Pour les formats ouverts !

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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1606 articles en ligne, dont 6 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1600e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Il y a HD (Ready) et HD (Full)

La Haute Définition, en version « prête » ou « complète » ?

Journal 20Minutes [1], mercredi 31 mai 2006, rubrique high-tech, page 34, colonne de droite, un court article Samsung tout HD... à la rentrée :

Les premiers écrans FullHD arrivent. Soit le nec plus ultra de la restituion visuelle avec une définition deux fois supérieure au HD Ready.

Avec ces 2 premières phrases, l'article pointe du doigt, peut-être involontairement, qu'il y a bien deux HD (pour Haute Définition, ou High Definition en anglais) : la HDReady, actuellement mise en avant notamment dans les téléviseurs, et la FullHD, encore peu disponible sur les appareils.

Et alors ? Et bien un appreil HDReady n'est pas FullHD : les deux formats ne sont pas compatibles (en tout cas dans ce sens). Autrement formulé (dans un autre format...) : votre télévision HDReady ne pourra pas diffuser les contenus FullHD (DVD, programmes télé, video à la demande,...). Sans parler des DRM.

Ce n'est bien sûr pas le seul cas : d'autres exemples existent comme la TNT gratuite (au format MPEG-2) et la TNT payante (au format MPEG-4), chacun avec un décodeur spécial ; ou comme les 2 formats de DVD, avec les lecteurs de HD-DVD qui ne lisent pas les Blu-ray Disc (sauf à disposer des 2 technologies de lecture de ces 2 formats). Guerre des formats, course et incitations aux ventes... mais pas trop de formats ouverts. Et pour l'interopérabilité... on oublie et on laisse les consommateurs décider...

Sources et liens :

Le Web 2.0 ? Ce sont les standards ouverts en action !

Le Web 2.0 repose encore plus sur les standards ouverts

« Web 2.0 » : voilà l'expression du moment, le format pour communiquer en attirant l'attention ou pour donner l'impression d'être à la pointe de la technologie. Et tout le monde s'y lance : par exemple Yahoo! propose depuis début mai en France la nouvelle version de son portail, estampillé Web 2.0 [1],... Pour ce Web 2.0, la question ELF se pose : « Et Les Formats ? ».

Avec ses nombreux services en ligne (sites personnalisés, courriels, photos partagées, recherche, syndication, blog, messagerie instantanée, wiki, voire traitement de texte), le Web 2.0 repose encore plus sur le navigateur, avec les protocoles et les formats modernes qu'il sait utiliser : et bon nombre d'entre eux sont ouverts (http, HTML, AJAX,...).

Plusieurs textes font ainsi clairement l'association du Web 2.0 avec l'utilisation des standards ouverts.

Un long article de ZDNet, Comment se construit le web 2.0 explique par exemple que les formats RSS, le XHTML ou les API ouvertes sont au centre du Web 2.0 : ce sont des formats ou des protocoles ouverts. [2]

Des entrepreneurs les qualifient de fondations du Web 2.0 : « Les trois briques principales du web 2.0 sont les internautes, le réseau en lui-même et les standards ouverts. [3] (gras ajouté)

Finalement, le Web 2.0, c'est les standards ouverts encore plus en action : les standards 2.0, pourrait-on écrire, si cela sonne mieux. Sans oublier le format humain : l'utilisateur est bien plus acteur, en produisant, en partageant ou en publiant facilement textes, images, sons, connaissances ou informations.

(A côté de ces formats ouverts, le terme « Web 2.0 » est une expression déposée, donc à un format fermé limitant son utilisation, du moins pour des appellations de conférences commerciales, comme la récente conférence XTech 2006, (Construire le Web 2.0), à qui il est demandé de cesser l'utilisation du terme. [4])

Sources et liens :

Le Danemark déclare qu'il va utiliser le format ouvert ODF

Une annonce du Ministre des Sciences danois

Quitte à écrire des évidences, la guerre des formats fait rage. Et parmi ses batailles, celle pour le format bureautique est une des plus importantes. C'est le format ouvert ODF qui en première ligne, avec de nombreux développements récents, dont celui en France avec la DGME.

