Formateur Perl Formation Perl
L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des standards ouverts (formats, protocoles) dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage et presque partout), depuis le 1er juillet 2004 (soit plus de 2010 jours) - Il y a actuellement 2226 articles en ligne, dont 20 pour février - Les 5 ans du site et l'article n°2200.


Depuis Identi.ca, les 12 derniers sites pdlsa relevés par tsfoo : Sage, Saint Algue, Comité de la Charte, MaContraception.Fr, BienVivreMaTension.Fr, Biogaran, l'UNICEF, Atelier.fr (Veille Web de BNP Paribas), Coca-Cola-Entreprise.Fr (comme Coca-Cola France), Tetra Pak, PSA, RenaultShop.Fr (voir une liste qui en reprend et plus complète).


Ne me suivez pas sur Twitter, ni sur Facebook : je n'y suis pas. Et il n'y a pas non plus d'applicaton iPhone pour FOo. En revanche, il y a le site Web (vous y êtes !) et le compte tsfoo sur Identi.ca


Apple et des formats, septembre 2005

Le sujet des formats à l'occasion d'Apple Expo Paris 2005

Samedi 24 septembre dernier s'est terminé le salon annuel Apple Expo à Paris. Comme à l'occasion de l'édition 2004 ou d'autres évènements Apple (en février 2005, en juin 2005), on peut considérer quelques annonces et informations sous l'angle des formats.

Le format conférence de presse

Steve Jobs a retenu le format de la conférence de presse, avec journalistes conviés à lui poser des questions. C'était mardi 20 septembre, jour de l'ouverture d'Apple Expo à Paris. Plus de présentation (keynote) sur scène, un peu comme une vedette en concert. Et cela semble réussir : la couverture médiatique a été plus large que la seule presse spécialisée.

Format RSS : rien en France, en Italie, en Espagne.

Les sites Apple ne connaissent-ils pas la technologie RSS en France, en Italie ou en Espagne ? En effet, pas de fil RSS sur les sites de ces pays. Au contraire, les sites américain et allemand proposent un fil RSS. Pourtant la dernière version du navigateur Safari, sorti fin avril, est dénommé... Safari RSS car il intègre les RSS.

Le format du logiciel Pages

Le format du logiciel Pages, lancé en février, est basé sur du XML. Mais quel XML... : format ouvert ou pas ? D'après les indications officielles données par Apple à Apple Expo et sur ses pages Web, toutes les informations sur le format ne sont pas disponibles :

This document does not describe the complete XML schema for either Pages 1.x or Keynote 2.x. The complete XML schema for both applications is not available and will not be made public. (Le schema XML complet pour ces deux applications ne sont pas disponible et ne seront pas rendues public).

Important: This document only covers the file formats for Keynote 2.x and Pages 1.x. Future versions of those products may use a different file format than the ones described here. Developers should understand that Apple cannot guarantee that the file formats described herein will be supported in those future versions of the iWork applications as they are currently supported. Changes to these file formats ought to be expected. (Apple ne peut pas garantir que les formats de fichiers décrits ici seront pris en compte dans les futures versions des logiciels de iWork tel qu'elles le sont actuellement).

En résumé : le format de Pages est du XML ; mais ce n'est pas un format ouvert.

Le format mini est mort, vive le format nano

Après le format mini de l'iPod mini, le très petit baladeur numérique d'Apple, c'est désormais le format nano, en terme de nom et de taille encore plus petite, avec l'iPod nano. Pour les futurs formats de nom, il reste l'iPod pico ou l'iPod femto (voire la miniaturisation ultime... avec l'iPod sous-la-po).

Format de machines de type MALLL...

En proportion, le format le plus répandu des ordinateurs personnels (personal computer, en anglais, soit PC) est Windows sur diverses machines de différents fabricants. Les machines Apple (qui sont des ordinateurs personnels, des PC) sont rares en proportion (mais dans un format absolu, cela donne plusieurs millions de machines, ce qui sonne tout de suite plus important).

Les ordinateurs à la pomme (format français) utilisent presque exclusivement le système d'exploitation d'Apple, Mac OS, actuellement dans sa Mac OS X version Tiger 10.4. Donc, un ordinateur Apple mais avec Linux et d'autres logiciels libres, voilà un format peu répandu : plus brièvement, au format de sigle en français, la MALLL, Machine Apple & Logiciels en Logiciel Libre est rare.

Sources et liens :

Les formats au programme des écoles, collèges, lycées et universités

Les formats dans les B2i école-collège-lycée et dans le C2i

Qu'en est-il des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'éducation ? Et plus précisément, parle-t-on des formats dans le primaire, le secondaire ou le supérieur ?

La première question est très vaste, avec des situations très diverses, 20 ans après le plan IPT (Informatique Pour Tous) où il y eut par exemple des formations pour apprendre aux enseignants à programmer afin de créer des logiciels dédiés à l'enseignement avec un format ouvert pour y apporter des améliorations.

Pour ce qui est de la seconde interrogation, il est possible de répondre plus précisément, notamment à l'appui d'un texte paru hier. En effet, le document officiel BOEN (Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale, abrégé BO) n°34 du 22 septembre 2005 comporte page 1801 à 1804 un texte qui évoque les formats.

