'est au tour de RealNetworks d'attaquer, en rendant compatible son service de musique en ligne avec l'iPod. Sans avoir obtenu de licence des DRM d'Apple.

Réaction d'Apple : "une pratique de pirate". Et une action en justice est envisagée.

Enfin, fin juillet, Apple signe un accord avec Motorola, en plus de celui déjà arrêté avec HP, pour qu'il utilise officiellement sa technologie.

Entre Motorola, Real et Apple, la guerre pour l'iPod est lancée. Via ses formats. La musique numérique n'est vraiment pas accessible facilement.

Sources et liens :

Table des billets d'août 2004

Les 32 billets publiés en août

1 dans Tables des billets, 1 dans Vie du site, 5 dans Interopérabilité, 2 dans Ressources, 1 dans Manifestations, 8 dans Général, 4 dans Technique, 5 dans Non-électronique, 2 dans Internet, 1 dans Conférence, 2 dans Publicité

En musique, c'est la cacophonie des formats !

Deux articles de ce jour tirent la sonnette d'alarme à propos des fichiers de musique.

Un fichier de musique brut, c'est lourd. Donc il faut le compresser. Surtout si on veut le faire circuler. Et encore plus le vendre, car le marché de la musique numérique est en pleine explosion. Mais le vendre avec le matériel pour l'écouter est encore mieux. En liant ce matériel d'écoute aux fichiers musicaux. L'un ne va pas sans l'autre.

C'est ce qui se passe dans le secteur de la musique numérique : il y a des formats qui donnent des fichiers lourds et il y a des formats compressés (mais avec altération de la qualité musicale) qui donnent des fichiers plus légers. Et ces fichiers plus légers permettent de stocker plus de musique sur les appareils d'écoute. Mais seulement pour les appareils qui peuvent lire les fichiers aux formats compressés retenus.

Ainsi, le nerf de la guerre est le format. Qui doit aussi permettre la gestion des droits numériques (les DRM : Digital Rights Management). Donc le format est fermé. Pas de standard ouvert.

Quatre couples format-non-ouvert/appareil s'affrontent actuellement :

  • le format AAC et les iPod d'Apple
  • le format ATRAC et les matériels de Sony (et quelques autres qui savent lire le format ATRAC)
  • le format WMA, format de Microsoft, et les appareils qui l'utilisent (comme ceux Philips par exemple)
  • le MP3, format plus ouvert mais avec brevet, utilisé sur de nombreux appareils

Face à eux, un format réellement ouvert, le Ogg Vorbis (qui n'utilise pas de technologie brevetée), utilisé par les matériels iRiver par exemple.

Alors, les formats vraiment ouverts comme solution pour régler cette foire d'empoigne et permettre l'interopérabilité ? Ce serait à souhaiter.

Articles de Florent Latrive dans Libération du 13 juillet :