Voici un autre exemple, signalé par le site Groklaw [1] : Helge Sander, Ministre des Sciences du Danemark a déclaré qu'à partir du 1er septembre, le format ouvert ODF sera officiellement utilisé :

Je tiens à souligner que l'utilisation des formats ouverts est capitale pour le développement d'une administration électronique. J'ai demandé, comme premier pas, que mon propre ministère propose des publications et certains documents importants dans le format ouvert ODF. [2]

Et Tristan Nitot explique dans un article en anglais l'importance du format ODF en France, suite à l'appel à commentaires : What if... French made Open Document Format mandatory? [3]. Enfin, un responsable OpenOffice.org, Louis Suarez-Potts (OpenOffice.org Community Manager) traite aussi de cet appel et du format ODF, French Administrations and ODF [4].

Sources et liens :
  • [1] Rubrique Latest News picks du site Groklaw, le 26 mai 2005, en anglais, http://www.groklaw.net/newsitems.php
  • [2] Article Helge Sander åbner for OpenDocument-formatet, de Kristoffer S. Madsen, le 23 mai 2006, site ComputerWorld.dk, en danois, http://www.computerworld.dk/art/34035?a=rss&i=0
    • la citation : « Jeg vil gerne understrege, at anvendelsen af åbne standarder er central for udviklingen i digital forvaltning. Som et første skridt har jeg bedt mit eget ministerium om, at vi fra september tilbyder publikationer og anden relevant skriftlig kommunikation i det åbne dokumentformat ODF »

Mais c'est une révolution ! partie 2

La bureautique en France : ce serait le format ouvert ODF

D'abord tout le monde parlait des standards ouverts, puis tout le monde y était favorable et enfin certains décidaient de n'utiliser qu'eux.

Ainsi pourrait-on résumer ce qui se passe dans la guerre des formats et des protocoles : il y a les déclarations qui vantent les standards ouverts et il y a les décisions qui les désignent comme officiellement à utiliser.

En France, le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) se place dans la seconde catégorie : en effet, ce texte propose dans différentes catégories une liste de règles qui indiquent ce qui est « recommandé » ou « obligatoire » ou « interdit ».

Parmi les nombreuses catégories, la bureautique est sans doute la plus répandue et la plus connue (avec le Web et le courriel) : le traitement de texte, le tableur et la présentation sont très largement utilisés. Et pour la bureautique, c'est le format ouvert ODF (OpenDocument Format) qui a été retenu (la Gendarmerie nationale l'utilise déjà sur ses 70 000 ordinateurs).

En effet, dans la partie « Formats de documents Documents non structurés et semi-structurés », les règles 0025, 0026 et 0027 stipulent (texte intégral, les majuscules sont dans le texte officiel [1]) :

Il est RECOMMANDÉ d'utiliser le format Open Document pour les échanges de documents bureautiques semi-structurés (traitement de texte, tableur, présentation).

Il est OBLIGATOIRE d'accepter tout document au format Open Document pour les échanges de documents bureautiques semi-structurés (traitement de texte, tableur, présentation).

Il est INTERDIT de faire une migration depuis le format bureautique couramment utilisé par une organisation vers un format autre que le format ouvert Open Document.

Dans un format encore plus clair : en cas de changement de format, c'est l'ODF ; en cas d'échanges, on ne peut refuser l'ODF ; pour la production, l'ODF est fortement conseillé.

Voilà un trio à saluer et à soutenir : il s'ajoute aux décisions nationales et internationales à propos du format ODF. Il est donc capital que le texte définitif comporte ces 3 éléments. Ce sera une (petite) révolution transformée.

Sources et liens :

Mais c'est une révolution ! partie 1

Le RGI : fait pour tous, au service de tous, a besoin de tous.

Imaginez un texte proclamant au niveau d'un pays : « Les formats et les protocoles ouverts sont désormais obligatoires. Les formats, protocoles et standards fermés sont interdits ». Avec une définition claire et sans ambigüité du terme ouvert, et des listes précises de formats et protocoles.

Une révolution. C'est presque ce que y est en cours, depuis le 21 avril. Au Massachussets ? Non, c'est en France, et cela s'appelle le RGI.

