Pour les formats ouverts !

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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1400 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1582 articles en ligne, dont 14 pour le mois en cours et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1500e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ? - Bientôt 4 ans, bientôt 1600 articles...


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Mesdames, messieurs, voici les validateurs

Le W3C et ses Validator, des outils bien utiles

Les formats HTML, XHTML, RSS et Atom sont des formats ouverts promus par le World Wide Web Consortium (W3C). Ils concernent respectivement les pages Web, ces mêmes pages Web mais dans un format de la famille XML et la syndication via des flux (RSS ou Atom).

Comme ces 4 formats sont des standards ouverts, ils sont publiés (très souvent en ligne), librement accessibles et utilisables. Il est donc possible de vérifier si les formats HTML, XHTML, RSS ou Atom d'un site Web sont conformes aux spécifications officielles établies.

Cette comparaison est techniquement assez simple : il s'agit de vérifier si la liste des indications techniques utilisées (dénommées balises et présentes dans les coulisses des documents) ne propose pas d'autres indications que celles admises. Pour un être humain, cela serait fastidieux, mais pour un programme informatique, cette comparaison est assez aisée et rapide.

Ainsi, le site du W3C propose-t-il deux programmes de validation automatique :

  • le Markup Validation Service pour les pages Web, aussi appelé Validator ou HTML Validator ;
  • le FEED Validation Service pour les flux de syndication, disponible depuis le 21 novembre 2005.

Il suffit de saisir l'adresse du site Web, ou celle d'un flux de syndication, et la réponse est presque immédiate : valide ou pas. En cas de réponse positive, il est possible de placer sur la page un logo pour signaler cette conformité. (Pour Formats-Ouverts.org, les pages Web en XHTML et les fils de syndication Atom et RSS sont valides, grâce au logiciel DotClear qui est utilisé pour le site.)

Mais pourquoi ces validations ? Elles permettent de garantir l'interopérabilité : les documents dans ces formats ouverts sont utilisables quel que soit le navigateur Web ou le lecteur de flux de syndication qui respectent ces spécifications ouvertes. Cette validation est un bon point de départ pour ce qui concerne la qualité des sites ou des services en ligne, notamment l'accessibilité, comme le développe la liste des bonnes pratiques d'Opquast.

Sources et liens :

Le format du CD audio, son interopérabilité et trois réactions à l'affaire Sony

Cinq remarques à propos du format du CD audio : son interopérabilité, sa fin, et 3 réactions

Le CD audio et son format continuent d'être en vedette avec ceux de Sony BMG, même si cela est plus médiatisé dans les pays anglo-saxons (l'Europe n'est pas concernée par les CD en question, comme expliqué dans le troisième point). Voici donc des remarques en 5 temps à propos de ce dossier des CD audio Sony BMG avec leur technologie de protection de contenu XCP.

Le CD audio, un exemple d'interopérabilité

Il y a 20 ans, au début des années 80, des industriels, dont Philipps et Sony, se sont mis d'accord pour établir une nouvelle forme de support de musique, dénommée Compact Disc Digital Audio, plus connu sous le nom de CD audio. C'était à la fois un nouveau format physique de support (un disque fin de 12 cm de diamètre) et un nouveau format pour le son, le numérique.

Fin donc du format des disques vinyle en 33 et 45 tours, avec les acheteurs qui firent parfois attention au type de son numérique proposé : était-ce un CD en AAD, ADD ou DDD ? A pour Analogic (son analogique), D pour Digital (son numérique), chaque lettre décrivant l'une des 3 étapes de la chaîne : l'enregistrement, le mixage et le son final (toujours en numérique).

Une des caractéristiques des CD audio était d'être utilisables avec tous les appareils affichant le logo et la dénomination Compact Disc Digital Audio. C'était le cas des platines de CD, des lecteurs de CD des chaînes haute-fidélité, des baladeurs de CD, des autoradios avec CD et aussi des ordinateurs. On insérait le CD audio, il était joué, sans distinction du type d'appareils, de marque ni de CD. De plus il était possible de graver des CD audio, le format étant ouvert.

La fin de l'interopérabilité (?)

Cependant le problème des contrefaçons (la copie numérique est très facile, c'est même une de ses caractéristiques) et le problème de de diffusion illégale sur Internet ont mis les CD à mal. Au point d'avoir des CD audio qui finalement ne sont plus des CD audio : ils ne sont lisibles que dans certaines conditions bien précises (ce fut par exemple le cas l'été dernier avec le CD audio du dernier album des Rolling Stones remis à la presse), et plus sur tous les lecteurs.

Le cas des CD audio de Sony BMG est un exemple ultime : ils embarquent leur propre lecteur pour une utilisation sur ordinateur (du moins sous Windows) et aussi leur technologie de protection de contenu XCP. La fin de l'interopérabilité des CD audio ? En un sens, oui. La FAQ publiée par Sony à propos de ses CD audio concernés par le problème de la technologie XCP est assez explicite : on est loin du « il suffit de glisser le CD audio dans n'importe quel lecteur pour l'utiliser ».