Ainsi, la circulaire n°2005-135 du 9-9-2005, Les technologies d’information et de communication dans l’enseignement scolaire, indique plusieurs choses à propos du Brevet informatique et internet (B2i) :

  • le B2i change de format de dénomination :
    • le B2I niveau 1 devient B2i école ;
    • le B2I niveau 2 devient B2i collège ;
    • le B2I niveau 3 devient B2i lycée-CFA ;
  • ces B2i ne sont pas au format examen final : ce sont « des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d’activités intégrant les TIC dans le cadre de l’enseignement scolaire. » Il est rappelé que « la validation ne s’effectue pas en fin de cycle » mais tout au long de la scolarité : donc, pas de B2i à passer, et pas de logiciel spécifique (on parle de compétences générales, de traitement de texte, de tableur, de navigateur, de messagerie,..., sans marque particulière) ;
  • concernant les formats informatiques, l'annexe du document indique pour le B2i lycée-CFA que l'élève est capable (Domaine 4 : Acquérir, transformer, produire de l’information) de :

1. Déterminer les caractéristiques d’un fichier ou d’une application (nom, extension, taille, propriétés...). 2. Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier.

  • pour les formats informatiques dans les B2i école et collège, les annexes et les feuilles de position ne précisent pas la notion ;
  • enfin, pour le supérieur, le C2i (Certificat informatique et internet) niveau 1 spécifie :

Tenir compte des problèmes de compatibilité, de format de fichier, de norme et procédure de compression et d’échange. (point 4 de A1)

Finalement, le sujet des formats de fichiers à proprement parlé est abordé au lycée : « Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier ». Le point qui concerne l'interopérabilité ou les formats ouverts (ou pas) n'est pas traité, même si le sujet est rencontré dès l'école, avec par exemple les formats des pièces jointes et ceux des documents traitement de texte.

Sources et liens :

Google Print attaqué, interview sur la Bne et les rencontres de l'Ichim

De nouveaux éléments pour la Bne (Bibliothèque numérique européenne)

Trois nouvelles informations récentes sont à verser au dossier (mis à jour) sur la bibliothèque numérique européenne, qui a débuté 14 décembre 2004 avec l'annonce du projet Google Print for Libraries.

Action collective contre Google Print for Libraries

Le projet Google Print for Libraries est suspendu par Google depuis mi-juillet jusque début novembre. Depuis cette mi-septembre, le projet est l'objet aux Etats-Unis d'une plainte en justice sous forme d'action collective pour violation du droit d'auteur, de la part d'auteurs d'une association professionnelle (Authors Guild).

Interview de Jean-Noël Jeanneney sur la Bne

Jean-Noël Jeanenney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), est interviewé à propos de la bibliothèque numérique européenne. Il parle de l'importance symbolique, politique et cultutelle du projet, de sa durée (3 à 4 ans), de son côut (peut-être 300 à 400 millions d'euros à 25 états, pour 5 à 6 millions de livres européens), de la position de la France (à l'initiative du projet avec sa réaction du 22 janvier, et qui a aussi Gallica).

Concernant le groupe de pilotage et les experts techniques qui y sont, il indique que l'idée est « de concevoir le plus juste et le meilleur outil possible. » Souhaitons que cet outil prendra bien en compte et utilisera les standards ouverts, comme cela avait été avancé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Les 9e rencontres de l'Ichim : Patrimoine culturel et numérique

Du 21 au 23 septembre 2005 se déroulent les neuvièmes rencontres internationales sur la numérisation du patrimoine et l'émergence des cultures numériques. Elles se déroulent à Paris, à la Bibliothèque nationale de France et à la Cité internationale universitaire.

Parmi les interventions au programme des 3 jours de conférences, et qui auront même indirectement les formats et protocoles en arrière plan, il faut signaler :

  • Jean-Noël Jeanneney en ouverture des rencontres à propos de la bibliothèque numérique européenne ;
  • Rabin Yaghoubi, « Director of Strategic Partner Development » de Google Europe qui a présente son programme pour les bibliothèques et les éditeurs ;
  • Caroline Wiegandt, directrice générale adjointe de la BnF et Rosemary Russell de l'Université de Bath abordent les stratégies des bibliothèques nationales pour la numérisation massive d'ouvrages ;
  • le thème de l'archivage du Web.

Ce 22 septembre est aussi une journée thématique consacrée aux jeux video, qui font l'objet d'un dépôt légal et de conservation à la BnF.

Les formats et la rareté

Y a-t-il des formats rares ?

Quel est le point commun entre Le Salon du Collectionneur (du 16 au 25 septembre), la vente aux enchères d'objet des Beatles le 29 juillet dernier, ou la bibliothèque municipale publique de Sélestat (aussi nommée Bibliothèque Humaniste de Sélestat, fondée en 1452) ?

Chacun propose ou a proposé des objets rares : meubles, orfèvrerie ou sculptures pour le premier ; un manuscrit de John Lennon de la chanson All you need is love, vendu un million de dollars, pour le deuxième ; une collection de premier plan au niveau national avec des manuscrits et des ouvrages anciens pour la troisième.

Ce qui fait la particulartité et la valeur de ces objets est qu'il n'en existe que très peu d'exemplaire identique dans le monde, voire qu'un seul. Ce caractère unique fait la rareté de ces pièces exceptionnelles.

Qu'en est-il pour les formats, ouverts ou pas, dans le monde numérique : y a-t-il des formats qui sont rares ? La rareté existe-t-elle dans le numérique ?

Oui, certains formats sont rares, au sens de peu répandu, peu féquent ou plus utilisé : il s'agit des formats que l'on ne sait plus employer car les logiciels qui ont servi à les créer ont disparu (arrêt de la part de l'éditeur ou fin de l'éditeur). Et seuls un logiciel spécifique savait exploiter les données des fichiers, logiciel que seule la société éditrice maîtrisait. Les exemples de formats qui sont désormais inexploitables peuvent se rencontrer souvent.

