Pour les formats ouverts !

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2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


"Le numérique n'est pas éternel" (Emmanuel Hoog, PDG de l'INA)

L'article L'INA a la mémoire qui flanche de Sophie Bourdais (Télérama n°2843 du 7 juillet 2004, page 64 à 66) souligne les problèmes rencontrés par l'Institut National de l'Audiovisuel pour passer au numérique... et pour le conserver.

Tout d'abord, l'INA doit transformer ses données analogiques en numérique :

Notre mémoire télévisuelle est en péril : les films et les bandes videos résistent mal à l'épreuve du temps. On estime entre douze et quinze ans l'espérance de vie des films, menacés par le "syndrome du vinaigre", et six ans celle des divers formats vidéo qui se sont succédésde 1962 à 1990 (...). Plus inquiétant encore, beaucoup de ces documents n'existent qu'en un seul exemplaire, et on ne trouvera bientôt plus de machines pour les lire. Avec un million sept cent mille heures d'archives radio et télé analogiques menacées de disparition, l'institut national de l'audiovisuel s'est lancé, dès 1999, dans une véritable course contre la montre pour sauver ce patrimoine en péril.(...)

Ensuite, ses stocks numériques doivent être conservés, en évitant de ne plus pouvoir les lire et en empêchant leur dégradation :

Dans une salle ultra-sécurisée, deux grosses "bibliothèques" informatiques stockent les programmes numérisés. Elles n'ont que trois ans et sont déjà pleines. L'une et l'autre renferment plus de mille six cents cassettes, qui contiennent chacune quarante-sept heures d'émission. Une troisième, plus petite et plus récente, contiendra à terme mille sept-cent cassettes d'un nouveau standard, Sony ne fabriquant déjà plus le précédent ! C'est un processus sans fin. On va bientôt devoir faire migrer le contenu des deux premières "bibliothèques" dans la troisième, constate Bernard Rocher, responsable du SNC (projet Sauvegarde Numérisation Communication).(...)

Avant même le problème du format numérique retenu, c'est bien :

  • le problème du format physique de stockage de ces données numériques qui est crucial : comment lire des supports dont on n'a plus les lecteurs ;
  • le problème de l'entretien de ces stocks numériques : même les supports numériques subissent des dégradations, des altérations, que l'on doit éviter avec plusieurs exemplaires, régulièrement recopiés.

Et cela pour l'INA comme pour les autres structures qui ont (ou auront) des archives numériques. (Merci à Tristan pour avoir signalé l'article).

Plus fort que les formats ouverts électroniques !

Comment conserver des informations pour au moins 300 ans ? Quel format de données retenir pour les archiver à long terme ?

Ces questions se sont posées au centre d'enfouissement de déchets radioactifs de la Manche, qui doit conserver les informations concernant son stockage.

Les responsables n'ont pas choisi un format ouvert. Ils n'ont pas choisi un format fermé. Ils n'ont pas retenu de logiciel : en fait aucun élément informatique. Les informations sont... sur papier, imprimées !

Certes, il s'agit d'un papier spécial, dit papier permanent, avec une encre spéciale pour ne pas se dégrader. Conservé dans des conditions favorables (température, hydrométrie) et en plusieurs exemplaires en des lieux différents (ici deux, Châtenay-Malabry et Fontainebleau).

Alors, le format ouvert le plus pérenne à long terme serait-il l'imprimé, avec le papier comme support et les yeux comme élément de lecture ?

En tout cas, dans cette situation bien particulière, pour assurer une pérennité la plus absolue à propos d'informations cruciales, il faudrait conserver chaque élément de la chaîne :

  • le fichier avec un format (ouvert de préférence, même si cela n'est plus alors aussi important) ;
  • le support mémoire (disque dur, CD Rom, DVD,...) et veiller qu'il ne se dégrade pas ;
  • le logiciel utilisé pour créer le fichier ;
  • le système d'exploitation de la machine et les autres éléments informatiques utilisés pour créer le document (polices par exemple) ;
  • la machine en entier aussi pour la partie matérielle (en espérant que l'alimentation électrique actuelle restera la même...) ;
  • le tout en plusieurs exemplaires.

Cela est sans doute trop exigeant, ce qui a fait retenir dans ces conditions le format papier à la place du format électronique.

Source : article de Transfert, http://www.transfert.net/a9475