Pour les formats ouverts !

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Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Téléphone portable : ouvert et fermé

Le format des clavier et des messageries instantanées

D'un côté, un format ouvert, celui des claviers des téléphones portables [1] : les 12 touches avec inscrits dessus les 10 chiffres de 0 à 9, plus # et *. Et avec aussi les 26 lettres de l'alphabet latin, réparties sur 8 touches : donc 3 ou 4 par touche. Pour être complet, on a ainsi 6 trios (2-abc, 3-def, 4-ghi, 5jkl, 6-mno et 8-tuv) et 2 quatuors (7-pqrs et 9-wxyz).

Ce format des claviers de téléphone portable est donc ouvert, disponible pour tous les fabricants, sans brevet à payer à propos de cette répartition. Cela est très pratique pour le marché des SMS. Ainsi pour taper FOo, c'est le 366, et pour Google, c'est 466453. D'ailleurs ce dernier l'a indiqué dans son annonce à propos de son dernier service aux États-Unis, Google SMS :

Envoyez votre numéro de vol au 466453 (« GOOGLE » sur la plupart des téléphones portables) [2]

De l'autre côté, sur ces mêmes téléphones portables, on a les SMS qui sont presque toujours enfermés dans l'appareil (câble, logiciel ou services particuliers sont nécessaires pour archiver ses messages hors téléphone), comme le répertoire ou encore ses morceaux de musique. On a aussi de plus en plus des offres de messagerie instantanée qui sont bien fermées.

Or si le téléphone permet de joindre tout le monde (sans souci de marque d'appareil ni d'opérateur : on appelle, ça marche), les messageries instantanées sont elles bien fermées pour ne communniquer qu'entre elles. Le dernier exemple en date : les panneaux publicitaires de Orange Messenger by Windows Live précisent :

Sercice de messagerie instantanée Orange Messenger by Windows Live réservée aux clients Orange, disponible en téléchargement sur http://im.orange.fr et utilisable entre équipements compatibles dotés du service. Nokia 5200

Donc communiquer de Orange Messenger vers Orange Messenger. Mais hors de cette situation, point de communication... Ne parlons donc pas d'interopérabilité, ni de formats ouverts...

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L'Oregon, cinquième État à exiger des formats ouverts

En Oregon : uniquement des formats ouverts pour les administrations et les bibliothèques

Voici l'information en version courte : aux États-Unis, l'Oregon est le cinquième État à exiger des formats ouverts.

On pourrait aussi dire qu'il s'agit de l'annonce mensuelle sur le sujet : en janvier, c'était le Minnesota et le Texas ; en février, la Californie ; et en mars, l'Oregon (en janvier 2005, le Massachussets a été le pionnier).

En version plus développée, voici ce qu'il en est, à partir de l'excellent article d'Andrew Updegrove, And Oregon Makes Five for ODF - With a Twist. [1]

Comme il est d'usage dans une approche sérieuse, le texte officiel, House Bill 2920, présenté par l'élu Peter Buckley, commence dans la section 2 par définir les termes employés, avec « une forme électronique », « un logiciel freeware » (logiciel gratuit indéfiniment) et « un format ouvert signifie une spécification publiée ou alors mis à disposition qui est :

  • (A) sans restriction légale ou technique à propos de l'utilisation de la spécification pour encoder, afficher, lire, imprimer ou stocker les informations ou les données sous une forme électronique ;
  • (B) sans versement de royalties ou d'autres formes de compensation pour l'utilisation de la spécification ;
  • (C) développée et mise à jour par plus d'un fournisseur de logiciel indépendant dans le cadre d'un processus clairement défini ; et
  • (D) contrôlée ou guidée par les spécifications de l'auteur ou d'une organisation de standardisation comme (mais pas limité à eux) l'ANSI, l'ISO et l'OASIS. »

Enfin « un format propriétaire signifie une spécification sujette à des restrictions techniques ou légales à propos de l'utilisation de la spécification pour encoder, afficher, lire, imprimer ou stocker les informations ou les données sous une forme électronique. »