Non, les formats ne sont pas du tout rares, car aucun fichier à un format donné n'est rare. En effet, l'une des caractéristiques techniques fondamentales des fichiers numériques est d'être copié. Qu'il s'agisse de texte, d'image, de son, de video, et indépendamment de la taille, créer une copie parfaite est propre au numérique. Le clone, ou plutôt les clones, existent et peuvent se multiplier dès lors qu'un seul exemplaire existe. Et les réseaux facilitent cette situation. Ainsi, un format et un fichier numériques ne connaissent pas la rareté, l'original n'existe pas. Sauf à placer des DRM pour limiter les utilisations.

Cependant, un fichier à un format sans logiciel pour l'utiliser ne sert à rien et n'a aucune valeur. Ce qui compte alors est l'ensemble fichier-logiciel pour l'exécuter, voire la machine sur laquelle le logiciel fonctionne, avec des éléments qui lui sont indispensables. C'est alors la machine complète qui compte, et qui peut être rare.

Par exemple les ordinateurs complets voire en état de marche, comme un Micral N (1973, de la société R2E, avec un Intel 8008 à 500 kHz) exposé à la Cité des sciences et de l'industrie, un IBM PC de 1981 ou un NeXTcube sont des pièces rares. Bien sûr quand en plus la production industrielle n'a pas été très élevée, la rareté de la machine est accrue.

Enfin, il faut signaler un texte de Emmanuel Hoog, président directeur-général de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), publié dans le Monde diplomatique d'octobre 2004, à propos de la conservation de notre mémoire audiovisuelle, où il écrivait :

La nature même de l'audiovisuel, c'est la copie.

Sources et liens :

«Quand les standards ouverts comptent vraiment - Le cas Katrina»

Article « When Open Standards Really Matter - The Katrina Factor » du site Groklaw.net, en version française

Note : quand un article à propos des standards ouverts est très bon, même s'il décrit des situations dramatiques, autant ne pas le reprendre par bribes. Et pour le faire connaître encore mieux, autant le proposer au format normalement utilisable par les lecteurs francophones de Formats-Ouverts.org, donc en version française. Cette traduction n'est pas la version officielle, mais une traduction, et peut comporter des coquilles. Il s'agit du début de l'article. Merci à Pamela Jones. (Gras, italique et lien ont été ajoutés au texte original.)

Si vous avez des doutes sur la direction que l'état du Massachussets suit en exigeant des standards ouverts pour tous les documents officiels, considérez ce qui est arrivé quand l'ouragan Katrina a détruit presque toutes les communications sauf Internet. Les téléphones portables et les talkies walkies furent hors service, encore une fois, exactement comme ils le furent le 11 septembre, comme David Kirkpatrick l'écrit dans un article de Fortune :

Parmi les répercussions de l'ouragan, la plupart des systèmes de communications de la région échouèrent ou ne fonctionnèrent pas correctement. L'eau et le vent détruisirent les alimentations, arrachèrent les lignes téléphoniques et détruisirent les antennes relais des téléphones portables. Les systèmes qui restèrent furent rapidement submergés. Quand les secours avaient des équipements en état de marche, comme les talkies walkies, ils ne purent pas se connecter avec les autres sur des systèmes de communications différents.

Vous avez bien lu ? « sur des systèmes de communications différents ». La même chose arriva après le désastre du tsunami en Thaïlande, comme relaté dans le rapport qui vient dêtre publié par ePolicy Group :

« Les agences responsables et les groupes non-gouvermentaux sont incapables de partager des informations qui sont vitales pour les efforts de secours » rappelle le rapport au gouvernement de Thaïlande à propos des conséquences du tsunami. « Chacun utilise des formats de données et de documents différents. Les secours sont ralentis ; la coordination est compliquée. Le besoin de standards ouverts communs pour la gestion des désastres n'a jamais été aussi catégorique ni irrésistible. »

N'est-il pas temps, après tant de souffrance, de reconnaître que garder les gens en vie est plus important que de permettre à des sociétés privées de verrouiller les utilisateurs dans des systèmes propriétaires qui ne fonctionnent alors pas en cas d'urgence ? Et pourquoi Internet marche-t-il toujours, qui que vous soyez et quel que soit le système d'exploitation que vous utilisez ? Car il a été construit, non pas sur des standards propriétaires, mais entièrement sur des standards ouverts. C'est pourquoi vous pouvez m'envoyer un courriel, même si vous utilisez Microsoft Outlook. Je n'utilise pas de produits Microsoft, mais grâce aux standards ouverts, je peux tout de même lire votre courriel, et en cas d'urgence, nous ne serons pas déconnectés parce que nous aurons « différents sytèmes de communications ».

Sources et liens :

Vous ne pourrez ni transférer, ni voir, ni exécuter, ni choisir

HDMI, DisplayPort et PCI contrôlent les échanges

Quoi de neuf du côté du matériel ? A cette question, il y a déjà quelques « caractéristiques » techniques qui ont été signalées :

  • le câble HDMI et leur blocage de transfert de contenu protégé ;
  • des écrans utilisant le HDCP qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;
  • les consoles de jeux n'acceptant que des périphériques « certifiés » ;
  • des imprimantes qui impriment un code unique d'indentification sur chaque document.

La liste des éléments et matériels concernés par ces « améliorations » se complète, avec cette fois une triple dose.

