Pour les formats ouverts !

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Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


La Corée du Sud est un cas exemplaire

Quand la Corée du Sud et Microsoft illustrent les dangers pointés par le Massachussets

Voici un cas concret à l'échelle d'un pays des dangers des formats et des protocoles fermés. La Corée du Sud enquête sur des pratiques anti-concurrentielles de Microsoft, et elle envisage d'exiger une version de Windows sans les logiciels de messagerie instantanée (MSN Messenger) et de lecteur multimedia (Windows Media Player). Voici la réponse de Microsoft citée dans une dépêche Reuters :

il pourrait alors être nécessaire de retirer Windows du marché coréen ou de reporter l'arrivée des nouvelles versions en Corée. (it might be necessary to withdraw Windows from the Korean market or delay offering new versions in Korea)

On peut analyser cette déclaration sous l'angle de la justice, ce que fait à juste titre Standblog : « Quand une multinationale a suffisamment de poids pour empêcher un état de rendre justice, c'est probablement qu'il est temps de faire quelque chose... »

C'est aussi une illustration parfaite, au niveau d'un état, des dangers des formats fermés liés à un seul éditeur : en cas de retrait officiel de Windows, que deviendront les documents créés avec des formats exclusifs à ses logiciels ? Comment les systèmes d'information fonctionneront-ils alors qu'ils employaient des protocoles propres à un système d'exploitation ? Comment consulter les archives de l'état si elles ne sont lisibles qu'avec des logiciels retirés du marché ?

Plus encore que le monopole, c'est l'enfermement (par des formats fermés) des données et des échanges qui constitue de graves dangers. A l'inverse, les standards ouverts garantissent de ne pas connaître cette situation. C'est ce que demande le plus clairement le Massachussets, parmi d'autres états. Quant à Microsoft, s'il incluait vraiment le format ouvert OpenDocument Format dans sa suite Office, le danger n'existerait plus pour les données.

Sources et liens :

Le HDMI dans Télérama, mais incomplètement

Le câble HDMI dans le supplément de Télérama : des oublis

HDMI, sésame ouvre toi du numérique. Il en a été question sur Europe 1, il en est aussi question dans un supplément de Télérama : comment ce supplément traite-il de ce câble HDMI qui relie les télévisions haute définition (les HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution ? Avec des oublis.

L'hebdomadaire Télérama proposait avec son numéro 2910 paru le 19 octobre un supplément intitulé Spécial DVD. La majorité de ce supplément propose une sélection de 300 DVD video, mais la dernière partie de 8 pages donne « toutes les réponses aux questions techniques qui se posent au moment de choisir son matériel ». Le HDMI est signalé comme une des caractéristiques de certains produits, mais il est aussi développé dans une rubrique de l'article :

Faut-il privilégier les modèles dotés d'une prise HDMI ? Oui, sans hésitation ! (suivent des exemples de matériel avec leurs prix)

Cependant, rien sur la gestion des droits numériques : les termes DRM, droits numériques ou protection numérique n'apparaissent pas, alors que les différents formats (de DVD, de son, de zonage) sont traités en regrettant leurs inconvénients (difficulté de comprendre, incompatibilité). Dommage, cela aurait au moins permis d'informer aussi de l'existence des DRM) ou des écrans HDCP pouvant empêcher l'affichage.

Un supplément sur les standards ouverts et l'interopérabilité est encore à écrire.

Sources et liens :
  • Télérama, http://www.telerama.fr
  • Supplément Télérama Spécial DVD du numéro 2910, 52 pages ; article Et ce truc-là, ça sert à quoi ?, de Dominique Commiot

Le HDMI sur Europe 1 tard le soir

Le câble HDMI traité sur Europe 1

Le câble HDMI (et sa prise) devient une vedette technologique : c'est l'indispensable de la connectique numérique, il ouvre une nouvelle porte de l'univers merveilleux du numérique. C'est du moins ainsi que les choses sont plutôt présentées.

Le HDMI (la prise et le câble) va de pair avec la télévision haute définition (la HD TV) et les écrans d'affichage haute résolution. Cependant il comporte aussi une gestion des droits numériques (un exemple de plus des DRM) et des écrans pouvant empêcher l'affichage (grâce la technologie HDCP).

