Pour les formats ouverts !

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Joyeux Noël les chevaliers du ciel !

Deux films et des formats, au sens large

Cet article est un peu long, je m'en excuse, et j'espère tout de même retenir votre lecture. Malgré son titre, il ne parle pas vraiment de Noël. En ce 22 novembre 2005, il traite du 11 novembre, même si la date est passée depuis onze jours. En fait, le point de départ de cet article est deux films sortis au cinéma le 9. Ils ne traitent pas des formats, mais leurs histoires et leurs coulisses y baignent. C'est un article qui me semble important, premier des deux volets prévus sur les formats au sens large, et qui me tient à cœur.

Questions derrière un clavier

Comment passer de la petite note prise pour ne pas oublier une information liée aux formats, généralement au style télégraphique, à un article publié comme vous les lisez ? Quel titre donner pour inciter à lire, mais sans être racoleur ? Quel sous-titre indiquer pour éclairer un peu et amorcer la lecture ? Quelle forme de texte retenir : liste de points, chronologie, article long ou court,... ? Quel ton et quel vocabulaire employer ? Ces questions se posent pour cet article comme pour les autres, avec le fol espoir à chaque fois de trouver la bonne formule, le bon équilibre. Et les formats ? Patience, continuons.

La promotion de deux films

Pour ces lignes, la petite note de départ est une campagne de promotion. Fin octobre, Dany Boon était l'invité de l'émission dominical de France 2, Vivement dimanche, où il a parlé du film sur la première guerre mondiale dans lequel il joue, Joyeux Noël. Quelques jours après, des affiches de ce même film dans le métro annonçaient sa sortie, à côté d'autres affiches de films, dont Les Chevaliers du ciel. Enfin le 9 novembre, la première page du journal Métro proposait une photo de film, avec des soldats dans des tranchées, dont Dany Boon au premier plan : le film Joyeux Noël sortait ce jour-là... comme Les Chevaliers du ciel. Et les formats ? Je vais y venir.

On pouvait lire dans le journal Métro une critique du film Joyeux Noël, avec ce passage :

« C'est en fouillant dans les archives que j'ai compris que tout avait été fait pour que ces faits de fraternisations ne refassent jamais surface », confie Christian Carion. L'armée française a d'ailleurs refusé de prêter ses terrains pour relater ce passage tabou de son histoire. Si plusieurs scènes ont été tournées dans le Nord, la plus grande partie du film a été filmée en Roumanie et en Ecosse.

D'un côté, des faits de fraternisation ; de l'autre, une version officielle qui ne les mentionne pas. Et qu'en est-il de ce « refus » d'aider ? Une fiche descriptive en ligne donne pour le film cette phrase du réalisateur Christian Carion : « l'armée française nous a refusé l'autorisation de recréer le no-man's land sur un de ses terrains ». Un article du Monde va dans le même sens en résumant la sortie simultanée de Joyeux Noël et Les Chevaliers du ciel :

Deux films français mettant en jeu l'armée française sortent sur les écrans, mercredi 9 novembre. Et on peut se demander s'il n'y a pas deux poids deux mesures, de la part du ministère de la défense, selon que l'on veuille exalter nos vaillants militaires ou évoquer un sujet qui dérange.

Deux films à propos de l'armée, mais deux sujets opposés et deux attitudes

L'article du Monde parle « de l'appui du ministère de la défense et de la complicité de l'armée de l'air » pour Les Chevaliers du ciel, et d'« un fait occulté par l'Histoire officielle » pour Joyeux Noël. Le 11 novembre, l'émission de France Inter 2000 ans d'histoire traitait de cet épisode de fraternisation à Noël 1914, et parlait pour la France de « mutisme », « occultation » « voire de censure ». A l'opposé, les invités indiquaient que la Grande Bretagne n'avait pas eu la même attitude. Mais où sont les formats ? Ils arrivent.

Concernant Les Chevaliers du ciel, le soutien de l'armée de l'air pour le tournage est logique dans une approche de communication et d'attention portée à son image. D'ailleurs l'armée américaine propose depuis plusieurs années d'aider l'industrie du cinéma, avec un de ses services qui est en charge des relations avec Hollywood. Il s'agit de s'appuyer sur l'impact des films pour diffuser des informations les plus positives. Certains films mettent en avant des marques en les intégrant dans leur histoire après avoir négocié avec les fabricants ces véritables « espaces publicitaires ».

