L'Association Francophone des Utilisateurs de logiciels libres (AFUL)

Pour les formats ouverts !


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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des standards ouverts (formats, protocoles) dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage et presque partout), depuis le 1er juillet 2004 (soit plus de 2300 jours) - Il y a actuellement plus de 2600 articles en ligne - L'année 2010-2011 est la saison 7 du site : l'article des 6 ans et l'article 2500, La terrible maladie des figuiers de bonnets


Depuis le site de microblog Identi.ca, les 12 derniers sites pdlsa relevés par tsfoo : Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Carte Musique Jeune, Festival de Deauville, SNCF-International, Aubade, VSD, Dassault Systèmes, Cegid, Axway (Sopra group), Linedata Services, Sophis, Bill & Melinda Gates Foundation, Le Festival de Cannes, Sage (voir une liste qui en reprend et plus complète).


Ne me suivez pas sur Twitter, ni sur Facebook : je n'y suis pas. Et il n'y a pas non plus d'applicaton iPhone ni Android pour FOo. En revanche, il y a le site Web (vous y êtes !), le compte tsfoo sur Identi.ca (depuis juillet 2009) et le compte thierrystoehr sur Twitter (depuis octobre 2011).


Microsoft Linux Lab et l'interopérabilité

« Une expérimentation de l'interopérabilité »

Début août avait lieu le salon LinuxWorld à San Francisco. A cette occasion, le service de presse (PressPass) de Microsoft a interviewé Bill Hilf (Director of Platform Technology Strategy), responsable du « Linux/Open Source Software Lab » (laboratoire Linux et logiciels open source).

Comme l'indique le sous-titre de cet article et de celui en ligne, ce « laboratoire de recherche fonctionne comme une expérimentation de l'interopérabilité ». L'interopérabilité est donc de nouveau mise en avant, comme pour la police écossaise ou comme dans l'approche officielle de Microsoft.

Si on prend le texte, au travers des 7 questions, on trouve :

  • 17 fois « interopérabilité » ou de la famille (avec 13 fois « interoperability », 2 fois « interoperate », 2 fois « interoperable »)
  • aucune fois le terme « format »
  • 2 fois « standard » (qui plus est ouvert !) : « our strong support for open standards » et « open standards – not open source – that help [...] »

Quand on lit le texte de plus près, plusieurs remarques sont à faire. Tout d'abord, il n'y a aucune mention du texte de la Direction de Microsoft, écrit par Bill Gates, qui annoncait début février que l'interopérabilité était une priorité de Microsoft ! Oubli volontaire, manque de place, ignorance de l'information ? Toujours est-il que cela est vraiment surprenant.

Ensuite, un peu contradictoire, ces « standards ouverts » sont précisés comme n'étant pas « open source » : un standard n'est ouvert que si ses caractéristiques lui donnent bien cette qualification, et les standards liés à l'open source ou aux logiciels libres sont des standards ouverts.

Enfin un passage intéressant est à relever à propos de l'approche générale :

Ils (les clients) ont choisi une technologie, un système d'exploitation ou une application basés sur sa possibilité de résoudre un problème particulier, et non pas basé sur le fait que ce soit un logiciel propriétaire ou open source (They choose a technology — an operating system or an application — based on its ability to solve a particular problem, not based on whether it’s proprietary or open source)

Or que le logiciel (ou le système d'exploitation ou la technologie) soit propriétaire ou pas est un « problème particulier » à résoudre. En effet, être indépendant techniquement, avoir la maîtrise de ses données, bénéficier rapidement d'améliorations, garantir la pérennité sont des problèmes que les logiciels libres et les standards ouverts peuvent résoudre.

En fait, le format de l'approche de l'interview semble être de partir de l'architecture en la posant comme fixée : Windows (« Windows offers that capability in abundance »). Et à partir de celle-ci batir des solutions. Le principe des formats ouverts est au contraire de proposer des solutions interopérables, liées à aucun système particulier (que ce soit les Windows, les UNIX, Linux, Mac OS X, les BSD,...).

Sources et liens :

Police écossaise et interopérabilité

Le mélange interopérabilité-compatibilité-uniformité

La police écossaise a annoncé qu'elle allait utiliser Microsoft Windows Server 2003, Microsoft Windows XP et la suite bureautique Microsoft Office (alors qu'elle utilisait Sun StarOffice depuis 2000).

