Pour les formats ouverts !

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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1540 articles en ligne, dont 4 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1500e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :

  • 1er mai : Adobe annonce l'ouverture de certains éléments de sa technologie Flash dans le cadre du projet Open Screen

2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Accord Microsoft-Novell : 5 remarques sur les formats

Microsoft et Novell ont signé un accord : et les formats...

L'information fait les gros titres depuis le 2 octobre 2006 : Microsoft et Novell ont annoncé la signature d'un accord [1]. Que dire ?

L'information de départ est assez simple : les sociétés Microsoft et Novell ont signé ensemble à propos de 3 principaux sujets : la virtualisation, les services Web et les formats de document. Plus un aspect juridique à propos de brevets. Et Steve Ballmer, CEO de Microsoft, de rajouter le 16 novembre que Linux « utilise notre propriété intellectuelle » [2].

De nombreux articles ont été écrits sur le sujet. Voici 5 remarques prises sous l'angle des formats.

Interopérabilité, non. Compatibilité, oui.

L'information est parfois simplifiée, y compris de manière officielle dans les intitulés :

  • « accord Microsoft-Linux » : il s'agit d'un accord entre Microsoft et Novell, Linux n'est pas du tout l'apanage de Novell et de sa distribution SuSE : il y a aussi par exemple les distributions Linux Slackware, Debian, Gentoo, Mandriva, Red Hat ou Ubuntu. Mais cela peut aussi arranger d'avoir une telle simplification : guerre de communication.
  • « interopérabilité Windows-Linux » : il s'agit plutôt de compatibilité entre ces deux systèmes d'exploitation. Et encore, dans quelle version : XP ou Vista pour Windows ? quelle version de SuSE Linux ?
ECMA TC 45 : lieu de rencontre à propos des formats

C'est Pamela Jones de Groklaw qui l'a indiqué [3] : Microsoft et Novell se sont souvent croisés au sein du groupe de travail de l'ECMA à propos du format Microsoft Office OpenXML (le TC 45). Cela facilite les échanges.

Le format de la photo : il y a vraiment 2 signataires ?

La photo la plus reprise est celle du communiqué de presse sur le site de Microsoft : on voit Steve Ballmer de Microsoft et Ron Hovsepian de Novell se serrer la main tout sourire [4].

Et en arrière plan ? Un mur blanc tapissé de Microsoft et de M de Microsoft. Pas de Novell ni le moindre N rouge. Dans un partenariat, les deux partenaires sont plutôt sur un pied d'égalité, non ? Y compris dans les images.

Le communiqué de presse : il parle de « compatibilité » entre formats

Certes, le titre du communiqué de presse commun utilise le terme interopérabilité. C'est le bon format de communication, c'est l'arme classique.

Mais quand on lit le texte du communiqué de presse on trouve en gras : Document format compatibility, la compatibilité des formats de document. Les 2 phrases qui suivent parlent d'interopérabilité entre les formats OpenXML et ODF, mais il s'agit bien de compatibilité, comme l'indique le titre même du texte.

Et pour finir...

Il faut signaler que l'expression « format ouvert » n'est jamais utilisée, ni « standard ouvert » sauf par IBM dans une citation et dans la présentation de Novell.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Un protocole ouvert pour les moteurs de recherche

Google, Microsoft et Yahoo! se mettent d'accord pour un protocole ouvert de référencement

Le 17 novembre 2006, les 3 sociétés Google, Microsoft et Yahoo! ont toutes annoncé dans des communiqués de presse (sauf Microsoft) [1] la décision d'utiliser Sitemaps.

Sitemaps ? C'est d'une part un fichier à placer sur les sites Web qui permet aux moteurs de recherche de mieux les indexer. Sitemaps est d'autre part la technologie d'utilisation qui en découle, mise à disposition sur un site Web dédié [2].

Et Sitemaps est dans un format ouvert :

  • au niveau technique : c'est du XML ouvert documenté, publié, utilisable par tous et pour tous sites [3] ;
  • au niveau juridique : il est placé sous licence Creative Commons de type Attribution-ShareAlike Creative Commons License.

Il faut souligner que cette approche est réellement en faveur de l'interopérabilité : un standard ouvert, que tous peuvent utiliser, y compris d'autres moteurs de recherche, comme par exemple Exalead [4]. Et cela, sans devoir faire partie d'une alliance.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Une Alliance pour l'interopérabilité : et pour les standards ouverts ?

Interop Vendor Alliance : tel est le nom de la structure annoncée le 14 novembre 2006 par Microsoft avec un grand nombre d'entreprises qui y participe [1].

C'est donc un nouvel élément au dossier interopérabilité et Microsoft, après par exemple le Comité de clients à propos de l'interopérabilité, créé le 14 juin 2006 ; ou après les déclarations en France, fin octobre.

En consultant la source officielle de l'information, c'est-à-dire le communiqué de presse [2], on trouve comme « objectifs », 3 points qui figurent en gras dans le texte d'origine, dont le premier « Encourage vendor collaboration to foster interoperability », avec ce passage :



« to share relevant technical information with other members to improve the interoperability of their products with Microsoft systems »

En français : partager les informations techniques importantes avec les autres membres pour augmenter l'interopérabilité de leurs produits avec les systèmes Microsoft.

Quant au site, il indique en page d'accueil : « The Interop Vendor Alliance is a community of software and hardware vendors working together to enhance interoperability with Microsoft systems. ».

Il s'agit donc plutôt d'établir la compatibilité des produits des membres de cette alliance avec les systèmes Microsoft. Mais pas vraiment d'interopérabilité basée sur des standards ouverts, comme le fait par exemple le W3C.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Microsoft : pour « l'ouverture, les standards ouverts et l'interopérabilité »

Une déclaration de Microsoft France

Vendredi 27 octobre, Éric Bousteller, Président de Microsoft France depuis le 1er février 2005, était l'invité de l'émission À la une de l'économie - matin de Sylvie Johnsson sur France Info [1]. Au cours de l'interview sur l'actualité de Microsoft, il a notamment déclaré dans la dernière partie de l'entretien :

nous sommes extrêmement attachés à l'interopérabilité, nous militons dans ce sens (à propos notamment de la musique numérique et de la position d'Apple)

[nous travaillons] avec en tête le bien et le bénéfice pour le consommateur avec le souci pour nous, qui est très important pour nous encore une fois, l'ouverture, les standards ouverts et l'interopérabilité.