Mais cet épisode de Noël 14 n'était pas aussi secret

Il est intéressant de noter à propos des fraternisations comme celle racontée dans Joyeux Noël que cela n'était pas aussi secret : au moins un documentaire sur un match de football entre soldats ennemis avait déjà été diffusé à la télévision, mais pas forcément aux heures de grande écoute. En recherchant sur le Web, on trouve même le communiqué de presse de l'annonce du match commémorant le 90e anniversaire de celui entre soldats ennemis de 1914 : c'était à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), le 15 décembre 2004, entre une équipe d'anciens joueurs internationaux (anglais, allemands, écossais, belges) et le Variétés Club de France. Cependant il n'y eut pas forcément de retransmission télévisée, ni même d'équipe de télévision, voire aucune reprise de l'information.

Et les formats ? Les voilà

Non, il ne s'agit pas de formats ouverts électroniques ou informatiques, ni des problèmes d'interopérabilité. En revanche, en reprenant le fil du texte de cet article, il me semble que les formats planent entre les lignes :

  • pour écrire un texte, pour retenir l'attention du lecteur, quel sytle, quelle forme lui donner... quels formats utiliser ?
  • pour les campagnes de promotion, il y a la télévision, les affiches, les journaux, la radio, le Web... c'est-à-dire différents types de formats ;
  • pour nombre d'évènements, il a version la version officielle... celle au bon format ;
  • pour faire largement connaître une information, les outils à disposition sont plus ou moins puissants : l'horaire très tardif d'une émission de télévision ne joue pas en sa faveur, alors qu'une diffusion à une heure de grande écoute est bien plus favorable, sans parler du film de cinéma à succès... ce sont là aussi différents formats ;
  • les communiqués de presse, même s'il sont sont plus ou moins repris... sont aussi un format de communication ;
  • enfin pour tenter d'informer et d'expliquer, il faut trouver la bonne présentation, parfois penser à ce qui est d'actualité ou à la mode... en quelque sorte les formats du moment.

Ce dernier point, expliquer, a-t-il été réussi ici ? Impossible à savoir. Alors, même si le sujet de l'armistice du 11 novembre n'est plus au format du moment, date oblige, une pensée tout de même pour les soldats qui sont tombés, notamment dans l'Artois, avec ses nombreux champs de batailles, dont ceux dans les environs d'Arras, comme Vimy et Lorette : impossible d'oublier, cela reste fort.

Sources et liens :

Le format papier et Google

Des livres papier avec Google

Google est à la une : son nom, son utilisation, ses développements, les contreverses soulevées lui valent d'être sous les feux de l'actualité. Cela s'est notamment accentué depuis décembre 2004 avec son annonce de biliothèque numérique (Google Print) et les réactions suscitées, dont celle en France de Jean-Noël Jeanneney pour la Bibliothèque nationale de France (BnF). Le dossier bibliothèque numérique s'est depuis beaucoup développé, y compris avec 3 annonces très récentes qui vont sous peu être en ligne sur Formats-Ouverts.org.

Cependant pour ces lignes sur Google, il ne s'agit plus de Web en premier lieu : en effet, Google publie aussi au format papier. Non pas celui qui est imprimé pour parler de la société, comme la couverture du magazine Le Point (« L'affaire Google L'histoire du tandem qui veut contrôler le monde ») et de son dossier de 7 pages du numéro 1729 du 3 novembre. (Google Talk y est cité, la bibliothèque numérique Google Print aussi, mais très peu et sans commentaire de responsables de la BnF, de la Culture ou autres). Une version électronique en ligne du dossier existe aussi.

Il s'agit ici bien de livres papier exclusivement, édités en bonne et due forme avec sur la couverture Google clairement indiqué (livre papier est employé ici car on a aussi l'expression livre audio). Alors, Google auteur ? Et chez quel éditeur ?

C'est Gallimard Jeunesse qui propose depuis le 27 octobre 2005 cinq titres dans sa collection encyclopédi@, dont 4 Les thématiques de l'encyclopédi@. En haut à droite de la couverture, comme en quatrième de couverture, le logo coloré de Google est nettement visible. Google auteur ? En un sens, pour la partie Web : en effet au dos du livre on lit,

Un site Internet exclusif spécialement conçu et réalisé par Gallimard Jeunesse et Google.

Il s'agit donc d'un partenariat pour les sites Web qui sont accessibles à tous, sans navigateur unique pour les visionner mais avec les standards ouverts du Web. L'éditeur original est Dorling Kindersley. Petite note amusante : ces livres au logo Google sont envoyés à la Bibliothèque nationale de France pour le dépôt légal. Google est donc au format papier dans les murs de la BnF !

Sources et liens :