Parmi les arguments avancés, il y a comme souvent l'interopérabilité. Cet argument mérite d'être précisé, car il est souvent mal utilisé :

  • la compatibilité avec n'est pas l'interopérabilité avec : cela a déjà été signalé à propos des responsables de la suite OpenOffice.org, on ne peut pas parler d'interopérabilité avec avec Microsoft Office (ou avec un autre logiciel) : l'interopérabilité est globale, avec tous (du domaine concerné).
  • l'uniformité, n'est pas l'interopérabilité : si tout le monde utilise le même logiciel produisant des documents au format de ce logiciel, il est évident que tout le monde va pouvoir utiliser ces documents ! Mais il ne s'agit pas alors d'interopérabilité mais d'uniformité.

De plus, même si un format est qualifié de standard, ce standard doit être un standard ouvert pour une réelle interopérabilité. Si le format est fermé, pas d'interopérabilité.

Enfin, si les documents créés utilisent des DRM, cela peut soulever les problèmes de maîtrise de ses informations et ses archives comme l'a indiqué la Nouvelle-Zélande qui refuse certains produits Microsoft du fait des DRM.

L'un des meilleurs exemples d'interopérabilité est encore une fois Internet en général et le Web en particulier. On a :

  • des logiciels de création de pages Web très nombreux et différents (de l'éditeur de texte à l'outil WYSIWIG, de Vim ou Emacs à Nvu) ;
  • des logiciels de lecture de pages Web, les navigateurs, également nombreux et variés (de Firefox à Safari en passant par Internet Explorer, Lynx, Netscape, Opera, Konqueror ou Camino) ;
  • et des formats ouverts, le HTML ou le XHTML, élaborés successivement depuis plus de 10 ans par le W3C, et qui sont utilisés par les logiciels liés au Web. Il est même possible de valider la conformité de son (X)HTML par rapport aux spécifications officielles ;
  • toutes les structures (entreprises, administrations, associations,...) et les particulier qui créent des documents Web conformes au format ouvert (X)HTML ont alors des documents interopérables.

Précisions :

  • en France, dans les commissariats, c'est OpenOffice.org qui est déployé et utilisé (expérience à l'appui lors d'une déclaration de vol), tout comme dans les gendarmeries ;
  • le communiqué de presse utilise à la fois les termes « compatabilité avec » et « interopérabilité ».
Sources et liens :

La musique via SFR : formats Apple et Microsoft, pas MP3

L'offre de SFR pour l'achat de musique en ligne

La vente de musique en ligne est un des domaines où l'absence d'interopérabilité est la règle. Le dernier exemple en date, celui de SFR.

Première règle : segmenter son marché, c'est-à-dire regrouper ses clients en ensemble homogène (même profil, mêmes règles de comportement, donc d'achat) pour proposer les produits à leur bon format.

Deuxième règle : proposer de nombreuses petites variations du produit, c'est-à-dire avoir de nombreux formats légèrement différents du même produit.

Troisième règle : disposer d'un grand nombre de titres, c'est-à-dire avoir de nombreux accords avec des éditeurs au riche catalogue.

Mises en application, cela se traduit par les utilisateurs des derniers téléphones portables à qui SFR propose de la musique en ligne sous forme de « Single, Sonnerie-video, Mini-clip, Sonnerie, Tonalité » (soit 5 possibilités, 3 en audio exclusivement et 2 en audio plus video) depuis le site de vente SFR Music, qui profite d'accords avec 4 « labels » (EMI, Warner, Universal et Sony, le dernier en date) soit « 31 102 Artistes 297 620 Titres ».

Pour ce qui est des formats, « les singles ne peuvent être définis comme sonnerie », et les formats numériques des morceaux ne sont pas du MP3 (gras ajouté) :

Q : Quelle est la différence avec les MP3 ?

R : Les singles que vous téléchargez sont au format AAC protégé sur votre mobile, et au format WMA protégé sur votre PC.

Enoncé dans un format plus clair : pour les téléphones portables c'est le format d'Apple (AAC, celui des iPod) et pour les ordinateurs c'est le format de Microsoft (WMA, et « vous devez disposer de Windows Media Player version 9 ou supérieure »), avec chacun des systèmes de contrôle DRM (« protégé »).

Donc pas de jaloux entre les deux sociétés les plus présentes du marché que sont Apple et Microsoft (même si Sony et son Atrac est oublié). Et impossible de faire certaines choses avec ses morceaux, car ils sont protégés : ainsi transfert impossible de son ordinateur vers son téléphone pour une sonnerie. Et il se peut que la copie privée en gravant un CD soit difficile. La musique n'est que rarement à des formats ouverts.

Sources et liens :