Pour les formats ouverts !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1582 articles en ligne, dont 14 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1500e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ? - Bientôt 4 ans, bientôt 1600 articles...


Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008 RMLL, du 1er au 5 juillet 2008Du 1er au 5 juillet 2008, les neuvièmes Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL), à Mont-de-Marsan


Le navigateur Firefox et les formats

Firefox version 1.5 et les formats (et son moteur)

Depuis le 29 novembre, la dernière version du navigateur Firefox est disponible : la précédente version majeure (1.0) était sortie il y a un peu plus d'un an, le 9 novembre 2004. Comme pour Netscape 8.0, la PSP, le logiciel Opera ou Windows Internet Explorer voici une fiche technique de Firefox 1.5 sous l'angle des formats :

  • Firefox, navigateur Web, logiciel libre, donc avec des coulisses à format ouvert (le code source)
  • Disponibles aux formats Windows (à partie de Windows 98), Mac OS (à partir de 10.2), Linux et aussi OS2 ou Solaris
  • Versions disponible aux formats anglais, allemand, français, italien, espagnol et de nombreuses autres langues
  • Des formats ergonomiques pour l'interface, la navigation par onglets (avec le nouveau déplacer l'onglet) et respectueux de la vie privée (bouton effacer mes données personnelles)
  • Des centaines d'extensions pour enrichir le navigateur (au format .xpi), avec par exemple le blocage des publicités ou des animations Flash, ; le blocage des fenêtres pop-up est présent sans extension.
  • Formats pris en charge :
    • XHTML : le format HTML de dernière génération, puissant et de la famille XML ;
    • RSS : meilleure détection des pages proposant la syndication ;
    • CSS : format qui va de pair avec le XHTML pour des mises en page avancées (le CSS version 3 est pris en compte) ;
    • l'élément canvas : il permet de dessiner en JavaScript ;
    • SVG : le format graphique de type XML, établi par le W3C et appelé à se développer ; le navigateur Opera propose aussi nativement le support du format Tiny SVG.
  • enfin pour le format purement technique, il faut citer Gecko, qui est un peu oublié. Or Gecko est le moteur de rendu, c'est-à-dire l'élément capital qui transforme le code reçu (les formats cités ci-dessus) en quelque chose de visible à l'écran (des colonnes, un formulaire, du texte, des liens, des lettrines, des images,...). C'est la version 1.8 de Gecko qui est utilisée, et c'est lui le cœur technique de Firefox.

Et le point commun clé de tous ces formats est qu'ils sont ouverts, des coulisses (le code source) au moteur (Gecko) en passant par ceux pris en compte (les standards ouverts du Web).

Sources et liens :

Lire aussi pourquoi Firefox est important.

Les DRM obligatoires ?

Les DRM obligatoires sont envisagés dans la loi DADVSI

Le dossier DRM avec sa liste d'exemples est déjà impressionnant : ils sont présents via les câbles HDMI, dans les téléviseurs haute définition, dans les fichiers de musique des baladeurs ou des téléphones portables,... Il y a encore la possibilité de ne pas effectuer l'achat des produits concernés, même si cela n'est pas le pouvoir d'achat tel que définit habituellement.

Mais si les DRM étaient obligatoires ? Ce serait possible au travers d'un amendement de la loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information) dont le vote est prévu en urgence et les 22 et 23 décembre... Ainsi l'amendement vise à interdire la mise à disposition de logiciels qui n'intégrent pas de gestion numérique des droits (DRM, aussi appelés mesures techniques de protection). Il sera aussi interdit de traiter de logiciels et techniques qui n'intègrent pas de DRM.

Et alors ? Seront hors-la-loi :

  • les standards ouverts (définis aussi dans la loi française et qui ne peuvent inclure des formats fermés comme les DRM) ;
  • les logiciels libres au format ouvert (plus de logiciels libres comme Firefox, Thunderbird, DotClear, OpenOffice.org, Linux,...) ;
  • les listes de diffusions, les publications et les conférences publiques évoquant ces technologies ouvertes sans DRM ;
  • les sites Web qui traitent des standards ouverts (donc Formats-Ouverts.org, parmi d'autres).

Dans un format plus direct : le DRM, le Droit de Rester Maître, OUI (sur sa machine, de ses données, avec les outils libres, avec les standards ouverts); le DRM, Devoir de Rester Manipulé, NON.