HDMI 1.2

Le câble HDMI bénéficie de nouvelles spécifications, version 1.2, qui prennent en compte de nouveaux formats (le SACD, Super Audio CD ; le RGB pour l'affichage des couleurs sur ordinateurs ; le connecteur 19 broches) ; le contrôle des flux avec la technologie HDCP demeure : pas d'affichage, ou alors en mondre qualité, si les contenus sont protégés ;

VESA et DisplayPort

L'association d'industriels VESA (Video Electronics Standards Association), qui établit des normes techniques d'interface, a annoncé la disponibilité de DisplayPort : une technologie avec haute définition, son et video numérique, plug-and-play, pour connecter ordinateurs, video-projecteur, télévisions, lecteurs de DVD. Mais aussi avec des contrôles :

« DisplayPort is expected to accelerate adoption of protected digital outputs on PCs to support viewing high definition and other types of protected content through an optional content protection capability » : DisplayPort est prévu pour accélérer l'adoption des sorties numériques protégées sur PC pour soutenir la haute définition et d'autres types de contenu protégé, au travers d'une possibilité de protection de contenu optionnelle. Dans un format plus clair : il est prévu d'avoir des limitations d'utilisations.

« The promoter group based their development efforts on the premise that the PC industry requires a ubiquitous digital interface with optional content protection that can be deployed widely at minimum cost to enable broad access to premium content » : le groupe promoteur a basé ses efforts de développement sur les prémisses que l'industrie des PC exige une interface numérique avec une protection de contenu optionnelle qui peut être largement déployée et à coût minimum pour permettre un large accès à des contenus de première qualité. Dans un format plus clair : les industriels de l'informatique demande de la protection (comme les studios), voilà une réponse.

Une chaîne de contrôle se met en place pour l'ensemble des éléments de la « vie numérique » avec « ses loisirs numériques ».

PCIe 2.0, le PCI-SIG et Intel

Le bus PCI est le Peripheral Component Interconnect, c'est-à-dire ce sur la carte mère assure les échanges entre les composants et les entrées/sorties. Il s'agit de caractéristiques physiques d'emboitement, comme celles électriques et celles de dialogue entre les éléments. Il y eut le PCI, il y a actuellement le PCI Express (PCIe 1.0), et bientôt le PCI Express 2 (PCIe 2.0). Cette version a été en partie dévoilée lors de la conférence PCI-SIG (Peripheral Component Interconnect Special Interest Group) en juin et Intel fin août en a aussi traité. PCIe 2.0 proposera bien plus de « protections » qu'avant :

« PCIe II will try and include better trusted computing. There will be a trusted configuration space, and a trusted configuration access mechanism will be included with modifications to the trusted platform module (TPM) to enable that. » : PCIe II essaiera et incluera une meilleure informatique de confiance. Il y aura une zone de configuration de confiance, et un mécanisme d'accès de configuration de confiance sera inclus avec modifications de la puce TPM (Trusted Platform Module) pour permettre cela. (article d'Inquirer)

Dans un format plus clair, l'excellent texte de l'article d'Anicet Mbida (01 Informatique) donne des exemples concrets, repris ici sous forme de liste :

  • « les logiciels pourront « identifier de façon unique un périphérique » et s'assurer que celui-ci est certifié. »
  • « le périphérique pourra « distinguer si les requêtes viennent d'un logiciel qui est certifié ou non » et agir en conséquence. »
  • « il est facile d'imaginer qu'un fabricant de machines bloque l'installation de périphériques venant d'un autre constructeur »
  • « certains adaptateurs réseaux ou cartes SCSI pourraient ne plus fonctionner qu'avec telle ou telle application. »

Derrière ces 3 cas, c'est la technologie des DRM qui est en action. Avec donc des répercussions sur le libre choix des utilisateurs. Et l'informatique de confiance, les contenus protégés, les contrôles des flux ne vont pas de pair avec les standards ouverts et l'interopérabilité, même si la dénomination avancée sur les sites des industriels concernés est « standards ouverts de l'industrie »...

Sources et liens :

Ouverture, ou ouverture conditionnelle

Prenez et utilisez, mais...

Il est souvent très sage et précautionneux de lire en détails toutes les informations fournies à propos d'une offre, et à comprendre la signification des termes employés. L'exemple des astérisques avec renvoi au bas du document (ou au verso) pour les détails de l'offre (« Sous réserve de... », « Voir conditions », ou « Dans la limite de...») ou celui des textes techniques ou juridiques (comme des licences d'utilisation de logiciel), au vocabulaire souvent incompréhensible de prime abord, illustrent bien cette remarque de bon sens.

Ces précautions sont notamment nécessaires quand les termes « ouverts » (comme dans standards ouverts) et « ouverture » sont employés, comme par exemple à propos des API. Les API, interfaces de programmation (Application Programming Interfaces), sont de petits programmes permettant d'utiliser d'autres programmes. Concrètement au cours des derniers mois, plusieurs sociétés ont décidé de proposer leurs API pour inciter à utiliser leurs programmes :

  • Yahoo! et Google, en mars, à propos de leurs sites Web
  • Google, fin août, à propos de son service de messagerie instantanée, Google Talk
  • Skype, fin août également, avec des annonces pour sa messagerie instantanée et SkypeWeb
  • Microsoft, le dernier en date, qui a annoncé début septembre l'ouverture prochaine d'API pour son site de recherche MSN Search, ainsi que des outils de développement pour interagir avec son site Web de cartographie (Virtual Earth). D'autres éléments pourraient aussi être proposés pour utiliser des services Web de Microsoft, comme Hotmail (site de courriels) ou MSN Spaces (site de blog).

Cette approche est en un sens à l'opposé de celle du système d'exploitation vendu actuellement et qui est au cœur des ordinateurs, car le Web devient dans ce schéma le centre avec le navigateur comme pièce maîtresse : un système d'exploitation particulier n'est donc plus capital, la navigateur suffit. Sauf à lier très fortement les services Web proposés avec un navigateur, lui-même lié à un système d'exploitation dans une version particulière. Mais il n'y aurait alors plus d'interopérabilité.