Quitte à paraphraser, ce sont donc 2 fois « interopérabilité », 1 fois « ouverture » et 1 fois « standards ouverts » qui ont été mentionnés, de manière soutenue et aussi officielle.

Quitte à radoter, la question est toujours la même : quelle est la définition retenue pour ces termes ? Car tout le monde est favorable à l'ouverture, à l'interopérabilité et aux standards ouverts, mais chacun peut avoir sa propre définition.

Quitte à consulter les archives ouvertes de Formats-Ouverts.org, ce type de déclarations de Microsoft n'est pas nouveau :

Voilà donc pour quelques déclarations. Et le dossier n'est pas clos.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Microsoft se met à l'Orange (ou inversement)

La messagerie instantanée de Microsoft sur les téléphones de Orange

Le 17 octobre 2006, Steve Ballmer, un des responsables de Microsoft Corporation (Chief Executive Officer), était en France. Dans son agenda, il y avait d'une part des rencontres avec peu de communication dessus (voire aucune... coulisses et stratégie obligent...), et d'autre part des actions visibles de communication.

Ce fut ainsi le cas pour l'école Polytechnique et pour France Telecom, avec des accords signés, des annonces et des interventions couvertes par les media et par les 2 sociétés... du moins pour la partie française car il n'y a aucun communiqué de presse concernant l'école Polytechnique ni France Telecom sur le site de Microsoft Corporation [1] (ces 2 structures françaises ne doivent pas avoir le bon format...).

Pour France Telecom, il s'agit de l'opération Orange Messenger by Windows Live, qui concerne l'utilisation de la messagerie de Microsoft, anciennement dénommée MSN, et désormais appelée Windows Live Messenger, sur les téléphones portables de Orange. « Et Les Formats ? »....

Pour la messagerie instantanée, sur ordinateurs comme sur téléphones portables, la règle quasi systématique est de ne pouvoir échanger qu'avec ceux qui ont le même logiciel : donc messagerie Microsoft avec messagerie Microsoft, qui utilise un protocole d'échange qui lui est propre à un format fermé.

Heureusement, il est toujours possible d'appeler avec un téléphone Orange vers n'importe quel téléphone... : l'interopérabilité est (encore) de mise.

Il est aussi prévu d'avoir aussi la possibilité de communiquer de téléphones vers ordinateurs (et inversement)... mais depuis Windows Live Messenger sur chacun. L'accord entre Microsoft et Yahoo! pour rendre leurs 2 messageries compatibles permettra-t-il d'utiliser Yahoo! Messenger sur l'ordinateur ? Rien n'est moins sûr...

Enfin, un extrait de la page du communiqué de presse mérite d'être cité : il est prévu,

Sur mobiles : interopérabilité de Orange Messenger by Windows Live avec d'autres opérateurs mobiles [2]

Une coquille s'est glissée dans cette phrase : il ne s'agit pas d'interopérabilité, mais de compatibilité avec d'autres. Sauf à utiliser un protocole ouvert (comme Google l'a fait avec le protocole ouvert Jabber/XMPP), ce qui alors permettra vraiment l'interopérabilité.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Google et le format ODF

Google rejoint l'ODF Alliance : mais où est la source ?

Depuis le 12 juillet, on lit dans la presse que la société Google est membre de l'ODF Alliance : les articles à ce sujet sont nombreux [1].

Ces articles expliquent ce qu'est l'ODF Alliance (un regroupement international d'acteurs concernés par le format ouvert ODF : éditeurs de logiciels, entreprises informatiques et même associations) [2].

Ces articles dressent un tableau de la saga ODF avec la guerre des formats (ODF contre Microsoft Office Open XML, et ses derniers développements).

Ces articles indiquent qu'il s'agit là d'un acteur de poids : en raison de l'image de la société, en raison de sa présence dans le secteur et en raison de ses logiciels en ligne (le traitement de texte Writely et le tableur Spreadsheets) [3].

Mais il il y a une chose gênante : où est l'information officielle ? quelle est la source ? En effet :

  • aucun lien vers une page servant de référence de départ...
  • aucun communiqué de presse sur le site de Google... [4]
  • aucune information sur le site de l'ODF Alliance... [5]

Finalement, la seule indication est la page des membres de l'ODF Alliance, qui mentionne « Google Inc » [6].

L'information doit donc être vraie. Cela est une bonne chose pour les formats ouverts et pour l'interopérabilité. Mais cette absence de communication officielle est fort dommage : un oubli ? un excès de réserve ? les vacances des services communication ? autre ?

Sources et liens :
  • [6] La page About the ODF Alliance, avec la liste « Current Members of the Alliance Include », site de l'ODF Alliance, en anglais, http://odfalliance.org/about.php
Et sur Formats-Ouverts.org :

Microsoft et le format ODF

Le format ODF dans Microsoft Office 12

La matinée du jeudi 6 juillet 2006 fut une journée avec le format ODF en vedette. D'une part, c'était le premier jour du cycle de conférences du thème « Standards Ouverts - Interopérabilité » aux RMLLL de Vandœuvre-les-Nancy, avec 2 interventions sur ODF : une présentation générale du format et une mise en perspective de la part du consortium ODF Alliance.

D'autre part, ce 6 juillet, une rumeur s'était répandue aux RMLL : « Microsoft adopterait le format ODF », « il y aurait un plug-in », « ce serait une société française qui serait derrière »,... Voici différents points sur ce sujet.

Avoir l'information à la source

Pour suivre l'actualité, autant aller à la source, comme par exemple avec le site Microsoft Corporation [1], le blog de Brian Jones [2], le site de Microsoft France [3] et ses blogs officiels français [4].

Et pour cette information, il y a bien un communiqué de presse en ligne sur le site américain, daté du 5 juillet, et intitulé Microsoft Expands Document Interoperability [5].