Une émission sur Europe 1 : question en direct

Mardi 18 octobre 2005, le président du Club HD était l'invité de l'émission Génération Europe 1 Nouvelles technologies. Comme la semaine précédente avec le PDG d'AOL, j'ai pu intervenir rapidement à 23h55 à l'antenne en demandant ce qu'il en était du « système de protection dans ces connectiques numériques » (dont le HDMI) comme cela est écrit dans un article de la revue Epok de la FNAC : qu'en est-il ? pourrais-je connecter un caméscope numérique HD sur une télévision HD sans problème de droits ?

La réponse a été qu'en effet le HDMI est une connectique qui intègre des protections et qui s'utilise entre la télévision et le récepteur ou le lecteur. Les écrans avec technologie HDCP savent gérer les protections du HDMI.

Les standards ouverts et l'interopérabilité ne sont pas vraiment de la partie. Les acheteurs décideront (sauf à ne pouvoir faire autrement).

Sources et liens :

Haute définition et protections seront dans la télévision

Un texte clair sur la télévision haute définition et ses « protections »

Voici la HDTV, High Definition TeleVision, soit la télévision haute définition (TV HD). Elle arrive, et les premiers appareils sont disponibles. Il s'agit d'écrans au format 16/9 avec un étiquetage indiquant HDReady. Le magazine Epok, l'hebdo gratuit de la FNAC, propose un article sur le sujet (page 36 du numéro 6, semaine du 7 au 13 octobre) : il est intitulé En route vers la télévision haute définition. Il s'agit d'un échange de questions-réponses entre un journaliste de RMC (François Morel) et le directeur du Labo Fnac (Victor Jachimovicz, également membre du conseil d'administration du HD Forum). La troisième et quatrième question sont à signaler (gras et liens ajoutés) :

Y a-t-il aujourd'hui beaucoup de téléviseurs écran plat HDReady ?

[...] Ce label (HDReady) définit, entre autre choses, la connectique car, pour recevoir cette fameuse télévision, il va falloir des boîtiers spéciaux, hors récepteurs satellites, qui sont dotés d'une prise numérique. Le téléviseur doit en être équipé, et il doit accepter les protections, car les émissions haute définition, et surtout les films, vont être protégés contre la copie.

Tout sera donc protégé contre le piratage ?

C'est obligatoire ! La qualité de la haute définition est supérieure à celle d'un DVD. A partir d'une émission HD, on peut faire des DVD sans problème. L'industrie du cinéma a donc cherché à se prémunir. Il y a tout un système de protection dans ces connectiques numériques. La prise numérique retenue s'appelle HDMI et ce HDMI contient un système de contrôle et un verrou anticopie.

Que des « protections » (des DRM) existent pour éviter la contrefaçon, pose des questions pour ce qui est du particulier qui reste dans la légalité :

  • quid de la copie privée encore légale en France ?
  • qu'en sera-t-il des films ou video faits avec son matériel numérique haute défnition : comment seront-ils reconnus par la connectique ? devra-t-on se signaler auprès d'un organisme qui délivre des DRM pour que ses documents soient utilisables ?...

La télévision haute définition est donc un exemple de plus dans la liste du dossier DRM. On sera très loin des standards ouverts et de l'interopérabilité.

Sources et liens :

Messagerie instantanée : Yahoo!, Microsoft et les autres

Accord entre Microsoft et Yahoo! pour interconnecter leur messagerie instantanée : et alors...

Ce 12 octobre, Microsoft et Yahoo! ont tenu une conférence de presse commune, qui avait été annoncée officiellement et qui avait donné lieu à de premières annonces (au conditionnel) dans la presse.

Les deux sociétés ont donc officiellement indiqué que leur messagerie instantanée, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, allaient être « interopérables ». Ce « premier accord d'interopérabilité entre deux fournisseurs distincts majeurs de messagerie instantanée » prendra effet à partir du second trimestre 2006. A cette date, « les communautés d'utilisateurs » de chaque messagerie pourront communiquer entre elles en s'envoyant des messages, pourront voir si les utilisateurs de chaque messagerie sont en ligne et pourront aussi s'échanger des emoticons.