L'article de ZDNet précise un point : celui de la licence d'utilisation de ces API,

La licence non commerciale autorisera 10.000 recherches par jour et par adresse internet.

Donc, il y a une limite du nombre des recherches dans la licence non commerciale retenue. Certes c'est une limite qui peut sembler élévée, mais elle peut-être atteinte. D'un autre côté, on peut comprendre la logique retenue qui consiste à proposer des API pour inciter à utiliser ses services, une démarche commerciale classique. Mais il ne s'agit pas vraiment d'ouverture, ou alors d'une ouverture conditionnelle. De l'intérêt de lire attentivement les conditions d'utilisation pour connaître les conséquences, une remarque finalement assez banale mais importante.

Sources et liens :

Les formats et les protocoles sont des sujets stratégiques

L'AII, les 10 secteurs stratégiques et les standards ouverts

Quels sont les sujets stratégiques pour un pays, quels sont les secteurs clé à maîtriser ? Cette question a été d'actualité très récemment, illustrée de trois manières, avec les formats et les protocoles bien présents au moins en arrière plan :

  • fin août 2005, l'Agence de l'innovation industrielle (AII) a été officiellement créée par décret. Elle « a pour mission de dynamiser les capacités industrielles et le potentiel technologique français. » Elle se trouve sous la tutelle du Ministre de l'économie.
  • tout début septembre, une liste de 10 secteurs stratégiques a été divulguée officieusement par la presse avant la publication officielle prochaine. Ainsi, le journal Le Monde donne comme 10 secteurs : « les casinos (au nom du blanchiment d'argent), la sécurité, les biotechnologies, la production d'antidotes, le matériel d'interception et de communications, la sécurité des systèmes informatiques, les technologies duales (c'est-à-dire pouvant être utilisées tant pour des applications civiles que militaires), la cryptologie, les marchés secret défense, l'armement. »
  • enfin, lors de son discours à Pomacle (près de Reims, Marne) le 30 août à propos de l'innovation industrielle, le Président de la République a évoqué les domaines clé : « Les secteurs prioritaires, nous les connaissons : l'énergie, la santé, les technologies de l'information et de la communication, les transports non polluants et sécurisés. » Il a aussi cité :
    • « le développement d’un moteur de recherche multimédia sur internet » et « des programmes dans le secteur en pleine expansion de la téléphonie mobile et des terminaux multimédia » ;
    • et le dossier de presse de ce discours traite aussi de « la création et la production audio, vidéo, texte et image, l’archivage et la préservation du patrimoine multimédia, la création de bibliothèques numériques, des services de recherches multimédias, des services de transcription et de traduction et la protection et la surveillance de contenus. ».

Parmi les secteurs et les activités jugés stratégiques, nombreux sont ceux qui utilisent des formats et des protocoles, sans oublier des logiciels : les technologies de l'information et de la communication ou les contenus (texte, image, audio et video) sont les premiers. En ce sens, les formats et les protocoles sont stratégiques, comme les logiciels.

Et les standards ouverts répondent à ces exigences d'indépendance et de maîtrise technologiques, de sécurité, de puissance technique, de pérennité et d'archivage des informations et du patrimoine. L'un des meilleurs exemples actuels où se retrouvent ces exigences et la réponse des standards ouverts et des logiciels libres est le projet de Bibliothèque numérique européenne, comme développé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Sources et liens :

Des formats ouverts pour la synchronisation

Le nouvel iPod nano et quelques formats ouverts de calendrier et de contacts

Le 7 septembre avait lieu à San Francisco une intervention de Steve Jobs pour présenter de nouveaux produits Apple.

Le format de ces interventions (keynotes) est rôdé (et ouvert) : l'entrée sur la scène, la tenue (dont le jean), les formules et le vocabulaire (« ...de tous les temps »,« une révolution... », « le meilleur »), le déroulement (alternance entre debout sur la scène à se déplacer, assis derrière l'ordinateur, les effets de surprise, les responsables invités à parler sur la scène, les films de publicité, l'entretien par Webcam,...).

Sans faire de parodie en reprenant ce schéma ou le vocabulaire, l'une des annonces concernait le nouveau modèle de baladeur numérique iPod, baptisé iPod nano, qui remplace l'iPod mini.

Une des caractéristiques est la possibilité de synchroniser l'iPod nano avec des données de son ordinateur. Cependant il ne s'agit pas seulement de musique, mais aussi de calendriers et de contacts. Mais ces données doivent être à quels formats ?

On lit sur la page des caractéristiques du produit à propos de « Calendrier et contacts » :

Grâce à la prise en charge du Carnet d'adresses et d'iCal pour Mac et d'Outlook ou Outlook Express pour PC, [...]

Donc, seules les données des logiciels Carnet d'adresses et iCal d'Apple (avec Mac OS X) et de Outlook ou Outlook Express de Microsoft (avec Windows) seraient transférables... Et si on utilise d'autres logiciels sous Windows ou sous Mac OS X ? Et si on utilise un autre système d'exploitation que Windows ou Mac OS X ? Continuons la phrase :

ainsi que des fichiers normalisés vCal, iCal et vCard, iTunes synchronise vos calendriers et vos contacts pour vous permettre d'accéder à tout ce dont vous avez besoin en un tour de molette.

Il y a bien une autre solution : les formats « normalisés » vCal, iCal et vCard. Et les spécifications de ces 3 formats sont publiées, disponibles et utilisables : ce sont 3 formats ouverts. Donc, a priori, il n'y a pas qu'un format de données créé par seulement un logiciel spécifique, mais des formats ouverts qui n'obligent pas à utiliser vers un seul logiciel (qui plus est parfois pour un seul système d'exploitation).

