Pour les formats ouverts !

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Le format de la TNT

MPEG-2 ou MPEG-4, telle était la question

La télévision numérique terreste (TNT) commencera en mars 2005. Avec quel format numérique ? Le MPEG-2 et le MPEG-4 étaient en lice.

  • Le MPEG-2, déjà utilisé ailleurs, sans téléviseur spécial à acheter, sans décodeur trop coûteux.
  • Le MPEG-4, pas totalement intégré à la chaîne de diffusion, nécessitant un téléviseur spécial et au décodeur plus coûteux, mais avec une qualité encore plus importante.

Finalement, c'est le MPEG-2 qui a été retenu le 21 juillet par le Premier Ministre. Ces formats sont fermés (avec notamment des brevets dessus). Mais même derrière ces deux formats fermés, en plus des aspects techniques, il y a aussi eu des luttes et des enjeux pour chacun des camps : politique (CSA d'un côté, ministère de l'industrie de l'autre), économique (TF1 et M6, et une concurrence prochaine).

Espérons tout de même que le problème d'archivage de l'audiovisuel sera au moins envisagé dès le début.

Sources et liens :

De l'importance de l'origine et de l'image

Choisir DivX ou pas ?

Nouvelle version du format video DivX, la 5.2, publiée par DivX Networks le 19 juillet. DivX a été créé par un français, hors du circuit industriel. Il y a de nombreuses nouveautés dans la version 5.2, qui ont été reprises par des articles publiés à ce moment (voir plus bas).

En revanche, un point inédit est ressorti dans le papier de ZDNet, "DivX, l'âge de la maturité ?". La question de la maturité du format était posée, avec l'idée que ce format, né en dehors du cercle habituel, et ne bénéficiant pas d'assez de soutien d'industriels (même s'il est utilisé et installé sur des modèles de lecteurs video), aurait une mauvaise réputation, celle du MP3 de la video. Et malgré des qualités techniques indéniables et reconnues.

Or le MP3, comme le DivX, sont simplement des formats ayant proposés des compressions plus importantes que celles alors en place, mais sans être issues de l'industrie. Et c'est parfois l'utilisation qui a été faite de ces formats qui est critiquable, pas le format en lui-même, ni son origine.

D'où il ressort bien que le format est une chose. Son origine, son image et le soutien à sa diffusion en sont une autre. Avec pour le DivX et le MP3, des utilisations à leur actif (on parle de balladeur MP3, de lecteur DVD DivX). Mais il n'y a pas le label produit maison d'un gros éditeur qui le met en avant.

Cependant, même si'ls sont plus ouverts que les formats fermés concurrents (AAC, ATRAC, WMA, WMV,...), le MP3 et le DivX ne sont pas des formats réellement ouverts : il y a des brevets sur les techniques de compression.

En revanche, le Ogg Vorbis et le XviD sont ouverts. Et librement utilisables par les industriels, ce qui commencent à être le cas. C'est indispensable pour une vraie interopérabilité, bien plus bénéfique, comme le souligne l'appel récent de l'Open Group et d'IBM.

Sources et liens :

Une déclaration pour les standards ouverts

Le 20 juillet, le consortium Open Group a annoncé avec IBM son appui à l'appel en faveur de l'utilisation des standards ouverts. But :

faire la promotion de l'utilisation des standards ouverts pour donner la liberté de choix aux clients des technologies de l'information et fournir l'interopérabilité parmi tous les vendeurs.

Le communiqué de presse souligne l'importance de l'adoption et la protection des standards ouverts pour les entreprises, gouvernements, organisations et particuliers.

Les standards ouverts sont considérés comme le point le plus important pour le futur de l'industrie liée aux technologies de l'information, face aux menaces des approches propriétaires.

L'appel, baptisé Developer Declaration of Independence (déclaration d'indépendance du développeur) souligne quant à lui :

  • que les standards ouverts sont fondamentaux pour le développement de l'industrie des technologies de l'information ;
  • qu'il est nécessaire de promouvoir la prise de conscience des possibilités offertes par les standards ouverts pour une meilleure concurrence, une liberté de choix et une meilleure offre ;
  • que les standards ouverts doivent permettre de mobiliser l'énergie des acteurs et de l'accroitre ;
  • que les standards ouverts sont à défendre face aux dangers des technologies propriétaires.

Rien à ajouter ! (si, le rappel de ce que sont les vrais standards ouvert)

Sources et liens :

Comment promouvoir les formats fermés ?

19 juillet 2004, annonce de la création du METCG par Microsoft. Avec un responsable de haut vol spécialement recruté. Avec une priorité importante dans la stratégie de la société. Une annonce parmi d'autres ?

Le METCG c'est le "Media/Entertainment & Technology Convergence Group", soit un groupe de travail pour la convergence entre le monde des technologies et les industries des médias et du divertissement.

Mais quelles technologies ? Celles des appareils utilisant Windows.