Dans un format moins concis voici les détails de cette action majeure en 10 points :

  • le RGI : le Référentiel Général d'Interopérabilité ;
  • le prédécesseur : le CCI, Cadre Commun d'Interopérabilité [1], qui a par exemple guidé la Gendarmerie nationale dans ses choix ;
  • l'objet : appel à commentaires sur le référentiel général d’interopérabilité [3] ;
  • les dates : du 21 avril au 15 juin pour les commentaires ;
  • le document : il comporte 3 parties, « Volet Organisationnel » « Volet Sémantique » « Volet Technique » avec des formats classés par thèmes, dont une bonne part de formats et standards ouverts, avec notamment le format ouvert ODF pour la bureautique ;
  • le principe : commenter, réagir en contribuant dans le Wiki [4] (donner un nom et une adresse de courriel valable), ou envoyer un courrier électronique ou papier ;
  • à souligner : le Wiki utilisé, dénommé « Wiki RGI », repose sur le logiciel Media Wiki [5], un logiciel libre de Wiki, utilisé et développé pour le projet Wikipédia [6] ;
  • la portée de ce futur référentiel : il concernera tous les cahiers des charges des « autorités administratives » en France !

Au vu de cette liste, une évidence s'impose : cet appel à commenter et à réagir doit être transformé pour déjà dire bravo pour ce travail et ensuite pour apporter ses remarques.

D'ailleurs tous les acteurs concernés (citoyens, associations de consommateurs, industriels, gouvernement, administrations, prestataires de services, éditeurs) ne peuvent que saluer et soutenir cette action en faveur des thèmes des standards ouverts et de l'interopérabilité...

En effet, tous ont toujours déclaré être en faveur de ces 2 thèmes, et cela ne peut être que 5 fois bénéfique à tous : une concurrence saine et loyale, une indépendance technologique, une innovation accrue, une gestion avisée des financements publics et une pérennité des informations.

Lire aussi la partie 2.

Mise à jour : l'article a été repris en anglais,

Sources et liens :
  • [2] Ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, NOR:ECOX0500286R, Journal Officiel du 9 décembre 2005, http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=ECOX0500286R
    • Article 11, « Un référentiel général d'interopérabilité fixe les règles techniques permettant d'assurer l'interopérabilité des systèmes d'information. Il détermine notamment les répertoires de données, les normes et les standards qui doivent être utilisés par les autorités administratives. Les conditions d'élaboration, d'approbation, de modification et de publication de ce référentiel sont fixées par décret.»

Une déclaration importante de Microsoft : des précisions importantes

Précisions sur les propos tenus par Steve Ballmer, et les formats

Le 27 avril se déroulait MIX06 Paris [1], manifestation de Microsoft à propos du Web 2.0. Steve Ballmer était présent et a fait une intervention intitulée The Next Web Now. L'article de Formats-Ouverts.org du 30 avril, « Une déclaration importante contre les standards ouverts » développait cette information.

Or les propos rapportés ne sont pas exacts. En effet, la déclaration attribuée à Steve Ballmer à propos des standards du W3C (ne comptez pas sur le respect des standards dans certains qui concernent la compétitivité de Microsoft) n'est pas celle qu'il a tenue. Il s'agissait bien plus d'une interprétation exagérée (peut-être inspirée par la publicité en forme d'auto dérision de Microsoft).

Toujours est-il que Christophe Lauer, dans son blog Plan, Design, Develop, Test, Deploy, Administrate and Maintain... de Microsoft France, a écrit de manière fort juste un article en réponse : « Ce que Steve Ballmer n'a pas dit à Mix06 sur le respect des standards » [2], avec un rétrolien vers l'article de départ (en fait, même 2 rétroliens). Cet article est doublement utile.

Premièrement, il fournit les informations précises avec la retranscription (en anglais) des propos tenus par Steve Ballmer, à partir de la video, disponible en ligne : « So, Yes: we gonna embrace those standards, but we're also gonna do innovative things of our own just as we know many other actors in the market will also do innovative things of their own. ». Aucune mention de ce qui était donné comme sa citation. Dont acte et rectification : l'article de départ comporte la mention à propos de l'inexactitude, avec un lien vers ces lignes.

Deuxièmement il règle un problème de formats : en effet, la page de la video en ligne [3] implique des conditions techniques de configuration : « This webcast is not compatible with this navigator Please use Internet Explorer 6.0 or more » est la réponse obtenue hors de l'utilisation du couple Internet Explorer 6 et Windows. Grâce à cette retranscription au format texte en ligne (ici un format ouvert), l'information est encore bien plus disponible.

Pour la video, cela est quelque peu dommage, et une illustration du « principe de la chute des dominos appliquée au numérique », comme à propos de la video à la demande d'Arte. Tristan Nitot dans son article Respect du client : bonnet d'âne pour Arte, Air France ...et Microsoft ! [4], le regrette aussi, alors que les videos du MIX 06 Las Vegas [5] étaient lisibles avec Firefox sous Mac OS X.