Avant le 5 juillet : rumeurs, critiques et déclarations précédentes

Le format ODF dans Office 12 ? Déjà en octobre 2005 on en parlait, de la part de la société française Clever Age. Il y eut aussi des déclarations de Microsoft à propos du format ODF disant qu'il n'était pas assez riche ni complet par rapport au format Microsoft Office Open XML.

Le contexte à la mi 2006 : l'ODF est très présent

En ce milieu d'année 2006, le format ODF est de plus en plus présent : la saga ODF concerne par exemple des pays comme la France, le Danemark, le Massachussets ou la Belgique qui décident de l'utiliser offciellement.

Le communiqué de presse de Microsoft du 5 juillet

Il est intéressant de relever certains points de ce communiqué officiel :

  • en termes statistiques :
    • « ODF » ou « OpenDocument Format » sont cités 9 fois, « Open XML » 15 fois
    • « standard ouvert » est cité 0 fois, « interopérabilité » est cité 17 fois (un peu comme pour le comité de clients sur l'interopérabilité) ;
  • il s'agit d'un convertisseur, ODF Converter [6], qui s'installera en tant qu'ajout (add-in) avec la suite Microsoft Office (il y aura aussi un ajout pour le PDF)
  • le convertisseur n'est pas développé par Microsoft mais en externe
  • les auteurs : les sociétés Clever Age (France), Aztecsoft (Inde) et Dialogika (Allemagne)
  • le calendrier : « attendu pour fin 2006 » pour Word, et en 2007 pour Excel et PowerPoint
  • la licence du produit : BSD, en « projet open source »
  • le passage du format Microsoft Office Open XML vers OpenDocument Format ne sera pas possible pour certaines caractéristiques.
Réactions et questions

Microsoft répond enfin en partie à une demande du marché qui ne pouvait plus être ignorée. Et il se replace ainsi sur le marché en annonçant ce convertisseur. Il y a de nombreuses questions possibles (pourquoi pas un développement en interne, quand la version définitive sera-t-elle disponible,...) et des analyses de référence (en anglais) sur les sites Ongoing (blog de Tim Bray de Sun, [7]), Standards Blog (sur ConsortiumInfo.org, de Andy Updegrove, [8]) et Groklaw (tenu par Pamela Jones, [9]).

Mais s'il ne fallait dire qu'une chose ce serait la suivante, assez triviale : faire vraiment de l'ODF. En d'autres termes, respecter entièrement les spécifications du format ODF, sans ajout dans le logiciel de fonctionnalités qui ne permettent pas d'enregistrer en ODF. Sinon, cette utilisation possible d'ODF ne sera que partielle et l'interopérabilité ne sera pas de mise.

Encore une fois, c'est la guerre des formats, avec le danger du « embrasser puis étendre », que Microsoft a récusé pour l'affaire du format PDF et qu'il récusera peut-être ici aussi. Et pourquoi pas participer à l'élaboration d'un standard ouvert bureautique, comme ODF ? (format rêve ?...)

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Match autour du format ouvert PDF

Adobe d'un côté, Microsoft de l'autre, le PDF au milieu

Le format PDF (Portable Document Format) : depuis quelques temps, il y avait des informations à propos d'un affrontement à son sujet entre Adobe, la société qui en est l'auteur, et Microsoft.

En octobre 2005 Microsoft a annoncé qu'il allait intégrer l'enregistrement en PDF comme l'une des fonctionnalités de sa suite bureautique Office 2007 : il serait ainsi possible de créer directement des documents au format PDF, sans avoir de logiciel tiers dédié (acheté par exemple auprès d'Adobe).

Mais des informations laissaient entendre que les rapports entre Adobe et Microsoft se déroulaient mal à ce sujet [1]. Finalement, avec le format très officiel du communiqué de presse, Adobe a publié le 12 juin un texte [2], et Microsoft y a répondu le 16 juin [3]. Qu'en est-il donc au travers des 2 positions officielles ?

Dans cette affaire, « le véritable enjeu est la protection des standards ouverts » (« the real issue is the protection of open standards. ») selon Adobe, qui rappelle que le format PDF est bien un format ouvert : « Adobe est attaché aux standards ouverts » (« Adobe is committed to open standards ») avec les spécifications du PDF « disponibles gratuitement, sans restriction, sans royalties pour tous ceux qui souhaitent les utiliser » (« available for free, without restrictions, without royalties, to anyone who cares to use it »).

Mais ce que redoute Adobe, c'est la position dominante de Microsoft et ses habitudes passées : « Microsoft a eu comme pratique d'utiliser son monopole pour saper des technologies multiplateforme et de limiter l'innovation qui menace son monopole. L'approche de Microsoft est d'"embrasser puis étendre" (en modifiant) les standards qui ne viennent pas de Microsoft » (« Microsoft has demonstrated a practice of using its monopoly power to undermine cross platform technologies and constrain innovation that threatens its monopolies. Microsoft's approach has been to "embrace and extend" standards that do not come from Microsoft. »)

La réponse de Microsoft : la société salue le fait que PDF soit un format ouvert « disponible gratuitement, sans restriction, sans royalties pour tous ceux qui souhaitent l'utiliser » (les termes utilisés par Adobe). Et que c'est à ce titre que Microsoft a décidé de proposer le PDF dans sa suite pour répondre à la demande des clients : « Microsoft s'attendait plus qu'Adobe applaudisse » (« Microsoft expected that Adobe would applaud ») cette décision que le contraire.

Microsoft précise qu'il « n'a pas étendu les spécifications du PDF et n'a aucun intérêt à le faire » (« Microsoft has not extended the PDF specifications and has no interest in doing so. ») et insiste : « Microsoft souhaite confirmer qu'il n'étendra pas les spécifications du PDF publiées par Adobe » (« Microsoft wishes to confirm that it will not extend the PDF specifications published by Adobe. »)

La crainte d'Adobe fait sans doute référence entre autres à la guerre des navigateurs Web avec Internet Explorer livré en standard avec Windows qui s'imposa ainsi face à Netscape, position dominante oblige. Cependant pour le PDF, d'après les décalarations ci-dessus, les spécifications resteront celles d'Adobe, qui peut voir baisser les ventes de ses logiciels générant le PDF, même si d'autres logiciels le font déjà.