Voilà donc pour les faits. En continuant de se baser sur le texte du communiqué de presse, on peut formuler une première analyse :

  • comme le disent de nombreux articles, « Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule », et « Chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. » ;
  • cet accord vise à s'imposer face à 3 concurrents : AOL avec sa messagerie AIM (et ICQ), Apple avec son iChat et enfin Google avec Google Talk, basé sur le protocole ouvert Jabber ;
  • on peut appeler cela le principe du « Tu as beaucoup d'utilisateurs, moi aussi, alors allions-nous contre les autres au lieu de nous affronter » ;
  • les messageries vont devenir « interopérables », mais au sens basique : pouvoir fonctionner avec un autre. En fait les deux Messenger deviennent compatibles l'une avec l'autre. Mais il n'y a là rien à propos d'interopérabilité qui est générale. On devrait donc parler de compatibilité, ou de « capacités d'interconnexion »... comme l'indique le communiqué de presse lui-même !

Serait-ce tout ? Non, car cette annonce appelle quelques autres remarques, à un format plus sévère. Avec cette question de départ : sommes-nous idiots ? En effet on pourrait penser que cette annonce considère les choses comme telle. Car ce qui est avancé n'a rien d'historique, c'est un maintien dans une situation aberrante.

Si on prend d'autres outils de communications, cette situation d'incompatibilité n'existe pas, et cela ne viendrait pas à l'esprit des utilisateurs qui seraient bien surpris de lire des « avancées » comme :

  • France Telecom annonce qu'il est possible avec son téléphone fixe d'appeler désormais aussi les téléphones fixes Cegetel et toutes les mairies et hôpitaux sans distinction d'opérateur téléphonique ;
  • les abonnés SFR et Bouygues peuvent maintenant s'appeler sur leur téléphone portable et même s'envoyer des SMS ;
  • les fax Kyocera peuvent aussi envoyer des documents aux possesseurs de fax Brother ;
  • les courriels et leurs éventuelles pièces jointes envoyés en étant chez Free peuvent être destinés également aux internautes qui sont chez Club-Internet.

Téléphone fixe et portable, SMS, fax, courriels ne connaissent pas les incompatibilités des messageries instantanées qui continuent d'essayer de verrouiller le marché et les utilisateurs. Et cette décision ne va pas dans le sens de l'interopérabilité basée sur des standards ouverts

Sources et liens :

Le format des puces d'Intel et le protocole Jabber

Quand un magazine de jeux video traite aussi d'informatique générale

Le mensuel Joystick avait déjà bien résumé en septembre la situation des DRM dans le prochain Windows Vista, avec son encadré intitulé « All your files are belongs to Billou ».

Dans le numéro 174 d'octobre, deux formats sont traités : tout d'abord celui des nouveaux microprocesseurs Intel, dénomées VIIV (gras ajouté).

L'idée du PC multimedia au milieu du salon étant de plus en plus compromise par l'arrivée des Xbox 2 et autres PS3, Intel a décidé de lui donner un peu plus de présence en lançant une nouvelle plateforme curieusement baptisée VIIV. Intel a rajouté quelques petites nouveautés du côté du matériel avec notamment de quoi mettre en veille et rallumer une machine de manière instantanée mais aussi en proposant une solution de cryptage matériel pour protéger le contenu des ayants droits. (article Intel Developer Forum 2005 Avenir radieux ?, de C_Wiz).

Cette fois, il s'agit donc avec ces puces VIIV (ou ViiV d'après le site d'Intel) de gérer au niveau du microprocesseur les contenus qui sont protégés par des DRM d'authentification. Un exemple de plus d'utlisation des DRM, comme pour les câbles HDMI ou les écrans.

Autre format traité, ou plutôt un protocole, celui de la messagerie instantanée Google Talk, Jabber. Voici un extrait qui résume bien la situation (gras ajouté) :

Le marché de la messagerie instantanée pédale un peu dans la semoule avec de multiples outils tous incompatibles les uns avec les autres. AOL entretient par exemple deux réseaux totalement séparés (ICQ et AIM). Microsoft fait de son côté la chasse aux clients alternatifs en changeant de manière plus ou moins subtile son protocole : déconnexions intempestives, messages qui n'arrivent pas... Malgré le vœux pieux d'interopérabilité des amis de Billou, utiliser un logiciel comme Trillian ou Miranda relève souvent de la prise de tête. Google disposerait-il d'une solution miracle ? Peut-être puisque Google Talk est basé sur un protocole totalement ouvert, le bien connu Jabber, ce qui lui assure une compatibilité totale avec les clients alternatifs, quel que soit leur système d'exploitation. (article Google Talk, de C_Wiz, dans la rubrique Des utilitaires à la mode de 4 pages).