Réaction de Sony : rappel des CD, mais l'Europe n'est pas concernée

Mesures importantes, Sony BMG a d'abord publié le 16 novembre un communiqué de presse consacré à ce sujet, avant de décider le 18 de lancer un programme d'échange et de rappeler les CD concernés. Enfin Sony BMG France a réagi à propos de cette affaire et a diffusé un communiqué de presse que le site Toolinux reprend :

Sony BMG US fait l’objet d’importantes critiques de la part de la presse américaine sur la mise en place de systèmes permettant la gestion de la copie privée sur certains CDs commercialisés aux USA et Canada. [...] Le marché français n’est donc en rien concerné par ce problème purement américain.

Réaction américaine : le danger de grippe aviaire rend vital l'utilisation des ordinateurs

Le ministère de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) des Etats-Unis a lui aussi fait part de sa réaction et de son inquiétude face à cette situation. Stewart Baker, du DHS, fit un commentaire rapporté sur le blog du Washington Post :

C'est très important que rappeler que c'est votre propriété intellectuelle - ce n'est pas votre ordinateur. Et dans les efforts de protection de la propriété intellectuelle, il est important de ne pas contrer ou sous-estimer les mesures de sécurité que les gens doivent adopter en cette période. (It's very important to remember that it's your intellectual property - it's not your computer. And in the pursuit of protection of intellectual property, it's important not to defeat or undermine the security measures that people need to adopt in these days.)

Mais la raison de cette protestation officielle n'est pas liée aux problèmes de sécurité ni au respect de la vie privée :

Si nous avons une épidémie de grippe aviaire et même si elle est à peine moitié moins importante que la grippe de 1918, nous serons énormément dépendant de notre capacité d'avoir des accès à distance via ordinateur pour de nombreuses personnes, et conserver l'infrastructure en état de fonctionnement sera une raison de vie ou de mort, et nous considérons cela de manière très sérieuse. (If we have an avian flu outbreak here and it is even half as bad as the 1918 flu, we will be enormously dependent on being able to get remote access for a large number of people, and keeping the infrastructure functioning is going to be a matter of life and death and we take it very seriously.)

Réaction de la RIAAA : les CD audio Sony BMG ont des « protections », et alors ?

Cary Sherman, président de la RIAA (Recording Industry Association of America), puissante association américaine de l'industrie du disque a lui aussi réagi à cette affaire. Interrogé lors d'une conférence de presse en ligne le 18 novembre, le site Groklaw rapporte et analyse le passage à propos de Sony et sa technologie XCP :

Il n'y a rien d'inhabituel concernant le fait d'utiliser la technologie pour protéger la propriété intelectuelle. Vous ne pouvez tout simplement pas faire une copie du système d'exploitation de Microsoft, ou virtuellement de n'importe quel autre logiciel diffusé commercialement. C'est la même chose pour les jeux video. Les films, eux aussi, sont protégés. Pourquoi cela serait-il différent pour les CD ? (There is nothing unusual about technology being used to protect intellectual property. You can't simply make an extra copy of a Microsoft operating system, or virtually any other commercially-released software program for that matter. Same with videogames. Movies, too, are protected. Why should CDs be any different?)

Sources et liens :

Les renseignements téléphoniques : problème de formats

Les 118 XYZ, les formats et l'interopérabilité

Le 14 juin 2005, un tirage au sort organisé par l'Arcep (Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes) avait lieu pour attribuer les nouveaux numéros de renseignements téléphoniques en remplacement du « 12 ». Certains de ces nouveaux numéros, au format 118 XYZ, sont en service depuis le 2 novembre.

Cependant cette mise en place pour tous les utilisateurs de téléphone, depuis n'importe quel opérateur, nécessite un travail commercial et aussi des réglages techniques. Or les personnes utilisant le téléphone via leur fournisseur d'accès semblent écartées pour l'instant des 118 XYZ, avec cette explication de Charles Tonlorenzi, président du 118 000, citée par 01net et repris par L'Express et WPC :

C'est un travail difficile car chaque opérateur utilise son propre format de données et ses méthodes de tarification.

Une nouvelle illustration du problème d'interopérabilité, ici pour le téléphone, qui a priori semble pourtant interopérable (n'importe quel appareil de n'importe quel opérateur permet de joindre un autre appareil, comme pour les fax), au contraire par exemple des messageries instantanées. Mais les formats ouverts ne permettent pas de protéger ses marchés (pas de nouveaux entrants) ni de conserver ses clients.

Sources et liens :
  • Le communiqué de presse de l'Arcep, L’Autorité annonce l’ouverture des nouveaux numéros 118XYZ aujourd’hui 2 novembre 2005 et la création d’un site web dédié aux consommateurs, le 2 novembre 2005, http://www.arcep.fr/communiques/communiques/2005/index-c05-58.htm
  • Site dédié ouvert par l'Arcep, avec « toutes les informations essentielles pour bien comprendre ce changement », http://www.appel118.fr
  • Merci aussi à Georges Braoudakis