Sources et liens :

« Pourquoi X croit aux standards ouverts ? »

Une déclaration à signaler... Qui a dit...

« Le support des vrais standards ouverts signifie que les développeurs peuvent créer des contenus et des services innovants qui fonctionnent sur de multiples matériels, logiciels et plateformes réseau. La programmation peut se fait qu'une seule fois et peut alors facilement être optimisée pour les performances de tous réseaux TV. »

(The support of truly open standards means that developers can create innovative content and services that work across multiple hardware, software, and network platforms. Programming can be developed one time and then easily optimized for the performance advantages of any TV network.)

On lit donc bien « vrais standards ouverts » (avec ces 3 termes ensemble), cela pouvant signifier que certains « standards » peuvent ne pas être ouverts, ou que certains « standards ouverts » peuvent ne pas être vraiment ouverts.

Développer une seule fois pour utiliser ensuite partout est en effet un des avantages des standards ouverts, mais pas le seul.

La source de ces lignes ? Il s'agit de la réponse à la 9e question (sur 14) de la page de FAQ de Microsoft TV, « Why does Microsoft believe in open standards? » (Pourquoi Microsoft croit aux standards ouverts ?).

On a donc :

Et se pose toujours la question de la définition précise donnée aux standards ouverts.

Sources et liens :

Cet article est le 20e de juin 2006 et aussi le 800e publié sur Formats-Ouverts.org en 23 mois et 16 jours, soit depuis le 1er juillet 2004.

Microsoft met en place un comité de clients à propos d'interopérabilité

L'information brute

Le 14 juin 2006, Microsoft a publié un communiqué de presse intitulé : « Microsoft Establishes Customer Council on Interoperability », soit de manière non-officielle « Microsoft met en place un comité de clients à propos d'interopérabilité ». [1]

(Le 15 juin au soir, le communiqué de presse n'est pas disponible en français sur la page dédiée de Microsoft France, mais tous ne sont pas systématiquement traduits en français). [2]

En quelques mots

Ce comité, le Interoperability Customer Executive Council de Microsoft a pour objectif « d'identifier les domaines où l'interopérabilité peut être améliorée dans ses produits et dans l'industrie logicielle ». Il se réunira 2 fois par an. Il comprend des hauts responsables d'importantes sociétés et de gouvernements. En France, la Société Générale est citée comme en faisant partie.

Statistiques rapides

Les mots interopérabilité et interopérable sont plus qu'à l'honneur : 49 citations avec le titre ! On a aussi :

  • standards : cité 2 fois ;
  • standards ouverts : 0 (zéro) fois, comme protocoles.
Par rapport aux précédentes positions et déclarations

Le sujet de l'interopérabilité est de plus en plus présent, comme récemment encore avec le texte de Microsoft France publié début mai (avec une chronologie détaillée du sujet).

Le contexte de concurrence internationale

La France pense aussi à l'interopérabilité avec le Référentiel Général d'Interopérabilité. Le Danemark veut des standards ouverts, et le Massachussets aussi. Et comme par effet de miroir, le comité comprend une grande banque française, le ministère danois des finances et 2 états américains (Wisconsin et Delaware). C'est la guerre des formats...

De courtes remarques sur certains passages

Il n'y a donc aucune mention des standards ouverts. L'interopérabilité est considérée « comme faisant partie de l'engagement de Microsoft à propos du Trustworthy Computing (l'informatique de confiance) ». Et dans l'approche développée, il est question de diffuser des licences de propriété intelectuelle, ce qui a priori n'est pas le cas de formats ouverts.

Sources et liens :

Les formats dans Google Spreadsheets

Le service Google Spreadsheets est lancé. Et Les Formats ?

Le 6 juin, Google annonçait le lancement de son service en ligne Spreadsheets [1]. La question ELFFOO se pose : « Et Les Formats, Fermés Ou Ouverts ? » Voyons cela :

  • spreadsheets, cela signifie tableurs (au format français), lui-même formé à partir des termes tableau et calculateur ;
  • le tableur... c'est une catégorie de logiciels, pas un seul d'entre eux, n'en déplaisent aux soit-disantes informations ou aux pseudo formations qui ne parlent que d'Excel comme seul tableur (il y a aussi par exemple Gnumeric, KSpread, Quattro Pro, 1-2-3 ou Calc) [2] ;
  • il s'agit d'un service en ligne, donc en quelque sorte au format Web : pas de logiciel tableur, mais un navigateur (et donc une connexion indispensable, c'est le travail via le réseau) ;
  • le format des données (ou du fichier) intervient au moment de la récupération (l'importation) de ces données pour les utiliser dans un tableur installé sur une machine ;
  • les 2 formats d'importation proposés par Spreadsheet sont : [3]
    • le format CSV, Comma-separated Values (valeurs séparées par des virgules), c'est-à-dire les valeurs sur des lignes successives avec un séparateur entre elles (une virgule) : c'est un format ouvert et aussi le format le plus simple [4] ;
    • le format XLS, le format utilisé par le logiciel Excel. Mais de quel XLS s'agit-il, de quelle version d'Excel ? L'information n'est pas donnée : on peut supposer qu'il s'agit ne s'agit pas du tout dernier format Excel et élaboré à rebours (en reverse engineering ou rétro-ingénierie [5]), car XLS n'est pas un format ouvert ;
  • le format ouvert HTML est aussi possible pour conserver les informations en tant que page Web avec des tableaux (de chiffres ou autres).

Enfin, l'approche générale de ces services en ligne étant d'avoir des utilisateurs déclarés et enregistrés, il faut avoir un compte Google (le format Google ?), comme pour Google Calendar, comme pour Google Talk, comme pour Google Mail. Et dans une prochaine version, Google ajoute le format ouvert ODF pour tableur ? C'est la saga du moment.

Sources et liens :

IBM, Lotus et le format ouvert ODF

IBM annonce que son logiciel Lotus Notes utilisera le format ODF

Voici une nouvelle annonce importante à propos du format ouvert OpenDocument Format (ODF) et en faveur de l'interopérabilité :

...voici qu'en Allemagne, le 16 mai, IBM a annoncé [1] au cours du Deutsche Notes User Group (DNUG), que son logiciel Lotus Notes [2] intègrera le format ouvert ODF dans sa prochaine version, prévue dans ses premières moutures à l'automne 2006.