Mise à jour du 25 mai : Christophe Lauer, de Microsoft France, m'indique que l'accès avec Firefox est désormais possible. Information donnée aussi ce jour par Tristan Nitot, contacté par Stéphane Kimmerlin (de Microsoft France aussi), Il n'y a que les veaux qui gueulent qui tètent !, http://standblog.org/blog/2006/05/25/93114801.

Sources et liens :

Les ventes de DVD baissent : et si les formats...

Moins de DVD vendus. Et si les formats y étaient aussi pour quelque chose ?

Selon le Syndicat de l'Edition Video (SEV) [1], les ventes de DVD ont baissé au premier trimestre 2006 (en valeur et en volume). C'est ce qu'indique un article de ZDNet [2]. La faute ? « Les acteurs de l'édition vidéo y voient le reflet de l'impact de la piraterie et de la banalisation du téléchargement illégal. ».

N'y aurait-il pas 2 autres facteurs possibles, liés aux formats (même s'ils ne sont pas vraiment ouverts) ?

Premier facteur : la guerre fratricide des nouveaux DVD. En effet, il y a 2 formats pour les prochains DVD : le Blu-ray Disc et le HD DVD. Des DVD incompatibles, avec des films sur un format et pas sur l'autre, avec des appareils de lecture spéciaux pour chacun.

Face à cette situation, les consommateurs sont peut-être peu tentés par les achats, y compris de DVD actuels. Et comme les industriels ont indiqué que ce serait le marché qui décide... il décide. Pour ce qui est de dire que ses propres membres sapent leur secteur, cela n'est sans doute pas le bon format.

Second facteur : la croissance de la VoD. La video à la demande se développe et gagne des utilisateurs, donc des clients. Cette diffusion au format en ligne peut être un concurrent direct de l'achat de DVD, malgré les contraintes de formats. Ainsi, au sein du marché de l'achat video, il peut s'agir d'un changement de répartition, avec la VoD qui gagne des clients sur ceux des DVD.

D'un point de vue financier, on peut aussi considérer que les budgets des particuliers ne sont pas extensibles : entre les différentes dépenses (télévision, TNT, Internet, téléphonie, video, musique, jeux video, DVD, VoD,...) des rééquilibrages peuvent s'opérer, à somme constante.

Mais le pire est à venir : si ces 2 raisons ne sont pas valables pour l'instant car les 2 formats de DVD et la VoD ont des impacts encore trop faibles, elles vont forcément le devenir. Encore une guerre des formats avec l'interopérabilité bien oubliée.

Mise à jour Comme indiqué dans un commentaire, un autre facteur lié au format peut freiner les ventes : les protections placées sur les DVD, qui ne les rendent pas lisibles sur n'importe quel lecteur de DVD. Et il y a un exemple récent à propos de DVD illisibles sur ordinateur sans casser ses protections... Cela porte à 3 le nombre de facteurs liés aux formats.

Sources et liens :

Radio France traite de la video à la demande (et de ses formats)

Un dossier en ligne sur la VoD, avec une participation de Formats-Ouverts.org

Le site de Radio France propose chaque semaine un dossier spécial à propos d'un thème [1]. Pour la semaine du 15 mai, festival de Cannes oblige, c'est le cinéma qui est à l'honneur, avec ce marché qui ne se décline plus seulement qu'en salles : en effet on trouve aussi le DVD, le Home cinema et la video à la demande (VoD).

Pour ce dossier, Chez soi, comme au cinéma [2], j'ai été interviewé par Éric Chaverou, l'un des 3 journalistes à avoir réalisé le sujet, avec Cécile Mimaut et Célia Quilleret. La retranscription figure dans la troisième des cinq parties, Les débuts de la VoD, avec aussi l'interview (format Real Audio) et une présentation dans la liste des liens en référence. Il y est bien sûr question, mais sans terme technique, de standards ouverts, d'interopérabilité, mais pas de l'exemple d'Arte et sa VoD.

L'interview a été réalisé avec l'appareil de nombreux professionnels du son, un Nagra [3], qui enregistrait directement en version numérique sur une carte mémoire (plus de bandes ni de ciseaux pour le montage). La carte mémoire était un des 7 modèles qui existe : en effet il ya 7 formats physiques différents. Encore des formats.

Sources et liens :

Arte et «Le cauchemar de Darwin» : le cauchemar de la VoD ?