Trois points sont à signaler, qui sont aussi des différences par rapport aux textes adoptés par les 4 autres États :

  • tout d'abord l'absence du XML comme type de format ouvert cité ;
  • ensuite, les formats ouverts devront être utilisés avec des logiciels freeware ;
  • enfin, le réseau des bibliothèques est au cœur du dispositif. En effet elles sont concernées par les sections 3, 4, 6 et 7 ! Ces quatre sections fixent à la bibliothèque d'État le rôle de recevoir et de mettre à disposition les documents aux bibliothèques dépositaires et aux bibliothèques publiques. Toutes doivent installer et maintenir les logiciels freeware pour accéder aux documents.

Les archives électroniques devront aussi utiliser des formats ouverts. Enfin le format ouvert ODF peut répondre aux exigences, notamment par l'existence de logiciels freeware utilisant ce format (les logiciels libres peuvent être considérés comme rentrant dans la définition indiquée des logiciels freeware).

Fin mars 2007, presque 10% des États américains, un sur dix, veulent des formats ouverts. Quant à la province de Misiones, en Argentine, elle n'utilise plus que des formats ouverts depuis fin 2006.

Alors, quel(s) prochain(s) État(s) en avril ? Et quid de la France et du RGI ?

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Et sur Formats-Ouverts.org :

Guerre de l'information : un exemple

Guerre de l'information dans la guerre des consoles à propos de la guerre des DVD video

Les consoles PlayStation 3 (PS3) avec Blu-ray Disc et XBox360 avec HD-DVD s'affrontent désormais sur le marché européen.

Outre cette guerre des consoles, des DVD video et des formats, c'est aussi la guerre de l'information. En voici une illustration, avec le journal papier 20 Minutes [1] du vendredi 23 mars. C'était le jour de sortie de la PS3 et il ne comportait aucun article sur le sujet, mais 3 publicités bien placées...

En face de la page high tech, page 29 : une pleine page intitulée Passez du DVD à la Haute Définition Blu-ray. La Playstation 3 est montrée avec 2 platines de salon (Panasonic et Samsung) qui « peuvent lire les BluRay ». Des jaquettes de films connus, en Blu-ray et 4 studios de cinéma sont indiqués en bas de page, avec aussi le site bluray-facile.com [2], « pour en savoir plus », avec son guide (bleu) Lucas.

En face de la page programme tv, page 45 : une page entière de publicité à propos de 2 produits Acer, un ordinateur portable (Aspire 9420) et un « PC complet pour le divertissement numérique » (Aspire iDea 510) avec « Windows Vista Édition Familiale Premium Authentique » ; aucune mention du type de lecteur DVD, mais il s'agit de HD-DVD [3].

La dernière page : elle est très vue, il s'agit là aussi d'une publicité, intitulée « Bienvenus dans le monde des loisirs HD » : c'est à propos... de la XBox 360, soit le concurrent direct ! L'argument de l'affichage en « Full HD » est entre autres cité, mais là aussi aucune mention du format HD-DVD du lecteur externe de la console.

Résultat du match : les emplacements sont judiciseusement choisis, et le score donne 2 pour HD-DVD contre 1 pour Blu-ray en termes de pages... même si le format HD-DVD n'est jamais mentionné. Et c'est peut-être là le point le plus fin, ne jamais citer le format, aspect trop technique, mais faire qu'il découle des produits qui seront achetés : cela serait normal d'acheter des DVD en HD-DVD puisque c'est le format utilisé, l'autre format étant encore moins signalé... Est-ce le bon format de publicité ?

Information, surinformation, désinformation, manipulation de l'information [4] : sans forcément aller à toutes les extrémités, la guerre de l'information pour les produits et leurs formats (pas ouverts) a bien lieu ici, que ce soit dans la presse, à la radio, à la télévision, sur Internet ou dans les publicités.