Il sera donc possible d'importer, d'exporter, de créer, d'éditer et de sauvegarder les documents bureautiques au format ODF, que ce soit pour le traitement de texte, le tableur ou la présentation. Une décision importante au vu de la société qui la soutient, IBM, et au vu du nombre d'utilisateurs potentiellement touchés, 125 millions. Le texte du communiqué parle de « réduire le risque d'être prisonnier d'un seul fournisseur ou d'une seule plate-forme» et de « se libérer du format propriétaire qui a dominé les environnements bureautiques depuis si longtemps ».

Sources et liens :

Le calendrier Google en ligne et les formats

Lancement de Google Calendar : et les formats ?

Le 13 avril 2006 Google a annoncé dans un communiqué de presse [1] le lancement de son nouveau service, Google Calendar [2]. Il s'agit d'un calendrier en ligne, dans la suite des autres services Google comme le Webmail GMail ou la messagerie instantanée Google Talk.

Et encore une fois, la question ELF FOO se pose : « Et Les Formats ? Fermés Ou Ouverts ? » Voyons ce qu'il en est :

  • c'est au format Web, c'est en ligne : cela peut sembler évident, mais encore faut-il le signaler et insister : cette application est un service Web ; et l'outil crucial pour y accéder est donc le navigateur, qui doit être moderne en intégrant les standards ouverts du Web. La guerre des navigateurs a donc bien lieu d'être, avec un Internet Explorer fortement concurrencé par Firefox, et avec Microsoft qui développe aussi sa stratégie de produits et services en ligne comme avec son site Live.com (et par exemple la déclinaison Academic.Live.com)
  • le format utilisé par Google Calendar : il s'agit de « standards ouverts des calendriers pour vous proposer plus de choix pour accéder à votre calendrier » (« Google Calendar uses open calendar standards to give you more choice when it comes to accessing your calendar ») : il s'agit du format iCal ou de fichiers en XML (pas forcément ouvert) selon la page Overview. [3]
  • Google Calendar sait utiliser différents formats : les informations saisies dans d'autres outils y sont-elles prisonnières à cause de formats fermés ? D'après la page Switching to Google Calendar [4] il est possible d'importer les données au format des calendriers de Microsoft Outlook, d'Apple iCal (le logiciel) et de Yahoo! Calendar.

Et pour que Google Calendar soit utilisé par les développeurs, ils doivent disposer des outils pour l'utiliser, les API (Application Programming Interfaces, interfaces de programmation). Et mettre ces API à disposition dans un format technique et juridique ouvert, cela facilite l'adoption et l'utilsiation de l'outil. Google a donc publié ses API de Google Calendar [5].

La stratégie de Google, comme pour Google Talk (basé sur le protocole ouvert Jabber) ou pour GMail (avec le protocole ouvert POP3), semble être l'utilisation de formats et protocoles ouverts pour garantir l'indépendance par rapport à l'outil et à la société ainsi que l'interopérabilité. La question qui demeure concerne le format ouvert ou fermé... de sa vie privée, avec les données personnelles confiées aux serveurs de la société qui indexe les informations pour établir un profil fin de ses utilisateurs. Mais ce n'est plus une question technique.

Sources et liens :

Alcatel et le XML

Pendant les fusions, les affaires en XML continuent

Alcatel et Lucent [1], Alcatel et les prestigieux laboratoires Bell [2], Alcatel et Thales [3]... : Alcatel occupe le devant de la scène depuis le 2 avril avec son annonce de fusion avec la société Lucent Technologies (créée en 1995, ancienne AT&T [4]) et les conséquences de cette opération. Cependant, alors que ces informations occupent la une, d'autres éléments sont à signaler pour Alcatel, sous l'angle des formats...

En effet, le 5 avril 2006, Alcatel annonçait dans un communiqué de presse [5] que Genesys [6], sa filiale spécialisée en logiciels pour centres d'appels [7], rachetait la société VoiceGenie [8]. Ces deux sociétés utilisent massivement et ouvertement la technologie XML : plus exactement il s'agit de VoiceXML [9], qui « se destine à la création des dialogues électro-acoustiques soulignant une voix synthétisée, un signal sonore numérisé, la reconnaissance d'une entrée vocale ou d'une tonalité DTMF, l'enregistrement d'une commande vocale, un échange téléphonique ou des conversations à initiative mixte » [10].

Dans un format plus synthétique, VoiceXML permet les interactions entre un utilisateur et un système informatique, et comprend des technologies comme celle basée sur le format SSML (Speech Synthesis Markup Language) publié en septembre 2004.

Voici donc l'exemple d'un industriel majeur qui utilise des standards ouverts dans sa stratégie produits et services, et non pas ses propres formats fermés liés exclusivement à son matériel.

Sources et liens :

Un trio en guerre, puis en paix, avec là aussi des formats

Les ordinateurs MacIntel avec OS X plus Windows XP, et les formats

C'était un trio en guerre, Apple-Intel-Microsoft. Le premier, Apple, n'utilisait pas les puces du deuxième, Intel ; et concurrençait le troisième, Microsoft. Avec maintes piques et critiques : lors de procès ou dans des publicités, Apple attaquait Intel pour ses puces bien plus lentes (comme dans une publicité parodiant les bonhommes Intel) et attaquait Microsoft à propos de Windows (que ce soit pour son interface graphique à son lancement ou encore récemment à propos du retard de Windows Vista).

C'est désormais un trio en paix, au moins en apparence : Apple fabrique désormais des machines avec des microprocesseurs Intel ; et Apple propose Windows sur ses machines !

En effet, juste après avoir passé ses 30 ans (la société à la pomme a été créée le 1er avril 1976, soit le format 3 fois anniversaire des 10 ans), Apple a annoncé [1] le 5 avril la disponibilité d'un logiciel, Boot Camp [2], qui permet aux ordinateurs Apple de dernière génération d'installer Windows (non fourni par Apple) et ensuite de pouvoir utiliser l'un des deux systèmes d'explotation, Mac OS X Tiger 10.4.6 ou Windows XP (Home Edition ou Professional Edition) Service Pack 2. Windows sur Apple, même l'AFP en a parlé en dépêche générale [3].