Sources et liens :

Voir aussi l'article avec 10 petites notes sur ce sujet pour rire (jaune).

Installations discrètes de logiciels : de nouveaux cas sont signalés

Ces autres logiciels qui s'installent lors d'une installation...

Lorsque vous installez un logiciel, il arrive que d'autres logiciels s'installent aussi en même temps : l'article Ces opérations sur votre ordinateur qui voudraient rester plutôt discrètes donnait dans ses exemples celui de Yahoo! Messenger.

L'utilisateur n'est pas forcément très clairement averti de ces autres installations, même s'il peut les éviter en utilisant l'installation « détaillée » plutôt que celle proposée « par défaut » (appelée aussi « standard »).

La liste des exemples s'allonge : un article de 01net signale ainsi la barre d'outil de Yahoo! qui est installée avec Adobe Reader et Flash Player ; la barre Google et son Dektop Search s'installent avec Winzip, WinDVD et RealPlayer ; le navigateur maison AOLExplorer s'ajoute en installant AIM (AOL Instant Messenger) ; et des options d'Internet Explorer sont modifiées par l'installation de MSN Messenger. (Selon toute vraissemblance, cette description concerne les versions pour Windows).

Il s'agit bien sûr d'accords commerciaux entre les sociétés éditrices de ces logiciels qui sont parfaitement informées. Comme le dit l'article :

Décidément, il devient de plus en plus hasardeux de télécharger et d'installer un logiciel sur son ordinateur.

D'où l'intérêt des installations détaillées, de la lecture des licences des logiciels (pour savoir ce qui est accordé comme droits) ou de savoir ce que contient et fait le logiciel (ses coulisses) : comme pour les formats ouverts, c'est bien d'ouverture et de transparence dont il s'agit.

Sources et liens :

Un article dans la revue Elenbi Strategic Review

Une reprise d'un dossier de synthèse

Le 5 octobre dernier, la revue en ligne Elenbi Strategic Review de l'Electronic Business Group (EBG) publiait un article que j'avais rédigé, Le PDF dans Office : un bon début... pour aller plus loin !, qui portait sur la décision de Microsoft de proposer le format PDF dans Office 12 prévu fin 2006 (il est également en ligne sur Formats-Ouverts.org).

Le 23 novembre, un nouvel article a été publié, Les Etats et les standards ouverts, à propos des états qui ont pris des décisions en faveur des standards ouverts. Il s'agit de l'article Dossier Les états et les standards ouverts de la catégorie Synthèse.

Sources et liens :

Le format d'encodage des lettres (et les utiliser toutes)

Le format d'encodage et les lettres accentueés, sans oublier les majuscules

ASCII, ISO 8859-1, UTF-8... voilà des termes un peu barbares, qui pourtant décrivent ce que vous lisez sur les pages Web et sur bien d'autres documents : ce sont les caractères (les lettres, les chiffres et les symboles). Mais ces caractères sont codés de différentes manières, en utilisant différents formats d'encodage, qui permettent d'avoir plus ou moins de possibilités : seulement 128 caractères sans accent (ASCII), ceux du français (dont les lettres accentuées ; ISO 8859-1) ou ceux de beaucoup plus de langues notamment celles à alphabets différents (UTF-8). Et ces jeux de caractères ont des formats ouverts.

Encore faut-il utiliser les bons caractères, dont ceux accentués (ou avec cédille), y compris les majuscules. Car les majuscules en français peuvent être accentuées (ou avec cédille), et doivent même l'être, notamment pour éviter des erreurs d'interprétation ou des confusions. Certains exemples seront plus clairs :

  • LE PRESIDENT A 52 ANS (on reconnait le mot président, mais a-t-il 52 ans ou est-ce tel qu'il était à 52 ans ?) ;
  • TRAVAUX DE MACONNERIE (rarement écrit comme telle sur les pancartes d'artisans en maçonnerie) ;
  • PALAIS DES CONGRES (poissonnerie ou lieu de congrès ?) ;
  • ELEVES EN PLEIN AIR (version scolaire avec des élèves ou agricole avec des animaux élevés ?) ;
  • UN INSECTE TUE (auteur ou victime ?).

D'ailleurs sur les documents officiels français comme la carte d'identité ou le passeport, les caractères majuscules sont bien écrits pour République française.