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La guerre des DVD dans la guerre des consoles

Chacune des 2 consoles concurrentes a son format de DVD video

Le 23 mars 2007 (un vendredi), Sony a lancé en Europe la commercialisation de sa console de jeux PlayStation 3 [1]. Elle succède à la PlayStation 2 (!) et se trouve en concurrence avec la XBox 360 de Microsoft (qui a succédé à la XBox) [2].

Et ces 2 consoles se livrent une guerre à propos des DVD video et de leurs formats, déjà signalée en juin 2005.

Les consoles de jeux (de poche ou de salon) sont un excellent exemple de l'importance des formats physiques et de l'absence de compatibilité : les supports physiques sur lesquels se trouvent ces jeux (cartouches ou CD) sont bien sûr propres à chaque appareil (il ne s'agit pas de vrais CD audio utilisable avec tous les lecteurs de CD audio).

Les consoles de salon constituent un enjeu capital au sein des foyers : être au cœur de la vie numérique avec jeux video, musique, photos, video, Internet et DVD. Et pour les DVD video, c'est la guerre des formats :

  • la Playstation 3 dispose d'un lecteur de DVD video Blu-ray Disc, format Haute Définition (HD) soutenu par Sony et d'autres ;
  • la XBox 360 propose en option un lecteur externe de DVD video HD-DVD, format HD soutenu par Microsoft et d'autres.

L'enjeu du marché des consoles, c'est aussi le marché de la video haute définition et des DVD haute définition. Pour ce qui est de la console de salon Wii de Nintendo [3], sortie le 8 décembre 2006, elle ne propose pas de lecteur interne ou externe de DVD.

Dans ces affrontements, les formats ouverts et l'interopérabilité ne sont pas de mise (même si des formats ouverts sont parfois utilisés par les appareils).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Les photos numériques et leurs formats...

Photographie numérique : JPEG, RAW et les autres

Vous prenez des photos avec un appareil numérique ? Si vous les récupérez au format JPEG, elles ont alors déjà été « travaillées » par le logiciel de l'appareil : elles sont « dégradées » par rapport à ce que l'objectif et l'appareil ont enregistré de manière complète. Cet enregistrement complet est au format RAW (« brut ») :

Mais le format RAW n'existe pas en tant que tel, et il serait plus exact de parler d'une multitude de formats : « RAW » est en effet un terme générique englobant des formats bruts très différents tels que CR2 (chez Canon), NEF (chez Nikon), ORF (chez Olympus) ou NRW (chez Minolta). Chaque fabricant crée son propre format RAW, ou plutôt ses formats car tout nouveau boitier nécessite une adpatation au format d'origine. Chacun préserve jalousement les secrets entourant ses formats bruts propriétaires et cette situation pose bien des problèmes aux utilisateurs que nous sommes. Entre autres nous n'avons aucune certitude que les fichiers RAW enregistrés aujourd'hui pourront être ouverts demain avec un logiciel de conversion, indispensable pour rendre ses données accessibles. Heureusement, des initiatives dirigées vers l'amélioration d'un format universel voient peu à peu le jour. Reste à convaincre les fabricants de son intérêt. [1] (gras ajouté)

Ce paragraphe est extrait du livre Développer ses fichiers RAW (Eyrolles) [2] et expose bien le problème : les données en RAW dépendent du duo matériel-logiciel utilisé par l'appareil. Or le RAW est un « véritable négatif numérique », permettant d'obtenir le format ouvert DNG [3] lancé fin septembre 2004 par Adobe et utilisé par exemple par Leica.

Il y a aussi le projet du format ouvert OpenRAW [4] lancé fin avril 2005, pour une réelle pérennité et une véritable interopérabilité. Et depuis mars 2007, Microsoft a lancé son format photo numérique, le HD Photo. C'est la guerre des formats, en photo aussi...

Sources et liens :
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Des tombereaux de Gigaoctets... pour le tombeau ?

Record pour le volume de productions numériques : mais à quels formats ? et pour l'archivage ?