Alors, cette décision d'Apple, coup de génie gagnant ou trahison absolue ? Suivant l'angle (le format ?) retenu, pessimiste ou optimiste, la réponse diffère ! Toujours est-il qu'Apple propose ainsi ce qui était développé hors de son giron par le site OnMac.net [4], et qui sera intégré dans la prochaine version de Mac OS X 10.5, dénommée Leopard.

Et pour les formats :

  • c'est celui appelé EFI [5] pour le firmware (le logiciel du matériel), « la technologie ultra-moderne, standard de l'industrie » d'Intel, qui n'est pas « le BIOS démodé des années 80 », dans lequel « Windows XP et le prochain Vista sont malheureusement coincés » (on notera le format très marketing du texte...) ;
  • s'ils sont ouverts, il n'y aura pas problème d'exploitation des données.
Sources et liens :

Exclusif : le code de Windows, l'interview jamais diffusée

Une interview pour i>Télé et Canal+ suite à l'annonce de Microsoft du 25 janvier, mais...

Je vais décevoir : l'interview jamais diffusée dont il est question ici n'est pas celle de Bill Gates à propos d'interopérabilité suite à son annonce d'il y a un an. En revanche elle porte sur l'annonce de Microsoft à propos de Windows et de son code source, avec donc une interview télé de l'auteur de ces lignes. Mais...

Reprenons dans l'ordre : Microsoft et l'Union Européenne sont en procès, il y a eu condamnation de Microsoft sur le plan financier et aussi des demandes en matière d'interopérabilité. Dans ce cadre, le 25 janvier 2006 après-midi, Microsoft a publié un communiqué de presse, intitulé « Microsoft Goes Beyond EU Decision by Offering Windows Source Code », soit « Microsoft va au-delà de la décision de l'UE en offrant le code source de Windows ».

Les premières réactions se sont arrêtées au titre du communiqué de presse, et on a donc lu que Microsoft offrait le code source de Windows.

En fin de journée du 25, un journaliste travaillant pour i>Télé et Canal+ m'a contacté pour avoir une réaction. Une heure après j'étais près de Montparnasse dans le hall de l'immeuble des deux chaînes pour une interview filmée en vue des 40 secondes prévues dans le reportage. Cinq à dix minutes devant la caméra et c'était dans la boite, comme on dit dans le jargon du métier (un format non-informatique de langue...).

Cependant, le reportage qui aurait dû passer dans les journaux du matin du 26 janvier (tranche 7h-9h) ne semble pas l'avoir été. Il ne s'agit pas ici de vous proposer la video inédite, mais voici 3 points qui ont été à la base de l'interview en réaction à l'annonce :

  • Prenons le communiqué de presse : en allant donc à la source de l'information, il est indiqué que seul Windows Server est concerné, pas d'autres versions de Windows. De plus l'offre est une offre payante, ce qui n'a pas le même sens que celui mis en avant dans le titre.
  • Que peut-on faire avec ce code source de Windows Server ? La licence juridique l'indique : on peut regarder le code, à condition d'avoir payé pour ce droit. Plus de 20 entreprises jusqu'à présent aux États-Unis l'ont fait à propos des protocoles de Windows Server. Mais pas de modification ni de rediffusion, et le monde du logiciel libre est exclu.
  • Ce code source est-il suffisant ? Non, car outre la licence, il faut aussi la documentation du code et les outils techniques pour passer de ce code à un logiciel utilisable. Cela s'appelle compiler le logiciel pour en obtenir la version exécutable (celle que chacun utilise). Sans le compilateur et sans droit d'utiliser vraiment, avoir le code source ne sert à rien : on a juste quelque chose en vitrine.

Donc pas de formats ouverts au niveau du logiciel, et rien vraiment en commun avec l'approche des logiciels libres, ouverts techniquement et juridiquement. Finalement, on peut presque dire Nihil novi sub sole (Rien de neuf sous le soleil)... au format latin.

Sources et liens :

Une citation qui peut expliquer une stratégie

Selon un responsable Microsoft, le format utilisé n'est pas le plus important

Début octobre, Microsoft a annoncé la possibilité de créer des fichiers au format PDF dans sa prochaine suite bureautique Office12. Steven Sinofsky, senior vice-president de Microsoft a donné à cette occasion une interview à PressPass qui s'occupe de la communication de la société.

Ces deux informations ont été développées dans un article, Le PDF dans Office : un bon début... pour aller plus loin !, paru le 5 octobre dans la revue en ligne Elenbi Strategic Review et sur Formats-Ouverts.org.

Cependant, un passage de l'interview mérite d'être cité et mis en avant à propos de l'ouverture dans Office 12 (gras ajouté) :

Nous croyons que la valeur la plus importante que nous fournissons n'est pas les formats utilisés pour enregistrer les données, mais les programmes puissants, les serveurs et les services que nous offrons aux clients. (We believe that the highest value we provide is not in the formats used to store data, but in the rich programs, servers, and services we offer customers.)

Cela amène une remarque et soulève 2 questions :

La phrase qui suit indique :

Ces outils offrent la meilleure occasion pour les clients de pleinement s'impliquer et de participer au dans le Nouveau Monde du Travail décrit par Bill Gates en mai 2005. (These tools offer the best opportunity for customers to fully function and participate in the New World of Work as outlined by Bill Gates in May, 2005.)

Il n'est plus fait référence au texte de Bill Gates du 2 février sur l'interopérabilité « ''by design'' », lontemps sans version en français. C'est donc celui du 19 mai qui est mis en avant. Certes, l'actualité bouge et les textes produits sont assez nombreux. Cependant, il semblait que l'interopérabilité était annoncée comme une priorité, et elle demeure capitale par exemple pour garantir les archives.

Sources et liens :

Le format OpenDocument dans MS Office ? et par une société française ?

Le format OpenDocument proposé par Microsoft et réalisé par une société française ?

Microsoft sortira dans la deuxième moitié de 2006 la nouvelle version de sa suite bureautique Office, baptisée Office 12. Elle incluera le format PDF, déjà proposé par la suite bureautique OpenOffice.org qui vient de sortir en version 2.