Arte diffuse un documentaire ; puis le site Web d'Arte le rediffuse : mais voici les formats...

Le lundi 24 avril 2006, Arte diffusait à 20h40 le documentaire de Hubert Sauper, Le cauchemar de Darwin [1] (sur le réseau hertzien analogique). Un film au format 110 minutes, en première partie de soirée, comme le disent les expressions consacrées.

Avec un téléviseur, petit ou grand, du plus simple au plus complexe, de l'écran plat à celui avec tube cathodique, et quelle que soit la marque ou l'année de fabrication, il était possible de suivre l'émission. C'est l'interopérabilité en action (comme pour la radio hertzienne).

Dès le lendemain, il était possible de regarder à nouveau l'émission, depuis le site de video à la demande (VoD)d'Arte [2]. Et commence alors la longue marche vers la quintuple homologation :

  1. la « connexion » : bas débit (RTC) ou haut débit (ADSL par exemple) ? Il faut « 512 Kbps minimum » ;
  2. la « configuration » : javascript et cookies doivent être acceptés ;
  3. le « lecteur video » : logiciel Windows Media Player ou pas ? Il le faut ;
  4. le « navigateur Internet » : logiciel Internet Explorer 5.5 (minimum) ou pas ? Il le faut (« incompatibilité pour Netscape et Firefox ») ;
  5. le « système d'explotation » : logiciel Windows 2000 ou Windows XP ? Ils sont « requis » [3].

Les 2 premiers critères ne sont pas exclusifs à un type de machine. En revanche, les 3 suivants forment une triple chaîne, avec système d'exploitation Microsoft et navigateur Web Microsoft et lecteur video Microsoft (« MS(OS+browser+player) » dans un format anglais et pseudo mathématique).

Pour ce qui est de Windows, il peut sembler logique de le prendre comme base de départ. Cependant, c'est presque 20% des utilisateurs (et clients) qui peuvent être recalés du fait de l'exclusion du navigateur Firefox (comme pour le Sénat). Et le logiciel de lecture video est celui dont l'Europe a demandé le retrait pour abus de position dominante.

Alors ? D'une certaine manière, rien de surprenant : c'est le principe de la chute des dominos, appliquée au numérique. Au départ, il y a le format video, Windows Media Video... qui fait tomber le logiciel Windows Media Player... qui fait tomber le logiciel Internet Explorer... qui fait tomber le logiciel Windows sur les machines. D'un format de fichier, c'est une succession de logiciels dédiés qui s'impose : voilà pourquoi la guerre des formats a lieu.

Arte l'avait indiqué en février 2006, le WMV, le format video fermé de Microsoft, était celui retenu. Qu'en penser ?

  • Format pessimiste : voici une chaîne de télévision (publique européenne) de plus qui se trouve prise dans la logique implacable d'un format fermé très présent et redoutable par ses conséquences.
  • Format optimiste : il y a sans aucun doute des raisons à ce choix, et sans aucun doute aussi la possibilité de faire entendre qu'une autre solution existe : la video avec des formats ouverts, cela existe déjà. Et ainsi faire évoluer le verdict du site : « Nous sommes désolés mais votre configuration actuelle ne permet pas de profiter des services du site. » Chiche ? S'il y a une personne d'Arte dans la salle...
Sources et liens :

Sony adopte le format d'Apple

Le format audio d'Apple (le AAC) sur des appareils Sony !

Il y a des formats, au sens informatique comme au sens figuré, qui semblent incompatibles car opposés : Windows sur une machine Apple, un assistant numérique de marque Palm avec Windows Mobile [1], Intel sur Apple, une souris Apple avec plus qu'un seul bouton [2]. Et pourtant tout cela est arrivé.

Voici une nouvelle qui va dans le même sens : Sony met de l'Apple dans ses baladeurs numériques (écrit dans un format court et donc simplificateur) [3]. Plus exactement, certains des appareils Sony savent utiliser le format audio d'Apple, le AAC. Cependant il s'agit du format AAC sans les protections (les DRM) que le fichier possède en étant acheté depuis le site iTunes Music Store d'Apple.

En quoi est-ce tant à souligner ? Car dans la guerre des formats que se livrent les industriels de la musique, Sony se bat avec son format, l'ATRAC (et ses baladeurs), contre l'AAC d'Apple (et ses iPod) et contre le WMA de Microsoft. En octobre 2004, Sony avait déjà adopté le format MP3 sur ses appareils qui ne savaient lire au départ que l'ATRAC. La gamme des formats augmente donc, y compris ceux de la concurrence.