Avec l'approche des fêtes de fin d'année, le mot Noël s'affichent, y compris en majuscules. La petite note de départ de cet article était le slogan Noël féerique imprimé sur des milliers de prospectus, d'affiches et visible sur les sites Web de Carrefour. Et trois vérifications dans des dictionnaires confirmèrent que l'orthographe était bonne... et que la prononciation est « férique » : il n'y a pas d'oubli d'accent (féérique est aussi admis). Du bon usage du format d'encodage, et aussi de l'usage des bonnes lettres.

Sources et liens :

La radio sur son baladeur numérique

La radio au format numérique et baladodifusée

La télévision est touchée par le numérique, la radio aussi. Qui dit numérique, dit forcément formats. Pour la radio numérique, on trouve principalement deux possibilités :

  • l'écoute en direct via l'utilisation ; cela implique l'utilisation d'une lecteur audio, parfois imposé du fait du format utilisé (Real et Windows Media sont les plus souvent rencontrés du fait de l'utilisation de leur format respectif) ;
  • le téléchargement pour une écoute en différé : en fait il s'agit souvent d'écoute derrière son ordinateur, car le fichier est lu au fur et à mesure (streaming), le fichier n'est pas récupéré ni conservé sur l'ordinateur.

Une troisième possibilité se développe : le podcasting, aussi traduit par baladodiffusion. Le terme podcasting est formé de iPod, le nom des baladeurs numériques à succès d'Apple, et de broadcasting, terme anglais qui signifie diffusion. La baladodiffusion est basée sur l'utilisation des baladeurs numériques, du haut débit et des fils RSS.

Le baladeur numérique contient donc les fichiers numériques des émissions téléchargées selon le même principe que les fils RSS : si l'émission que l'on souhaite suivre propose un nouveau numéro, il est récupéré sur le baladeur via l'ordinateur.

Le podcasting, c'est la possibilité de constituer votre radio avec vos programmes préférés et de les écouter où vous voulez, quand vous le voulez !

La définition ci-dessus est d'ailleurs celle donnée par la radio Europe 1... qui a justement lancé un vaste programme de podcasting (7 chaînes mises à jour très régulièrement) depuis le mardi 8 novembre 2005, avec l'émission Génération Europe 1 Nouvelles technologies consacrée spécialement au sujet (avec le directeur Jean-Pierre Elkabbach en invité, et enthousiasmé).

Et quel est le format de ces émissions baladodiffusées, c'est-à-dire des fichiers audio téléchargés ? Pour Europe 1, le format est le MP3, qui peut être récupéré de deux manières selon qu'il s'agisse d'un baladeur iPod ou pas. Le MP3 est utilisable par le plus de baladeurs, même si le format n'est pas ouvert. Au moins n'y a-t-il pas ici le verrouillage de la musique numérique, avec un format pour un baladeur (et un site d'achat en ligne) : il y a une certaine interopérabilité.

On peut souligner que cette interopérabilité est totale avec la radio hertzienne. En effet tous les postes savent recevoir et restituer pour un type de fréquences (FM, GO, PO, OC) les émissions, sans distinction de marque d'appareil ni de station radio : on n'imagine pas une station de radio qui exigerait un seul appareil précis pour être écouté (alors que c'est bien plus le cas en musique numérique).

Sources et liens :

Les formats et la télévision

La télévision, elle aussi lieu de lutte des formats

Presque chaque appareil électronique ou informatique est une illustration de l'importance et de la guerre des formats. Outre l'ordinateur (avec par exemple le format de la messagerie instantanée), le téléphone portable (avec le format des SMS ou du répertoire), le baladeur numérique (avec le format de la musique), le lecteur de CD audio (avec le format de certains CD particuliers) ou l'appareil photo numérique (avec le format des clichés) en sont aussi des exemples.

Et la télévision ? Elle est bien sûr concernée : il y a le format des images (16/9 ou 4/3), la télé par ADSL, satellite, câble, décodeur ou ondes hertziennes ; et même la télé au format téléphone portable. Sans oublier la Télévision Numérique Terrestre (TNT) gratuite, la TNT payante et la télévision Haute Définition (la HD). Pour chaque cas, on rencontre des formats particuliers... qui nécessitent des appareils particuliers :

  • la TNT gratuite : elle a débuté le 31 mars à 18h avec 14 chaînes, et nécessite l'ajout d'un boitier spécial pour décoder le format video MPEG-2 (et vous me permettrez de trouver qu'il y a un format de date spécial pour le lancement de deux des quatre dernières chaînes : ainsi le 17 octobre à 17h17 canal 17 pour Europe 2 TV et le 18 novembre à 18h canal 18 pour Gulli) ;
  • la TNT payante : elle démarre en novembre 2005, et nécessite un autre boitier capable de décoder le format video MPEG-4 ;

Pour la TNT, il y avait eu un affrontement entre les formats MPEG-2 et MPEG-4 pour savoir lequel serait utiliser, avec une décision fin décembre 2004. Mais aucun de ces formats n'est un format ouvert. Avec aussi le problème de l'archivage de ces données video, comme évoqué par l'INA.

Sources et liens :

Ces opérations sur votre ordinateur qui voudraient rester plutôt discrètes

Outre Sony, les cas de Blizzard, de Yahoo et aussi de quelques autres...

L'affaire des CD de Sony fait parler d'elle. Ce cas illustre les dangers des formats fermés dans les logiciels, avec les DRM et dans les textes des licences d'utilisation. Les formats ouverts sont bien loin. Mais d'autres cas doivent aussi être mentionnés pour rappeler que ce n'est pas le seul exemple...

Blizzard installe un logiciel espion pour empêcher la tricherie... mais qui a aussi d'autres actions

L'expert en sécurité Bruce Schneier a révélé mi-octobre que la société Blizzard installait un logiciel espion (spyware) qui vérifie que les joueurs de ses jeux en ligne (comme World of Warcraft) ne trichent pas et respectent sa licence d'utilisation. Mais le logiciel récupère aussi des adresses de personnes en contact via messagerie instantanée ou ouvre le logiciel de messagerie. Le respect de la vie privée n'est pas à l'ordre du jour, ni l'annonce claire de l'installation du logiciel espion et de ses actions.

Yahoo! installe d'autres services avec son Messenger

Début septembre 2005, des utilisateurs de la messagerie instantanée Yahoo! Messenger se sont manifestés en protestant contre son mode d'installation. En effet, d'autres services étaient aussi mis en place sur l'ordinateur de l'utilisateur : page d'accueil Yahoo! et barre de recherche Yahoo! rajoutés dans le navigateur Internet Explorer, module Live Words. La raison avancée : montrer « toute l'intégration entre ces différents services ». Pourtant l'installation personnalisée permet d'éviter ces installations supplémentaires, encore faut-il y recourir au lieu de celle par défaut. De l'intérêt d'explorer les détails de l'installation...

Les licences à clauses peu claires a priori mais capitales : déjà le CLUF de Microsoft

Les textes des licences avec leurs clauses souvent assez fermés ne sont pas une nouveauté, comme dans le cas du Contrat de Licence Utilisateur Final (CLUF) de Microsoft était déjà signalé dès septembre 2004 à propos du Service Pack 2 de Windows XP, et de l'acceptation des DRM. De l'intérêt de bien lire les licences...

Des imprimantes très indiscrètes chez HP et Lexmark

Lors de l'installation des logiciels nécessaires pour utiliser une imprimante HP et Lexmark, d'autres programmes étaient aussi installés, qui renseignaient via Internet (par exemple sur le nombre pages imprimés, les logiciels depuis lesquels on imprime, les quantités d'encre,...). C'était il y a un an.

Des imprimantes laser très indiscrètes sur le papier

En août 2005, l'association EFF a dénoncé que des imprimantes laser couleur ajoutent aux documents imprimés un code unique d'indentification qui permet d'établir quel appareil a été utilisé. Et le 17 octobre l'EFF est allée plus loin en arrivant à décoder certains marquages ajoutés.

Un exemple de réaction face aux logiciels fermés : l'éducation nationale interdit Skype

Le haut fonctionnaire de Défense du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a demandé fin septembre 2005 que le logiciel de téléphonie via Internet Skype soit interdit au sein de ce ministère et de ses structures (comme les laboratoires ou les universités). L'information a été révélée par la revue en ligne Ratiatum et confirmée officiellement. La raison : un logiciel au format fermé avec des protocoles fermés rend impossible de savoir ce qui se passe et de garantir la sécurité.

En conclusion, on peut avancer deux points :

  • Sony et ses CD audio ne sont qu'un exemple parmi d'autres de ces actions qui sont (et hélas sans doute seront) menées discrètement sur les ordinateurs ;
  • comme celle de Skype, d'autres interdictions pour cause de sécurité sont-elles envisageables ? Car des logiciels fermés utilisant des protocoles fermés ne sont pas si rares, comme le souligne un article du site Urfist Info.
Sources et liens :

Mise à jour : un article de ZDNet à propos des imprimantes, Comment les imprimantes couleur marquent les documents d'un identifiant invisible, de Christophe Guillemin, le 17 novembre 2005, http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39288238,00.htm

Lire aussi l'article Installations discrètes de logiciels : de nouveaux cas sont signalés

Vous allez être épaté par «la trousse du grand chef»

Une présentation de l'affaire des CD audio de Sony

Beaucoup de choses ont été dites sur le Web à propos de ce qui est appelé le Rootkit de Sony-BMG (il était dans mes notes pour un article depuis son apparition fin octobre). Pour ma part, l'excellent article de Tristan Nitot sur Standblog est celui à signaler : il présente parfaitement les choses, sans crier à l'unique fauteur Sony, malgré son titre DRM Sony-BMG : chronique d'un massacre. Voici simplement ici une présentation sous l'angle des formats, car c'est un parfait exemple des dangers des formats fermés, dont les DRM.

La partie visible de vos actions...

Vous achetez un CD audio d'un artiste de chez Sony-BMG. Vous l'insérez dans le lecteur de votre ordinateur qui utilise Windows. Un texte apparait à l'écran, la licence d'utilisation du CD qui vous indique des clauses, en termes peut-être assez peu clairs. Vous acceptez cette licence. Vous êtes aussi connecté à Internet avec cet ordinateur, même si ce n'est pas en permanence. Et vous écoutez la musique que vous avez achetée.

La partie immergée dans votre ordinateur...

La liste est assez impressionnante :

  • le CD a installé un logiciel particulier, appelé rootkit, que l'on pourrait-on traduire par « la trousse du grand chef » (de l'ordinateur) : il s'installe sans que vous (chef de la machine) ne vous en rendiez compte, vous croyez votre machine saine ;
  • ce logiciel donne la possibilité à Sony de savoir quel CD est écouté et quand, car des informations peuvent être transmises lors de la connexion Internet ;
  • le rootkit est utilisé par des pirates pour prendre le contrôle de l'ordinateur sans que son chef (vous en théorie) ne s'en rende compte ;
  • vous avez accepté que si des problèmes de sécurité surviennent, Sony ne sera pas tenu pour responsable : c'était dans la licence ;
  • vous n'avez pas le droit d'écouter le CD sur la machine d'un ami ou d'un parent : elle doit vous appartenir... c'était dans la licence que vous avez acceptée ;
  • vous avez accepté aussi d'autres clauses ahurissantes qui étaient écrites dans la licence (en cas de vol, en cas de déménagement à l'étranger, en cas de faillite,...).
Des explications

Pour verrouiller sa musique, Sony, comme d'autres éditeurs (et les exemples sont nombreux, en musique et ailleurs), placent des DRM sur ses fichiers audio. L'interopérabilité n'est plus de mise. En plus du format fermé de ces DRM, le CD audio installe sous Windows ce rootkit de façon fermée : impossible de savoir ce que le logiciel fait a priori. Enfin, la licence peut sembler à un format assez fermé avec son vocabulaire peu clair, mais qui est acceptée. Les formats fermés en action, pourrait-on dire, le contraire des formats ouverts.

Deux derniers points

Si cela se trouve, outre le tollé provoqué actuellement, ce sont peut-être d'autres industriels qui ne félicitent pas Sony pour avoir été aussi maladroit et s'être fait prendre. Et pour avoir ainsi attiré l'attention sur une telle technique, qui en soit n'est pas nouvelle. Ici, elle a été décelée puis divulguée, et comme il s'agit d'une société connue dont on n'attend pas cette attitude, cela a pris de l'ampleur.

Enfin, un dernier point, le plus capital : il faut saluer le travail de Mark Russinovich, celui qui a détecté et analysé ce rootkit. Et aussi qui l'a publié, car imaginez qu'il soit interdit de divulguer des informations sur les techniques mises en œuvre par des logiciels... alors cette affaire n'aurait jamais vu le jour, tuée dans l'œuf.

Sources et liens :

Voir aussi l'article à propos d'autres exemples d'actions du même type menées sur les ordinateurs

Formats ouverts : un extrait et différents cas

Un paragraphe sur les formats ouverts, et quelques précisions

Gepi est un logiciel de gestion et de suivi des résultats scolaires. Sur son site, la partie Informations sur Gepi fournit des indications sur le logiciel, avec ce passage à souligner, Des formats ouverts pour une véritable pérennité des données (gras ajouté) :

Lorsque l'on fait le choix d'un systéme informatisé pour la gestion des notes, on s'inscrit en général dans une logique de moyen ou long terme, et il n'y a rien de plus désagréable que se rendre compte en passant à une version nouvelle d'un logiciel que l'on ne peut plus lire les données des précédentes versions ! Cela pose un probléme majeur lorsque les formats des fichiers en question sont des formats dits fermés, c'est-à-dire propriétaires, dont personne ne connaît la méthode pour les rendre lisibles. Dans le cas des formats ouverts en revanche, c'est-à-dire dont la structure est connue de tous, les données seront toujours exploitables, et il est bien rare qu'il ne se trouve pas un programmeur proposant un petit programme de conversion, le cas échéant.

Parmi les différents types de formats, on a les formats ouverts qui s'opposent aux formats fermés, appelés aussi formats propriétaires, c'est-à-dire propriété d'une société qui n'indique rien sur son format. Cependant un format peut être ouvert mais établi par une seule société (cas d'Adobe pour le PDF). Avec aussi les formats ouverts structurés (comme ceux basés sur du XML ouvert) ou pas (le texte brut, le HTML). Sans oublier les expressions comme formats du marché, les formats de fait ou les formats standard... qui ne signifient pas forcément formats ouverts. Quant au XML, cela dépend de quels types de XML : certains sont ouverts (XHTML, EAD, SVG,...), d'autres fermés.

Sources et liens :

Deux appels en faveur des standards ouverts, mais...

Pour les standards ouverts, par deux fois

Début et fin septembre, deux textes furent publiés appelant à l'utilisation des standards ouverts, qui chacun soulève une question importante, en y apportant sa réponse.

Le 9 septembre 2005, un rapport rédigé par des membres de l'Open ePolicy Group a été remis à la Banque Mondiale, intitulé Roadmap for open ICT ecosysytems. Il recommande l'utilisation des standards ouverts pour assurer l'interopérabilité et faciliter la croissance et l'innovation.

Les standards ouverts lient ensemble les écosystèmes ouverts des technolologies de l'informations et de la communication et assurent l'interopérabilité (Open standards bind together open ICT ecosystems and drive interoperability.)

On ne peut a priori que soutenir ce type de déclaration. Cependant la question de la définition retenue pour un standard ouvert se pose. Les standards ouverts tels que définis dans ce document peuvent nécessiter de payer des royalties pour l'utilisation de licence, ce qui n'est pas le cas de la définition dans la loi française.

Le 28 septembre, lors du Forum e-Démocratie d'Issy-les-Moulineaux, un appel Pour une démocratie électronique libre a été publié. Il conclut par la « volonté de construire une démocratie électronique Libre basée sur des outils, des formats de données et des protocoles libres et ouverts. »

Ici aussi, on ne peut a priori que soutenir cette déclaration. Cependant, le message concerne aussi le vote électronique avec des standards ouverts et des logiciels libres. Or la question du vote électronique soulève de nombreux problèmes, le vote papier étant quant à lui un format ouvert.

Sources et liens :

Un format PDF pour l'archivage a été normalisé, mais est-ce un format ouvert ?

Le PDF/A est normalisé par l'ISO, mais...

Le 10 octobre 2005 l'Organisation internationale de la normalisation (ISO) annonçait dans un communiqué de presse l'établissement de la norme ISO 19005 qui définit un « format de fichier des documents électroniques pour une conservation à long terme ».

Le format utilisé est dénommé PDF/A, pour PDF Archive. Il est basé sur le format PDF (Portable Document Format) version 1.4 de la société Adobe. La norme a été élaborée par le Sous-comité SC 2, Applications de ISO/TC 171, Applications en gestion des documents.

L'objectif de cette norme est « d’assurer la conservation à long terme des fichiers archivés sous ce format. » Il concerne directement l'archivage électronique des documents et les bibliothèques numériques. On ne devrait que s'en féliciter, jusqu'à la lecture du dernier paragraphe du communiqué de presse (gras ajouté) :

L’ISO 19005-1:2005 est disponible, au prix de 112,00 francs suisses, auprès des instituts nationaux membres de l’ISO.

L'accès aux informations est donc payant et on ne peut alors parler de format ouvert tel que définit dans la loi française : « les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès. » Quant au PDF, il est ouvert et il est ainsi facilement possible de le générer : la suite bureautique OpenOffice.org le propose déjà, cela sera aussi le cas en 2006 pour Microsoft Office 12, et beaucoup d'autres logiciels intègrent le PDF, et en assure le succès. Le PDF/A n'a pas la même approche.

Sources et liens :

Les formats photo Raw

Un article sur les formats en photo numérique

La revue Epok traite de sujets sur les formats : après la télévision haute définition et la pérennité des fichiers numériques, voici un article à propos des appareils photos numériques (numéro 9, page 34 et signé L.B).

L'article est intéressant car il signale clairement quelques points à propos des formats des photos :

  • les photos prises sont traitées par l'appareil (compression, réglages,...) ;
  • généralement les photos obtenues sont au format jpeg ;
  • mais certains appareil proposent aussi parfois les images au format « brut » (Raw en anglais) qui est bien plus complet et sans traitement.

Mais ce format Raw est particulier, outre le côté positif de sa haute résolution... (gras ajouté) :

Il n'existe pas de format Raw standard. Chaque constructeur propose le sien : chez Canon, ces fichiers "bruts" portent l'extension CRW, NEF chez Nikon, MRW chez Minolta, RAF chez Fuji, etc. [...] le Raw étant un format propre à chaque marque, on ne peut en théorie l'ouvrir qu'avec l'application fournie par le constructeur.

La formule est donc : un fabricant, un appareil, un format Raw et un logiciel dédié. C'est contre cette situation que la société Adobe a lancé le 27 septembre 2004 le format ouvert Digital Negative (DNG) pour l'archivage des fichiers bruts générés par les appareils numériques. La même société propose aussi son logiciel Photoshop qui sait manipuler les formats Raw des principaux constructeurs... mais suite à des accords, pas du fait de l'ouverture de ces formats.

Le 25 avril 2005, a été ouvert le site du groupe de travail OpenRaw qui demande aux fabricants d'appareils de publier leurs informations à propos de leurs formats Raw actuels, passés et futurs. Cette demande touche aussi bien le problème de la qualité des photographies numériques que le sujet de l'archivage des images.

Sources et liens :
  • Le site de l'OpenRaw, en anglais, http://www.openraw.org
  • Le communiqué de presse du lancement du site OpenRaw, OpenRAW Web Site Launched; Confronts Issues Crucial to Quality Digital Photography and Archiving of Photographic Images, le 25 avril 2005, en anglais, http://www.openraw.org/press/?pr=1

La coupe du monde 2006, si l'écran le veut bien

Vous pourrez regarder les retansmissions sur votre écran, à condition que...

La coupe du monde de football 2006 en Allemagne sera l'occasion de nombreuses retransmissions télévisées. Et aussi l'occasion de diffuser les rencontres en qualité haute définition, la HD. Mais pour bénéficier de cette qualité, il faut un téléviseur haute définition, une TVHD, avec pour les écrans plats la mention HDReady. Les chaînes de télévision et les industriels des équipements espèrent que la manifestation sportive provoquera l'intérêt et l'achat de ces nouveaux appareils, aussi équipés de câbles HDMI.

Cependant, comme l'indique clairement un article de Ratiatum, la situation n'est pas aussi positive (gras ajouté) :

Mais il y a un revers. Pour être "HDTV Ready", le téléviseur doit également être compatible avec le système anti-piratage HDCP. Développé par Intel, le HDCP permet d'authentifier les appareils reliés à l'écran et de crypter la transmission vidéo pour empêcher qu'elle soit compromise et copiée sans autorisation. Certains titulaires de droits pourront même refuser de délivrer un programme sur un écran qui ne supporte pas le HDCP.

Un cas supplémentaire pour la liste des exemples d'utilisation des DRM, qui ne sont ni des formats ouverts ni en faveur de l'interopérabilité.

Sources et liens :