Entre les suites bureautiques, comme en musique ou en video numériques, c'est une guerre des formats pour conserver les utilisateurs, sauf quand le format est ouvert.

C'est le cas du format OpenDocument, normalisé par l'OASIS et qui est utilisé dans OpenOffice.org 2.0. De plus, le format ouvert OpenDocument est celui retenu officiellement par l'état du Massachussets.

Et alors, OpenDocument Format (ODF) dans Office 12 ? D'un rejet catégorique, la société semble passer à une réponse plus nuancée. Qui plus est, avec même une société française qui travaillerait sur le sujet de l'exportation du format d'Office en ODF. C'est ce que rapporte le blog de Dan Farber de ZDNet.com suite à une discussion avec un haut responsable Microsoft, Ray Ozzie, Chief Technical Officer (CTO) :

Microsoft is working with a French company on translators to determine the scope of the problem in exporting Office documents to ODF.

Tout cela est à prendre avec précaution, mais le fait d'employer le format OpenDocument serait une grande avancée pour l'interopérabilité. Si en plus il s'agissait du travail d'une société française... A suivre.

Mise à jour (et confirmation) du 27 octobre 16h30 : suite aux commentaires de cet article et sur Standblog (http://standblog.org/blog/2005/10/27/93114460-en-vrac#co), le module d'export (plugin) de MS Office XML vers ODF XML a été réalisée par la société française Clever Age, sous licence BSD. Voir http://www.clever-age.com/references/interne-plugin-openoffice-pour-word-424.html et la page du projet sur SourceForge en anglais, http://sourceforge.net/projects/ooo-word-filter.

Sources et liens :

Quand une entreprise fait ce qui est interdit

Pour la dernière chanson de Madonna, VirginMega supprime les protections de la chanson vendue par son concurrent, et la revend !

L'histoire de ces lignes est ahurissante, et fournit un nouveau format de réaction, indédit et exclusif...

Depuis quelques jours, parmi mes notes d'articles possibles pour Formats-Ouverts.org, j'avais écrit « Madonna et Orange ». C'est-à-dire le fait qu'Orange vende en exclusivité la dernière chanson de Madonna, Hung Up. J'aurais alors parlé du format exclusivité, et du format de vente par téléphone portable, qui provoquait des réactions dans le secteur musical. Le format du portable n'était pas encore accepté comme un format de commerce.

Lorsque VirginMega a commencé aussi à protester contre ce type de vente, j'aurais pu écrire que pour les yeux de Madonna, cela était normal pour VirginMega (Like a Virgin fut l'un de ses premiers succès)... On aurait été dans la catégorie Humour et à prendre cela de manière légère. Mais il n'en est rien, l'affaire est très sérieuse.

En effet, la nouvelle ahurissante est tombée, qui bouscule le hit-parade des histoires folles comme celle de Harry Potter ou celle de la compagnie de cars : VirginMega vend sur son site la chanson de Madonna après en avoir supprimé les protections (DRM) ! Parmi les arguments avancés, on trouve celui du principe d'exclusivité, néfaste au développement du marché.

Dans un format plus clair, on a donc :

  • un industriel majeur du secteur de la musique, Virgin,
  • qui récuse l'accord d'exclusivité signé avec un opérateur de téléphone mobile, Orange,
  • qui achète la chanson qu'il souhaite lui aussi proposer, la dernière de Madonna,
  • qui supprime les protections mises par Orange, ses DRM,
  • qui rediffuse ouvertement la chanson sur son site, VirginMega,
  • en la vendant officiellement, à 0,99 euros.

Cette information folle suscite de nombreuses questions :

  • le fichier proposé par VirginMega comporte-t-il ses propres DRM, ceux du format format WMA ?
  • pourquoi les articles de presse ne parlent-ils pas autant des DRM retirés par VirginMega, c'est-à-dire le système sur lequel chacun (Virgin, FNAC, Apple, Sony,...) se base pour verrouiller son marché ?
  • VirginMega va-t-il continuer ? Par exemple en récupérant un album exclusivement sur iTunes AppleStore et en le vendant aussi après avoir supprimé les DRM ?
  • Virgin fait-il juste un coup médiatique ou souhaite-t-il la suppression des DRM, l'utilisation de standards ouverts et une vraie interopérabilité ?
  • il y a un an, un éditeur et une enseigne expliquaient comment supprimer les DRM des chansons achetées chez des concurrents. Cette année c'est un site qui se procure une chanson et la revend illégalement. Et l'année prochaine ?

Désormais une chose est sure : le sujet des DRM, avec ses multiples exemples, pose un problème majeur au point que leurs utilisateurs industriels se retrouvent aussi à les supprimer en ne tenant pas compte des accords, de la lutte contre la contrefaçon et des règles de droit.

Sources et liens :

AOL s'ouvre car...

Car l'indication sur la boite n'est pas exacte et oublie des utilisateurs

Depuis le 11 octobre 2005, la société AOL propose sa nouvelle offre de connexion ADSL basée sur son AOLbox. Il y a donc 2 semaines pour ce lancement, le PDG d'AOL France était invité dans l'émission de radio Génération Europe 1 Nouvelles technologies. J'avais pu lui demander à l'antenne en direct si l'AOLbox était aussi utilisable pour des machines avec Mac OS X et avec Linux. Les réponses étaient affirmatives, même si le responsable n'était pas totalement sûr pour Linux, et l'a précisé.

Or sur le site d'AOL et surtout sur les boites de l'AOLbox, seul Windows est indiqué. Un article, AOL, s'ouvre ou s'ouvre pas ? relatait l'information. Elle a été reprise par le site Toolinux qui en a fait un article, citant et mettant un lien vers l'article de Formats-Ouverts.org.



Une réaction officielle est parvenue au rédacteur en chef de Toolinux, par un courriel de Philippe Etienne de la Direction de la Communication d'AOL France, pour « donner les précisions nécessaires » :


  • « l'AOL Box fonctionne avec tous les systèmes d'exploitation (Windows, MacOS, Linux) » ;
  • « le CD de configuration fourni est un CD Windows », mais pour configurer leur AOLbox, les utilisateurs de Mac OS X ou de Linux « doivent utiliser l'interface web à l'adresse http://config.aolbox » (Accès à Internet, puis Paramètres de connexion).