(...) the increasing consumer demand for access to high-quality audio/visual digital information, entertainment, news and sports programming via Windows Powered devices in the home.(...)

Et parmi les actions du groupe METCG , il s'agit d'établir des relations entre les différents acteurs : les pouvoirs publics (pour les aspects législatifs), les autres industriels partenaires... et les organismes de standardisation et d'établissement des normes.

Car, des formats (fermés) découleront tout : les outils pour les utiliser, les royalties pour les décoder, les technologies pour être présent sur le marché.

En fait, on peut distinguer deux grands secteurs du numérique (avec les formats des données comme élément clé) : le secteur professionnel et celui des loisirs.

  • Le secteur professionnel, c'est celui qui touche au système d'information des entreprises (et des administrations et des particuliers), à la bureautique, aux réseaux ; les outils sont entre autres les traitements de texte, tableur, messagerie, navigateur, bases de données, serveurs.
    • Le problème des formats y est crucial ; l'interopérabilité y est présente et y progresse plutôt.
  • Le secteur des loisirs numériques, ce sont les divertissements à domicile (home entertainement), ce qui touche à l'industrie des media et des contenus : musique, télévision, cinéma, photographie, informations ; ses données seront à terme concentrées sur l'ordinateur, rebaptisé concentrateur numérique (digital hub), avec aussi les balladeurs numériques, les appareils photos numériques, les téléphones portables,...
    • Le problème des formats y est encore plus crucial en regard des aspects liés aux droits d'utilisation ; l'interopérabilité y est peu présente et les industriels sont chacun à avancer leurs technologies fort de leur poids... qui correspond aux utilisateurs de leurs formats fermés. Comme le secteur est assez vierge et en croissance, il faut positionner ses technologies.

Interopérabilité en deça des intérêts commerciaux, non-interopérabilité au-delà. Sans oublier que celui qui contrôle le format fermé de l'information occupe une position bien importante vis-à-vis de cette information.

Sources :

Quand des industriels pensent vraiment standards ouverts...

Le 16 juillet, IBM a annoncé qu'il souhaitait standardiser les installations de logiciels en entreprises en proposant "Solution Installation Schema". Quand on lit standardisation de la part d'un acteur important du secteur de l'informatique :

  • soit il considère que le standard c'est moi : hors de ma technologie, hors de mon format (fermé), rien n'existe (les exemples sont hélas nombreux par exemple pour les messageries instantanées, les fichiers musicaux) ;
  • soit il a une approche réellement ouverte, basée sur des standards vraiment ouverts et se tournant vers une structure indépendante pour soumission et validation.

C'est ce second cas que IBM, Novell, InstallShield et ZeroG ont retenu :

  • il s'agit d'un schéma XML dont les spécifications sont publiées ;
  • proposé au consortium W3C pour avis ;
  • librement utilisable (pas de royalties) ;
  • avec un groupe de travail dédié au sujet.

Quand des industriels pensent vraiment standards ouverts... tout le monde y gagne.

Sources :

En musique, c'est la cacophonie des formats !

Deux articles de ce jour tirent la sonnette d'alarme à propos des fichiers de musique.

Un fichier de musique brut, c'est lourd. Donc il faut le compresser. Surtout si on veut le faire circuler. Et encore plus le vendre, car le marché de la musique numérique est en pleine explosion. Mais le vendre avec le matériel pour l'écouter est encore mieux. En liant ce matériel d'écoute aux fichiers musicaux. L'un ne va pas sans l'autre.

C'est ce qui se passe dans le secteur de la musique numérique : il y a des formats qui donnent des fichiers lourds et il y a des formats compressés (mais avec altération de la qualité musicale) qui donnent des fichiers plus légers. Et ces fichiers plus légers permettent de stocker plus de musique sur les appareils d'écoute. Mais seulement pour les appareils qui peuvent lire les fichiers aux formats compressés retenus.

Ainsi, le nerf de la guerre est le format. Qui doit aussi permettre la gestion des droits numériques (les DRM : Digital Rights Management). Donc le format est fermé. Pas de standard ouvert.

Quatre couples format-non-ouvert/appareil s'affrontent actuellement :

  • le format AAC et les iPod d'Apple
  • le format ATRAC et les matériels de Sony (et quelques autres qui savent lire le format ATRAC)
  • le format WMA, format de Microsoft, et les appareils qui l'utilisent (comme ceux Philips par exemple)
  • le MP3, format plus ouvert mais avec brevet, utilisé sur de nombreux appareils

Face à eux, un format réellement ouvert, le Ogg Vorbis (qui n'utilise pas de technologie brevetée), utilisé par les matériels iRiver par exemple.

Alors, les formats vraiment ouverts comme solution pour régler cette foire d'empoigne et permettre l'interopérabilité ? Ce serait à souhaiter.

Articles de Florent Latrive dans Libération du 13 juillet :