Selon une étude du cabinet IDC pour la société EMC [1], spécialisée dans le stockage, 161 exaoctets de données [2] ont été créées dans le monde en 2006 [3].

Cela représente 161 milliards de gigaoctets de données, qui sont sous forme de fichiers numériques. Avec bien sûr la question des formats : quels types de formats, fermés ou ouverts ?

Outre ces formats, quel avenir pour cette mémoire numérique ? Quel stockage en vue de quelle conservation ? Certaines données, comme les suivis de connexion (Internet ou téléphone) n'ont pas vocation à être conservées à long terme. Mais pour les autres, pour éviter la perte et le cimetière numérique, comment conserver et à quels formats ?

Il faut conserver en gérant cette mémoire, par exemple en renouvellant régulièrement les supports, qui ont des durées de vie limitée. Et il faut utiliser des formats ouverts, les mieux à même de permettre une pérennité .

Que ce soit au travers des exemples de la capsule Yahoo!, de l'informatique immortelle, des déchets radioactifs ou des bandes de la NASA, la question de l'archivage du numérique a déjà été mise en avant.

Finalement, ce sont 5 questions à se poser :

  • ELF, Et Les Formats ? Fermés ou ouverts ?
  • ELS, Et Le Support ? Sur disque dur, bandes magnétiques, CD ou DVD pressés... avec les lecteurs adéquats.
  • ELL, Et La Licence ? Qu'en est-il précisément des droits d'utilisation des informations, des logiciels ou des technologies ?
  • ELM, Et Les Métadonnées (ou le récolement) ? Pour s'y retrouver, indiquer l'auteur, la date, le lieu, un descriptif (si connus) dans un format ouvert.
  • ELG , Et La Gestion ? Il faut gérer lesdites archives numériques pour garantir l'intégrité des supports et des fichiers, et donc leur conservation à long terme.

Comme la production devrait continuer d'augmenter, les questions ci-dessus vont encore plus se poser avec cette ultime interrogation : quid du patrimoine numérique ?

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Chez Essilor, les formats, ils adorent

Et ils ont raison, encore plus s'ils sont ouverts

Essilor est « Numéro 1 mondial des verres correcteurs » [1]. Il ne s'agit pas ici de traiter des résultats financiers 2006 de la société [2], mais de se pencher sur son capital... numérique.

Ce capital est constitué des très nombreux fichiers créés par la société ou reçus de ses interlocuteurs. Les documents bureautiques (les textes, les tableaux, les présentations) et les courriels sont sans doute parmi les plus nombreux. Et qui dit fichier, dit format. Et qui dit format, dit «ouvert ou fermé ?».

Quel format bureautique retenir et utiliser ? Le Directeur des Systèmes d'Information (DSI) d'Essilor, Didier Lambert, expliquait le 15 mai 2005 que face au « cauchemar » des différents logiciels différents sur des différentes machines, une « standardisation » était nécessaire. Standardiser avec un seul et même format pour tous (fermé comme ouvert) ou avec des formats ouverts (pour passer de l'un à l'autre) ?

Il se trouve qu'Essilor est impliqué dans les 3 solutions bureautiques importantes actuelles (et concurrentes) avec leur format :

« Les deux seules choses qui comptent pour nous, ce sont l'interopérabilité et les standards. » : c'est ce que Didier Lambert déclarait et on ne peut que souscrire à cette approche, avec des standards ouverts, autant pour l'indépendance que pour l'archivage. Sans oublier de ne pas mettre tous les œufs (Windows ou pas) dans le même panier...

Sources et liens :
  • [3] Page Google Apps Edition Premium, partie Témoignages : « Sur ces deux points, il est clair que Google Apps représente une avancée majeur et il est donc naturel pour Essilor d'aller voir plus en profondeur. », http://www.google.fr/a/help/intl/fr/admins/premier.html
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HD Photo, nouveau format de Microsoft

Microsoft lance son format pour la photo

Le 8 mars 2007 à Las Vegas, lors du International Convention and Trade Show du Photo Marketing Association 2007 (PMA07) [1], Microsoft a annoncé le lancement de son nouveau format destiné à la photo numérique haute définition, HD Photo [2].

