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Les archives audiovisuelles : bis du Monde Diplomatique

Encore un complément à un article du Monde Diplomatique

L'archivage des documents audiovisuels est à l'honneur : en plus de l'article déjà cité de Richard D. Wright, le Monde Diplomatique d'octobre proposait aussi un article de Emmanuel Hoog, président de la Fédération internationale des archives de télévision (FIAT) et président-directeur général de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), intitulé « Une mémoire audiovisuelle qui s’estompe en silence » et qui traite aussi du problème des archives audiovisuelles. Il part du constat terrible que le patrimoine audiovisuel mondial est en danger, et qu'il est impératif de le préserver :

Assurer la conservation matérielle des archives audiovisuelles a le même sens que restaurer nos cathédrales.

Le texte développe trois idées fortes : la numérisation à effectuer, les finances à trouver et les droits à assouplir.

Deux continents se font face : l’analogique et le numérique. Passer du premier au second permet de sauver toute la mémoire audiovisuelle du monde. Il faut donc organiser une « traversée de la mer Rouge » et parvenir ensemble jusqu’à cette terre promise.

L'expression imagée est fort belle, mais malgré la numérisation effectuée, deux problèmes capitaux subsisteront :

  • le format physique des archives numériques connait les mêmes problèmes que le support physique des archives analogiques : il peut se dégrader, il faut l'entretenir, il faut les appareils pour le lire ;
  • les donnees numériques sont forcément enregistrées à un format : il faut un format ouvert, sous peine de ne pouvoir garantir la pérennité des données avec un format non-maîtrisé et dont on dépend.

D'ailleurs Emmanuel Hoog déclarait à juste titre que le numérique n'était pas éternel dans un article de juillet de Télérama à propos de la numérisation de l'audiovisuel.

L’effort financier conditionne la réponse, ou plutôt l’absence de réponse.

Le numérique a un coût, et sans budget, pas de transfert, pas de formation, pas de maintenance : on ne peut qu'approuver la nécessité de moyens financiers.

En dehors des finances, le vrai problème pourrait alors devenir celui des droits et des formes d’égoïsme qui en découlent.

Face aux problèmes des droits, une réponse existe, utilisée par ARTE pour sa radio Web : une licence donnant dès le départ des droits d'utilisations larges des documents. Il s'agit des licences Creative Commons, un format ouvert au niveau juridique.

Espérons que ces deux articles du Monde Diplomatique ainsi que la prise de conscience de l'importance capitale des formats ouverts permettront de progresser dans le sens d'un meilleur archivage.

Sources et liens :

  • L’Institut national de l’audiovisuel (INA), http://www.ina.fr
  • La Fédération internationale des archives de télévision (FIAT), http://www.fiatifta.org
  • Merci à Etienne Lavanant encore pour le signalement de l'article.

Les archives audiovisuelles : problèmes de formats

En complément à un article du Monde Diplomatique

Le thème de l'archivage est vaste et riche, notamment avec les documents numérique ou électronique. Et pour ces documents, le problème des formats se pose encore plus. En particulier dans le domaine de l'audiovisuel.

Un article de Richard D. Wright, chef des projets technologiques pour les archives de la BBC, soulève trois points pour préserver les documents audiovisuels et fournit des réponses :

  1. la technologie : les supports vieillissent, il faut donc les numériser ;
  2. le financement : il est insuffisant, il doit donc y avoir en avoir un spécifiquement pour la préservation ;
  3. les droits : les droits actuels limitent, il devrait donc y avoir un accès facile aux œuvres.

Le deuxième point ne concerne pas les formats, et on ne peut qu'y être favorable. Concernant les deux autres, c'est encore des problèmes de formats qui se posent et les propos de l'article sont à préciser :

  • Le format des supports physiques : les négatifs, les bandes analogiques sont certes à numériser, mais les enregistrement numériques ont aussi des supports physiques qui peuvent se détériorer : il faut donc les entretenir tout autant (stockage protégé, recopie,...). Pire, le format physique avec la version numérique doit aussi pouvoir être lu par des appareils adéquats. Plus de lecteurs ni de connectique apropriée, plus de documents !
  • Le format des données numériques : il doit être ouvert, sous peine de ne pouvoir garantir un archivage à moyen ou long terme du fait de la dépendance envers le format d'un éditeur seul à le maîtriser (or il peut disparaître, abandonner son format, être racheté ou fusionné et changer d'activité). Pas de format ouvert, pas de pérennité.
  • Le format des licences d'utilisation des œuvres : les droits liés à l'utilisation des œuvres sont un casse-tête (contacter les auteurs, les ayant-droits,... pour avoir les autorisations d'utilisation, même longtemps après la création du document). Il est bien plus pertinent d'indiquer dès le départ les droits rattachés aux œuvres : ce format juridique ouvert existe, les Creative Commons, et permet de répondre à ces exigences. La radio Web d'ARTE le fait déjà pour ses documents.

Sources et liens :

Voir aussi le billet sur l'article de Emmanuel Hoog sur le même sujet.