Dont acte et bravo en un sens pour tenir compte de la diversité des utilisateurs, en se basant sur des standards ouverts du Web pour la configuration via navigateur et ainsi illustrer l'interopérabilité.

Cependant, cela reste finalement tout de même un peu surprenant car il ne faut pas croire ce qui est écrit sur la boite : elle ne mentionne pas tous les cas de figure. La configuration indiquée (« Un système d'exploitation Microsoft ») n'est pas la seule. Si on était dans la catégorie Humour, on pourrait dire « Ne croyez pas ce que vous lisez sur la boite, le format écrit n'est pas digne de foi », mais ici on pourrait plutôt dire « Pourquoi ne pas mettre sur la boite des astérisques ou de petites notes en très petite taille pour être complet ? » Mystère de la communication, du marketing ou de l'imprimeur, mais le prochain texte sur l'emballage corrigera sans doute cela.

Sources et liens :

AOL : s'ouvre ou s'ouvre pas ?

AOL, son AOLbox et les formats

AOL s'ouvre, « AOL va abandonner son modèle propriétaire ». C'est ce qu'indique des articles à propos de l'évolution de la société, avec notamment sa nouvelle AOLbox. Il avait déjà été question de cette ouverture en mai 2004.

AOL utiliserait donc des standards ouverts d'Internet, pour le Web, pour le courriel, pour les protocoles, en arrêtant d'imposer son interface propriétaire (disponible pour Windows et dans une version un peu antérieure pour Apple).

Le mardi 11 octobre, pour le lancement de l'AOLbox, le PDG d'AOL France, Carlo D'Asaro Biondo, était l'invité de l'émission hebdomadaire Génération Europe 1 Nouvelles technologies sur Europe 1 (de 23h à minuit). Il est possible de téléphoner pour participer à l'émission et j'ai pu lui demander en direct si on pouvait s'abonner chez AOL dans les cas suivants :

  • si on a Windows mais en utilisant Firefox (comme navigateur) et Thunderbird (pour les courriels) ? Oui.
  • si on a une machine Apple avec MacOS X ? Oui.
  • si on a une machine Apple avec Linux ? Oui, même si je ne suis pas totalement sûr, et je ne voudrais pas prendre de faux engagements à la radio devant tous les auditeurs.

Cela est une bonne nouvelle, jusqu'à lire sur la boite d'une AOLbox dans un magasin (gras ajouté) :

Equipements et configuration

Un micro-ordinateur PC doté au minimum des éléments cumulatifs suivants : Un système d'exploitation Microsoft (Windows 98SE ou Millenium, Windows 2000 ou Windows XP).

Aucun autre système d'exploitation n'est cité. Alors, l'AOLbox fonctionne-t-elle exclusivement avec Windows ou pas ? Est-ce pour rassurer le client que de mettre le nom du système d'exploitation qu'il connait le plus ? Parfois il y a aussi écrit en tout petit le détail des spécifications : là, rien d'autre que Windows. Et les déclarations du PDG ? En consultant les pages en ligne et la documentation, l'AOLbox semble devoir être configurée avec un logiciel fourni sur CD Rom et qui n'existe qu'en version Windows. La boite dit donc juste, que Windows.

Quant à la concurrence, on y trouve des box sur lesquelles on se branche, et c'est tout, qu'importe la machine ou le système d'exploitation (le câble Ethernet et la technologie ouverte DHCP font le reste) : donc pour AOL, pas encore vraiment de standards ouverts, pas encore d'interopérabilité. A suivre.

Mise à jour : lire les précisions apportées par AOL : AOL s'ouvre car...

Sources et liens :

Monsieur interopérabilité et standards

Le NTO de Microsoft France

Le sujets des formats, des standards et de l'interopérabilité sont importants. Tristan Nitot sur son site Standblog y consacre entre autres des articles depuis juillet 2002, et Formats-Ouverts.org en traite aussi depuis juillet 2004. Mais les éditeurs informatiques sont aussi à s'en préoccuper.

Ainsi l'un des plus importants, Microsoft, a nommé fin 2004 une série de hauts responsables au poste de NTO, National Technology Officer. Ils ont pour mission d'être en rapport avec les plus hauts réprésentants des états et du secteur public à propos des dossiers sur la sécurité, les standards et l'interopérabilité.

Mais qui est le NTO de Microsoft France ? Cette question était déjà posée dans un article de février, mais restait depuis sans réponse. Cependant, en croisant les informations sur les profils des NTO dans les autres pays, on peut faire une supposition : sachant qu'il s'agit d'un haut responsable souvent en charge également (ou juste auparavant) des postes de responsable national technique et/ou sécurité, le nom de Bernard Ourghanlian semble pouvoir correspondre.

En effet, il est CTO, Chief Technology Officer (responsable national technologie, depuis 1999) et aussi CSO, Chief Security Officer (responsable national sécurité, depuis 2002). Bien sûr il s'agit là d'une information non officielle (Microsoft France contacté par courriel n'a pas fourni de réponse à la question posée, et l'agence de communication de Microsoft France, Euro RSCG, n'a pas donné suite à cette question précise).

Comme Standblog (3 ans et 3 mois) ou Formats-Ouverts.org (1 an et 3,5 mois), il y a aussi un blog de Bernard Ourghanlian (tout juste un an).

Sources et liens :

  • Le site Web de type blog de Bernard Ourghanlian, ouvert le 12 octobre 2004, fermé en 2006, qui ne contenait qu'un seul article dont le contenu était « Essai », http://blogs.microsoft.fr/bourghan/

Internet Explorer change de formats

De la version 7 et des formats qui lui sont liés

Et de trois à l'occasion de la sept... Sous ce format codé, il s'agit plus clairement de la troisième fois où des métadonnées révèlent des coulisses un peu surprenantes pour Microsoft, à l'occasion de la sortie de la version 7 d'Internet Explorer.

Ainsi, après la campagne mondiale pour Windows XP dont l'image est faite avec Apple MacOS X et après le communiq