L'approche retenue est donc d'utiliser un format ouvert, indépendant des logiciels. C'est aussi ce qui a été décidé très récemment par l'état du Massachussets à propos de ses formats bureautique : il a choisi le format ouvert OpenFormat. Une approche qu'Apple a déjà employé par exemple pour le RSS dans son navigateur Safari ou pour d'autres formats de Tiger. Un moyen de favoriser l'interopérabilité.

Sources et liens :

Quand on introduit un élément nouveau, les formats aussi sont là

Et le tableau blanc interactif arriva

La commune de Sorgues dans la Vaucluse a décidé d'équiper de tableaux blancs interactifs ses écoles élémentaires. Sans entrer dans le domaine des utilisations pédagogiques de cet outil, il est intéressant de s'y pencher au titre des formats, car c'est un très bon exemple.

Un tableau blanc interactif est un tableau tactile relié à un ordinateur et un video projecteur : il permet d'aller dans les deux sens,

  • de l'ordinateur vers la tableau pour y projeter l'écran avec ses logiciels et ses documents ;
  • du tableau vers l'ordinateur pour travailler en utilisant les logiciels de l'ordinateur (traitement de texte, navigateur,...) et pour écrire des informations sur le tableau, qui seront sauvegardées sur l'ordinateur.

Il s'agit donc plus que d'un écran géant ou d'un tableau électronique (qui permet d'enregistrer les notes sur l'ordinateur connecté).

  • Deuxièmes formats, bien plus délicats : les formats des logiciels utilisés, utilisables, nécessaires voire obligatoires... Et alors deux cas de figure se présentent :
    • Cas 1 : « un seul système d'exploitation je ne connais, point d'autre ». On pourrait tourner cela au format « exclusivité offerte seulement par le système ». Mais cela pourrait être tout simplement un système d'exploitation avec une version définie, récente, payante et seulement celle-là. Conséquences : l'ajout de cet élément dans la chaîne des matériels oblige à utiliser ce logiciel particulier. De plus les logiciels utilisables pourraient être que certaines versions. D'où mise à jour nécessaire, logicielle voire matérielle, et impossible de changer de systèmes pour les machines... sauf à perdre l'utilsation des tableaux blancs interactifs ;
    • Cas 2 : « peu importe le système d'exploitation et sa version ». Le tableau blanc interactif utilise indifféremment les principaux systèmes d'exploitations (Windows, Mac OS, Linux, Unix), y compris dans des versions anciennes (Windows 98, Mac OS 9 par exemple). Et tous les logiciels présents sur l'ordinateur sont exploitables.
  • Troisièmes formats : ceux des fichiers enregistrés avec le logiciel qui est en charge des notes prises sur le tableau blanc interactif. Si le format n'est pas ouvert, ces données sont liées au format de ce logiciel. Si la société modifie le format ou le logiciel, abandonne une version antérieure, cesse de proposer le logiciel ou disparait, les données sont verrouillées. Surgissent alors des problèmes de pérennité, d'archivage. En revanche, si des formats ouverts sont utilisés, alors ces problèmes sont levés.

Pour ce qui est des écoles de Sorgues, le matériel de la société retenue se trouve das le cas 2, ce qui permet de conserver une indépendance de choix des autres matériels et des logiciels.

Finalement, l'introduction d'un élément nouveau dans une chaîne matérielle et logicielle peut provoquer des perturbations et des moficiations fortes liées aux formats, et qui ne sont pas immédiatement visibles. (Les points communs avec les éléments d'un écosystème ou avec la chaîne alimentaire ne sont sans doute pas si éloignés).

Sources et liens :

Les formats de la PSP

La PlayStation Portable est sortie, avec ses formats

Le 1er septembre, après le report de la date initiale prévue en mars, avait lieu la sortie en Europe de la console PSP, PlayStation Portable, de Sony. Le 11 mars 2005, c'était la console portable Nintendo DS.

En plus de la guerre des consoles de salon (actuellement, entre PS2, Xbox et GameCube ; prochainement entre PS3, Xbox360 et Revolution, respectivement de Sony, Microsoft et Nintendo), il y a donc désormais la guerre des consoles portables avec la GBA (GameBoy Advance), la DS (DualScreen) de Nintendo et la N-Gage de Nokia comme concurrents. Et dans ces affrontements, les formats (physiques, électroniques ou informatiques) jouent des rôles capitaux.

Assez logiquement, direction le site Sony.fr. Rien sur le PSP n'est mis en avant, donc utilisation de la fonction Rechercher en tapant « PSP ». Et la réponse tombe... un peu surprenante :

Vous avez recherché sur ce site et sur les sites connexes : "PSP". Désolé, aucun résultat ne correspond à vos critères de recherche. (!!)

Malgré cela, « le site Web officiel » se trouve facilement avec un moteur de recherche : YourPSP.fr est son nom. Et alors seconde surprise.

Le site n'est pas vraiment un site Web, pourrait-on dire dans un format critique. En effet le format HTML ou XHTML est peu utilisé, les pages étant systématiquement en animations Flash, que ce soit pour les présentations comme pour la navigation. Cela peut se comprendre avec une approche au format « il faut impressionner », pour laquelle le Flash est assez souvent utilisé. Pourtant le HTML, et mieux encore, le XHTML, permettent aussi de faire de superbes choses animées. Et de permettre l'accès à tous et aussi l'indexation des pages. Alors, une partie aussi en HTML ?

Donc, pour parler de la PSP et de ses formats, impossible de n'avoir qu'une page Web de type Fiche de description officielle au format HTML seulement. A défaut, en voici donc une, issue de différentes sources (citées en fin d'article).