Cette annonce de Google Talk qui s'appuie sur un protocole ouvert, Jabber, donne non seulement un crédit certain aux protocoles ouverts, mais surtout œuvre en faveur de l'interopérabilité.

Sources et liens :

«Un maximum de références à des standards ouverts»

Les conseils d'un article du Financial Times

Dans l'édition du 4 octobre du Financial Times, se trouve un article signé Ade McCormack, intitulé Ensure it's all right on the night. Il a pour point de départ l'actualité des concentrations dans le secteur des technologies de l'information puis formule cinq grandes recommandations aux responsables informatiques pour éviter de se retrouver piégés avec un fournisseur. Parmi ces recommandations, la deuxième traite des standards ouverts (gras ajouté) :

Quand vous donnez des exigences technologiques, pensez au moins de noms de produits possible, et à un maximum de références à des standards ouverts. Si vous employez des fournisseurs qui basent leurs offres sur des standards qu'ils ne contrôlent pas seuls, comme Unix ou SQL, alors vous avez de plus grandes chances si besoin de migrer vers d'autres fournisseurs. Soyez attentifs aux standards propriétaires créés par les fournisseurs. Concentrez-vous sur ceux contrôlés par des organismes de standardisation indépendants. (When specifying technology requirements, minimise references to product names, but maximise references to open standards. If you use providers that base their offerings on standards not under their control,such as Unix or SQL, you have a greater chance of migrating to another vendor, if necessary. Be wary of proprietary standards created by the vendor. Focus on those controlled by independent standard bodies.)

Comme ces lignes le signalent bien, il ne faut donc pas confondre standard, standard propriétaire et standards ouverts, auxquels on peut ajouter standard du marché, standard de l'industrie ou standard de fait, souvent employés. L'adjectif ouvert change tout, à condition d'être vraiment ouvert, c'est-à-dire entre autres sans limite de mise en œuvre par tous : là aussi, il faut parfois savoir ce qui est mis derrière ce mot.

Une fausse information sur le DVD jetable en donne une vraie sur les DRM

Les DRM de Windows Media

Les DVD jetables ont fait récemment parlé d'eux avec celui diffusé par EMI. Et on a aussi parlé de Microsoft qui envisageait de faire de même : des DVD lisibles qu'une seule fois. C'est ce qu'on pouvait lire, notamment dans un intéressant article de PCinpact... mais l'information était fausse : elle a été démentie. Et l'auteur de la mise au point, Ed Bott, a expliqué que l'erreur venait d'une confusion avec une possibilité des DRM.

En effet, c'est « une caractéristique qui existe pour les DRM de type Windows Media qui permet une lecture unique de support numérique de promotion. » Et de précier (gras ajouté) :

Le contenu téléchargé au format Windows Media peut être protégé par des DRM, et si le propriétaire du contenu veut le limiter à un nombre défini de lecture, ou s'il veut attribuer une date d'expiration de l'utilisation du contenu, c'est une option, comme c'est le cas avec les services d'abonnement pour de la musique. (Downloaded content in the Windows Media format can be DRM-protected, and if the content owner wants to limit it to a specific number of plays, or to set an expiration date for the content, that’s an option, just as it is with subscription-based music services).

Cela est plus clair ainsi formulé : les DRM sont prévus pour limiter les utilisations. Et les DRM font partie du projet de loi sur le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information, qui va passer en urgence au Parlement.

En fait, on peut penser que l'objectif idéal, du moins pour certains acteurs, est de n'avoir plus que de la location de contenu disponible exclusivement par Internet, verouillé et contrôlé. Avec un seul type de machine, celui qui va permettre de contrôler ces contenus : soit un seul système d'exploitation, soit un seul microprocesseur, voire les deux, et des logiciels dédiés. Interopérabilité, diversité, standards ouverts ne seraient plus de mise. Il faudrait avoir le bon format et que toute la chaîne soit bien formatée. Fiction ou futur, telle est la question.