Premier point à noter, le format du nom : HD Photo n'évoque en rien Windows ou Microsoft... alors que le nom initial était Windows Media Photo (WMPhoto), comme encore mentionné dans l'adresse des page du site de Microsoft [3]. De plus dans le monde de la photo, les machines Apple (donc avec Mac OS X et sans Windows) sont plus bien présentes. Sans oublier que le terme HD est d'actualité et à la mode (les DVD HD, la télévision HD, les écrans HD,...).

Ce nouveau format est en concurrence avec le JPEG [4] ou le JPEG 2000 [5]. Microsoft avance un meilleur taux de compression, donc un poids moindre, et une meilleure qualité.

Un format certes, mais utilisé par qui : quels logiciels, quels matériels et qui des professionnels ? La réponse comprend 2 niveaux.

En interne, Windows Vista (« vendu » avec chaque nouvel ordinateur) sait utiliser nativement HD Photo : une approche logique d'être servi au mieux par soi-même. HD Photo est aussi pris en charge dans .NET Framework 3.0, et le codec Windows Imaging Component (WIC) est aussi disponible pour Windows XP and Windows Server 2003.

Vis-à-vis du monde extérieur, un kit (HD Photo Device Porting Kit) est disponible pour les fabricants. Mais surtout Microsoft a aussi passé un accord avec Adobe et propose un plug-in pour le logiciel Photoshop [6]. Ce plug-in est disponible en version bêta, avec une version définitive annoncée pour dans 60 jours et qui sera gratuite, pour les versions Windows (XP et Vista) et Mac OS X de Photoshop CS2 et CS3.

4 questions : tiens, un plug-in ? une standardisation ? fermé ou ouvert ? et le DNG et les RAW ?

Microsoft et un plug-in... Ce plug-in pour Photoshop est donc développé par Microsoft et Adobe. Pourtant pour le format ouvert OpenDocument Format dans Office 2007 rien de tel : Microsoft ne se charge pas du plug-in. Cela doit être stratégique de s'en occuper dans un cas, et pas dans l'autre...

Le communiqué de presse indique que Microsoft « a l'intention de standardiser sa technologie et qu'il soumettra sous peu le format HD Photo à un organisme de standardisation approprié. » : qui, ISO, ECMA, autres ?

Le format HD Photo en l'état est-il ouvert ou fermé ? Le texte du communiqué de presse ne parle à aucun moment de format ou de standard ouvert ni d'interopérabilité, termes pourtant très souvent employés de manière marketing comme technique.

Et quelle position par rapport au format ouvert DNG, lancé par Adobe en septembre 2004, utilisé par exemple par Leica. Et quid des formats RAW propres à chaque appareil photo (ou marques) ou du format OpenRAW ?

Enfin on ne peut s'empêcher de penser à l'affrontement entre Microsoft et Adobe en juin 2006 à propos du format ouvert PDF : il avait donné lieu a un communiqué de presse de chacun (comme la lettre de Microsoft attaquant IBM le 14 février dernier). Fachés hier, amis aujourd'hui.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

RGI : information de la DGME et réaction de Microsoft

Textes de la DGME et de Microsoft à propos du RGI

Après la publication le 2 mars du décret du comité RGI, la Direction Générale de la Modernisation de l'État (DGME) et Microsoft ont chacun diffusé un texte en date du 6 mars. Les voici ci-dessous, avec l'ajout du gras (pour un passage important) et de l'italique (pour les citations), ainsi qu'un court commentaire en retrait après chaque paragraphe.

Publication du décret précisant les conditions d’élaboration du référentiel général d'interopérabilité qui facilitera l’échange de données et d’informations des services publics entre eux et vers les usagers (5 paragraphes)

Le titre officiel

Le décret n° 2007-284 du 2 mars 2007, publié au Journal Officiel le 3 mars 2007, représente une nouvelle étape dans le déploiement de l'administration électronique en France. Ce texte précise les conditions d’élaboration, d’approbation, de modification et de publication du référentiel général d’interopérabilité (RGI).