Fiche descriptive de la PSP prise sous l'angle des formats
  • Nom :
    • long : PlayStation Portable, donc une dénomination à un format qui reprend le terme PlayStation, connu et établi
    • court : PSP, un format plus percutant
  • Fabricant : Sony, une marque avec un nom à un format court, facilement mémorisable
  • Sites Web :
    • celui de Sony France ne connait pas l'existence de la PSP : format oubli ;
    • celui officiel, YourPSP.fr, ne connait que le format Flash pour ses pages Web : donc pas d'indexation ni pas d'accès par tous ; une partie des informations aussi au seul format HTML serait encore plus riche comme approche, même si le résultat ne sera pas identique, mais au moins encore plus ouvert ;
  • Date de sortie : deux stratégies possibles, avec soit le format de la sortie mondiale simultanée ou celui de l'échelonnement ; c'est ce dernier qui a été retenu : Japon (décembre 2004), puis Etats-Unis (mars 2005) et enfin l'Europe (1er septembre 2005).
  • Marketing et communication : les formats pour faire parler du produit et attirer l'attention des media et des acheteurs sont éprouvés :
    • la réservation possible dans des magasins dès juin, pour être sûr d'en posséder une dès le lancement ;
    • le 31 août dès 21h30, une soirée officielle de lancement en France, ouverte à tous, dont bien sûr la presse, en partenariat avec une radio et avec une enseigne de distribution placée sur une prestigieuse avenue de Paris (donc dans le magasin Virgin des Champs-Elysées avec Fun Radio) ;
    • mise en scène de l'arrivée des premières machines en vente à partir de minuit (semi-remorque escorté de voitures 4x4 Hummer, gardes tout de blanc vêtus,...) ;
    • la presse papier, radio, télé et en ligne largement informée par dossiers de presses ;
    • la possibilité d'être « les premiers à acheter votre PSP, dès minuit ! » ;
    • présentoirs avec accessoires, jeux et films pour PSP judicieusement placés autour des premiers acheteurs potentiels : le format de l'achat compulsif...
  • Prix : 249,99 euros, un format bien plus positif que le 250 trop sec et qui est systématiquement employé ;
  • Dimensions physiques : un format de poche, un format portable avec 270x74x23 (largeur, hauteur, épaisseur, en mm) pour 280 g ;
  • Les fonctionnalités : 4 icônes sont mises en avant dans la campagne de communication, pour 4 possibilités : jeux, video, musique, photo, c'est-à-dire une console format multi-fonction de loisirs numériques ;
  • L'écran : élément clé, son format physique est une diagonale de 4,3 pouces soit presque 11 cm au format métrique, avec un affichage en 16 millions de couleurs au format 16/9e ;
  • La connectique avec plusieurs formats :
    • une prise USB mais il faut « un connecteur Mini-B vendu séparément » ;
    • une prise pour carte mémoire, mais au format Memory Stick Duo ou Memory Stock PRO Duo : ce sont les formats développés par Sony (comme le Memory Stick, mais pas pris en charge ici) ;
    • une prise casque ;
    • une prise pour le chargeur électrique au format spécifique;
    • pas de sortie video ;
    • a priori, seule la prise casque est standard, c'est-à-dire qu'elle n'est pas propre à la seule PSP, il y a interopérabilité entre les casques audio du marché ;
  • Le support au format UMD : l'autre élément clé, c'est l'Universal Media Disk, un format de stockage propre à Sony
    • ce format de support n'existe qu'en lecture : pas d'appareil d'enregistrement d'UMD, et il n'y en aura pas selon le PDG de Sony Computer France qui répondait au journal Metro ;
    • 1,8 Go maximum actuellement, qui permettent de stocker des jeux (donc plus de format cartouche spécifique), mais aussi des video, des films, ou de la musique ;
    • les UMD Video, issus pour une part assez facilement du catalogue de films de Sony Pictures, sont « zonés » comme les DVD : un UMD Video au format Asie ne sera pas lisible au format Europe (zone 2) ;
  • Le sans fil : le format du protocole WiFi est présent, avec précisément le IEEE 802.11b, pour se connecter à des réseaux, avec la possibilité de naviguer sur le Web avec le logiciel fourni ;
  • Les formats pour le multimedia :
    • pour la video, c'est le MPEG-4, format fermé ;
    • pour le son, c'est le Atrac3plus (le format de Sony pour ses baladeurs et sur son site Web Connect de vente de musique) et le MP3, formats fermés ;
    • pour les photos, c'est le JPEG ;
  • Les formats de protection des données : ils sont indiqués dans le Glossaire officiel du site YourPSP.fr, avec
    • des DRM : « Si un téléchargement incorpore la gestion des droits numériques, elle empêche le contenu d'être copié sur plus d'un Memory Stick Duo » ;
    • le MagicGate : « Nom d'une technologie de protection contre la copie utilisée par certains types de Memory Stick Duo. »

En résumé, beaucoup de formats propres à la PSP pour n'alimenter que la PSP en musique, video et jeux. Une stratégie assez classique, depuis les lames jetables de rasoirs jusqu'aux cartouches d'encre des imprimantes.

Les formats, avec peu de formats ouverts, sont clairement omniprésents, sans même aller jusqu'à compter le nombre de fois où le mot est utilisé ci-dessus (à moins que ce ne soit une déformation que d'en voir vraiment partout).

Sources et liens :
  • Parmi les nombreux articles de la presse papier ou en ligne :

Une nouvelle prise de position importante du Massachussets

Le Massachussets opte pour le format OpenDocument et consulte

Voici une décision très importante à propos des standards ouverts, au même titre que celle de la Norvège en juin, de la Belgique en mai 2005 et en juin 2004 ou de la Nouvelle Zélande contre les DRM en juin. L'état du Massachussets a publié un document de travail (ETRM, Enterprise Technical Reference Model, version 3.5) dans lequel il annonce retenir le format ouvert OpenFormat comme son standard. Il lance une consultation à ce sujet qui s'achève le 9 septembre.