Sources et liens :

Le DVD au format jetable revient

EMI et le DVD jetable après 8 heures

Les futurs DVD donnent lieu a une guerre des formats. Il y a principalement l'affrontement entre les formats DVD HD et Blu-ray DVD. Cependant, un peu en marge, trois autres formats sont aussi présents :

  • le format DVD HVD d'entreprises spécialisées dans le disque optique ;
  • le format développé par la Chine pour son marché intérieur et sans brevet à payer : l'EVD, Enhanced Versatile Disc ;
  • le format DVD-D (DVD-Disposable) : un DVD classique, mais recouvert d'une couche spéciale qui après 8 heures d'exposition à la lumière a altéré le support par une réaction chimique sans dégagement de produit : le DVD devient illisible.

En d'autres termes pour ce dernier, la durée de vie du DVD est de 8 heures. La société EMI a proposé en septembre dernier un DVD promotionnel à ce format (avec clip, video, musique,...) de Saïan Supra Crew. La pochette, reproduite dans l'article de Ratiatum, indique « ATTENTION : Ce DVD s'autodétruira 8 heures après ouverture » et au dos « Lisible 8h ». La société prévoit de diffuser d'autres DVD-D.

Des DVD jetables de ce type sont déjà proposés pour des films par des magasins Relay et le site Cdiscount, même si en janvier dernier ils ne semblaient pas rencontrer un grand succès. Ils posent tout de même des problèmes d'environnement : même si les DVD sont annoncés sans substance toxiques et recyclables, ils vont augmenter la masse de déchets.

Sources et liens :

Suite bureautique et DRM

La GDRI de Microsoft Office et les DRM

« Quand vous avez appris un nouveau mot, avez-vous constaté comme vous le relevez partout ? » Ainsi commençait l'article de Groklaw à propos de la Nouvelle Zélande qui refuse les DRM. Et justement, à propos des DRM, voici un exemple de plus dans la longue liste de cas du dossier DRM.

Connaissez-vous la GDRI ? C'est la Gestion des Droits Relatifs à l'Information. C'est expliqué dans le magazine L'Ordinateur Individuel, numéro 176 d'octobre 2005, page 59, avec une pleine page de publicité pour Microsoft Office, et sous les images illustrant la petite histoire, un texte d'explication, avec ce passage (gras ajouté) :

Aujourd'hui l'information est vraiment partout. Une fois qu'elle vous échappe, tout peut arriver. C'est pourquoi la dernière version de Microsoft Office contient un service de Gestion des Droits Relatifs à l'Information. Vous pouvez maintenant protéger vos e-mails et fichiers confidentiels pour empêcher leur transfert, leur impression ou leur copie. Il est temps d'évoluer dans votre façon de travailler.

D'un côté il y a la volonté d'éviter des fuites d'informations ou des destinataires erronés pour des documents. Mais cela signifie que les documents ainsi produits sont contrôlés par une technologie dont l'auteur du document n'est pas possesseur. Cette GDRI repose sur des DRM. Et qu'en est-il pour des documents publics d'administrations ou des archives publiques d'un état, qui nécessitent un accès à long terme ? Les particuliers, les associations et les entreprises sont aussi concernés par ce problème d'archivage. C'est entre autres ce qui a décidé l'état du Massachussets à retenir le format ouvert Open Document, et la Nouvelle Zélande à refuser les DRM. Les standards ouverts ne contiennent pas de DRM.

Sources et liens :

Deux articles sur les standards ouverts

Deux analyses aux conclusions pessimistes pour l'avenir des standards ouverts

Deux articles récents sont parus, chacun traitant des standards ouverts avec une analyse assez sombre de l'avenir de cette approche technologique qui a permis jusqu'ici de superbes réalisations, dont Internet.

Le premier texte est intitulé Les standards, hier et demain ?, de Patrice Bertrand. Il part des succès des standards ouverts tels que TCP/IP, HTTP, HTML, SMTP et de l'interopérabilité rencontrée la plupart du temps sur Internet. Mais il relativise :

Il ne faudrait pas croire pourtant que ce monde merveilleux d’interopérabilité, qui nous a procuré une nouvelle révolution industrielle, est une chose acquise.

En effet, la messagerie instantanée est un exemple contraire de l'ouverture du courriel, comme la musique vendue par Apple uniquement via son site iTunes MusicStore, lui-même uniquement accessible avec le logiciel iTunes :

Maîtriser le terminal, maîtriser le logiciel, maîtriser le contenu, et parvenir à verrouiller l’ensemble, telle est la stratégie naturelle de tout acteur dominant.

Tout comme dans la téléphonie mobile, les jeux video ou les cartouches d'imprimantes, le verrouillage est de plus en plus de mise. Avec cette conclusion :

Avec un peu de recul, l’ère des standards de l’Internet risque d'apparaitre comme une brève parenthèse, presque un accident de parcours.

Quant au second article au titre explicite, Standards : les miens sinon rien, il est signé Christophe Bardy et débute par cette question :

Pourquoi se casser la tête avec les standards lorsque l'on est puissant ?

Il analyse sous cet angle deux annonces. La première est celle de Microsoft lors de sa conférence de septembre qui propose aux sites Web de s'appuyer sur la technologie qui sera présente dans Windows Vista. Les standards ouverts du Web sont alors inutiles. Ce qui est résumé par cet inter-titre : « Microsoft veut fusionner le Web et Windows », et de préciser :

En fait, il ne s'agira plus à proprement parler du web, mais de l'internet à la sauce Windows.

L'annonce d'Intel, concerne la création d'un groupe à part pour élaborer la nouvelle norme Wi-Fi, alors que la société semblait participer aux travaux avec tous les industriels. Et l'article de rappeler comment Intel, qui soutenait en apparence la norme Firewire, l'a torpillé au profit de l'USB.

En tentant par tous les moyens de faire évoluer le standard de consensus, les poids lourds du marché ne souhaitent pas vraiment faire évoluer le standard, mais tout bêtement le contrôler afin de protéger leurs parts de marché.

La conclusion est un constat pessimiste :

J'avoue mon intérêt profond pour les standards ouverts. Mais de plus en plus, je constate que trop de standards définis au sein de l'IEEE, mais aussi de l'ETSI, obéissent à des logiques commerciales et de protection de marché.

Ces descriptions sont exactes. Pour ce qui est des conclusions de chaque texte, on peut avancer que seuls les vrais standards ouverts sont à même de permettre de vraies concurrences... sans oublier la responsabilité des états, comme le montre le Massachussets, et aussi l'information et la formation des personnes (utilisateurs, responsables, techniciens,...) sur les avantages des standards ouverts, ce qu'essaye de faire Formats-Ouverts.org.

Sources et liens :

Trois exemples de DRM, encore et hélas

Un article et 3 exemples de DRM

Voici 3 pièces de plus à verser au dossier DRM : le témoignage et les réflexions du journaliste Christophe Bardy à propos de 3 exemples de DRM, avec cette entrée en matière, « Cette fois, le DRM commence vraiment à m'agacer. »

Tout d'abord les DRM des fichiers musicaux d'Apple qui limitent à 5 le nombre de machines différentes autorisées à jouer les morceaux légalement acquis : à l'arrivée d'une sixième machine, impossible pour cette dernière de jouer les fichiers musicaux...

Ensuite les DRM dans les fichiers video du site de films à la demande de CanalPlay : ce sont des DRM Windows, donc si vous n'avez pas Windows (la version exigée et avec le logiciel de lecture prévu), pas de films.

Les publicitaires ciblent les CSP (catégories socio-professionnelles) : il va leur falloir cibler aussi les CSI (catégories socio-informatiques)... Et il peut y avoir un problème : si les CSI Apple ou Linux ont un pouvoir d'achat plus élevé (ou un budget plus important) que les CSI Windows...

Enfin les DRM dans le dernier album des Rolling Stones, sur une carte mémoire en Trusted Flash, vendu par SanDisk, au prix aussi élevé que le système est verrouillé (lecteur dédié en plus du DRM).

Bien sûr il n'y a là aucun format ouvert, aucune interopérabilité.

Sources et liens :