Les information officielles

Le référentiel général d’interopérabilité (RGI) vise à définir les conditions techniques dans lesquelles s’organisent les échanges d’informations au sein des administrations. Il déterminera un ensemble de normes et de règles destinées à faciliter l’échange de données et d’informations des services publics entre eux et vers les usagers. Il permettra également la mutualisation des systèmes d’information de l’Etat et des investissements nécessaires à leur développement. Enfin, il facilitera le développement de nouveaux services aux usagers.

Une mise en perspective

La direction générale de la modernisation de l’Etat (DGME), en charge de la conception et du pilotage du référentiel général d’interopérabilité, présentera prochainement un projet de texte au comité du référentiel général d’interopérabilité, créé par le présent décret.

Le RGI sera prochainement soumis au comité RGI.

Ce comité, présidé par le directeur général de la modernisation de l’Etat, sera composé de représentants des autorités administratives, du président de la commission nationale de l’informatique et des libertés, du directeur central de la sécurité des systèmes d'information au secrétariat général de la défense nationale, de trois représentants des collectivités territoriales ainsi que de quatre personnalités qualifiées choisies pour leur compétence et leur expérience dans le domaine de l'administration électronique et des technologies de l'information et de la communication.

C'est la composition des 24 membres.

Après consultation du comité, le projet de RGI sera transmis pour avis à la Commission européenne, avant d’être approuvé par un arrêté du Premier ministre. Le référentiel général d’interopérabilité ainsi arrêté sera publié par voie électronique au cours du second semestre 2007. Il sera complété d’un référentiel général de sécurité (RGS) et d’un référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA), actuellement en cours d’élaboration.

Direction l'Europe et approbation d'ici fin 2007, avec aussi 2 autres référentiels : sécurité et accessibilité.

« Point de vue de Microsoft France sur le décret permettant d'élaborer le futur RGI » (3 paragraphes)

Le titre officiel

Microsoft France se félicite de la publication du décret du 2 mars 2007 organisant les modalités d'élaboration, d'approbation et de modification du Référentiel Général d'Interopérabilité, conformément à ce que la loi prévoyait. En effet, Microsoft France constate avec satisfaction que le processus d'élaboration d'un Référentiel Général d'interopérabilité pour l'administration française et les collectivités locales va enfin pouvoir débuter dans le respect de l'ordonnance de décembre 2005. Ce décret marque le début de la procédure d'élaboration et d'approbation du futur Référentiel Général d'Interopérabilité.

Microsoft France se félicite du décret et du début (« enfin ») du processus du RGI.

« On ne peut que se féliciter de voir ce décret enfin publié comme nous l'avons demandé depuis plusieurs mois. Il s'agissait d'une étape indispensable, fixée par le législateur, pour que la phase d'élaboration du futur Référentiel Général d'Interopérabilité puisse débuter sur des bases enfin objectives, dans la concertation et dans la transparence. » déclare ainsi Marc Mossé, Directeur des Affaires Publiques et Juridiques. « Nous espérons que ce RGI sera fondé sur les standards ouverts dans une approche pluraliste et neutre afin de favoriser une administration électronique performante et moderne, respectueuse des principes de continuité, d'égalité d'accès et d'adaptabilité du service public. C'est dans cette perspective que s'inscrit l'adoption d'OpenXML comme standard ouvert internationalement reconnu, auquel seul un grand opérateur américain s'oppose pour des raisons paraissant assez éloignées de l'objectif d'interopérabilité » explique Marc Mossé.

Microsoft avait demandé ce décret, avec des bases (« enfin », encore une fois) objectives. Avec aussi un RGI basé sur des standards ouverts avec le lien vers OpenXML. Et aussi une pique à propos d'IBM l'américain.