Pourquoi est-ce aussi important ? Cette décision l'est déjà en tant que telle. Mais bien plus encore, il faut la replacer dans la chronologie des évènements et préciser les différentes étapes pour vraiment en mesurer le poids. Car l'évolution est remarquable :

  • janvier 2004 : Eric Kriss, Secrétaire de l'Administration et des Finances de l'état du Massachussets lance la nouvelle politique des Standards Ouverts de l'état du Massachussets ;
  • janvier 2005 : Eric Kriss annonce la poursuite et l'élargissement de cette politique dans un excellent texte définissant précisément de vrais standards ouverts, traitant aussi des archives de son état ; une future liste de formats ouverts sera publiée ; il annonce aussi que le format XML de Microsoft Office 2003 n'est pas considéré comme un format ouvert du fait de sa licence et des brevets, mais il précise être en contact avec la société ;
  • mars : publication d'une liste de formats ouverts retenus par le Massachussets : il y a le format OpenDocument de la suite OpenOffice.org, et aussi le format d'Office 2003 qui est alors considéré comme un format ouvert par le Massachussets, un changement de la licence étant intervenu ; un appel à commentaires est lancé jusqu'au 1er avril 2005.
  • fin août : annonce du Massachussets que pour le 1er janvier 2007, il y aura :
    • utilisation du format OpenDocument ratifié par l'OASIS pour toutes les applications et les documents (textes, feuilles de calcul, graphiques, présentations, dessins), avec aussi le PDF (pour documents statiques), le texte brut et le HTML ;
    • et que « Pour assurer le maximum d'interopérabilité, il est recommandé que les extensions propriétaires à tout format XML soient évitées. » (To insure maximum interoperability, it is recommended that proprietary extensions to any XML specifications be avoided.)

Les choses sont dites clairement : pas de XML pleinement exploitable que dans un cadre logiciel dédié et particulier, pas de brevets ; les vrais standards ouverts sont retenus. Pour reprendre l'expression de Pamela Jones de Groklaw, « c'est un peu un miracle » ; c'est considérable.

Sources et liens :

Windows Vista : citation et déclaration qui laissent songeur

Deux articles sur les DRM de Windows Vista

Les DRM et Windows Vista : le duo semble se préciser comme un véritable couple, presque inséparable. Et la presse s'en fait l'écho, avec les dangers clairement pointés. Et un responsable Microsoft enfonce le clou.

Un encadré dans Joystick de septembre sur les DRM

Le mensuel de jeux video Joystick, dans son numéro 173 de septembre 2005, propose un article de 3 pages intitulé « Windows Vista Bêta 1 », signé C_WIZ. Dans le corps de l'article, les DRM sont évoqués :

Reste un certain nombre de lourdeurs avec l'arrivée annoncée de la gestion des droits numériques (DRM) dont les premiers méfaits seront visibles avec Vista.

Dans un encadré, le sujet est développé : « All your files are belongs to Billou » en est le titre (gras ajouté) :

L'autre nouveauté, redoutée par nombre d'utilisateurs, est liée à la gestion des droits digitaux (DRM), qui permettra aux créateurs de contenu de limiter l'usage qui sera fait de leurs fichiers. [...] Ne nous y trompons pas, au-delà de toutes les améliorations cosmétiques, la pilule DRM sera la plus difficile à avaler.

La technologie HDCP (High-bandwidth Digital Content Protection), un contrôle des écrans, est citée, liée à l'utilisation des HD-DVD. On pourrait ajouter le cas des câbles HDMI qui empêchent certains transferts.

« La table est déjà dressée. »

Pour compléter et confirmer cela, Marcus Mathias, chef de produit au sein de la division Digital Media de Microsoft, déclare de manière imagée dans un article de ZDNet France :

La table est déjà dressée. Nous pouvons y venir et manger au buffet, ou bien rester à l'extérieur et laver des voitures.

Ici, c'est la technologie Protected Video Path (PVP) qui est développée : protection et contrôle des sorties video vers les périphériques (écrans, videoprojecteurs,...). Elle rentre dans le cadre du Output Content Protection (OCP), le contrôle des sorties de contenu, qui inclus aussi le son (impossible d'écouter sur du matériel non-agréé, car ne sachant pas utiliser les DRM, des fichiers de musique par exemple).

Et alors

Il y a d'un côté la volonté des groupes de cinéma et de musique de protéger leurs œuvres de manière absolue. De l'autre, les utilisateurs qui sont les clients armés de leur seule décision d'achat (ou pas), même si la bataille n'est pas égale. Entre les deux, l'industrie de l'électronique et de l'informatique, propose des outils de contrôle en ne voulant pas porter seuls la responsabilité des conséquences tout en répondant à l'attente de leurs partenaires.

En fait, le rêve pour les industriels et les studios pourrait se résumer à « Un seul microprocesseur, un seul système d'exploitation, pour les gouverner tous et tout bien verrouiller » (au format Seigneur des anneaux). Mais ce n'est le rêve que pour les industriels numéro un des systèmes d'exploitation et des microprocesseurs. Pas celui des concurrents, ni celui des clients. En fait, pas de diversité, pas de choix, plus d'innovation, plus de concurrence.

Or les standards ouverts, totalement écartés, permettent la diversité et le choix, avec des innovations et donc de la concurrence. Et garantissent l'interopérabilité.

Sources et liens :