Bien sûr, il n'est pas question d'interopérabilité basée sur des formats ouverts (comme le Ogg Vorbis). Tout au plus s'agit-il de compatibilité.

Sources et liens :

De la video avec des formats ouverts, cela existe, je l'ai rencontrée !

De la video en ligne avec des formats ouverts

Une conférence sur les formats ouverts, n'utilisant que des formats ouverts.

C'est ce qui s'est produit à Nice Sophia Antipolis le 6 mai. En effet, outre le format « en direct, de visu » et la présentation au format PDF pour la version écrite, il y avait aussi 2 autres possibilités : l'audio et la video.

En effet, toutes les conférences de la journée dans l'amphithéâtre étaient retransmises en direct :

  • au format ouvert Ogg/Vorbis pour l'audio ;
  • et au format video Ogg/Theora pour la video !

La video dans un format ouvert, en situation réelle de production et de diffusion, cela est possible avec le Ogg/Theora [1]. De plus, ces retransmissions ont aussi été enregistrées et sont disponibles [2] : il y a même une version « video avec les transparents projetés », réalisée grâce au logiciel libre de capture de transparents grabslides [3].

Finalement, la chaîne d'acquisition, le codage et la diffusion étaient réalisés à 100% avec des logiciels, des formats et des protocoles ouverts. Un grand bravo à l'équipe technique [4] et aux organisateurs [5] (et merci aux 15 personnes ayant suivi ma conférence en Ogg/Theora et les 3 en Ogg/Vorbis).

Sources et liens :
  • [4] L'équipe technique du département NTIC de la Faculté de Médecine de l'Université de Nice-Sophia Antipolis :
    • Réalisation : Régis Desneulin
    • Diffusion : Jérôme Alet
  • [5] Les organisateurs :
    • Véronique Fritière (Présidente de Linux-Azur)
    • Roger Marlin (École Polytechnique de l'Université de Nice)
    • René Mages (FFII France et Linux-Azur)
    • et les membres de Linux Azur

Les formats dans les publicités

Un dépliant publicitaire est une collection de formats, mais pas toujours expliqués...

Régulièrement, les grandes surfaces organisent des opérations commerciales à propos des produits techniques lié à l'image, au son, à la photo, au téléphone et à l'informatique, avec notamment un catalogue publicitaire dédié (format papier).

Ainsi, après un exemple avec Carrefour, ce sont les magasins Leclerc qui proposaient leur 10 jours Technique pour tous du 19 au 29 avril dernier. « Et Les Formats ? » , la question EFL :

  • d'abord, les formats sont partout ! Même brièvement indiqué, c'est important en termes d'informations données, mais aussi en terme d'image : une pubilicité d'appareil électronique sans terme technique mystérieux fait-elle assez sérieux ? Non, et il faut même qu'ils soient assez nombreux pour créer cette aura de technicité... (ah le formatage des esprits et les préjugés...) ;
  • ainsi on lit entre autres HDMI, WMA, OGG, DVI, 16/9, HD Ready, JPEG, DivX, MP3, ID3 Tag, USB, MPEG4 et autres IEEE 1394 Firewire ;
  • certains formats sont liés au domaine physique (dimensions, câbles, prises, comme avec 16/9, HDMI, Firewire), d'autres ne concernent que les fichiers numériques ;
  • il est intéresant de relever que le format ouvert OGG Vorbis figure dans un des baladeurs numériques proposés (marque Samsung) ;
  • enfin on peut relever comment les formats sont expliqués... ou pas ! Rien sur les DRM des câbles HDMI et des télévisions HD Ready. Pour le format « WMA DRM (Digital Right Management) », on lit en bas de la page 8 : « Ce format de compression, est équipé d'un système permettant de contrôler la diffusion des œuvres numériques » ce qui est exact, mais sans doute un peu bref.

Il faudrait une plaquette de publicité avec les formats expliqués (voire une publicité pour un document expliquant les formats et l'interopérabilité) : mais trop expliquer, pour une publicité, ce n'est peut-être pas... le bon format !

Sources et liens :

Le Sénat peut exclure jusqu'à presque 20% des français

Les débats du Sénat retransmis en video sur le Web...