« Nous espérons que les personnalités qualifiées qui seront nommées dans le Comité du Référentiel Général d'Interopérabilité chargé d'élaborer et valider le projet de RGI seront choisies dans un esprit de pluralisme et sans a priori » déclare Marc Mossé.

Qui seront les 4 personnalités qualifiées ? La question est aussi soulevée (un membre de Microsoft ? un de IBM ? un de ? et un de ?).

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Le Danemark continue avec les standards ouverts

Voici l'acte 3 pour le Danemark

En mai 2006, le Ministre des Sciences du Danemark avait déclaré que « l'utilisation des formats ouverts est capitale pour le développement d'une administration électronique » et qu'à partir du 1er septembre le format ouvert ODF sera officiellement utilisé par son ministère.

Le 2 juin 2006, le Parlement danois avait voté pour l'utilisation obligatoire des standards ouverts.

Le 23 févier 2007, Helge Sander, Ministre danois de la Science, de la Technologie et de l'Innovation a fait une annonce de presse à propos de la décision du Parlement du 2 juin [1]. Il a présenté un rapport à propos du plan de mise en place de standards ouverts qui seront obligatoires au 1er janvier 2008.

Le rapport détaille un certain nombre de points techniques (comme les 7 domaines concernés et leurs formats ouverts) et précise aussi que :

  • « les standards ouverts devront être implémentés graduellement en rendant obligatoire l'utilisation de ces standards ouverts pour le secteur public quand cela est techniquement faisable »
  • l'utilisation d'un premier ensemble de standards ouverts au 1er janvier 2008 sera obligatoire « si une étude économique montre que cela n'entrainera pas de coût supplémentaire pour le secteur public. »

En résumé : le cadre danois d'interopérabilité continue de se développer [2]. Il est aussi certain que la bataille va faire rage en public ou dans les coulisses :

  • pour définir ce qu'est un standard ouvert...
  • pour savoir si l'utilisation est « techniquement faisable »...
  • pour déterminer « le coût » de l'utilisation des standards ouverts...

La date du 1er janvier 2008 est aussi la date décidée pour l'utilisation des standards ouverts au Texas, au Minnesota et en Californie. C'est déjà le cas pour le Misiones ou le Massachussets.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Formats ouverts obligatoires en bureautique : une première en Amérique du Sud

Les formats ouverts dans la province de Misiones en Argentine

La nouvelle mérite d'être largement signalée : le gouvernement de la Province de Misiones en Argentine [1] a décidé d'utiliser obligatoirement des formats ouverts bureautiques depuis fin décembre 2006.

Sur la page d'accueil de l'ODF Alliance [1], née il y a un an, on lit encore la ligne suivante à propos des informations récentes : « Misiones (Argentina) Becomes First Regional Govt in Latin America to Adopt ODF ».

Il n'y a qu'un lien, pas de développement sur le site de l'ODF Alliance. En suivant ce lien, on obtient une page du « Centro de Cómputos de la Provincia de Misiones » (CCPM) avec le texte intitulé « Adopción del uso del estándar OpenDocument en la Administración Pública Provincial » paru dans le Bulletin Officiel n° 11928 du 21 décembre 2006 [3].

Il y est indiqué que le Directeur du CCPM décide pour les documents bureautiques établis par l'administration publique de la Province de Misiones de l'utilisation :

  • du format ouvert ODF pour les documents qui sont échangés pour être modifiés ;
  • du format PDF/A pour les documents destinés simplement à être lus.

Et cette résolution est entrée en vigueur le lendemain de sa publication au Bulletin Officiel ! Donc a priori depuis le 22 décembre : depuis Noël 2006, toute la Province de Misiones utilise donc ODF pour ses documents administratifs officiels, avec aussi le format PDF/A.

D'autres États comme le Texas, le Minnesota ou la Californie ont aussi pris position pour l'utilisation de standards ouverts, mais ce sera à partir du 1er janvier 2008.

Formats ouverts, indépendance et maîtrise technologiques, interopérabilité, mais aussi archivage se trouvent donc en action en Argentine dans la Province de Misiones.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :