Pour les formats ouverts !

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2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Myosotis : classer ou détruire les données ?

Conserver (quoi, comment, à quels formats) ou détruire ?

Myosotis, ne m'oubliez pas : un débat à Hourtin en 2001, et le Memex.

Le jeudi 23 août 2001, de 10h15 à 12h15, était organisé à la 22e Université d'été de la communication de Hourtin (Gironde) un débat intitulé Classer/Détruire : comment émerger des océans de données ? :

Comment gérer des informations de plus en plus nombreuses et hétérogènes ? Comment les sélectionner, les conserver, les oublier ? Nous voici devant un défi qu'instaurent les informations de toutes sortes. Quelles méthodes d'archivage et de conservation peut-on envisager pour le futur ? Quels tris opérer dans les fantastiques stocks d'archives et pour quelles finalités ?

Les 4 participants (trois intervenants et une intervenante) représentaient différentes structures (Université de Paris VIII, Kleio.net, CNRS et Direction des archives de France).

Premier intérêt du sujet du débat, cela se passait à un moment où le thème de la masse d'informations à traiter n'était pas encore aussi répandu et présent (depuis, les exemples de Google incontournable ou de la bibliothèque numérique européenne ont un peu plus démocratisé la notion, aidés aussi par plus de connexions haut débit).

Le deuxième intérêt du débat porte sur la question de l'archivage : quels formats et quels supports utiliser pour conserver de manière pérenne les documents électroniques ? Une des réponses, déjà à ce moment-là, était d'utiliser des formats ouverts, comme cela est développé dans le document officiel Les archives électroniques Manuel pratique, écrit par Catherine Dhérent qui intervenait justement dans ce débat.

Enfin, plus en amont de la question des formats pour archiver : que faut-il conserver et quelles informations détruire ? Un vol de données non-sauvegardées est une manière de ne pas archiver... Faut-il aller jusqu'à tout enregistrer en numérique comme le fait Gordon Bell du centre de recherche Microsoft : dans son projet MyLifeBits, toutes les actions de sa vie sont enregistrées numériquement, une application du Memex de Vannevar Bush. Et le Memex (« supplément agrandi et intime de la mémoire », avec des liens entre ses éléments) a eu 60 ans en juillet dernier : c'était une préfiguration des ordinateurs et des liens hypertextes.

Sources et liens :

Myosotis de lames de rasoirs et de RFID

Le RFID et Gillette, en 2003

Myosotis, ne m'oubliez pas : été 2003, Gillette, ses lames jetables et le RFID.

Le format des lames jetables de rasoir est un bon exemple de format physique fermé du domaine non-électronique : pas d'interopérabilité c'est-à-dire pas de lames autres que celles du rasoir précis concerné, même au sein de la même marque. Le modèle économique sous-jacent est d'ailleurs bati sur ce principe, avec celui de la vente de masse. Mais ce verrouilage ne concerne après tout « que » des lames de rasoirs (et non pas vos données, vos archives, votre travail).

Le RFID est la Radio Frequency IDentification, soit l'identification par fréquence radio. Le principe ? N'importe quel objet peut comporter de petits marqueurs (petites puces, appelées tag) ajoutés qui fournissent des informations à l'appareil de lecture qui les sollicite par ondes radio. Ces informations sont contenues sur le marqueur et peuvent être utilisées pour le suivi des stocks, l'accès à des zones, la tracabilité de produits,...

Comme souvent dans les technologies, il peut y avoir des utilisations problématiques par rapport à la vie privée : les puces RFID réinscriptibles sur des passeports ou des cartes d'identité et les contrôles distants possibles et sans informer ; les marqueurs RFID sur des produits suivis hors de l'enceinte de vente ; des informations ajoutées sans avis,... Les utilisations dans un sens ou dans l'autre ont de nombreux exemples qui se multiplient avec l'utilisation de plus en plus fréquente du RFID.

Un ancien exemple, officiellement abandonné, a été celui de l'utilisation de puces RFID sur les lames jetables Gillette : cela se déroulait il y a 2 ans, à l'été 2003, dans un supermarché anglais. Chaque personne qui prenait un paquet de lames du présentoir était prise en photo : l'appareil de lecture de puce RFID détectait le déplacement du produit et déclenchait une photo de l'achat. Et lors dela sortie, la puce RFID idiquait son passage et une autre photo était prise, puis comparée à la première pour s'assurer de l'achat.

Cela avait été dénoncé avec appel au boycott. Gillette avait alors annoncé qu'il renonçait pour dix ans à tout procédé permettant de tracer individuellement ses produits et qu'il se contenterait d'implanter des puces RFID dans les palettes et les cartons pour suivre l'acheminement entre les usine et les magasins.

Quant au RFID, ses spécifications ne sont pas celles d'un protocole ou d'un format ouvert : il y eut au départ absence d'accord entre les industriels, puis établissement d'une norme mais soumise à brevet.

Sources et liens :