Le 4 mai 2006, le Sénat a débuté l'examen du projet de loi DADVSI. Le site Web du Sénat offre la possibilité de lire les compte-rendus des débats [1], et aussi de suivre ces débats en direct en video [2]. Question « ELF FOO » : Et Le Format, Fermé Ou Ouvert ? Il s'agit du format Real Video. Un format fermé parmi ceux utilisés sur de grands sites officiels comme La Chaîne Parlementaire (Windows Media Video, WMV), l'Élysée (WMV et QuickTime), Matignon (QuickTime) [3], l'Assemblée nationale (WMV et Real) ou l'INA (DivX) [4].

Or d'après les dernières études de parts de marché [5], le Sénat peut ainsi exclure presque 20% des français connectés. En effet, que se passe-t-il pour les internautes avec Windows XP (la très écrasante majorité) qui utilisent le navigateur Firefox : impossible de lire la video ! Une fenêtre s'ouvre, le logiciel RealPlayer se lance... et c'est tout, pas d'image.

Pourtant, sur le même ordinateur avec Windows XP, avec la même page Web, avec la même video, mais avec Internet Explorer, cela fonctionne. Et comme Firefox est utilisé par 17,4% des internautes en France, cela en exclut au pire presque un sur cinq (tous les utilisateurs Firefox ne sont pas sur Windows XP, mais peuvent avoir Mac OS ou Linux comme système d'exploitation).

Cependant il s'agit sans doute d'une erreur minime qui sera rapidement rectifiée pour illustrer le principe d'interopérabilité et pour mettre le site du Sénat encore plus en accord avec son sous-titre, « Un site au service des citoyens ».

Mise à jour : un long commentaire détaillé avec des informations précises a été posté le 9 mai par monsieur Déprez, Webmestre du site du Sénat, et je l'en remercie.

Sources et liens :

Le format ouvert OpenDocument est une norme ISO

Le format OpenDocument a été reconnu comme standard ouvert par l'ISO

OpenDocument Format, le format ouvert développé par la suite bureautique OpenOffice.org, a été reconnu comme la norme ISO 26300 [1].

Le format OpenDocument avait été reconnu comme norme OASIS en mai 2005. Le processus de reconnaissance par l'ISO avait ensuite été lancé : commission, évaluation puis vote, qui est intervenu le 1er mai 2006, à la fin de la période de travail de 6 mois.

OpenDocument est utilisé dans la suite bureautique OpenOffice.org, mais aussi KOffice. En France, la Gendarmerie nationale l'utilise comme son format officiel de travail, tout comme le Massachussets à partir de 2007. De nombreuses structures (administrations, entreprises, associations, institutions,...) se sont regroupées en mars 2006 pour créer l'ODF Alliance, l'Open Document Format Alliance.

Cette reconnaissance en tant que norme par l'ISO donne une deuxième validation internationale, après celle de l'OASIS. De plus, les structures qui ne veulent utiliser que des normes de certaines agences de normalisation, dont l'ISO, pourront désormais employer le format ouvert OpenDocument.

Cela signifie un format ouvert pour les documents bureautiques, c'est-à-dire pour les futurs archives numériques et pour le patrimoine numérique ainsi constitué.

Sources et liens :

OUI à l'interopérabilité

Formats-Ouverts.org dans la rue

Le dimanche 7 mai, une manifestation partira de la place de la Bastille à Paris [1]. Pour les participants, il s'agit d'indiquer ainsi dans la rue combien les DRM posent des problèmes, combien l'interopérabilité est vitale et combien stratégiques sont les logiciels libres (formats techniques et juridiques ouverts). Tout cela à propos du projet de loi DADVSI qui sera alors en cours d'examen au Sénat.

De nombreuses associations et mouvements participeront, avec aussi de nombreuses personnalités, notamment politiques (de tous bords). Formats-Ouverts.org, même s'il n'est qu'un site Web, avec un rédacteur en chef et un responsable technique, sera représenté par mes soins à ce rassemblement : rendez-vous donc à 14h (au lendemain de la conférence à Nice).

Les cas des faux CD audio ou des DVD video cryptés sont des exemples qui illustrent les problèmes soulevés (et vécus très concrètement dans une vie numérique quotidienne).

Sources et liens :
  • [1] Communiqué de presse, Marche pour les libertés numériques, contre les DRM et contre la loi DADVSI, le 7 mai à 14h place de la Bastille à Paris, le 30 avril 2006, site StopDRM.info, http://stopdrm.info/index.php?2006/04/30/61